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De la génération des vers dans le corps de l’homme (1741)/Chapitre 04/Question si la Peste est causée par les Vers

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Veuve Alix ; Lambert et Durand (Tome Ip. 342-361).


Si la Peste est causée par les Vers ?

Les Auteurs sont fort partagés sur les causes de la peste. Les uns attribuent cette maladie aux influences des Astres ; les autres, comme les Galenistes, à la corruption de l’air & des humeurs ; les autres, comme Van-Helmont & ses Sectateurs à l’irritation de l’archée ; les autres, comme Willis, à un sel acide ; les autres, comme Sylvius, à un sel alkali ; les autres enfin, à de petits insectes, ou Vers répandus dans l’air, lesquels s’introduisent dans nos corps.

De ce dernier sentiment sont plusieurs Modernes, & entre autres l’Auteur de la Question de Médecine : Si la Peste de Marseille a été causée par des Vers ? An Pestis Massiliensis à seminio Verminoso ?[1] & celui des Observations faites sur la Peste de Marseille & de Provence[2]. Le premier, qui est M. le Begue, célébre Médecin de Besançon, dit que la Peste tire son origine d’une foule d’œufs de Vers, qui infectent premièrement la salive ou les alimens, puis le suc nerveux, & enfin les parties solides. Ces œufs de Vers, continue-t-il, sont d’abord avalés avec la salive, ou avec les alimens, puis la chaleur de l’estosmach, dans lequel ils entrent, vivifie ces œufs, & fait éclorre les Vers qui y sont renfermés. Ces Vers éclos dévorent avec avidité une partie de l’aliment qu’ils trouvent dans l’estomach ; cet aliment dévoré les fait croître jusqu’à une certaine grosseur, & alors devenus vigoureux, ils excitent les premiers symptômes de la Peste ; sçavoir, les vomissemens, les maux de cœur, les défaillances, les hoquets, les douleurs & les inflammations de l’estomach, &c. symptômes, poursuit-il, que ces insectes peuvent causer d’autant plus facilement, qu’ils ont, dit-il, un bec crochu, fait en forme d’ameçon.

On demandera sans doute, comment cet Auteur a pu parvenir à sçavoir que les Vers dont il parle, ont le bec ainsi construit ? mais il répond 1o. que Hauptman en a observé de pareils dans une Dyssenterie pestilentielle. 2o. Que les Pestiferés en rendent souvent de semblables dans leurs déjections. 3o. Qu’on en trouve aussi de tels dans les cadavres de ceux qui meurent de peste.

Cela posé, il dit que si ces Vers sont portés en grand nombre avec le chyle dans la masse du sang, ils en empêchent la circulation, d’où arrivent des palpitations de cœur, des syncopes, un abattement de toutes les forces, un trouble dans les yeux, des tintemens d’oreilles, une sécheresse de langue, des douleurs dans les lombes. L’Auteur explique par le même moyen, qui est assurement très-commode tous les autres symptômes de la peste, & nous pouvons dire, pour rappeller ici la réflexion, que nous avons déjà faite ailleurs là-dessus[3], que cela ne lui coute rien.

Il n’a pas de peine non-plus, comme nous l’avons aussi remarqué dans le Journal cotté au bas de la page, à rapporter des exemples de bubons & de charbons où il y avoit des Vers ; les Auteurs sont pleins, & pour ainsi dire, farcis de ces sortes d’histoires. Il s’agit de prouver que les Vers en question sont la cause de ces bubons, comme il s’agiroit de prouver que les Vers qu’on verroit dévorer le corps d’un homme après sa mort, seroient la cause de la mort de cet homme.

On trouve des Vers dans l’eau, dans le lait, dans le vinaigre ; on en trouve dans presque tous les cadavres. L’Auteur ne manque pas de citer toutes ces observations, & un grand nombre d’autres semblables qui s’offrent en foule. Il joint à cela sept différentes raisons ; sçavoir, 1o. que la multiplication du venin pestilentiel ne sçauroit s’expliquer bien naturellement, qu’en supposant qu’elle se fait par des Vers ; ces Vers, comme l’on sçait, multipliant avec une facilité incroyable. 2o. Que le tabac, & autres choses semblables qui contrarient les Vers, sont de bons remedes contre la peste. 3o. Que les cauteres sont d’un grand secours pour se préserver de la peste, & qu’il est facile de voir que cela vient de ce que les Vers s’enfuyent par l’ouverture du cautère. Nemo, dit-il, non videt, seminium pestilentiale Verminosum per patulas fonticulorum vias facile fugam capescere.

Ce terme Nemo non videt, est une proportion bien exagerée, pour ne rien dire de plus. 4o. Que la peste cesse ordinairement aux approches de l’Hyver, saison qui est contraire aux Vers. 5o. Qu’à Marseille, des Couvens entiers de Filles, ont été exempts de la peste qui regnoit dans, le pays ce qui prouve, dit l’Auteur, que cette maladie ne venoit point de l’air, mais des Vers, puisque l’air se communique par-tout, ce que ne font pas les Vers. Il est vrai que si ces Vers avoient des aîles, comme le prétend M. Goiffon, ainsi que nous le verrons plus bas, ils auroient pu aller dans ces Couvens ; mais l’Auteur de la Dissertation ne leur en donne point, il se contente, ainsi que nous l’avons dit, de leur donner un bec crochu, en forme d’ameçon. 6o. Que la peste de Marseille a attaqué les hommes, sans attaquer les animaux ; ce qu’il est facile, dit-il, d’expliquer dans le systême des Vers, parce que les Vers qui éclosent dans le corps humain, sont d’une autre nature que ceux qui éclosent dans le corps des animaux, & que même les Vers qui éclosent dans les animaux, sont d’autant d’espéces différentes, qu’il y a de sortes d’animaux. 7o. Qu’après que la peste a eu enlevé dans Marseille la plus grande partie des Habitans, elle a cessé, parce que les Vers mouroient alors de faim ; & pourquoi mouroient-ils de faim ? c’est que, dit l’Auteur, les personnes qui survivent à la peste, n’y survivent que parce qu’elles n’ont pas en elles, l’aliment qui convient aux Vers pestilentiels[4] : notre Auteur conclud de toutes ces belles raisons, que la peste a les Vers pour cause. Nous avons dit dans le huitième Journal de 1722. que nous laissions aux Lecteurs à juger d’une telle conclusion, nous repetons ici la même chose.

Le second Auteur que nous avons cité, est M. Goiffon, célèbre Médecin de Lyon ; il prétend tout de même, que ce qui fait la peste sont de petits Vermisseaux invisibles qui voltigent dans l’air, & qui s’insinuent dans nos corps. Il regarde comme contraire à la raison & à l’expérience, toutes les autres opinions sur ce sujet.

La multiplication de la peste, dit-il, sa durée, sa réproduction, son adhésion, ne peuvent bien s’expliquer qu’en supposant des insectes invisibles qui se reproduisent par leurs œufs, & se multiplient de générations en générations, jusqu’à ce qu’une saison contraire, ou quelques remedes particuliers en éteignent la race ; ou que venus d’un pays étranger, ils ne trouvent plus dans celui où ils arrivent, une nourriture convenable ; ou qu’enfin le nombre considérable des corps qu’ils ont tués, deviennent leur tombeau.

Il n’y a que des êtres animés, dit-il, qui puissent subsister dans l’air, & s’y reproduire, les autres s’y perdent, ou s’y altérent à la fin ; au lieu que les corps animés y sont comme dans leur centre, s’y nourrissent, s’y multiplient ; & si l’on voit la peste se reveiller après avoir été assoupie un long-temps, c’est, dit-il, que ces petits insectes se réproduisent & se renouvellent.

Cette raison, comme nous l’avons observé ailleurs[5], est ingénieuse, mais elle prouve un peu trop ; puisqu’il s’ensuivroit que le renouvellement qui se fait dans l’air à tous les Printemps, ne se feroit que par des Vers. En effet, si pour expliquer la reproduction de la peste après qu’elle a été éteinte, il faut dire qu’étant naturel aux animaux de se réproduire, ce sont des Vers réproduits qui par leur renouvellement, causent ce renouvellement de peste ; il faudra dire tout de même que les particules dispersées dans l’air qui font que la séve des plantes se reveille tous les Printemps, & qu’elle monte dans les plantes, sont de petits Vermisseaux, ou plûtôt que cette séve même, qui s’est réveillée, n’est qu’un amas de Vermisseaux.

Les petits Vers, qui selon M. Goiffon causent la peste, sont si petits, que jusqu’à présent, il n’y a eu, dit il, qu’un seul homme qui ait pu les appercevoir.

Quel est cet homme ? C’est, répond-t-il, un Hermite de Toulouse. Ce sera sans doute, cet Hermite qui aura informé M. Goiffon que ces animaux ont des pieds & des aîles, car tous les insectes n’en ont pas ; & de la petitesse dont on suppose ceux-ci, il semble qu’ils doivent être assez légers pour pouvoir se passer d’aîles, & être répandus de tous côtés par le moyen des vents ; mais M. Goiffon, sur la parole de l’Hermite, sans doute, assure qu’ils ont des pieds & des aîles ; & c’est, si on l’en croit, à la faveur de ces aîles qu’ils se choisissent les domiciles les plus convenables pour leur entretien. Ils s’insinuent, dit-il, dans les maisons, par les plus petites ouvertures quand il fait froid ; & c’est apparemment, ajoute-t-il, la raison pourquoi quand la peste est quelque part en Hyver, elle y est moins violente, & ne se communique pas si aisément aux environs, parce que ces animaux fuyent le froid. Ce qu’il y a de singulier dans ce que dit ici le Médecin de Lyon, c’est que ces petits insectes, aimant le chaud comme ils sont, ne laissent pas d’être abondans en plusieurs pays froids, où la peste est très-fréquente ; car si ce sont les Vers qui sont la peste, pourquoi ces Vers craignant le froid comme ils sont, ne fuyent-ils pas ces pays-là, ou n’y meurent-ils pas ? Voilà une difficulté que M. Goiffon auroit dû prévenir.

Quoi qu’il en soit, les Vers pestilentiels qu’il suppose, se nourrissent d’une substance particuliere qui leur convient, & ils meurent, à ce qu’il prétend, lorsque la nourriture dont il s’agit, leur manque. Supposons donc que la nourriture en question vienne à leur manquer, & que faute de cette nourriture ils meurent tous ; comment ensuite se réproduiront-ils ? Je suppose que la saison soit favorable à leur réproduction, je suppose qu’aucun remede ne les contrarie, il faudra nécessairement pour qu’ils se réproduisent, que cette nourriture, dont le seul manquement les aura fait mourir, se réproduise aussi elle-même ; car l’Auteur ne prétend pas sans doute, que lorsqu’ils sont morts quelque part faute de cette nourriture, ils ne puissent plus se réproduire dans ce même lieu. Voilà donc la reproduction de plusieurs petits corps nourriciers, mais inanimés, laquelle se fait sans Vers. Cela étant, quel inconvénient y aura-t-il à dire que les petits corps inanimés dont il s’agit, lesquels sont propres à nourrir ces insectes, sont précisément ce qui fait la peste. Ces petits corps inanimés se réproduisent après avoir été détruits ; ç’en est assez pour expliquer la reproduction de la peste. Réproduction qui paroît incompréhensible à M. Goiffon, si l’on ne suppose qu’elle se fait par des Vers.

Une autre raison que M. Goiffon trouve des plus convaincantes pour prouver que la peste n’a d’autre cause que les Vers, c’est l’adhésion du venin pestilentiel. Ces Vers, dit-il, ont des mains & des pieds, ce sont ses termes, & c’est avec ces mains & ces pieds, continue-t-il, qu’ils s’attachent aux étoffes, aux habits, aux hardes, & que par voye de génération, ils demeurent fixes & attachés des vingt & des trente années à des étoffés, à des cordes, & autres choses semblables, d’où ils sortent ensuite quand on vient à remuer ces hardes & ces cordes, au lieu, poursuit-il, que tout ce qui est inanimé, & en même-temps leger, fin, délié, subtil, ne sçauroit résister au plus foible mouvement de l’air. M. Goiffon paroît oublier ici ce que c’est que les odeurs, & combien de temps elles demeurent attachées à certains corps nonobstant les divers mouvemens de l’air. Il oublie combien l’odeur de l’oignon est opiniâtre ; il oublie ce que c’est que la piste que les Chiens suivent si constamment quelque vent qu’il fasse. Seroit-ce des Vers que tout cela ? Mais comme il donne des aîles à ces Vers pestilentiels, qu’il veut que par le moyen de ces aîles, ils aillent contre l’impétuosité des vents, & contre le mouvement rapide de l’insensible transpiration, lequel se faisant du dedans au dehors, semble devoir interdire à ces Insectes l’entrée dans nos corps par les pores de la peau ; comment veut-il en même temps qu’ils demeurent tant d’années en repos attachés derriere un coffre, à une corde, ou à autres choses semblables, sans que durant l’espace de vingt & trente années, il leur arrive de faire une fois essai de leurs aîles pour voyager ? M. Goisson dira-t-il, que c’est que derriére ce coffre, ils sont trop à l’étroit pour pouvoir se dégager ? Mais de la petitesse dont il les suppose, il est difficile qu’ils puissent être nulle part à l’étroit, puisqu’ils sont si petits, selon lui, que quelque disproportion qu’il y ait pour la grosseur entre une mite de fromage & un Eléphant, ils sont peut être aussi petits à l’égard de la mite, que l’est à l’égard de l’Eléphant, la Mite même. Cela étant, fussent-ils dans le coffre même le mieux fermé, ce coffre sera à leur égard une cage à barreaux trop clairs & trop écartés, pour pouvoir les emprisonner ; mais quelle liberté n’auront-ils donc pas, s’ils ne sont que derriere le coffre ?

Ingrassias, à ce que remarque M. Goiffon, après plusieurs Auteurs, raconte qu’à Milan, un Sacristain ayant tiré de derriere une vieille armoire qui étoit dans une Sacristie, une corde qui depuis vingt ans avoit touché à des cadavres de pestiférés, la peste, quoique éteinte depuis ce temps-là, se renouvella aussi-tôt, & se répandit dans toute la Ville, où elle fit des ravages affreux. Amian Marcellin rapporte un fait semblable, qu’il dit être arrivé à Delphes, dans le Temple d’Apollon. Trincavelle écrit qu’à Justinopolis, le venin de la peste demeura attaché l’espace de vingt ans à des cordes dont on s’étoit servi pour tirer des cadavres de pestiferés. Sennert parle d’une peste qui demeura adhérante pendant quatorze ans à un linge, & qui infecta ensuite tout le pays, parce qu’on vint par hazard à remuer ce linge qui étoit caché dans un coin où on ne le voyoit pas. M. Goiffon suppose comme des vérités incontestables toutes ces histoires, parce qu’il les croit favorables à son hypothése ; quoique cependant elles y soient tout-a-fait contraires. Je dis, qu’il les suppose comme des vérités, car ce sont de pures fables, comme le fait voir un des plus sçavans & des plus judicieux Auteurs qui ayent écrit sur la maladie de la peste[6]. Auteur d’autant plus croyable sur cette matiere, que non-seulement il a été témoin de plusieurs pestes, mais qu’il a traité un nombre inombrable de pestiferés, examiné avec une attention scrupuleuse, les différentes manieres dont on prétend que cette maladie se communique. « Le venin de la peste, dit ce grand Médecin, bien loin de se conserver des vingt & trente années, comme se l’imaginent quelques personnes, ne peut aller tout au plus qu’à quelques mois. Il est vrai, ajoute-t-il, que les faits dont il s’agit, sont rapportés par des Ecrivains dignes de foi ; mais ces Ecrivains ne les donnent pas comme choses dont ils ayent été témoins ; ils avertissent au contraire, qu’ils ne parlent que sur des bruits répandus parmi le petit Peuple ; or qui ne sçait combien le petit Peuple est enclin aux fables ? » Diemerbroech n’en demeure pas à ce discours, il prétend que les premiers auteurs de ces contes, les ont souvent inventés pour se réjouir, & pour voir jusqu’où pourroit aller la crédulité des simples. Le passage de Diemerbroech est de trop grande conséquence pour ne pas mériter d’être rapporté en propres termes, le voici donc en note au bas de cette page, comme il se trouve page 92. de l’Ouvrage de cet Auteur sur la peste de Nimegue[7].

On voit par ce passage que Diemerbroech parle d’après l’expérience ; mais si l’on veut un témoignage encore plus positif de ce Médecin, voici comment il s’explique pages 35. & 36.

« J’ai, dit-il, traité plusieurs malades dans la peste de Nimegue, en 1636. & comme un an après la cessation de cette peste, on ne faisoit nulle difficulté de toucher les hardes des morts, & même de se vêtir de leurs habits, je n’ai point vu qu’il en soit arrivé à personne le moindre mal, quoique l’on ne craignît aucune des choses qui devoient être les plus remplies de ces prétendus corpuscules pestilentiels, Licet nullus fomitis locus intactus relinqueretur. »

Il assure avoir fait la même observation dans deux autres pestes où il s’est trouvé après celle de Nimegue, qui sont la peste de Montfort en 1637. & celle d’Utrech en 1655. & 1656.

Je pourrois joindre ici les témoignages modernes de plusieurs Médecins de Marseille, mais je me contenterai de celui de M. Mailhes. Ce dernier atteste qu’à Marseille on remuoit impunément les matelats sur lesquels venoient de mourir les pestiferés, & qu’on maniait leurs hardes sans contracter la moindre maladie : ce sont donc des fictions que ces Vers pestilentiels conservés des vingt & des trente années dans une corde, dans un linge, dans un habit, &c.

Enfin c’est un systême qui n’est appuyé sur rien, que celui de l’origine de la peste par les Vers ; & ce n’est pas sans fondement qu’un Auteur, pour plaisanter, a dit là-dessus.

Ce sont les Vers qui font la peste ;
Et sans ces redoutables Vers,
Croyons Goiffon qui nous l’atteste ;
Rien ne mourroit dans l’Univers.

Sans doute il faut qu’en cette pomme,
Que certain Serpent, beau parleur,
Fit avaler au premier Homme,
Un Ver fût caché par malheur.

Oui, c’est de là, je m’en assure,
Que par un triste coup du sort,
S’est introduit dans la nature
Le subtil poison de la mort.

Je passe à la seconde question, sçavoir si la rage vient des Vers.


  1. Brochure in-8. imprimée en 1721. à Besançon. L’Auteur est M. le Begue, Médecin de Besançon.
  2. Brochure in-12, imprimée à Lyon en 1721. L’Auteur est M. Goiffon, Médecin de Lyon.
  3. Journal des Sçavans, 23. Février 1722.
  4. Homines autem qui à peste liberi supersunt, aptum alimentum Vermiculis pestilentibus suppeditare non possunt.
  5. Journal de 1723. 12. Mars. La deroute des Goiffons. Ce Livre est annoncé sous le nom de Clisano Drani. J’avertirai là-dessus que Clisano Drani est mis là pour Nicolas Andry, dont il est l’anagramme. J’en ai usé de la sorte alors pour déguiser mon nom que j’avois quelques raisons de cacher ; mais je n’en fais plus de façon à présent. Ainsi je ne suis point plagiaire de citer comme de moi, les endroits que je rapporte ici.
  6. Diemerbroech.
  7. Scribit Sennertus Lauhani, à contagio quod quatuordecim annis in linteo latuerat pestem magnam excitatam, & vi inis quoque civitatibus communicatam fuisse : verùm etsi hæc testimonia ab Autoribus fide dignii conscripta sint, attamen quia illi hæc non de suâ propriâ experientia proponunt, sed tantùm ex relatu proletariorum quorumdam de vilissimâ plebis fæce hominum (qui non tantum mendaces, verùm etiam valde rudes & creduli sunt atque imaginationes facile aliis tanquam verissima oracula proponunt, vel ut nimis credulos irrideant) non videntur certe tanti momenti, quæ nostram experientiam multi jugâ observatione atque etiam ratione confirmatam evertere queant.