Critias (trad. Cousin)

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Œuvres de Platon,
traduites par Victor Cousin
Tome douzième
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CRITIAS

OU

L’ATLANTIDE.

Les mêmes interlocuteurs.

ТIMÉЕ.

Avec quel plaisir, Socrate, j’arrive au terme de ce discours ; il me semble que je respire enfin après une longue route. Puisse ce Dieu que nous venons d’établir et de proclamer tout à l’heure, bien qu’il ne soit pas nouveau, nous tenir compte des vérités que nous avons pu dire, et nous imposer la punition que nous méritons s’il nous est échappé involontairement des choses indignes de lui. Or, la punition due à celui qui s’égare, c’est de l’éclairer. Nous prions donc ce Dieu, pour qu’à l’avenir, en traitant de la génération des Dieux, nous puissions dire la vérité ; nous le prions de nous accorder le plus sûr et le meilleur talisman, la science. Après ce vœu, je cède la parole à Critias, comme nous en étions convenus.

CRITIAS.

Je l’accepte, Timée, mais en réclamant la même indulgence que tu nous a demandée au commencement de ton discours, à cause de la difficulté du sujet. Je prétends même avoir plus de droit encore à l’indulgence pour ce qui me reste à dire. C’est là, je le sais, une prétention un peu ambitieuse et presque incivile ; mais n’importe, il la faut soutenir. Il ne s’agit pas de contester les vérités que tu nous as exposées ; quel homme sensé l’oserait ? Mais je dois m’efforcer de te convaincre que ma tâche est encore plus difficile, et que, par conséquent, j’ai besoin de plus d’indulgence. Il est plus aisé, Timée, de contenter les hommes en leur parlant des dieux qu’en les entretenant de ce qui les concerne eux-mêmes ; car l’inexpérience, ou plutôt la complète ignorance des auditeurs laisse le champ libre à qui veut leur parler des choses qu’ils ne connaissent pas ; et à l’égard des dieux, on sait où nous en sommes[1]. Si vous voulez mieux saisir ma pensée, prenez garde, je vous prie, à cette observation. Ce que nous disons, tous tant que nous sommes, est nécessairement l’image, la représentation de quelque chose. Supposons un peintre qui aurait à représenter des objets empruntés à l’humanité ou à la nature : nous savons quelle facilité et quelle difficulté il trouve à satisfaire le spectateur par la fidélité de ses tableaux. A-t-il eu à peindre la terre, des montagnes, des fleuves, une forêt, le ciel tout entier, tout ce qu’il renferme et tout ce qui s’y meut ? nous sommes d’abord contents s’il a su en rendre à peu près quelque chose avec la moindre ressemblance ; après quoi, n’ayant aucune connaissance exacte de ces objets, nous ne songeons guère à examiner scrupuleusement ni à critiquer son tableau : une ébauche vague et trompeuse nous suffit. Mais dès qu’un peintre entreprend de représenter des êtres humains, l’habitude que nous avons d’en voir et d’en observer nous fait découvrir toutes les fautes au premier coup d’œil, et nous devenons des juges sévères pour l’artiste qui n’a pas su parfaitement rendre l’original. La même chose se voit dans les discours. Si on nous parle des choses célestes et divines, la moindre vraisemblance nous suffit. S’agit-il de nous et des choses de ce monde ? nous en faisons l’examen le plus scrupuleux. Si donc, dans ce discours que je vais improviser, il m’échappe quelque inexactitude, j’ai droit à votre indulgence ; car il ne faut pas oublier que, loin d’être aisée, c’est la chose du monde la plus difficile, que de rendre ce qui nous touche de si près d’une manière satisfaisante. Voilà, Socrate, ce que j’étais bien aise de vous rappeler ; voilà comment je réclame, non pas seulement un peu, mais beaucoup d’indulgence pour ce que j’ai à vous dire. Si ma demande vous paraît juste, c’est à vous de me l’accorder de bonne grâce.

SOCRATE.

Quel motif aurions-nous de te la refuser, Critias ? Loin de là, il nous faut en accorder tout autant à Hermocrate, qui va parler le troisième ; car je ne doute pas qu’il ne vienne à son tour nous adresser tout à l’heure les mêmes prières. Que ce soit donc chose convenue, et qu’assuré par avance de notre indulgence il prenne son exorde ailleurs, et ne soit pas obligé de répéter le tien. Au reste, mon cher Critias, afin de te faire connaître la disposition du parterre, tu sauras que la représentation qu’on vient de nous donner a complètement réussi, et que tu auras besoin de la plus grande faveur pour soutenir la concurrence.

HERMOCRATE.

Je me tiens pour averti, Socrate, aussi bien que Critias. Après tout, Critias, jamais des lâches n’ont élevé de trophées. Commence donc avec courage, et, après avoir invoqué Apollon et les Muses, fais-nous connaître et chante les hauts faits de nos antiques concitoyens.

CRITIAS.

Tu fais le brave, mon cher Hermocrate, parce que ton tour est remis à demain, et qu’un autre doit passer avant toi ; mais tu sauras bientôt ce qui en est. Je veux cependant répondre à tes exhortations et à ton courageux appel ; et, outre les divinités que tu as nommées, j’invoque encore toutes les autres, et surtout Mnémosyne ; car la plus grande partie de ce que j’ai à dire dépend d’elle ; et si la mémoire me rappelle fidèlement, et me permet de vous retracer les vieux écrits des prêtres égyptiens que Solon nous a apportés, je me flatte que le parterre trouvera ma tâche assez bien remplie. Ainsi, mettons-nous à l’œuvre sans plus de retard.

Remarquons d’abord que, selon la tradition égyptienne, il y a neuf mille ans qu’il s’éleva une guerre générale entre les peuples qui sont en deçà et ceux qui sont au delà des colonnes d’Hercule. Il faut que je vous la raconte. Athènes, notre patrie, fut à la tête de la première ligue, et à elle seule acheva toute cette guerre. L’autre était dirigée par les rois de l’Atlantide. Nous avons déjà dit que cette île était plus grande que l’Asie et l’Afrique, mais qu’elle a été submergée par des tremblements de terre, et qu’à sa place on ne rencontre plus qu’un limon qui arrête les navigateurs, et rend la mer impraticable. Dans le cours de mon récit, je parlerai à leur tour de tous les peuples grecs et barbares qui existaient alors : mais je dois commencer par les Athéniens et par leurs adversaires, et vous rendre compte de leurs forces et de leurs gouvernements. En suivant cette marche, c’est de notre ville que je dois m’occuper d’abord.

Les dieux se partagèrent autrefois les différentes contrées de la terre, et ce partage eut lieu sans contestation ; car il serait absurde de croire qu’ils eussent ignoré ce qui convenait à chacun d’eux, ou que, le sachant, ils se fussent disputé leur part les uns aux autres. Ayant donc obtenu de la justice du sort le lot qui leur était agréable, ils s’établirent dans la contrée qui leur échut, et prirent soin des hommes qui leur appartenaient et qu’ils devaient nourrir, comme des bergers ont soin de leurs troupeaux. Ils n’employèrent cependant pas la violence, comme des bergers qui mènent leurs troupeaux avec un bâton ; mais ils traitèrent l’homme comme un animal docile, et, en pilotes habiles, ils se servirent de la persuasion comme d’un gouvernail pour diriger et conduire à leur gré l’espèce humaine tout entière. Les dieux gouvernèrent ainsi les pays qui leur échurent. Vulcain et Minerve, qui avaient la même nature, et comme venant du même père et comme marchant au même but par leur commun amour pour les sciences et pour les arts, eurent ensemble en partage notre pays[2], qui convenait singulièrement à leur vertu et à leur sagesse. Ils inspirèrent aux indigènes le goût du bien et d’un gouvernement régulier. Les noms de ces premiers citoyens ont été conservés ; mais leurs actions ont disparu de la mémoire des hommes, par la destruction de ceux qui leur ont succédé et par l’éloignement des temps ; car, comme nous l’avons dit, il n’y a qu’une race qui ait survécu : c’est celle des habitants des montagnes, hommes sans lettres, qui n’avaient conservé que les noms des anciens maîtres du pays, et savaient très-peu de chose de leurs actions. Ils se plurent donc à donner ces anciens noms à leurs enfants, sans connaître les vertus et les institutions de leurs ancêtres autrement que par des traditions incertaines ; et ils demeurèrent, pendant plusieurs générations, eux et leurs enfants, si embarrassés de pourvoir aux premiers besoins de la vie, que cet objet occupant toute leur attention et remplissant tous leurs discours, ils ne songeaient guère aux événements du passé ; car l’étude des choses antiques et l’habitude de s’en entretenir ne s’introduisent, dans les sociétés qu’avec le loisir, et quand un certain nombre de personnes ne s’inquiètent plus des premiers besoins de la vie. Voilà pourquoi les noms des anciens héros ont survécu au souvenir de leurs travaux. Je tire du moins cette conjecture de ce que nous apprend Solon, que dans leur relation de cette guerre les prêtres égyptiens se servaient des noms de Cécrops, d’Erechtée, d’Erichtonios, d’Erysichton, et de beaucoup d’autres antérieurs à Thésée ; et de même des noms de femmes. Et, comme les femmes partageaient alors les travaux de la guerre avec les hommes, on avait revêtu les images et les statues de la déesse d’une armure, pour indiquer que, chez tous les êtres parmi lesquels la nature a institué une société entre le mâle et la femelle, chacun d’eux est naturellement capable d’exercer aussi bien que tout autre les facultés inhérentes à l’espèce. Notre pays était alors habité par les différentes classes d’hommes qui s’occupent des métiers et de l’agriculture. Les guerriers, séparés dès le commencement par des hommes divins, habitaient à part, possédant tout ce qui était nécessaire à leur existence et à celle de leurs enfants. Parmi eux, il n’y avait pas de fortunes particulières ; tous les biens étaient en commun : ils n’exigeaient des autres citoyens rien au delà de ce qu’il leur fallait pour vivre, et remplissaient en retour toutes les obligations que notre entretien d’hier attribuait aux défenseurs de la patrie tels que nous les concevons. On prétend en outre, avec beaucoup de vraisemblance, que notre pays s’étendait alors jusqu’à l’Isthme d’un côté, et de l’autre, jusqu’aux monts Cithéron et Parnèthe, d’où il descendait, laissant à droite Oropie et à gauche, vers la mer, le fleuve Asope. Une des meilleures preuves de l’incomparable fertilité de cette contrée, c’est qu’elle pouvait nourrir une grande armée composée de gens du voisinage dépendants de nous ; et, en effet, ce qui reste de cette terre surpasse encore aujourd’hui toutes les autres pour les productions de tous genres, la qualité des fruits et l’abondance des pâturages. Telle était l’excellence et la fécondité du sol de l’Attique. Qui le croirait, et notre pays d’aujourd’hui peut-il donner quelque idée de l’ancien ? Toute l’Attique se détache en quelque sorte du continent, et s’avance au loin dans la mer, semblable à un promontoire. La mer qui lui sert de ceinture est partout très-profonde. Or, dans les terribles inondations qui, durant les neuf mille ans écoulés jusqu’à ce jour, causèrent de vastes bouleversements, la terre, détachée des hauteurs par le cours des eaux, n’exhaussa point le sol comme en d’autres lieux, mais, en se roulant autour du rivage, alla se perdre dans les flots. Aussi, comme il arrive dans les longues maladies, notre pays, auprès de ce qu’il était autrefois, est devenu semblable à un corps malade tout décharné ; et la terre, se fondant de toutes parts, de grasse et de puissante qu’elle était, ne présente plus qu’un squelette aride. Avant que le territoire fût ainsi dégénéré, nos montagnes d’aujourd’hui n’étaient que des collines élevées : les plaines que nous appelons les champs de Phellée[3] avaient une terre grasse et fertile ; et les monts étaient couronnés de forêts dont on peut reconnaître des traces manifestes. Le temps n’est pas encore bien éloigné que, sur ces montagnes qui ne servent aujourd’hui qu’à nourrir des abeilles, on trouvait des arbres de haute futaye très-propres à être employés dans de grandes constructions dont il subsiste plus d’un débris. Il y avait d’ailleurs beaucoup de grands arbres à fruits ; les troupeaux avaient de vastes pâturages. Les pluies que Jupiter accordait chaque année ne laissaient pas comme à présent ces campagnes arides pour aller se perdre dans la mer ; mais la terre, les conservant en abondance et les recueillant dans son sein, les répandait dans les couches d’argile propres à les contenir, et, les faisant descendre des hauteurs, les distribuait dans tous les bassins, et faisait paraître en foule des sources et des fleuves : les monuments sacrés qui subsistent encore auprès de leurs lits desséchés, attestent la fidélité de ce récit. Voilà ce que la nature avait fait pour nos campagnes : elles étaient aussi cultivées par de véritables laboureurs, uniquement occupés de leur art, amis du beau et de l’honnête, jouissant d’un sol fertile arrosé d’eaux abondantes, et du climat le plus tempéré. Quant à la ville, voici comment elle était alors disposée : D’abord l’Аcropolis était toute différente de ce que nous la voyons aujourd’hui. Dans une seule nuit, une pluie terrible détrempa la terre qui l’environnait, et l’emporta au loin au milieu de tremblements de terre, dans une inondation qui est la troisième avant le désastre de Deucalion. Auparavant, l’Acropolis s’étendait jusqu’à l’Héridan[4] et à l’Ilisse, comprenait le Pnyx[5], et avait le Lycabète[6] pour limite du côté qui fait face au Pnyx. Elle était revêtue de terre de tous côtés, et, à l’exception de quelques endroits, le plateau qui la couronnait était parfaitement uni. Sur les flancs étaient établis les artisans et ceux des laboureurs dont les champs l’avoisinaient. La classe des guerriers résidait seule sur le sommet, autour du temple de Minerve et de Vulcain, et elle avait entouré cette enceinte d’une seule clôture comme le jardin d’une seule famille. Ils avaient construit vers le nord des maisons qui leur étaient communes, avec des salles où l’hiver ils prenaient ensemble leurs repas, et ils avaient tout ce qui est nécessaire dans la vie commune pour les besoins des habitants ou pour le service des temples, l’or et l’argent excepté, car ils n’en faisaient aucun usage. Également éloignés du faste et de la pauvreté, leurs habitations étaient décentes ; ils y vieillissaient, ainsi que les enfants de leurs enfants, et les transmettaient successivement, telles qu’ils les avaient reçues, à des fils semblables à eux. Pendant l’été, ils quittaient leurs jardins, leurs gymnases, les salles où se prenaient les repas ; le midi de l’Аcropolis leur en tenait lieu. À la place où se trouve aujourd’hui la citadelle était une source que des tremblements de terre ont fait disparaître, et qui n’a laissé que de faibles ruisseaux alentour ; mais alors elle fournissait une eau abondante et salutaire en hiver comme en été. Ainsi vivaient ces guerriers, défenseurs de leurs concitoyens et chefs avoués des autres Grecs. Quant à leur nombre, ils avaient soin le plus possible d’avoir toujours à leur disposition la même quantité, d’hommes et de femmes en état de porter déjà les armes et de les porter encore, c’est-à-dire vingt mille.

Voilà quels étaient ces hommes, et comment ils gouvernaient sans cesse avec justice leur cité et la Grèce, objets de l’admiration de l’Europe et de l’Asie pour la beauté de leurs corps et роur toutes les vertus dont leurs âmes étaient ornées.

Maintenant, mes amis, je vais vous faire connaître la situation de leurs ennemis, en remontant aux commencements de leur histoire, si toutefois je n’ai pas perdu le souvenir de ce qui m’a été raconté dans mon enfance.

Je dois vous prévenir qu’il ne faut pas vous étonner de m’entendre souvent donner des noms grecs à des barbares : en voici la raison. Lorsque Solon songeait à faire passer ce récit dans ses poëmes, il s’enquit de la valeur des noms, et il trouva que les Égyptiens, qui les premiers écrivirent cette histoire, avaient traduit le sens de ces noms dans leur propre idiome ; à son tour, il ne s’attacha aussi qu’à ce sens, et le transporta dans notre langue. Ces manuscrits de Solon étaient chez mon père ; je les garde encore chez moi, et je les ai beaucoup étudiés dans mon enfance. Ne soyez donc pas surpris de m’entendre moi-même employer des noms grecs ; vous en savez la raison. Voici à peu près de quelle façon commençait cette longue histoire.

Nous avons déjà dit que quand les dieux se partagèrent le monde, chacun d’eux eut pour sa part une contrée, grande ou petite, dans laquelle il établit des temples et des sacrifices en son honneur. L’Atlantide étant donc échue à Neptune, il plaça dans une partie de cette île des enfants qu’il avait eus d’une mortelle. C’était une plaine située près de la mer et vers le milieu de l’île, la plus fertile des plaines. À cinquante stades plus loin, et toujours vers le milieu de l’île, était une montagne peu élevée. Là demeurait avec sa femme Leucippe, Événor, un des hommes que la terre avait autrefois engendrés. Ils n’avaient d’autre enfant qu’une fille, nommée Clito, qui était nubile quand ils moururent tous deux. Neptune en devint épris et s’unit à elle. Puis, pour clore et isoler de toutes parts la colline qu’elle habitait, il creusa alentour un triple fossé rempli d’eau, enserrant deux remparts dans ses replis inégaux, au centre de l’île, à une égale distance de la terre, ce qui rendait ce lieu inaccessible ; car on ne connaissait alors ni les vaisseaux, ni l’art de naviguer. En sa qualité de dieu, il embellit aisément l’île qu’il venait de former. Il y fit couler deux sources, l’une chaude et l’autre froide, et tira du sein de la terre des aliments variés et abondants. Cinq fois Clito le rendit père de deux jumeaux, qu’il éleva. Ensuite, ayant divisé l’île en dix parties, il donna à l’aîné du premier couple la demeure de sa mère, avec la riche et vaste campagne qui l’entourait ; il l’établit roi sur tous ses frères ; il fit au-dessous de lui chacun d’eux souverain d’un grand pays et de nombreuses populations. Il leur donna à tous des noms. L’aîné, le premier roi de cet empire, fut appelé Atlas, et c’est de lui que l’île entière et la mer Atlantique qui l’environne ont tiré leur nom. Son frère jumeau eut en partage l’extrémité de l’île la plus voisine des colonnes d’Hercule. Il se nommait, dans la langue du pays, Gadirique, c’est-à-dire, en grec, Eumèle ; et c’est de lui que le pays prit le nom de Gadire. Il appela les enfants des secondes couches, Amphère et Euémon ; et ceux des troisièmes, Mnésée et Autochtone ; dans le quatrième couple de jumeaux, l’aîné fut nommé Élasippe, et le second, Mestor ; enfin les derniers étaient Azaès et Diaprépès. Les fils de Neptune et leurs descendants demeurèrent dans ce pays pendant une longue suite de générations, et leur empire s’étendait sur un grand nombre d’autres îles, et même en deçà du détroit, comme nous l’avons déjà dit, jusqu’à l’Égypte et la Tyrrhénie. La postérité d’Atlas se perpétua toujours vénérée ; le plus âgé de la race laissait le trône au plus âgé de ses descendants, et ils conservèrent ainsi le pouvoir dans leur famille pendant un grand nombre de siècles. Ils avaient amassé plus de richesses qu’aucune royale dynastie n’en a possédé ou n’en possédera jamais ; enfin, ils avaient en abondance dans la ville et dans le reste du pays tout ce qu’ils pouvaient désirer. Bien des choses leur venaient du dehors, à cause de l’étendue de leur empire ; mais l’île produisait elle-même presque tout ce qui est nécessaire à la vie ; d’abord tous les métaux solides et fusibles ; et ce métal même dont nous ne connaissons aujourd’hui que le nom, l’orichalque[7] était alors plus qu’un vain nom ; on en trouvait des mines dans plusieurs endroits : après l’or, c’était le plus précieux des métaux. L’île fournissait aux arts tous les matériaux dont ils ont besoin. Elle nourrissait un grand nombre d’animaux domestiques et de bêtes et de bêtes sauvages, entre autres des éléphants en grande quantité, et elle donnait leur pâture aux animaux des marais, des lacs et des fleuves, à ceux des montagnes et des plaines, et aussi à l’éléphant, tout énorme et tout vorace qu’il est. Elle produisait et entretenait tous les parfums que la terre porte aujourd’hui dans diverses contrées, racines, herbes, plantes, sucs découlant de fleurs ou de fruits. On y trouvait aussi le fruit que produit la vigne[8], celui qui nous sert de nourriture solide[9], avec tous ceux que nous employons en guise de mets, et dont nous désignons toutes les espèces par le nom commun de légumes ; ces fruits ligneux qui offrent à la fois de la boisson, de la nourriture et des parfums[10] ; ces fruits à écorce, difficiles à conserver, et qui servent aux jeux de l’enfance[11] ; ces fruits savoureux que nous servons au dessert pour réveiller l’appétit quand l’estomac est rassasié ; tels sont les divins et admirables trésors que produisait en quantité innombrable cette île qui florissait alors quelque part sous le soleil. Avec ces richesses que le sol leur prodiguait, les habitants construisirent des temples, des palais, des ports, des bassins pour les vaisseaux ; enfin, ils achevèrent d’embellir leur île dans l’ordre que je vais dire.

Leur premier soin fut de jeter des ponts sur les fossés qui entouraient l’ancienne métropole, et d’établir ainsi des communications entre la demeure royale et le reste du pays. Ils avaient de bonne heure élevé ce palais à la place même qu’avaient habitée le Dieu et leurs ancêtres. Les rois qui le recevaient tour à tour en héritage ajoutaient sans cesse à ses embellissements, et s’efforçaient de surpasser leurs prédécesseurs ; et ils firent tant qu’on ne pouvait voir, sans être stupéfait d’admiration, la grandeur et la beauté de leurs travaux. Ils creusèrent d’abord, depuis la mer jusqu’à l’enceinte extérieure, un canal de trois arpents de largeur sur cent pieds de profondeur et cinquante stades de longueur ; et pour qu’on pût y entrer, en venant de la mer, comme dans un port, ils lui laissèrent une embouchure navigable aux plus grands vaisseaux. Puis, dans les digues qui séparaient entre eux les fossés, ils percèrent, à côté des ponts, des tranchées assez larges pour le passage d’une seule trirème ; et, comme de chaque côté de ces tranchées les digues s’élevaient à une assez grande hauteur au-dessus de la mer, ils jetèrent d’un bord à l’autre des toits qui permirent aux vaisseaux de naviguer à couvert. Le plus grand des fossés circulaires, celui qui communiquait avec la mer, avait trois stades de large ainsi que l’enceinte de terre qui venait après lui. Les deux enceintes suivantes, l’une d’eau, l’autre de terre, avaient chacune deux stades, et la dernière, celle qui entourait l’île, n’avait qu’un stade de largeur ; enfin l’île elle-même où se trouvait le palais, avait un diamètre de cinq stades. Ils revêtirent d’un mur de pierres le pourtour de l’île, les digues circulaires, et les deux côtés de la tranchée qui avait un arpent de largeur ; et ils établirent des tours et des portes à l’entrée des voûtes sous lesquelles on avait livré un passage à la mer. On se servit, pour ces constructions, de pierres blanches, noires et rouges que l’on tira des flancs mêmes de l’île et des deux côtés intérieurs et extérieurs des digues ; et, tout en exécutant ces fouilles, on creusa pour les navires, dans l’intérieur, deux bassins profonds, auxquels le rocher lui-même servait de toit. Parmi ces constructions, les unes étaient formées d’une seule espèce de pierres ; et, afin de donner aux autres leur ornement naturel, on avait mélangé les couleurs pour le plaisir des yeux. On recouvrit d’airain, en guise d’enduit, tout le mur de l’enceinte extérieure ; d’étain la seconde enceinte, et les bords de l’île d’une ceinture d’orichalque qui étincelait comme du feu. Je vais décrire maintenant le palais des rois qui s’élevait dans l’Acropolis. Au milieu était le temple sacré de Clito et de Neptune, redoutable sanctuaire entouré d’une muraille d’or. C’est là qu’ils avaient engendré et mis au monde les dix chefs des dynasties royales ; et c’est là aussi que chaque année les dix provinces de l’empire faisaient à ces deux divinités l’offrande de leurs prémices. Le temple de Neptune était long d’un stade, large de trois arpents, et haut à proportion ; mais son aspect avait quelque chose de barbare. Tout l’extérieur du temple était revêtu d’argent, excepté les acrotères qui étaient d’or ; à l’intérieur, la voûte était recouverte d’ivoire, enrichi d’or et d’orichalque. Tout le reste des murs et des colonnes et les pavés du temple étaient recouverts d’orichalque. On voyait de nombreuses statues d’or. Le dieu, du haut de son char, guidait six coursiers ailés, et il était si grand que sa tête touchait la voûte du temple. Autour de lui, cent néréides étaient assises sur des dauphins ; on croyait alors que c’était là le nombre de ces divinités. Il y avait encore beaucoup d’autres statues offertes par la piété des particuliers. Autour du temple étaient les statues en or de tous les rois et de toutes les reines descendant des dix enfants de Neptune, et beaucoup d’autres dons offerts par les rois et les citoyens, soit de la ville elle-même, soit des pays qui lui étaient soumis. L’autel était d’une grandeur et d’un travail digne de ces merveilles ; et tout le palais répondait à la grandeur de l’empire et à la richesse des ornements du temple. Deux sources intarissables, l’une froide et l’autre chaude, toutes deux admirables par l’agrément et la salubrité de leurs eaux, fournissaient à tous les besoins. Alentour, on avait élevé des maisons et planté les arbres qui se plaisent au bord des eaux. Il y avait pour le bain des bassins découverts et d’autres fermés pour l’hiver ; il y en avait pour les rois et pour les particuliers ; d’autres séparés pour les femmes, d’autres aussi pour les chevaux et les bêtes de somme ; chacun d’eux était disposé et décoré suivant sa destination. Au sortir de ces bains, une partie de l’eau allait arroser le bois de Neptune, où la fertilité du terrain produisait des arbres d’une hauteur et d’une beauté surprenante ; le reste se rendait dans les digues extérieures par des aqueducs pratiques sur les ponts. Sur ces digues qui formaient des îles, il y avait des temples consacrés à un grand nombre de dieux, des jardins, des gymnases dans l’une, des hippodromes dans l’autre. Il y avait surtout au milieu de la plus grande de ces îles un vaste hippodrome d’un stade de large, et quant à la longueur la carrière livrée aux chevaux faisait tout le tour de l’île. Des deux côtés s’élevaient des casernes pour le gros de l’armée ; les troupes sur lesquelles on comptait davantage avaient leurs quartiers dans la digue la plus petite et la plus voisine de l’Acropolis ; enfin une élite dévouée demeurait dans l’Acropolis même, autour de leurs rois. Les bassins étaient couverts de trirèmes et garnis avec un ordre parfait des instruments et des provisions nécessaires. Telles étaient les dispositions autour du palais des rois. Au delà des trois enceintes et des ports qu’elles formaient était un mur circulaire commençant à la mer, et qui, suivant le tour de la plus grande enceinte et de son port, à une distance de cinquante stades, venait fermer au même point l’entrée du canal du côté de la mer. Cet intervalle était rempli d’une foule d’habitations rapprochées les unes des autres. Le canal et le plus grand port étaient couverts de navires et de marchands qui arrivaient de tous les pays du monde, et dont la foule produisait la nuit et le jour un mélange de tous les langages et un tumulte continuel.

Je crois, dans mon récit, n’avoir rien omis de ce que la tradition nous raconte de cette ville et de cette antique résidence. Maintenant je vais tâcher de vous donner une idée de ce que la nature et l’art avaient fait pour le reste de l’île. D’abord on dit que le sol était très élevé au-dessus de la mer, et le rivage à pic. Tout autour de la ville régnait une plaine entourée elle-même d’un cercle de montagnes qui s’étendaient jusqu’à la mer ; sa surface était unie et régulière, sa forme oblongue ; elle avait d’un coté trois mille stades, et, depuis le centre jusqu’à la mer, au-dessus de deux mille. Toute cette partie de l’île était située au midi, et protégée contre le vent du nord. Les montagnes qui l’entouraient surpassaient, à ce que dit la renommée, en nombre, en grandeur et en beauté toutes celles qu’on peut voir aujourd’hui. Elles renfermaient un grand nombre de villages fort riches et fort peuplés. Elles étaient arrosées par des lacs et des rivières et couvertes de prairies qui fournissaient d’excellents pâturages aux animaux sauvages ou domestiques. Des forêts nombreuses et de toute espèce offraient à tous les arts des ressources variées pour toutes sortes d’ouvrages. Voilà ce que la nature et les soins prolongés d’un grand nombre de rois avaient fait de cette heureuse plaine. Elle avait la forme d’un carré long, et ses cotés étaient presque partout réguliers ; dans les endroits où la régularité n’était pas parfaite, on avait corrigé la nature en traçant le fossé qui entourait la plaine. Quant à la profondeur, à la largeur et à la longueur de ce fossé, ce qu’on en dit rend difficile à croire qu’un pareil travail, comparé aux autres travaux de ce genre, ait été fait de main d’homme. Je vous répéterai cependant ce que j’en ai entendu raconter. Il avait un arpent de profondeur ; il était partout large d’un stade, et sa longueur embrassait toute la plaine et avait dix mille stades. Il recevait toutes les eaux qui découlaient des montagnes, et décrivant un cercle autour de la plaine, ses deux extrémités aboutissaient à la ville, et de là il allait se décharger dans la mer. D’un des cotés de ce fossé en partaient d’autres de cent pieds de large, qui coupaient la plaine en ligne droite, et s’allaient jeter dans le fossé voisin de la mer ; ils étaient séparés les uns des autres par des intervalles de cent stades ; d’autres fossés qui coupaient les premiers transversalement et se dirigeaient vers la ville, servaient à y transporter le bois des montagnes et les autres productions du pays, suivant les saisons. Il y avait tous les ans deux récoltes, parce que la terre était fécondée l’hiver par les pluies qu’y envoyait Jupiter, et arrosée l’été par l’eau qu’on tirait des canaux. Quant au service militaire et au contingent que devaient fournir les habitants de la plaine en état de porter les armes, on avait réglé que chaque division élirait et fournirait un chef. Ces divisions avait chacune cent stades, et on comptait soixante mille divisions. Les habitants des montagnes et des autres parties de l’empire étaient, dit-on, innombrables. On les divisa également, suivant les localités et les habitations, en divisions particulières, ayant chacune leur chef. Chacun des chefs contribuait pour la dixième partie d’un chariot afin de maintenir le nombre des chars de guerre à dix mille. Il fournissait en outre deux chevaux avec leurs cavaliers, un attelage de deux, chevaux sans le char, un combattant armé d’un petit bouclier, un autre pour conduire les chevaux, deux fantassins pesamment armés, deux archers, deux frondeurs, deux fantassins armés à la légère, puis des soldats armés de pierres, d’autres de javelots, trois de chaque espèce, et quatre marins pour la flotte de douze cents voiles. Telle était l’organisation militaire de la capitale. Quant aux neuf autres provinces, comme elles avaient chacune leurs institutions particulières, il serait trop long de vous en parler. Voilà de quelle manière la magistrature et l’administration étaient réglées dans l’origine. Chacun des dix rois avait dans sa province un pouvoir absolu sur les hommes et sur la plupart des lois ; il pouvait infliger à son gré toute espèce de peine et même la mort. Quant au gouvernement général de l’île et aux rapports entre les rois, leur règle était la volonté de Neptune, conservée dans la loi et gravée par les premier rois sur une colonne d’orichalque qui se trouvait au milieu de l’île dans le temple de Neptune. Ils se rassemblaient tour à tour au bout de cinq ans, et ensuite au bout de six ans, pour faire alterner le nombre pair et le nombre impair. Dans cette assemblée, ils délibéraient sur les affaires publiques, examinaient si l’un d’eux avait violé la loi, et le jugeaient. Lorsqu’ils avaient un jugement à prononcer, voici comment ils s’assuraient de leur foi mutuelle. On laissait errer en liberté des taureaux dans le temple de Neptune ; et les dix rois, après avoir prié le dieu de choisir la victime qui lui convenait, allaient seuls à la chasse sans autre arme que des bâtons et des cordes ; quand ils avaient pris un des taureaux, ils ramenaient jusqu’à la colonne, le plaçaient sur son sommet, et l’égorgeaient suivant la règle prescrite par les inscriptions. Or, la colonne portait, outre les lois, un serment et des imprécations terribles contre celui qui les violerait. Lorsqu’ils avaient achevé le sacrifice et consacré suivant les rites tous les membres de la victime, on remplissait une coupe du sang répandu, en ayant soin d’y verser une goutte au nom de chacun des rois. Le reste était brûlé et on purifiait la colonne. Après cela, ils puisaient dans la coupe avec des fioles d’or, et en répandant une partie sur le feu juraient de juger d’après les lois écrites sur la colonne, de punir celui qui les aurait violées, de ne jamais s’écarter volontairement de leurs prescriptions, de ne gouverner eux-mêmes et de n’obéir qu’à celui qui gouvernerait suivant les ordres de leur père. Après avoir prononcé ces imprécations sur eux et sur leurs descendants, ils buvaient ce que contenaient leurs fioles et allaient les déposer dans le sanctuaire du dieu. Ensuite venaient le repas et les autres cérémonies nécessaires. À la nuit, quand le feu du sacrifice était éteint, ils se couvraient chacun d’une belle robe azurée, s’asseyaient à terre auprès des restes consumés du sacrifice, éteignaient partout le feu dans le temple, et se disposaient à prononcer leur sentence ou à la subir, si quelqu’un d’entre eux était accusé d’avoir violé les lois. Au lever du jour, ils inscrivaient leurs jugements sur des tables d’or qu’on suspendait avec les robes aux colonnes du temple, pour servir de monument à la postérité. Il y avait beaucoup d’autres lois qui se rapportaient à chacun des rois : voici les principales. Il leur était défendu de porter les armes les uns contre les autres, et tous devaient se réunir contre celui qui aurait tenté de chasser de ses États l’une des races royales. Ils devaient se rassembler comme leurs ancêtres pour délibérer en commun sur la guerre et les autres affaires importantes, en laissant toutefois l’autorité principale à la branche directement issue d’Atlas. Le chef suprême ne pouvait condamner à mort l’un de ses parents sans le consentement de la majorité des autres rois.

Telle était la formidable puissance qui s’était élevée dans ce pays, et que la Divinité dirigea contre nous pour la cause que je vais vous dire. Pendant plusieurs générations, tant que les habitants de l’Atlantide conservèrent quelque chose de leur extraction divine, ils obéirent aux lois, et respectèrent le principe divin qui leur était commun à tous ; leurs âmes, attachées à la vérité, ne s’ouvraient qu’à de nobles sentiments ; leur prudence et leur modération éclataient dans toutes les circonstances et dans tous leurs rapports entre eux. Ne connaissant d’autres biens que la vertu, ils estimaient peu leurs richesses, et n’avaient pas de peine à considérer comme un fardeau l’or et la multitude des avantages du même genre. Au lieu de se laisser enivrer par les délices de l’opulence et de perdre le gouvernement d’eux-mêmes, ils ne s’écartaient point de la tempérance ; ils comprenaient à merveille que la concorde avec la vertu accroît les autres biens, et qu’en les recherchant avec trop d’ardeur, on les perd, et la vertu avec eux. Tant qu’ils suivirent ces principes et que la nature divine prévalut en eux, tout leur réussit, comme je l’ai raconté ; mais quand l’essence divine commença à s’altérer en eux pour s’être tant de fois alliée à la nature humaine, et que l’humanité prit le dessus, incapables de supporter leur prospérité, ils dégénérèrent ; et dès lors ceux qui savent voir purent reconnaître leur misère et qu’ils avaient perdu le meilleur de leurs biens ; tandis que ceux qui ne peuvent apprécier ce qui fait le vrai bonheur, les crurent parvenus au comble de la gloire et de la félicité, lorsqu’ils se laissaient dominer par l’injuste passion d’étendre leur puissance et leurs richesses. Alors Jupiter, le dieu des dieux, qui gouverne tout selon la justice, et à qui rien n’est caché, voyant la dépravation de cette race, autrefois si vertueuse, voulut les punir pour les rendre plus sages et plus modérés. Il rassembla tous les dieux dans le sanctuaire du ciel, placé au centre du monde, d’où il domine tout ce qui participe de la génération ; et lorsqu’ils furent tous réunis, il dit : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Notes[modifier]

  1. Ceci est dans le caractère de Critias, qui n’admettait les dieux qu’en politique. Sext. Empiric. Advers. Mathem., IX, 54. Plutarq. De Superstit. 13.
  2. La trace du culte de Vulcain en Attique subsiste dans le nom de l’une des quatre tribus qui comprenaient primitivement toute la population. Voyez Pollux, VIII, 109. Eschyle, dans les Euménides, v. 13, appelle les Athéniens enfants de Vulcain.
  3. Étienne de Byzance, au mot Φελλ. ; le Scholiaste d’Aristophane, Acharn. 71, et Ruhnken, Tim., gloss., p. 269.
  4. Rivière de l’Attique qui descendait du mont Hymette, et se jetait dans l’Ilysse.
  5. Le lieu où se tenaient les assemblées à Athènes.
  6. Montagne de l’Attique, située derrière le Pnyx.
  7. Sur l’orichalque des anciens, voyez Beckman, sur le livre d’Aristote, des choses merveilleuses, p. 132.
  8. La vigne.
  9. Le blé.
  10. Les fruits du cocotier ?
  11. Les noix ?