Dictionnaire de Trévoux/6e édition, 1771/BEGUIN

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Jésuites et imprimeurs de Trévoux
(Tome 1p. 836).
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BEGUIN. s. m. Coiffe de linge qu’on met aux enfans sous leur bonnet, & qu’on leur attache sous le menton, avec une petite bride. Lintea puerorum calantica.

On dit proverbialement que les ânes ont les oreilles bien longues, parce que leurs meres ne leur ont point mis de béguin.


Beguin. s. m. Nom de Secte. Beguinus. C’est un nom que l’on donna au XIVe siècle à des hérétiques nommés autrement Béguards. Voyez ce nom. Ils se disoient pauvres Freres du Tiers-Ordre de S. François, & furent aussi nommés Fratricelles. Cette secte étoit particulièrement répandue en Provence, dit l’Historien de cette Province. Ils disoient qu’il n’étoit point permis non-seulement aux particuliers, mais même aux communautés, de posséder des fonds, ni rien en proriété, & ils traitoient le Pape d’Antechrist, parce qu’il le permettoit à l’Odre de S. François. Le Pape condamna cette secte par une Bulle du mois de Décembre 1317, dans laquelle il l’appelle la secte des Frérots, Beguins, Begghards, & Bisoches. Voyez Frerot.

Quelques savans dérivent les noms de cette secte du Saxon, ou Anglo-Saxon, beggen, mendicare, mendier.

Le nom de Béguins & de Béguines, ou Béchins & Béchines, fut donné à Toulouse aux Religieux & aux Religieuses du Tiers-Ordre de S. François, à cause de leurs Fondateur nommé Béchin. P. Helyot, T. VIII, p. 222. Barthélemy Béchin étoit un des plus qualifiés de Toulouse qui leur donna sa maison de plaisance avec un grand clos proche les murs de cette ville, dans laquelle, par l’agrandissement qu’on y a fait, il se trouve maintenant enfermé, & est occupé par les Religieux du même Ordre de l’étroite Observance. Id. p. 223.