Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments/Gît-le-Cœur (rue)

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Gît-le-Cœur (rue).

Commence au quai des Grands-Augustins, nos 23 et 25 ; finit à la rue Saint-André-des-Arts, nos 36 et 38. Le dernier impair est 19 ; le dernier pair, 16. Sa longueur est de 112 m. — 11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

Des titres de Saint-Germain-des-Prés, du XIVe siècle, l’appellent rue Gilles-Queux, Gui-le-Queux. Le nom de queux signifiait en vieux langage cuisinier ; la charge de grand-queux était chez le roi une des premières de la couronne. Les Châtillon se sont fait honneur de la posséder. Un acte de 1397, cité par Sauval, lui donne le nom de Gui-le-Comte. Piganiol prétend que sa dénomination actuelle lui vient d’un descendant du fameux Jacques-Cœur. Cette assertion, qu’il n’appuie sur aucun acte, est réfutée par Jaillot. La dénomination actuelle n’est qu’une altération de Gilles-Queux. — Une décision ministérielle à la date du 23 frimaire an IX, signée Chaptal, a fixé la largeur de cette voie publique à 7 m. Les propriétés nos 6 et 8 ne sont pas soumises à retranchement. — Portion d’égout du côté du quai.

« Au bout de la rue Gilles-Cœur (dit Saint-Foix), dans l’angle qu’elle forme aujourd’hui avec la rue du Hurepoix (cette dernière n’existe plus), François Ier fit bâtir un petit palais (le palais d’Amour), qui communiquait à un hôtel habité par la duchesse d’Estampes, dans la rue de l’Hirondelle. Les peintures à fresque, les tableaux, les tapisseries, les salamandres (c’était le corps de la devise de François Ier) accompagnés d’emblèmes et de tendres et ingénieuses devises ; tout annonçait dans ce petit palais et cet hôtel le dieu et les plaisirs aux quels ils étaient consacrés. » — « De toutes ces devises (dit Sauval) que j’ai vues, il n’y a pas encore longtemps, je n’ai pu me ressouvenir que de celle-ci ; c’était un cœur enflammé, placé entre un alpha et un oméga, pour dire apparemment : Il brûlera toujours ! » — « Le cabinet de la duchesse d’Estampes (continue Saint-Foix) sert à présent d’écurie à une auberge qui a retenu le nom de la Salamandre. Un chapelier fait sa cuisine dans la chambre du lever de François Ier, et la femme d’un libraire était en couche dans son petit salon des délices, lorsque j’allai pour examiner les restes de ce palais. »