Dictionnaire de Trévoux/6e édition, 1771/BRACELET

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Jésuites et imprimeurs de Trévoux
(Tome 2p. 34-35).
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BRACELET. s. m. Ornement que les femmes portent au bras. Armilla, brachiale. Bracelet de ruban, de perles, de pierreries. Les Amans regardent comme une faveur d’avoir des bracelets des cheveux de leur Maîtresse. Anciennement à Rome les hommes portoient des bracelets aussi-bien que les femmes, & en ornoient leurs bras. Dac. On mettoit les bracelets sur divers endroits des habits, & on les plaçoit le plus ordinairement depuis le haut du bras jusques sur les doigts. Capitolin dit que Maximin avoit le pouce si gros, qu’il se servoit du bracelet de sa femme comme d’un anneau, qu’il portoit au doigt. La matière des bracelets étoit différente, comme elle l’est encore. La plus ordinaire étoit l’or. Les hommes & les femmes en portoient indifféremment, mais les filles n’en portoient jamais, qu’elles ne fussent accordées. Elles se seroient fait tort d’en porter auparavant. Thomas Bartholin a fait un Traité des bracelets des Anciens ; De armillis Veterum.

Ménage dérive ce mot de braciletum, diminutif de bracile, qu’il trouve écrit dès le temps de Justinien. Bracile, dans la vie de S. Germain qui est à la fin du VIIe siècle signifie Cingulum ; & quoique Bollandus, Act. Sanc. Febr. T. III. p. 266, croie que bracile ait signifié le lien dont on attachoir les braies, & qu’il soit formé de bracæ, ou bien qu’il fut pris pour la courroie dont on attachoit la chaussure ; il peut cependant, aussi-bien que le diminutif, avoit été ensuite appliqué à d’autres choses. Voy. encore sur ce mot Hafetnus, Disquisit. Monastic. L. V. Tract. IV. disq. 4.

Du Cange dérive ce mot de brachiala, qui étoit un ornement que les hommes, aussi-bien que les femmes, portoient au bout de leurs manches ; & dit que c’est, ce qu’en termes de Blason, on a appelé dextrochères. Tout ces mots viennent de brachium, le bras ; parce que c’est un ornement du bras. Les Grecs ont fait aussi Βραχιόνον, pour dire la même chose de Βραχίων, le bras.

Bracelet. Terme d’Anatomie. Ligament du poignet. Armilla. C’est ce ligament circulaire, qui embrasse, en formant un cercle dans la région du carpe, toute la multitude des tendons qui servent à la main. Comme il est assez facile de le diviser en plusieurs autres, il y a des Auteurs qui le distribuent en deux, l’un qui environne le dedans du carpe, qui est fort large, & qui rapproche tous les tendons des muscles fléchisseurs ; l’autre qui est placé sur la partie supérieure du carpe, & qu’on divise en six autres plus petits, attachés les uns aux autres, & entortillés autour des muscles extenseurs, sur lesquels ils sont arrangés, comme autant de bagues. Dict. de James.

Bracelet. C’est aussi un instrument de cuir rembourré d’étoffe, dont se servent les Doreurs sur métal, pour se couvrir le bras gauche au-dessus du poignet, pour éviter de se blesser, lorsque pour polir leurs ouvrages, ils s’appuient fortement sur l’étau. Cet instrument sert encore à plusieurs autres ouvriers.

Bracelet, se dit d’un instrument de fer maillé & hérissé de pointes, que des personnes mortifiées se mettent autour du bras.

On dit que les passemens sont mis en bracelet quand ils sont disposés en rond sur les manches. Les Pages de la grande Ecurie du Roi ont leurs passemens en bracelets : ceux de la petite Ecurie les ont en quille, ou en large.