Description de Notre-Dame, cathédrale de Paris/Décoration et ameublement

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Décoration ; ameublement.

La cathédrale attend, depuis cinquante années, le rétablissement de ses autels et la réparation de ses chapelles. Il n’existe peut-être dans aucun des diocèses de France une église épiscopale dont la décoration intérieure soit aussi peu en rapport avec la dignité de son caractère. Le chœur seul et l’abside ont gardé une partie de la décoration somptueuse dont le roi Louis XIV les dota, en exécution du vœu de son père, Louis XIII. Dans ses lettres patentes du 10 février 1638, après avoir mis son royaume sous la protection spéciale de la Vierge, Louis XIII déclarait qu’il consacrerait dans le sanctuaire de Notre-Dame de Paris le souvenir de ce vœu solennel. « Afin, disait-il, que la postérité ne puisse manquer à suivre nos volontés à ce sujet, pour monument et marque incontestable de la consécration présente que nous faisons, nous ferons construire de nouveau le grand autel de l’église cathédrale de Paris, avec une image de la Vierge qui tienne entre ses bras celle de son précieux fils descendu de la croix, et où nous serons représenté aux pieds du fils et de la mère, comme leur offrant notre couronne et notre sceptre. » Louis XIII cessa de vivre en 1643, sans avoir pu mettre la main au monument qu’il avait projeté ; Louis XIV se chargea d’acquitter la dette de son père. Commencée en 1699, interrompue à l’époque de nos revers, reprise en 1708, la nouvelle décoration du chœur de Notre-Dame fut terminée une année seulement avant la mort de Louis XIV. Nous en reconnaîtrions sans peine la grandeur et la magnificence, si elle avait conservé ses bronzes dorés et ses grilles ouvragées et si elle ne nous avait pas coûté le sacrifice de tout ce que l’ancien chœur contenait de plus vénérable et de plus précieux. Robert de Cotte donna les dessins ; Nicolas Coustou, Guillaume son frère, et Coyzevox sculptèrent en marbre la descente de croix et les effigies agenouillées de Louis XIII et de Louis XIV ; les huit anges de bronze, les uns en adoration aux angles de l’autel, les autres adossés aux piliers de l’abside, furent modelés par Cayot, Vanclève, Poirier, Hurtrelle, Nagnier et Anselme Flamen ; Vassé fit les bas-reliefs de l’autel ; Pouletier, Frémin, Le Pautre, Lemoine, Bertrand et Thierry exécutèrent les douze vertus en bas-relief au-dessus des arcades modernisées du rond-point ; Du Goulon fut chargé de la sculpture des trônes avec leurs riches couronnements, et des stalles avec leurs dossiers couverts de bas-reliefs qui représentent les uns la vie de la Vierge, les autres des figures allégoriques ; les huit grands tableaux furent peints par Hallé, Jouvenet, La Fosse, Louis Boullongue et Antoine Coypel. Le groupe de la descente de Croix, six anges de bronze portant les insignes de la passion, toute la menuiserie des stalles et des chaires archiépiscopales, les grands tableaux, à l’exception des trois, sont encore en place[1]. Les statues des deux rois font partie du musée de sculpture moderne au Louvre, en attendant qu’elles puissent rentrer à Notre-Dame. Les figures et les trophées qui décoraient les arcades absidales n’existent plus. Le maître autel fut aussi détruit avec tous ses accessoires, en 1793, et sur les pompeux débris de l’antique imposture, comme le proclamaient les hymnes sacriléges du culte nouveau, s’éleva une montagne symbolique, du sommet de laquelle la déesse Raison recevait les hommages d’un peuple en délire. L’autel que nous voyons aujourd’hui n’a été reconstruit qu’en 1803 ; son Christ au tombeau, en cuivre doré, fondu sur les dessins de Vanclève, provient de la chapelle des Louvois, dans l’ancienne église des Capucines de la place Vendôme. La croix et les six chandeliers appartenaient, avant la révolution, à la cathédrale d’Arras. Le lutrin en bronze, composé avec goût et soigneusement ciselé, date de 1755 ; le nom de Duplessis, fondeur du roi, y est gravé sur la base.

Les stalles occupent trois travées. À la quatrième, de chaque côté, s’ouvre une porte moderne décorée de grilles, guirlandes et têtes d’anges. La construction de ces portes, si lourdes et si peu agréables à voir, ne s’est accomplie qu’au grand dommage de la curieuse clôture extérieure du chœur. Détruite dans tout le parcours de l’abside, elle s’est heureusement conservée au nord et au sud, en arrière des stalles auxquelles ses parois servent encore de dossier. La partie septentrionale, bien supérieure à l’autre, date du XIIIe siècle ; celle du sud n’a été sculptée que dans le XIVe. Au nord, un soubassement, divisé en dix-neuf ogives trilobées, qui reposent sur des faisceaux de trois colonnettes, porte un bas-relief continu où se succèdent treize sujets du Nouveau Testament. Des touffes de feuillages, des animaux fantastiques et quelques petits personnages remplissent les intervalles des archivoltes. L’arcature, toutes les figures des bas-reliefs et les fonds sont encore enluminés. Nous ne pouvons qu’indiquer les sujets ; le lecteur en saura bien apprécier quelques-uns qui sont traités avec un sentiment et un art admirables. La scène marche de l’est à l’ouest. L’établissement du massif de la porte latérale du chœur ayant causé la suppression de tout ce qui précédait, c’est par la Visitation que commence l’histoire évangélique. Puis viennent sans interruption ; 2o l’annonce de la venue du Sauveur aux bergers ; 3o la naissance du Christ ; 4o l’adoration des Mages ; 5o Hérode conseillé par le démon, et présidant au massacre des enfants arrachés des bras de leurs mères par des gardes armés de glaives ; 6o la fuite en Égypte : Marie pressant son fils sur son sein avec une tendresse infinie ; les simulacres des Égyptiens renversés de leurs autels à l’arrivée de l’Enfant-Dieu ; 7o la présentation : une femme portant des colombes dans un panier pour l’offrande légale ; la Vierge soutenant Jésus debout sur un autel ; le vieillard Siméon tendant, pour le recevoir, ses deux mains couvertes d’une nappe ; 8o Marie retrouvant dans le temple l’enfant qui discute avec deux docteurs ; 9o Jésus debout dans l’eau du Jourdain, qui s’amoncèle autour de lui jusqu’à mi-corps, et recevant le baptême des mains de saint Jean ; un ange tenant la tunique ; 10o les noces de Cana : le Christ, la Vierge, l’époux et l’épouse à table ; les urnes dans lesquelles s’est opéré le miracle ; les serviteurs apportant à goûter l’eau changée en vin ; 11o l’entrée à Jérusalem : les apôtres, des palmes à la main ; Jésus monté sur l’âne ; Zachée sur son arbre ; un personnage étendant à terre ses vêtements ; spectateurs sur la porte de la cité sainte ; 12o la Cène : dans une enceinte crénelée, Jésus à table avec les douze apôtres ; saint Jean l’Évangéliste couché sur la poitrine de son maître ; 13o deux apôtres ; le Christ lavant les pieds à saint Pierre, qui tient un livre ; 14o le jardin des oliviers ; les apôtres endormis ; Jésus en prières ; le Père Éternel, qui se montre à mi-corps dans une nuée pour bénir son fils ; plusieurs anges. Deux cordons de feuillage encadrent le bas-relief. La sculpture se continuait sur le jubé ; c’est ici qu’on voyait les mystères de la passion et de la résurrection. Mais l’ancien jubé fut démoli du temps du cardinal de Noailles, et remplacé par une lourde décoration, qui elle-même a fait place à deux ambons de marbre. La clôture historiée reprend du côté du midi, et les sujets se suivent en remontant de l’ouest à l’est. Cette seconde partie, moins ancienne que l’autre, n’a été achevée qu’au milieu du XIVe siècle ; le badigeon qui la couvre laisse à peine apercevoir quelques traces de peinture dont elle était rehaussée. Arcature très-fine et bien découpée, composée de vingt-sept arcs en ogives trilobées qui se divisent en neuf sections, dont chacune correspond à un sujet sculpté en ronde-bosse ; colonnettes en faisceaux, chapiteaux feuillagés, trèfles entre les retombées des archivoltes, dais continu, en pendentif, au-dessus des figures.

Nous venons de dire quelle brèche la destruction des bas-reliefs du jubé avait causée dans la suite des sujets. Il n’y a plus d’intermédiaire entre l’agonie au jardin des Oliviers et l’apparition du Christ ressuscité à la Madeleine. Voici l’ordre des groupes : 1o le Christ, sous la forme d’un jardinier, se montre à Madeleine ; 2o il apparaît aux trois Maries, qui s’inclinent pour lui embrasser les pieds et pour l’adorer ; 3o plusieurs apôtres réunis dans un édifice ; saint Jean sort pour courir au sépulcre ; saint Pierre voit le Sauveur et s’agenouille devant lui ; 4o Jésus marche entre les deux disciples d’Emmaüs ; ensuite il est à table avec eux dans l’intérieur d’une maison ; 5o Jésus, qui ne s’était montré jusque-là qu’aux saintes femmes, à Pierre et aux deux disciples, apparaît aux apôtres assemblés ; 6o sixième apparition du Christ ; il fait toucher à Thomas, pour le convaincre, ses mains et son côté ; 7o il parle à Pierre sur le bord de la mer de Tibériade ; d’autres disciples, montés dans une barque, tirent un grand filet rempli de poisson : c’est la pêche miraculeuse ; 8o les apôtres voient encore une fois le Christ, et quelques-uns d’entre eux s’agenouillent pour l’adorer ; 9o les apôtres viennent de se lever de table ; le Christ est au milieu d’eux, un livre à la main ; il ouvre leur esprit à l’intelligence des Écritures et leur recommande d’aller par tout le monde prêchant l’Évangile à toutes les créatures. L’examen de tous ces sujets, leur description détaillée et la discussion de toutes les questions d’iconographie qui en découlent, nous entraîneraient bien au delà des limites qui nous sont fixées. Les visiteurs de Notre-Dame suppléeront en ce point à notre silence ; nous les engageons aussi à bien étudier les deux parties de cette clôture, dont les dates sont certaines, et à se rendre compte ainsi, au moyen d’un exemple facile, des modifications de l’art dans sa marche du XIIIe au XIVe siècle. Quant à nous, la partie la plus ancienne nous paraît bien préférable à l’autre, tant pour le style que pour l’exécution.

La clôture du chœur s’est toujours composée d’une muraille pleine, en arrière des stalles. Mais après avoir laissé un passage pour les deux entrées latérales, elle se prolongeait en claire-voie dans tout le pourtour du sanctuaire, et de cette dernière partie il ne reste malheureusement plus rien ; des pilastres, des grilles, une grande niche pour la descente de croix de Nicolas Coustou, en tiennent lieu depuis un siècle et demi. « Le chœur de l’église Nostre-Dame, dit le père Du Breul, est clos d’un mur percé à jour autour du grand autel, au haut duquel sont représentés, en grands personnages de pierre dorez et bien peints, l’histoire du Nouveau Testament, et plus bas l’histoire du Vieil Testament, avec des escrits au-dessoubs qui expliquent lesdites histoires. » Guillaume de Melun, archevêque de Sens[2], avait fait faire une travée de la clôture, en l’honneur de Dieu, de la vierge Marie et de monseigneur saint Étienne. Pierre de Fayel, chanoine de Paris, dépensa deux cents livres pour aider à sculpter les histoires qui étaient du côté de l’orient et pour les nouvelles verrières de la tribune au fond de l’abside ; l’effigie de ce généreux personnage se trouve aujourd’hui déposée dans les magasins du Louvre, accompagnée d’une inscription qui constate le fait de la donation. La clôture commençant, nous l’avons dit, à l’entrée latérale du chœur au nord, presque vis-à-vis de la porte Rouge, traversait l’église avec le jubé, se poursuivait dans le bas côté méridional, enveloppait l’abside, et s’en venait ensuite finir à peu près au point d’où elle était partie. — En cet endroit, maître Jean Ravy, maçon de Notre-Dame de Paris pendant l’espace de vingt-six ans, qui avait commencé cette longue suite de sculptures, était représenté à genoux, les mains jointes. L’inscription qui apprenait le nom et le titre modeste de cet habile homme, ajoutait que l’œuvre avait été parfaite en 1351, par Jean le Bouteiller.

La cinquième chapelle de la nef au nord, du titre de Saint-Julien le Pauvre et de Sainte-Marie Égyptienne, est revêtue d’une partie de la boiserie qui décorait l’ancienne salle capitulaire, et dont le style accuse la fin du XVe siècle. Des draperies sculptées en couvrent la partie basse ; au-dessus, de petites niches en coquille, accostées de pilastres dans le goût de la première renaissance, contiennent les figures en relief de quinze apôtres ou disciples, de saint Mathurin, sainte Geneviève, saint Germain, sainte Catherine, saint Christophe et saint Grégoire, pape. Tous ces personnages sont désignés par leur nom et caractérisés par des attributs dignes d’être examinés. Dans une chapelle voisine, on a recueilli quelques fragments de la même suite, un saint Jean-Baptiste, un saint-Jérôme, un saint Étienne, un saint Nicolas et un saint docteur que nous n’avons pas reconnu.

Citons encore le buffet d’orgues sculpté au XVIIe siècle ; une collection nombreuse de grands tableaux de l’ancienne école française, dont la plupart ont été donnés à l’église par la Communauté des orfévres, qui jadis en offrait un chaque année, le 1er mai[3] ; un font baptismal moderne en marbre blanc, autrefois placé dans l’église de Saint-Denis du Pas ; un lutrin en bois, orné de figures, qui fut exécuté par un sculpteur provençal appelé Julience, pour l’église des Chartreux (XVIIIe siècle) ; trois statues de marbre, savoir : une Vierge debout, par Vassé ; une autre Vierge assise, par Antoine Raggi, provenant des Carmes déchaussés ; un saint Denis, aujourd’hui mutilé, œuvre de Nicolas Coustou ; enfin, un saint Marcel, modelé en plâtre, dans le siècle dernier, par Mouchy.

Nous devons aussi faire mention de quelques monuments très-curieux qui dépendaient de l’ancienne décoration de Notre-Dame. À l’entrée de la nef, un saint Christophe en pierre d’une proportion colossale, que messire Antoine des Essarts fit sculpter en 1413, pour remercier le saint de l’avoir sauvé de la vengeance des Bourguignons. Au bas du jubé, vers le midi, une Vierge qui opérait des miracles ; et plus loin, vers le maître autel, l’image de Notre-Dame de Consolation. À côté du même autel, au nord, la statue de Philippe-Auguste, élevée sur une colonne de pierre. À l’entrée de la chapelle de Saint-Denis, et à celle de la chapelle de Saint-Nicaise, les statues, également posées sur des piliers, de deux évêques de Paris, Denis du Moulin, patriarche d’Antioche, et Simon Matiffas de Bucy, morts, le premier en 1447, le second en 1304. Près du gros pilier du transsept, devant l’image de la Vierge, trois colonnes de pierre, sur lesquelles étaient placées trois grandes figures en cire, le pape Grégoire XI, son neveu et sa nièce, qui tombèrent de vétusté en 1599. Dans la chapelle de Saint-Martial, près la porte, vers l’évêché, trois statues d’évêques et celle d’un roi qui passait pour Louis VI. Au dernier pilier de la nef, du côté du midi, sur une plate-forme portée par deux colonnes, s’élevait une grande statue de pierre représentant un roi armé de toutes pièces et monté sur son cheval de bataille. Le roi avait la visière de son casque baissée ; une tunique blasonnée de France recouvrait son armure. Le cheval était vêtu d’une longue housse armoriée. Les savants du dernier siècle ont été fort divisés d’opinion sur le vrai nom du prince qui s’était fait sculpter en cet appareil guerrier. Quelques-uns pensaient que Philippe le Bel avait voulu ériger ce monument de sa reconnaissance envers la Vierge pour la victoire gagnée à Mons en Puèle ; ils citaient, comme de graves présomptions en leur faveur, les fondations par Philippe le Bel d’une commémoration solennelle de cette bataille à Notre-Dame de Paris, d’un office de la victoire à Notre-Dame de Chartres, et d’une messe dite aussi de la victoire, à Saint-Denis. Le chapitre de Paris s’était prononcé pour Philippe le Bel ; il avait même rendu publique sa croyance, en faisant placer une inscription dans ce sens au-dessous de la statue. D’autres, et le P. Montfaucon en tête, affirmaient que la statue ne pouvait être celle d’un autre prince que Philippe de Valois. Ils avaient lu, en effet, dans le Continuateur de la chronique de Guillaume de Nangis, et dans des manuscrits de la Bibliothèque royale, que Philippe de Valois, après la victoire de Cassel, était entré dans l’église de Notre-Dame de Paris, revêtu des mêmes armes et monté sur le même cheval dont il s’était servi pendant le combat, pour les offrir à la Vierge, comme il en avait fait le vœu au moment où les troupes flamandes, après avoir traversé son camp, vinrent le surprendre jusque dans sa tente. Le souvenir d’une consécration aussi extraordinaire était bien digne qu’un monument le transmît à la postérité[4].

Les anciennes stalles dataient du XIVe siècle. Le maître autel était placé entre plusieurs colonnes de cuivre réunies par des barres de fer, auxquelles on appendait des courtines de couleurs diverses suivant les fêtes. Il n’y avait pas de tabernacle ; une pixide suspendue au-dessus de la table renfermait les saintes hosties. En arrière du maître autel, on en trouvait un second nommé l’autel des ardents, ou de la sainte Trinité, élevé de telle sorte qu’il se voyait des stalles du chœur par-dessus le premier. On y montait par deux rampes à balustre de cuivre. Entre les deux rampes, au-dessous de l’autel, une porte à claire-voie fermait ce qu’on appelait le conditoire, où étaient déposés tous les objets nécessaires à la célébration des grandes messes. Une figure de la Vierge en albâtre, parfaitement travaillée, surmontait l’autel des ardents. Au-dessus, un grand corps de menuiserie enfoncé dans la baie la plus extrême de l’abside, et richement sculpté, contenait, rangées en trois étages, la châsse de saint Gendulphe, celle de saint Severin, solitaire, celle de plusieurs martyrs, celle de saint Germain, évêque de Paris, celle de saint Justin, martyrisé à Louvres en Parisis, celle des compagnes de sainte Ursule, et celle de saint Lucain. La châsse de saint Marcel était posée derrière le maître autel. Ce reliquaire en vermeil, enrichi de pierres précieuses et de perles fines, remarquable par la délicatesse du travail, fut porté à la Monnaie de Paris pour être fondu, le 8 octobre 1792 ; il pesait quatre cent trente-six marcs, non-compris les écrous, ferrures et plateau. La tradition populaire en attribuait la fabrication à saint Éloi ; nous n’avons pas besoin d’ajouter que le saint évêque de Noyon n’en était pas plus l’auteur que de tant d’autres joyaux auxquels on attachait son nom.


  1. On a suppléé à ceux qui manquaient par deux peintures de Philippe de Champaigne, et par une troisième de Laurent de Lahire.
  2. Deux prélats de ce nom ont occupé le siège de Sens, au XIVe siècle, Guillaume IV, de 1317 à 1329, et Guillaume VI, de 1344 à 1376.
  3. Cette offrande remplaçait le may de charpente historiée et enluminée que les maîtres orfévres de Paris étaient dans l’usage de présenter annuellement, depuis 1449, devant le grand portail de Notre-Dame, le premier jour du mois de mai, à l’heure de minuit.
  4. Philippe de Valois était aussi représenté à cheval sur la façade principale de la cathédrale de Sens. Par une singulière coïncidence, on avait encore dans cette église, comme à Notre-Dame, imposé le nom de Pierre de Cugnières, avocat du même prince, à un mascaron grotesque, afin de se venger des attaques de ce légiste contre les immunités ecclésiastiques. Le roi donna raison au clergé contre ce téméraire personnage.