Dictionnaire de l’administration française/ACADÉMIE DE MÉDECINE

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ACADÉMIE DE MÉDECINE. 1. La création de cette académie remonte au 28 décembre 1820.

La mission qui lui est confiée se divise en trois parties : 1° répondre aux demandes du Gouvernement sur tout ce qui intéresse la santé publique ; 2° continuer les travaux de la société royale de médecine et de l’académie royale de chirurgie ; 3° s’occuper de tous les objets d’étude et de recherche qui peuvent contribuer aux progrès des différentes branches de l’art de guérir.

2. Ces attributions déjà si étendues, le préambule placé en tête de l’ordonnance du 28 décembre 1820 les élève et les agrandit encore par l’importance du but qu’il assigne à l’institution nouvelle : dans la pensée du Gouvernement, les travaux de l’académie doivent contribuer à perfectionner l’enseignement de l’art de guérir et à faire cesser les abus qui ont pu s’introduire dans l’exercice de ses différentes branches, et pour lui rendre cette tâche plus facile, le Gouvernement la prend sous sa protection particulière.

3. Composée de médecins, de chirurgiens, de pharmaciens et de vétérinaires, l’académie de médecine représente l’unité de doctrine ; elle est la transition et le lien entre la science d’autrefois et la science d’aujourd’hui ; elle est la légataire universelle des corps savants que la Révolution a détruits. « Nous nous sommes rappelé, disait son fondateur, les services éminents qu’ont rendus, sous le règne de nos prédécesseurs, la société royale de médecine et l’académie royale de chirurgie ; et nous avons voulu en faire revivre le souvenir et l’utilité, en rétablissant ces compagnies célèbres sous une forme plus appropriée à l’état actuel de l’enseignement et des lumières. »

4. Formée dans l’origine des chirurgiens du collége de Saint-Côme, l’académie royale de chirurgie avait été définitivement constituée en 1731 ; quelques années plus tard, en raison de ses utiles services, elle obtenait une déclaration qui séparait entièrement l’exercice de la barberie du corps des chirurgiens.

5. L’académie royale de chirurgie était divisée en trois classes : les conseillers, au nombre de 40 ; les adjoints, au nombre de 20 ; et tous les maîtres en chirurgie de Paris, désignés sous le nom d’académiciens libres.

6. Lapeyronie, par son testament, avait pourvu à toutes ses dépenses ; grâce aux legs qu’il avait fondés, chaque conseiller touchait un jeton d’argent ; le secrétaire perpétuel avait un traitement de 3,000 livres.

7. Le nom de Vicq d’Azyr est intimement lié à la fondation de la société royale de médecine. Savant anatomiste et habile médecin tout ensemble et à ce double titre désigné au choix de Turgot par l’académie des sciences, Vicq d’Azyr est envoyé, à 26 ans, dans les provinces du Midi pour observer et combattre une épizootie qui les ravageait. À son retour, le Gouvernement sentant la nécessité de maintenir les correspondances établies par le jeune savant, de centraliser et de comparer les informations demandées aux médecins des provinces, forme, sous le titre de Société de correspondance royale de médecine, au conseil de huit médecins, ayant dans ses attributions tout ce qui a rapport aux maladies épizootiques et épidémiques.

8. Là est le germe de la société royale de médecine, définitivement constituée en 1776, par lettres patentes du mois d’août, malgré la violente opposition de la faculté de médecine.

La société royale était présidée par le premier médecin du Roi. elle comptait trente associés ordinaires, tous docteurs en médecine résidant à Paris, et réunissait, à l’étude des questions se rattachant aux épizooties et aux épidémies, la surveillance des eaux minérales et l’examen de remèdes prétendus spécifiques, de quelque nature qu’ils fussent. La société royale de médecine et l’académie royale de chirurgie furent supprimées par un décret de la Convention en date du 6 août 1793.

9. L’ordonnance de décembre 1820, en établissant une seule académie, la divisait en trois sections, médecine, chirurgie et pharmacie.

Le nombre des membres honoraires et titulaires s’élevait à 70 ; celui des associés libres, ordinaires ou étrangers ; à 60, puis on nomma des adjoints.

Les questions d’administration intérieure étaient réglées par l’académie elle-même, en séance générale.

10. Les bases de l’organisation actuelle ont été posées en 1829.

L’académie est divisée en onze classes ou sections[1] : elle ne peut plus se réunir qu’en corps et ses séances sont uniquement consacrées à la science et à l’administration.

Le chiffre normal des membres résidents est réduit à cent[2] ; l’académie se compose, en outre, d’associés libres, régnicoles et étrangers ; elle a enfin des correspondants nationaux et étrangers en nombre limité.

Le titre de membre honoraire est supprimé.

Les places sont données à l’élection, sur présentation de candidats par la classe ou section à laquelle appartient la place vacante. La nomination n’est définitive qu’après approbation du Gouvernement.

Les membres correspondants sont nommés directement par l’académie.

Le président est élu chaque année.

La gestion des affaires de l’académie est exclusivement confiée à un conseil d’administration dont fait de droit partie le doyen de la faculté de médecine.

11. L’académie possède une bibliothèque assez riche en collections de journaux, en livres de sciences afférents à la médecine et surtout à l’histoire de cette science. On y trouve aussi les procès-verbaux, archives et mémoires de la société royale de médecine et de l’académie de chirurgie ; elle publie chaque année le bulletin de ses séances et un volume de mémoires.

12. L’académie de médecine est placée dans les attributions du ministère de l’instruction publique elle reçoit, sur le budget de ce département, une subvention annuelle d’environ 75,000 (autrefois de 50,000) fr.

13. Au point de vue administratif, l’académie de médecine a une très-haute importance, et son concours est demandé dans un grand nombre d’affaires. En cas d’épidémie, elle conseille les mesures à prendre, donne des instructions aux médecins d’épidémie établis dans chaque arrondissement, arrête la forme des rapports que ces médecins doivent fournir ; elle prononce sur les cas de médecine légale ; elle active les progrès de la vaccine par la distribution des médailles qu’elle décerne en récompenses aux praticiens les plus zélés ; elle décide de l’efficacité dés remèdes nouveaux, enfin l’emploi des eaux minérales, naturelles ou factices, est subordonné à son approbation. ( Voy. Vaccine, Remèdes secrets, Eaux minérales.)

Dubois, secrétaire perpétuel de l’Acad. de médecine.

  1. Cette division vient d’être mise en question et sa réforme est à l’étude devant une commission.
  2. Ce chiffre est également mis en question, et sa réduction à soixante est l’objet de l’examen de la commission de réforme (1875).