Dictionnaire analytique d’économie politique/O

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OFFRE. — Ce mot exprime la mise en vente des services et des choses qui sont dans le commerce. Isolée l’offre n’est rien, mais rapprochée de la demande elle joue un grand rôle en économie politique.

La demande et l’offre sont la mesure des salaires, des profits du capital, de la rente de la terre et de la valeur vénale des produits du travail. Selon que l’offre est supérieure à la demande, ou la demande à l’offre, la valeur vénale de tous les services, de tous les emplois et de tous les produits du travail est haute ou basse, et de leur hausse ou de leur baisse résulte l’état progressif, stationnaire ou rétrograde de la prospérité d’un pays.

Il semble que ce serait ici le cas de rechercher quelles sont tes causes de la supériorité de la demande sur l’offre, et vice versa ; mais il suffit de dire que ces causes sont de la même nature que celles qui produisent la richesse. Ce n’est donc que par l’ensemble de la science économique qu’on peut s’en former des notions exactes.


OR ET ARGENT. — Ce sont des métaux précieux ; mais leur prix, quelque grand qu’il soit, ne les met pas hors de la ligne des autres produits du travail. Comme eux ils sont soumis aux lois de la production, de la circulation, de l’échange et du marché, ou de l’offre et de la demande. Ils ne se distinguent que par la préférence qu’ils obtiennent sur tous les autres produits, préférence qui en a fait partout l’instrument des échanges. (Voyez Échanges et Monnaie.)

Tous les peuples ont toujours mis un si grand prix à l’or et à l’argent, qu’ils en ont prohibé l’exportation sous les peines les plus sévères ; mais cette prohibition a toujours été illusoire, comme toutes celles qui sont contraires aux intérêts des peuples, et ne sont déterminées que parle peu de lumières de l’administration publique. Aussi l’importation et l’exportation de l’or et de l’argent sont-elles partout aussi faciles que si leur circulation était licite. On en attribue la cause à leur grande valeur sous un petit volume, qui les soustrait à la surveillance des douanes.

Ce qu’il y a de certain, c’est que c’est à cette facilité de la circulation de l’or et de l’argent des pays où ils abondent, et où leur abondance est inutile, dans les pays où ils sont nécessaires, et où l’on a les moyens de les payer, que dérive la stabilité de leur valeur vénale ; ou du moins c’est ce qui fait que leur valeur varie moins que celle de tous les autres produits du travail, et que leur variation est généralement lente, graduelle et uniforme. On croit que depuis cinquante ans leur valeur baisse, et l’on se fonde sur la hausse du blé et des autres produits du travail.

Dans chaque pays l’or et l’argent se divisent en trois parties, qui ont chacune leur destination particulière.

L’une forme la monnaie de chaque pays.

L’autre est fabriquée pour l’ornement des individus, la décoration des habitations et les ustensiles du ménage »

La troisième reste en lingots, qu’on importe et exporte alternativement pour les besoins du commerce étranger. Ils sont la monnaie de la grande république commerciale, qui embrasse le monde dans ses spéculations.

On évalue la quantité moyenne de l’or et de l’argent importés en Espagne et en Portugal depuis le milieu, dix dix-septième siècle jusqu’en 1804 à 20,000,000 sterling, ou 525,000,000 de francs.

Cette grande importation annuelle de l’or et de l’argent a pour objet la fabrication de la monnaie, celle des bijoux et autres objets de luxe ; plie est surtout employée aux besoins du commerce général des peuples.

Leur rareté, ou plutôt leur insuffisance pour les besoins et les passions qu’ils excitent, règle leur valeur vénale.

Ce qui doit paraître étrange, c’est que l’on prétend que la valeur de l’or dépend de celle de l’argent ; tandis que celle de l’argent est indépendante de la valeur de l’or. Quelle en est la raison ? C’est que la quantité d’argent qu’on donne en échange d une quantité d’or règle sa valeur vénale ; tandis qu’on ne peut déterminer la valeur de l’argent par la quantité d’or qu’on donne en échange ; mais il me Semble que des quantités qui se mesurent les unes par les autres sont à la fois mesurées et mesures. On tomberait dans une grande erreur si l’on pensait que la monnaie est la mesure de la valeur des produits du travail, et qu’ils ne sont pas la mesure de sa valeur. Ce serait renverser une des bases fondamentales de l’économie politique.

Avant la découverte des mines de l’Amérique la proportion de l’or à l’argent était comme un est à dix ou douze, c’est-à-dire qu’on donnait dix à douze onces d’argent pour une once d’or ; mais on ne doit pas attribuer l’inégalité de leur proportion à celle de leur importation, puisqu’il est de fait que l’importation de l’argent à celle de l’or est de soixante à un. Pourquoi donc la proportion de leur valeur vénale n’est-elle à présent que de seize à un ? Différentes causes y concourent ; mais celle qui est prépondérante, c’est qu’on emploie plus d’argent que d’or, ce qui rétablit leurs rapports dans des proportions moins inégales.

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