De l’origine radicale des choses (Ladrange)

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De l’origine radicale des choses
Traduction par Pierre-Maurice Mervoyer.
Œuvres philosophiques de Leibniz, Texte établi par Paul JanetLibrairie philosophique de Ladrangetome II (p. 546-553).

de
l’origine radicale des choses
1697

Outre le monde ou l’agrégat des choses finies, il y a quelque être unique qui gouverne, non-seulement comme l’âme en moi, ou plutôt comme le moi lui-même dans mon corps, mais avec une raison beaucoup plus élevée. Cet être unique souverain de l’univers ne régit pas seulement le monde, mais il le crée et le façonne, il est supérieur au monde, et pour ainsi dire extramondain, et, par là même, il est la dernière raison des choses. Car on ne peut trouver la raison suffisante de l’existence ni dans aucune chose particulière, ni dans tout l’agrégat ou l’ensemble. Supposons qu’il y ait eu un livre éternel des éléments de géométrie, et que les autres aient été successivement copiés sur lui, il est évident que, bien qu’on puisse rendre compte du livre présent par le livre qui en a été le modèle, on ne pourra cependant jamais, en remontant en arrière à autant de livres qu’on voudra, en venir à une raison parfaite ; car on a toujours à se demander pourquoi de tels livres ont existé de tout temps, c’est-à-dire pourquoi ces livres et pourquoi ils sont ainsi écrits. Ce qui est vrai des livres, l’est aussi des divers états du monde ; car malgré certaines lois de transformations, l’état suivant n’est en quelque sorte que la copie du précédent, et, à quelque état antérieur que vous remontiez, vous n’y trouvez jamais la raison parfaite, c’est-à-dire pourquoi il existe certain monde, et pourquoi ce monde plutôt que tel autre. Car vous avez beau supposer un monde éternel ; comme vous ne supposez qu’une succession d’états, et que dans aucun d’eux vous ne trouvez la raison suffisante, et même qu’un nombre quelconque de mondes ne vous aide en rien à en rendre compte, il est évident qu’il faut chercher la raison ailleurs. Car dans les choses éternelles, on doit comprendre que même en l’absence d’une cause, il y a une raison qui, pour les choses immuables, est la nécessité même ou l’essence ; quant à la série des choses changeantes, si l’on supposait qu’elles se succèdent éternellement cette raison serait, comme on le verra bientôt, la prévalence des inclinations qui consistent non dans des raisons nécessitantes, c’est-à-dire d’une nécessité absolue et métaphysique dont l’opposé implique contradiction, mais dans des raisons inclinantes. Il suit évidemment de là qu’en supposant l’éternité du monde, on ne se débarrasse pas de la raison dernière ultramondaine des choses, c’est-à-dire de Dieu.

Les raisons du monde sont donc cachées dans quelque chose d’extramondain différent de l’enchaînement des états ou de la série des choses dont l’agrégat constitue le monde. Il faut donc passer de la nécessité physique ou hypothétique, qui détermine l’état postérieur du monde d’après un état antérieur, à quelque chose qui soit la nécessité absolue ou métaphysique, dont on ne puisse pas rendre raison. En effet le monde actuel est nécessaire physiquement ou hypothétiquement, mais non absolument ou métaphysiquement. Étant donné, en effet, qu’il soit ce qu’il est, il s’ensuit que les choses doivent être telles qu’elles sont. Mais comme la racine dernière doit être dans quelque chose qui soit d’une nécessité métaphysique, et que la raison de l’existence ne se puise que dans quelque chose d’existant, il faut qu’il existe un être unique d’une nécessité métaphysique, ou dont l’essence est l’existence, et qu’ainsi il existe quelque chose qui diffère de la pluralité des êtres ou du monde, qui, comme nous l’avons reconnu et montré, n’est point d’une nécessité métaphysique.

Mais pour expliquer un peu plus clairement comment des vérités éternelles ou essentielles et métaphysiques naissent les vérités temporaires contingentes ou physiques, nous devons reconnaître que, par cela même qu’il existe quelque chose plutôt que rien, il y a dans les choses possibles, c’est-à-dire dans la possibilité même ou dans l’essence un certain besoin d’existence, et pour ainsi dire, quelque prétention à l’existence, en un mot que l’essence tend par elle-même à l’existence. Il suit de là que toutes les choses possibles, c’est-à-dire exprimant l’essence ou la réalité possible tendent d’un droit égal à l’existence selon leur quantité d’essence réelle, ou selon le degré de perfection qu’elles renferment : car la perfection n’est rien autre chose que la quantité d’essence.

Par là, on comprend de la manière la plus évidente que parmi les combinaisons infinies des possibles et les séries possibles, il en existe une par laquelle la plus grande quantité d’essence ou de possibilité soit amenée à l’existence. Et, en effet, il y a toujours dans les choses un principe de détermination qui doit se tirer du plus grand et du plus petit, ou de manière que le plus grand effet s’obtienne avec la moindre dépense. Et ici le lieu, le temps, en un mot, la réceptivité ou la capacité du monde peuvent être considérés comme la dépense ou la matière la plus propre à la construction du monde, tandis que les variétés des formes répondent à la commodité de l’édifice, à la multitude et à l’élégance des habitations. Et il en est à cet égard comme dans certains jeux où l’on doit remplir tous les espaces d’une table d’après des lois déterminées. Si l’on n’y met une certaine habileté, on sera enfin empêché par des espaces défavorables et forcé de laisser beaucoup plus de places vides qu’on ne pouvait ou qu’on ne voulait. Or, il y a un certain moyen très-facile de remplir sur cette table le plus d’espace possible. De même donc que s’il nous faut faire un triangle qui ne soit déterminé par aucune autre donnée, il en résultera qu’il sera équilatéral, et que s’il s’agit d’aller d’un point à un autre sans aucune détermination de la ligne, on choisira le chemin le plus facile et le plus court, de même étant une fois admis que l’être l’emporte sur le non-être, c’est-à-dire qu’il y a une raison pour que quelque chose soit plutôt que rien, ou qu’il faut passer de la possibilité à l’acte, il s’ensuit qu’en l’absence même de toute autre détermination, la quantité d’existence est aussi grande que possible eu égard à la capacité du temps et du lieu (ou à l’ordre possible d’existence), absolument comme les carreaux sont disposés dans une aire donnée de manière qu’elle en contienne le plus grand nombre possible. Par là, on comprend d’une manière merveilleuse comment, dans la formation originaire des choses, peut s’appliquer une sorte d’art divin ou de mécanisme métaphysique, et comment a lieu la détermination de la plus grande quantité d’existence. C’est ainsi que, parmi tous les angles, l’angle déterminé en géométrie est le droit, et que des liquides placés dans des milieux hétérogènes prennent la forme qui a le plus de capacité ou la sphérique ; ou plutôt, c’est ainsi que dans la mécanique ordinaire, lorsque plusieurs corps graves luttent entre eux, le mouvement qui en résulte constitue en résumé la plus grande descente. Car, de même que tous les possibles tendent d’un droit égal à exister en proportion de leur réalité, de même tous les poids tendent d’un droit égal à descendre en proportion de la gravité, et, comme d’un côté il se produit un mouvement qui contient la plus grande descente des graves, de l’autre il se produit un monde où se trouve réalisée la plus grande partie des possibles.

Et c’est ainsi que nous voyons la nécessité physique résulter de la nécessité métaphysique ; car bien que le monde ne soit pas métaphysiquement nécessaire, dans ce sens que son contraire implique une contradiction ou une absurdité logique, il est néanmoins physiquement nécessaire, ou déterminé de manière que son contraire implique une imperfection ou une absurdité morale. Et comme la possibilité est le principe de l’essence, de même la perfection ou le degré de l’essence, qui consiste dans la possibilité commune du plus grand nombre de choses, est le principe de l’existence. En même temps on voit clairement par là comment l’auteur du monde est libre, bien qu’il fasse tout avec détermination ; car il agit d’après un principe de sagesse ou de perfection. C’est qu’en effet l’indifférence vient de l’ignorance, et que plus on est sage plus on est déterminé pour un plus haut degré de perfection.

Mais, direz-vous, tout ingénieuse que peut paraître cette comparaison d’un certain mécanisme métaphysique déterminant avec celui des corps graves, elle pèche pourtant en cela que les corps graves exercent une action réelle, tandis que les possibilités et les essences antérieures à l’existence ou en dehors d’elle, ne sont que des imaginations ou fictions où l’on ne peut chercher la raison de l’existence. Je réponds que ni ces essences ni ces vérités éternelles dont elles sont l’objet ne sont des fictions, mais qu’elles existent dans une certaine région des idées, si je puis parler ainsi, c’est-à-dire en Dieu lui-même, la source de toute essence et de l’existence de tous les êtres. Et l’existence de la série actuelle des choses montre assez par elle-même que mon assertion n’est point gratuite. Car comme elle ne contient pas sa raison d’être, ainsi que nous l’avons montré plus haut, mais qu’il faut la chercher dans les nécessités métaphysiques ou les vérités éternelles, et que ce qui existe ne peut venir que de ce qui existait, ainsi que nous l’avons remarqué, il faut que les vérités éternelles aient leur existence dans un certain sujet absolument et métaphysiquement nécessaire, c’est-à-dire en Dieu, où réside la vertu de réaliser ce monde qui autrement serait imaginaire.

Et en effet, nous découvrons que tout se fait dans le monde selon les lois non-seulement géométriques, mais encore métaphysiques des vérités éternelles, c’est-à-dire, non-seulement selon les nécessités matérielles, mais encore selon les nécessités formelles ; et cela est vrai, non-seulement en ce qui concerne généralement la raison que nous venons d’expliquer d’un monde existant plutôt que non existant, et existant ainsi plutôt qu’autrement (raison qui ne peut se trouver que dans la tendance du possible à l’existence) ; mais si nous descendons aux dispositions spéciales, nous voyons les lois métaphysiques de cause, de puissance, d’action, s’appliquer avec un ordre admirable dans toute la nature, et prévaloir sur les lois mêmes purement géométriques de la matière, comme je l’ai trouvé en rendant compte des lois du mouvement ; ce qui m’a frappé d’un tel étonnement que, comme je l’ai expliqué plus au long ailleurs, j’ai été forcé d’abandonner la loi de la composition des forces que j’avais défendue dans ma jeunesse lorsque j’étais plus matérialiste.

Nous avons donc ainsi la dernière raison de la réalité tant des essences que des existences dans un être unique qui doit être, de toute nécessité, plus grand, plus élevé et plus ancien que le monde même, puisque c’est de lui que tirent leur réalité non-seulement les existences que ce monde renferme, mais les possibles eux-mêmes. Et cette raison des choses ne peut se chercher que dans une seule source, à cause de la connexité qu’elles ont toutes entre elles. Or, il est évident que c’est de cette source qu’émanent continuellement toutes les choses existantes, qu’elles en sont et en ont été les productions, car on ne comprend pas comment tel état du monde plutôt que tel autre, l’état d’aujourd’hui plutôt que celui de demain viendrait du monde lui-même. On voit avec la même évidence comment Dieu agit physiquement et librement, comment en lui est la cause efficiente et finale des choses, et comment il manifeste non-seulement sa grandeur et sa puissance dans la construction de la machine du monde, mais encore sa bonté et sa sagesse dans le plan de la création. Et pour qu’on ne pense pas que nous confondions ici la perfection morale ou la bonté avec la perfection métaphysique ou la grandeur, ou qu’on ne rejette celle-là en accordant celle-ci, il faut savoir qu’il suit de ce que nous avons dit que le monde est très-parfait, non-seulement physiquement, ou si on l’aime mieux, métaphysiquement, parce que la série de choses produites est celle où il y a le plus de réalité en acte, mais encore qu’il est très-parfait moralement, en ce que la perfection morale est une perfection physique pour les âmes elles-mêmes. Ainsi le monde n’est pas seulement la machine la plus admirable, mais, en tant qu’elle est composée d’âmes, c’est aussi la meilleure république, où il est pourvu à toute la félicité ou à toute la joie possible qui constitue leur perfection physique.

Mais, direz-vous, nous voyons le contraire arriver dans ce monde ; les gens de bien sont souvent très-malheureux, et sans parler des animaux, des hommes innocents sont accablés de maux, et même mis à mort au milieu des tourments ; enfin le monde, si l’on envisage surtout le gouvernement de l’espèce humaine, ressemble plutôt à une sorte de chaos confus qu’à l’œuvre bien ordonnée d’une sagesse suprême. Cela peut paraître ainsi au premier aspect, je l’avoue, mais si l’on examine la chose de plus près, il résulte évidemment a priori des raisons que nous ayons données qu’on doit croire le contraire, c’est-à-dire, que toutes les choses et par conséquent les âmes atteignent au plus haut degré de perfection possible.

Et en effet il n’est pas convenable de juger avant d’avoir examiné toute la loi, comme disent les jurisconsultes. Nous ne connaissons qu’une très-petite partie de l’éternité qui s’étend dans l’immensité ; c’est bien peu de chose en effet que quelques milliers d’années dont l’histoire nous transmet la mémoire. Et cependant c’est d’après une expérience si courte que nous osons juger de l’immense et de l’éternel, semblables à des hommes qui nés et élevés dans une prison ou, si l’on aime mieux, dans les salines souterraines des Sarmates penseraient qu’il n’y a au monde aucune autre lumière que la lampe dont la faible lueur suffit à peine à diriger leurs pas. Regardons un très-beau tableau, et couvrons-le de manière à n’en apercevoir que la plus petite partie ; qu’y verrons-nous, en le regardant aussi attentivement, et d’aussi près que possible, sinon un certain amas confus de couleurs jetées sans choix et sans art ? Mais si en ôtant le voile, nous le regardons d’un point de vue convenable, nous verrons que ce qui paraissait jeté au hasard sur la toile a été exécuté avec le plus grand art par l’auteur de l’œuvre. Ce qui a lieu pour l’œil dans la peinture a également lieu pour l’oreille dans la musique. Des compositeurs d’un grand talent mêlent fréquemment des dissonnances à leurs accords pour exciter et piquer, pour ainsi dire, l’auditeur qui, après une sorte d’inquiétude, n’en voit qu’avec plus de plaisir tout rentrer dans l’ordre. C’est ainsi que nous nous réjouissons d’avoir couru de petits dangers et éprouvé de faibles maux, soit par la conscience de notre pouvoir ou de notre bonheur, soit par un sentiment d’amour-propre ; ou que nous trouvons du plaisir aux simulacres effrayants que présentent la danse sur la corde ou les sauts périlleux ; de même c’est en riant que nous lâchons à demi les enfants en faisant semblant de les jeter loin de nous, comme a fait le singe qui, ayant pris Christiern, roi de Danemark, encore enfant et enveloppé de ses langes, le porta au haut du toit, et, tout le monde en étant effrayé, le rapporta comme en riant sain et sauf dans son berceau. D’après le même principe, il est insipide de manger toujours des mets doux ; il faut y mêler des choses acres, acides et même amères qui excitent le goût. Qui n’a pas goûté les choses amères n’a pas mérité les douces, et même ne les appréciera pas. C’est la loi même de la joie que le plaisir ne soit pas uniforme, car il enfante le dégoût, nous rend inertes et non joyeux.

Quant à ce que nous avons dit qu’une partie peut être troublée sans préjudice de l’harmonie générale, il ne faut pas l’entendre dans le sens qu’il n’est tenu aucun compte des parties et qu’il suffit que le monde entier soit parfait en lui-même, bien qu’il puisse se taire que le genre humain soit malheureux et qu’il n’y ait dans l’univers aucun soin de la justice, aucun souci de notre sort, comme pensent quelques-uns qui ne jugent pas assez sainement de l’ensemble des choses. Car il faut savoir que, comme dans une république bien constituée on s’occupe autant que possible des particuliers, de même le monde ne peut être parfait si, tout en conservant l’harmonie universelle, on n’y veille aux intérêts particuliers. Et à cet égard on n’a pu établir aucune règle meilleure que la loi même qui veut que chacun ait part à la perfection de l’univers par son propre bonheur proportionné à sa vertu, et à la bonne volonté dont il est animé pour le bien commun, c’est-à-dire par l’accomplissement même de ce que nous appelons la charité et l’amour de Dieu, ou de ce qui seul constitue, d’après le jugement des plus sages théologiens, la force et la puissance de la religion chrétienne elle-même. Et il ne doit pas paraître étonnant qu’il soit fait une si grande part aux âmes dans l’univers, puisqu’elles reflètent l’image la plus fidèle de l’auteur suprême, que d’elles à lui il n’y a pas seulement, comme pour tout le reste, le rapport de la machine à l’ouvrier, mais celui du citoyen au prince, qu’elles doivent durer autant que l’univers, qu’elles expriment en quelque manière et concentrent le tout en elles-mêmes, de sorte qu’on pourrait dire des âmes qu’elles sont des parties totales.

Pour ce qui regarde surtout les afflictions des gens de bien, on doit tenir pour certain qu’il en résulte pour eux un plus grand bien, et cela est vrai physiquement comme théologiquement. Le grain jeté dans la terre souffre avant de produire son fruit. Et l’on peut affirmer que les afflictions, temporairement mauvaises, sont bonnes par le résultat, en ce qu’elles sont des voies abrégées vers la perfection. De même, en physique, les liqueurs qui fermentent plus lentement mettent aussi plus de temps à s’améliorer, tandis que celles qui éprouvent une plus grande agitation rejettent certaines parties avec plus de force et se corrigent plus promptement.

Et on pourrait dire de cela que c’est reculer pour mieux sauter.

On doit donc regarder ces considérations non-seulement comme agréables et consolantes, mais aussi comme très-vraies. Et, en général, je sens qu’il n’y a rien de plus vrai que le bonheur, ni de plus heureux et de plus doux que la vérité.

Et pour ajouter à la beauté et à la perfection générale des œuvres de Dieu, il faut reconnaître qu’il s’opère dans tout l’univers un certain progrès continuel et très-libre qui en améliore l’état de plus en plus. C’est ainsi qu’une grande partie de notre globe reçoit aujourd’hui une culture qui s’augmentera de jour en jour. Et bien qu’il soit vrai que quelquefois certaines parties redeviennent sauvages ou se bouleversent et se dépriment, il faut entendre cela comme nous venons d’interpréter l’affliction, c’est-à-dire que ce bouleversement et cette dépression concourent à quelque fin plus grande de manière que nous profitions en quelque sorte du dommage lui-même.

Et quant à l’objection qu’on pourrait faire, que s’il en est ainsi, il y a longtemps que le monde devrait être un paradis, la réponse est facile. Bien qu’un grand nombre de substances soient déjà parvenues à la perfection, il résulte cependant de la division du continu à l’infini qu’il reste toujours dans l’abîme des choses des parties endormies qui doivent s’éveiller, se développer, s’améliorer, et s’élever, pour ainsi dire, à un degré de culture plus parfait.