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Das Gewitter

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Gustav Schwab

Das Gewitter


Ce poème de Gustav Schwab (1792-1850) s'inspire d'un évènement qui se passa le 30 juin 1828 dans la ville de Tuttlingen (Baden-Württemberg). La foudre pénétra ce jour là dans une maison habitée par deux familles pauvres. Elle tua dix de ses habitants dont quatre femmes d'une même famille : l'aïeule, la grand-mère, la mère et la petite fille. Gustav Schwab immortalisa cette tragédie dans son poème Das Gewitter


Traduction française
Aïeule, grand-mère, mère et enfant,
Sont ensemble dans la salle étouffante ;
L’enfant joue, la mère se fait belle,
La grand-mère file, l’aïeule penchée
Est assise derrière le fourneau au chaud -
Mais que l’air souffle donc si lourd !
L’enfant parle : « demain est jour de fête,
Comme je vais jouer dans l’herbe de l’enclos,
Comme je vais sauter par monts et par vaux,
Comme je vais cueillir beaucoup de belles fleurs ;
Le pré, c’est lui que je préfère » -
Entendez-vous, comme gronde le tonnerre ?
La mère parle : « demain est jour de fête,
Alors nous aurons tous un joyeux banquet,
Et me voilà, préparant mon habit de fête ;
Dans la vie il y a des peines et des plaisirs,
Alors le soleil brille comme de l’or »-
Entendez-vous, comme gronde le tonnerre ?
Grand-mère parle : « demain est jour de fête,
Grand-mère n’a pas de jour de fête,
Elle cuit le repas, elle file les vêtements,
La vie est du souci, et tant de travail ;
Et tout cela doit bien être fait ! »-
Entendez-vous, comme gronde le tonnerre ?
L’aïeule parle : « demain est jour de fête,
J’aimerais mourir demain :
Je ne peux ni chanter, ni plaisanter,
Je ne peux ni veiller sur vous, ni travailler dur,
Que fais-je donc encore dans ce monde ? »-
Voyez-vous, comme la foudre tombe là-bas ?
Elles n’entendent pas, elles ne voient pas,
Et dans la salle tout s’enflamme en pleine lumière :
Aïeule, grand-mère, mère et enfant,
Sont touchées ensemble par ce rayon,
Un coup de tonnerre, et quatre vies disparaissent –
Et demain est jour de fête.
Texte original
Urahne, Großmutter, Mutter und Kind,
In dumpfer Stube beisammen sind;
Es spielet das Kind, die Mutter sich schmückt,
Großmutter spinnet, Urahne gebückt
Sitzt hinter dem Ofen im Pfühl –
Wie wehen die Lüfte so schwül!
Das Kind spricht: „Morgen ist’s Feiertag,
Wie will ich spielen im grünen Hag,
Wie will ich springen durch Thal und Höh’n,
Wie will ich pflücken viel Blumen schön;
Dem Anger, dem bin ich hold!“ –
Hört ihr’s, wie der Donner grollt?
Die Mutter spricht: „Morgen ist’s Feiertag,
Da halten wir alle fröhlich Gelag,
Ich selber, ich rüste mein Feierkleid;
Das Leben es hat auch Lust nach Leid,
Dann scheint die Sonne wie Gold!“ –
Hört ihr’s, wie der Donner grollt?
Großmutter spricht: „Morgen ist’s Feiertag,
Großmutter hat keinen Feiertag,
Sie kochet das Mahl, sie spinnet das Kleid,
Das Leben ist Sorg’ und viel Arbeit;
Wohl dem, der that, was er sollt’!“ –
Hört ihr’s, wie der Donner grollt?
Urahne spricht: „Morgen ist’s Feiertag,
Am liebsten morgen ich sterben mag:
Ich kann nicht singen und scherzen mehr,
Ich kann nicht sorgen und schaffen schwer,
Was thu’ ich noch auf der Welt?“ –
Seht ihr, wie der Blitz dort fällt?
Sie hören’s nicht, sie sehen’s nicht,
Es flammet die Stube wie lauter Licht:
Urahne, Großmutter, Mutter und Kind
Vom Strahl miteinander getroffen sind,
Vier Leben endet ein Schlag –
Und morgen ist’s Feiertag.