Dictionnaire de l’économie politique/RICARDO (David)

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RICARDO (David). Un des Économistes anglais les plus célèbres de ce siècle, né à Londres en 1772, mort à Gatcom-Park, comté de Gloucester, le 11 septembre 1823. On dit sa famille originaire de Lisbonne ; ce qu’il y a de certain, c’est que le père de Ricardo, juif hollandais, était venu en Angleterre, où il acquit une position honorable par sa capacité et son intégrité, en même temps qu’il fit sa fortune dans les affaires de bourse et de finances. David Ricardo reçut une instruction commerciale dans une école de Hollande où il séjourna deux années, et, dès l’âge de quatorze ans, il fut placé dans le bureau de son père à Londres. Il montra de bonne heure, dans cette lutte avec les hasards de la vie financière, un jugement sain et froid, une sagacité perçante, une grande aptitude à calculer mentalement les avantages d’une opération, à débrouiller une affaire et à extraire une solution précise au milieu des détails les plus compliqués.

Le cours des affaires ne l’absorbait pas cependant d’une manière complète, et son esprit se préoccupait d’une part des questions sociales et économiques que soulevait la situation de l’Europe en général, de son pays en particulier, et aussi des questions religieuses. Sur ce dernier point, ses réflexions le déterminèrent à changer de religion, et à se faire anglican, malgré la désapprobation formelle de sa famille et de son père, envers lequel il n’oublia cependant jamais ses devoirs de fils respectueux. Cet événement rendit une séparation inévitable, et le jeune David Ricardo dut songer à travailler tout seul à sa fortune. Mais comme il avait déjà donné des preuves de sa remarquable aptitude en affaires, l’appui, les ressources, les encouragements ne lui manquèrent pas ; et il put prendre part à des opérations très lucratives.

À vingt-cinq ans, il était déjà riche, et avait épousé miss Wilkinson. Fixé sur son sort et n’étant plus absorbé par les soucis de sa fortune, il fit, comme Lavoisier, deux parts de son temps : une pour les affaires, l’autre pour les études scientifiques, vers lesquelles l’attirait depuis longtemps un penchant inné. Il reprit l’étude des mathématiques et des sciences naturelles, et il se livra surtout aux recherches de la chimie. Il fut un des premiers à installer des becs de gaz dans une de ses habitations. Il avait en même temps une grande joie à lire les chefs-d’œuvre de la littérature, et Fonteyraud[1] a entendu raconter dans sa famille qu’il se plongeait avec des ravissements infinis dans la lecture de Shakespeare. Mais il ne tarda pas à être plus fortement attiré vers l’Économie politique, lorsqu’il eut, a-t-il raconté lui-même, lu l’immortel ouvrage d’Adam Smith, avec lequel il fît une première connaissance en 1799, à Bath, où il avait accompagné madame Ricardo, dont la santé s’était altérée. C’est ainsi que, par la nature de sa profession et par le penchant de son esprit, il se prépara théoriquement et pratiquement aux luttes financières et économiques dans lesquelles il joua un si grand rôle pendant les dernières années de sa vie.

Ricardo débuta comme écrivain et comme Économiste en 1810, à l’âge de 38 ans, par la publication de son écrit intitulé : Le haut prix du lingot (bullion), preuve de la dépréciation des billets de banque. Cette brochure fit une grande sensation, parce qu’elle révélait la véritable cause de la baisse du change anglais et de la dépréciation des billets de banque. Ricardo démontrait que ce n’était point à l’état de guerre qu’il fallait attribuer, comme on le supposait assez généralement, le renchérissement qu’avaient éprouvé toutes les marchandises, mais plutôt à la dépréciation du papier-monnaie. Le ministère ne voulut pas croire à cette dépréciation. Un bullion committee fut nommé au parlement, et M. Horner, qui fit le rapport, convint que la démonstration de Ricardo était sans réplique, et il prouva par le change de Hambourg que le papier perdait 25 pour 100 sur les espèces. C’était aussi l’opinion de Huskisson, Canning, Henri Thornton ; mais la majorité de la chambre des communes n’en fit pas moins, sur la proposition de M. Vansitart, chancelier de l’échiquier, cette singulière déclaration, que le papier n’avait subi aucune dépréciation ! À la tête des adversaires qui combattirent les idées et les mesures contenues dans le traité de Ricardo et le rapport du comité de la chambre des communes, se trouva M. Bosanquet. Celui-ci soutint son opinion dans une brochure qui provoqua une réplique de Ricardo, dans le cours de cette même année de 1811.

La publication suivante de Ricardo est de 1815, à l’époque où se discutait ce fameux bill relatif à l’exportation des blés étrangers, modifié tant de fois depuis, et finalement retiré, sur la proposition de Robert Peel et par les efforts de la ligne du free-trade. Ricardo y soutenait les principes de la liberté commerciale, et y préludait à la théorie de la rente, à laquelle il a attaché son nom. L’an d’après, il publiait un autre tract sur la circulation monétaire, et proposait, pour maintenir le papier au niveau de l’or et le rendre inconversible, de faire échanger les billets de banque contre des lingots du poids et du titre étalonnés.

Ricardo quitta les affaires peu de temps après la paix de 1815, et il se mit à l’étude avec une nouvelle ardeur. En 1816, il coordonna toutes ses idées économiques et financières dans ses Principes de l’ Économie politique et de l’impôt. Il est à remarquer que, dans la préface de ce livre, il est loin de revendiquer comme sienne la théorie de la rente. « En 1815, dit-il, la véritable doctrine, de la rente fut publiée à la fois par M. Malthus, dans un écrit intitulé : Recherches sur la nature et les progrès de la rente, et par un membre de l’université d’Oxford (le docteur West), dans un Essai sur l’emploi du capital en agriculture. Sans une connaissance profonde de cette doctrine, il est impossible de concevoir les effets des impôts sur les différentes classes de la société, surtout lorsque les choses imposées sont des produits immédiats de la terre. Adam Smith et les autres écrivains distingués dont j’ai fait mention, n’ayant pas envisagé avec justesse le principe de la rente, ont, ce me semble, négligé beaucoup de vérités importantes dont on ne peut acquérir la connaissance qu’après avoir approfondi la nature de la rente. » M. Mac Culloch[2] a ensuite vu que l’idée première de cette théorie se retrouvait déjà dans un écrit antérieur de quarante ans, publié en 1777, par un cultivateur anglais, le docteur James Anderson[3], qui semble avoir échappé à Adam Smith, et qu’ignoraient sans doute Malthus, West et Ricardo. Quoi qu’il en soit, nous sommes pour notre compte disposé, d’accord avec MM. Mac Culloch, Senior, Rossi, etc., à attribuer à Ricardo l’honneur de la démonstration complète de cette théorie, entrevue par Adam Smith, traitée en partie par James Anderson en 1777, traitée de nouveau, et d’une manière plus complète, en 1815, dans deux écrits simultanés de Malthus et de West, et finalement exposée avec une merveilleuse clarté par Rossi dans son Cours d’Économie politique en 1841. Ce n’est pas ici le lieu d’exposer cette manière de voir et celles qu’on lui a opposées ; et nous renvoyons à l’article Rente, de M. Passy, et aussi au livre de Rossi, que nous venons de citer. Ajoutons, au sujet des Principes de Ricardo, qu’outre l’impôt et la rente foncière, il traite aussi spécialement des profits et des salaires[4]. (Voyez Salaires.)

Grâce à ces remarquables publications, à son habileté en affaires et à une grande fortune, qu’on portait au chiffre de 12 millions, grâce aussi à l’indépendance de son esprit et de son caractère, Ricardo occupait une importante position dans son pays. En 1819, il fut nommé membre du parlement par les électeurs de Portarlington. Deux de ses lettres témoignent de l’extrême défiance qu’il avait de ses propres forces. « Vous avez vu, écrivait-il le 7 avril 1819 à un de ses amis, que je siège à la chambre des communes. Je crains de n’y être pas fort utile. J’ai essayé deux fois de parler, mais je l’ai fait de la manière la plus embarrassée, et je n’ai guère l’espoir de vaincre l’épouvante qui me saisit dès que j’entends ma voix. » « Je vous remercie, disait-il dans une autre lettre, en date du 22 juin 1819, des efforts que vous faites pour m’inspirer un peu de courage. L’indulgence de la chambre a diminué pour moi la difficulté de parler, mais je vois encore tant d’obstacles et de si terribles, que je crains bien que ce ne soit sagesse de ma part de m’en tenir à des votes silencieux. » Tout prouve qu’il fut alors trop sévère envers lui-même. Voici comment s’exprime lord Brougham[5] à cet égard : « La parole de Ricardo avait un remarquable cachet de distinction : le style en était clair, simple, correct, la trame fortement tissue et enrichie de faits et de documents précieux. Il s’abstenait dans les questions qui n’avaient pas été l’objet de ses longues méditations, et, lorsqu’il parlait sur des événements et des lois intéressant l’Église ou la politique générale, il semblait obéir à un devoir de conscience et à la franchise invétérée de son esprit. Aussi peu d’hommes ont exercé sur le parlement une action plus réelle ; peu d’hommes ont commandé aussi vivement l’attention, et comme il n’avait pour captiver les auditeurs ni entraînantes inspirations, ni gracieux propos, on peut considérer cette influence comme le triomphe de la raison, de l’intégrité, du talent. » Au reste, il commanda le respect de tous les partis, même du parti ministériel, qu’il combattit presque constamment ; mais il ne voulut subir le joug d’aucune coterie, votant avec l’opposition, avec les radicaux, avec le cabinet, par raison et non par tactique ou ambition. Bien qu’il dût une partie de sa fortune à la négociation des emprunts publics, il combattit plus d’une fois à la tribune cette ruineuse pratique des gouvernements en général et du gouvernement anglais d’alors en particulier.

Tel fut l’homme politique. Le savant n’avait ni moins de calme, ni moins d’indépendance. Pendant vingt ans il discuta avec Malthus, avec Mill, avec J.-B. Say, sans que l’antagonisme des idées altérât l’amitié qui existait entre ses illustres contradicteurs et lui. Dans la vie privée, Ricardo avait un caractère à la fois ferme, doux, simple et aimable ; c’était un père plein d’indulgence, un mari plein de bonté, un ami dévoué. Il aimait surtout à réunir autour de lui des hommes de talent et à causer librement de toutes choses, et principalement de celles qui se rattachaient à sa science favorite. On a conservé de lui le plus agréable souvenir au club d’Économie politique de Londres, dont il fut un des fondateurs (voyez Économie politique (Société d’), et à Paris, dans le cercle que réunissaient une fois par semaine J.-B. Say et son aimable compagne. On dit aussi que sa générosité marchait de pair avec son talent : presque toutes les institutions charitables de Londres le comptaient au nombre de leurs protecteurs, et il soutenait à ses frais un hospice et deux écoles dans le voisinage de sa résidence dans le comté de Gloucester. James Mill a dit de lui : « Son histoire offre un exemple bien encourageant ; il avait tout à faire, et il remplit sa tâche. Que la jeune âme qui s’élance par le désir au-dessus de la sphère où elle a été placée ne désespère pas, au spectacle de sa belle carrière, d’atteindre aux rangs les plus élevés dans la science, dans la politique. Ricardo avait à faire sa fortune, à former son esprit et même à commencer son éducation, sans autre guide que sa sagacité pénétrante, sans autre encouragement que son énergique volonté, et c’est ainsi que ; tout en se créant une immense fortune, il étendit son jugement et doua sa pensée d’une force qui n’a jamais été dépassée. »

Sans être robuste, Ricardo était doué d’une constitution qui semblait lui promettre une plus longue carrière. Mais il avait depuis quelques années une douleur d’oreille à laquelle il n’avait pas fait grande attention, et qui prit un caractère très alarmant, en septembre 1823, après la clôture de la session, lorsqu’il était de retour dans sa résidence de Gatcom-Park. La rupture d’un abcès amena d’abord un soulagement, mais l’inflammation recommença, le cerveau fut pris, et il mourut le 11 septembre[6], après une cruelle agonie de deux jours. Il n’avait que 51 ans.

Joseph Garnier.


The high price bullion a proof of the depreciation of banknotes — (Le haut prix des lingots est la preuve de la dépréciation des billets de banque. 1re édition, Londres, 1810 ; 4e édition en 1811.

A eu cinq éditions. Traduit en français par Alc. Fonteyraud, dans la Collection des Princip. Économistes (Tome XIII, Œuvres complètes de D. Ricardo. Paris, Guillaumin, 1847, vol. gr. in-8.), sur la quatrième édition (voyez Mac Culloch, Lit. of polit. Econ.), corrigée et augmentée d’un appendice contenant des observations relatives à quelques passages d’un article de la Revue d’Édimbourg, sur la dépréciation de la circulation en papier, ainsi que des propositions tendant à assurer au public une circulation aussi invariable que l’or avec un contingent très modéré de ce métal. — Forme 57 pages de ce volume. La fin de ce petit traité renferme des observations ingénieuses sur quelques-uns des points les plus délicats de la théorie du change, et on y trouve déjà l’idée de faire échanger les billets de banque contre des lingots d’or. (Voyez ci-dessous.)

Reply to Mr. Bosanquet’s practical observations on the report of the bullion committee. — (Réponse aux observations pratiques… de M. Bosanquet, sur le rapport de la commission des métaux précieux). Londres, 1811, in-8 de 141 pages.

Traduit aussi par Fonteyraud pour le même recueil, dans lequel il tient 80 pages. Cet écrit est divisé en neuf chapitres, plus un appendice. Ricardo y passe en revue des objections tirées du change de Londres avec diverses places, de la circulation monétaire du globe, de la hausse du prix de l’or sur le continent, de la théorie de Locke sur la refonte de 1696, du cours forcé des billets de la Banque, de la circulation des banques réglée par celle de Londres, de l’influence de l’excès de circulation sur le renchérissement des prix, des inconvénients de la reprise des payements en espèces.

An essay on the influence of a Low price of corn on the profits of stock, with remarks of Mr. Malthus on last two publications. — (Essai sur l’influence du bas prix des blés sur les profits du capital, avec des remarques sur les deux dernières publications de M. Malthus (ayant pour titres : Recherches sur la nature et les progrès de la rente, et Bases d’une opinion sur la législation restrictive dirigée contre l’importation des blés étrangers). Londres, 1815, in-8 de 60 pages.

Traduit aussi par Fonteyraud pour le même recueil, dans lequel il tient 27 pages.

« … L’examen de ces données et de celles qui régissent les profits du capital m’a conduit à approuver un système de législation qui n’opposerait aucun obstacle à l’importation du blé. La pensée générale qui domine dans toutes les publications de M. Malthus m’assure qu’il partage cette opinion quant à ce qui est relatif à la question de profit et de richesse ; mais il a cru qu’il y avait danger, et danger redoutable à faire dépendre des approvisionnements étrangers une portion considérable de nos subsistances, et, en masse, il a jugé prudent de restreindre les importations. Éloigne de toutes ces craintes et plus porte peut-être à apprécier hautement l’avantage du prix des blés, je suis arrivé à des conclusions différentes. J’ai essayé de répondre à quelques-unes des objections présentées dans son dernier ouvrage : Bases d’une opinion… Elles m’ont paru indépendantes du danger politique qu’il redoute, et inconciliables avec les doctrines générales de liberté commerciale que ses écrits ont si puissamment contribué à faire triompher. »

(D. Ricardo. Introduction.)

Proposais for an economical and secure currency, with observations on the profits of the bank of England. — (Propositions tendant à l’établissement d’une circulation monétaire économique et sûre, suivies d’observations sur les profits de la banque d’Angleterre). Londres, 1816, brochure in-8 de 128 pages, 1818.

Traduit par Fonteyraud pour le même recueil, où il tient 67 pages. Cet écrit est divisé en sept chapitres, suivis d’un appendice contenant : le tableau des allocations annuelles payées de 1797 à 1845 par l’administration des dettes de l’Angleterre, de l’Irlande, de l’Allemagne et du Portugal ; le tableau des sommes payées par la banque pour le recouvrement des souscriptions des emprunts publics ; le montant de la dette non rachetée de la Grande-Bretagne et de l’Irlande ; les moyennes de la circulation des billets de banque ; un aperçu des profits de la banque d’Angleterre pour l’envoi commençant le 5 janvier 1797 ; des conclusions proposées par M. Grenfell et par M. Mallish, relativement à la banque d’Angleterre. Ricardo concluait à une circulation en billets de banque échangeables contre des lingots.

The principles of political economy and taxation. — (Les principes de l’Économie politique et de l’impôt). 1re édition, Londres, 1847, 1 vol. in-8 ; 3e édition, Londres, 1821, 1 vol. in-8. Traduit en français sur la 1re édition par F. S. Consiancio, avec notes explicatives, par J.-B. Say. Paris, Aillaud, 1818, 2 vol. in-8.

Cette traduction, revue par Fonteyraud sur la 3e édition datée par l’auteur du 26 mars 1821, a été reproduite dans les Œuvres de D. Ricardo, formant le tome XIII de la Collection des Principaux Économistes. Paris, Guillaumin, 1847, 1 vol. grand in-8. — Dans cette édition Ricardo s’était efforcé d’élucider davantage la notion de valeur et le rapport de l’impôt avec la production du blé indigène et le commerce d’exportation ; il a discuté les opinions et les notes de J.-B. say ; il a ajouté un chapitre sur les machines. Les XXII chapitres des Principes sont successivement consacrés à la valeur, à la rente de la terre, au profit foncier des mines, au prix, aux salaires, aux profits, au commerce intérieur ; à l’impôt en général et sur les produits naturels, les rentes, la dîme, la terre, l’or, les maisons, les profits, les salaires, les produits non agricoles ; à la taxe des pauvres, aux changements soudains dans les voies du commerce, aux propriétés distinctives de la valeur et des richesses, aux effets des accumulations sur les profits et les intérêts des capitaux, aux primes à l’exportation et aux prohibitions à l’importation, aux primes accordées à la production ; à la doctrine d’Ad. Smith sur la rente de la terre, au commerce colonial, au revenu brut et au revenu net, à la monnaie et aux banques ; à la valeur comparative de l’or, du blé et du travail ; aux impôts payés par les producteurs ; à l’influence de l’offre et de la demande sur les prix ; aux machines, à l’opinion de Malthus sur la rente.

On protection to the agriculture. — (De la protection accordée à l’agriculture). Londres, 1822, in-8 de 95 pages.

« Ricardo combattait de nouveau dans cette brochure (traduite par Fonteyraud pour la Collection ci-dessus indiquée, et dans laquelle elle forme 48 p.) la doctrine protectionniste, et accusait la législation existante de la crise agricole qui pesait sur l’Angleterre au moment où il écrivait. Il établit que le système restrictif dirigé contre les blés étrangers exposait le fermier anglais à de continuelles vicissitudes, et élevait le prix des blés nationaux au-dessus du prix des marchés extérieurs. Il parle aussi dans cet écrit, partagé en neuf chapitres, des principes qui régissent le prix rémunérateur, l’impôt, la circulation monétaire.

« C’est la meilleure des brochures de Ricardo, et bien certainement un chef-d’œuvre. »

(Mac Culloch, Litterature of polit, economy.)

Plan pour l’établissement d’une banque nationale.

Cet écrit, traduit aussi par Fonteyraud pour la Collection ci-dessus indiquée, a été trouvé dans ses papiers. Ses amis l’ont fait imprimer après sa mort.

Essai on funding system. — (Essai sur le système des dettes consolidées et sur l’amortissement).

Étude traduite par Fonteyraud pour la Collection ci-dessus indiquée, et insérée dans le supplément de l’Encyclopædia britannica.

Œuvres complètes de D. Ricardo, traduites en français par MM. Constancio et Alc. Fonteyraud, augmentées des notes de J.-B. Say, et de nouvelles notes et de commentaires par Malthus, Sismondi, MM. Rossi, Blanqui, etc., et précédées d’une notice biographique sur la vie et les écrits de l’auteur, par M. Alcide Fonteyraud. Paris, Guillaumin, 1847, grand in-8 de XLVIII et 752 pages, formant le XIIIe volume de la Collection des Principaux Économistes.

Œuvres diverses. Recueil des brochures de Ricardo, formant la seconde partie du volume ci-dessus. On a trouvé, parmi les papiers de Ricardo, diverses notes relatives notamment à des théories émises par Malthus ; mais on ne les a jugées ni assez importantes, ni assez complètes pour les publier.

Cinq Lettres de Ricardo à J.-B. Say ont été publiées par Charles Comte dans les Mélanges de J.-B. Say. Paris, Chamerot, 1844.

Il a été parlé de la vie de Ricardo dans l’Annual obituary de 1823 ; dans le Scotsman, par M. Mac Culloch ; dans le Penny Cyclopedia (article attribué à M. Porter) ; dans la Galerie des hommes marquants du règne de George III, par lord Brougham ; dans une notice de M. Constancio, précédant sa traduction, dans la Biographie universelle, par M. Dezos de la Roquette, etc. ; dans l’introduction de Fonteyraud à la traduction de ses Œuvres complètes ; dans ces divers écrits, il a été donné peu de détails biographiques sur Ricardo, dont la vie a d’ailleurs été peu accidentée.

Jph G.


  1. Notice dans le tome XIII de la Collection des principaux Économistes.
  2. Principles of Political Economy. Londres, 1843, 3e édition, grand in-8, p. 439.
  3. An inquiry into the corn-laws… (Recherches sur les lois céréales). On cite du même des Récréations d’agriculture, d’histoire naturelle, d’arts, etc., 1797, dans lesquelles il a continué à développer ses idées.
  4. Ricardo a été l’objet de jugements fort différents : les uns, et Rossi et M. J. S. Mill sont de ce nombre, en font le premier Économiste, après Adam Smith ; les autres le mettent dans un rang secondaire. La vérité est probablement entre ces deux extrêmes. Comme penseur, Ricardo nous paraît être supérieur, original et profond ; comme écrivain, il obscurcit quelquefois sa pensée dans des formules abstraites dont la rigueur n’est qu’apparente, sans que pour cela nous voulions dire qu’il est dans l’erreur quand il est obscur. Il emploie de courtes phrases énonçant des propositions amenées par des hypothèses et suivies d’explications. Il a souvent suffi d’isoler ces phrases pour tronquer sa pensée. — Sa théorie de la rente a été récemment attaquée par MM. Carey et Bastiat. Elle a été discutée à la Société d’Économie politique et dans le Journal des Économistes. Voyez les numéros de ce recueil, années 1851 et 1852.
  5. Galerie des hommes marquants du règne de George III.
  6. Date citée par MM. Mac Culloch et Fonteyraud. La Biographie universelle dit le 11 août de la même année : MM. Mac Culloch et Fonteyraud ont dû être mieux renseignés.