Dictionnaire de Trévoux/6e édition, 1771/BOUTURE

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Jésuites et imprimeurs de Trévoux
(Tome 2p. 31-32).
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BOUTURE. s. f. Terme d’Agriculture. Une branche de plante ligneuse que l’on coupe des deux côtés, & que l’on plante par un bout tout droit, ou en la pliant dans une terre assez humide, afin de lui faire pousser des racines. Talea, clavola, clavula.

☞ Plusieurs espèces de plantes reprennent de bouture. On ne sauroit trop multiplier les expériences sur les boutures. Cette façon de se procurer des plantes sans le secours des graines renferme trop d’avantages pour être négligée.

☞ Il ne faut pas confondre la bouture avec la marcotte. La bouture est une branche séparée du tronc, coupée par le bas en forme de coin, que l’on plante pour prendre racine. La marcotte est une branche tenant à l’arbre qui lui donne la vie, couchée en terre, & qu’on sévre quand elle a pris racine.

☞ Mariotte, en parlant des boutures, dit que la branche que l’on coupe par le bas en forme de coin, étant mise en terre, la moëlle qui est fort grosse dans les arbres qui reprennent de bouture, s’imbibe comme une éponge de l’humidité de la terre, & qu’elle la transmet aux petites fibres qui sont entre l’écorce & le bois ; d’où ensuite elle est poussée en partie vers le bas pour produire des racines, & en partie vers les nœuds qui sont exposés à l’air, pour enfler les boutons & produire les branches.

☞ M. Duhamel qui trouve cette explication bien vague, observe qu’il n’est pas certain qu’il soit important à la reprise des boutures que les arbres aient beaucoup de moëlle. Le saule, dit-il, l’if, le buis, l’oranger, &c. reprennent aisément de boutures, & cependant ces arbres ont peu de moëlle.

On appelle improprement boutures, certains rejettons enracinés qui naissent au pied de quelques arbres, comme autour des pruniers, pommiers, &c.

Bouture, chez les Orfèvres, est une eau préparée pour blanchir l’ouvrage, ou une lessive faite avec du sel de tartre pour blanchir l’argent. On l’appelle aussi boulure ; mais elle n’est plus guère en usage, à cause qu’on le blanchit au feu.

Dans les Monnoies on appelle bouture, une drogue composée de lie de vin séche émiée, de sel, &c. qui sert au blanchiment des espèces.