De la place de l’homme dans la nature/14

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Traduction par Eugène Dally.
J.-B. Baillière et fils (p. 96).

NOMENCLATURE DES SINGES

M. Huxley divise l’ordre des primates en sept familles d’une valeur systématique à peu près égale : les anthropiniens (hommes) ; les catarrhiniens (singes de l’ancien monde) ; les platyrrhiniens (singes du nouveau monde) ; les arctopithèques (marmousets) ; les lemuriens (lemurs) ; les cheiromiens et les galéopithèques ou singes volants. Pour Cuvier, de Blainville, Duvernoy, etc., les hommes forment le premier ordre, et les quadrumanes le second ordre du groupe des primates ; mais les subdivisions sont, dans toutes les nomenclatures, depuis Buffon, fort analogues. La plus naturelle est celle qui est due à ce grand écrivain : singes de l’ancien continent, singes du nouveau continent. Pas une des espèces de l’ancien monde ne se trouvait en Amérique. On ne trouve de singes ni en Australie ni à la Nouvelle-Zélande. De plus, en règle générale, les espèces sont exclusivement confinées à une région.

Les singes de l’ancien continent offrent des caractères distincts ; ils ont les narines ouvertes au-dessous du nez (d’où leur vient leur nom de cata-rhiniens) et rapprochées par une cloison mince ; trente-deux dents. Ils comprennent le gorille, le chimpanzé, l’orang, le gibbon, qui forment le groupe des anthropomorphes (singes sans queue de Cuvier) ; puis les singes à queue qui habitent l’archipel Malais, la Cochinchine, l’Inde ou l’Afrique : nasique, semnopithèque, entelle, colobe (Abyssinie) ; les cercopithèques (guenons de Buffon) ; macaques, magots (sans queue, du nord de l’Afrique et de l’Espagne) ; les cynocéphales (papions, mandrilles, babouins, etc.).

Quant aux singes du nouveau monde, ils sont tous d’un type très-distinct des catarrhiniens : ils ont le nez aplati, les narines ouvertes latéralement, une longue queue, point d’abajoues ni de callosités. Sous le rapport de la conformation crânienne, il n’y a point parmi eux de singes aussi voisins de l’homme que le chimpanzé ; mais il n’y en a point d’aussi éloignés que les cynocéphales. Leur système dentaire est variable ; la plupart ont trente-six dents. On les distingue généralement en trois groupes : 1° les hélopithèques ou sapajous, qui comprennent les hurleurs, les atèles, les ériodes, les lagotriches et les sajous. Ils vivent tous sur les arbres, et ont une queue prenante ; 2° les géopithèques ou sagouins, sont dépourvus de ces deux derniers caractères ; leur longue queue, quelquefois très-épaisse, ne paraît avoir aucune utilité ; on en distingue cinq genres : saimiri, callithrix, nyctipithèques, sakis, brachyure ; 3° les arctopithèques (ours-singes), qui ont des griffes et trente-deux dents. Ils se composent des ouistitis et des tamarins.

Les lemuriens ressemblent aux singes par la conformation de leurs membres ; mais ils ont la tête en museau pointu, qui les rapproche des insectivores. Ils comprennent les indris, les avahis et les makis, etc., et ils habitent presque tous Madagascar. Les cheiromiens et les galéopithèques, que M. Huxley considère comme deux familles, établissent la transition aux rongeurs et aux chauves-souris. (Trad.)