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De l’Angélus de l’aube à l’Angélus du soir/La Mort du Poète

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De l’Angélus de l’aube à l’Angélus du soir : 1888-1897Mercure de France. (p. 319-338).
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À MADAME MADELEINE ANDRÉ GIDE
LA MORT DU POÈTE




PERSONNAGES

LA MÈRE DU POÈTE.

LE POÈTE.

LA FIANCÉE DU POÈTE.

L’AMI DU POÈTE.

LA VIEILLE SERVANTE.

LE MÉDECIN.

LE VIEUX PAUVRE.

LE CHIEN.

LE PUITS.

UNE ROSE TRÉMIÈRE.


L’AUTEUR.


PREMIERE PARTIE

C’est une matinée de Fête-Dieu. Le poète va mourir. Les fenêtres de sa chambre donnent sur un jardin qui est triste et ensoleillé, où le vieux chien à demi paralytique repose, étendu.

Une guêpe y vole.

Dans la chambre : le poète est dans son lit. Il a le délire. Tantôt il parle haut, tantôt je suppose que l’on entend ce qu’il dit. Sa mère prie et, de temps en temps, se relève pour poser sa main fraîche sur le front brûlant du malade.

L’ami du poète et la fiancée du poète sont assis à une petite table. La fiancée compte des gouttes qu’elle laisse tomber dans un bol. L’ami lit distraitement un morceau de papier.

La chambre est simple. Trois globes sur la cheminée. Celui du milieu recouvre une petite vierge blanche, naïve et campagnarde ; je crois, en plâtre. Sous les deux autres il y a des fleurs et des épis artificiels enrubannés et ornés de papiers dorés et argentés.

Par la tranquillité de l’azur torride, un ineffable et triste écho de la procession gémit.

Des campanules gorgées d’azur, des joncs fleuris et froissés, des prèles qui forment une jonchée sur la route, des effluves d’une fraîcheur fanée s’élèvent.

De la fenêtre qui donne au midi, on pourrait voir uue bannière d’or qui s’incline.


LA FIANCÉE

Bah !


L’AMI

Qu’est-ce qu’il y a ?



LA FIANCÉE

J’ai fait trembler la fiole…
Il en est tombé plus qu’il ne faut dans le bol.
C’est à recommencer. Passez-moi ce linge… Non… l’autre.
C’est ça.



L’AMI

C’est ça.Voilà. Tenez la soucoupe dessous.


LA FIANCÉE

C’est ça. Voilà. Tenez la soucoupe dessous.Oui. C’est plus propre.

(On entend la rumeur lointaine de la procession.)

LE POÈTE

Maman ? Est-ce que c’est la fête du village ?


LA MÈRE

Calme-toi. Tu es mon fils chéri. Calme-toi.


LE POÈTE

Ouvrez les fenêtres.


L’AMI

Ouvrez les fenêtres.Dites-lui qu’elles le sont, mais n’ouvrez pas.


LA MÈRE

La fenêtre est ouverte, ami, tu le vois bien ?…


LE POÈTE

Ah ! oui, elles le sont. Oh ! comme le jardin
est calme ! Là-bas je vois le vieux chien…
Il est couché dans les giroflées et les salades.
Je me souviens… Comme moi il est malade.
À quelle époque sommes-nous de ces saisons ?
Il me semble que c’est le mois de la moisson ?

— Et il me semble que j’attends aujourd’hui.
Ce matin clair est doux comme le soir tombant.
Il y a une obscurité fraîche sur le banc…
Il est probable que je ne m’y retrouverai pas
— là ! — puisqu’ils ont dit tout bas que j’étais très bas.
Relevez-moi un peu la tête ?


LA VIEILLE SERVANTE, (elle entr’ouvre la porte).

Relevez-moi un peu la tête ? Mademoiselle,
il n’y a plus de sucre.


LA FIANCÉE

il n’y a plus de sucre.Va chez Estelle
en chercher si le magasin est fermé. Fais vite.


LA VIEILLE SERVANTS

Oui, mademoiselle.


LA MÈRE, (à la fiancée).

Oui, mademoiselle.Ferme complètement la vitre,
cette procession a l’air de l’agiter.

(Les chants se rapprochent, de plus en plus harmonieux ; ils frémissent comme les ailes de pierre d’une église.)


LE POÈTE

Maman ?


LA MÈRE

Maman ? Quoi, mon fils ?


LE POÈTE

Maman ? Quoi, mon fils ? Peux-tu me dire mon âge ?


LA MÈRE

Calme-toi, mon fils chéri. Calme-toi — dis ?


LE POÈTE

Ah ! Cette musique est la fête du village
où l’on danse. Écoutez les pleurs des chalumeaux
sous la fraîcheur, de nuit au soleil, des ormeaux…
C’est comme le bruit, sur les joncs courbés, des eaux…
La fête ! Il y a des tables et de gros verres…
Vois donc : la limonade inonde le vieux banc ?
Ça m’inonde les bras et ça glace la table…
Mais est-ce donc vrai que tu sois malade ?…
Maman ! Maman ! Maman !


L’AMI, (haut, à lui-même).

Maman ! Maman ! Maman ! Quel salaud de délire !
Ah ! bbâ ! fichhe ! J’ose pas faire de piqûre…
Ce foutu médecin est toujours en retard.


LA MÈRE, (à l’ami).

Quelle heure est-il ?


L’AMI

Quelle heure est-il ? Onze heures.


LA MERE

Quelle heure est-il ? Onze heures.On ne sait pas
quelle heure il est quand on souffre comme ça.

(Elle prie. Le chant de la procession s’exalte. Il frémit sous l’azur torride. Il résoone comme une ruche, comme une pluie d’été sur l’eau.)


LE POÈTE, (en lui-même).

Ce bruit, dans le jardin, est comme une prière…
Ce sont les doux moineaux qui effritent la pierre
de la muraille. Mais c’est la procession.
Ah ! Je reconnais bien la fraîcheur des prières
chantantes dans la frondaison bleue de la Fête-Dieu !
Je me souviens ! Je suis, j’y suis. Chantons !
Dans mon cœur, ô mon Dieu, ont fleuri des blés bleus
sous le tranquille azur de cette matinée
où les chants, bien scandés, de la belle Fête-Dieu
flottent comme un parfum d’île de rosée.

Ô mon Dieu ! des vallées tu as pris les liserons
et ils chantent sous la forme de petites filles empesées
que l’on a frisées avec de l’eau sucrée
et dont les jolies bannières s’inclinent sous des rayons…
Elles portent avec beaucoup de soin
des gerbes artificielles et naïves où bougent
des reines marguerite, des bleuets, des coquelicots
sous la musique où s’engouffre l’encens des foins lointains…
mon Dieu, je suis ému. Je me souviens…
Je t’offrais toute la pureté de mon cœur.
Des enfants grands comme ça étaient vêtus de rouge
et c’est eux qui portaient des corbeilles de roses
et ton souffle passait dans les averses de couleur…
Ces enfants ils venaient, si petits que je me disais :
Est-ce qu’ils ne sont pas les roses qu’ils portent ?
Et l’azur qui s’ouvrait comme une immense porte
laissait tomber de l’âme sur ma tête fatiguée…
C’était plus pur que l’eau, plus pur que la lumière.
Les voix étaient comme l’écho d’un orage d’amour,
et mon cœur s’arrêtait, comme ébloui de jour,
devant l’innocence des pas des petites filles claires.
Dieu ! Puisque ces enfants te célébraient,
puisqu’elles portaient dans leurs mains de pureté
les grains de blé et le soleil, le jour et l’ombre,
je pousse vers toi un cri grand comme l’immensité…

… Ah ! je te dis merci ! Merci pour ce que je souffre…
Je meurs étouffé… Je suis moins devant toi
qu’un grain d’avoine au gré de l’orage qui souffle !
Oh ! écoutez ! là-bas se meurt ma triste pensée…
Oh ! écoutez — sur les campanules et les joncs écrasés,
dans les chants, dans les tourbillons d’encens, dans la pureté
ma mort va passer, ma mort va passer
Dans la procession cérémonieuse.

(Haut.)

Je meurs ! de l’air !


L’AMI

Je meurs ! de l’air ! Il n’y a plus d’eau
dans la carafe. Est-ce que Marie est revenue ?

(La servante paraît.)

LA FIANCÉE

La voilà. Marie, va chercher de l’eau au puits î


LE PUITS
(Il chante sous les mains calleuses de la servante.

Je suis le serviteur de la vieille servante,
et je pleure aujourd’hui et je crie sous ma rouille.
Ah ! pourquoi donc meurt-il, le jeune homme à l’âme claire
qui s’amusait enfant à cueillir sur ma margelle
la gourde à la fleur jaune et le bleu liseron…

Mon Dieu I ayez pitié du vieux puits qui regrette
le jeune enfant marqué du signe des poètes…
J’écoutais son babil et le bourdon des guêpes
pendant les lourds après-midi blancs des vêpres…
Mon Dieu ! Qu’il était doux ! Par moments, il tombait.
Il regardait, au fond dE mon ombre, l’eau.
Il regardait les rosiers s’effeuiller sur mes dalles.
Il faisait la charité aux traîneurs de sandales.
Il venait, près de moi, par les déclins doux de l’Été.
Il regardait les poules au soleil onduler.
Il regardait sa mère dire son chapelet.
Il écoutait les grains du chapelet trembler.
Il voyait, dans mon seau, sa bouche se refléter.
Il s’amusait, en puisant, à me faire crier.
Et maintenant, mon Dieu, je voudrais me briser,
parce qu’au tremblement de ma chaîne et de la servante
je sens que c’est pour la mort que l’on puise de l’eau.

(La serrante remplit la carafe. En passant elle touche

UNE ROSE TRÉMIÈRE, (qui s’effeuille et chante).

Tu meurs ? Pourquoi meurs-tu ? Tu m’avais donnés
un jour de veille de Fête-Dieu à ta fiancée.
Elle m’avait mise à son corsage bleu, mais
le vent avait soufflé et j’étais tombée…

Alors ta fiancée m’avait ramassée
et, comme ma belle tige verte était cassée,
elle m’avait glissée, avec ses doigts de neige,
dans son corsage de neige où je m’étais fanée.

(Le chien a suivi la servante et s’est couché sur la descente de lit de son maître.)


LA PENSÉE DU CHIEN

Ô mon cher maître aimé ! Quand tu me donnais des coups,
je t’aimais. Près de toi, j’ai passé de longs jours,
mais maintenant ta voix ne sait plus m’appeler.
Je me souviens des jours où j’étais à tes pieds,
et que tu me regardais avec tristesse. Quand j’étais
un tout petit chien, tu me donnais du lait tiède,
et tu me caressais et j’étais comme fou.
Tu me mettais sur la table, tout petit, et, tout à coup,
j’aboyais.


LE POÈTE, (en lui-même).

j’aboyais.C’est le pauvre chien malade et ami.
Souvent je l’ai regardé lorsque, endormi,
il sommeillait sous un rayon de poussière oblique.
Mon cœur était amer et ne se consolait
qu’en le voyant ainsi, timide et résigné,
me regarder, puis refermer les yeux tout doucement.

Souvent, je me disais, en le regardant :
je mène ici une amère et triste existence.
Là-bas s’amusent et sont gais des jeunes gens
parce qu’ils ont des positions et de l’argent.
Mais mon cœur se calmait et ma gorge prête
à pleurer se détendait en regardant ce pauvre être
résigné qui était content de sa misère à mes pieds,


L’AMI

Chassez le chien. Il fait du bruit…

(On chasse le chien.)

LE POÈTE

Chassez le chien. Il fait du bruit…Si je pouvais
parler, je sais que le pauvre chien resterait.
Il a le droit de me voir mourir…


DEUXIÈME PARTIE



L’AUTEUR

Voici donc ce poète que vous avez suivi
depuis sa naissance où tout le ciel chantait, ivre,
jusqu’à sa douloureuse et trop jeune agonie.

Je vous ai montré le jour joyeux de sa naissance,
je vous ai fait entendre la voix des éléments
et les harpes des séraphins dans l’azur charmant.

On a pu évoquer son enfance si triste,
les doux pâtés de sable au fond du jardin triste,
et son tablier blanc le long des treilles vives.

On a pu l’évoquer premier communiant,
doux, triste et pur, guindé dans son petit vêtement,
à genoux près du cierge au pur rayonnement.

Vous avez assisté à son amour première,
dans le parterre grave où les roses-trémières
étaient comme des fleurs composées de lumière.

Je vous ai fait entendre, par un radieux jour,
sous la tonnelle noire et luisante, l’amour
que sa fiancée et lui s’avouaient tour à tour.

Je vous ai raconté la petite vie modeste
de ce poète, auprès de son père et sa mère,
de sa fiancée, de la servante et de la chienne.

J’aurais voulu que durât toujours ce bonheur.
Mais les desseins de Dieu sont mystérieux
et, parfois, comme une hache, nous fendent le cœur.

J étais donc désigné pour écrire la vie
d’un poète qu’on eût voulu toujours ravie…
— Mais pourquoi mentirais-je à ma poésie ?

Il doit mourir jeune, à l’âge bienheureux
qui faisait dire aux anciens que ceux
qui mouraient à cet âge étaient aimés des dieux.

Ne vous plaignez jamais d’une trop triste histoire.
L’histoire de là vie est celle la plus noire,
comme aussi la plus blanche et la plus méritoire.

J’ai voulu, ici, mêler le bonheur et le malheur.
Si le malheur l’emporte et si tu ressens la douleur
de ces êtres : travaille à devenir meilleur.

Que la pitié que tu as pour sa vieille mère
t’apprenne à vénérer les noires rides amères
que tu vois sous les yeux des tremblantes vieilles.

Que la pitié que tu as pour la fiancée du poète,
l’apprenne à respecter le cœur de celles
qui, tristement, n’attendent plus les fiancés.

Que la pitié que tu as pour l’ami du poète
l’apprenne à ne jamais tendre la main qu’avec
ta franchise de l’œil, du cœur et de la tête.

Que la pitié que tu as pour la vieille servante
t’apprenne à vénérer les serviteurs tremblants
dont la main ne peut plus porter les poids trop grands.

Que la pitié que tu as pour le chien paralytique
t’apprenne que tu dois panser tous les martyres
et avoir la pitié des animaux infimes.

Si tu as la pitié du vieux puits plein de roses
où est l’eau du baptême et où est l’eau de la mort,
apprends à vénérer et à aimer les choses.

Si, ne revoyant pas le père, qui, dans Un Jour
coupe naïvement les belles roses rouges,
tu te dis que, sans doute, il est mort :

respecte les absents et respecte les morts.

Dans la même chambre, après-midi. Le jour, au dehors, est
triste, triste.



LA MÈRE, (à genoux, prie).

Mon Dieu, je vous en prie. Oh ! faites que mon fils
ne meure pas. Ayez, ayez pitié de mon martyre.
Il était si bon. Mon Dieu, je sens que je deviens folle.
Je vous supplie à genoux. Mon Dieu, ayez pitié
de moi. Ce n’est pas possible. J’ai rêvé.

Je rêve. Ayez pitié. Ayez pitié. Ayez pitié de moi
qui suis si malheureuse…


LA FIANCÉE, (à genoux, prie).

qui suis si malheureuse…Dieu, je vous en supplie, ne brisez pas
mon cœur. Vous savez combien j’aime au-dessus de tout
celui que votre bonté me donnent pour époux.
Ô mon Dieu, je vous en supplie. Faites que je vive
avec lui une vie de bonté et d’amour. Mon martyre
est au-dessus de tout. — Moi qui étais si fière
de lui. Ô mon Dieu, épargnez-moi. Je serai l’épouse
fidèle. Je le consolerai. Je le soignerai.
Je le guérirai. Mon Dieu, ayez pitié
de moi. Ayez pitié…


L’AMI, (debout prie).

de moi. Ayez pitié…Mon Dieu, permettez que la main
de mon ami demeure encore dans la mienne.
Épargnez à ces deux femmes cette douleur.
Souvenez-vous, mon Dieu, de l’union de nos cœurs.
Vous qui avez permis cette franche amitié,
ne la brisez pas. Nous étions liés comme des frères.
Comment ferai-je donc pour marcher dans la vie
sans lui ? Mon Dieu, voyez, je m’incline
devant vous. Mais épargnez-moi ce martyre.

Mon Dieu, je veux croire en la prière. Ayez
pitié de mon cœur…


LA VIEILLE SERVANTE, (à genoux, prie).

pitié de mon cœur…Mon Dieu, laissez-moi
encore servir le pauvre Monsieur qui est si bon.
Ô mon Dieu, je voudrais mourir avant lui.
Je suis vieille, moi, et je l’ai vu tout petit.
Bonne Sainte Vierge, Mère de Notre Seigneur,
éloignez de dessus votre servante ce malheur.


LE POÈTE, (fait un mouvement).

— À boire !


LA MÈRE, (au médecin).

À boire ! Il a soif. Que faut-il lui donner ?


LE MÉDECIN

De l’eau sucrée tiède.


LA MÈRE

(Elle s’approche et veut faire boire le malade, qui refuse.)

De l’eau sucrée tiède.Il la refuse… Bois, fils chéri…
C’est moi, c’est ta mère, fils chéri, qui te fais boire.


LE POÈTE, (fait un effort douloureux, sourit et boit).

LA MERE

Il est très accablé.


LE MÉDECIN

Il est très accablé.A-t-il pris la potion ?


L’AMI

Oui, docteur.


LE MÉDECIN

Oui, docteur.Avez-vous pris la température ?


L’AMI, (à voix basse).

Quarante.


LE MÉDECIN

· · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · ·

Le jour baisse doucement. Il y a une grande paix. De la fenêtre on pourrait voir une grande lumière qui crève les nuages et tombe en gerbe sur la colline.

Tout est calme dans la chambre du malade. Il n’y a que le bruit d’une cuillère dans un verre.

Tout à coup on entend les cris déchirants des femmes.

TROISIÈME PARTIE

Maintenant c’est le recueillement avant l’orage. Il est six heures da soir. Dans le triste jardin le vieux chien, à sa place habituelle, étend son corps paralytique.

Il essaye de se défendre d’une abeille.

La cloche des morts sonne.

La vie est comme la vie. Une hirondelle rase la terre, monte haut, crie, semble se laisser tomber. Une tristesse infinie entoure les rigides roses-trémières.

Un vieux pauvre arrive sur la route. Il se traîne péniblement jusqu’à la porte de la maison où vient d’expirer le poète. Il frappe. Il espère qu’on lui répondra. Sa pauvre voix honteuse et craintive trouble seule le petit jardin. Elle est semblable au murmure d’une guêpe. Elle dit :


Monsieur, madame, faites la charité — que Dieu vous bénisse.


Juillet 1897.