Dictionnaire érotique moderne/M

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Delvau - Dictionnaire érotique moderne, 2e édition, 1874-Lettre-M.png

Mac. Abréviation de maquereau.

Ça me f’ra p’t’être rigoler un brin, de changer d’rôle, et de mac devenir miché. Lemercier de Neuville.

Après tout, ce n’est pas si bête
D’avoir fait quatre cents binettes
D’homm’s de lettr’s, de peintr’s et de mac ?

A. Pothey.

Maca. Maquerelle, entremetteuse, femme vieillie dans le vice.

Machin ou Machine. La nature de la femme, le membre viril, — dans le langage des gens pudibonds qui n’osent pas appeler les choses par leur nom.

Que mettras-tu dans mon con, en m’enfilant ? — Mon machin.H. Monnier.

Fiez-vous à ma cuisine,
Célibataires blasés,
Pour remonter la machine
Et flatter vos goûts usés.

L. Festeau.

Secrets appas, embonpoint et peau fine,
Fermes tétons et semblables ressorts,
Eurent bientôt fait jouer la machine.

La Fontaine.

Mais finis donc, imbécile !
Sacré nom de Dieu d’gredin !
Si tu n’ me laiss’s pas tranquille,
J’ vas pisser sur ton machin.

(Parnasse satyrique.)

Macrotin. Apprenti maquereau ; voyou qui se fait la main avec les petites gourgandines dont il vide les poches sans le moindre scrupule, en attendant qu’il puisse exercer sur une plus grande échelle, avec de plus grandes filles.

Oui, c’est un métier commode
Et qui devient à la mode :
          Mac, macrotin…
    Vive le macrotin !

L. de Neuville.

Madame. Nom que les filles d’un bordel donnent à leur abbesse, pour laquelle elles ont le respect qu’elles n’auront jamais pour la vertu.

Ce sont nos petits bénéfices, à nous, pauvres filles… Madame nous prend tout et ne nous donne rien.Lemercier de Neuville.

Madame Manicon. Surnom que le populaire donne volontiers aux sages-femmes, — on devine pourquoi.

Magasin de blanc. Bordel — où l’on dépose en effet des quantités considérables de sperme.

Main experte (Avoir la). Savoir bien branler les hommes, chose difficile, en effet, et pour laquelle toute femme galante doit faire un apprentissage fort long et très minutieux, — manutieux, dirait Commerson.

J’ai les deux mains expertes,
Entrez dans mon boudoir.

A. Montémont,

Main légère (Avoir la). Se dit d’une femme versée dans l’art de la volupté, qui branle un homme avec une telle dextérité qu’il jouit sans savoir à quoi attribuer sa jouissance, à une bouche ou à une main.

Maison à gros numéros. C’est le Lupanar des anciens et le Bordel des modernes. Sur le premier étaient peintes les armes parlantes du dieu de Lampsaque — une pine gigantesque et ses deux agréments. Sur le second sont peints d’énormes numéros qui engage les passants libertins à y entrer.

C’est l’infecte maison où l’effroi se promène,
L’auberge dont l’enseigne est un gros numéro.

A. Glatigny.

Maison à parties ou de passe. Maison particulière, d’apparence honnête, où les filles libres viennent tirer leurs coups avec les michés qu’elles ont levés en route.

Maison de tolérance. Bordel, que non-seulement la préfecture de police tolère, mais encore qu’elle autorise pour la satisfaction des besoins du public célibataire — et surtout marié.

Maître-autel. Le mont de Vénus, universel objet d’adoration de la part des fidèles qui y voient resplendir leur Dieu — ou plutôt leur déesse.

Elle est belle, ma Joséphine ! elle a un chouette maître-autel !… un riche tabernacle !… Tisserand.

Maîtresse. Fille ou femme dont on est le maître, — quand on n’en est pas l’esclave battu, cocu et content ; épouse illégitime à laquelle on est plus fidèle qu’à l’épouse légitime, et qui se moque de vous tout autant que celle-ci ; la femelle du marlou.

Le maître de quelques-unes, c’est leur mari, espérons-le, pour l’honneur de la morale ; le maître d’un plus grand nombre, c’est leur caprice ; le maître de toutes, c’est leur luxe… Quant à l’amant, il n’en saurait être question ici… D’ailleurs, quand une femme a un amant, elle est sa maîtresse : ce n’est donc pas lui qui en est le maître.H. de Pène

Pour la femme, soyez bon !
Prouvez-lui votre tendresse !
C’est ce bougre de Léon
Qu’est l’amant de ma maîtresse.

G. Nadaud.

Et moi, nom d’un… quoi que j’ possède ?… Un pantalon, qu’le commissaire m’a déjà fait dire qu’on voyait c’que j’portais ; des gilets, j’en manque, j’en ai jamais évu avec toi : des bottes qui r’niflent, quand j’ marche pas sus ses tiges… Et j’ai une maîtresse !H. Monnier.

Maladie (La). C’est celle qui n’a pas besoin de nom — quoiqu’elle en ait un — pour être sue de ceux qui lisent les affiches dés Charles-Albert, des Giraudeau de Saint-Gervais, des Ollivier, et autres Fontanaroses modernes. C’est celle que Pline appelait morbus sonticus, et Celse major morbus !

Le soir, ils vent voir des gueuses
Qu’ils baisent dessus leurs lits.
Pour leurs femm’s (les malheureuses !)
Ils y donn’nt la maladie.

Guichardet.

Mâle (Le). L’homme.

Je prèfère en amour une certaine pose :
Le mâle sur le dos, sous la femme est placé.

L. Protat.

Mamelles. Les tétons.

Ô contours veloutés, mamelles féminines ! Cantel.

Hélas ! qui pourrait voir sans rougir des femmes et des jeunes filles entièrement découvertes, étaler sans honte, jusque dans la maison du Seigneur, leurs mamelles toutes nues… Dans le principe du moins, ces mondaines ont commencé par échancrer le bord et le dehors de leurs habits. Puis, cette échancrure à gagné jusqu’à la chemise, que dis-je ? jusqu’à la chair toute nue. À la fin, elles ont tellement rongé et échancré le derrière et le devant de leurs habits, que les épaules et les tétons en sont demeurés tout-à-fait nus.(Discours sur la nudité des mamelles.)

Manche (Le). Le vit, que la femme empoigne quand elle désire en être cognée.

Je l’empoignai par le manche et le menai au pied du lit, où je me couchai à la renverse, l’attirant dessus moi : je m’enconnai moi-même son vit dans mon con jusque aux gardes.Mililot.

Mais, belles, sachez qu’un beau manche
Réchauffe aussi bien qu’un manchon.

Théophile.

Manchon de la femme. Les poils qui constituent sa motte, assez fournie pour tenir lieu de manchon.

Et la tribune de Florence
Au cant choqué montre Vénus
Baignant avec indifférence
Dans son manchon ses doigts menus.

Th. Gautier.

Je n’ prêt’ pas mon manchon
            Mignon,
Je n’ prêt’ pas mon manchon.

Laujon.

Manger l’anguille sans la sauce. Retirer vivement la pine d’un homme au moment où il va décharger, afin de n’avoir pas d’enfant de lui, — la sauce de cette anguille étant fort agréable, mais aussi pleine d’inconvénients.

Prenez donc des précautions !
Sans la sauce mangez l’anguille !
Beau moyen et bien éprouvé :
J’en suis pour un enfant trouvé.

Béranger.

Mangeur de blanc. Souteneur de filles, maquereau qui vit du — sperme dépensé par les autres hommes, avec de l’argent, au profit de sa maîtresse, etc.

Mangeons du blanc ! mangeons du blanc !
Ça vaut mieux que manger du flan !
Mangeons du blanc jusqu’à l’aurore,
 Et que Phœbus nous trouve encore
             Mangeant du blanc !

Lemercier de Neuville.

Je voulais tâter du métier de miché, mais je vois que celui de mangeur de blanc est encore le meilleur.Lemercier de Neuville.

Manger de la chair crue. Faire l’acte vénérien.

Si elles savaient ce que c’était de manger de la chair crue la nuit. Marguerite de Navarre.

Manger le fruit d’une femme. Gamahucher une femme, enceinte peut-être.

Prends garde !… Tu vas manger mon fruit.Jean du Boys.

Jean, rentrant chez lui, à l’improviste, trouve Pierre, son voisin, la tête entre les cuisses de sa femme, et bien en train de la gamahucher. — Fouchtra ! s’écrie-t-il, cha m’étonne plus, chi je n’ai pas d’enfant ; j’en fais tous les jours, et Pierre me les mange !

Manier. Peloter une femme — ou un homme.

Mais, Monsieur, vous, baisez mes fesses à tout moment ; vous me maniez partout ! La Popelinière.

On ne peut donc sans scandale manier un peu les breloques du monde ? — Sacrebleu ! quelles breloques ! c’est bien aussi la montre, ma foi.A. de Nerciat. (Les Aphrodites.)

Ma bonne, disait Rosette, il veut toujours me faire manier sa sottise et prendre la mienne.La Popelinière.

C’est des marlous, n’y prends pas garde ; Viens, que j’ te magne ton outil.H. Monnier.

Manière. Se dit du faire particulier aux femmes galantes qui, souvent, ont autant de manières que les plus illustres artistes, — première manière, seconde manière, etc.

Changer de sesque, c’est fort mal
Quand on n’est plus dans l’ carnaval ;
P’t-être aussi qu’ vous changez d’ manière
Et qu’aux femmes vous voulez plaire ;
Ce s’rait deux bons goûts à la fois,
J’ vous crois fait’ pour en avoir trois.

Béranger.

Manœuvrer du cul. Remuer des fesses quand on est sous l’homme, soit pour l’aider à décharger, soit parce que la jouissance arrache à la femme d’involontaires et lascives torsions de croupe.

Fait l’étroite pour lui, même quand elle est large,
Et manœuvrant du cul, jouit quand il décharge.

L. Protat.

Manquer à ses devoirs. Faire son mari cocu — ce qui est le seul devoir auquel les femmes ne manquent jamais.

Si vous aviez un peu de vertu dans l’âme, vous sentiriez aussi ce qu’il en coûte à une femme bien née pour manquer à ses devoirs et faire un pas comme celui-ci.La Popelinière.

Manquer de respect à une femme. La violer — de son propre consentement, mais à fond de train, pour se faire pardonner l’irrévérence de cette action.

À l’encontre d’un talon rouge qui avait manqué de respect à une intendante, mais qui n’a pu achever de lui en manquer entièrement.Collé.

Manquer de voix. Chanter un air à une femme, avec la queue, et s’en tenir là, volontairement ou involontairement. Baiser mollement.

Quand des voix qu’il me dût
Vint l’éclat dont il brûle,
Avec moi que de fois
Il a manqué de voix.

Béranger.

Manuéliser (Se). Se masturber.

C’est le seul moyen d’être sage au couvent, puisqu’on ne peut l’être sans se clitoriser ou se manuéliser.Mercier de Compiègne.

Du bon Guillot le vit se roidissait,
Et le poignait si fort concupiscence,
Que dans un coin se manuélisait.

Piron.

Maquereau. Défenseur de beautés faciles qui le payent ; entremetteur.

Le roi fit choix au conseiller Bonneau,
Confident sûr et très bon Tourangeau.
Il eut l’emploi, qui certes n’est pas mince,
Et qu’à la cour tout se peint en beau,
Nous appelons être l’ami du prince ;
Mais qu’à la ville, et surtout en province,
Les gens grossiers ont nommé maquereau.

Voltaire (La Pucelle.)

Maquerelle. Grosse dame qui se charge de procurer de l’ouvrage aux petites dames, et qui pousse parfois la complaisance jusqu’à les aller chercher dans leur famille.

Le troisième privilège des châtrés, c’est qu’ils sont fort renommés en leur fidélité en fait de maquerellage.(Variétés hist. et littér.)

Tenant par acte misérable
Le maquerellage honorable.

(Cabinet satyrique.)

Tant qu’elle conta sa querelle
À une vieille maquerelle.

Matheolus.

Et puis dites que les moustiers
Ne servent point aux amoureux,
Bonne maquerelle pour eux
Est ombre de dévotion.

Cl. Marot.

Aussi n’épargne-t-il pas les mères qui sont maquerelles de leurs propres filles.H. Estienne.

Car l’honneur d’une femme souffre beaucoup quand elle est vue avec une maquerelle.P. de Larivet.

Maquignon. Un monsieur qui fait la traite des blanches, — le mango antique.

Maquillage. Tricherie féminine qui consiste à dissimuler, à l’aide de pâtes, de cosmétiques et d’onguents, les ravages que le temps apporte au visage le plus frais.

Celle-ci, une fois entrée, relève la mèche de la lampe posée sur la cheminée, mais pas trop cependant, afin de ne pas trahir son maquillage.Lemercier de Neuville.

Et ce qui prouve que ce n’est pas là une mode nouvelle, c’est que je trouve dans un poëte du xiiie siècle, Gaultier de Coinsy, les vers suivants :

Telle se fait moult resgarder
Par s’en blanchir, par s’en farder,
Que plus est laide et plus est blesme
Que peschiez mortelx en caresme.

Marchandise. La nature de l’homme et celle de la femme, qui, toutes deux, mais la dernière surtout, sont un objet de commerce.

J’ouvre boutique, et faite plus savante,
Vous mets si bien ma marchandise en vente,

Subitement affinant les plus fins,
Qu’en peu de temps fameuse je devins.

J. du Bellay.

Je veux une Phillis entre l’haut et le bas,
Qui ne fasse pas trop valoir sa marchandise.

Bussy-Rabutin.

Voyons, montre-moi ta marchandise, mon petit couillon chéri.J. le Vallois.

Marcheuse. Femme qui a été fille et qui, ne l’étant plus, est chargée de conduire dans les chemins du vice celles qui le sont encore. « Ses fonctions sont d’appeler les passants à voix basse, de les engager à monter dans le bordel où, d’après ses annonces banales, ils doivent trouver un choix exquis de jeunes personnes. Dans la maison de tolérance de première ligne, il y a ordinairement plusieurs marcheuses dont l’emploi principal est de promener les filles d’amour sur les boulevards et dans les passages.

Margot, margoton. Nom de femme qui est devenu celui de toutes les femmes — devenues filles.

Priape dérogea, Vénus fit la Catin.
Cette contagion infecta les provinces,
Du clerc et du bourgeois passa jusques aux princes.
La plus mauvaise garce eut ses adulateurs,
Et jusqu’à ta Margot, tout trouva des fouteurs.

(L’Art priapique.)

Villon sut le premier dans ces siècles grossiers
Débrouiller l’art confus de nos vieux romanciers,
Redonner le mouchoir aux filles de bon ton,
Et laisser la province enfiler Margoton.

(L’Art priapique.)

Nous le tenons : nous savons où demeure sa margot.Eugène Sue.

J’ai peu d’estime pour l’argot ;
Mais au besoin, je le tolère.
Si je rencontre une margot,
Je la regarde sans colère.

Phil. Dauriac.

Mariage. Collage légitime de l’homme et de la femme, qui a le vit pour trait d’union, plus les enfants qui peuvent résulter dudit collage. Selon Balzac :

Le mariage est une association de mauvaise humeur, pendant le jour, et de mauvaise odeur pendant la huit.

Mari malheureux. Mari, peut-être cossu, — mais à coup sûr, cocu — sans cédille.

Marlou. Variété de maquereau, d’homme sans préjugés, qui non-seulement consent à recevoir de l’argent des filles galantes, mais encore en exige d’elles le poing sur la gorge et le pied dans le cul.

La plus sublime de ces positions, c’est celle du marlou.Frédéric Soulié.

C’est des marlous, n’y prends pas garde. H. Monnier.

Marmite. Putain, — la femelle naturelle du maquereau, à qui elle fournit de quoi manger, boire et rigoler avec ou sans elle.

Tu es un crâne fouteur… et… si tu y consens, ce n’est pas toi qui me donneras de la braise, c’est moi qui serai ta marmite. Lemercier de Neuville

Marmotte. Le con, — qui ne dort jamais. — Allusion au poil d’une motte bien garnie.

Un soir, ma sœur me dit : Si nous étions dans le même lit, tu pourrais faire entrer ta petite broquette qui est toujours raide dans la bouche de ma petite marmotte que tu aimes tant à sucer.(Anti-Justine.)

Marque de la vaisselle. Le membre viril, — avec lequel nous poinçonnons à notre chiffre le vagin des femmes, qui cependant n’a pas besoin de cela pour être trouvé de bon aloi et pour circuler de main en main.

Marrons. Les testicules.

… Tire de sa poche une longue ficelle, lui lie les deux marrons que vous savez.(Nouvelles de Grazzini.)

Dam’ Putiphar, sans médire,
Les aimait, je crois, assez ;
Pourtant Joseph, on doit l’ dire,
N’avait qu’ des marrons glacés.
         Marrons, marrons,
      Bien pleins et bien ronds,
      Tout le monde en voudra,
      Ils brûl’nt, ces gros-là !

Alphonse.

Masturbation. Pseudonyme honnête de Branlage.

Qu’enfin, tous les soldats sans reproduction,
N’aient plus qu’un seul recours : la masturbation.

Fernand Desnoyers.

Masturber (Se). Se livrer à l’onanisme, aux plaisirs solitaires.

De mes cinq doigts je fais une pucelle :
Masturbons-nous, c’est le plaisir des dieux.

(Chanson anonyme moderne.)

Matou. Le mâle de la femme, cette chatte amoureuse.

Allons, mon gros matou, grimpe-moi d’autor et d’achar !De Neuville.

Mauvais lieu. Endroit où l’on pelote les femmes, même où on les baise ; bordel.

Pour amener sa Lucrèce
À souffrir ce petit jeu,
Le bonhomme sans finesse,
Met la scène en mauvais lieu.

Collé.

Meilleure chose du monde (La). La fouterie, qui est le plaisir des dieux et des déesses, des hommes et des femmes, — l’excelsior de toutes les jouissances connues.

Comment, si c’est quelque chose de bon ! C’est la meilleure chose du monde !Mililot.

Membre (Le). Sous-entendu viril. Le grand outil générateur, que nous faisons travailler comme un cheval et que les femmes adorent comme un dieu.

Jouis-tu, cochon ? Ah ! le beau membre !Lemercier de Neuville.

On voit, sous les feuilles de vignes
Que leur impose la pudeur,
S’agiter de gros membres dignes
D’admiration — ou d’horreur.

Anonyme.

Monseigneur le vit, ou madame la pine. Outre ces deux noms, ce noble personnage, qui veut chaque jour être fêté, possède plus de prénoms qu’il n’en faudrait pour refaire le calendrier… républicain. Je cite les principaux.

L’acteur, l’affaire, les agréments naturels, l’aiguille, l’aiguillon, l’aiguillette, l’andouille, l’arbalète, l’ardillon, l’aspergès, l’asticot, la baguette, le balancier, le bâton à un bout, le bâton de sucre de pomme, le bâton pastoral, le battant de cloche, la béquille du père Barnaba, le berlingot, la bibite, le bidet, le bijou, le bistouri, la bite, le bogue, le bonhomme, le bouchon, le boudin blanc, le bougeoir, la bougie, le bout de viande, le boute-feu, le boute-joie, la boutique, le boyau, la braguette, le bracquemard, le bras, la briche, la broche, la broque, la burette, le canon à pisser, la carotte, le cas, le carafon d’orgeat, le caveçon, cela, ce qu’on porte, la chair, le chalumeau, le champignon, la chandelle, la chanterelle, la charrue, la chenille, la cheville d’Adam, la cheville ouvrière, le chibre, le chiffe, le Chinois, le chose, le cierge, la cigarette, la clé, le clou, la cognée, le cognoir, le coin, la colonne, le compagnon fidèle, la corde sensible, le cordon de saint François, le cornichon, la couenne, la courte, le criquet, le dard, le dardillon, le degré de longitude, le devant, le doigt du milieu, le doigt qui n’a pas d’ongle, dom ou frère Frappart, le dressoir, le drôle, l’écouvillon, l’engin, l’épée, l’étendard d’amour, le fils, le flacon d’eau-de-vie, le flageolet, la flèche, la flûte à un trou, le fourrier de nature, la gogotte, la grosse corde, le goujon, le goupillon, la guigui, la guiguitte, la haire, le hanneton, l’herbe qui croît dans la main, l’histoire, le honteux, Jacques, la jambe, Jean Jeudi, Jean Chouart, la laboureur de nature, la lance, la lancette, le lard, la lavette, la limace, le machin, le Mahomet, le manche du gigot, la marchandise, le mirliton, le mistigri, le moineau, le morceau, la navette, le nerf, le nœud, l’obélisque, le onzième doigt, l’os à moëlle, l’outil, l’ouvrier de nature, le paf, le panais, le pénis, le pendiloche, le perroquet, la petite flûte, le petit frère, le petit voltigeur, la pierre a casser les œufs, la pierre de touche, le pieu, le pignon, le pis, la pissottière, le poinçon, la pointe, le poireau, la potence, le poupignon, Priape, la quéquette, la queue, le robinet de l’âme, Rubis-Cabochon, la sangsue, saint Agathon, saint Pierre, le salsifis, la sentinelle, la seringue, le sifflet, le sous-préfet, le sucre d’orge, le trépignoir, la triquebille, la troisième jambe, le tube, la verge, la viande crue, etc. etc.

Menesse. Femelle de l’homme en général — et, en particulier, de l’homme sans préjugés qu’on appelle maquereau.

En ai-je t’y reçu, de l’argent des menesses ! Oh ! là là !…Lemercier de Neuville.

Menin. Fouteur, — garçon d’honneur qui doit partager vos jeux — et vos joies, Mesdames. — Ce mot vient de l’espagnol menino, jeune page.

La petite comtesse, à côté du prélat, lui serrait de temps en temps la main par-dessous la nappe, pour lui faire comprendre combien elle le préférait pour menin à son peu naturel ami.(Le Diable au corps.)

Mensonge cotonneux. Tétons d’ouate que les femmes maigres substituent aux tétons de chair qu’elles n’ont pas.

Il dévoilera les mensonges cotonneux de madame.Théophile Gautier.

Mentule. Mot purement latin (mentula) signifiant le membre viril.

En tirant sa mentule eu l’air, les compissa.Rabelais.

On voyait une fourbe de filles qui semblait tirer à qui mieux mieux une mentule grosse et longue à proportion.(Le Synode nocturne des tribades.)

Je n’eusse, hélas ! enduré tant de maux
Comme j’ai fait, qui or comme animaux
Rongent le frein de ma triste mentule.

(Cabinet satyrique.)

Mère abbesse. Maîtresse d’un couvent de s’offre-à-tous : — Maquerelle.

      Sortez vite et rentrez souvent,
                  Le jour baisse,
            Servez votre abbesse ;
      Mes filles, malgré pluie ou vent,
En avant, pour l’honneur du couvent.

Béranger.

Mère d’actrice. Vieille femme que louent les jeunes femmes de théâtre pour éloigner d’elles les galants — qui ne sont pas assez riches.

Messaline (Valérie). Impératrice romaine, deuxième femme de Claude. Célèbre par son impudicité et ses étonnantes débauches : la plus fameuse putain de son temps. Après avoir souillé la couche impériale, en y recevant des amants de toutes les conditions, elle osa, du vivant de son époux, épouser publiquement Silius, jeune homme qu’elle aimait éperduement. Claude, à cette nouvelle, la fit mettre à mort avec tous ses complices, l’an 48 de J.-C. Juvénal, dans ses Satires, s’exprime ainsi, au sujet de cette grande impure :

Quand de Claude assoupi la nuit ferme les yeux,
D’un obscur vêtement sa femme enveloppée,
Seule, avec une esclave, et dans l’ombre échappée,
Préfère à ce palais tout plein de ses aïeux,
Des plus viles Phrynés le repaire odieux.
Pour y mieux avilir le nom qu’elle profane,
Elle emprunte à dessein un nom de courtisane :
Son nom est Lisisca ; ces exécrables murs,
La lampe suspendue à ces dômes obscurs,
Des plus affreux plaisirs la trace encor récente,
Rien ne peut réprimer l’ardeur qui la tourmente.
Un lit dur et grossier charme plus ses regards
Que l’oreiller de pourpre où dorment les Césars.
Tous ceux que dans cet antre appelle la nuit sombre,
Du regard les invite et n’en craint pas le nombre.
Son sein nu, haletant, qu’attache un réseau d’or,
Les défie, en triomphe, et les défie encor.
C’est là que, dévouée à d’infâmes caresses,
Des muletiers de Rome épuisant tes tendresses,
Noble Britannicus, sur un lit effronté,
L’aurore enfin paraît, et sa mine adultère
Des faveurs de la nuit réclame le salaire.
Elle quitte à regret cet immonde parvis.
Ses sens sont fatigués et non pas assouvis.
Elle rentre au palais, hideuse, échevelée.
Elle rentre, et l’odeur autour d’elle exhalée
Va, sous le dais sacré du lit des empereurs,
Révéler de la nuit les lubriques fureurs.

Messire Luc. Le cul, — par anagramme. (Voir aussi noc et tiv.)

Métier (Le). L’acte vénérien.

Cousin, c’est pardieu la plus belle
Et qui entend mieux le métier,
Que femme qui soit au quartier.

J. Grevin.

Le métier d’amour en effet
Est une assez plaisante affaire ;

Ce métier-là plus on le fait,
Et moins on est propre à le faire.

Daceilly.

Et dans cet amoureux métier,
De maître il devient écolier.

Parny.

Mettre (Le). Introduire son membre dans la nature d’une femme.

Réveille-toi, petite gueuse ; je veux te le mettre encore une fois au moins.La popeliniere.

Notre héros se forma vite…
Le mit-il, ou le lui mit-on ?
            N’y eut pas d’affront.

Al. Pothey.

Adam voulut le mettre :
Ève le sentit mettre.

Viens, bande-à-l’aise,
Vite, mets-le-moi.

Collé.

Mettre au fait (Se). Se déniaiser, s’habituer à l’homme en jouant des reins avec lui.

Tu as bien tort ; si tu ne te mets pas au fait, ton mari te prendra pour une bête. La Popelinière.

Mettre dans les fesses (Se le faire). Se faire enfiler.

L’ dimanche, au sortir de la messe,
Elles dis’t toutes, mais en vain :
Nicolas, mets-moi dans la fesse
C’ qu’est dans ton pantalon d’ nankin.

Darcier.

Mettre en œuvre. Faire l’acte vénérien.

Elle manda secrètement le fils d’un cordonnier, son voisin, et le fit venir en l’étable des chevaux de son père, et le mint en œuvre comme les autres.(Les Cent Nouvelles nouvelles.)

Et à la vérité, on en met de bien pires en œuvre.T. Des Accords.

Et en disant cela, il la mit en œuvre.D’Ouville.

Mettre en appétit. Exciter l’ardeur vénérienne.

Chevaucher trois ou quatre coups ne fait que mettre en appétit ; il faut continuer tant qu’il y en a, pour nous donner du passe-temps.Mililot.

Il n’est rien qu’une femme trouve plus mauvais que quand l’homme la met en appétit, sans la contenter.Bonaventure Desperriers.

Mettre le foutre à la bouche de quelqu’un. L’exciter à la fouterie par des discours libertins, par des images obscènes, ou par des attouchements polissons.

Ingrat ! tu m’as mis le foutre à la bouche !
J’allais presque entrer dans le paradis !

(Parnasse satyrique.)

Mettre sous le linge (Se). Se glisser entre deux draps pour y faire l’amour.

Je n’ai pas été plutôt arrivé qu’elle m’a sauté au cou avec ardeur, et que, s’apercevant que je bandais, et raide, elle s’est mise immédiatement sous le linge, ou nous avons joué des reins avec enthousiasme.J. le Vallois.

Mettre sur le dos (Se). Se placer pour être baisée, afin de faire avec un homme la bête à deux dos.

 Sur le dos nonchalamment
  Vous recevez votre amant ;
  Pas le moindre mouvement,
             Autant, ma foi,
Sentir sa femme auprès de soi.

Béranger.

Mettre une femme à mal. La baiser, — ce dont elle se trouve ordinairement très-bien.

Il avait mis à mal toutes les femmes qu’il avait entreprises.Richelet.

Mettre une femme dans la circulation. La forcer — après l’avoir frappée à son effigie — à avoir tout le monde pour amant. Séduire une jeune fille, lui faire un enfant, et l’abandonner, c’est la jeter dans la circulation.

Mettre un homme en état. Le préparer, par un pelotage savant, à l’accomplissement de son devoir d’homme.

C’est dans ce moment-là, pour le mettre en état
Et pouvoir arriver à quelque résultat,
Qu’il faut de son métier connaître les roueries
Et n’être pas novice en polissonneries.

Louis Protat.

Miché. Homme galant forcé d’acheter ce que les femmes galantes donnent pour rien à leurs amants de cœur.

Allumer tous les soirs la chandelle de l’hyménée en faveur d’an tas de gonzesses et d’autant de michés.Lemercier de Neuville.

Surtout selon l’argent donné par le miché.

Louis Protat.

Miché de carton. Honnête homme qui achète de l’amour en marchandant, ce qui le fait mépriser des amoureuses.

Les Valaques ont près des femmes une grande réputation de mauvaise foi… Aussi elles les évitent et les ont placés au premier rang des michés de carton.Vermorel.

Miché sérieux. Homme qui ne regarde pas à la dépense avec la femme qui l’a levé à Mabille ou sur le boulevard, et dont il devient souvent le Monsieur.

Fichtre ! C’est un miché sérieux !Lemercier de Neuville.

Mignon. Jeune pédéraste… passif. — Apollon à belles fesses. — L’histoire faisant mention des pages de Henri iii, qui étaient non-seulement ses favoris, mais encore ses mignons, ne laisse pas de doute sur l’emploi qu’ils avaient auprès de leur maître.

Ce qu’il est le plus naturel de faire à la femme est précisément ce dont elle se soucie le moins ; … tantôt elle veut qu’on la traite comma un mignon… tantôt, etc.A. de Nerciat.

      Petit fils, petit mignon,
Mâle ou femelle, je sais ton nom.

Béranger.

Et j’abandonne au vicaire de Dieu
Ses trois clés d’or, ses fulminantes bulles,
Son Vatican, son cardinal neveu,
Ses beaux mignons, ses nièces et ses mules.

Parny.

Mignonne. Nom que l’on donnait au xviie siècle à l’époque de leur apparition, à toutes les femmes entretenues.

Les riches seigneurs et les financiers ne se faisaient pas faute d’entretenir plusieurs mignonnes à la fois dans différents quartiers de la ville, ou même de les réunir ensemble comme dans un sérail.P. Dufour.

Il me faut donc chercher quelque jeune mignonne,
Que, pour fille de chambre, en gaussant je lui donne.

J. de Schélandre.

Mijaurée. Fille ou femme qui, devant l’homme, affiche des prétentions par des manières affectées et ridicules qui nous font… pisser. — Oh ! la ! la !

Ne va pas avec moi faire la mijaurée.

Regnard.

Fi des coquettes maniérées !
Fi des bégueules du grand ton !
Je préfère à ces mijaurées
Ma Jeannette, ma Jeanneton.

Béranger.

Milieu. Le con, par devant ; — le cul, par derrière. — Il n’y a pas de milieu, nom de Dieu !

Ce n’était que l’enjeu, nom de Dieu !
            Pour luron de ma sorte.
Je fêtai son milieu ! nom de Dieu !
Trois fois avant que j’sorte, nom de Dieu !
J’ fous l’ quatrième à la porte, nom de Dieu !…
            J’ fous l’ quatrième à la porte.

F. de Calonne.

Le doux milieu demandait à sa dame,
Pour y trouver un repos bienheureux.

(Cabinet satyrique.)

Et la pauvrette s’est donnée
D’un vit par le milieu du corps.

Collé.

Milord. L’entreteneur — anglais ou toulousain — d’une femme galante.

Le notaire est son milord.H. de Balzac.

J’allons fair’ sauter les sacoches
De ce bon mossieu, son milord.

L. Festeau.

Une demoiselle entretenue ne se contente pas de son seul entreteneur appelé ordinairement Mylord Pot-au-feu. Elle a un amant en titre, qui ne paye que les chiffons ; un Guerluchon, c’est un amant qu’elle paye ; un Farfadet, c’est un complaisant ; et un Qu’importe, est une personne qui vient de tems en tems, qui est sans conséquence, et paye au besoin les petites dettes criardes.(Correspondance d’Eulalie, I, 132.)

Minette. Gamahuchage de la femme par l’homme, et quelquefois de l’homme par la femme, — au moyen de la langue, qui a l’air de laper le sperme comme les chats lapent le lait.

Allons, ma fille, une minette, pour que je bande.J. le Vallois.

Le bougre lui fait minette.

Gustave Nadaud.

Elle a l’étrange goût
Qu’on la foute en levrette,
Elle vous fait minette
Et puis avale tout.

Joachim Duflot.

Et maintenant, mon agneau… fais-moi une minette distinguée, digne du coup que nous allons tirer ensemble.Lemercier de Neuville.

Minon-minette. (Faire). Se gamahucher mutuellement, homme et femme ; faire tête-bêche.

Minotauriser un homme. Le faire cocu, — allusion aux cornes du Minotaure de l’île de Crête.

Quand une femme est inconséquente, le mari doit être, selon moi, minotaurisé. H. de Balzac.

Mirliton. Un des nombreux synonymes des mots : vit, pine et con, — très usité dans les chansons et les poésies légères.

Je ne connais sur la terre
Que deux séduisants objets :
Ce vin qui remplit mon verre
Et d’un tendron jeune et frais,
      L’étroit mirliton, etc.


Le cynique Diogène
Blâmait toujours le plaisir,
Et lui-même, dans Athènes,
Il empoignait pour jouir
   Son vieux mirliton, etc.

J. Cabassol.

Vos mirlitons, mesdames, â présent,
Sont grands trois fois plus qu’ils ne devraient être.

Grécourt.

Mais où placer un Amphion
Qui n’a qu’un petit mirliton ?

(Chanson anonyme moderne.)

Miroir à putains. Beau garçon, souvent trop beau pour rien faire, dont toutes les filles raffolent et qu’elles payent l’une après l’autre — et même quelquefois ensemble.

Miroir aux alouettes. Pièce d’or que l’on fait briller dans un bal et sur laquelle les drôlesses tombent toutes rôties — par le désir.

Moineau. Le membre viril — que les femmes, ces charmants oiseleurs, prennent si facilement à la glu de leur con.

Ouvre… ouvre tes cuisses, prends mon moineau, mets-le en cage.La Popelinière.

Moineau de Lesbie (Le). Le membre viril — qui est le moineau affectionné de toutes les femmes, excepté des Lesbiennes.

Moitié. Épouse légitime, avec qui l’on ne fait qu’un, grâce au nœud qui sert de trait d’union.

Péters, dis-moi, par amitié,
Pourquoi que l’usage réclame
Qu’à Paris on nomme moitié
Ce qu’au village on nomme femme ?
— C’est que Paris est un pays
Où se prodiguent tant les dames,
Que là, les trois quarts des maris
N’ont que la moitié de leurs femmes.

(Ancien Vaudeville — des Variétés.)

Moniche (La) ou Monique. La motte, — avec toutes ses circonstances et dépendances.

Lorsque Vénus vint au monde,
Elle avait la motte blonde,
Les tétons bien relevés
Et les poils du cul frisés.
En voyant cette moniche,
Le grand Jupin s’écria :
Heureux celui qui se niche
Dans un con comm’ celui-là.

Anonyme.

Après cela, c’est son tour de fêter toutes ces petites moniches. (Aphrodites.)

Monsieur (Le). L’homme bienveillant qui honore de sa protection quelque jeune femme sans feu ni lieu, l’habille, la met dans ses meubles et oublie régulièrement un louis ou deux sur sa cheminée. C’est le miché cristallisé.

On ne peux pas parler à mademoiselle. Et le monsieur… n’y est pas ?Gavarni.

Mont de Vénus. La petite éminence placée à l’entrée du con de la femme, qu’on appelle vulgairement la motte.

Car il faut des oublis antiques
Et des pudeurs d’un temps châtré
Venger dans des strophes plastiques,
Grande Vénus, ton mont sacré !

Th. Gautier.

Monté (Être bien ou mal). Avoir un membre viril d’une belle longueur, ou d’une exiguité fâcheuse.

Elle en fut quitte pour faire élection des plus gros montés qui se pouvaient trouver.Brantôme.

C’est que t’as l’air d’en avoir pour deux… T’es bien monté… mâtin.Lemercier de Neuville.

Monter. Avoir un miché, et aller dans une chambre quelconque du bordel tirer un coup avec lui.

Rester ici au lieu d’aller au salon avec toutes ces dames…; toujours descendre et ne jamais monter.Lemercier de Neuville.

Monter la tête à un homme. Le faire bander par des polissonneries en paroles ou en actions.

Mais rien ne monte la tête,
Non, rien n’est plus polisson
Qu’une langue toujours prête
À vous lécher le bouton.

Lemercier de Neuville.

Monter le bourrichon (Se). Se monter la tête, ou plutôt l’imagination à propos d’une femme avec qui l’on désire coucher ou d’un homme que l’on se rêve pour amant. Se dit spécialement des filles qui ont des toquades pour tel ou tel homme, coiffeur ou poëte, peintre ou goujat, qui a un grand talent ou un gros paquet.

Conserve tes vers pour une autre Muse
Qui se montera mieux le bourrichon.

(Parnasse satyrique.)

Monter le coup (Se). Être crédule, s’imaginer que toutes les femmes sont vertueuses, ou que l’on peut les baiser sans les payer.

Si tu crois que je suis novice,
            Tu t’ mont’s le coup.

Lemercier de Neuville.

Monter le coup aux hommes. Leur promettre mille jouissances par des provocations de toilette, de regards, de paroles, d’attouchements — et se contenter de les faire jouir prosaïquement.

Et cette crinoline !… En voilà encore une invention qui nous aide à monter le coup aux hommes.Lemercier de Neuville.

Monter une femme. La baiser, — ce qui est une façon cavalière de s’exprimer. — La femme est une monture.

Pute ne tient conte
Qui sur son cul monte,
Toz li sont igual.

(Anciens Fabliaux.)

Le vin si fort le surmonta
Que sur ses deux filles monta.

(Recueil de poésies françaises.)

Disant qu’il ne voulait laisser si aisément une si belle monture, qu’il avait si curieusement élevée, que premièrement il n’eût monté dessus, et su ce qu’elle saurait faire à l’avenir.Brantôme.

Vous serez le premier qui monterez sur elle,
J’en jure par ma foi, c’est une demoiselle.

Théophile.

Mais ça était un pauvre monsieur que ce monsieur le Dauphin.Tallemant des Réaux.

Mais quand je fis de ma bourse ouverture,
Je ne vis onc plus paisible monture.

Cl. Marot.

Or allons donc, et je m’assure
Que vous trouverez la monture
Aussi gaillarde et bien en point.

J. Grevin.

Il n’y a vieille monture, si elle a le désir d’aller et veuille être piquée, qui ne trouve quelque chevaucheur malotru.Brantôme.

De qui les femmes aux courtisans
Servent bien souvent de montures.

(Recueil de poésies françaises.)

Notre rustre n’eut pas sur sa monture douce
            Fait trois voyages seulement,
            Qu’il sentit du soulagement.

La Fontaine.

Un aumônier n’est pas si difficile ;
Il va piquant sa monture indocile,
Sans s’informer si le jeune tendron
Sous son empire a du plaisir ou non.

Voltaire.

Monsieur, je vous entends bien ; vous voulez monter sur moi. Noël du Fail.

Montrer son degré de longitude. Sortir du pantalon son membre viril — de plus ou moins de longitude — et s’en servir pour mesurer la distance qu’il y a entre les deux méridiens, le méridien femme et le méridien homme, à la grande satisfaction de tous les deux.

Je vis après ce polisson
      En si fière attitude attitude
Qu’il m’enflamme en me montrent son
      Degré de longitude.

Collé.

Montrer sa boutique. Exhiber ses pièces sexuelles : montrer son cul à un homme ou son membre à une femme.

En tombant, elle a montré toute sa boutique.Dhautel.

Morceau (Beau ou vilain). Belle ou vilaine fille.

Nous allons voir si l’état d’miché vaut l’mien, et si je s’rai assez chançard pour tomber sur un bon morceau…Lemercier de Neuville

Morceau d’un homme (Le). Son membre viril — dont la femme est si friande.

Et quelle qu’en soit la longueur,
Aucune morceau ne lui fait peur.

(Chanson anonyme moderne.)

Morpion. Pou de corps, parasite de l’homme et de la femme, qui s’attache spécialement aux parties sexuelles — d’où il est difficile de le déloger, à moins d’employer l’onguent mercuriel ou l’essence de citron.

Cent mille poux de forte taille
Sur ta motte ont livré bataille
À nombre égal de morpions,
Portant écus et morions.

Th. Gautier.

Morsures. Marques rosées que les gens qui baisent se font mutuellement dans les spasmes de la jouissance.

Je suis, mon cher savant, si docte aux voluptés,
Lorsque j’étouffe un homme en mes bras veloutés,
Ou lorsque j’abandonne aux morsures mon buste.

Ch. Baudelaire.

Mort-dans-le-dos. Homme froid, mou, indolent, insensible et sans énergie : — incapable de bander, — dans l’argot du peuple, qui n’aime pas les lymphatiques. — Synonyme de Pisse-froid.

Morue. Femme de mauvaise vie, qu’on pourrait appeler — si l’ichtyologie ne s’y opposait pas formellement — la femelle du maquereau.

Vous voyez, Françoise, ce panier de fraises qu’on vous fait trois francs ; j’en offre un franc, moi, et la marchande m’appelle… — Oui, madame, elle vous appelle… morue !Gavarni.

Mots inconnus. La kyrielle de cris d’ardeur, de mats étouffés, mourants et sans suite que l’on prononce dans le paroxysme de la jouissance, tels que :

… Tout à toi !… à moi !… arrête… là !… ah !… plus vite… va donc !… ah! je sens… je fonds… arrête… je jouis !… oh !…

Qu’elle est superbe en son désordre,
Quand elle tombe les seins nus,
Qu’on la voit, béante, se tordre
Dans un baiser de rage, et mordre
En criant des mots inconnus.

A. de Musset.

Motte. Le Mont-Sacré, la petite éminence osseuse qui couronne la nature de la femme, et qui est quelquefois glabre, mais le plus souvent pubescente, c’est-à-dire, couverte de poils.

Et quand il trouve la chemise, il la lève et m’appuie la main sur la motte, qu’il pince et frise quelque temps avec les doigts.Mililot.

Le mécréant se reculotte
Et regagne ses bataillons ;
L’un va pleurer sur une motte,
Et l’autre hélas ! sur des couillons.

B. de Maurice.

Ces petits cons à grosse motte,
Sur qui le poil encor ne glotte,
Sont bien de plus friands boucons.

(Cabinet satyrique.)

Mais toutes ces beautés, mon Aline, croîs-moi,
Cèdent à la beauté de ta motte vermeille.

Théophile.

Moucher (et Se). Bander, baiser ou se branler — afin de décharger.

Le vieux maréchal de Villeroi ayant été envoyé à Lyon, en 1717, pour apaiser une sédition, ce ne furent pendant son séjour que réjouissances et fêtes continuelles. Une grande dame de Paris, ayant appris que les Lyonnaises s’empressaient fort d’écrire au maréchal, écrivit à l’une d’elles : « Mandez-moi donc à qui M. le maréchal a jeté le mouchoir. » La vieille madame de Breault, qui habitait Lyon, et qui avait été autrefois des amies de Villeroi, vit cette lettre et dit à celle qui la lui montrait : « Écrivez à votre amie qu’il y a longtemps que le maréchal ne se mouche plus. »P. Larousse.

Moucher la chandelle. Retirer son membre du vagin de la femme, au moment de l’éjaculation, afin que le suif qui en coule ne le brûle pas, et surtout n’y dépose pas de la semence d’enfants.

Comment, disait-il,
D’un mari, ma belle,
Malgré la chandelle
Tromper l’œil subtil ?
— Mouchez, disait-elle.

Victor Mabille.

Mou de veau. Gorge flasque, tombante.

L’autre dit que sa gorge était un mou de veau.

L. Protat.

Moudre. Faire l’acte vénérien.

Et moulait au moulin de la dame toujours très-bien, sans y faire couler l’eau.Brantôme.

Et en jouant et passant le temps ensemble commencèrent à moudre fort et ferme. P. de Larivey.

Mouiller. Faire l’acte vénérien, — au bout duquel les deux acteurs se sentent réciproquement inondés de sperme.

La nature entière se pâme
Sous un baiser mystérieux,

Et se mouille comme une femme,
Sous le vit du plus beau des dieux.

(Parnasse satyrique.)

Mouiller ses draps. Avoir des pollutions nocturnes ; jouir comme Ixion, d’une nuée qui a le con d’une femme ou la pine d’un homme.

Il n’est que toi, V**, ma toute belle,
Qui seule, hélas ! te chatouillant le sein,
Fais chaque nuit des rêves de pucelle,
Et sans plaisir mouilles ton traversin.

J. Duflot.

Mouiller une femme. Décharger à son profit la provision de sperme que l’on a dans les couilles.

Va… Va… Va… petit homme… Ah ! cela vient… Tu me mouilles… Ah !…H. Monnier.

Moule à merde. Le cul, — d’où la merde sort en effet moulée en corde à puits.

D’un moule à merde il fait un moule à pine
Et bat le beurre au milieu d’un étron.

(Chanson anonyme moderne.)

Moulin à merde. Se dit d’une vilaine bouche, — comme de la plus mignonne et la plus rose.

Si vous croyez baiser une belle petite bouche, avec des dents bien blanches, vous baisez un moulin à merde ; tous les mets les plus délicats : les biscuits, les pâtés, les tourtes, les farcis, les jambons, les perdrix, les faisans, le tout n’est que pour faire de la merde mâchée.(Lettre de la duchesse d’Orléans à l’Électrice de Hanôvre.)

Mourir. Arriver, par l’excès de la jouissance vénérienne, à un état de béatitude — ou plutôt d’hébêtement — qui vous enlève aux choses de la terre et vous transporte dans le monde inconnu où l’on ne pense plus, où l’on ne parle plus, où l’on ne remue plus, où l’on nage dans une atmosphère spermatisée.

Vous me voyez, tendre fougère,
Avec mon berger chaque jour
Mourir dans tes bras de l’Amour.

(Épigrammes.)

Laisse Roger baiser ta gorge ronde
Et Louis se mourir dans tes bras.

J. Duflot.

Munitions d’amour. Le fard, les pommades, etc. pour les femmes, et, pour les hommes, de bons vite bien bandants.

Il part : après un mois d’absence,
Il revient avec cent amis,
Jeunes, discrets et bien munis.

Parny.

Musardine. Drôlesse qui hante les Concerts-Musard, où le miché donne plus qu’ailleurs.

On dit une musardine, comme jadis on disait une lorette.Albéric Second.

Mystères. Se dit de toutes les choses de l’amour qui, devant être tenues secrètes, ne sont révélées que par les initiés, aux soupirants après l’initiation de ces choses.

Avec quels transports il me remerciait de l’avoir initié dans de si agréables mystères.(Mémoires de miss Fanny.)

Tout va bien mieux, comme m’ont assuré
Ceux que l’on tient savants en ce mystère.

La Fontaine.

          Quand sur le déclin du mystère
Le galant transporté du plaisir qu’il ressent.

Grécourt.

      Vous demeurez sans voix, sans mouvement,
Loin de me seconder dans l’amoureux mystère.

Piron.
Delvau - Dictionnaire érotique moderne, 2e édition, 1874-Vignette fin chapitre p-192.png