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Dictionnaire de Trévoux/2e édition, 1721/A (lettre)

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Trevoux - Dictionnaire, 1704, T01, LA1.png
DICTIONNAIRE
UNIVERSEL,
CONTENANT TOUS LES MOTS
DE LA
LANGUE FRANCOISE,
DES SCIENCES ET DES ARTS,
Avec les Termes Latins qui peuvent y convenir.

A

Trevoux - Dictionnaire, 1704, T01, LA2.png
EST la première Lettre de l’Alphabet François. Elle répond entièrement à la Lettre A des Latins, qui est, comme Jules Scaliger l’a remarqué, le premier son articulé que la nature pousse, le premier cri des Enfans, & qui n’a point besoin d’autre mouvement que de celui d’ouvrir la bouche.

C’est inutilement que la plûpart des Grammairiens comparent la Lettre a des Latins & des François, avec l’aleph des Hébreux & l’eliph des Arabes ; parceque ces deux Lettres n’ont aucun rapport avec notre a, si ce n’est qu’elles sont les premières dans l’Alphabet Hébreu & dans celui des Arabes ; mais elles ne sont pas des voyelles comme dans la Langue Françoise. Quelques Auteurs disent que la lettre aleph n’est ni une consonne, ni une voyelle ; mais qu’elle répond à ce que les Grammairiens appellent esprit. Et c’est ce qui a fait dire à Vossius que chez les Hébreux l’aleph, le he, le heth, le hain, ne sont point proprement des Lettres, mais des esprits ; ensorte que l’aleph est ce qu’on nomme communément spiritus lenis, un esprit doux. Ils ajoutent que pour parler exactement, il faut dire que ce sont des Lettres qui servent d’aspiration, pneumatica littera, comme la Lettre H en notre Langue & dans la Latine ; que c’est de cette manière que S. Jérôme s’explique en parlant de ces quatre lettres, lorsqu’il est exact ; ce qu’il avoit sans doute appris des Juifs de Tibériade, qui avoient une connoissance parfaite de la Langue Hébraique ; mais ce sentiment, ou est faux, ou n’est qu’une question de nom. L’aleph Hébreu, l’eliph Arabe, & l’olaph Syriaque sont de vraies consonnes, aussi-bien que le he, le heth, le hain & toutes les Lettres aspirées. Voyez ce que nous dirons au mot Aspiration & au mot Esprit.

A se prononce du gozier, ce qui ne rend pas ce son désagréable, s’il n’y a de l’affectation. Covarruvias dit, que le premier son que l’homme fait entendre en naissant est le son de l’a  ; ensuite il distingue & dit, que les garçons font entendre le son de l’a & les filles le son de l’e, chaque sexe faisant entendre le son qu’à la première Lettre du nom des premières personnes de même sexe qu’il y a eu dans le monde.

Le son de l’a est ordinairement un son clair. Quelquefois il est obscur & long, & alors l’a pour l’ordinaire est marqué d’un accent circonflexe, comme âne ; l’a a encore le même son obscur, & est long devant un s qui ne se prononce pas, comme dans ces mots, blasme, asne, aspre  : il est vrai qu’aujourd’hui on ôte cette s ; & pour en marquer le retranchement, on met un accent circonflexe sur l’a, blame, âne, âpre.

Le son de l’a est un de ceux que les muets forment plus aisément, sur tout quand il est un peu nazal & obtus, comme an, parceque pour former ce son on n’a pas besoin des muscles & des autres organes de la bouche, qui manquent ordinairement aux muets ; mais de ceux de la gorge & du nez qu’ils ont.

A devant un e, avec lequel il fait une diphtongue, n’a point de son, & ne se fait point sentir, comme dans le mot Aeole, &c. Dans ces mots là on supprime l’a, & l’on écrit comme on prononce Eole, équateur, équinoxe, &c. Et non pas Aeole, aequinoxe, aequateur, &c.

A devant un i, ou devant un y, avec lequel il forme une diphtongue, a différens sons : quelquefois il se prononce comme un è ouvert, comme dans pain, &c. quelquefois comme un é fermé, comme dans pays, paysan  ; lisez & prononcez péis, péisan, &c. quelquefois comme un e muet, comme dans ces mots faisois, & les autres personnes du même tems, faisant, &c. Prononcez fesois, fesant.

A devant o & ne faisant qu’une même syllabe avec l’o & la consonne qui suit, conserve le son qui lui est propre, & absorbe celui de l’o ; exemple, faon, Laon, paon ; lisez & prononcez fan, Lan, pan ; la même chose arrive à l’e comme dans le mot Caen, ville de basse Normandie, que l’on prononce comme s’il étoit écrit Can.

A devant u se prononce comme un o, comme dans les mots Auteur, autorisé, authentique. Dans la dernière syllabe d’un mot cet au se prononce quelquefois comme un o long, à cause de l’s, ou de l’x qui suivent, comme dans animaux, chevaux : les autres consonnes ont le même effet, & allongent la prononciation d’au. Exemple, badaud, saut, &c.

A devant y a le meme son que devant i ; il faut seulement remarquer que l’on met aujourd’hui un i dans presque tous les mots où l’on mettoit autrefois un y, comme dans paier, païs, paisan, &c. Il y a quelques personnes qui se sont fait une règle de conserver l' y dans les mots où il est devant une voyelle, & où il tient lieu de deux ii voyelles, comme dans les mots payer, envoyer &c.

A devant les consonnes a toujours le même son qui est clair, si ce n'est devant un s qu'on ne prononce point ; car alors le son de l' a est obscur & long, & devant une m ou une n, devant lesquelles il a un son obtus & nazal, comme dans amphibologie, anse, enfant, &c.

A après les autres lettres, à la fin d'un mot, a toujours un son clair ; mais s'il est au milieu d'un mot sa prononciation changera, & le son qu'on lui donnera sera clair, ou obscur, ou obtus, bref ou long, selon les différentes consonnes qui le suivront, comme on vient de l'expliquer.

A s. m. C'est le nom de cette lettre, ou du caractère que nous appellons a. Un grand a, un petit a, un a bien formé. Ce nom est du genre masculin, comme celui de toutes les voyelles Françoises. Cette lettre sert de corps à un Rebus en cette manière : On range plusieurs A de suite jusqu'à un tombeau, & ces paroles font l'ame du Rebus, Amis jusqu'au tombeau.

Cette lettre A étoit aussi chez les Anciens une lettre numérale qui signifioit 500. comme on le voit dans Valerius Probus. Voyez sur ces prétendues lettres numérales ce qu'on en a remarqué sur la lettre e. Il y a des vers anciens rapportés par Baronius, qui marquent les lettres significatives des nombres, dont le premier est :

Possidet A numeros quingentos ordine recto

Quand on mettoit un titre ou une ligne droite au-dessus de l' A, il signifioit cinq mille. Les Romains l'appelloient lettre salutaire, parce qu'on s'en servoit pour déclarer innocent celui qui étoit accusé. A vouloit dire absolvo, je l'absous.

Cette lettre a diverses significations. Cependant il en faut éviter la rencontre trop fréquente dans une même période. Quelquefois cette répétition rend le discours rude & moins agréable.

C'est quelquefois un substantif masculin. Cet A est mal formé. On dit par une façon de parler proverbiale : il n'a pas fait une panse d' a, pour dire, il n'a pas formé une seule lettre, & figurément, il n'a fait quoi que ce soit. On dit aussi dans la conversation familière : Il ne sait ni A ni B, pour exprimer un ignorant.

Ci-dessous gît Mr l'Abbé,
Qui ne savoit ni A ni B. Ménag.

C'est aussi la troisième personne du verbe auxiliaire avoir. Il a fait de l'éclat mal-à-propos. L'imagination du Poëte n'a pu vous peindre si belle que vous êtes. Voit. La vérité, qui a des bornes, a dit pour vous tout ce que le mensonge, qui n'en connoît point, a inventé pour les autres. S. Evr. Dans cette signification l'on n'y met point d'accent, ni quand il est précédé de la particule y ; car alors il a la force du verbe substantif être. Il y a un Dieu. On ne lui donne pas non plus d'accent quand il est nom ; mais seulement quand il est préposition ou particule ; car alors on le marque d'un accent grave, à. Au moins ceux qui se piquent d'exactitude dans leur écriture en usent ainsi ; mais cette exactitude n'est plus maintenant d'un grand usage ; & l'on remarque que les Etrangers qui apprennent notre Langue par principes & par l'étude, sont plus exacts là-dessus que ceux qui ne la savent que par l'usage. Les Italiens sont plus exacts dans leur Langue à marquer les accens, que nous ne le sommes dans la nôtre. Ils font bien, parce que les accens marquent dans leur Langue une différente prononciation, au lieu que dans le François la prononciation d' a, quand il fait seul une diction, étant toujours parfaitement la même, il semble que nous ayions plus de droit de négliger les accens.

Cette lettre exprime presque tous les mouvemens de l'ame ; & pour rendre l'expression plus forte, on y ajoûte un h après, comme dans l'admiration : Ah le beau tableau ! Dans la joie : Ah quel plaisir ! Dans l'indignation : Ah le scélérat ! Dans la douleur : Ah la tête ! Quand on se sent affoiblir : Ah je me meurs ! Dans la contestation : Ah ! Monsieur, pour ce vers je vous demande grace. Boil. Dans l'étonnement : Ah perfide.

A étant une préposition est formé du Latin ad, & on l'écrivoit autrefois ainsi, ardent desir ad ce mon coeur allume. Cretin. qui l'avoit meu ad ce. Continuateur de Monstrelet.

A sert souvent à décliner les noms propres & en marque le datif. Ce Livre est à Pierre ; cet évantail est à Agnès. Presque tous ceux qui ont composé des Grammaires Françoises ont mis la lettre A au nombre des articles, quand elle est employée devant les noms propres pour en marquer le datif. Mais ces Grammairiens ne parlent pas exactement ; car on ne met point d'articles devant les noms propres. Quand donc la lettre A jointe à un nom est la marque du datif, c'est une simple particule ou pré-


position ; & lorsqu'on y ajoûte le ou la, ou la simple lettre l avec une contraction, c'est alors un article joint à cette particule, & qui est la même chose que ille & illa des Latins. Il en est de même de au & de aux, ou comme l'on écrivoit autrefois aulx. Notre Langue a changé la lettre l en u.

On doit raisonner de la même manière sur la particule de, qu'on appelle mal à propos l' article du génitif, car c'est une simple particule, & quand on y joint l'article on dit du, qui est le del des Italiens & des Espagnols. L'Auteur judicieux de la Grammaire raisonnée a fait cette distinction de simple particule & d'article, lorsqu'il dit, p. 48. On se sert d'une particule dans toutes les Langues vulgaires pour exprimer le génitif, comme est de dans la nôtre. Il ajoûte p. 49. en parlant du datif : Les Langues vulgaires marquent ce cas par une particule, comme est a en la nôtre. Au chap. 7. de la même Grammaire il a très-bien remarqué, que presque dans toutes les Langues on a inventé de certaines particules nommées articles, qui déterminent la signification des noms. Il dit de plus, parlant de l'article le, que le génitif & le datif se fait toujours au pluriel & souvent au singulier par une contraction des particules de & à, qui sont les marques de ces deux cas, avec le pluriel les, & avec le singulier le ; au pluriel on dit toujours au génitif des par contraction, pour de les ; des Rois, pour de les Rois ; au datif aux pour à les ; aux Rois, pour à les Rois. On se sert de la même contraction & du même changement d' l en u au génitif & au datif singulier, aux noms masculins qui commencent par une consonne ; car on dit du, pour de le ; du Roi, pour de le Roi ; au, pour à le ; au Roi, pour à le Roi. Dans tous les autres masculins qui commencent par une voyelle, & tous les féminins généralement, on laisse l'article comme il étoit au nominatif, & on ne fait qu'ajoûter de pour le génitif, & à pour le datif ; l'état, de l'état, a l'etat : la vertu, de la vertu, a la vertu, Gram. rais. pag. 53.

A quand il est préposition se met ou devant les noms, ou devant les verbes. Quand il est mis devant les noms, il sert à marquer 1°, La situation : à droit, à gauche, être bien à cheval. 2°, La posture & le geste : à genoux, à bras ouverts. 3°, La distance : à vingt lieues de là. 4°, La qualité : de l'or à tant de carats. 5°, Le prix : à dix écus. 6°, La quantité : l'eau est à la hauteur d'une toise. 7°, La manière : il est habillé à l'Espagnole. Il faut dire à coups de trait, à coups de canon ; & non pas à coups de traits, & à coups de canons. Menage. 8°, La fin : les fraudes à bonnes intentions ne manquent point d'approbateurs parmi les dévots. Port-R. 9°, Il se met après les noms qui signifient nécessité, utilité, difficulté, possibilité. Dans le Traité de l'Examen, votre but à été de prouver que l'examen de la Religion, tel que vos freres le veulent prendre sur eux, & tel qu'il seroit nécessaire par leurs principes, est impossible aux uns, difficile aux autres, inutile à tous, s'ils n'établissent une infaillibilité avec laquelle il ne sera plus besoin d'examen. Peliss.

A signifie, successivement : Pas à pas. Il se sent mourir peu à peu. Il signifie, avec : Je l'abandonne à regret. Les douleurs à grand bruit sont d'ordinaire suspectes d'affectation. M. Scud. Ce poste a été emporté à la pointe de l'épée. Peindre à l'huile.

A est plus élégant que par dans certaines phrases. Il ne faut point se laisser prendre a l'apparence, ni à l'éclat trompeur des grandeurs humaines. Flech. Ne vous laissez pas conduire à vos passions. A signifie, selon : A mon avis.

A, cette lettre s'emploie aussi fort souvent pour marquer ce que l'on possède. C'est un homme à carrosse, à équipage.

A, préposition, se met aussi devant l'infinitif des verbes ; en quoi la Langue Françoise diffère de la Latine, & ressemble à la Grecque, & aux Langues Orientales, ainsi que nous le montrerons au mot préposition.

A se met quelquefois absolument devant l'infinitif de quelques verbes, sans être précédé d'aucun nom qui soit ou exprimé, ou sousentendu, & alors il se peut résoudre par le gérondif. A voir ses airs dédaigneux ; A dire le vrai, cependant, l'opinion de Calvin ainsi adoucie, ne renferme pas moins une contradiction formelle. Peliss. A tout prendre l'assemblage de ses traits, qui sont beaux en détail, ne fait point une belle personne. Fonten. C'est comme si l'on disoit, en prenant tous ses traits ensemble. Passer tranquillement la nuit à bien dormir, & le jour à rien faire. Boil. Il y a aussi des occasions où il se peut résoudre par quand, ou lorsque. A ne prévoir rien on est surpris, & à prévoir trop on est misérable. S. Evr. A raconter ses maux souvent on les soulage. Corn. Il se met aussi devant l'infinitif de quelques verbes sans être précédé d'aucun nom exprimé ; il y est seulement sous-entendu : & en ce cas il se peut résoudre par le terme de quoi. Donnez-moi à manger. Servez-nous à dîner. A se met encore devant l'infinitif au lieu de pour. Je suis homme à ne contraindre personne. Mol. Il est d'humeur à se moquer de tout. A bien prendre la chose. A ne point mentir. Il a aussi la même signification de pour devant quelques substantifs, comme, Prendre Dieu à témoin, Prendre quelqu’un à partie.

A se met encore devant l’Infinitif des Verbes, avec un nom substantif, & signifie quelquefois ce que l’on doit observer. C’est une chose à taire : & quelquefois il désigne à quoi une chose est propre, ou à quoi elle est destinée : Bois à brûler : Cela est bon à manger.

A se met devant les noms, comme préposition, & signifie vers, ou du côté de. Je me tournai à trois ou quatre Chevaux-Legers. Bussy.

A est quelquefois préposition, mais rarement. Il est à la ville, aux champs. Cela est à la mode.

On dit aller à Rome, quand on fait le voyage de Rome. Mais quand on est à Rome, il faut dire aller dans Rome. Les Ambassadeurs vont dans Rome avec un grand équipage. Bouh. Quand il s’agit d’une simple demeure ou fixe, ou passagere, on dit à Paris : mais s’il s’agit d’autre chose, il vaut mieux dire dans Paris. Il s’est fait un meurtre dans Londres. On dit, aller à la Chine, aller au Japon, au Péloponèse, au Pérou, au Brésil, au Mexique, à la Caroline, & ainsi de la plupart des contrées de l’Amérique, contre la règle commune, qui veut qu’aux verbes de mouvement on mette en devant les noms de Province, ou de Royaume, qui sont le terme de mouvement, & à devant les noms de villes ou de petit lieu. Bouh. Cependant les François établis à la Chine & dans les Indes Orientales disent plus communément en Chine qu’à la Chine. Je n’ai pû trouver l’occasion de passer en Chine. Il y a quatre ans que je suis en Chine. Je ne prétends pas que cet usage doive prévaloir à celui qui est établi en France, de dire à la Chine, & non pas en Chine : j’avertis seulement d’un fait certain, sur lequel on fera telle réflexion qu’on jugera à propos. Quelques Grammairiens ont prétendu que A est le plus souvent adverbe, non seulement de temps & de lieu, comme, il vint à une heure imprévûe aborder à terre ; mais encore qu’il se joint à presque toutes les phrases adverbiales. Malheur à nous si nous consacrons ces victimes purifiées à la hâte, & sur le point de recevoir le coup mortel. Flech. Être à couvert, Vivre à discrétion, &c. Car si on y prend garde de près, disent ces Auteurs, la plupart des exemples qu’on donne de son usage pour marquer la préposition, se réduisent à l’article du datif. Mais ce sentiment est faux, & contraire à ce que l’on a établi ci-dessus touchant l’usage de l’a dans la déclinaison des noms. Dans tous les exemples qu’on vient de rapporter ici, il est vrai que la phrase entière est une phrase adverbiale, c’est-à-dire, une manière de parler, qui équivaut à un adverbe ; mais il n’est pas vrai que l’a qui en fait partie soit un adverbe : c’est une véritable préposition. La preuve en est claire, tout adverbe signifie quelque chose tout seul, par lui-même, & indépendamment de ce qui précède ou de ce qui suit, au lieu que dans ces phrases l’a ne signifie rien de lui-même, & s’il n’est joint à ce qui suit, comme toutes les autres prépositions.

A est souvent une particule indéclinable, ou préposition, qui sert à la composition de plusieurs mots, & qui augmente, diminue, ou change leur signification. Quand elle s’y joint, quelques Ecrivains redoublent la consonne ; comme Addonner, Affaire, Attrouper : d’autres retranchent cette seconde consonne comme étant inutile & superflue.

Il seroit difficile de déterminer tous les différens usages de la préposition ou de la particule à. On les remarquera dans la suite : il s’en présentera des exemples presqu’à toutes les pages.

A est la marque de la Monnoie de Paris. A est dans le Calendrier Romain la première des sept lettres qu’on nomme dominicales, comme elle étoit dans l’ancien Calendrier, avant l’établissement du Christianisme, la première des huit lettres nundinales. Un grand A au revers des Médailles est la marque de la Monnoie d’Argos.

L’A a servi à quelques devises. Un A avec ce mot Latin, Ordine potior ; c’est-à-dire, le premier en ordre pour marquer, dit l’Abbé Picinelli, que la Foi & le service de Dieu, qui s’est appellé Alpha & Omega, sont les choses du monde les plus précieuses, & qui doivent passer avant tout le reste. Un Italien, à la mort de sa femme, prit pour devise un A & un C, avec ces mots Neutra juvabitni l’un, ni l’autre ne servira ; peut-être, dit l’Abbé Ferro, dans son Théatre de Devises, pour marquer que la puissance humaine ne pouvoit rien là.