Dans l’été

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Poésies inédites, Texte établi par Gustave Revilliod, Jules Fick (p. 33-34).


DANS L’ÉTÉ.


Un danger circule à l’ombre,
Au chant de l’oiseau,
Qui descend, dès qu’il fait sombre,
Se plaindre au roseau.
Alors tout ce qui respire
Se prend à rêver ;
Et le ruisseau qui soupire
Semble l’éprouver.

Partout les nids et les ailes
Tremblent doucement,
Dénonçant des tourterelles
L’entretien charmant ;
L’été brûle avec mystère
Dans les lits en fleurs
Des seuls amants de la terre
Sans blâme et sans pleurs.

Et si trop jeune encore
Pour fuir un danger,

L’enfant rêveur que j’adore
S’attarde au verger,
Laisse dans l’errante nue
Ton charme cruel,
Et sauve l’âme ingénue
Du plaisir mortel !



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