Dictionnaire de la langue française du seizième siècle/A1

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DICTIONNAIRE


DE LA LANGUE FRANÇAISE


DU


SEIZIÈME SIÈCLE


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A


A. Marqué à l’A. De la meilleure qualité. — Quant à ce proverbe, il est des bons, il est marqué à l’A, il sent plus son menu peuple que les autres : il est toutesfois fondé sur quelque raison, ou pour le moins apparence de raison. Car la monnoye faicte à Paris est marquee d’un A… et on ha opinion qu’elle soit la meilleure laquelle opinion vient de ce qu’on pense qu’il y ait plus d’esclaireurs. H. Estienne, Preeellence, 147. — J’av ouy dire maintesfois qu’un homme est marqué à l’A, quand on le veut qualifier très-homme de bien, et, si je sçavois bien que cela estoit emprunté des monnoyes mais parce que Henry Estienne en son livre de la Precellence de la langue Françoise en a fait estat, je ne seray marry d’en faire icy mention. En toutes les villes esquelles il est permis de forger monnoyes, on les marque par l’ordre abecedaire selon leurs primautez, afin que si elles se trouvent trop faibles d’alloy, ou de poids, on se puisse addresser contre les Maistres des monnoyes des lieux. Paris, pour estre la Metropolitaine de France, est la premiere, et pour cette cause la monnoye que l’on y forge est marrée à l’A. Et d’autant que les Monnoyeurs de ce lieu-là peuvent estre enduirez de plus prés par les Generaux des Monnoyes, qui y resident, on y a tousjours fait monnoye de meilleur alloy et poids qu’en autres villes. Qui a donné cours à cest adage. E. Pasquier, Recherches, VIII, 23.

A, préposition. — A s’emploie souvent d’une façon qui s’écarte de l’usage actuel devant certains mots indiquant le temps. — Apres devisoient des leçons leues au matin. Rabelais, I, 23. — Consideroient l’estat du ciel, si tel estoit comme l’avoient noté au soir preeedent. Id., ib. —— Ung Berger, ramenant au soir ses brebis, le trouva assis parmy les pierres. Marg. de Nay, Heptam., Prol. — Vous… nous lirez au matin de la vie que tenoit nostre Seigneur Jésus Christ. Ead., ib. — Le jour s’esteint au soir, et au matin reluit. Du Bellay, Regrete, 53. — M’esveillant au matin, devant que faire rien J’invoque l’Eternel, Ronsard, Resp. à quelque Ministre (V, 411). — J’ay


faict à ce matin, depuis l’aube sonnée. Par le chant de noz coqs, un manche à ma coignée, J. Béreau, Eglogues} 3. — Ou comme l’on voit luire au soir le beau visage De Vesper la Cyprine. Ronsard, Hymne de l’or, (1V, 3 ! t5). — Quand vous serez bien vieille, au soir, à, la chandelle. Id., Sonnets pour Helene, II, 43 316). — Au lendemain… prindrent chemin Gargantua, son precepteur pornocrates et ses gens. Rabelais, I, 16. — Caracalia à l’une foys occist les Alexandrins : à l’autre desfit la compaignie de Artaban. Id., IV, 36.

A s’emploie dans le sens de pour devant un mot indiquant le but : verbe à l’infinitif, nom ou pronom. — A quoy prouver je vous pourrois renvoyer au livre de Laurens Valle contre Bartole. Rabelais T31.0. Nostre unie qui est fori nee à aimer, son affection, estant departie en plusieurs, s’en affoiblit et revient presquesà neant. Amyot, Pluralité d’amis, 2.— Nous sommes nais à Élues-ter la verité. Montaigne, III, 8 (IV, 18). — N’ayant pas de quoy à se faire enterrer. BRAN-T (3, Cap. tsar., Pedro de Toledo (II, 25), — solente main Qui s’estendoit naguere à mandier du pain. Aubigné, Tragiques, I (IV, 36). — mant… IL à paix, non à guerre : animant né à jouissance mirificque de tous fruictz et plantes vegetables, animant né à domination pacifique sus toutes bectes, Rabelais, III, 8. — Ne vois-tu que le jour se passe ? Je ne vy point au lendemain. Ronsard, Odes, II, 10. — Cest animal n’estoit pas na y Un tel service. MONTAIGNE, Ill, 8 (IV, 29). — Vestris môn livre à peu d’hommes et à peu d’années. ID., III, 9 (IV, 94). — Une. troupe d’amoureux qui la reeherchoyent à mariage, Jean de Champ-Repus, Ulysse, Argument. — Pour autant que leur qualité naturelle est ilz font ce à quo ilz sont nez, et non pas ce qu’ilz veulent. Amvot, Hire 21Eatiop.e III (36 r°). — Je ne me pais de l’aure populaire… J’escry à ceux, ceux dy-je, qui vous semblent, Car des sçavans on a la vraye estime. Fourcadel, Œuv. poet., p 142. Qui ne vit aucunement. à autruy, ne vit guere à soy. Montaigne, III, 10 (IV, 126.). — A quoy me tourmentes tu ainsi sans utilité? A. SEVIN, trad. du Philocope d BOCCACE V (98 ro). - Les cm- paignons à chaque morceau le prioient se retirer .qui n'avoient autre response, à quoy in>y ameniez vous? Du FAIL, Bc 1rix. d'Entrapel (1, 27). - Mais à quoy pour les corps ces despences estran es, Si ces corps n'estoient plus que cendres et que fanges? AUBMNÉ, Tragiques., VII 286).

A se place devant un attribut avec le sens de pour, comme, en qualité de. - I l lu y donna femme sa sœur Isis. LE.NIAIRE DE BELGES, nibiliStr., I, 7. - Les humains pourront s'a..sseoir à table avecques nous, et rio Déesses prendre à femmes. RABELAIS, Ili.51 - Le Roy Piolornaeus voulut communiquer l'honneur du diademe royal, et la faire Royne, la demandant à femme. AmyoT, Gracchus 1. - Maint jeune gars à femme me desire. FoRc.An Œuv+ poet., p, 272.. - Drvas.., leur demanda Daphnis à Inary pour Chloé, Amie oT, Daphnis et Chloé, Ill 59 ro). - Irai-je .supplier Pour aux Seigneurs Nomades m'allier, Qu'ai dédaignez i maris si souvent? 1.4;s MA- SURES, Eneide, IV, p. 194. - l'a.voit envoyé pour sçavoir si elle le voudroit à mari. FAUC'EET, II, 17. n nostoc ins- tant furent aussi ii,Taineuz Par ]nea.s Crethon, Orsilochus Lesquels avoient Diocleus pere. SA LM!, Iliade, V, 86 vo. - Cet Alpheus eut ja.dis pour enfant Orsilochus, qui fut Roy triumphant, Lequel apres eut à Fils legitime Diocleus h Prince mal:pardi-ne. Ton pere... Mes freres et mon pere„ eu son injuste guerre, Cruel a faict mourir, pour usurper leur terre : Puis sachant que de droit elle veriolt à niov, A sa bru nie vouloit pour t'en faire le roy. P. DE BRACH, Imitations, Olin-tpe, 63 VÔ. - Affin que tost et sans sejour Cori-vinssent tous ensemb.Ie, pour Choisir à ro:r- celluv d'elitre eulx Qui seroit sen 5 faire faulx tour Le plus triurriphani et pompeux. FIAU.DENt, Apo- logues d'Esope, I I, 22. - [Cae.sail penetra jusques à la grand'iner ()ceane, subjuguant toutes les na- tions qui' paravant ne recognoissoyent point les Romains à seigneurs. 4.zioinroT, César, 12. - Du seul Dieu des Chrestiens humble serf je m'avoue, Et tout autre à. Seigneur que luy je desavoue, Pi- n RACt Plais. de la vie rustique. - Les Sumaritains qui se sont aydez des lettres de Moyse, qui auroient suivy à patron les Chaldaïques. LE LOYER, hris des Spectres, VIII, 7. - J'ay, dit le bon homme, à nom E'.utychus. Amyot, Antoine, 65. Ce Picard a.voit en sa maison une chambrier° assez qui avoit à nom Ali2.011. JEA.N DE LA TAILLE, les Corrivaus, Prologue. - La Royne... enfanta. un fils qui eut à nom j chan, Titr.v ET, COS- Mogr., VII, 2. - Si fut le propos de l'évesque de Grenoble tenu a hon. LOYAL Si•: FiviTEuR, 1- di Bayant, 2. - A l'adventure. que le peuple se voyant victorieux se saoulera facilement de la guerre, et que les Romains.„ auront maintenant a cher un prince dais lxet aimant /a justice. AMYOT, Numa, 6. -- Je n'avois à suspecte ceste prosperité. TillARG. DE VAL 11:1 1S , MértiOireS, p.1 g.


A s'emploie comme de, pour marquer tin rapport d'appa.r Lenance, de possession. - L'espouse a Ju- piter et sa fille Pallas Ont charpenté ma nef. R.ON- SARI),Hymne de t.'alays et de Zethés. - La bien ayinée con nripagne à Pluton estendoit les tendues de toutes parts. LA_RtvEy, trad. de STEAPA.ROLE, Vile Préamb. - Desjà le point du jour peu à peu s'avaliçoiti Et la femme à Tithon son chemin, commençait. DESPORTF.S, Elegies, L. II, Euryks. - Tousjours derriere muy je retourne les yeux, Comme la femme à Lot ayant quitté sa terre, 1n., Sonnets spirituels, 10. Quand la


feutrine à Syphax sans avoir peur des armes Tra- verse librement et soldats et gerisda.rmes. MONT- CH B. P. STIL Nt, la Cartaginoise, III, p..136,. - Maistre ehan je suis le seigneur EL le man.' • Antoinette, BELLEAu, la ReCOn n V - Comme quand fi contreint la main de naine. éprise Du pere aux Dieux soudain son tonnerre laisser. BAÏF+ Ain. Meline, I, A Ronsard (I, 51). - Vous cognais- sez Billette, servante du père à. Susanne. VEY, les Escoliers, I, 2. - Mere à Memnon, ton char d'or jaunissant Arreste un peu. BAÏF, dm. de Meline, 11 (1, 85). - Cette flateresse sacreron'nous en don A la mere à Cupidon? .M.A.GNYt GaydeZ, p. 4. - Tousjours la mere Memnon te caresse. BELLEAU, Bergerie, 2e journ, la Cigale, Fils i D eesse, à ton meilleur avis Que te semble-il maintenant estre à faire? DFs MA- SURES, Eneid-e, I, p. 42. - Consequen-tment louons pour son mente La fille unique a Cesar Ires sa.tré. LET•IAIRE DE BELGES, Chan$0.01S de Na- mur. - Dieu Bard la fille au roy Loys, Qui me re- çoit quand on me chasse. MA ROT, Épiseres, 44. Vien, Prince, vieil : la. fille au Roy de France Vela estre tienne. "ID., Chants. divers, 9.- Europe alors la pucelle tendrette Fille à Phenix dormoit en sa chambrette, BAÏF, PoemeN, L. IX (H, 422}, Voici venir Cassandre la pucelle Fille à Priam. DES MASURES, Eneirde, II, p. 82. - Il n'est pas temps d'ainsi pleurer, Juturne, Ce lui dit fors Jun°, fille à Saturne. ID., ib., XII, p.. 622. - La fille à Pharaon, merveille de son temps, Agençoit ses cheveux. Di BARTAS, 2e Semaine, 4e Jour, Le Magnificence. - La fille àSeianus. MONTAIGNE, III, I (III, 255). - C'est nostre cher, le duc de Nemours, nepveu de nostre prince et frère à vostre royne. LOYAL SERVITE.U.R„ Hist. de Dayan, 54. - Je iuy dy que restois le frère à Marie. LA- RIVEY p le Laquais, IV, 1t - Lune est madame Si- cambrie soeur au Roy Priana... et lautre est ma- dame Theano soeur a la Royne Hecuba. LE Cri AIRE mI BELnES, illustr,, I, 41. - La sœur au Dieu Phebus ne Ille dedaigne pas. B141Eittr, Eglogues, 4. - Madami de Fontaines... soeur à feu M. de Tor- cy. BRANTôer[E, Ca,p. estr., le Conte .e..rliguemone 163). - Aussi fauldra peindre sur ce tumbel L'antique histoire au beau Luciabel. MAROT1 Epi- replies, 10. - Secondement fois l'histoire a Clo- taire, Roy des Françoys. J. BOUCHET, Epistres morales du. Traverseur, 11,11. - Sur la. bouche à Madame... J'alloy cueillant un baiser savoureux. BELLEAU, Petites Inventions, Amour rnetlecin> - on aine} tu te pers, et. t'enfuis esgaree Sur la bouche vermeille à, ma belle maistresse. ID., Bergerie, 2e Journ., Baisers.

A s'emploie dans le sens d'avec, pour marquer l'accompagnement, le moyen, la manière. « Je tire i vous de l'erbalestre, » c'est a dire 7 « Je tire- ray avec vous de l'erbalestre. » FABni, Art de nhe- tor., I, ta. - Themistocles à peu de gens les des- confit. RAD E LAS, II! 2G,- Que] appetit et visage de chasse s'estoit reservé celny de ses ancestres qui Wallon jamais aux champs à moins de sept mille fauconniers? MoxrAtGrit, I, 42 (I, 362-363). Ce que voyans eeulx qui le servoyen.t, le lieront à gros cables. likrumAis, il, 4, - Voyez là les Geans.... Donnez dessus à -vostre mast gualante- ment. ID9 III 29.- On ses ouvroit parie mylieu et fermait à un ressort. In., II, 33. - Le Darda..nois contre ces pars éparses Va de furie. A son glaive inhumain, D'Auxur en bas mite ia senestre main, Et tout le tour de l'écu avalla. DES MASURES, Eneide, X, p, 528, - Les gourmands font leurs fosses à leurs dents. Proverbe, dans H, EsTIENT'llE Preccitence, 211.. - Qui ha mes-0er du feu, à son doit le quiert. Ib., 220.. — A difficulté> seroys je receu en la premiere classe des petitz grimaulx. RABELAIS, II., 8.

Chez certains écrivains gascons, à s’emploie souvent d’une manière explétive, devant des compléments qui, dans l’usage ordinaire, ne sont précédés d’aucune préposition. — Si vous avez envye de me veoir, je l’ay encores plus grande, sans comparaison, de vous veoir à vous que vous à moy. MONLUC, m Lettres, 202. — J’ay prié le sieur de Moreau… d’aller de ma part vers voz Majestés pour vous faire entendre au vray lestai des af- faires de deça… vous suppliant très humblement le vouloir entendre comme à moy-mesmes. ID., ib., 245. — S’il entroiet dens la rue, la compaignie qu’estoiet dens la ville les tliueroiet ou à leurs chevaulx. ID., Commentaires, L. I (I, 117). — Il mlaymoit autant qu’à cappitaine de France. ID., ib., L. Il (I, 253). — Desquels n’y moreust que M. d’Assier, que ra, ymois plus qu’à moy-mesmes. ID ib. (I, 256). Les aultres soldatz appelloinet aux nostres pioniers gastadours. 1 1)„, ib. (I, 210). — Les Huguenotz pensarent en eschapper à bon marché, et que je ne les punirois pas à eulx. ID., ib., L. V (III, 72). — Il me devoit par raison mieulx ayrner que non à ceulx qui le conseilloient de faire au contraire de ce que je luy In., ib., L. VII (III, 340). — Je les vous donne dong ; mais non pas pour les voir Vous tuer comme à moy. P. DE BRACH, Arni5Frir d’Aymee, L. II, S. 16. — Je vous invoquerai, ô saint trou- peau des Muses, Et à toi, Delien. ID., Poernes et Mesl., L. III, Ekg. 1. — faut, il faut qu’aveugle Ion l’appelle, Et non à moy, qui aveugle estimé Du peuple aveugle, aveugle suis nominé. ID., Imitations, Aminte, Prol. — Nous leur donnons [aux animaux] un ires grand avantage sur nous, de faire que Nature par une douceur maternelle les accompaigne et guide, comme par la main, à toutes les actions et cornmoditez de leur vie, et qu’à nous elle nous abandonne au hazard et à la fortune. MONTAIGNE, 11, 12 (II, 171). — Le Latin me pippe par la faveur de sa dignité, au delà de cequi luy appartient comme aux enfants et au vulgaire. ID., Il, 17 (III, 22). — Nous disons d’aucuns ouvrages qu’ils puent à l’huile et à la lampe. ID., 1, 10 (1, 50). — Je hay à mort de sentir au flateur. In., I, 39 (I, 322). — Je le menay [Montaigne] en ma chambre, où j’avais son Livre l ; et là, je luy monstray plusieurs manieres de par- ler familieres non aux François, airs seulement aux Gascons, Un Paie-rostre, un Debte, un Couple, un Rencontre, les bestes nous fiaient, nous requierent, et non nous à elles, ces ouvrages sen.tent à l’huile et à la lampe. E. PASQUIER, _ Lettres, XV1I1, 1.

A se rencontre" devant le second terme d’une comparaison. — Il est greigneur nampas de cor- pulence Mais de sçavoir a Homere et Hortense. MICHEL D’AmB o isE Complaincies de l’Esclave fortuné, 57 y0.

A entre en composition dans des adverbes, des prépositions et des conjonctions :

A bas, V. Bas.

A ce que. Afin que. Et le feray imprizner à ce que chascun y apreigne comme je ay blet. RAB E- LMS, II, 20. — A ceste fin j’ay composé ce present livre. Et premierement Pay mis en latin : à ce qu’il peust servir à toutes gens diestude, de quelque nation qu’ilz feussent. Argum. —Dieu leur a donné quelque petite sa- veur de sa divinité, à ce qu’ilz ne prétendissent ignorance pour excuser leur impieté. ID., ib.,


II, p. 58. — Je rnettray la crainte de mon nom en leurs cœurs, à ce qu’ilz ne se destournent point de moy. ID., ib., p. 75. — Le Seigneur a envoyé à. son peuple de la viande celer te par la main de Moyse, à ce qu’il ne perist point de faim. In., ib, VII, p. 437. — Celuy qui a limité nostre vie… nous a faict prevoir les periiz, à ce qu’ilz ne nous peussent surprendre. ID., ib., VIII, p. 506. — Il est expedient que des bectes si dangereuses soyent marquées, à ce que chacun les congnoisse, de peur d’en recevoir dommage par faute d’ad- vertissement. ID., Contre les Libertins, fi (VII, 161). — J’ay… depesc1i Malicorne : à ce que par luy je soys acertainé d’ton portement. RAB Fi — LAIS, IV, 3. — Les dames… s’esclatterent de rire, et feirent signes aux paiges, à ce qu’ilz houstassent leurs atours. ID., IV, 10. — Pantagruel… corn.. monda… toutes les munitions des naufz estre en terre exposees, à ce que toutes les chorrnes feissent chere lie. ID., IV, 25. — Pantagruel /ours feint une briefve remonstrance, à ce qu’ilz eussent à soy monstrer vertueux au combat. ID.p IV, 37.. — A ce qu’il ne te semble que je parle à credit, je Vallegueray mon a_uilieur. TA I-I UREAU ler Dial. du Democritic, — Les autels et temples ne sont inventez à ce qu’il soit loisible aus meschans d’y tuer les bons. L. LABÉ, Rebat de Folie et d’Amour, Disc. 5. — Comme ceulx d’Athenes eussent con- damné Athenodorus à l’amende… il pria Alexandre de vouloir escrire pour luy, à ce que l’amende luy fast remise. Amyot., Alexandre, 29. — Tu me pries que je te gouverne et que raye coing de toy, à ce que tu ne sois pauvre et souf- freteux de tout point. LA BOÉTIE, Mesnagi de ’Ven., 5. — Voicy le médecin que j’avais mandé à ce qu’il vint voir sa maladie avant qu’elle s’en allant aux champs. JEAN DE LA TAILLE, les Corri- paus, 111, 1. — Jacob servit quatorze ans Laban, fils de Nachor, à ce qu’il peut avoir à femme Ra- die’. CHOLIÈRES, 5° Matinée (p. 199). — En ceste conséquence fut le serpent d’aerain eslevé par v sur un long-boys à ce que ceux qui es- toient mords du serpent, en le voyant seulement, fussent gueris. Du FAIL, Contes d’Eutrapel, 34. — Je diraipareillement quelque chose de la Chasse, et des autres exercices du Gentilhomme, à ceque nostre vertueux Pere-de-famille, en faisant ses affaires, se recree honestement. O. DE SERRES., Theatre d’Agric., Préf. — Licurgus ordonna que les filles vierges fussent mariées sans douaire d’ar- gent, à ce que les hommes les espousassent par leurs vertuz, non pour l’avarice. BRANTÔME, des Dames, II (IX, 698). — Ceux du chasteau… sur la n-uict traittoyent avec le capitaine Caesar, qui estoit en garde de ce costé, à ce qu’il les laissast sortir pour une somme d’argent. AuBiGra, Hist. Unie., III, 1L

A certes, Acertes, Adcertes, V. Certes. A coup, Acoup, Y. Coup.

A dens, A dent, Y. Dent.

A Verte, v. Alerte.

A mont, V. Amont.

A par, v. Par.

A stheure, Asteure, Amure, v. Heure.

A tant,’liant, Y. Tant.

A tard, Atard, v. Tard.

A tout, Atout. Avec (Tout ne sert qu’a renforcer la préposition à qui signifie avec). — Préposition. A tout sert à marquer l’accompagnement, la ca- ractéristique, le moyen.

A tout, préposition marquant l’accompagne- ment. — Elle arriva finablement saine et sauve en la ceste de Bisquaye, à tout trois ou quatre na- vires seulement. LEMAIRE DE BELGES, Couronne Margaritique (IV, 89). — A tout ceste grande, noble et puissante armee, l’empereur Osiris circuyt toute la terre universelle. Id., Illustr., I, 7. — Il partit d’Egypte à tout une grosse armee. Id., ib., I, 8. — Je seray après vous à tout le reste de la compaignie. Loyal Serviteur, Hist. de Bayart, 53. — Pour remuer encor en France avec le prince d’Orange, qui venoit d’Allemaigne à tout une grosse armée. Brantôme, Cap. franç., le Mareschal de Cossé (IV, 88). — Des peaux de vos ouailles à tout leurs toisons espesses et drues, vous ne vous pouvez bonnement passer, Lemaire de Belges, Illustr., I, 22. — De l'espaule dextre luy pendoit escharpe son carquois fait de cuir de bivre à tout le poil. Id., ib., I, 42. — A ce jour la y a plusieurs jeunes hommes… qui courent tous nuds parmy la ville, frappans par jeu et en riant avec des courroyes de cuir atout le poil, ceulx qu’ilz rencontrent en leur chemin. Amyot, César, 61. —Dessus le flanc la belle panetiere A tout le poil, la trompe forestiere Au ventre creux. Belleau, la Bergerie, 1re Journ., la Chasteté. — Puis à tout son baston de croix guaingna la broche qu'avoient faict les ennemys. RRabelais, I. 27. — Estant si fort esperdu de frayeur, que de se jetter à tout son ensceigne hors de la ville, par une canonniere, il fut mis en pieces par les assaillans. Montaigne, I, 17 (I, 76). — Les plus jeunes vont à la chasse des bestes, à tout des arcs. Id., I, 30 261). — Le meilleur sera de les planter à-tout leurs racines, sans rien leur roigner, O. de Serres, Theatre d’Agric., III, 4.

A tout, préposition marquant la caractéristique. — Le noble vieillard à tout sa barbe chenue se jetta aux genoux du jeune Duc Achilles. Lemaire de Belges, Illustr. II, 19. — Sur ceste entreprise Vint arriver (à tout sa barbe grise) Un bon vieillard. Marot, Epistres, 2. — Frerot à tout son accoustrernent de velours incarnat… et Fabritio avecque sa couronne de laurier. Rabelais, Sciomachie. — Là veismes des Procultous et Chiquanous gens à tout le poil. Id., IV, 12. — Voila une description qui retire bien fort à l’equippage d’un homme d’armes François, à tout ses bardes, Montaigne, II, 9 (II. 106), — Le roy de Navarre, qui venoit que de fraiz dresser sa garde, pria Monsieur qu’elle fist la première poincte, qui la fit très-bien ; et la fit beau voir atout leurs beaux mandils neufs de vellours jaune, avec du passement d’argent et noir. Brantôme, Cap. franç., M. Louis de Nevers (IV, 382-883).

A tout, préposition marquant le moyen. —Paris Alexandre voyant le Soleil abaissé… recueillit à tout sa lkoulette ses troupeaux de brebis, chievres et moutons.F.J.sparse Lemaire de Belges, fileeir., 1 35. — Les autres rfemine.s des Cimbres] se pendirent aux arbres prochains, aux timons de leurs chariotz, —voire à tout leurs cheveux mesmes par faulte de cordes. Id., ib., III, — Eu grande peine se °nanan pour prendre tout. ]a. langue quelque lippee. Rabelais, t.t. — Je luy baillis si vert dronos sur les doigts à tout rnon javelot qu’il n’y retourna pas deux fois. Id., II, 14. — Jamais Ma.ugis hermite ne se porta si vaillamment à tout son bourdon contre 1es Sarrazins… comme foist le moine à l’encontre des ennemys avec le baston de la croix. Id., I, 27. — A tout une si faible puissance, qu’il se trouva entre mains à l’entree de ceste guerre… iI conquit de grands pais, et prit plusieurs bonnes villes. Amyot, Sertorius, — Les soldatz… l'emmenerent elle et ses best.us, en la. clia.5sant devant eux à tout de razier, comme on feroit une chevre ou mie brebis. ID., Daphni$ et Chioé, L. II (31 r°).


— Nul ne fui veu., qui n’essaiast en son dernier souspir de. se venger encores : et à. tout les armes du desespoir consoler sa. mort en 1 ; 1 mort de quelque ennemy. Montaigne, 1, 1 (I, 8). — faut retenir à tout nos dents et rios grilles l’usa.ge des plaisirs de la vie, que. nos ans nous arrachent des poings. Id., I, 38 (I, 313). — Ce fut luy [Pornpeiusi… que Sertorius battit en Espaigne à tou.t ces belles armes, qui ont aussi servy Enmenes contre Antigonus. II, 12 (I/, 200). — Nails voyions depuis… Androdus conduisant ce lyon tout une petite. laisse. Id., ib. (tI, 204). — Les Caunieusw prennent armes ers dos… et vont courant toute leur banliene, frappant l’air par-cy pa.r-là, à tout leurs glaives, IL, ib. (II, 282). L’esteuf, il le prend à la main gauche, et In pousse à tout sa raquette. ID., ib. (Hi se2. — Ils onrt une grande abondance de chous cabus, qu’ils hachent menus à tout un instruirient expres. ID., Journal de voyage, p.. 105. — ne font pas tant malitieusement, que lourdement et grosslerement, les ingenieu-x, à tout leur mesdisance. ID., 1, 36. 0, 292).

A tout, adverbe, marquant une idée d’accompagnement. — Et de fait luy osta le demorent de son dra.p et s’en va à tout. Nicolas de Troyes, Grand Parangon, — Ce levrier avait ceste astuce que de la patte il renversoit Ie pot qui bouilloit au feu et en prenoit la. chair, et s’en alWit à tOUt. DES PErliEltS5 Recr.„ 18. — il gaigua un bon butin, et s’en retourna atout en nsle de Samos. AbiYo ; trad. de DIODORE, XIII, VI. Les Beotiens… ayant pris aucunes petites \rillettes, et gaigué grande quantité de butin, s’en retournerent à tout au pa>rs de la Beoce. Id., ib, , XVI, 13. — Theseus et Pirithous s’en allerent ensemble en la ville de Lucedaèrnone, là ou ilz ravirent Helene… et s’en fouirent à tout. Id., Thésée, ai. — Les Vestales… prirent sur elles ce qui estoit le principal et le plus digne, et s’en fouirent à tout le long de la riviere, Caenale, 21. — y en eut soixante el ; dix huit qui ailerent en une rostisserie, ou az saisirent des broches, des coupperets et cousteaux cuisine, et se jetterent hors de la ville atoul„. Id., Crassus, 8. [Alexandre] ayant occis de son espee deux des Barbares qui esloyent couchez a.0 long du ieu, y ravit un tizon, et s’en recourut atout vers ses gens. Id., Alexandre, 24. — Je voyois Chloé à mon aise, et maintenant Lapes qui l’a ravye s’en va à tout. Id., Daph.n et Cht0d1 IV (77 r°). — Si ne me sentoy-je troublé Tant qu’avoy le ventre à la table, Mais je n’ay eu ferme ny stable le pas ny J’esprit atou.t Depuis que ray esté debout. Baïf, l’Eunuque, IV, 5.

A tout, adverbe, se rencontre aussi pour expri-mer ridée de moyen. — Il a esté si fin, QUe de nouer bout contre bout Deux grandes nappes, pour à tout En la cave me devaler. Baïf, le Brave, III, 2.

A val, v. Aval.

Aage. Age. Bas aage. On désigne par Ce nom la jeunesse, et non fi’as seulement la premiére enfance, — Il [Alexandre] commença à ordonner le.s affaires de son estat beaucoup mieux que tout le monde n’esperoit, pource qu’il estoit fort jeune cl peu estimé de quelques uns, à ca.use de son bas eage, _Amy0T, trad. de I)ioDoRE, XVII, 1. — Pres de La.ngres furent vaincuz les Alernans par Constantin le Grand, estant encor de fort bas a.age, TELEVET, Cosmogr., XIV, 19. — Les uns sa, bea.uté meut, les a.utres son ba.s age (de Polyx.éne]… Ma.is tous prisent son cœur si magnanime et fort. R. Garnier, la Troade, 2104.. — Ledit Medecin m’admiroit d’estre si adextre aux opérations de chirurgie, veu lo bas aage que j’avois. Ambr. Paré, Voyage de Turin. — Ceste reyne fut vesve en fort bas aage, ayant perdu le roy Louys, son mary, qui, fort jeune, mourut en une bataille. Brantôme, des Dames, II (IX, 610).

Hault aage. L’âge qui vient après la première jeunesse. — La fille estoit en hault aage, nubile, cognoissant l’iniquite du père, qui laissoit moisir son pucellage de peur de démoisir ses escuz. Marg. de Nav. Heptam. 44.

Moyen aage. — II estoit grand personnage, beau et plaisant à regarder, jeune, de moyen aage, et de bien bonne grace. Le Maçon, trad. de Boccace, Decam., II, 2. — Lors elles doivent chercher et accepter telz, ausquelz soyent decentes femmes vesves, hommes de moyen aage, sobres, revereridz, experlmentez, et de bonne reputation. P. de Changy, institution de la femme chrestienne, III, 7. — Jamais Prince ne recent tant. d’heurs dés son enfance, ny tant de heurts de fortune sur son moyen aage jusques à la mort, que cestuy [Federic II, né en 1194, favorisé par la fortune jusqu>en 1221, mort en 1250]. E. Pasquier, Recherches, VIII, 56. — Sur mon moyen aage, en l’an 1564, ceste grande et fameuse Université de Paris me nomma… pour plaider sa cause contre vous. Id., Lettres, XXI, 3.

Bon aage. — Ces deux dames qui sont ensemble, et se monstrent assez de bon aage, sont tes deux tantes, Lemaire de Belges, Illustr, I, 41, — Zambelle avoit atteint une bonne aage. Trad. de Folengo, Merlin Coccaie, L. IV (I, 92).

Aage de discours. Age de raison. — Estant parvenu en l’orage rassis et de discours. Trad. de Gelli, Disc. fantast. de Justin Tonnelier, III (p. 87).

Fleur d’aage. — La fleur d’aage se meurt et passe quand la vieillesse survient et la jeunesse se termine en fleur d’aage d’homme faict : l’enfance en la jeunesse : et le premier aage meurt en l’enfance. Montaigne, II, 12 (II, 3811.

Bas d’aage. — Par ce qu’est trop bas d’eage (car il n’a encores cinq ans accomplys), Rabelais,

Aage. Vie, — Elle passa grande partie de son aage sans estre mariée. Marg. de Nav., Heptam., 40. — Bien loin outre la mer Je veux aller bien loin mon âge consumer. Baïf, Eglogue 2. — Ce n’est rien nostre âge fuiarde : C’est un point, si on la regarde A l’égard de l’éternité, Id., Passe tems, L. V (IV, 423). — J’ay passé une bonne partie de mon aage en une parfaite et entiere santé. Montaigne, II, 6 (II, 56). — Nulle vieillesse peut estre si caduque et si rance, à un personnage qui a passé en honneur son aage, qu’elle ne soit venerable. Id., II, 8 (II, 80). — Ce sont elles [les lettres] qui… nous guident à passer nostre aage sans desplaisir et sans offence. Id., II, 12 (II, 220). — Leur age defaudra plustost que la matiere. Regnier, Sat. 9.

Ëpoque… — Tels estoient les bons Rois de l’âge plus fleurie, Numa le Sacerdote, instruit par Egerie. Ronsard, Bocage Royal (III, 196). — Aristote, Pline, et autres, [disent] que Zoroastre vivoit six mille ans avant l’aage de Platon. Montaigne, II, 12 (II, 339). — L’aage doré. L’âge d’or. — La Vertu, la Pitié, Durant l’aage dorée Hantans ces manoirs bas Ne nous dedaignoyent pas. Baïf, Poemes, L. VIII (II, 402). — Platon en sa peinture de l’aage doré sous Saturne, compte


entre les principaux advantages de l’homme de lors, la communication qu’il avoit avec les bestes, Montaigne, II, 12 (II, 167).

Temps, durée. — Jusques à quand as estably, Seigneur, de me mettre en oubly ? Est ce à jamais ? Par combien d’aage Des tourneras tu ton visage De moy, las ! d’angoisse remply ? Marot, Ps. de David, 13, — Diogenes Apolloniates [dit] que. [Dieu], c’est l’aage. Montaigne, II, 12 (II, 257).

Génération, ensemble des hommes qui vivent à telle ou telle époque. Apres la mort dicelle, Jauge aveuglee et erronee du temps dadonques, qui estoit prodigue de forger nouveaux Dieux et Deesses par idolatrie, meit et rengea ladite Heleine au nombro et catalogue des Deesses immortelles. Lemaire de Belges. Illustr., II, 24. Tes vertus estincelantes Tout par tout je publiray, Et les Liges renaissantes Parier de toy je feray. J. Béreau, Ode 3. — Que tout cela d’ennuis que les âges passees Ont peu veoir encombrer d’angoisses amassees Les plus chetifs humains tout cela de malheurs, Qui les tirans Gregeois combla de tant de pleurs, Se rue contre toy. Baïf, Poemes, L. III (II, 120).

On trouve encore des traces de l’ancienne prononciation a-age. — Ceste nature ilz tiennent de la race Du grand Hydra, qui au profond de Thrace… Les engendra des l’aage et le temps Du faulx Cayn. Marot, l’Enfer. — Marot ou Clement Disoit bien comment. Et en beau langage, Qu’après son aage Ce don precieux Nous aurions des cieux. Anc. Poés. franç., VII, 36 (texte de 1562).

Aage est souvent féminin. — Virilité tient la voye moienne Entre jeunesse et nostre orage ancienne, J. Bouchet, Epistres Morales du Traperseur, I, 14. — Nombre grand de peuple Outré, de tous sexes, toutes aages, et tous estats. Rabelais, V, 16. — Il avoil fait amasser ceste trouppe de jeunes hommes Persiens tous d’une mesme eage. Amyot, trad. de Diodore, XVII, 24. — Et ces abits seans à ton âge fleurie. Baïf, Amour de Francine, L. I (I, 125). — Il establit les Ephores avec autres personnaiges d’eage meure et rasize pour ayder le Roy au gouvernement de son royaume. Saliat, trad. d’Hérodote, I, 65. — Un desir plus ambitieux que ne portoit l’aage en laquelle il se trouvoit alors, Amyot, Marcellus, 28. — Estant en l’aage, en laquelle quand les les hommes faillent, encore leur pardonne Ion. Id., Agis, 20, — Ah ! j’ay grand’peur que quand l’âge parfaite Au jeu d’amour plus propre t’aura faite, Tu changes ce bon cœur. Baïf, Diverses Amours, L. 1 (I, 317). — Toutes ages sont bonnes à celuy qui sçait reigler sa vie selon la portee et le naturel de chacune. Trad. de Gelli, Disc. fantast. de Justin Tonnelier, IX (p. 288). — La vieillesse ne merite point d’estre appelee la pire et la plus fascheuse aage de toutes les autres. Id., ib., X (p. 318). — Mais ilz seroient heureux, si dés l’age premiere D’un sommeil eterneI ilz fermoient leur paupiere. Aubigné, Primtems, II, 17. Pourquoy l’age craintive ha elle esté sans craincte ? Id., Poés. div., il. — En temps d’Hyver, faut en tontes aages donner plus d’alimens qu’en Esté. Ambr. Paré, VIII, 14. — Or passe-je ceste mienne vieille et plus joyeuse aage, beuvant du pur Nectar. F. Bretin, trad. de Lucien, les Saturnales, 7, — Et l’aage coustumiere Aux folles gayetez n’enst sa vigueur premiere Qu’à consoler les bons, et s’esjouir en Dieu, Aubigné, Trag. IV (IV, 171). — V. d’autres exemples dans les alinéas précédents.

Abac (d’) et d’aboc. De tous côtés. — Sy me croys, tu jouras du croc, Par tout ou tu pouras entendre : Tu prendras d’abat et d’aboc Par tout ou tu le pouras prendre. Moral à cinq personn., dans Du Val, Theâtre mystique, p. 210.

D’abac ou d’aboc. De côté ou d’autre. — Je responds, Si Bon Temps peut passer les pons, Qu’il viendra d’abac ou d’aboc, De deçà ou delà des monts, Anc. Poés. franç., IV, 138.

Abai, Aboi. Aboiement. — L’escolier… ainsi que Clairet faisoit encores : Hap ! hap ! luy va respondre en un abbay de ces clabaux de village : Hop ! hop ! hop ! Des Periers, Nouv. Recr., 54, — Il n’y a non plus de raison en son dire qu’à l’abbay d’un chien. Calvin, Response à un Holandais, (IX, 598). — Tu le fus emportant [un chevreau] Maugré l’abai de Volmont abaiant, Vauqueli de la Fresnaye, Foresteries, I. 6. — Ils circuissent courans çà et là comme chiens affamez et par leur importunité, comme par abay, ils arrachent par force des uns et des autres quelques morseaux pour fourrer en leur ventre. Calvin, Instit., II, v, 9. — Estant descouvert par l’abbay d’un chien, il fut pris. H. Estienne, Apol. pour Her., 21 (II, 15). — Cerbere a retenu Ses esclatans abais, tout muet devenu, P. de Brach, Hierusalem, IV. — Fig. : Le sainct Esprit nous commande de nous reposer sur les promesses : l’authorité duquel doit bien rabattre tous les abbays de ce chien mastin. Calvin, Instit., II, ix, 3.

Abboys du parchemin. Chants d’église. — Matines ayant neuf leçons, plus matin se levoient par raison. Plus aussi multiplioient en appetit et alteration aux abboys du parchemin : que matines estantes ourlées d’une, ou trois leçons seulement. Rabelais, III, 15.

A boys de l’estomach. — Son disner estoit sobre et frugal, car tant seulement mangeoit pour refrener les abus de l’estomach. Rabelais, I, 23.

Tenir qqn en aboy. Lui résister, lui tenir tête. — Ainsi fut levé le siége de devant Maizières, où le bon chevalier sans paour et sans reprouche acquist couronne de laurier car bien qu’on ne livrast nul assault, il tint les ennemys trois sepmaines durant en aboy. Loyal Serviteur, Hist. de Bayart, 63. — Et ne faut douter que ceste façon de parler, Tenir queleun en abbey (ou en abbay), ne soit aussi venue de la venerie : mais il y a apparence que ce soit des bestes noires plustost que des autres, comme quand un sanglier se laisse abbayer par les chiens, perdans leur peine. H. Estienne, Precellence, 125.

Rendre les abois. Ëtre sans une situation désespérée, renoncer à la lutte, mourir. — S’ell’ne fait rendre les abbois A Monsieur, je veux qu’on me tonde : n’y a femme en tout le monde Qui se fasche plus aigrement. Belleau, la Reconnue, I, 4. — Aussi tost que ces ad vocas Nous ont empietez une fois, Ils nous font rendre les abbois. Id., ib., V. 3. — J’ay porté dans le flanc Le coup d’un trait doré de l’amoureuse trousse, J’ay rendu les abois, comme la teste rousse Qui tache les buissons des marques de son sang. Aubigné, Poés. div., sonnet 9. — Comme les Turcs eussent assiegé la ville de Metelin, et desja les Lesbiens et Genevois fussent prests à rendre les abbois, voyans que la bresche estoit grande, et qu’ils estoient las du travail des combats precedens. Thevet, Cosmogr., VIII, 2. — Si n’oublieray-je pas entre ce peu d’exemples que je veux amener, ces façons de parler, Rendre les abbois, et Faire rendre les abbois. Car c’est un des gentils emprunts que nostre langage ait faict de messieurs les veneurs disant d’un homme qui n’en peut


plus, et pourtant est contraint de se rendre, qu’il rend les abbois : ou (comme les autres escrivent) les abbais. Et proprement se dit du povre cerf, quand ne pouvant plus courir, il s’accule en quelque lieu le plus avantageux qu’il peut trouver, et là attendant les chiens endure d’estre abbayé par eux. H. Estienne, Precellence, 124. — Les Saxons furent plusieurs fois vaincus, et autant de fois se rebellerent. N’ayans autre plus signalé entremetteur de leurs rebellions que ce grand guerrier [Witikind]. Lequel ne voulut jamais rendre les abois, quelque victoire que Charlemagne eust obtenue contr’eux. E. Pasquier, Recherches, VI, — Je ne suis François, que par cette grande cité [Paris)… Tant qu’elle durera, je n’auray faute de retraicte, où rendre mes abboys. Montaigne, III, 9 (IV, 80. — Ce que ne peust faire dom Jouan d’Autriche peu devant qu’il rendist les derniers abois fut faict après sa mort. Brantôme, Cap. estr., M. de Bure (I, 318), — Vous eussiez veux icy une infinité d’espées rompre et casser des boucliers, des bras, des jambes, et froisser des espaules. Icy oyoit-on les voix miserables de ceux, qui en grand nombre rendoient les abbois. Trad. de Folengo, Merlin Coccaie, L. XI (I, 304).

Les derniers abois, les abois de la mort. — retiens l’heure qu’il faille à mon pere mourant, Et aux derniers abbais de la mort jà tirant, Faire pour l’entomber un convoi lamentable. P. de Brach, Poemes et Mesl., L. 1, sonnet 5. — S’acharnerent sur leurs compaignons les plus foibles et alangouris, voire qui tendoient aux derniers abbays de 1a mort. Cholières, 1re Matinée, p. 22. — Sa vie s’alentist, toujours son mal s’empire, Aux abais de la mort on voit jà qu’elle tire. P. de Brach, Regrets funèbres, Eleg. 1. — Ce qui fit lever et y courir le cardinal de Guise et l’archevesque de Lyon. Le dernier, plus diligent, arriva aux derniers abois et assez tout pour ouïr prononcer : « Traistre roi. » Aubigné, Hist. Univ., XII, 14.

Abalourdir. — Elles… ont rebouché et abalourdi les poinctes des intelligences Royales.Ph. de Marnix, Differ. de la Relig., I, iii, 1.

Abandon (expression adverbiale ; cf. Bandon). Libéralement, librement. — Vous ne craignez ouvrir bource abandon, Appauvrissant vostre pouvoir, par don. Ferry Julyot, Eleg. de la belle fille, I, 6. — Lecteur amy lis ce livre habandon, Que Julyot te lache sans jactance. Ant. Ludin au lecteur, dans Ferry Julyot, ib.

(Substantif.) Pouvoir. — A la Regnarde elle requiert pardon Pour ses oyseaulx, qui sont en l’abandon Du feu ardent. Corrozet, Fables d’Esope, 55.

Possession. — Dieu facteur de tout ouvrage Accepte bien le verdoiant fueillage De ceux qui n’ont de grans biens l’abandon, Dont ilz luy font en ses eglises don. J. Bouchet, Epistres famil. du Traverseur, 105.

Abondance. — Portons à leur povre mesnage De noz biens à grand abandon. Marg. de Nav, les Marguerites, Comedie de la Nativ. de J. C. (II, 33). — En mon païs croist en grand abandon Trescher encens, dont sort suave odeur, Ead., ib., Comedie de l’ador. des trois Roys (II, 102). — Vous delectez-vous du fruitage ? Et où en est l’abandon, sinon aux Hales, où est le grand jardin de Paris ? E. Pasquier, Lettres, II, 4.

Abandonné, Abandonnée, v. Abandonner.

Abandonnement. Abandon. Pourquoy en matiere de cession de biens l’on fait abandonnement de sa ceinture devant la face du juge. E. Pasquier, Recherches, IV, 10. — Il ne faut point trouver estrange que l’on estimast l’abandonnement de la ceinture, representer aussi l’abandonnement de nos biens. Id., ib. — C’est un mot d’abandonnement perpetueI que Dieu fait de teIz malheureux. St François de Sales, Introd. à la vie devote, I, 14, — Cest estat du delaissement de soy-mesme comprend aussi l’abandonnement au bon plaisir de Dieu en toutes tentations, aridités, secheresses, aversions et repugnances qui arrivent en la vie spirituelle, Id., Entretiens spirituels, 2. — Il faut que vous vous jettiés, avec un total abandonnement de vous mesme, entre les bras de sa providence. Id., Lettres, 949.

Abandonner. (Futur sans e) : Je n’abandonray ja ma prise. Baïf, le Brave, II, 4.

Abandonné. Libéral, prodigue. — Un prince doit aimer la jouxte, Estre large et habandonné, Gringore, Sainct Loys, I (II, 6). — J’estoys joyeux, prest à menger et boire, Habandonné, voulant à tous complaire. Anc. Poés. franç., XIII, 5, — Qui veult bien aymer il ne faut point estre chiche de son bien, mais doit on estre large et abandonné. Nicolas de Troyes, Grand Parangon, 51. — Et n’espargne aucun tresor ne richesse, dont il est hahandonné Plus qu’autre prince. A. Sevin, trad. de Boccace, le Philocope, L. VI (127, v°).

Femme abandonnée. Femme de mauvaise vie. — Tu ne doibs aller aux convives ne autres lieux de delices ; car c’est affaire a femme abandonnee. P. de Changy, Instit. de la femme chrestienne, II, 3. — O maudite ennemie de toute sapience, ô Femme abandonnee, ô à tort nornmee Deesse. L. Labé, Debat de Folie et d’Amour, Disc. 2. — Adieu vile et habandonnée dame. Comptes du Monde adoentureux, 45. — Les autres ont escrit que ceste Phea estoit une brigande, meurtriere, et ahandonnee de son corps. Amyot, Thésée, 9. — Peu te donneras de peine de ce que j’en escriray, ayant ja fait si grand’bresche à ton honneur, que la plus abandonnée femme du monde est plus soigneuse de son fait et renommée, que toi. E. Pasquier, Lettres amoureuses, 21.

Abarharir. Rendre barbare. — Qui méprise L’honeur› le forfait autorise… Loix et droiture bouleverse : Abarbarist l’humanité. Baïf, les Passetems, au Grand Prieur (IV, 202).

Abas, v. Bas.

Abasac, v. Basac.

Abat. Action d’abattre. — Pepin tout incontinant vint planter son camp devant Pavie n’oubliant les François… aucune espece de cruauté soit d’abats de maisons, soit de feu… pour avec indignitez tirer l’ennemy au combat. Fauchet, Antiquitez, VI, 4.

Abatardir. Déclarer bâtard. — Ce qui ne doit en rien diminuer l’excellence de nostre langue, veu que ceste arrogance greque, admiratrice seulement de ses inventions, n’avoit loy ny privilege de legitimer ainsi sa nation et ahatardir les autres. Du Bellay, Deffence et illustration, I, 2.

Abatardissement. Au grand deshonneur et abatardissement de nostre langue. Du Bellay, Préf. du Recueil de Poesie de 1549.

Abateur. Abateur de bois, abateur de quilles. Faiseur de grandes prouesses. (Mémo sens libre que joueur de quilles dans Marot.) — Et ne devez


point plaindre le temps passé, car jay veu quil nen y avoit que pour vous, rien ne se ternit devant vous, vous estiez le chien au grand collier de tout le païs, et le plus grand abbatteur de bois, qui fust dicy au gué de Vede. Du Fail, Propos rustiques, 5. — Si vous y prenez garde, vous verrez ces grands abbatteurs de bois n’avoir que des filles, et peu d’enfans masles… Que si ces grands abbateurs de bois font force enfans, ils seront de petite complexion, et si la pluspart ne feront que filles là où ceux qui ne vont pas souvent à leurs femmes, feront des enfans forts et robustes, comme sont comnunément les bastards, et plustost masles que femelles. Guil. Bouchet, 23e Seree, (IV, 10). — Ce Jaques dont est question, estoit un grand abateur de bois remuant, et culbuteur de comeres, et n’espargnoit rien de ce qui se presentoit. Beroalde de Verville, Moyen de parvenir, Coyonnerie (1, 318). — Ardez, voire, c’estmon, je me cognois en gens, Vous estes, je voy bien, grand abbateur de quilles, Mais au reste honneste homme, et payez bien les les filles. Regnier, Sat. 11.

Abateur de poulx. — Abateur de poulx, abbé de maulgouver, affecté, aliborum. Des Autels, Mitistoire Barragouyne, 5.

Abatis. Action d’abattre, de couper. — Avec le fouet on ordonne l’abatis des cheveux, comme peine extraordinaire. E. Pasquier, Recherches, VIII, 9.

Abay, v. Abai.

Abayer, Aboyer 1 (H. Estienne préfère aboyer à abayer ; Conformité, p, 204, Mots françois pris du grec ; mais abayer est très fréquent.) — On estime aussi voz gardes, voz descouvreurs, et avantcoureurs : ce sont voz chiens loyaux et bien abayans. Lemaire de Belges, Illustr. I, 22. — Ilz [les iniques] oseront abbayer comme chiens. Calvin, Instit., VIII, p. 480. — Tous sont chiens muetz sçachans abbayer. Id., ib., XV, p. 735. — Un chien abaye, sil voyt quon assaille son maistre. Id., LeÉtres, 634. — Au tour de luy abayent les chiens. Rabelais, III, 13. — L’un est un fin et cauld Renard ; l’aultre mesdisant, mesescrivant et abayant contre les antiques Philosophes et Orateurs comme un chien. Id., IV, Prol. — Les chiens abbayoyent desja bien fort. Amyot, Aratus, 7. — Par tourbillons la vague qui se suit, Contre les bords abaye d’un grand bruit. Ronsard, Franciade, I (III, 36). — Un autre chien estant à la garde d’un temple Athenes, ayant aperceu un larron sacrilege qui emportoit les plus beaux joyaux, se mit à abboyer contre luy tant qu’il peut. Montaigne, II, 12 (II, 201=. — Abbayez comme chiens, hurlez en voz. tourments. Aubigné, Tragiques, VII (IV, 303). — V. d’autres exemples dans les alinéas suivants.

(Intransitif.) Fig. Avoir un besoin urgent de nourriture, en réclamer d’une façon pressante.— La faim estoit on corps : pour à laquelle remedjer, abaye l’estomach. Rabelais, III, 12. — Mon stomach abboye de male faim comme un chien. Id., III, 15. — Ce leur est tout un quand ils auront bien disné, que leur famille abbaye, et qu’elle meure de faim. Calvin, Serm. sur le Deuter., 146 (XXVIII, 265). — Tu me voudras tantost persuader que quand j’ay l’estomach vuide et abboyand, qu’il seroit plein. Trad. de Gelli, Disc. fantast. de Justin Tonnelier, Dise, 2 (64-65). — Par telle tyrannie le povre peuple abbaye à la faim, et meurt sans miséricorde. H. Estienne, Apol. pour Her., ch. 6 (I, 88-89).. — Mon ventre affamé abaye Comme l’oisillon qui bée. E. Pasquier, Jeux Poet., III (II, 878). — Glouton. Paresseux, ventru, engouleur ou engloutisseur… allouvy, voluptueux, abbayant. M. de la Porte, Epithetes, au mot Glouton.

(Transitif.) Aboyer qqn. Aboyer contre qqn (au propre et au figuré). — Chassons ceste petulence de chien, laquelle peut bien abbayer de loing la justice de Dieu, mais, ne la peut attoucher. Calvin, Instit, VIII, p. 508. — Je ne poursuy point ce propos davantage, pource que la calomnie est trop evidente, et aussi que ce nous est une grand gloire d’estre abbayez par ces chiens. Id., Epistre contre un Cordelier (VII, 362. — Ou est l’orage tournoyant ? Ou est le froissis abboyant Le sein de Thetys courroucee ? Grevin, Cesar, I (p. 9). — Combattu des vents et des flots, Voyant tous les jours ma mort preste, Et aboyé d’une tempeste D’ennemis, d’aguetz, de cornplotz. Aubigné, Printems, I, 4. — Rendre les abois… proprement se dit du povre cerf, quand ne pouvant plus courir, il s’accule en quelque lieu le plus avontageux qu’il peut trouver, et là attendant les chiens endure d’estre abbayé par eux. H. Estienne, Precellence, p. 124. — Il a abbayé notre Religion et blasphemé contre Jesus-Christ. Le Loyer, Hist. des Spectres, V, 3. — Comme moy. de mon mal mes troupeaux s’amaigrissent, Et mon chien m’aboyant semble me reprocher, Que j’aye ore à mespris ce qui mo fut si cher. Regnier, Cloris et Phylis. — Ce sont chiens qui me peuvent abayer, non mordre. E. Pasquier, Lettres, XIX, 6. —.Voila un camp maudit, à son malheur planté, Aux bords de l’Occean, abbayant la cité, La saincte Bethulie aux agnelets defence. Aubigné, Tragiques, 230). Mandelot et le comte de Tournon, commandez de le suivre, l’abbayeront cinq jours entiers sans le mordre, et ne meslerent dans la retraitte des siens qu’une fois. Id., Hist. Univ., XI, 20. — Cette cavallerie espagnole+… fut tousjours abayée d’une escoupeterie. Id., ib., XIV, 18. — Le Theologal de Xainctes, voyant tous nos dogues abbayer cet ours sans mordre, ne l’osant prendre à l’oreille, a fait pour le moins une gambade par dessus. Id., Sancy, II, 6.

Abbayer le parchemin. Chanter a l’église, à la synagogue. — Les autres, comme les chanoines et caffars, en abbayant le parchemin jour et nuit, et. barbotant leur breviaire, vendent leurs coquilles au peuple. Calvin, III, xx, 29. Ce pauvre Juif fut contraint de demeurer en ce plaisant lieu (sans boire rie manger) par long temps, délaissé des.siens, qui alloient abbayer le parchemin en leur sinagogue. Comptes du. Monde ativentureux, 17. — Cf. Abbois. parchernin.

Abbayer qqch. Le crier très haut. — Je te conseille d’apprendre diligemment la langue Grecque et Latine… puis quand tu les sçauras parfaitement… composer en ta langue maternelle… Car c’est un crime de leze Majesté (l’abandonner le langage de son pays, vivant et florissant, pour vouloir deterrer je ne sçay quelle cendre des anciens, et abboyer les verves des trespa.ssez, et encore opiniastrement se braver là dessus, et dire, j’atteste les Muses que je ne suis point ignorant., et ne crie point en langage vulgaire. Ronsard, Franciade, Préf. de 1587.

(Substantif.) — Ainsi traistre, ton aboyer Traistre m’a rendu le loyer De t’aimer plus cher qu’une mere N’aime sa fille la plus chere. Ronsard, Gayetez, 6 (édit. de 1623). — Car pour ton aheyer je ne perds la couronne De Laurier, dont Phebus tout le chef m’environne. Id., Resp. à


quelque Ministre (V, 425). En certain aboyer du chien le cognoist qu’il y a de la colere. Montaigne, II, 12 (II, 168. — C’est à l’avanture quelque sens particulier… qui advertit les poulets de la qualité hostile, qui est au chat contr’eux, et à ne se deffier du chien : s’armer contre le miaulement, voix aucunement flatteuse, non contre l’abayer, voix aspre et quereleuso. Id., ib., (II, 363).

Abayer, Aboyer 2 (Intransitif.) Abayer à qqch, après qqch. Aspirer à qqch, le désirer ardemment. — [Les Venitiens] ne taschoient fors à nourrir la guerre, et l’inimitié entre les dicts Princes, pour s’agrandir sur eulx, apres qu’ils seroient travaillez et affoiblis, et mesmes en son Duché et Estat de Milan, auquel ils ont tousjours abbayé, sur toutes choses. Seyssels, Hist. de Louys XII, Vict. sur les Venitiens {p. 272. — Ceux cy aiment pour le gain, et ceux la pour Io vertu : et l’un des amans abbaye à l’utile, et l’autre est tout fondé en l’honnesteté. Pontus de Thyard, trad. de l’Amour de Léon Hebrieu, Dial. 2 (p. 282). — Ha, c’est peu d’estre grand, j’en sers icy d’exemple… C’est peu d’abboyer tant à ces honneurs si courts. Jean de la Taille, Epitaphe de Henry II. — Mais quand ces presens ils m’envoyent, C’est qu’apres mes biens ils aboyent. Baïf, le Brave, III, 1. — [Caton d’Utique] dict à ses amys qu’il voyolt abbayer après ses présents… que de leur donner ou permettre prendre soubs sa faveur du bien d’aultruy, ce ne seroit ny son honneur ny la justice. L’Hospital, Reform. de la Justice, 2e part, IV, 101). Entachez d’ung gain sordide et illiberal, après lequel ilz abayent incessamment. Id., ib., 4e part. (IV, 327). Feraulez… se delibera de contenter un jeune homme pauvre, son fidele amy, abboyant apres les richesses ; et luy feit present de toutes les siennes. Montaigne, I, 40 (I, 348). — Pythée, Roy des Bithyniens, abbayoit tellement aprés l’or qu’il occupait tous ses sujets à fouir et deterrer tes minieres d’or. Cholières, 1re Matinée (I, 45). — Ma basse fortune, Qui n’abaye [l’aspire ainsi que la commune Apres l’or du Perou. Regnier, Sat. 3. — Ou toutes ces grondeurs apres qui l’on abbaye. Id., Œuv. posth., Satyre (p. 200). — Tesmoin le pauvre Cahier, qui a abbayé aprés l’Abbaye promise, et n’en void que l’image. Aubigné, Sancy, I, 9.

Abboyer aux nues. Aspirer à ce que l’on ne peut atteindre. — Je l’ay tousjours aymée, encor que mon frère m’en ait voulu empescher ; le cueur me disoit bien que je n’abboyois pas aux nues. Il me faisoit vieil et cassé ; mais je voy bien ce qui en est, puis que je luy agrée. Larivey, la Vesve, III, 2.

(Transitif, Désirer ardemment, chercher à obtenir. — Estant le Royaume abbayé par plusieurs grands Princes… chaque Duc,.. commença de se faire grand par la ruine du Roy. E. Pasquier, Recherches, 13. — Pour servir à l’ambition insatiable de Lily, qui abayois la papauté, et ton Frère affectant la couronne de Naples et de Sicile. Regnier de la Planche, Hist. de l’Estat de France, I, 319.

Abayeur. Celui qui cherche à obtenir. — Cét heritier… divertit les desseins de ces aboyeurs de successions. Du Vair, Arrests prononcez en robe rouge, 1.

Abbadesque. Relatif à un abbé. Les Fanfares et Coryeee abbadesques des Roule Bontemps (titre).

Abbaisser (s’). Baisser, s’affaiblir. — Sur les unze heures… arriva un laquais, luy rapportant nouvelles que Cyrus s’abbaissoit fort, et qu’il estoit besoin, s’il le desiroit voir encore en vie… qu’il s’en retournast promptement. Du Vair, Clodius contre Milon.

Abbander (s’). Se réunir en bandes. — Il conduit aux forests les Dauphins hors des ondes… Et les Cerfs il veut faire en hardes abbander, Pour aller hors la terre en la mer viander. Vauquelin de la Fresnaye, Art poétique, 1.

Abbateur, v. Abateur.

Abbatie. — S’il se trouve quelque abbatie, nous l’adjugeons en forme d’espave à celuy qui en sera le premier occupant, sans qu’il soit tenu de la reveler ou communiquer au gruyer et capitaine de nos forests. E. Pasquier, Ordonnances d’Amour, dans les Var. hist. et litt., II, 183.

Abbattre. (Conditionnel avec — e —.) — [La paix] leur fut accordee soubz condition qu’ilz abbateroient les longues murailles, qui prenoient depuis la ville jusques à la mer. Amyot, trad. de Diodore, XIII, 4.

Abbay, v. Abai.

Abbaye. (La mesure du vers et la rime nous montrent. que souvent dans ce mot ay n’est compté que pour une syllabe.) — L’Abbaye en est plus décorée, El reveramment honorée. Gringoire, Sainct Loys, L. IX (II, 306). — Premierement l’estat que je tenois C’estoit saint Marc abbaye en Soissonnois. Colin Bucher, Poésies, 297. — L’autre attendoit vingt ans sans estre contenté, L’attire dix, l’autre cinq : puis au lieu d’une Abbaye ou d’une autre faveur, luy donnoit une baye. Ronsard, Elegies, 21. — Pour avertir ce Prelat que vacante L’Abbaye estoit des mile escus de rente. Vauquelin de la Fresnaye, Sat. franç., L. II, à Malherbe. — Que du deffunct un frere estoit venu, A qui le Prince avoit donné l’Abbaye : Le Gentilhomme alors voyant non vraye L’excuse feinte… Id., ib. — Or cette Abbaye alors n’estoit mangee, Et point n’estoit encore vendangee. Id., ib. — Que j’aye encor une Abbaye emboisee, Pour rendre aussi ma maison plus aisee. Id., L. III, à M. de la Serre.

(Arrgot.) Abbaye ruffante. — Quand il faisoit Froid, nous peausions dans l’abbaye ruffante, c’est dans le four chauld, où l’on a tiré le pain naguéres. Var. hist, et litt., VIII, 151. Cf. 152 et 189.

Abbayer, v. Abayer.

Abbayeur. Aboyeur. — Ils… se retirent serrez, tournans tousjours la teste, comme a acoustumé de faire un furieux sanglier que les abbayeurs poursuyvent. La Noue, Disc. pol. et mil., XXVI, 2 (p. 724).

Abbé. Abbé de Maulgouver, de Maugouverne. Homme désordonné. — Abateur de poulx, abbé de maulgouver, affecté, aliborum. Des Autels, Mitistoire Barragouyne, 5. — Les plus avancez se mettent à toute bride et tout le reste les suit sans ordre, tellement que plusieurs, allans le chemin de Paris, voyoyent chapeaux et manteaux par terre qu’on tre daignoit amasser, les prenoyent ou pour fois venans de Saint Mathurin, ou pour gens qui jouoyent à l’abbé de Maugouverne. Aubigné, Hist. Univ., III, 3.

Abbé de Putigny. — Au monde n’a, se semble, ame sans blasme, Nemo sine labe, s’il n’est l’Abbé De Putigny, qui sois basme s’embasme. Cretin, à Honorat de la Jaille (p. 218).

Face d’abbé. — A propos de proverbes, ces deux là me font souvenir encore d’un autre, qui est


Face d’abbé, lequel proverbe estant ancien. me faict croire que desjà anciennement les Abbez eussent les faces enluminees. H. Estienne, Apol. pour Her., 22 (II, 37).

Jurer comme un abbé. — Au lieu qu’aucuns disoyent il y a quelques ans par maniere de proverbe, Il jure comme un gentilhomme… et les autres disoyent et disent encores aujourdhuy, Il jure comme un charretier : On souloit dire aussi, Il jure comme un Abbé, ou Il jure comme un prélat. H. Estienne, Apol. pour Her., 25 (II, 74).

A pas d’Abbé. — Je y recongnu le grand chemin de Bourges, et le vy marcher à pas d’Abbé. Rabelais, V, 25.

Abbegaux. Les masles il nommoit… Abbegaux, Evesgaux, Cardingaux. Rabelais, V, 2. — Le ramage de tous ces Papegaux, Cardingaux, Evesganx… Abbegaux, Moinegaux et autres oiseaux de la forest Papimanique. Ph. de Marnix, Differ, de la Relig., I, i, 3.

Abbegesse. — Les femelles il nommoit… Abbegesses, Evesgesses, Cardingesses. Rabelais, V, 2. — Si ay-je n’agueres icy veu une Abbegesse à blanc plumage. Id., V, 7. — Pres luy estoit une jolie Abbegesse, laquelle joyeusement chantoit. Id., V, 8.

Abbesse. Prêtresse. — Le temple de Juno qui estait a Argos brula par la faune de Chrysis qui estait lors abbesse, Seyssel, trad., de Thucydide, Id., IV, 18 (152).

Grande prétresse. — Il aposta un des principaux de Delphy… pour gaigner l’abbesse des religieuses d’Apollo nommée Periale, laquelle feroit respondre par l’oracle ce que voudrait Cleomenes, Saliat, trad. d’Hérodote, VI, 66.

Abblandissement. Caresse. — [A des ganis.] Allez d’icy tout d’un pas, Recueillir ses dous appas, Et ses abblandissemens Sa bouche vous baisera, Son nez vous odorera. Ph. Bugnyon, Erotasmes de Phidie et Gelasine, 41.

Abboi, v. Abai.

Abboucher, v. Aboucher.

Abboy, Abboyer, v. Abai, Abayer.

Abbreuver, Abbrevoir, v. Abreuver, Abreuvoir.

Abbreviateur. Abbreviature, Abbrevir, v. Abreviateur, Abreviature, Abrevier.

Abbrier, v. Abrier.

Abdiquer. Abdiquer de soy. Rejeter, détacher de soi. — Tout ainsi, que le vassal ne se peut dispenser de la Foy envers son Seigneur féodal, aussi ne peut le Seigneur feodal abdiquer de soy son vassal sans le consentement de luy. E. Pasquier, Plaidoyé pour le duc de Lorraine (I, 1080).

S’abdiquer. Se démettre. — Fortune… ne l’abandonna pas, apres ce qu’il se fut abdiqué de son magistrat tyrannique. Budé, Instit. du Prince (édit. J. Foucher), p. 160.

Abdit. Caché. — ll ma semblé qu’estois en paradis Des orateurs, ou lon va par abditz Et secretz lieux des muses Sicilides. J. Bouchet, Epistres famil. du Traverseur, 21.

Abécédaire. Appartenant à l’alphabet. — La premiere lettre Abecedaire qui est A. G. Tory, Champ fleury, L. I, 6 v°. — Omega, qui est. la derniere. lettre Abecedaire en Grec, Id., ib., L. III, 51 v°.

Ordre abecedaire. Ordre alphabétique. — Tiers et dernier Livre, sont deseignees et proportionnees toutes lesdittes Lettres Attiques selon leur Ordre Abecedaire. G. Tory, Champfleury, v° du titre. — La lettre E… est la seconde vocale en lordre Abecedaire. Id., ib., L. III, 39 r°. — En toutes les villes esquelles il est permis de forger monnoyes, on les marque par l’ordre abecedaire selon leurs primautez. H. Estienne, Precellence, 147.

Qui en est à l’alphabet, aux éléments. — On peut continuer à tout temps l’estude, non pas l’escholage. La sotte chose, qu’un vieillard abecedaire ! Montaigne, II, 28 (III, 118).

Abecher, Abecquer, nourrir. — Sur ce débat quant on a le loysir, Et que oyseaux ont faict assez bon devoir, On les abesches en leur faisant plaisir, Sur le gybier. Cretin, Passetemps des chiens et oyseaux (p. 83). — Celle là qui abecha De froid venin son enfance, Et longtemps d’autre substance Ne cogneut et ne macha. Aubigné, Primtems, I, 91. — Sus, amis, qu’en deux motz Je voie desarmer les Alpes de son dos, L’Averne d’arsenic et la roche où l’Envie Ahecha de serpens ses rages et sa vie ! Id., Poes. div. 8 (la Sorciere). — [A la France.] Que si tu vis encor, c’est la mourante vie Que le malade vit en extreme agonie, Lors que les sens sont morts, quand il est au rumeau, Et que d’un bout de plume on l’abeche avec l’eau, Id., Tragiques, I (IV, 47) — Le mensonge qui fut vostre laict au berceau Vous nourrit en jeunesse, et abeche au tombeau. Id., ib., III (IV, 147),

S’abescher. Se repaître. — Thyestes en repas, Tel s’abesche d’humain qui ne le pense pas. Aubigné, Tragiques, III (IV, 123).

Abedissimon, Reptile. — Aspicz… Abedissimons. Alhartafz. Rabelais, IV, 64.

Abefoing, — Les Aultres [cueillent] des Encholyes, des Soucyes, ou des Abefoings. G. Tory, Champ fleury, Lettres hebr., 67 r°. Cf. Aubefoin.

Abeilher. — L’umbrage ou le inidy, vos aigneaus se someilhent, Les ruches de la cire ou vos mouches abeilhent. L. Papon, Pastorelle, V, I.

Abeillanne. — Une autre sorte de raisin, à laquelle les Abeilles s’attachent comme au Musquat ; à ceste occasion par d’aucuns appellée, Abeillanne, estant, de couleur blanche. O. de Serres, Theatre d’Agric., III, 2.

Abeillaud. — Touchant les Bourdons ou Frelons, qu’en plusieurs endroits de Languedoc l’on appelle, Abeillauds, c’est une espece d’Abeilles naissant avec les bonnes. O. de Serres, Theatre d’Agric., V, 14. — Le plus asseuré est de croire que les Rusches sont pleines, quand les Abeilles chassent opiniastrément de leurs Rusches les Frelonds ou Abeillauds. Id., ib.

Abeillette {diminutif). — Ou volez-vous, abeilletes, Baisant ces fleurs Vermeilletes ? Baïf, Amour de Francine, L. IV (I, 260). L’abeillette aime le lin. Id. Eglogue 14 (III, 78).

Abeillien. — Mouches à miel. Primtanieres, abeilliennes, bruyantes, amers. M. de la Porte, Epithetes.

Abeillin. L’abeilline liqueur. Le miel. — Et sans souffrir la piquure saigneuse, Qui veut serrer l’abeilline liqueur ? Baïf, Amour de Francine, L. I (I, 127).

Aberger, v. Herberger.

Aberrer. S’écarter [du bon chemin]. — Que valait a nous alleguer oncle ou tante, Si du chemin d’equité aberrons. Michel d’Amboise, Ballades, 149 v°.

Abescher, v. Abecher.


Abesté. — Il fut conté d’un hoste.., qui a nom Mica l’Abesté, ainsi nommé parce qu’il ne vouloit loger que ceux qui estoient abestez, c’est à dire, que ceux qui avaient des bestes, et non les gens de pied. Guill. Bouchet, 11°e Seree (II, 240). — Ce Mico… luy demande s’il estoit abesté : ce passant luy respond que non, mais qu’il le payeroit aussi bien que s’il estoit de cheval. Id., ib. (II, 241). — Et fusmes contraincts, parce que n’estions pas abestez, de retourner coucher en nostre bateau. Id., ib. (II, 242).

Abestin, v. Asbestin.

Abestir. S’abestir de. S’engouer stupidement de. — Le plus souvent les Princes s’abestissent De deux ou trois que mignons ils choisissent, Vrais ignorans qui font les suffisans, Qui ne seroyent entre les artizans Dignes d’honneur, grosses lames ferrées Du peuple simple à grand tort honorées. Ronsard, Franciade, L, IV (III, 168).

Abeston, v. Asbeston.

Abetissement. Action d’abêtir. Abetissement d’enfans, par tyrannie des magisters. B. Aneau, Imagination poétique, 43.

Abborrable. Qui excite l’horreur, qui doit être abhorré. — Pour celuy [le nom] de Furstemberg, il estoit trop hay et ahhorrable aux François. Brantôme, Cap. estr., Guill. de Furstemberg (1, 352). — Ce qui est ahhorrable et leur revient à une honte fort infame, Id., Cap. franç., Charles IX (V, 244), — Les lansquenets jurent estrangement aussy. Bref, tous s’en aydent, et principalement les Italiens ; car ils prennent Dieu, la Vierge Marie, et tous les saincts et saincts par le haut, par le bas, par le mitan, que c’est chose fort abhorrable. Id., Sermens et iuremens espaignols (VII, 200). — Tels ingrats faillans ainsy sont abhorrables partout. Id., M. de Noue (VII 236)

Abhorrant, Abhorrent. Éloigné. — La chose est… tant abhorrente de sens commun, que à peine peut elle estre par humain entendement conceue. Rabelais, I, 31. — C’estoit le pourtraict de justice Grippe-minaudiere, bien abhorrente de l’institution des antiques Thebains, Id., V, 11. — Heraclitus tant abhorrant du propre humain, qui est, rire. Id., V, 24. — Cela n’est-il oculairement abhorrent de toute marque de verité ? E. Pasquier, Monophile, L. I (II, 747). — Posé qu’aucuns leur tournassent à impropere les sacrifices dont ils usoient, comme peut-estre trop cruels et abhorrens d’une commune humanité. Id., I, Recherches, I, — Contre… la substance de la religion Chrestienne, l’on objecte l’estrangeté extreme et du tout incroyable, abhorrente de tout sens commun. Charron, les Trois Veritez, II, 12. — C’est une opinion… excogitee par esprit privé, differente et abhorrante de la commune et universelle. Id., ib., III, 8. — Une hirondelle ne fait le Printemps, et le naturel d’un seul individu abhorrant des autres, n’est le juge certain de la nature generale. Le Loyer, Hist. des Spectres, 1, — Institution impie, abhominable, et ahhorrente de nostre Religion Chrestienne, E. Pasquier, Recherches, VIII, 20. — Plusieurs choses que le peuple dit ordinairement, sans sçavoir ny quoy ny comment, lesquelles toutesfois ne prindrent jamais leur origine, que de personnes abhorrens du tout de nostre Christianisme. ib., VIII, 33.

(Sans déterminant.) Déraisonnable, absurde, inconvenant, — Lisans ces motz, vous mocquez du vieil beuveur, et reputez l’exposition des couleurs par trop indague et ahhorrente. Rabelais, I, 9. — Il estima la promesse tant abhorrente et impossible, qu’oncques l’aureille praester ne luy voulut, ne donner audience. Id., III, 16. — Je vous menerois à logicalement inferer une proposition bien abhorrente et paradoxe. Id., III, 19. — Combien que pour lors nous semblassent ces propheties aulcunement abhorrentes et estranges. Id., III, — Affin de remettre leurs sens… effarouchez par affections abhorrentes, en bonne et philosophicque discipline. Id., III, 45. — Au Roy sembloit indecent que en sa cuisine le Poete faisoit telle fricasses. Le Poete luy remonstroit, que chose trop plus abhorrente estoit rencontrer le Roy en cuisine. Id., IV, 11. — Chose griefve, abhorrente, et desnaturee est perir en mer. Id., IV, 22.

Abhorrer. Abhorrer de. Ne pas s’accorder avec. — L’usage, qui est religieusement gardé par toute la chrestienté, à nommer les jours de la semaine par le nom des planetes, monstre tres evidemment que l’influence celeste n’abhorre de la pieté chrestienne. Cholières, 8e Ap. disnée (p. 316).

Abhorrer une opinion. La repousser. — Afin que desormais n’abhorrez l’opinion de Platon, Anaxagoras, et Democritus (Furent-ils petis philosophes ?). Rabelais, 9.

Abhorrir. Abhorrer, avoir en horreur. — Plusieurs… ont abhorry le nom de servitude, quilz reputent deshonneste, et ont mieulx aymé endurer le nom destro veincuz. Seyssel, trad. de Thucidide, V, 12 (181). — Le jeune Antiochus… congnoissant et abhorrissant la temerité de ses folles amours, ne sen osait descouvrir à personne. Id., trad. d’Appien, Guerre Syriaque, ch. 7. — Les anciens Rommains… abhorrissoient les usures, ainsi que faisoient les Grecz. Id., trad. d’Appien, Guerres civiles, I, 7. — Iceulx fuyez, abhorrissez, et haïssez autant que je foys. Rabelais, II, 34. — [Les moines] de tous sont huez et abhorrys. Id., I, 40. — Prendre ce que les autres saiges abhourrissent. Maurice Scève, la Deplourable Fin de Flamete, 8. — Amour… les plus meschans recoit, et les desirez abhorrist et dechasse. ib., 16. — Quant tu seras a ta bonne congnoissance retournee, tu loueras ce que a ceste heure tu abhorris et desprises. Id., ib., 19. — Meilleur, ô Cœur, m’est d’avoir chaste esté En si pudique, et hault contentement : Et abhorrir pour vil contemnernent Le bien, qu’Amour (Amour lassif) conseille. Id., Delie, 28. — Elle ha en soy linfluence de Jupiter, du Soleil et des Planettes, desquelles les diables abhorrissent linfluence. Ant. du Moulin, trad. de la Vertu de la Quinte Essence, 127-128. — ilz abhorrissent de frequenter la compagnie des hommes : et ayment les lieux secretz et ombrageux. Id., trad. des Complexions des hommes, 281. — Exaltant la virginité jusques au ciel… abhorrissant et refuyant au contraire tout amour, toute feste, et tout plaisir nuptial. Amyot, Hist. Æthiop., L. II, 30 v°. — Toute chose qui délecte noz sentirnens materielz, tombee à l’accomplissement de celuy qui la desiroit, est naturellement plustost, abhorrie qu’aymee. Pontus de Thyard, trad. de l’Amour de Leon Hebrieu, Dial. 1 (p. 4). — Les autres vivent chichement et durement, abhorrissants les sumptueuses et lascives voluptez. Le Caron, Dialogues, I, 2 (72 v°). — Ceulx qui souffroyent de faict tout ce que font les Roys à leurs subjets, detestoyent et abhorrissoyent encore neantmoins ce nom de Roy. Amyot, Antoine, 12. — Il y en a qu’ils refuient, et abhorrissent, et quelques uns


mesmes qu’ils ne daignent pas saluer. Id., Comm. Concept. contre les Stoïques, 10. — De celle qu’au paravant on aborrissoit, on en cherche si curieusement la figure si que l’on la trouve par tout. St François de Sales, Defense de la Croix, II, 7. C’est cela mesme qu’ilz rejettent et abhorrissent le plus. Id., ib.., IV, 15.

Abhorrissement. Horreur, action d’abhorrer. Dont je croy qu’il te viendra une si grande repentence et abhorrissement, que je crains fort que de tes propres mains tu ne te tue, Maurice Scève, la Deplourable Fin de Flamete, 20. — Ne vueillez vous delecter longuement en ung vice, speciallement a cestuy cy, dont la grand continuation faict abhorrissement. Id., ib., 26. — On ne se peut contenir quelquefois en des accidens si dignes d’abhorrissement. St François de Sales, Lettres, 496.

Abhourrir, v. Abhorrir.

Abigoti. Devenu bigot, — Ce moine [Jacques Clément] ayant donc esté receu du roi, comme estoyent les moines de cet esprit abigoti. Aubigné, Hist. Univ., XII, 22.

Abiller, v. Habiller.

Abîme, v. Abisme.

Abis. Abîme, — Les yeulx pouvans enclumes amollir, Et les abys de lumieres remplir. Vasquin Filieul, trad. de Pétrarque, L. I, S. 128. — Metz moy au ciel, aux abys, ou en terre, En haut coustaut, en vallée ou maretz. Id., ib., L. I, S. 142. —— Et s’il est vray que si grand ton credit Soit es abis et aux cieux comme on dit… Reprens à Mort ce que Mort nous a pris. Id., ib., L. II, chant 4.

Abismal. De la nature de l’abîme. — L’Ouest bruyant aux Gouffres abismaulx, Faisant aux Nefz inestimables maulx, Vint campeger devers la Picardie. Apologue du Debat d’Eole et Neptune. Car c’est un creuz abismal de grand mise, Le Fons duquel au certain on n’advise. J. Bouchet, Epistres morales du Traverseur, II, vi, 6.

Abisme. Entre l’abiene des yeux. Être l’objet de la contemplation. — Tu es à son gré la personne De la Cour qui danse le mieux, Tu es l’abîme de ses yeux, Tant tu vas propre et bien en poinct. Melin de Sainct-Gelays, Chansons, 9 (II, 230).

Abisme est souvent féminin. Cestoit une abyme de doleance, un gouffre de pitié. Lemaire de Belges, Couronne Margaritique IV, 40). — Il entendoit combien estoit grande l’abystne de noz pechez. Calvin, Instit., V, p. 321. — En attendant qu’il te plaise choisir Mon cœur au fonds de ceste abysme noire, Et luy donner de ton eau vive à boire. Marg. de Nav., les Marguerites, Oraison de l’aine fidele (I, 106). — Les haults rochers des monstrueuses undes Se sont cachez es abismes profondes. Apologue du Debat d’Eole et Neptune. — On l’eust jugé a l’ouyr et le veoir Une profunde abisme de scavoir. J. Bouchet, Epistres familieres du Traverseur, 68. — Là de la terre, et là de l’onde Sont les racines jusqu’au fond De l’abysme la plus profonde de cest Orque le plus profond. Ronsard, Odes, I, 10 (II, 126). Il sernbloit que les ondes Taschassent de ravir aux abysmes profondes Ceux qui s’estoyent sauvez de la Troyenne cendre. Jodelle, Didon, III (I, 201). — Amour darde ses trains jusqu’au plus creus des ondes, Il balance son vol dessus le vol des nues Et se fait mesme craindre aux abysmes profondes. Id., les Amours, Chapitre d’Amour (II, 31). Donques jouis des rayons du Soleil, Et sans descendre en l’abysme profonde Demeure vive hostesse de ce monde. Ronsard, Franciade, [I (Ili, 112). — II y a de grandes abysmes en ce Bosphore. Thevet, Cosmogr., VIII, 8 —Et les corps engloutis dans l’abysme profonde Furent faits la victime et Le tribut de l’onde. Nuysement, Œuv. poet., 73.

Abismement. Action d’abîmer. — Et voudroyent… avoir perseveré en ce meslange, ou plustost abismement d’eux mesme en Dieu. St François de Sales, Amour de Dieu, L. VI, 1re rédact. (V, 412).

Abismer. Faire disparaître, anéantir, effacer. — Je congnoy bien la tienne affection, Qui est d’Amour la Foy en ton desir, Pour abismer l’ennuyeulx desplaisir Qui te detient pour ung tien amy mort. P. du Val, Dial. du Contemnement de la Mort (Théâtre Mystique, p. 133). — Je ne pouroys sans Grace aulcun bien faire En tant que Grace abisme les forfaictz Des vrays croyans, en vray amour refaictz. Id., Morallité à six personnages (lb., p. 137). — En toute autre sumptuosité de faire jouer jeux, et donner festins publiques, il abysma, par maniere de dire, la magnificence de tous ceulx qui s’estoyent efforcez d’en faire auparavant. Amyot, César, 5.

(Intransitif.) S’abimer, s’engloutir. — Si que les nefz sans crainte d’abismer Nageoient en mer à vailles avollées. Marot, Ballades, 7. — Mais si d’un œil foudroyant elle tire Dessus mon chef quelque traict de son ire, J’abisme au fond du l’eternelle nuit. Du Bellay, l’Olive, 81. — Et quelqu’autre bien loing, en danger d’abysmer. Id., Regrets, 34. — Voyant mon cher Seigneur au danger d’abysmer, me p]aist de courir une mesme fortune. Id., ib., 49.

Abismeux. De la nature de l’âbime. — Lieux abismeux, en cavernes retretz. Anc. Poés. franç, XI, 210. — Averne. Profond, obscur… abysmeux, ou abysmant. M. de la Porte, Epithetes. — Leur nef or par les flots jusques aus cieux touchoit, Et or jusqu’aus enfers abismeus se cachoit. P. de Brach, Imitations, Olimpe, — De l’abismeux enfer la part pins reculée. Id., Hierusalem, XVI, 15 v°.

Abject. Qui est de basse condition, qui est dans un état d’abaissement. — O toy… non de trop haulte condition, ou appelé au reine publiq’, non aussi abject et pauvre. Du Bellay, Deffence, II, 5. — Mon Roy ne doit nourrir ny picques ni discordes, Rancueur ny deffiance entre ses vrais subjects, De peur de l’estranger, ny les tenir abjects. Jean de la Taille, le Prince Nécessaire, II. — Les Apostros, simples et abjects, confondirent la sapience de ceux qui estoient reputez sages et prudens. Larivey, trad. des Facetieuses Nuits de Straparole, IX, 5, — Il ne me semble point, que les plus abjects serviteurs facent volontiers pour leurs maistres, ce que les Princes s’honorent de faire pour ces bestes [les oiseaux, les chevaux et les chiens]. Montaigne, II, 12 (II, 180).

Humble, modeste, — Il se rendoit si treshumbIe et abject. Qu’il ne sembloit estre Abbé, mais subject. J. Bouchet, Epistres famil. du Traverseur, 57. — Avez le cueur tant bening et humain Qu’estes tousjours la premiere au service, Abjecte et humble autant qu’une Novice. Id., ib., 115. — Elle [l’Ecriture Sainte] requiert un cueur humble et abject, A vanitez et abus non subject. Fr Habert, Deplor. de Du Prat, Epistre. — Certainement si Dieu n’est point, mocqueur, Il


prend en gré l’abject et humble tueur. Id., Exposit. morale.

(Prononciation.) — Comme personne abjecte, En t’adorant me jette En terre soubs ton pié. Marg. de Nav., Les Marguerites, Com. de l’ador. des trois Roys (II, 123). — Qui de rateaux rompt les motes abgettes, Et va trayant les clayes de vergettes. Pelletier du Mans, trad, du 1er livre des Georgiques.

Abjecter (s’). S’abaisser. — Or en Jesus nul au vray ne se fie, Sinon celuy qui sous son bras puissant En tous endroits s’abjette et humilie. Marot, le Riche en Povreté. — Que dictes vous, Madame ? est-ce une chose honneste vous objecter aux façons d’une becte ? R. Garnier, Hippolyte, 536.

Abjection. Action d’abaisser, de mépriser. — Sainte Elizabeth, toute grande princesse qu’elle estait, aymoit sur tout l’abjection de soy mesme. St François de Sales, Introd. à la vie devote, III, 1.

Humilité. — La vraye vefve est en l’Egiise une petite violette de mars, qui respand une suavité nompareille par l’odeur de sa devotion, et se tient presque tous-jours cachee sous les larges feuilles de son abjection. Id., ib., III, 40.

Abjurer qqn. Rejeter par serment son autorité — Les Flamands. déclarerent le roi d’Espagne descheu de sa seigneurie et principauté des Pays-Bas… A cela fut adjoustée une forme de serment pour abjurer le roi d’Espagne. Aubigné, Hist. Univ., X, 22.

Ablatif. — Or, de ses sirophs laxatifz, Ne dyarondon ablatifz, Ne d’herbes, ne d’electuaires, De telz fatras n’ayez que faire. Anc. Poés. franç., II, 115.

Ablativo. Ablativo tout à un tas. Péle-méle. — Ce maistre Tasteur ne laisse pas de les mettre ablativo tout à un tas : en cependant telle en patira quy n’en pourra mais. Var. hist. et litt., II, 40.

Able. — L’Olme, le Chesne, l’Able en ce lieu escarté Pourront seuls tesmoigner la misere infinie. Mmes des Roches, Poesies, à Charite.

Ablottir (s’). Se blottir. — Là tout caché, de brossailles couvert, Ou ablotti derriere un gazon vert, Coy j’attendray l’heure de sa venue. P. de Brach, Imitations, Aminte, II, 1. — En fin lasse et debile à bas s’ablotissant, Ces propos elle dict d’un parler gemissant Id., ib., Olimpe, p. 83.

Abluer. Laver. — O Roy des Cieus… J’ay ferme foy Qu’il est en toy D’abluer nos vices par don, Ph. de Brugnyon, Chant panegyrique.

Abnegation. Action de rejeter, de nier, de renier. — Ainsi… mettons nous neutre on Medicine, et moyen en philosophie par participation de l’une et l’aultre extremité par abrogation de l’une et l’aultree extremité Rabelais, III, 35. — S. Pierre… aiant par trois fois renoncé Jesus Christ… aurait esté… descheu de la prerogative, à laquelle le Seigneur avait appellé ses Apostres… Il falloit que, pour le restablir en sa premiere dignité, il effaceast la tare de ceste triple abnegation, Ph. de Marnix. Differ. de 1a Relig., I, ii, 3.

Aboi, v. Abai.

Aboissonner. Abreuver. — Cruels ils m’ont offert du fiel pour nourriture : De vinaigre en ma soif (si douce est leur nature) Ils m’ont aboissonné. {{sc|Desportes}, Ps. de David, 68.

S’aboissonner. Être arrosé, imbibé. — Jadis de Joricho la terre salpetreuse, Pour ne s’ aboissonner que d'une humeur nitreuse, Avortoit de ses fruicts, et ses mal saines eaux Vuidoient d'hommes la ville, et les champs de troupeaux- Du BARTAS, 2e Semaine, 4e Jour., k Schisme- Abolir, Détruire„ anéantir, effacer. — Ce sont les propres pierres, m.oyenan.s les q_u.elles Deuca.- lion et Pyrrha restitueront le genre humain aboly par le deluge Poetique. RABELAIS, rii, S. Ceste unique faute doiht estre abolie, extaincte, et absarbee en la nier immense de tant d'equi- table_bs sentences qu'il a donné par le passé. ID., III, 42. Abolissetnemit. Destruction, anéantissement, abolition. — Nul ne peut nyer qu'un tel abolys- sement de 1a chair, ne soit mort. CA_Lvrri, 1 nstit.., 26•. — Si pour rabolissement du ciel et de la terre les fideles ne laissent point d'estre establiz devant Dieu il s'ensuyt que leur salut est Donjoinct avec son eternité. ID., ib., Tot, p. 446. — Job... ne prend la mort que comme u.n abolissement de toute sa vie, ne regardant point à ce qui s'ensuit apres. hiStriiei. contre ICS Anabaptistes (V11, 139). — Ils sentiront leurs concupiscences se diminuer aucunement de jour en jour, jusqu'à ce qu'ils seront parvenuz où ils tendent : c'est assavoir au dernier abolissement de leur chair, qui sera parfait en la fin de ceste vie mortelle. ID., litait., IV, — Aussi leur advient aux cuisses un refroidissement et abolis- se.ment de sentir et mouvoir. AMBH. PARÉ, 15. • Jusques à l'entier abolissement des noms, et ancienne cognoissance des Ueux, s'est estendue la desolatiou de cette conqueste. MoNTA.Pc:NE, 18 .111, 67). — Calvin... ne vise qu'à l'abolisse- ruent de l'observation des conseilz evangeliques, st Femeçois DE SALES, Controverses, I, HI, 11. — Mercure Trisrnegiste n'est il pas lamentable, do lamenter et plaindre si laschement l'abolisse- rftent de l'ido-latrie...? ID., Amour d-e Dieu, I, 17. Abominer (subst), — Ces prestres abominoient le poisson, de sorte que quand ils vouloient es- crire le hayr, et l'abominer, ils peignoyent un poisson. (WILL. BoLICHET, 318 Seree (TV, 297). Abondant. &Ire abondant de. Abonder en. — Touchant conseil et science, il est assez divulgué par les histoires de Troye communes, que Hele- nus en estoil abondant plus que nul autre des en-fans de Priam. LEMAIRE DE BELGES, III, 1. Diabcnda.n.t.. En outre, par surcroît. — Quand doriques le bon Patriarche Noë eut ainsi envoyé ses gens peupler le monde, et que d'abondant il Leur eut promis de leur mener par luy inesines des gens de renfort.... il divisa ce qui luy restait de peuple en deux parties. LEMAIRE DE. BELGES, Illustr., I, 4, — Il {Chiron] institua le noble en- fant Achilles, en icelle art de medecine. Et d'abon- dant luy aprint à toucher de la harpe. ID., ib., I, 26. — une mesme heure avons retrouvé rostre Inilz (si longuement perdu) et avec luy dabonclant une belle fille. ID., ib., I„ 44. — Son seul disciple me a contenté et m'en a plus dici que n'en de- mandas, d'abundant m'a ouvert et ensemble solu eraultres doubtes inestimables. RABELAis, If, 20. —Il luy donnait sept cens mille et troys Philip- pus... et d'abondant luy donnait la inestayrie de la Pomardiere. In. l, 32. — Là se sont trouvez vingt cen et deux s mille chameaulx, et seize cens El'- phares... et d'abcfndant eustes toute la 0-a_rava_ne de la Meeha. ID., 1, 32, — Je... vous rends francs et liheres comme par avant. D'abanda_nt serez à l'yssue des portes payez chascun pour troys moys. ID., I, 50. _ Ce ne fut pas encorE.1. assez au juge- ment de la mère, si, après l'arbre inanimé et la chienne morte, elle Woliençoit d'abondant son nia.ry en quelques personnes des plus cheries de luy, DES PERIERS, _MÉRU). Rett..1 127. — Par ta bonté eternelle ilz sont tiens, Et d'abondant par achapt ils sont miens. MArtc. Ù E Nklar." ks Mar- guerites, Triomphe de rAgneau (III, 59). — Pa- nurge respundi que son anly Xenomanes leurs su croit. et d' abondant deliberoit.... prendre quelque docte et utile Lanterne. 1-ZABELAis, 47. — Hz ne se contentent de santé d'abondant ilz soubbaytent guaing. 1V, Prol. — Pyrrhon estant en pareil dangier que nous sommes, et \rayant un pourceau pros l rivaige qui mangeoit de l'orge espandu, le declaira. bien heureux en deux qualitez, savoir est qu'il a.voit orge à foi- son, et d'abondant estait en terre, ID., 1V, 18. — Je vouldrois estre la dorure, Que sir vostre chef vous portez... Je vouldrois estre d'abondant, La perle que je voy pendant Au bout de vostre belle oreille, MAGNY, Odes, de ses Deeirs (Hl 162). — Bref. tout cela qu'enseigne l'Aretin, Je le sçavoy : et sçavoy mettre en oeuvre Tous les secrets que son livre descœuvre Et d'abondant mille tours inc-agneus. Du BELLAY, Jeux Rustiques, la Vieille Courtisarene. — Les principaux du Senat luy en- vieront ceste gloire, estais marris qu'il ne se con- ten toit pas deta.nt d'honneurs qu'il avoit niaisque d'abondant il voulust encore avoir l'honneur de ceste dedicatiori. Amvor, Publicola, 14, — Nos Jesuites... font les trois voeux ordi naires, et un quatriesme d'abondant qui est superlatif. E. PASQ U1ERy Recherches, .111, 44. — Je protesteray ne vouloir m'aider de oo mien traitté, sinon ainsi que d'une piece que je pro- duirais (comme d'abondant) apres toutes les autres. ESTIENNEe 1}FeCe1kneep 34- 5e Abonder (transitif). Rendre abondant en — Les brebis alaictanies seront mieux Irai- tees que les autres.., polir les abonder en laid. 0, DE SERRES, Theatre treAgrie" Difb Aboulai (81, Devenir bon. —Vin s'abonist en fraisehe cave, BAÏF, A I bnes, L. 1I (V, 70). — Vous faie tes, en ce faisant, profiter les troupeaux, a.c- croistre les fumiers des laboureurs, qui s'a.bo- nissent par la fiante de ces animauls. Var. hist. et lat., III, 315. Abord. Lieu où l'on aborde. aucrate es- toit anciennement le seul abord d*Egypte, ou se faisait et menoit le trafic. SALTA; trad. dIFIÉRO- DOTE., .179. — Plusieurs ports et abords de mer, ou se fait grand trafic, lD.7 ib., 111, 5 — Athenes, qui estait un port de mer et abord do marchands forains qui y venoient de toutes parts. LE LOYERe Hist. d-es Speares„ V11.I. 3. — Le Roy... le comble [Phermitage onneurj de toutes les singularitez dont il se peut aviser, l'ayant fait un abord do toutes sortes de gens d'honneur. BEROALDE DE VERVILLE, Voyage des Princes fortune.z, s22. Abordade. Action d'aborder. D'abordade, prerniere abordade, de prime abordade. Au premier abord, du premier coup, dès le commencement. — Il donne donc si vaillamment dedans les enne- mis, que d'abordade il tue de ses mains ro alles don Hernando Castriota. BRANTômE, Cap, franç., le grand roy François (111,1,41.). — D'abordade, et siavança.nt des plus avantz, il receut une grandi harq-uebuzade au corps. 1D., Rodomontades espai- gnalles (VII , 90-91 # — Et d'abordade allèrent assiéger NI a rseille. I „ Betra icteg de guerre (V117 269). — Les Gascons et Provençaux eurent pour département les fauxbourgs de Sainct-Jean et de Bourgneuf, qu’ils emportèrent d’abordade, quoi que bien retranchez. Aunicrd, Hi, t. Unie., IV, 14. — Toutefois les Troyens d’abordade premier° Les Gregeois aux yeux noirs chasseront en arriere. AMADJS JAmy ry, trad. de lit acte, XVII. — Ces braves et déterminez soldats donriareut la teste baisses dans les retrenchements, en criant : San- tiago ! Santiago ! Hespaiial ll’espafiai et de prime abordade clonnarent a celtty que tnnoient quelques six cens François. BRANTÔME Cap. estr., don Sanche Avilla (II, 185). Abordee. Abord. — Le port de ceste Isle s’ap- pelle Asedegan, où. la ville est bonne et mar— chande, et de facile abordee. CIVET, COSinagr., XI ! 20. —— Ce Gap de Four est de difficile abordee. ID., ib., XV, 12. — Vers le Sudoue.st voyez deux roches haultes et larges, lesquelles sont d’abordee tresdangereuse. 11).1 ib., XX1, 2. D’abordee, de preiniere abordee, de prime abùr- (ire. D’abord, au premier abord, dès le commen- cement., du premier coup. — Les Barbares se ruerent sur eulx, et d’abordee en tueront un bon nombro. A m-yorr, Sertorius,. JCe promu r` Ange s’obstina. d’abordee en sa videuse volonté_ MONTAIGNE ! trad. de RAYMOND EBON, cha.p. 243. maistres… se jettent d’abordee dans la fran- chise de la coustume Fa ils s’enflent, et triomphent à bon compte. ID Ess., I, 22 0, 135). — C. Popilius arriva à luy de la part du Sena, t et. d’abordee, refusa de luy toucher à la main, qu’il n’eust premierement. leu les lettres qu’il luy ap- portoit. lu., II, 24 (In, 94). • Un de ces jours… se vint, de fortune, adresser à moy par la rue un grand vieil homme fort maigre et pasle… qui me demanda d’abordée si i’esioit pas moy qui avoit imprimé le Catholicon.. Sat. Mén., 2e advis de — Je partis à l’heure rnesme et arrivay le lendemain à Paris, mais je rnladvisay de n’estaller d’abordée ma m.archandise et me con tenta de recongnoistre le cours du marché. Lettre de VILI.EROY àDu Vair, dans Tricote !, éAil, de la Sali énf, 1I, 157. — Juppin doncq co- pnoissant qu’il avoit deruandee Une telle faveur, s’en mocqua d’abordee, L’Ixion hes pa gnol, dans Tricote’, II, 245. — Je marchera y pre.mierement contrieux, et m’addiressera3.’d’abordée aux Atheistes. LE LOYER, Hist. des Spectres, 1, 2. — il avoit des le commencement laissé perdre la vigueur de son armee, à faulte d’avoir vivement ale premiere abordee couru sus aux ennemis. AmyoT, 21. — S’il se met quasi de pre- miere abordee luy manifester son amour. FRAN ÇOIS D’AMBOISEe Dia. !. des Damoiselles, I, 88 vo. — Si de pren-tkore abordee il veut monstrer… la qua- lité et grandeur de son affection. IDd7 ib., I, 127 vo,. — L’une partie ira, ruer sur ce Grandgousier… Par icene sera de prime abordee facilement des- confi. RABELAIS Ir 33.. Abordement. Action d’aborder. — Jusques au merveilleux na, uffrage et abordement en Engleterre du feu ro y Philippes. LE MAIRE DE BELGES, Chronique annale. — Nous estaus sus le moule, et de ]oing 1.-oyans les mariniers et voya- giers dedans leurs naufz en haulte mer… bien prions pour leur prospere abourdement. RARE- i. ms, III, 2L Si dés l’abourdernentqu’en ces rives Troïques Se jetterent dehors ces troupes Ar- goliques. Jori ELLE r les Discours de Jules Cesar, 257. Attaque. — La guerre est une mer commune Pour s’enrichir en un moment : Il ne faut qu’un abordement, Un sac, un dé, une ruine. BELLEAU ia Reconnue, V, I. Aborder. Arriver, venir. — Fu ceste vostre maison journellement abourdent gens de toutes pars. RABF.r…us, W, 12, — Wautant que la daine estoit fort maladive et su.bgette aux médecins et apoticaires, il en y abordoit ordinairement Ians. BRANTÔME, des Dames, II (IX, 566). S’aborder. Aborder. — Mais quand ma nef de s’aborder est preste, Tousjours plus loin quelque horrible tempeste La single en mer, tant je suis Ar malheureux. ReNsAnn, A. de Cassa.redre (I, 59), S’aborder Él qqn. Aborder qqn. — Le Roy scella appuyer sur une fenestre… et in Mayne avec’nye Chacun aussi des Princes print sa chacune : et chacun des gentilzhommes saborda à quelque dame ou damoiselle. LEMAIRE DE BEL G E St I, 44. — II faudra que la damoiselle à qui se seront abordez tels mignons, serve de conte à un chacun. FRANÇOIS D’AMBOISEe Dial. des Dan2oiselles, I, 126 ro. Aborder (subst,), — Paris à ! aborder… meit à mort et navra tant de ces grosses gens rustiques et barbares. LE TAIRE DE BELGES 1-11148ihi I ! 23. Les camps s’entreheurterent A l’aborder de divers lieux. IloNsAHD, Odes, I, 10 (II, 129)1, — A l’instant mesme du peril arriva en la ville Gon- gylus qui venoit de Corinthe avec une gaiere, l’aborder duquel estant incontinent tout le peu- ple… accouru à l’entour de luy, il Leur declara que Gylippus arriveroit bien tort. AMYCIT1 ieia, s, 19, — Ayant dés l’aborder ! la pieç.a mis au poing leurs tren.chantes espees. Jonams, Discours de Jules Cesar (II, 264). TfuEnTREA(.5 cite aborder comme un mot à la mode. ler » i d. du Der rite, p+ 34. Abornement. Convention pour le paiement d’une redevance. Aprts que le-s parties eurent escrit d’une pari et d’autre, et les deffendeurs ve- ri fié leur aborne ment contre la pretention des six et deux deniers par an, areguée par le Pro-cureur du Roy, les defendeurs gagnerent leur cause, et furent condamnez pour une fois payer le, s dix sels, quoy leurs predecesseurs avoient esté abornez. E. PAsQuiER, Recherches, IV, 7. Aborner. Fixer. — Nous sommes mariez, part pour avoir lignée, Part pour entre en nous deux nostre foy abornée. E. PASQL/lER Jeux Pst., 30 part., Eleg. à sa femme. Enns aborné à faire qqch. En avoir une habitude invincible. — Accoustumance telz gens a subor- nez, Voulans dire qu’ilz sont tous abornez A re. nier et blasphémer la loy.el- , RING0.RE ! les Folles Entreprise$ (I, 130). Aborner, s’abonner. Faire une convention au sujet du paiement d’une redevance. — Borne ou Bonne… De ce mot nous avons le verbe Aborner MI Abonner, L composer avec le fermier. M. DE LA PORTEe pi S. Ciestoit un. draie que plusieurs Evespies et Abbez devoient à nos Roys, quand ils passoient sur leurs Eveschet ouAb- bayes, qu’ils appelloient… droiets de Ciste.,. Et quelquesfois les Eglises s’abornoient à une fois payer ce droict, soit que les vinssent visiter ou non. E. PASQUIER, Recherches, III, 35. — Les Abonnez (que je pense devoir entre dictz Abornez} sont ceux qui par une longue prescription et laps de temps, ou par des contra.cts se sont abornez avecques les Seigneurs à certaines tailles an- nuelles. ID., ib.> 1V1 5.— Nous disons s’abonner avec un Seigneur de Fief, pour les droits et de- voirs Seigneuriaux, ou avec un fermier du huic- tiesme pour le vin qu’un Bourgeois vend eu de- tai], pour s’aborner, c’est à dire se borner par con- vention, soit avec le Seigneur ou fermier, de ce que l’on leur doit payer. ID., ib., VIII, 62. — V. Abrenement. Abornement. Action d’abhorrer. — Et qui, honte du Ciel, des Dieux, et d’Amour mesme, Devroit d’aborrernent et contre-cœur extreme NOUS faire oster le feu qui de l’Amour nous vient. JoDELLs, la Riere-Venus (II, 95). Aborreur. Action d’abhorrer. — De nos faits la refile certéne, C’est aler droit où pousse et méne, Ou l’aborreur ou le desir— BAÏF, efierneS, L. VIII (II, — Je maintien que la vie hu- maine Tout-par-tout de travail est pleine, Qui s’entremesie de plaisir : u i n’est pas un seul, mais se change Selon que chacun se meslange lie Paborreur et du desir. ID., Passetems, L. IV 378). Aborrir, v, bhorrir. Aborrition. Action d’abhorrer. — Le vray contraire de desirer, c’est avoir en horreur, et il est tout. evident que icelle _.iborrition est une mesme chose que la haine. PONTUS DE TYA_RD, trad. de l’Amour de LEorq HE.B.RiEu, Rial, (p. 74) Abortif. Qui meurt en naissant. — Ses vers naistront inutis, Ainsi qu’enfuis abortis Qui ont forcé leur naissance. HoNsAno, Odes, 1, 10 (II, 136). — Le rossignol ne contraint son ramage ; Mes vers aussi rie sont point abortifz. rrAHUREAU, Poesies, sonnet 75. — Je ne veux toutesfois qu’un bon esprit se fiche A faire un Anagramme, à faire une Acerostiche D’un travail obstiné ce sont fruioth abortifs Dont la semence vient des povres apprentifs. VAUQUELIN DE LA FHESNAYE, Art Otique, I, v. 381. Abortivement. — Si par fortune en ses tra- verses lourdes Ne Fast ma joye abortivement née. MAunicE ScÈsE, Delie, 13’2. Abosme. Abomination, horreur. — A Dieu en vint si gant abosme Que pour ce G-omorre et So- dome I t fist toutes ardoir en cendre, J. BoUCUET, les Regnars travers. (G.), Aboth. Officier de Quinte-Essence. — Ses Abs- tracteurs… Sotrins, Alma… et autres siens offi- ciers. RAIBELAIS, V ? 19. Abouchement. Conversation, entrevue, ren- contre. — Les autheurs susdictz ont au meclitin l aile advertissement, particulier des parolles, propolis, abouchemens, et confabulations, qu’il doibt tenir a.vecques les malades. RABELAIS ? IV, à Odet de Chastillon. — C’est… une cerimonie ordinaire aux abouchemens de tels Princes, que le plus grand soit avant les autres au lieu assigné. MOHTAICNE, I ? 13 {I, 63). — IL introduisit Pa- nurge, parler sept ou huit langages divers au pre- n-lier abouchement de lui avec Pantagruel. E. PASQUIER ? ReeiterChe$, VII’, 59, Aboucher. S’aboucher. Se pencher en avant, abaisser le visage, approcher la bouche. — Des- sus le lict je me baisse et nea.bouche : Puis de nies pleurs estant pleine la couche, Lui vais criant. CIL FONTAINE ? trad. des Epieres d’OvinEr 10. — Des cerfs.., longuement pourchassés et malme- nés… s’abouchais a une claire et fraische fon- taine tirent a eux la fraise-heur de ses belles eaux. SI FRANÇOIS DE SALES ? Amotr de Dieu, V, 1. Abouché. Penché en avant, abaissant ! e visage, approchant la bouche. — Lon voyoit clu.n costé Antoine tout sanglant et à demy mort entre tiré tontremont par une corde, tendait les mains contre la Reyne… Et de l’autre costé icelle Hoyne abouchee sur la fenestre qui sefforçoit de tirer la corde. SEYSSELe Extraiet de PLUTA RQ [JE, ti — Cesar… monta en un Tribunal qui estoit là et voyant tous les Citoyens a.bbouchez en terre, leur commanda quilz se levassent. ID. ? — Sur son ventre abouché à la fraisehe fontaine Sa soif seiche il tain t,. MAURICE SCÈVE ? Microcosme, L. I. p.19. Aboucher (in trans.). Arriver. — Car je jouys du sainct a.dvenement De ce grand Pape abouchant à Marseille. MAURICE SCÊvE, elie, 28. (Tra.ns.) Aboucher qqn. Adresser la parole à qqn, avoir des pourparlers avec qqn. — Un bon Religieux, nommé Colombain… le vint. aboucher, et lu y reirnonstra rudement quel tort il se raison tant envers Dieu que le monde, par la continue de ses paillardises. E. PAse.E£R, Recherches, V, 8. — Si je vous avois abouché, je ferois voir que fa modestie de vostre Roy remittit dornui Auslriacrie novissimos casus. AURIU rd ? Letires et Mém. d’Es- tat, 5. —•— Vous aurez seu… la volonté du Roy d’y aller… pour aboucher le Duc de Bouillon ; et cela pour la paix. ID., 1’6..5 — Les assiegez ne se firent pas prier deux fois de faire sortir Maninville accompagné de La Vallée : Ces deux abouchèrent troc si et Pui-Gaillard au bord du canal d’Yers. IDee 1Jist.LIPLiP., VIII, 18. Abourdeler, cité comme vieux mol par EST1ENNEr Preceiience, 187. Abourdement, Abourder, y. borde nt, Aborder. Abouter (trans.). Conlio.er à. — Cestui Nep- tune estoit alla grand’erre Jusqu’aux_ lointains Ethiopes. épars Et abouttans les hommes tics deux pars. PELETIER DU MANS, tract. du L. I de l’Odyssée (p. 12). — La posterité… blasmeroit nostre ingrate mescognoissance, de n’avoir par nos plumes testillé le grace que Dieu nous fait de vivre sous la douce subjection « .un tel Monarque, que les nations qui aboutent les frontieres de Scy thie, ont ambitieusement recherché pour mestre. R. GARNIER, Tragédies, au Roy de France et. de Polongne. Aboutant. — Voye OU Voie. Frayee, spa.- tieuse… aboutante ou aboutissante.. M. DE LA PORTE, Epithetes. Aboutir (trans.). Confiner à, — Aux mon- taignes voisines, et qui aboutissent ce Lac. E- VET, Coemogr., VI, g, — Les.A, Ifemagnes bornent. et aboutissent les terres du grand seigneur vers l’Orient. AuDiGNÉ, Hi st. Unw. AboFair qqch. ER former le bout. — Sçauroient ils avoir… Rubis si precieux que ceux qui abou- tissent Tes totons qui poupins en leurs rab., s’es jouyssent… ? GUY DE TOURS ? Souspirs amoureux, L. I (I} et). Abouti de, abouti en. Terminé par. — il [l’Amour] cache son carquois sous l’enfleure ju- meile De ce marbre abouty d’une fraize nouvelle.. BELLEAU ? Bergerie, Ire (I, 256). — On le ceint par k corps d’un tissu de maille, qui est abouti dune chaîne. BEROALDE 13E VEE.VeLLI.E1, Voyage des Princes Fortunez, p. 762. — On voit… deux Tritons eslevez par dessus les autres, qui embouchent leurs conqu.es, tortillees et. abouties en pointes. BELLEAU, Bergerie, lre Alun. (1, 278)- — Ceste terre… est terminee de delicieuses monta- nettes abouties d’innumerables petites collines. BEROALDE nEVERVILLE, Voyage des Princes For- tunez, p. S’aboutir de. Se terminer par. — Ses mains sont aussi délicates Que du satin et ses dix doigts, Dignes du seriprrd. de nos rois, S’aboutissent de dix agathes, Gu. » F. Tin uRs, Souspirs aintkureul, 55). Aboutter, Y. Abouter. AbDy, Aboyer, V. A bai, Aboyer. .bradent {de abradere, râcle0. — Melandeolie iibradente, — Tout qe. la melancholie ne se peut tirer du corps qu’ilbien grande. difficulté : aussi les pa.ssions de rame qui sont causees par la melancholie abradente ne sont pas faciles’appai- ser. J. BODIN, RepUbliqiCet V, 1. • Ge qui leur advient à cause de la nie me melancholie spu- meuse, et abradente. ID., i.b. — Les Meridionaux sont paillards, à cause de la inela.ncholie spu- meuse, abradente, et salace, comme il se.-voicl aux lievres, et cruels, parce que cette melancholie abradente presse violemment les passions et la vengeance. CHARRON, StEgC33d5 I, 4`2.. Abraham (prononcé Abram.). — Je passe Id.fesse, Amide, et Nisible, et Carne, Le Men-heureux sejour de vostre ayeul Abram. Du 13AltTA.S, Judith, V. — Noé, Moyse, Abram, qui pas- seren t és champs, Laboureurs, ou Bergers, la plus part de leurs ans. ID., ite Semaine, 3e Jour, — Sur toy monta.ignette sainte, Le bon Abram list sa plainte. H. GA_IINI.E11.5 leg Juifves, S 2. —— Qu’au sein d’Abram par vous elle soit transportée.. MoNTGlin.EsTIEN, la. Reine d’Escosse, IV (p. 101), • (Prononciation de —anz.. — Me sembla voir le

second Abraam, Qui vray David eestoit monstré

l’autre an.Midair… uc ÎAV..les Marguerites, Epistre au Roy PU, 203). — Quo y que Pua fast hideux, enluminé pour cstre Seiche’de feu, de soif, de peines et d’ahan, Et l’autre rajeuni dans le sein d’Abraham. AUBIGNg„ Tragiques, VII {IV, 306). Cf. alinéa. précédent. Abramien. La race Abrandenne. La race d’Abraham. — Afin qu’à l’avenir la terre Egip- tienne Nourrice. eecueillist la race Abramienne. Du BAirrAs, lre Semaine, le Jour. Abre, y. Arbre. reger. Accourcir. — Le bran de Dieu est il donc abrogé Par qui estait le martir soulagé ? MARG. DE NAv., Dern. Pros.., les Prisons de la Reine de Nae.b, , p, 255. eabreger. Se-hAter. Printes vous pointjour de conseil ? Resistés vous si de ]épier ? Vous semble il, en cas pareil, Que ont se doive. tant. habregier ? ne. Poés. X, 157. — En bas, Seigneur du Pont, Alletz, Abrege toy tost, et te haste. GRINGORE* Prince des Sotz, Sotie (I, 208). — Sire, c’e.st raison que je face Vostre plaisir. — Abregez-vous faictes tant que devers nous Noz bons Prelatz soient ramenez. ID.., Sainte Loysi Li, III (I I, 93). .10 lu y voys tresîbereer le tueur Sans espera.nce de confort. — Ahrege toy. Le vella mort. ID., L. V (II, 169). —’Bourreau, il te lima delivrer, Abrège toy, fais la justice. ID., ib., L. VI fII, 213. Abrenuntiation. Renonciation, — Il a fanii qu’eux mesmes agent fait confession de leur foy, abrenuntiation de leur ordre, protestation, et agent esté Traietés, comme purs lais. CHA.R.RoN MN Trois T’eritez1 ILI, 13, Adv. Abreuver qqn. Le pénétrer profondément [grume croyance, d’une opinion, (Fun goût, dlun sentiment, d’un usage]. — Quand il s’encline de- Vante pour luy faire honneur, desja il est abbreuvé de quelque superstition. CAuvrei, Instit., III, p. 132. — Ce ont esté les Theologiens Sorboniques qui ont abreuvé le inonde de ceste faulse opinion, qu’on tient communement. ID., ib, , V, p. 356. Pense donques, je te prie, Lecteur, quel prix doiikTent, avoir, en l’endroit de celle tant docte et ingenieuse nation italienne, les ecriz d’ung petit ina.gister, d’un conard, d’un badauit, et. autres inignons de telle farine, dont les oreilles de nostre peuple sont si ahbreuvées, qu’elles ne veillera au- jourd’Iluy recevoir aultre chose. Du f3ELLAY 2.0 Préf. de — En_ tout cc] pais on est abreuvé de ceste endiablec ceremonie, que d’im- moler les hommes à Sellai’. THEvET, Cosinogr›, XXII, 15. — Plusieurs sont abrevez d’une opi- nion fausse, disant que les coquilles réduites en pierres ont esta apportées au temps du deluge… jusques au sommet des montagnes. PALissy, Cop- pie des— escriis (p. 361). — Tel qui rapporte de sa maison la douleur de la goutte, la jalousie, ou le larrecin de son valet, ayant toute rame teinte et abbreuvee de colore} il ne faut pas doubter que son jugement ne s’en ancre. MoNTAIGNE, II, 12 (H, 326). Abreuver qqn de qqch. L’en informer, hd en parler. — Vous ne trouverez quo tous ces bons vieux Peres qui ont traité de nostre Histoire Françoise !, en agent jamais parlé.„ Gaguin, pres- que nostre contemporain, est le premierui nous en a abreuvé. E. PAS-Q.151ER, ReeherdieS, III, 7. — Ce qui, n’estant pas approuvé par Havart, fut nuisible au comte ; car l’amiral en abreuva le con- seil d’Angleterre. AuBtirm g., Hist. Unip., X IV, 27. demandoit à Monglar quelqui-s ad- verlissemens : Vert sçay un (dit Mongrar)qui vaut cent millions d’or, c’est une confiscation de la- quelle l’arrest a esté donné trois ou quattre fois ; l’Italien ayant abrevé de cela. le Ma.resclial d’An- cre, On pressa lielonglar de s’expliquer. ID..e Traiité eur les guerres cieites, 4. Abreuver qqn que. Faire savoir à qqn que. —Je cognois un gentilhomme., lequel, voulant abre- ver le monde qu’il estoit veau amoureux dune belle et honueste darne que je sçay, fit un jour tenir son petit mulet avec deux de ses laquais et pages au devant sa porte. BRANTÔDIEe des Dames, II (IX, 122-124L &Ire abreuvé de qqch. En avoir connaissance. Les gentilz hommes… montèrent tous ou pres- que tous à cheval pour luy aller au devant, tant grand désir avoient de le veoir, car chascun estoit desjà abreuvé de ses vertus. LOYAL SERVITEUR, Hist. de Bayari, 9. — Jà estuit. l’armée des Fran- çois.à. dix ou douze milles de Milan., qui e-stoît toute abreuvé, e de ceque le bon chevalier estait pris. ib., 15. — Voila qui viendrait bien à point et aussi que le monde n’en fut point abreu- vé, ii vaudroit mieux que cela se fit elle= vous, à tout le moins personne n’en sana jR rien. Nico- LAS DE TROYES, Grand Parangon, 35. — Quand je nie trouve seulet et que je voy que personne ne me peut ou2Frr, je me prens à dire à. part moy tout. ce que j’ay sur le crieur, et vu de ainsi mon flux de ventre, je vous dy de langue, sans que le monde en soit abreuvé. DF : s PuRIERS, Cymbalum, Dia !, fi. — Elle leur conta de bout en bout tout ce beau conte. Ces femmes le dirent à leurs maris, et à d’autres femmes, et ceux-là à plusieurs autres : et ainsi en moins de deux jours Venise en fut toute abreuvée. LE MA_ÇON trad. de Bo ccAcy.., Décaméron, IV, 2. — Je ne vous escri, Siret que le bruit commun, mais dont trop de gens sont ab- brevez. CALVIN, Lettres, — S. Luc adjoins Le que chacun a esté abbruvé d’un tel bruit. ID., Serin. sur I’llarinun. Evangei., 2.5 (XLVI, 307). Si qu.elque preude femme leur a fait cet honneur que de les recevoir en sa compagnie, il n’y aura celuy qui n’en soit abreuvé, les petis enfaiis en iront incontinent à la moutarde. TAnuRsAu, ier Rial. du. Democritie (p. — Le bruit de ce qui a esté fait perse toute la Grece, et n’en est aucun qui n’en soit abreuvé. J. Dy. LA LANDE, trad. de DICTIS D E CRETE, L. I, 9 vo. JNostre France est trop abbruvée De vostre feinte con trouvée. GREFIN les ESbahiS, V5 4. — Pour cestP en treprinse le Roy avoiet dressé une des plus belles armées que raye jamais veu… Mais l’Espaignri es toit toute abreuvée de son entreprinse. I o riî L U c, Commentaires, L. I (I, 138), — Je demanderais volontiers à_ ces gens là s’ilz pensent que ces cliozes tramées par le commandement de l’Empereur et Roy des Romains, puis dix ans en çà, avec le Grand Seigneur, soinct si secrettes que la plus grande partie de la Chresllenté n’en sojot a_bhreu vée. lu., ib., L. I (I, 144). — Il ne me sera hors de propos… de m’enquerir qui est ceste nation Turquesque… et d’où elle est venue car de par ier de sa force, grandeur et richesse, ce sema dire ce dont tout le monde est alibreuvé. TlIEFET1 Cosmogr., XI, 1.. — Je suis bien deliherée de ma rier ma fille… avant que le monde soit a.bruvé de reste histoire. TouRNEBu, les Con.iens, V, 2. — Quand vous devriez attacher au pied des mouches quelques billets où vous escririez les confessions les unes des autres, le pays seroit abbreuvé de vos vies et deportemens. Criouhus, 5e Ap. Dis née (p. 210).

Abreuver. Persuader faussement. — Je veux que nous simulions une dispute vous et moy, et quit nous sortions les portes pour nous battre affin que tout le monde, et entre autres Gin the en soit abreuvée. N. DE MONTREUX, fer Livre des Bergeries. de Juliette, fourn. 1, 44 va. — Il [César] respondit qu’il oe vouloit pas que seulement son lict fust taché de ce crime, mais exempt de toute suspicion. Cela estoit bon pour en abbreuver ainsi le monde ; mais dans son aine il sçavoit bien que vou]oit dire Cela. BRANTÔME, dee Dames, II (IX, 27). — II falut faire une confession de foi des églises françoises, pour ce qu’on avoit abreuvé. les Aliemans d’une autre confession contrefaicte. AuniwiÉ. Hist. Unie., III, 10. — Toute l’arrnép fut abruvée qu’à la mort de ce pape estoit arrivé presque chose pareille que l’on conte d’Alexandre sixième et autres, qui avoyent rait marché avec le diable pour la durée de leur règne. ID., ib., XIII, 8. — Perez… déclaré innocent pa.r ce sénat, est attacquo d’une autre sorte, accusé d’hérésie et demandé par l’Inquisition ; estant le peuple abru vé qu’il estoit magicien. ID., ib., XIII, 29.

Estre abreuvé de qqn. Se laisser tromper par qqn. — Il n’est pas possible que sa Majesté ne pippee et.abreuvée de quelques gens qu’elle a.voit auprès delle. Mornuc, Com.rnen taires, VI (III, 93).

Se laisser abreuver de. Se laisser amener à. On a murmuré ces jours de quelque appoincte ment. Il fauldroit de merveilleux massons pour le bastir. Mais je crains que les, rostres… ne se laissent a.bbreuver dentrer en propos. GALii, liN, Lettres, 861. Abreuvoir. A breuooir à mouches. Plaie, où les mouches peuvent s’abreuver, — Vous le reco gnoistrez à. ses grandes moustaches noires, re troussées en dents de sanglier, et à un grand abreuvoir à mouches qu’il a sur la joue gauche. ToultNED LF les Contens, III, 1. — Certain baste leur., jouant Ajax le furieux devint au milieu de la Tragedie si esgaré de ses sens, qu’il ne feignoit plus le furieux, aires l’estait sans feinte. A ses compagnons bas ieleurs il rompait la robe… à


Urysses il alloit faire un abbreuvoir à mousches sur la teste, si le chapeau dont il estoit affublé n’eust porté le coup. LE LOY ER, Hist. des Spectres ! II, 5. Abreviateur. Celui qui abrège. — Pleust Dieu… fust premier President de Paris. Vertu goy, mon arny, quel expéditeur de causes, quel abreviateur de proces, quel vuydeur de de bats… quel minuteur d’escritures ce seroit. RABELAIS, VI 27. Celui qui écrit les brefs apostoliques. — Gens soubzmis… à Jupiter} comme Cagotz. Caffars, Bo tineurs, Porteurs de rogatons, Abbreviateurs, Scripteurs, Copistes, Bulistes, Dataires, Chiqua rieurs, Caputon.s„ Moines, Dermites. RA.BELAIS1 Paniagriieline Prognost., 5. — Bollistes, copistes, scripteurs, abbreviateurs, referend aires et da taires, In., II, 9. Ahreviature. Abréviation. — Q, est bien mis aucunesfais tout. seul en abreviature, quant il signifie Quintus, Toav, Champ fleury, Il, 12 vg. — A l’imitation des Grecs et des Latins nous usons aussi Dabreviatures par seulles lettres en Noms propres, et ce en no signa manuelz. ID., ib., III, 50 v°. P. en abreviature Latine, signifie autant que Publius. ID.i ib, , III, 53 r°. — Les Modernes esc.rivains… escrivent encores en lettre courant c, et t, en une lettre quon dit Abrevia jure. 1.1)., i, , III, 59 ro. Abrevier. Accourcir, abréger {dans la dimen sion ou dans la durée). — De bled en herbe vous fait te belle sauf ce verde.,. Laquelle… dilate les vases sperrnaticques, abbrevie les cremasteres. 2, — Les goutes froydes, les goules chauldes qui abrevient et retirent les nerfz sensitifs et narcolitz, fine, Pois. franç., IV, 274. Il ahriève que en 9. TABOUROT DES ACCORDS1 Bigarrures, 1, — Tous les filtres du droict s’abréiiient de ceste façon ; connue Si ter. pet-, si cerium. pampa.. ID., ib., I, 21. —Puis que Digestis est un nain pluriel, il fauldroit, à la maniere an tique d’abbrevier, deux DD. trenchez ou non. DES AUTELS, Mitistoire Harragouyne, 15, Dictes ce que vouldrez et abreviez, sans rien t011 testoys laisser de ce que servira au propo.s. RABE LAIS, H, 11. — Afin d’abbrevier, ce que nous en avons dia cy dessus peut suffire pour solution de leur —][r.gu.ment. CALVIN, Instruct. contre les Ana baptis-tes (VII, 132). —Que si ces longs parleurs se faschoient autant de parler, que les auditeurs s’eunuyent d’escouter, ils ne foraient leurs orai sons si longues, et abbrevieroient. leur QuangE.É.a.rin., OLTILL. BOUCEIET 12e Seree (il, 267). — Plustost pour leur abbrevier la vie que pour l’augmenter. lifkunicE SCÈVE, Deplourable Fin de Flamete, 21. Les jeunes femmes ahrevient plu tiostla vie aux jeunes et vieux, que les vieilles. Girn., L. Boa cHET, 5e Seree (I, 229). — Il n’y en a pHs ung d’entre eu lx [les procureurs] qui reàyrne nrieulx avoir beaucoup de procez que peu, qui ne desire plustasi de prolonger que d’abrevier, et encore moins de terminer ung ; affaire. L’HOSPITAL, fie format. de la. Ju-st., IVe part, (IV, 257). — En inten-. tien… de couper la racine des procez et pour abrevLer, pensait on, la justice. In., ib. (IV, 258). — Au lieu d’abbrevier les procez… il les a fa ict multiplier par milliers. ID., ib., Ve part. (V, 20). ikbrezer. eahrezer. S’embraser. — Le feu qui s’abreze en son centre Par orage, ni ventz, ne [a eut mettre en cendre. L. PAPONi Pastorelle, A brez…é. Excité. — De la plage Maltoyse ou ses chiens abrezés, Ayans honteusement levé siege inutile, Bruyoint de revenir pour invahir cet ysle. Id., ib., V, 1.

Abric, Abril, Abrit. Abri. — Je m'en allayt eulx rendre à. l'abri t. RABELAIS5 1Ii 32. — Ce pe.sseau ou eschallat doibt estre tellement mis qu'il serve d'abril et appuy contre le froid et. la bise. COTETIF.A11, trad. de CottuaY,LLE, IV, 16- — De son fruict se repaissent les ouailles du Sei- gneur, et a rabril de ses feuilles., elles sant gar- dees et du chaud et du froid. St FRAI...10LS DE SALES, Sermons autographes, 3 (VII, 631. —lia reyne qui u l'honneur de porter vostre nom soit tousjours à l'abrit de vos saintes faveurs. ID., ib., 61 (VII, 462). — Geneve s'en va un bon ahrie. AUBIGNÉ, Lettres irait. personu., 8. A_bricotier (adjectif). D'abricot. — Dur, pruneux, olivier, abricotier, peschifir, ger- meux, serisier, a.rnandeu.x ou amandier, dactier. M. DE LA PO rlT E, Epithetes. Abrier 1. Abriter, couvrir. —FI les pendoit [des tableaux d'ardoise] ans arbres de son Bôquet, si bien les abriants, que les tempêtes et grélies ne les eussent peu effacer. VAtiQt1 DE LA. FRESNAYE, FOreSterieS„ II, 9. — A ceste heure qu'enimeine La poulie mere au bic accoustumé De ses possins le trou.ppeau bien aimé, Les abriant de son aisle trenihiarde. J. BÉREA_U„ Rayisseneent d'H (p, .140). — Et n'oubliasi de rejetter ma robLe sur son net, en maniere qu'elle les abria_st tous deux, MONTAIGNE, Il 20 (I, 110). — Les acconstremens 110US esf..,haufierd non de leur cha- leur, niais de la ncstro, laquelle ils son l, propres à couver et nourrir : qui en abrieroit un corps froid, il en tireroit mesme service pour la froi- deur ainsi se conserve la neige et la glace. ID., I, (T, 349). — A ceux qui chantent tes louanges Ton visage est leur ciel, leur chevet ton giron, Abriez de tes mains, les rideaux d'environ Sont le camp de tes Anges. AlLfB1GNÉ„ Poesies reli- gieuses (iii, 'OO). Gaesar volant, semant sa poictrine blessee.... Par honneur, abbria de sa robbe percee Et son coeur céffencé et sa grue offensee. ID., Tragiques,. IV (IV, 157), — Que -voy-je? L'Ocean à la face inconnue, Qui en con- trefaisant la nourrir iere nue, D'où le desert blan- chit par les celestes dons Veut blanchir le rivage abrié de sourdons, In., ib." V (IV, 230). — Sept casemates... abriées de ruine ou aveuglées. 1»., ist. Unie.? ., VI, 10., — Les assiégez... atérière.n I.. le rouage de fascines gouldronnées, et, entretenans une escoupeterie, y mirent le feu. In., ib., XII, 2t. — Ce pont devoit, sur la fin, estre abrié de terre. ID., ib., 1:3. S'abrier. S'abriter, se couvrir, — Je leur donne loy [aux medecins] de me commandt.I.T de m'ahrier chauldement. -11rIONTAICTifE, Il, 37 (III, 230). — Un maneuvre des miens, avec ses mains, o! ses pieds, attira sur soy la terre en mourant. I.:.-Atoit ce pas s'ab•ier pour s'endormir plus à son aise? 1»., 111,12 (IV, 185). E. Pasquier reproche à Montaigne l'emploi du mot alirier Tout de ceste niesme façon s'est-il dispensé plusieurs fois d'user de mots inaceoustu- mez, ausquels, si je ne m'abuse, malaisément bail- lera-Vil -vogue ; gendarmer, pour braver ; ..Abrier Pour mettre â liabry ; Silence rarlier ; reduit en En- fantilla.ge, PMU' Ce que nous disons> au rang d'en- fance ; Asture, pour J cette heure, et autres de mesrne trempe : pour le moins rie voy-je point., que jusques a In y, ils soient tombez en commun usage. Leures, XVIII, L Abrier 2,, V. Arbrier.


Abrieux, Exposé au soleil. — Faune qui cours fuiantes Les Nymphes, amoureu.x, Marche cloulx par mes sentes, A mes champs ahrieirx. LUC DE LA PORTE, trad. d'IIonAcr,, Odes, 111,18 (champs abrieux traduit aprica ru.ra.). Abril, v+ if bric. Abrissean, Arbrisseau. — Une pierre en ma- niere de caverne faicte d'herbes, de mousse, de eueilies et de petits abrisseaux. LouvEml, trad. II, 1, Abrit, y. Abrie. Abrogation. Ion-vt.r:-,:vIllen ti — Pisander+.. faisoit -voluntiers tout 1... qu'il entendoit servir à lextinction et abrogation de lestat populaire. SEYSSEL„ tra..d. de THUCYDIDE, VIII, 10 (p. 267). Abroguer. Abroger, abolir. — Combien que le Sabbath soit abrogué+ Cm.v1N, instit., ch. III, p. VO. •- Elles 1[1e2. ceremonies] devolent avoir lin, et estre 11"... ib., eh. VII, p. 4Z8. — Ce n'est pas sans cause que nostre Sei,gneu_r winiit ordonné telle forme pour un temps, a fin qu'elle min!. fin et. feust abroguée quelque fois. ID" Sainete Cone (V, 455). — 12Apostre parlant du serment... ne dit pas que l'usage en soit a.bro- gué mais le nomme fin et. decision des contro- versies humaines. lu., Instruct. contre les ibia- lioplisles 0:1 I, PA). — 11 [César]. kit publique- nient d ecern tir la guerre contre Cleopatra, et. ubro- guer la puissance et L'empire.. d'Antonius. AanyoT, •.ntoine, 60. Abrouti. [Taillis] dont les polisses ont été broutées. — Soit menagoant en nos Forest Nor- mandes, Soit en fieffant de nos bois abroutk, De niers d'entree à prendre entants subtils. Vx Qui> LM DE LA FRESNA.YE, Sot. franç., à M. de 'ilron. Ici tu ne verras que des plaines desertes, Que des bois ahroutis sans fleurs ni feuilles vertes. ID., Divers sonnets, ruver, V. Abreuver. Absenter, y.Absenter. Retranchement.— Fon faisant inci- sions, et, abscisions de membres. BUDÉ, Insiit. du Prince {édit. J. Foucher), ch. 44. Chose retranchée,por — Zonon,.. dit que la semence humaine pleine d'humeur et d'esprits faitpa.rtie de l'Aine, et est un meslange confus, et cornme une abscision de la semence de nos pores, voire aveux et majeurs. LE LOYER, Hie. des Spectres, V, 2.

Absconcer, v. beconser.

Abscondre. Cacher. — A &scons. Caché, secret, mystérieux. — 11 est bien mestier de ramener' Iilmiere toute ces le belle antiquité, laquelle ha osté absconse et celee jusques present à la plus-part des hommes.. LEMAIRE DE BELGEs, É, 1, — La nudité de ses beaux bras... faisoit foy du resté- de sa 1,eenuste corpulence. Laquelle neS- toit absconce du regard de Paris, sinon par Enter- pos dune houpelande tenue e L dellee, telle que les Nymphes et Fees ont accoustumé de porter. ID., I, 24. — As tu le tueur plus endurcy quo pierre De me laisser en cestuy boys absconse? Epistres, 1+ — Le chant du coq la !miel point ne prononce, Ains le retour de la lumiere absconse. ID., .Epig..r., 35. — Ily avoit six ans en- -Gemment Que sceu navoys rien de son porteinent Et sa santé pour lors hies toit absconce. M'eu EL D'AMBOISE:5 iteS Cent Epigrahrumes„ 9 Yo. — En icelle bien aultre goust trouverez, et doctrine pins absconce, laquelle vous revelera do treshaultz sacremens et mysteres horrificques, RABELAIS, I, Prologue. L’homme ancien doit estes liheral Sans rien monstrer de son naturel mai, 17.’it vice abscond, qui est comme on devise Crainte de perdre, et sotte convoitise, J. BCFCCHET, Epi5.tres morilles du Travers., 1, 14-— Pour sçavoir sur ce quel est son plaisir, ne fault entrer en descspoir, comme de chose absconse, et pour laquelle en- tendre, fauldroit consulter son conseil priivé. RA- BELAIS, Hl, 30. — Les nations que Nature sem- bloit tenir absconses, impermeables, et incon- gneues. In., III, 1, — Est ce… quelque vertu latente et proprieté specificque abseorice dedans les. marmites et contrehastiers… ? Is), IV, 11. Aussi (hry respondirent ses compa.ignons, tu as une jambe de Dieu. Comme si quelque divinité feust absconse en une jambe toute spbacelee et pourryi.. ID, IV, 50. • Les gens saiges et stu- dieLIX 110 se doibvent adonner à la Musique tri- viale et vulgaire, mais à la celer te, divine, ange- ligue, plus absconse et de plus loin g apportee. In., IV 62. — Dieu souverain, lequel jadis les Egip- tiens nommoient en leur langue l’abscond, le rnussé, le caché. ID., V, 47. — Les archers, tous dressent leur Ilesehes en un blanc, non tant à cause de ce blanc, qui de soy est bien peu de chose, que pour autTe. plus grand respect, qui est (’honneur lequel ils tiennent abscons dans leurs P. PASQuIER, le Monophile, L. I (II, 729). Allez, mes vers, allez, n’y faillez pas, Droict agi rocher, qui mon thresor aiiscond. VAsouIN WEILL, trad. de PÈTRAKQuE, L. Il, S. 65. — [Nep- tune] Qui au festin cependant Entre dans la sale asconse, Dessous Ponde s’épandant Sur une vous te de ponce. 8 ï r. Poemes, L. (11, 138). Dans l’enclos de Bethieem on voit plusieurs grot- Lesques… Or y en a il une entre Welles, en la- quelle… se tint absconse et eaehee la vierge Marie avec son enfant. TnEvET, Cosmogr, „ VI, 10. Des rochers qui sont abscons dans les vagues es- cumeuses de la mer. ID., ib., X, 4. S’Erbstiondre, Se cacher. — Lors Melibee a la doute facunde Vernon plus quautr’e en son parc bourbonnoys Affin que riens d son œil ne s’abs ’bonde. LEPLAIRE DE BELGES, le Temple d’Honneur et de Vertus. Voix absconse. Voix profonde, caverneuse.. La propriété et nature de linterjection est. (rostre pronuncee dune voix absconse et stomaqueuse. G. Ton+, Champ fleur. L. III, 32 r°.

Absconser. Cacher. — I1 ha fallu_ pour ceste crainte que je me soye obligee par promesse et serment inhumain, de te deffaire et absconser en tenebres mortelles. LEMAIRE DE BELGES, Illustr., Il 20., — Icelle sublime Trinité, en laquelle sont abseonsez tous tresors de beatitude. P. DE CHAN- Gy, De l’Office da Mary, ch. 14. — Car les ]taux faictz du temps, et des gtans princes Sont abs cousez aux gens simples et minces. Jr. BoucnET, Epistree familieres du. Traverseu•, 42. — Et aultres cas ilz font pour absconser Vices latens. ID., Epistres moraies du Traverseur, II, x, 10. — Ainsi que ces choses se disoient, et se faisoient, le Su- la absconsé entierement en son giste fyrdinaire, fist celuy entremoyen du jour et de la nuict, que nous appelions entre Chien et Loup. AcrivoT, ist. "Ethinp, , L. V, 60 ro. —— Elle est absconsee des yeux de tous les vivans, et aussi est celee aux oiseaux du ciel. CALVIN, Serin. sur le livre de Job, 102 (XXXIV, 507). — Lors que les yens qui du Pon.ent enfonsent Parmi Piver les étoiles absconsent, Dis MASURES1 Eneide,. V, pi 214. Le vulgaire,.. distingue le jour et la nuict par le sentiment de la voue et des yeulx, prenans pour le commancement du jour, quand le Soleil com-


mance à se lever, et pour le comrnancement de la nuict, quand il est de tout poinct absconsé. AMYOT, Demandes dee choses romaines, 84. — Tout ror et l’argent, que les avares a, voient. absconse sou.z terre. THEVET, COSin-Ogr., fi, Absconse si tu veux, grand Dieu porte-lumiere, L’infatigable Eton dans l’onde. mariniere. Du MAs, ŒuQres aras es, 2.25. Enfoncer entièrement. — A travers le corps Lao rude glaive Ence lui enforise Et tout entier au dedans il l’absconse. DES MASIJP.E.S Eneide, X, p— 545, — Les Gentilshommes… ont dagues presque toutes absconcees dans leurs fourreaux. THESET, Cosmogr., XIX, 12. — (Cf. le premier et lo dernier exemple de l’alinéa précédent). S’absconser. Se cacher. — J’attens nia paix du repos de la nuict, Muid, refrigere a toute aspre tristesse:i lais s’absconsant le Soleil, qui me riuyj, Nec avec soy ce peu de ma liesse. MAU- RICE SCEVE, D 1 e, 106, — Le chariot du Pole Arctique s’absconsoit, tant Hz estoient Ares de FONTA IN P., IVO.r..Welles et Art- ligue Merveilles. — Le soleil disparant de, son lieu s’absconsa. SALTA.T, trad. d’ElÉe.opoTE„ VIL 37. Avant. qu’obscur en l’Ocea.n se bagne, Et sur la nuict s’absconse le soleil. DES ! l’USURES, Dapid triomphant, 1548. — Quand Orion rude et cruel enfonse, Et. parmi l’onde hybernale s’a_bsconse. DES MASURES, Eneicle, VII, p. 376. — Tout le haut ciel s’absconsa en tenebres. In., ib., XI, p. 564. — Les Mathernaticiens tous d’un accord disent, que ce que tous les mois elle {la Lune] &absconse est par ce qu’elle se vient joindre au Soleil, de la ]iuniere duquel elle est toute olTus- quee. ArsiyoT, Opinions des Philosophes›.II, 29. Il fault qu’ils passent par le pais mesure} où ces subtils rechercheurs des secrets de Nature veulent que le Nil se perde et s’absconse, THEFEr, Cos- onogr., II, 7. S’enfoncer entièrement.. — Amour si fort son arc roide enfonsa Pour esprouver dessus moy sa puissance, Que quand le traict delasché s’abs- corisa. Au fond du cœur d’eutiere congnoissance, a poincte entra au dur de rosistance. MAURICE SCEVE, Delle, 145. .Absccnser (substant.). — De l’Orion l’abscon… sein et la sourse Des sept Trions que ne baigne Tethys. DES MA.SURI1S, CEuv. poet.„ p.. 11. Absconsion. Le fait d’être caché. — Ils nom- ment son abSCOnSien e t cacherneat [de la Lune] les Calendes. AMYOT, Demandes des chose » ro-; II utines, 24. Abseynee, y. Absinthe. Absent. E’iloigné, séparé. — Absent de qqn, de qqch. — Par le moyen de la nos tre arnytié Qui veldt aussi que la moytié je sente Du deuil quia, u+ rez crestre de moy absente, MAROT, Elepies, 3, Ce que je sen’, la langue ne refuse Vous decouvrir, quand suis de vous absent. Du BELLAx, 28. — Quand je suis absent de toy, Mon Dieu, r11011. Dieu., quel esmoyi TA II 1J Pi F.. A LI Po es, , Ode 7. Quand du long de tes bords l’herbe verte elle presse, Seulete rechantant les vers de son amant, Qui comme moy se plaint absent de sa tresse. B.OF, Amour de Francine, L. I I (I, 187, Je veux chanter en ces vers ma tristesse Car sans pleurer chanter je ne pourrois, Veu que je suis absent de ma maistresse. RONSARD,. Amours de Marie, Chanson (I, 137), — Mais moy absent d’une Bene maistresse je ne vis, las, qu’en pleurs et qu’en. destresse. JEAN DE LA TAILLE, Elegies, 6.. — Or’que je suis absent du bel œil qui me tue, Cet heureux souvenir le presente à ma veue, Desportes, Elegies, I, 3. — Phylis, comment veux tu qu’absent de toy je vive… ? Regnier, Cloris et Phylis.

Absentement. Abse.nce, éloignement. — A tout le moins vostre consentement Soit de sentir nia peine aussi presente Comme fasch.eux m’est vostre obsentern.ent. N’ULM’DE SAINCT-ŒLAYS ? Œuy, poet., II, 125, var. — Le propos que j’ay autrefois ouy toucha.ut ceste fuyte et cest absentement est tort merveilleux et estrange. Ara YOT, lies Oracles qui on.1 cessé, 15. Absenter. Éiioigner, séparer. — L’on envoye ees nouveaulx mariez veau leur oncle po-u.r les absenter de leurs femmes, RABELAIS ? III, 6, — Je cogneu lors combien m’estoit nuysante La Volupté., qui de son doulx venin, Avec un bien tost passé’, DCWS absente D’un eternel, inflny et MICHEL D’AMBOISE, trad. du Pleur d’He- racIite, ch. 12. — Puis que mon fier destin d’avec- que vous m’absante. BAÏF, AMOUr de Frannine, Li, II (1, 190). — Ah chetifsi ne sentés-vous pa.s La. pale mort triste-riante Qtli vous talonne pas à pa.s, Et de tous vos biens vous absente ? ID., Poemes, L. III (II, 162). — Quand le Soleil ardent. veut un chemin choisir Qui l’absente de nous. Am. JAm y N Focs., L. IV, 107 ro. — M’absentant loin de toi, affin que ton absence Absentast ta beauté loin de ma souvenance. P. DE BRACH ? Amours d’A yrnée, Li. 1 Eleg. 3. — Afin d’aller veoir mon. espoux, que tu as desja absenté de mes yeux. N. bE \Iii\-TnEux, ler Livre des Bergeries de Ju- liette, ourn, J, 50 ro. —— La mort ta ravy au plus beau de ton aage, et ta cruellement absenté de mes yeux. 1D. ? ib., fourn. H, 100 re. —Sentant la ilere rnort pour jamais m’absenter De toy. BER-TAUT ? Sur la Mort de Caleryine (p. 185). — Quel sujet t’a de nous si long temps absenté ? De quel lieu reviens-tu tant de moi.s „souhaité ? ID., tra, d. du Liv. II de I’Eneide. A bsenté. Éloigriés séparé. — Tout me desplaist, -mais rien ne. m’est si grief Qu’estre absenté des beaux yeux de rna Dame, RONSARD, Amours de Cassandre (I, — Plaintes d’amy absenté de sa darne. VASQUEN PHILIE tra.d. de Pi’JTRAR- QUE, L. I, chant 14, Argument. — Et si de. vous après je me trouve absenté, Uri de.sir importun dans moy Ia peine augmente. BAÏF ?..-lni.our de Francine, L. I I (I, 152).. — Comme qui est dor- mant du songe espov ; _titté Se reveille en sursaut joyeux d’estre absenté Du peril entinent, où perdu cuidoit estre. MAURICE SCÈVE, MitrOCCieriie ? L. I, p. 18. Absenter qqn ou qqch. S’en éloigner. —Ou rnen- voyez voz membres alligeres Pour absenter ces puantes Tnegeres. MICHEL 10AreinülSE ? Babilon, 23 — Mais sil te plaist tant de grace me faitz Que briefvement ceste prison Pimente. ID.., ib., 85 v°. — Si tu m’absentes, 11113 laisseras en di- verses et variables pensées et solicitude_s. A. SE-trad, de BoccAckl, le Philocope, 5 vn, — Superbe cloitirt j’absenteray, aussi Ses grands bom- bons, et son ambition. Miai[M, DiAPili3OYSE5 tralt du Pleur de lieraclite, ch. — Depuis le temps que nous a.s absentez, Ne. sommes poirit des Eques demontez. Epistre du Lenosin, dans RA_BELAIS, jii, 277. — N’ayant tant de regret de me voir desseicher Mourant, que d’absenter cest œil qui m’est si cher. BELLEAU ? la Éergerie, 2e Journée (Ji, 50). — Trois fois, pour absenter ceste ingrate lu- rniere, Je me voulu plonger dans Ponde mari- niere. R. GARNIER, Cornelie, 411. — or lueurs donc, Cleopatre, et plus long temps n’absentes Antoine, qui t’attend aux rives palis8antes. Marc Antoine, 1904. — Son père et luy avoyent de Iong-temps absenté le pays.. RE ritietER DE LA, PLANCItE Hist. PEstat de France, I, 342. — Le mal que je souffre en moura.nt FA’si le reg„ret que ray, que mon œil vous absente. N. DE. MONTREUX, ler Liv. d-es Bergeries de Juliette, Journ. I V, 197 vp. — Mais je sçay plus que la grand’fermeté Qui dedans vous tient la meilleure place, Vous fait aimer, servir, suivre à la trace, sans absenter d’un pa.s vostre bonté. BRANTÔME, Poes. .(X, 434). — Consitifirez. mon cœur, vous le verrez dissoudre, S’escoulant de regret d’absenter vos beautez. BERom., DE DE VERVILLE ? Voyage des Princes falunez, 379. .S’absenter. S’éloigner, se tenir éloigné. — Il esioit au conseil venu, qui tant d’années au para vant s’estuit absenté de toutes compagnies. RA- BELAIS, IV, Anc. Prol. — Et pourtant se donne bien garde. cest amant, qui par un long trait de temps se sera absenté de sa Dante, de la raccoster puis aprés que bien peu. E. PASQLF1ER, le. Mono- L, II (.1 1, 4781). — Ainsi quand par fortune, ou quand par maladie Je m’absente de vous, ma. Muse est refroidie. noriis.iiitu, Elegies, 1. — t’absente, hastif, des faveurs de. ton P..oy. BEL-L E U Discours de M Vanité, S. S’absenter. S’écouler. — Sept ans peurent s’ab- senter Ains qu’elle Fust accouciree Du Élls, dont je vais chanter La. louange non touchee. RoNsAnn, Odes, 111, 3. Absenter (intrans.). S’absenter. — Je seray bien a.yRi-L vostre curé absente, car il est de ceux la desquelz la residence est plus nuysible aux brebis que l’absence. S1 FHANçots SAL4s, Lettres, 986. Absinthe. On trouve aussi d’autres formes Absince ou Absynlhe, DE LA Po R T Ep thetes. L’absint de ces mesla.nges. L. PAPONe Ilyenne Marguerite. Cf, alinéa, s suivants. Absinthe s’empli : pie comme symbole d’amer- tume, — Faisant deluger mes deux yeuix, Je masche Abstynce en mon piteux affaire. MAU-RICE SCÈVE, Delie, 50. — Si tu dis Miel, ton pen-ser est Absynse. FORCADEL, CEItv. pŒg. ? 1.69. — Il suerolt son absynthe, et sous un doux visage Ilecelloit la rigueur de sort mauvais courage. DES- POR.TÊS„ Elegies, 1, 8. — La Joneou.r d’une a.b- sen.ce est. bien pleine dia.bsinthe. BERTAUT e Com- plainte sur une absence (p. ai9). — Ma.riage sacré, source du genre humain, Qui rends doux les tra- vaux du cœur et de la main, Qui detrempes l’ab- sinthe au miel de tes delices. MoreTcHBF…sTTF, N, David, 1I (p. 213). Absinthe (masculin). — Boire je veulx le calipce et la. couppe Que m’a. donné le pere, et dans l’ab- sine° Très fort amer je trarnperay ma souppe. MARG. D E NAV., Dern. Pois., le NaPire, p. 406. — Voilà l’autel tout prest de gazons façonné ; D’al- pie et (l’absinthe blanc il est environné. D’Es-poRT Elegies, L. II, lct Pyrontance. Absoet. Ce mot semble correspondre au latin absit, soit absent. — Moes absoet tel vein 11.).’s, car nul obscur efùce Ce qe si cléremant se manifeste aus Cieus. TAILLEMONT ? la Tricarne, p. 62. Absolu. Achevé, accompli, parfait. — ray le deir content, et trion temps absolu, Dist le vie] Symeon de poil chanu velu. B. ANEALle Chant — Comme si je n’eusse au/tre thesor en ce monde, que de te veoir… absolu ut parfaict, tant en vertu, honesteté et preudhommie, comme en tout sçavoir libera.I et honeste. RABELASS, 11, 8. — Pourtant reste à ces vaticinations soinniales interprete, qui soit dextre, saige, industrieux, expert, rational, et absolu Onirocriles et Oniro- pole. ID., III, 13.

On trouve souvent. absolut, absolute, absolit. — Ceste absolute maniere. FABRI, Art de lehetor., 1, 84. — Ung mot signifiant puissance absolu te. PB. DE MARN1X, Ecrits polit. et histor., p. 196. — Elle a plaine et alsoIute authorité, Io., Diger. de la &lig., 1, Iv, Préface. — Pour en faire la reigle absolute de nostre Foy. 1D, , Lb., I, iv, 20. Jeudi abeolet. Jeudi saint.— Un Cordelier.,. un jour de jeudi absolut preschant de l’agneau pas chat. H. ESTIENNE Appl. pour er., ch. 36 {II, 265). — Et oignent l’enfa_nt de saint Chresme, consacré le jour du Jeudy absolu t. TilEvÉT, Cos- ’mgr., XIX, 19. — Le jour qu’on soiernnisoit la benediction du Chresme, qui estoit 1 Jeudy absolu. LE LOYER1 (JIU Spectres, VI I I, 3,.Le Jeudi absolu on fait le creseté, BEROILDE nr VERNILLEI Moyen de parvenir, Ordonnance (H, 251), — Nous faisons la communion le jour de Pasque, et, non du Jeudy absolu. E. PASQUIERe Lou a, IX, 9. — Estant allée le jeudi, qu’on ap- pelle absolu, pour accomplir les cérémonies de ceste journée.. AUBIC ri, Hist. Uniei., XV, 3, _ Aleolutement. D’une manière absolue. — Lequel se conferme en deux manieres absolute- ment et assumptiveme.nt. FAEUU, Art de Rhea., I, 83. — Nous respondismes, absolutement et reso- lutemen L. PH. u E MARN E X. ECrieS piqiC et hIstar., p.2171 — Si l’Elglise peut absolutement defaillir et apostater de son chef Jesus Christ. ID., if fer. de la Relig., I, iii, 3. — Si la doctrine et foy de sahicte refera Egiise Catholique Romaine se peut absolut(menl, trouver es livres des anciens Peres et. Docteurs de l’Eglise. ID, , ib., I., vt 1 aitre). — Le souverain Pontife est a.bsoluternent par dessus les Conciles, ID., ib., 1, y 2. Absolutoire. Qui porte absolution. Ice- lus_ eut bien ]audace de prononcer la sentence absolutoire en faveur des dessusdictz. SEYSSELI [rad, d’APPlEypi, Guerres civiles, IV, fi. — Des ta- blettes diversifiees de couleurs, et de lettres abso- lutoires, ou condamnatoires. J. BORIN, Terint- Nique, IV, 6. Absoudre. Détacher, libérer, Car ce, qui deust le rond lyer, le soult Ce, qui devroit bien fort contraindre, absoult, Rymes de PERNETTE Dur GUILLETe r)4. Dégager, délier [deuil serment, d’une promesse]. Et tous ceulx, qui sont joinctz a luy Par foy serraient a.ujourduy, Vabsouz de tour foy et que plus Ilz nobeissent an surplus A ieel]ui comme Empereur, OrmuoRP., Sainct Loys, L. III {II, 103). • il leur remonstra que ce avoit esté de gratis, et de sa liberalité, par laquelle ilz D’es- toient mie absoubz de leurs promesses. RABE- LAIS, I, 20. — Lycurgus… resolut de mourir, à Jin que ses citoyens ne peussent jamais estre absoulz du serment, qu’ils a.voyent fait entre ses mains. Am-yoT, Lycurpe, 29.. — Le presbtre Augure estant lié et obligé de tresgrands sermens, quil rie re..vellera jamaisles secrets des sacrifices, ils ne le veulfm tpas absoudre et dispenser de ces sermens la, en le de radant de presbtriso et le rendant homme privé. ID.., Dern.a.ndes des choses romaines, 99. — S’il advenait… que je faussasse mon serment, je vous absous tous de la foy que me devez. J. ion Iv, Republique, I, 8, L’air promené des vents, la marine orageuse, Le ciel tristement sombre et la terre espineuse, Comme absous du serment de leur fidélité, Ven- gent sur luy l’honneur de la Divinité. Du BAR- TAS1 2e Semaine, fer Jour, les Furies.. Pape… acquitta et. absent les Arra.gonois du ser- ment de tridenté. E. P.AsQuiER, Recherches, 111, 15. — Si tant est que nostredit decret ne les a peu ab- soudre du serment de fidelité et obeissance na_tu- relie quo les subjects doivent à leur Prince. Sat. Men, liar. et. Recteur Rose (p.1, 14). Libérer [d’une force, d’une puissance, d’une au- torité]. — Sainct Paul, apres..+ avoir d’et que nous sornines quittes et absoulz de la subjection de la Io y, nous ramene neantmoins puis apres à la doctrine d’icelle. CALVIN, Contre les Libertins, 19 .(V11, 207). — Par la prochaine session duquel estoit de l’obeissance qu’il a naturellement à l’Aimant absout et dispensé. RABELMS, y, 36. — Entrons en cette dignité [de Patrice), par le teneur de leur privilege, ils estoient absous et affranchis de la puissance de leurs peres., E. P.A.SQUIE R, Recherches,. II ! 9. — Ce fut luy [Bo- leslas] le premier, qui entre Ies Princes PoIacques porta le nom et Couronne Royale, à. luy octroyé par Othon troisieme, Empereur… tellement que Boleslas fut absout de l’hommage qu’il faisoit à l’Empire. T HF..VET„ Cosinogr., _XX, 3. Dispenser. — Les gensdarmes… se mutinerent, demandais estre absoulz de ! a gendarmerie. SEys- sEL, trad. d’APPIEN, Guerres civiles, V, 13. — Je vous absoulz de pain et de so-uppe, et vous dis- pense de ne valoir jamais rien. RABELAIS,.1..0 O. Jesus Christ ne leur est qu’un idole, pour les transporter, à lin qu’Ai se facent à. croire qu’ilz sont quittes envers Dieu et. le monde, et absoulz de faire aucun bien. CALVIN, Contre les Libertins, 17 (VII, 19S). — En Lacedemone, il Y avoit une loy, laquelle declaroit. les enfa, ns absouls d’aider à leurs peres en vieillesse, quand ils avoyent este nonchala.ns de les faire instruire en jeunesse. LA Nou EI Dise. pot. et mit., Vpf 138). Libérer [d’une dette], dispenser de la payer, Cculx qui luy demander nt des are absoulz de leurs debtes, quilz avoient faictes pour cause de la guerre et des séditions. SEYSSELI trad. d’AP- NEN, Guerres civiles, II, — A quoy s’accorde l’exhortation contenue au Pseaume 82, de faire droict au povre et. indigent, d’absoudre les povres et diseteux, et retirer les débiles et les povres de la main de l’oppresseur. C.ALviri, Instit., IV, xx, 9. Les articles principaux estoyent, Que ceulx qui devoyent fussent entierement absouls de leurs debtes. AMYCIIT, Agis, Dispenser de subir une condamnation. — A la requeste de tous il fut mis en liberté, et absous de cette condamnation. MONTAIGNEe II, 12 (II, 204). (Prononciation.) — El trouvera moyens Vous desiver de tous lyens, Et vous a.ssouldra par par- dons. ixiNooRE, le Prince des Sotz, Sottie (1, 234). Il fait., deffait, excommunie, assoult. ID., l’Es- poir de Paix (I, 176). — Ne croyez ja ce qui l’a contrainte de venir, que ce soit pour se faire souda de quelques homicides. JEAN DELA TAILLE, Ncgromant} Prologue. (Formes.) Indicatif présent. — Je vous abso- luz, et. delivre, et vous rends francs et liberes comme par avant. RABELAts, I, 50 (Il faut pro- bablement lire abenaz, comme dans ildition (le 1535 et l’édition sans lieu de 1537. L’édition anté- rieure à. 1535 donne absoubz). — La conscience testille avec les hommes, quand leurs pensées les accusent ou almoudent au jugement de Dieu. CALVIN, Instith, III, mx, 15, — La conscience atteste aussi avec les hommes quand leurs pen- sées les condamnent ou absoudent devant Dieu. ID., ib., IV, x, 3, Imparfait. — L’un les adrnonestoil de leur salut, les conressoit, et absouloit. RABELAIS, Scio- machie (111, 408). — Les voix des juges qui le condarnnoyent, estoyent une de plus que celles qui l’absouloyen t. Am Y OT, Caton d’thique, 16. — On trouvaqu’il avoit plus grand nombre de ceulx qui le absouloyent [Clodius] que d’autres. Cbcérnn, 29. — Caesar… declara publique- ment qu’il absouloi L. le peuple, et leur pardon noi l’offense et ]a felonnie qu’il z avoyent commise f : kil ceste guerre. ID., Antoirer, BO. Passé défini, — Balbinus rneu de pitié absolvit la femme ris Ia plrigerie_ SESSSEL, trad. d’Ar- FiEri, Guerres civiles, IV. 6. — Si firent tous deux grosse en queste de celluy traieté… Mais estant in- formez quil ny avoit eu aulcune chose mauvaise, ains que cela avoit esté controuvé.’pour le bien de la cité, absolurent tous celui \…PI sen retournerent. ID., trad. de TruuCYD1DE7 (256 vo).— Non seulement il absolut les A thenins de tout ains leur conseilla et les admonesta davantage qu’ilz eussent l’œil aux alTaires. M’on o.r, Alexan- dre, 13. — Le peuple non seulement l’absolut de toutes les charges el imputations que lonproposa contre lu y, ains conhinua davantage à l’honorer tousjours comme devant.. Ti, ,. Dérnmsthène, 21. [Les juges] n’abandonnerent point Demosthenes à ses ennemis… ains l’absoIurent. ID., ib., 24. Le peuple Thebain… ayant mis en Justice d’ac- cusation capitale ses Capi bines, pour avoir conti- nua leur charge outre le. temps qui leur avoit esté prescript et. preordonné, absolut à toute peine Pe- lopidas.MoriTAIGNE, I, 1 (I, Subjonctif présent. — Feu.,. monseigneur le conte de Ligny vostre dict cousin (que Dieu par sa grace absoille). LEMAIRE DE BELGES, le Temple ’Honneur et de Vertus (IV, 185), — A fin de ra, - mentevoir la memorable integrité du tresnoble Roy Charle.s. buitieme, que Dieu par sa grace ab- soulle. I n Legende des Venifiens, 2. — Il occit uostre ayeul de bonne memoire le Roy Laorne- don, que les Dieux absoullent, ID., If, 5 Les Epitaphes des feuz. boys Loys, unziesme de ce nom et de Charles son filz, VII I de ce nom, que Dieu absoille. Arc. Poés. franç., VIII, 91. Ne pensons point que Dieu nous alsoue, quand nous aurons encores un tel regret en nous, et que nous garderons l’offense qui nous aura esté faite. CA LVI N Serm, „sur le Douter., 122 (XXVII, 669). Imparfait du subfoncid. — Elle requist agi Sainct Père qu’il la Guye en confession et, l’abso— t de ses péchez. BRANTÔME, Des Dames, part, I", Jehanne Reynie de Naples (V1II, 166). — N’est ce pas plus d’avoir laissé la puyssance d’absouvre en l’Église, que de n’en avoir point laissé ? St FRANÇOIS DE SALES, Conleoverses., 11, vnt, 4. Absourde, v. Absurde. Absoute_ Absolution. — Puisses-tu forcené courant de terre en terre Durant ta vie errer pour ton absoute qu.erre. Poemes, L. III (II, 122). Abstenence, y. Abstinence. Abstenir (tram.). Tenir éloigné_ Mais plain- dre ce beau poil qu’au lieu de le retordre, Elle laisse empestrer sans ornement, sans ordre, sans presque en abstenir les sacrileges mains. JiaDELLEI Didon, IV (I, 206, Retenir, empêcher. — [Mon pere] A peine sceut abstenir son courage Que de ses mains ne fisc sur lm outrage. 0.. DE St GELA S et CII. FO NTA1 trad. des Heroides d’OVIDE, it (Intrans.) S’abstenir. — Vous perdrez temps, et la chandelle, Mieux vous vaudroit d’en abste- 9.2 114% DES AMIELS,.Pues. (1550) Autre dialogue MO- rai, p. ta6. (Prononciationi) — Ains Venjoincts pour ta pe- ’liter « que par trois vendredis consecutifs, si tu n’as de la chair, tu Vastienne d’en manger_ LA il I- E Y, trad. des Facetieuses Phi iCtS de S Ti ft A P B. 0 E XIII, 1.. (Formes.) Passé défini. — Les dames s’abstin- &en t de rire le mieux qu’il leur fut possible. ID., ib., XII, 2. Participe passé. — La recordation de la charité et bienveillance de ceulx à qui tu as hien faict Va_porte plus de plaisir, que la volupté que tu eusse prince en ton corps de laquelle tu te es abstins. J. Le BLONDI trait de Tu. Montrs„ l’Isle d’Utopie, L. II, 60 ro. Absterser. Nettoyer. — La sainte huile do- rée, laquelle comme un excellent. savon et pre- deux baume, est de si grande vertu et efficace, qu’il n’y a peché ny meschanceté si grande qui n’en soit obstersée et honnestement buandee. PH. DE l’IrlAnNIX] Dijjer. de la I I, iv, 22. Abstinence. Abstention, a.ction de s’interdire un acte. — La reste et solennité d’Apollo Tym- bree approcha. Et furent donnees treves et absti- nence de guerre dun costé et clautre, pour vaquer à icelle. LEMAIRE DE BELGES, J fa r., IL 20. Homme de grand intégrité et non hay des Fla- rnengz à cause de sa preud’hommie et abstenence de pillaige. ID-1 Chronique annale (IV, 49’0. Estans adoric rapportees ces choses à Antoine… commanda à ses gens quilz feissent abstinence de guerre. SEyssEL, tra.d. d’APPIE Ni Guerre Par- thique, ch. i. — Les armees dun costé et.autre es- toient en silence et. abstinence de guerre, atten- dons la respon.se. ib., Gu-erres civiles, Ti 11 Après toutes ces choses passées, y eut quelque abstinence de guerre entre France et Espaigne. LOYAL SERVITEU Re Hist. de Bayart, 26.— Ils sont esehappez outre ceste borne, quand ils ont ordon- né l’abstinence de mariage à leurs prestres. CAL- VIN, inStit. au Roy de France. — L’abstinence de faire est souvent aussi genereuse que le faire. MONTAIGNE III, 10 (IV, 15 ! } Désintéressement. — Le plus grand los que km donne aux Gracques, d’abstinence, de ne point prendre argent, est qu’en tous leurs magistrats et en toutes leurs entremises des affaires publiques, iiz eurent tousjours les mains nettes. AMYOT, Compar. de Tibérius et Cajus Gracchus avec Agis et Cléomène, i. Abst ! ner (s"), S’abstenir. Semblablement s’abstiner de manger Frians morceaulx. J. Bou-CH ET’Epiare5 morales du Traverseur, I, 6. — Ce- luy qui s’enyvre Par ehaseun jour et lu y mr.àsme se livre A s’enyvrer, sans vouloir s’abstiner, Ne de ce cas tant vilain decliner. Plus on se destine A mai qu’a bien, nul est qui s’en abstine. ID., ib., I, 14. — Un des grands biens qui en un Prince soit… C’est quand des biens de ses subjectz s’abstine Prendre sans cause. hi., ib., II, 11. — S’il fault deux jours de quaresme jeuner, Ou de manger de la chair s’abstiner. lui., ib., II, vin, — Ne controuvez vestemens dissolutz… Abstinez vous, et sur ce faictes pause. ID-, ib-, Abstract. Tiré hors, séparé. — Que toute am e ne survit, ains l’intellect, et que les intellectz abs- tra.ctz sont coëternelz avec Dieu. Lotus LE Roy, tra.d. des Politiques d’AntsloTE, I, 3. Commen- taire. — Dieu… ne peut en aucune façon estes co- gneu ny apprehendé sinon dune une abstracte, et retirée de. la contemplation de toutes choses terriennes. Pu. DE MAftNIX, Differ. dela Religbili, 1, 2. Abstracteur. Abetractear de quinte essence. Celui qui e-xtrail la_ partie la plus subtile d’une substance. — Pa_ntagruel, Roy des Dipsodos, res- titué à. son naturel, avec ses faictz et prouuses es- poven ta_bles composez par feu M. ideofribas abs- tracteur de quinte essence. RA PI ELA IS, L. Il, titre. — La vie treshorrificque du grand Gargantua… jadis cornposee par M. fiLlcofribas a.bstracteur de quirite essence. 1D, , L. I, titre. — Se, s Abstrae- teurs, Spodizateurs, Massiteres, Pre.gustes… et autres siens officiers [de Quinte Essence]. In., V, 19. — Je vous retic : ns presentement en estat office de mes abstracteurs. ID., V, 21. (Pa.r analogie.) Ceux qui enlèvent. de la subs- tance les accidents. — Oyez doncques que c’est de certains, purs, vrais, s ;…iinctz et justes elemens que je veux dire, lesquels les ahstracteurs, faid ficat.eurs, brouillons et hypocrites ont gasté… En-faUt— il VOUS a.dvertir touchant. les abstra.c- teurs, d’auta_nt qu’il y en a une sorte : on m’a dit que les plus subtils sont à. la Rochelle, pource que c’est une ville ti me, et que là sont les abs trac- teurs cerimonies qui se parent bravement de leur subject, comme entendus Philosophes, qui levent les aceidens de leur sustanee. BEROALDE VERVEL de par’Jen.ir, Notice (I, 160). Abstractil. — Je ne quiers pas par €…spesse d’envie… Surpa.sser tous en science abs- tractive. LErmAARE. DF, BEI.cE.s„ Oraiion (IV ! 326). — Par laquelle il differe des substances intellec- tuelles et abstractives, qui sont formées sans raa- tiere. Burd, instit. du Prince, 20. Abstraction. Enlèvement. — Achilles tenant à grand injure lahstraction de sa concubine Bri sets„. en conceut en son courage une terrible indi- gnation contre les Grecz. LE.MAIRE E BELi ; ES> 11, 15. Abstractiveiment. Abstraitement. — La, Prin- cesse Marguerite nest pas seulement moderee con- cretivemen t., à fin que je use de term.es de. logique, mais est mesmes icelle propre moderation abs-tractivement. LEMAIRE DE BELGES, Couronne Margaritique (IV, 67). A.bstraindre. Abstrainet. Resserré, réduit. a.0 dénuement. — Le rov mon oncle me presse tous les jours de. donner 1.aL’bataille, et eroy qu’il m’en presseroit eneores plus s’il sçayoit comment no-us sommes a.bstrainetz de —vivres. Loy AL SE RFTTE FI Hist. de Beyart, 54. S’aMtraindre. Se retenir. — Je— me, suis abs- trainct le plus que ray peu de rien luy respondre à toutes ses menteries. FABRE, Art Rhet., L, I, p. 262. Abstraire.. Enliwer. — La noble pucelle Cas- sandra se veit abstraire par force et violence, hors du temple de Minerve, où elle estoit courue à re- fu.ge. LEM A IP E DE BELGES, Ill ! IStr., I I 23. — Es- prit abstraict, ravy, et ecstatic, Qui frequentant les eieulx, ton origine, As delaissé ton haste et. do- Triestic, Ton corps conconds. RA RELAIS, L. III, à l’esprig de la renync de Na9arre. — En tel person- ’laie studieux vous voirez su.spendues toutes les facu.ILez naturelles… vous le jugerez.., estre hors soy abstraiet par ecstase. In, , III, 3.1. Extraire. — Un sommaire, qui est comme un elixir et quinte-essence, tirée et abstraiete, non seulement des harangues, mais aussi des inten- tions et pretentions des prineipa_ux personnages qui jouerent sur cest eschaffa.ut. Satyre Menippee, la Vertu du Caiholieon, Absumer. Absorber, consumer.— En roborant ilz [les cauteres actuels] absument et desseichent les superfluitez imbibées en la substance de l’os. MUR. PARÉ, XVI > 33, var. — Fa.ult eviter la te- meraire application des medicamentz cha.uidz et acres, apres que nature aura exfolié et jecté l’os carieux, de paour qu’ilz nlabsument la chair re- generee pour la munition de l’os et instauration de la perdue. ID., XVI, 34, var. Absumption. Absorption. — Par tel moyen evacuation et absurap Lion d’icelle [sa- nie] se fera beaucoup mieux. Am DRe PARÉ, IX, 6, Absurde. On trouve aussi absurd et a/moud-61e. Dnndelot avait tenu quelques propos ab-surclz di— la messe. BRANTÔME> Couronnas fran- çois CO, 26).. — Et pour epistre inelegante et lourde OU nulles sont. museynes mesures, Nulles doulceurs mais toute chose absourde. GER COLIN Bunit ft à. J. Bouchet, dans les Epi.56(res the. Traverseur, 66.. (Subst.) Chose absurde. — Il n’est aucun ab. surde, selon nous, plus extreme, que de maintenir que le feu n’eschaulte point, que la. lumie-re n’es, claire point,. MONTAIGNE, II, 12 360), Absynse, Absynthe> v, A bsinlhe. Absynthien. De l’absinthe. — Aneeptume. Sa, lee, acre, mal-plaisante… absynthienne. M, DE LA. E Ep ithetes. Abundance. D’abundance, En outre.— Notez uncores d.abundance que la lettre 0 est lettre La- tine. 0-, Tony, Chu.inp fleury, III, 54 vo.. Abundant, v. Abondant. Abundantement. Abondamn-tent. — Comme jay— dict et tosrnoigné tresabundanternent en plu- sieurs lieux de tout nostre Œuvre. O. Tom, Champ fleurg, 79 vo. Abus. Erreur ilans une croyance, dans une opi- nion, — umbroth, filz de Cam, regna_ Be- lus son qui fu.t surnommé Jupiter et deïfié par son filz, dant tout l’a.bus des ldolatres print ori- gine. LEMAILIE DEB EL G ES I I I „ — Ne me parragonnez poinci icy la Salamandre, c’est abus, Je confesse bien que petit feu de paille la vegele et resjouist. Mais je vous asceure que en grande fournaise elle ost comme tout auitre suffocquée, et consumée. RADUAIS, 111, 52. — Quand l’imaginant je m’oublie Cet abus con- forte ma —vue : Et ! ors l’aperçoy si belle en tan t. do lieux, Que si l’erreur duroit, je ne voudroy pa.s mieux, BAïlz, Amour de Francine, L. IV (I, 2.1")2). — C’est abus de pen.ser qu’une immortelle peur Allie tousjours frappant d’un riche homme le cœur. RoNsAEo, Hymne de l’Or {IV 1350). — Si nous cuidons estre eschappez quand nous aurons surmonté un mal, c’est un abus : car Dieu en aura incontinent une centaine. CALVIN5 Seren. S’Ut le Denier., 156 (XXVIII, 38kil. — Si par nostre or- gueil et n.os despitemens nous cuidons fouller Je- sus Christ au pied, et le tenir sous terre, c’est un abus. ID., Sertie. sur ia prophét. du Christ, 2 (XX IV, 614). — C’est merveille comment un abus si lourd a peu tomber en la teste des anciens Doc- teurs, veu que.ç’ont esté gens de. bon jugement, et qu’il y avoil beaucoup de raisons au contraire à ce qu’ilz ne s’abusassent point ainsi. CALVIN, inS- tit, , Per, XII, 20.— Or est ce bien un grand abus, s’on cuide Que d’inventer la fontaine soit vuide. LA Bo ETIE, Vers franç., à Marguerite de Carle. — Voyla.mon naturel, et si trompé. je suis, La faute vient d’Amour, non de rnoy qui ne puis M’eslon- gner de l’arcieur de te revoir presente : Si je suis abusé, mon abus me contente. RoNsARD, Elegies, Disc. 2 42). — C’est un ex treme abus, une ex- treme folie De croire que la Mort soit cause de la vie. ID., Elegies, II, texte de 1623 (VI, 311). — Ce seroit abus de penser que Charlemagne eust voulu avoir pour Pairs ou semblables à soy, ceux qui totalement despencloient de son a_uthorité et puissance. E. PAsQuiEn, Recherches, IL 9. — La folle au bruit qui de joye s’espasme Guide premier que ce soit son Pyrame : Mais son abus elle co gneut apres Que ! e Lyon elle apperceut de pues. BAÏF, Poses, L. IV (il, 174). — L’un pense avoir la raison, et.. s’abuse : Ment. et ne sait que l’inno- cent accuse : Le mesme abus qui jetta dans la mer Son frere a rn cestui-cy fait armer. ID. ! lb., L, V (II, 255). — C’est ung abus de penser qu’ung monarque se puisse. garantir et saulver son estai par la force. L’HOSPITAL, Reform.. de la..1 us- tirP., 2e part, (IV, 83). — L’ireur du paganisme-. laissa tomber cette grand. ame [Platon]..e en cet autre voisin abus, que les en fans e i. les virillars se trouvent plus susceptibles (le religion, comme si lao naissoit et tiroit son crédit de nostre imbecil- lité. l’iloYrAiGNE, II., 12 (IL 150). — Quels abus, quels mescontes nous trouverions en rostre pau- vre science I ID., ib. iil, 286), — C’est un abus de penser que ia force seule face les grands effects, LA NOUE, Disc. pûl. et mil., IX (p_ 226). — Il le fut [religieux], et fort bon catholique, encore qu’aucuns ont eu opinion contraire, mais c’es- toient abus. BRA NTÔNI El, Cap. frane., le prince de /a Roche sur Von (V 26), — Aucuns crurent que c’estoit un diable ainsi transformé, c’est un abus_ In., Disc. s’if les Duels (VI, 459). Erreur en ce que l’on dit.. — 0 beau Paris, je ne croy pas qu’llelaine… Fust de beauté autant. que ma_ maistresse ; Si on le dicl, certes ce sont abus. MAPOT, Epistres, 1. — C’est chose superstitieuse : et n’est que abus ce qu’en script Serapion Ascalo- nites. RABELAISt III, 13. — C’est abus dire que ayons languaigre naturel, In., III, 19+ — C’est abusque Pluton ait ainité. Proserpine, Si doux coing n’entre point en si dure poitrine : Amour regrée en la terre et non point en enfer. RorisAHD, Amours de Marie (I, 173), — Des vains destins de Francus je n’a,.y cure : Tels sots abus ne me vien- nent piper, ID., Franciade, 11 (III, — Il fut filz naturel du grand empereur Charles, et d’une grand dame… et non point d’une boullengère de Bruxelles ou lavandière (comme la pluspart du commun l’a. dict ce sont abus. BRANTÔME, Ga- estrang., Dom Juan d’Autriche (II, 139). — Aucuns en ay-je voit en Piedmont qui ont. creu et affermé que le diable le vint presser de ! a mort et remporta, Mais ce sont abuse ID., Capit, franç., M. de Sagvoyson (nr, 97). Erreur en ce qu’on fait, — Si les vers ont esté Palme de ma jeunesse, Les vers seront aussi l’op- puy de ma vieillesse. Du BELLAY, Regrets, 13, — ’as tu rien fait entendre à Fleurdelis de ma part ? — Nenny certes, Filadelfe car je sçay bien que, si je lui vouloir parler de vostre amitié, ce serait abus, elle ne s’y arresteroit jamais. JEAN DE LÀ TAILLE, les Corrieaus. I, 3. — Ha Sarmates ra- sez… Que] abus vous poussa pour venir de si’oing Priser ce mesprisé— ? g, Tragiques, II (IV, 92). Tromperie. — Fille, soyez en. habit cointe, Et vous parez de grands vertus Sans (aulx semblant, ne ris, n’abus Faire à eeuix dont estes acointe. A nt. Poés. franç., II, 19. — Cy n’entrez pas, Hy- pocrites, bigotz… Tirez ailleurs pour vendre VOL.Z. abus. RABELMS, I, 54. — Je ne l’eussepas creu : et me I’eust dit Phcebus, J’eusse dit son trepied et lui n’estre qu’abus. RONSARD, POditieS„ L. Il, Disc+ au car d. de Chastilion, Abusat. Abusé. — Il y en aura bien d’ahusats. PH. DE MARNIX, Differ. de la Relie., Additions. Abusement. Ce qui trompe. — Mon enfant, n’abuse jamais Ton cueur en ces orduremens Mon- dains, qui sont abusemens. Anc. Poe. franç., II, 240. — Leurs gestz ne sont qu’a, busemens Dont troublent voz entendemens. lb., V, 183. — Com bien d’a.busemens Font aujourduy plusieurs sup. postz d’eglise. J. BoicnET„ Epistees nun-aks.da l’raperseiir, III V„ 22. Abuseux. Trompeur. V. A busil. Abusif. Trompeur. — Les Lacedernoniens… porterent avec eu x grande quantité de menottes de fer, se confians en l’oracle abusif, qu’ilz prendroient les Tegeates prisonniers. SALIATI trad. d’HÉRODOTE, I, 66. — Enchanteur. Abusif ou abuseuxi M. DE LA_ PORTE, Ep iikete9. — Ce sont fables abusives, Mme ? DES ROCHES, Secondes Œuvres,. Rial, de Placide el Sei.5ere. Abusif de. Qui abuse de, ou qui trompe au moyen de. — Antigonus congnoissant le person- nage, ou la maniere de ces philosophes simulés, et abusif de l’habit et profession. Buné, ! neje, du Prince, édit. J. _Foucher, ch. 36, Abusion. Abus, usage impropre [d’un mot]. — Quelquefois on donne le nom de beau aux testes, aux fleurs, aux pierres, aux metaux et autres sem- blables : mais trop improprement et. par abusion. LE CARON, Diaiogues, 1, 5 (152 va). — Lorsque nous leur attribuons ta.ux éléphants] religion, nous ne la prenons pas en. sa propre signification, mais par une maniere de dire, et par abusion de lan- gage, et. par comparaison. AMER. PARÉ, Livre des Anifraanx, 45 (III, 768). Erreur, illusion, folie. — En reprenant rostre conclusion, Ou avez dit que œil faict plus qu’ouye, Touchant cela c’est tout abusion. Guitt. CRET1N, Debat sur te passetemps des chiens et oyseaux. — La première voyo, Qui tent venir par sotte abu- sion A heresie, est la presurnption Du propre sens de l’homme, qui pense entre Trop sain et cler de soy inesme et congnoistre Plus qu’il ne doit. 3RiNG0RE, Blazon des hrerefiques 1, 297). — Ne faire pas comme plusieurs, lesquelz ayant quelque bon moyen eleulx sauver qua.nt ilz se voient hors desperance apparente, se retournent a auitres in- certaines abusions, comme sont veut, divinemens, oracle. SEVSSEL, trad. de THUCYDIDE, V, 12 I8O ro). Parquoy concludz que c’est abusion D’estre amoureux. MArler, Rondeau. ; 10. — Jusques à quand emprises vaines Sans fruict, et d’abusion pleines Aymerez vous et chercherez ? ID., Ps. de David., 5. — Et de ces troys seigneurs ont faict yfiole, Estimant sens leur sotte abusion. MARC. DE NA17„ Dern. Poés., les Prisons de la Reine de Nav. iCp. 171). — Le vice est plus loué que la vertu, Tarit des humains le faux jugement em, ,. Jusques à quand, bon Dieu, souffriras tu Demeurer telle abusion sus terre ? Dis AUTELS, Repos de plus grand frayait, 5— 6-— Vierge com- bien de larmes Ay je faict pour aliarmes Pleine d’abusion I AsQurN PH[LEETL1L, trad, de PÉ- TRA11.QUE„ L. IL chant 9. — Ils entretiendront le povre inonde en telles abusions. CAT….viN> Serm.. sur le Deiftpr., 8I (XXVII, 161). — Plusieurs Maho- metans, qui eussent bien desiré entre en la liberté que j’estois pour se chrest.ieriner, et qui dotes, taxent du tout l’abusion de la reigle Alcoraniste- TnE-vvr, Cosmogre, III, 9. — Les Prestres, qui Ies tenoient en ceste abusion, estoient toue enchanteurs. ID., ib., XIX, 10. Tromperie, mensonge. — se dit aller raire le partage dune grand succession en Crete, Je croy que toutes ces choses sont paraboles et abusions. LEMAIRE DE BELGES, III, 7. — Il les tien- dra [les faux monnoyeurs] en telle subjection Qu’ilz n’a_uront ca_use de faire abusion. /Inc. Pciési franç., IV, 72. — Qui vouldra donc des nouvelles sçavoir, Qui ne sçaura des follies cent mille, Qui ne sçaura mainte abusion vile, Sans trop picquer l’en ferons souvenir. MAROT, BaltadeCI 2. — Apres que Mehemet eut ga.sté le monde avec ses a.bu- skons. THEVETI, COSffiCegr. VI, 2. — Un homme… qui n’estoit pas peu rusé à. telles abusions. F. BRE-TIN, trad. de LUCIEN, les Fugitifs, 1. Abusoire. Tromperie. — Suivant comme les autres les belles abusoires de ju.risdiction, et pos- session. ReCitliSe. BEROALDE DE VEE.VILLE5, Moyen de parvenir, Notice (1, 161). Abuter. Diriger vers un but. — 11 n’en fanon esperer que rentier rabaissement de la France, laquelle., estant de naturel martial et rernua.nt, aya.nt perdu ceste belle escolle martialle ou pepi- niere de guerre, ne se contiendroil jamais en paix si elle n’avoit quelque visee ou a.butter sa valeur et sa vertu. Du VILLARS, YfeYneireSi X (C1.)i Siabuter. Se diriger vers un but. — Il semble que rame esbranlee et esmeue se perde en soy- rnesme, si on ne luy donne prinse : fa.ut tous- jours lu y fournir d’object où elle s’abutte et agisse, MONTA IGN E7 I e 4 (I, 25). — Qui fest polir les ma.ux des mizeres humaines, Ne se doit abuter aux prosperes effetz. PAPONe 1a Constance. Abuter. Prendre pour but. — Avisez quelle cel- lule vous desirez abuter, car on n’en ouvre qu’une à la fois. BEPoALDF. oE VERVILLIii Voyage de$ Princes fortunez, 505. Fixer d’ava.nce tune date]. — Un Luncly matin qui estoit le jour abutté, nos estions tous à regar-der. BEROALDE DE VERVELLE,.4loyen de parereniej Enseignernent (I, 100). Assembler, réunir. — Quand iceux os sont tel- lement a.buttés et alliés, qu’entre iceux se voit quelque chose de diverse nature. AmBrL PAttÉ, L, IV, Table des arlieulations. — Ces lettres lettes et clese..hirees par Aubain, les pieces furent recueil- lies par un Gentil-homme amy de Garnier, qui les abute avec de la cire, et y ayant, trouvé la mort conjurée contre Iuy, tout aussi-tost Ies luy ap-porte. E. P.AsQurEn, Recherches, V, 8, Ad.clitionner. — Recueillez, par parcelles, tou- tes les sommes mentionnées pa.r cest article, o I les abutezi avertmes les dix ans vous trouverez les quatre mille ma.res. E. PASQUIER, Recherches, IX, S6. (1ntra_ns.) — Le Roy de ce pays-là. a tellement accommodé les passages, qu’il faut que tous voya-geurs viennent abuter à 1111 palaiSi qu’il a fait bas-. tir aupres des chemins.. BERICIA.LBE DE VERVILLF.1 Voyage dee Princes fortunez, 317. Abyame, v. Al.èie, A bisme, Acabrer (si). Se cabrer. — Un meschant che- val malheureux, un jour en s’acabrant villaine-ment, se renversa. sur moy. BRA A NIMPiEl Cap. franç., le mareschai Bellegkarde (V, 211), Acacia, Aeaele. — Suc de acacie.. m isn. R VIII, 25. Acacia (féminin). — L’Aca.cia blanche se pou.r-ri t. en l’eau. Du PIN F.-T trad. de PIAN E.p XIII, 9. (G.) Acadcralé. — Tournant ainsi à toutes legeretez et conseilz, on demeureroit assez perptex, confus, et academié pour ne rien entreprendre. DU FAIL„ Contes diEutrapel., 27. — Cou.rbet traduit p4 : u. assoié. M. Philipot —voit dans acadeinié : un em- prunt à l’argot du jeu : confus, déconfit comme quelqu’un qui vient de se faire décaver dans une aca.demie de joueurs. » Di ; e pourrait-on pas. plutôt voir dans ce passage un souvenir de la 2e Acadé- mie, celle d’Arcésflas, et de la. 36 Académir, celle de Carnéa.de, puisque l’un et l’autro professaient le scepticisme et niaient la possibilité d9 la eer- titu.de ? Aeadernien, Disciple de Platon. — C’est Ia. vra.ye Psycogonie de Platon, tant. celebre< ! par les Aeademiens. RABELAIS’V, 35. Academique (subs0. Philosophe. — Mais si cela seulement pique Quelque petit Academique, Laissés aller les corramtans. PASSERAT, PeeSieS% 166. — (Dans cet exemple comme dans les deux suivants, académique, académiquement me sem- blent employés da.ns un sens. élargi.) A l’académique. A la manière des discussions philosophiques. — Il nous faut en eecy proceder l’Academique, je veux dire monstrer par bio.nnes lAables raisons ce qui n’est pas, et timidement asseurer qui peut estre. P4sQuiER, Re- cherch-es, Acaderniquement. la ma_nière des discus- sions philosophiques. — Ce qui n’est que proposé, secoué, et disputé problematiquement et acade-miquement. CEA ri HoNe Sage : 5Se7 Préface. Académiste. Chien acaclémi.gte. Chien. savant. 31.1.nge-loup, chien a.cadémiste, Chien assez sa-vant alchimiste. Var. hist. et IV, 265, Acagnarder. Accoutumer à la paresse, à rina.ction, — Il n’y a rien au niroiric… qui acan- gnarde plus les gens que les jeux, voire jusques à tenir leurs sens captifz, comme une espece de sor-cellerie. CA.L’ItiN 5 Lettres, 3i51/— Jusques à quand, fils d’Hector, sans rien faire Nous tiendras-tu sur ce bord solita.ire, Acagnardez en paresseux sejour, A boire, à rire, demener l’amour’? HoNsA, RD, Francia*, 11.5. S’acagnarder, S’accoutumer à la paresse, à — Voila un homme que s’il se voidoit advancer, est assez sage, mais il est trop non.- cha.la.nt, il ne demande qu’a, s’a.ccaig, narder là sans se mettre a.0 hazard. CALVIN, Serm. sur le de Job, 20 (XXXIII, 253), — En ce-pendant par soins et pa.r labeurs par travaux aiguise nos cœurs Diversement, de peur que nostre vie Ne s’accagnarde en paresse engourdie. RoNsARD, Poemes, L. I, à Jea.n de la Peruse (V, — Tels que. sont quasi les corps des femmes,. qui s’accai-gna.rdent et moisissent sous rombre. F. BBETIN trad. de LAuc.J ENI A nacarsi.5., 25. — Il n’a garde de s, 5acaigno.rder en oysivetté, ny aux plaisirs do sa court. B RA NT13111 E, CaP. este., Charles-Quine (I, 29). Aeagnardir (s’)i S’accoutumer à la paresse, à l’inaction. — Avez vous eu Ta_ moindre raison de VOUS estre plustost acagnardis ouir le bailetrient de, vos troupeaux, qu’il_ vous jetter en guerre avec nous.,. ? Tu. DE BkZ.E7 Canti9ue de Debora, Para- phrase. — Ces Gaulois siestoicnt tant acanihardis après les femmes et les richesses qu’ilz avoient gaignées, qu’ilz entrarent en peur n’ausofen sortir de la ville. I’Vfoinuc, Comment., L. VI (III, Aeaignarder, Acagnarder, Acancer (7), — Mance ma. Carite a son pied de Pegaze L’escarpe blanc-tiré, qui en-ayie sa baze. L. PAPoN, Disc, à’line Painphiie 31)). — (Peut-être faut-il lire ajance.)

Acangnarder, A.cagnarder.

Acanihardir (s'), v. Acagnardir (s').

Acantonner (s'). S'établir. — Si le roy leur hailloi L [aux huguenots I à choisir pour s'acanton- ner au. royaume clo France, ilz n'en pussent sceu choisir Ling plus à leur commodité et adva.nlaige qu'estilyià [le port. La Hi.-}chelle]. I'vloNLuc, Comment., L. VI 011, 166). — Que si ledit I sei- gneur de Guyse n'eu.st. faict ce qu.'il list [en défen- dant Metz], l'empereur se feust aquantond dans lo coeur de la Fra.nce. ID ., ib., L. VII (III, 467). Acappaye. (Commandement nautique.) — Han amure, amure bas. 1-1 au Uretacque, Cap e.n houlle. Desmanche le heai,iline. Accapaye. flA.1312,- LAIS, IV, ap. Accapaye, hall , s'escria Jamel maistre pilot, accapaye. 1D., ib. — dans son Co66aire Nautique, décla.re n'avoir ja.- mais vu ce mot que chez Rabelais : « H est difficilP de préciser le sons que. l'auteur de Panteign.rel vou- lut donner à ce terme ; tenir la cape, ou poui'.;ser le cap en. ko lie. -à-dire piquer au vent et affronter la lame? Probablement. c'est 'apayer qu'a. voulu dire le curé de Meudon. II Acaration, Confron La Lion. — Confrontations, nenni:ions, 1 ih Ill s, aluns iules, letres royauls, com pulsoires, declinatuires, RABF.LAI, 111, 39. Acarer. Confronter. Acariastre, aucuns le (let-luisent de ze4-1, c'est à ffire. test( eomme aussi ce qui se dit en quelques lieux, tarer des te,s.-moins, semble venir de la. I-I.. EsTIE NENE, Con.- tormité> 'Vols jranfois pris du grec. — envoya prier ln rune de ne raire mourir ce malheureux qu'il ne Pu st premieremen L acaré à luy et affronté, pour le faire desdire des menteries qu'il di. oit de luy. BRANTÔME" Cap. franç.., Al. de Guyse (IV, 25a). Acearer à qqn une arquebuse. Lui tirer un coup d'arquebuse en face. — Buzarto le tua c•uelle- ment, luy a.ccarant une grosse arquehus de qua• libre dans sa cuirasse. BRANTffirt F..5 Cap. frane... Al. de la Pallice (II, 3'79). Acariastre. Fout privé de raison. — Gens soullzmis... à la Lune, comme... Foiz L'cervelez, Acariastres, Esve.ntcz. R4ÉkBELA15" Pantagr. Pro- gnost., 5. — De telle maniere de gens sont venuz cn avant je ne sexy quelz accariastres, lesqueIz pro tendent orguilleusement la doctrine de l'Es- prit, inesprisan quant à eulz toute lecture. CA I.- VINi InStit. p. 24. — JE rie ver lx point.. pour- suyvre tous les Lesmoignages que 1-os accaria.stres Sorboniques prennent inconsideri.ment ç et là 11e l'EscriilIFICI POUF batailler contre nous. ID. VI, p. IA304 — Mais ces accariastres [vertigi- nosi] imaginent bien une tkuLre chose, que n'a pas (lire sa.inct. Luc. li),, Contre tes Libertins, 21 1217). — Quand on a dict que S. Acaire gua- rissoit les a.ca.riastres, je ne doute point qu'on n'ait regardé à l'origine de son nom. IL ESTI E N N Apoi. pour Her., 28 (Il, 312). — n'a trouvé ne veu vine ny village en ces païs !à, oit il n'y ait belle troupe. de ceste parenté, marquez pour estre cogliPuz tds qu'ils sont, à sçavoir fois et LI.Ce- riastres, d'un Turban verd. TitKvET, Cosmogr., \T I, 5. — Noll pas que je suis si accariastre de soickriir cc! qu allegue Gesnerus, savoir qu'en ces luik •-L des Indes lesdits moutons, brebis et chevrys, xcedenl, on grandeur le.-s asnes d' Egyp te, ib„ XI, 20.— En nostre apprenons un se- cret, C'est quo celuy qui se croie. plus discret Que la commune, est. un acariastre.11.„ PfiksQuIEB, Jeux poetiquAe, II, 10. — Quo veut dire que Bacchus a fait ses guerres et conquestes aussi bien avec des femmes qu'avec des hommes? et que ses restes Orgiennes estoient celebrees de trois ans en trois ans, par des femmes folles et a.cariastres, avec des hommes? OUILL. BoucnET„ lre Seree 1'7), — Les choses es tans telles que dessus, je trouve- rois trés-estrange, que k commun peuple n}eust esti provenu de ceste malheureuse opinion mais encore le trouverois-je plus estrange, après m'avoir tout au long ouy, y per-sistoit, et esti- me.rois celuy qui serait frappé à ce coing, non seu- lement opi niastre, ains acariastre, E. PAser Lettres, XI C, I . — Ils nous aideront hien et einpes- cheront bien que ces meschants Huguenots aca- riastres n'entrent aux Estes- Men., Har. M. le Lieutenani (p. 881; — Lesquels miracles no peuvent estre mis on doute, sans faire. l'aca- riastre, et dementir les livres, les histoires, 1a foy et creance de tout le monde. CliARRON, le.5' Trois Veritez, I, S. — Il s'a.git d'un nostre ['rue qui ne soit ni paye.n ni publicain, mais sous la, discipline et correction de I'Eglise, et neantmoins n'est pas inconvenient quil soit reprouvé, acariastre ef obstiné. SI. Fru Nçors DE SALES. Controverses, 1, 11, 2, ileasaner (e). S'établir, s'habituer à rester chez soi, dans l'inaction_ — Les Normands, qui encor portent le nom de leur païs, s'estans accasa- nez en France, se sont aussi arrestc . en un lieu. froid, el. bon pour les pasturages. TITEVET Cos- mogri, IX, 2, — Faut-il quo PI thaquois, après tarit de vacarmes, D'escarmouches, d'assauts, de combats et d'alarmes, Soit désormais domt par un sommeil flateux? Faut-il que la vertu d un prince belliqueux S'acasane si tost...? J. B E ilijiANP-RE'P(15, Ulysse, I (p.1.6. ne permet que leurs. esprits s'abastarclissent ou accasanent en veduptez et exercices de nonprix. E. PASQUIER1 Pour-parler du Prince (I, 1031). oasaaé. Habitué à ne pas sortir de chez soi, à rester dans l'inaction. .' A present et l'un et l'a.utre peuple sont accasa_ne.z, et ne se soucient que bien peu de la marine. THEVET, Cosenogr., I, 12, — Quelques ignorans, accasa nez en France, qui ne voyageront jamais. ib.., IX, 8. — Quel honneur peut avoir cil qui accasané N'a jamais rait essa.y du sort ou il est na y.„? NuysE- Œuvr. poet., 13 -vo. Acaser (BI). S.Y„itablir, s'installer_ — 0 pie ces 1.Fauvres Anglois, qui s'estoinct a.c.casés (lespuis trois cens ans dans la ville de Calais, dolveril, maudire la lascheté et poltronnerie de celuy qui si laschenient laissa perdre une si bonne place ! MoN- Luc, Comment., L. III {H, 113). — [Le Loth] S'acase aptes en Gaule r et chassé de Oascorigno, S'arreste en Portugal, Castille et. Catalongne.Du I3,é1/4,wrASI 2e' Semaine, 2,e Jour, les Colonies. —Tout ainsi !es ma,çons de la superbe Tour S'en vont es- parpillez, acazer à l'entour de Mesopotamie. ID., ih. — La prodigue moisson et l'onde qui ruisselle Par cent mille canaux au long d'un si beau lieu Qu'il seinhle estre moulé sur le jardin de Dieu, Troublent ton jugement, et Le font miserable, Acaser au milieu d'un peuple abborninable. 3e1Jour, la Vocation.— On n'oust jamais pensé qu'il (Birague] deust abandonner Thurin, d'où il estoit premier président, où de longue main il S'eSt accasé et habitué. B aA N Tô isl Ei Iran t71- le ,ie.a.resehal de Bourdillon (V, 178. — Le roy René de Scicifie, duc de Lorraine et d'Anjou, airnoit fort les Gascons... et s'en servit fort, si bien qu'il y en eut quel quel u.ns qui s'y accazèrent. In., Dise. sur les Duels (Vl, 235. — Jehan de Bourdeiile_ s'en alla après aux guerres de Naples d'alors sous Charles, duc d’Anjou, et s’y acaza. In., Or. Pin. rie R4 Bourdeille (X, 66). Acaeé. — Vous ne treuvez pas que les nymphes fussent. accasées entre l’onceine I des mu- railles d’une ville.. leur séjour n’estoit qu’aux fo- rk-sts, aux fontaines, aux monta.gries. CnoLIÈRss, Re Matinée, p. 276. Estant à’Purin, je passay par devant. la boutique d’un courdonnier… lequel s’e9pelloit maistre Blaize, de la Réole, mais acasé a Turin. BRANTÔNIE, Couronnele fronçons (VI, 156). S’aca-ser. so fixer [près de qqn]. — Un Gentil homme de nos parents… lequel depuis quelque temps s’est aceazé et servilement attaché à une Damoiselle de beaucoup moindre, condition qui) luy. AuFnuiÉ, Lettres de poiriers de seiridre, ri37), Acaste. Agate, — sarde, crisolicte Louable, .Amatiste, jaspe ou acaste, Et ligure t’est convenable.., inc. Foies. franç., X I I, 281. Acatalepsie. — Qui a esté. cause… aux Pyrro- niens de mettre ces opposez entre les arguments de leur* acatalepsie, c’est à dire inco.mprehensibi- lité. LA RAMÉS, DiCtiediépe, 1, 44. Accablement. Éc.rasement, — Ayant veu à Six_ l’espouventable et irreparable accablement survenu il y a quelques années par la (-Meute d’une piece de montagne. St FRANÇOIS DE, SALES ; Lettres, 714… Accabler. Écrmer. — Il ne dura en son regne non plus haut de huiet mois, estant subitement anc..ablé en la ville de Viterbe de la ni— d’une chambre qu’il y faisoit..bastir. Pn. DE MARNIX, if fer, de la Religi, I I, 17, 3. Précipiter. — 0 champs plaisans et doux ! ô vie heureuse et sainte ! Où, francs de tout soucy, nous n’avons point de crainte D’estre accablez en bas, quand phis ambitieux Et d’honneurs et de biens, nous voisinons les cieux !.D E SI’0 RIES, Bergeries. D iscours (Intrans.) Succomber. — J’accable saufs ceci fk grand faveur que vous me faites… je suis si débile, que je ne puis soustenir le grand faix de Pesperance que me donnez. LARIVEY, les Tromperies, V, 3. Accagnarder, Accaignarder, v. Acagnarder. Accaler+ Sorte de bateau. — 2-’iLvecques ria5- selles, barques, gondoles… accalers, piragues, ca.- rabes, canoues, Li LOYER, Hist. des Spectres, IV, 1’7, Accapi. — Quand donc un homme se sentira en tel trouble, qu’il ne pourra point arracher un seul mot en priant Dieu, qu’il sera là accapi„ et. qu’il ne sçaura par quel bout comnencer, 5. ; 1 faut-il enc.orP1.--. prier quoy en soit. CALVIN, Serin. sur k Can.- tique d’Ezeeleias, 2 (XXXV, 545). Accarer, v.. Acarer. Ac ruer(sl. S’acharner. Ni °ru :. aux Loupz ceste coustume Ne fut, ni aux Lions, Que sur leur dispareille plume De s’accarner Pelons. Luc DE LA PORTE, tract d’HortA_cE, Epodes, 7. Accasaner, Accaser, v. Acasaner, A raser. Accatz. Afeure aceatz. Rendre confus. — Ce qu’il y a n’est qu’un trop petit cas, Pour en parler entre les rhetoriques, Entre sçavans, procureur± :… advocatz, Et. gens lettrez : test seroys mis acca.tz De, rio vanter devant les theoricques Et gens parfaietz, en carmes heroïques. Bounn G N Pierre Faiteu, Enpow en maniere de ballade. Acceint. Enceinte. — C’est chose estrange, que Dieu ait esté courroucé jusques-là, que d’avoir… ACCEPTATEUR abandonné aux mains impures et pollues des peuples infideles son sainct Temple… avoir logé ceste impure nation dans ce brave, rnag, ni fiqu c., et religieux acceint, r(Imme dans les tentes d’un camp. Du VAin,..11.-dit. sur les lanient. Éle Jere- mie, 2. _Accenser 1. — L’aulx° par trop les oreilles m’offc…noe Quand pour allu me a voulu dire nreense. Cir. FONT.AINV” dais MA ROT ! Upstres, 52. Aceenser 2, Assenser. enser, donner à ferme. — Tov qui ton hien a : -.7.ense et. terre, A quelcun qu’est rnaulvais payi ! _1r, A luy te fauldra, avoir guerre. Ane. Pois. franç., Il, 74. — M. de Sainct Paul nie dit que M. l’Abbé. avoit laissé d’ae censer l’abbaye, selon qu’il rn’avoil. donné pa- roule, pour quelques pa.rolles laschees de voire Bart, qui estonnerent les fermiers qui sioffroyent. FraNçois DE SALES, Lettres, 202. Acceptable. — Qui rne sera un plai- sir acr..eptable rra voir 11.amo-nr d’ung tel soigne : lu notable. Ft COLLERYE Epistres, 20. — Cies- toit un Refuge amyable, C’estoiL un Refuge parfaict, C’estoit ung Refuge acceptable.. CfmtpiaineteS, 1. — En ce faisant, il z obe.yssen I a son commandement et volurité : et font chose ag- greable devant luy : d’autant qu’il denonGe qu’il n’a. chose plus acceptable que obeYSSanee. CAL- VIN’InSat. 5 X, p.. 528. — Nous sommes… con- damnez et convaineuz dovani Dieu, auquel rien n’est acceptable sinon jusLice, innoe.cnce et pu- reté.. ID., ib., XI, p. 588. — Ils allumerent sur les autelz de Marmorine devotz et. a.cceptabIes sa- crifices au souverain Juppiter. A. SzviN, trad. de BoccAcE, h Philocope, L. IV, 92, — 11 n’y a riens plus precieux ny plus acceptable à Dieu que distribuer aux po-vres de la labeur de. ses mains.. P. DE CHANGY1 Instit. de la femme chrestienne, I, 8. Aulcun chien blandissoit A son seigneur, et lu v applaudissoi t., Quand le voyait notamment en Pi table, Dont en effeet estoit fort acceptable son seigneur, ainsi comme a eeluy A qui don- noit passe temps non ennuy. EldkluDENT, Apo- topées d’Esope, I, 121E. — ensemble appeliez Mon peu….1iinchise, en priere acceptable. D e i..\- -u-REs, trad. de l’Eneidie, VII, p. 336. — L’amour 1..st souhaitable et acceptable de soy sans lis autres ehoses, et nulle autre chose n’est n3.— plai- sante ny aggreablt.i ! sans l’amour. MoNTA[Griz, -trad. de RAYMOND SudioN, ch. 111). — Les arbres ne nous donnent pas seulement les fruicts, niais.. ils nous ]es donnent meurs, plaisons et accep- tables. 1D., ib, , ch. 11/d. — Et ne m’est jamais tombé en fantasie… que ]es services d’un homme qui a dix mille livres de rente, ou qui a pris Casai, ou derendu Sicne, luy soyent commodes et plus acceptables, que d’un bon valet et bien expe- rimen té. In., Ess., I, 42 {I, 364). — 0 que mon allie est satisfaitte de l’exercice de penitence que nous avons fait ces jours passés, jours heureux, et ac- ceptzd)les, et enemorables1 St ii’RANçois DE SALES, Let ires, 288. — Ceste excellence qui les rendoit acceptables, multiplioit en elle le desir de leur donner rentree plus. familiere qu’aux autres. BE- RoALDE DE VERVILLE.5 1.70ya5e CIÉS PrifteeS nez, p. 232. .acceptateur„Acreptateur cfc persemizes. Celui qui lient compte clesconsidérations depersonnes, qui fait acception de personne. — Dieu n’est point acc.eptateiir des personnes : niais en toute nation ceIlly qui fait justice luy est plaisant. CAL- VIN, Instit., I, p, — Dieu n’est point ac- ceptateur de personnes, pource qu’il ne discerne point entre le Grec et le Juif, pour en avoir l’un aggreabie et rejetter l’autre, seulement à cause de la nation.. ID., ib., VIII, p. 484. Acc eptation. ccep lion, action de tenir compte des considérations de personnes. — Sans accepta- tion de personnes quiconque est Advocat ou Procu- reur au Parlement, il jouit de c.e bene lice. E. PAs- Qu’ER, Recherches, II, 3. — Il condamna par con- tumace tous les coupables, sans port, fabveur ni acceptation d’aucuns. L’II osrrrAL Reforne.. de la Justice, 2e partie (IV, 149). — Rendre la justice au peuple, autant aux petits qu’aux grands, sans acceptation de personne. ID., ib., rie partie (IV, 369). — Fais et garde justice, sur toutes choses, aux pauvres comme aux riches, aux estrangers comme ait x privez, sans avoir acceptation d per- sonne. AUBIGNÉ, Hist. Unie., V III, 1. Accepter. Faire acception de, tenir compte des considérations de personnes. — I] (M’oit à un chascun faire drain, sans varier ny accepter personne. RABELAIS, II, 13. — Compte rendront. devant Dieu de leur faict, Et. ce, stuy la lequel aura m.ieulx faict, Noble ou Justin sans accepter per. sonne Sera sautvé. J. Boucius, Epistres’morales du. Traverseur, II, in, 6. — Il est dit, Qu’il n’ac- cepte point la personne des rans mais que sans considerer les riches ne tes povres il met la main sur tous. CALVIN, Ser. sur je liv. de Job, 131 {X XXV, •63-1611). — Nous demandons Veu que Dieu n’accepte point les personnes, pourquoy pardonne-il plustost à. l’un qu’à l’autre ? ID., ib.., 134 (X X XV, 105). — Sire, le Seigneur vit, qui n’accepte personn.e. Et n’estime les traits dont ! e corps se façonne. DES MASURES, David combat- if-mg, 1340. — Dieu, qui n’accepte l’apparence des personnes, a ses esleus par toutes les nations du inonde. E _ ? IViA n NI X Corresp, etMelange$„ p. 405. — Dieu est juste, et n’accepte point l’ap- parente des personnes, ni des tiltres, mitres, digni- tés, eathedres ou siegcs+ 1n., Dinar. de la Relig„ I, nt,’7. (Proncincia.tion,) — CELTOPH. Or a, puis qu’on Affettio.re pour A ffeerion, aussi dit on Accater, pour AecEpter el. pareillement Acceualion. pour Acceptation ? — PunAus. Vous 11’011 devez point douter : car nous suivons la prononciation Ita- lienne aussi bien en l’un qu’en l’autre. ff. Es- TLENSE, 2.0 Dial. du, long. franç. ilatian. (II, 250, -Vauquelin de la Fresnaye fait rimer accepte avec houlete, dans les Foresteries, 1, 6., et avec einplaite, dans les Sa. franç., L. III, à J.-A. de. Baïf. Accepter (subst.). — Comme le donner est qua- lité ambitieuse, et de prerogative, aussi est. l’ac- cepter qualité de soumission. MoyrAiGNEI HI, (IV, 75). — Le determiner et le distribuer appar- tient à la maistrise„ et à la rege.nce r comme it la subjection et apprentissage, l’accepter. In., III, 11 (IV, 155). Accepteur. Accepteur de personnes. Celui qui tient compto des considérations de personnes, qui tait a_cception de personne. — Paris… n’est point accepteur de personnes, rie sousteneur de querelles iniques. LE MAIRE DÉ BELGT.1 1, 30. —e Les graves do Dieu ne se donnent poinc.t.. aux ilomin.es pour leurs noblesses et richesses, mals selon qu’il plaint à sa bonté, qui n’est poinct accepteur de personne, lequel eslit ce qu’il veult. MARG. DE NAV" HepiCtin., — Dieu en vou.i- droict, saulver Et l’autre aux tourmens re server, Sans quelque esgard aux œuvres bonnes Ou bien mauvaises qu’il prevoyt En nous, pe- cheurs ? Dire il fauldroyct Qu’il hi st accepteur d c. personnes, —11brai à cinq personnages, dans P. Du VAL, Théâtre mystiqu£, p.11, 7, — Dieu, qui de tout. ordonno Selon sa saincte volonté, En justice, graco et bonté, N’est poinet accepteur de per- sonne. Ib., p. 182. — S’il eslit ceux que bon lui semble, il est, a.ccepteur de personnes. Pourquoi pIustost l’un que l’autre ? CALV[N, Serm, sur le liv. de Job, 49 (XXXII !, 616). — Si on dit, Et il sernbleroit donc qu’il fust accepteur des per- sonnes. Non est, car il n’cslit point les riches pour laisser les povres,.. On ne dira donc pas qu’il y ait acception de personnes en Dieu. Jr,. Serm. sur l’Ep. aux Ephesiens, 2 (LI, 266). — Dieu n’est pas accepteur de l’apparence des persones, mais en toute gent celuy qui le craint et fait justice, il luy est aggreable. ID., Bible franç., Actes des Apostres, 10 (LVII, 322). Acception. Action de recevoir, acceptation. Dorme faveur et ]e support à filtre D’acception à ceste mienne Epistre. CuETIN, Poes., au Nom de le _Royne Marie. — Les tresors mobiles, portatitz et transitoires des Empereurs Phelippes, et ! ac- ception diceux par le Pape Fabian, causerent le premier SCII/SMC. LEMAIRE DE BELGES, SehiSirteS Conciles, ro part. 111.1, 252). — le receoit et embrasse comme nouvelle creature, avec les dons de son Esprit. Ceste est l’acception de la- quelle parle Sainet Pierre. CALvIbt, p. 4O7. — Nostre justice devant Dieu est une ac- ception, par laquelle nous recevant en sa grace, il nous tient pour justes. ID., ib., III, xi, 2. — Les fil:tees sont justes devant Dieu, non point par leurs œuvres, mais par acception gratuite. ID., xi, 22. — Les saisons n’y font quières rien ; ny leur acception ny election n’y a pas grand lieu. BRANTÔt1rEE, Dee Dames, part I (IX, 227). De grand’aeception, De. grand prix, — Je ne te scat’(monsii-mr) ny gré nt’grave D’avoir obtins a la presente place. C’est ascavoir ta benediction Vau quel’ne m’est de grand’acception Pourtant que sI elle oust vallu de sot’Un seul dernier’, ne l’eusse eue de. toy. HAUDENT, Apologues d’Esopc, Il, 103. Pretendre acception. Faire accepter. — Puis, c..ela fait, luy pria par amour Se transporter, sil avilit_ le ioysir, Chez un brodeur avec. luy, pour choisir Aucun chasuble, en donnant à. entendre A ce monsieur, auquel voulut prétendre Acception, que les parroissiens Et thresoriers jeunes et an- ciens D’un certain lieu luy avoien t donné charge D’acheter un chasuble beau et large Pour leur curé. Aile. Pus. franç., VI I, 184. Avoir acception.. Faire acception, tenir compte. — Maisqu’ils soient gens de bien, je n’a y accep- tion De leurs estats, cela List en leur option. E. PASQUiEft, Jer.12. peet, , III, Elegie. Accès. Assistance. Si sa menterie Faiet perdre a l’un des plaidons son proces, Sera dam- né, sans y trouver acces. 3. BOUCHET, Epistres mordes— du Traverseur, II, v, Ft. — Compte en rendront devant Dieu, sans acces. In., ib, II, IT, 16. Accessenr, v. Assesseur. Accession. Augmentation, addition. —La sa- gesse divine, et l’humaine sagesse n’ont autre dis- tinction, sinon que celle-la est éternelle. Or la du- rée n’est aucune accession à la sagesse. Parquoy nous vola compagnons, I’dorarrAiGNÉ.1 I I, 12 1(II, 218). — Laquelle louange, puis que nous ne la pouvons incorporer en luy [Dieu], d’autant qu’il n’y peut avoir accession de bien, nous l’attribuons à son nom. ID., II, 16 (III, 1). — Nulle sagesse ne va si avant, de concevoir la cause d’une tristesse, si vive et entiere, par jugement, qu’elle ne souffre accession par la presence, quand les yeux et les oreilles y mit leur part. III, 4 (III, 309-310). Addition, chose ajoutée. — Si penda.nt que l’œuvre s’imprime, it m’en survient quelqu’un des oubliez, ou que l’on m’advertis.se d’a.ucun nouvel ouvrage, nous ferons imprimer à la fin du livre une accession, ou il sera mis. Du VERDIEfil Bi- Prét. (G.), Attaque d’un mal, accès. — De la il alla tout- jours do pis eu pis, niant toutz les jours quatre accessions aveques paroxisrnes subintrants, qui commençoit par rigueur et finissoit par sueur. Texte de 1562 dans G. — Quand le fehricitant a esté purgé par le conseil du Medecin, tous les fris- sonnemens, alteraticFns, degoustemens, lassitudes de membres, et autres telles accessions s}en vont au moyen d’icelle medecine„ Du FMI), Contes trEutrapel, I. Accessoire. Situation difficile, fâcheuse ; em- barras, malheur ! danger, — Lin chascun d’eulx (comme la coustume est en tel accessoire) estait diligent pour soymesrnes, sans prester l’aureille aux ailmonitions dés capitaines. Trad. des cinq premiers livres des Annales de TACITE, I, p. 9. — [Les Syracusains] sa_ultoient à la foule dedans lps- vaisseaux des ennemys, et environnans les Bar• bares, estonnez et esperduz de se venir en telle accessoire, les mettaient salis mercy à l’espée. AislyoT, trad. de DunDom, XIV, 18. — Apperce- vant que ceux qui estoient d’autre faction que mn y en la Republique, me dressoient des em buselies… je trouvay ceste seule eschappatoire et seureté e n tels accessoires. F.. BRET1N, trad. de Luci.EN, Phalaris, I,. 2. — Combien qu’au Roy et au Parlement demeurant la victoire, comme il eS- toit raisonnable, toutesfois ne desirant plus reve- nir en cet accessoire… jamais on ne parla depuis delta reforrnation des entreprises que l’on faisoit à Rome sur les Ordinaires. E. PAsQuini., Re- cherches-, 111, 28. — C’est un mal commun à tous boys, de ne recognoistre jamais leurs fautes, que quand ils sont visitez de Dieu, et tou- tesfois en tels accessoires., quand ils commencent d’avoir recours à luy, par une contrition de cœur, ils sont ses mieux aimez. In., Lettres, X1.1, 7. — Et doit le sage en tels accessoires esquiver le plus qu’il peut, tout ainsi que le Nautonnier cale le voile à la tempeste. ID., Recherches, VI, t 1, – Nous Nrisincs.„., la Picardie pillée et ravagée par l’Anglois, le Languedoc et la Provence par les Im- periaux, secondez par les Adventuriers François. Car en tels accessoires, le soldat qui delîend ne fait pas moins de clegast que l’assaillant. ID.,. ib., VI, 12. — Le D u.ché de Milan serviroit deplanche et passage, et en tel accessoire y avoit danger qu’en passant, le Roy de France ne s’en voulust faire croire. ID., ib., VI, 28. Emre, , Fe irŒiWr, tomber cri accessoire. — Ji.- pense bien que ledict M. de Bressuire fut en gra.nd accessoire, après ceste lettre receue, pour attrappr ledict M. de Sainct-Lou ; car s’il y manqua, ne fautpoint doubter qu’il [Louis XI] n’entrast en mediance de luy. BRANTÔNic, Cap. franç., le roy Louys Xi (II, 342). — L’homme se trouvant en telles accessoires de visions, si pour se resoudre i] n’a du conseil, il est en douer de souffrir naufrage et perte de son âme. Lit Loir E D.5 Hist. des Spectres, VIII, 12. — Quand Us rencontrent quelque païs estrange, ils sont à deviner, et tombent bien sou- vent. en tel accessoire, que de douze ou quinze Navires, • qu’ils tireront de leurs ha.vres, s’ils voyagent longuement, il n’en reviendra pas six bon port. TFIEvRT, Cos, nogr, , XI 5’14 : — Com- ment. estois-tu si sot, puis que comme homme de cerveau tu ponvois discerner aisément que Pori- gine de ton mal-heur provenoit de tes richesses, que tu ne les abandonnois, premier que de tomber en tel accessoire ? E. PASQUIER, Pour-parle• de la Loy (I, 1051). — Les Italiens craignans de tomber au mes me accessoire qu >a u p aravan t, si on élisoi t un François, jettoient toutes leurs opinions sur cri qui Fust de leur Nation. ID., Recherches, III, 26. — -N’attendons doncques point cille nous tombions en tels accessoires. ID., Lb., HI, — ceste mesme facilité le fit tomber en un accessoire de plus dangereuse consequence. In., LettreS, VII, i0. Uii M. Bûver, Advocat, mien voisin, es- tant._ tombé en pareil accessoire de maladie, où les Medecins sernbloient avoir perdu leur latin, luy convié de son instinct, avoit par la malvoisie, retrouvé sa santé, ID.„ ib., XI Xe 16. Meilre, réduire en accessoire. — Adva.nturiers, que la picque on manye Pour les choquer et mettre en accessoire. MAROT, Ballades, 9. — Cette sienne proposition, pour avoir esté un peu trop largement et iniquement intorpretee, le mit au- trefois et tint long temps en grand accessoire à l’inquisition à Rome. MON TAIGN E, I, 25 (I, 183), — Ce pli nous acquierera force lions amis Catho- liques,.. qui l’ern.pescheront bien de leur ccFsté [l’hérétique] et le mettront en grand accessoire. i : SnÉLÉ. Men., I ! ar de Al. le Lieutenant (p. 86). Encore ne seeust.es-vous les empescher [les Reis- tres] de passer, et, s’il n’y eust eu que vous et les vostres qui vous en fussiez rueslez… ils fussent venez boire nostre via jusques à nos portes et vous eussent mis en merveilleux accessoire, Ib., Har. de Al. d’Aubray (p. 206). — Si fut la ad verty que Craterus estait bleeé à_ mort, et s’en alla en diligence la part où il gisolt… et en plorant chauldes larmes, luy prit la nain droitte, detes- tant et mauldissant Neoptolemus, par lequel il avoit esté reduit à_ si piteux accessoire. AmYoT, Er.unène, 7. — Croyez que me reduisez en un es- trange accessoire ; car de vous desobeïr, ce m’est conscience, et en vous abeïssant, je crains tout. E. PAsguiER, Lettres, XII, 10. A.ccessoire. Faute. — Ceux qui ont icy escrit, ne tomberont jamais en l’accessoire du Cordonnier, lequel aprés avoir controllé ses souliers represen- tez dans un tableau d’Apelle, voulant outrepasser ce qui estoit de son art, fut arresté5 tout court, par ce grand Peintre. E. PASQUIER, Lettres, VIII, IO. — Charles… respondit… que c’estoit contre tout l’ordre ancien de Rome, et de la France, que le Roy ordonné de Dieu pour reformer toutes les fautes de ses sujets, permist que eeluy eust re- cours à Rome, qui avoit esté condamné par un Synode Provincial en presence de son Metropoli- tain, et que jamais ses predecesseurs Roys de France, n’estaient tombez en cet accessoire. ID., Recherches, III, 12. — Les Chirurgiens furent citez pardeva.nt la Faculté de Medecine, à certain jour, sur ce qu’ils ordonnoient des clysteres, apo- sumes et Mederines, tout ainsi que les Medeeins… et sur les remous trames à eux foictes, promirent._ qu’à l’avenir ils ne tomberoient plus en cet accessoire. ID., ib, , IX, âl. Accherement. Mine. — Visage, et acchere- ment asseuré, plein de mansuetude, et auctorité. BUDÉ, ÉM. Prince, édit. J. Foucher, ch. 8. Accident, Aventure, événem.ent. Ilarius… ordonna par escript en langue Grecque les acci- dens du jeune roy Fleury et de la rogne Blanche- fleur. A. SEviri, trad. de BoccAcE, le Milocope, L. VIE, 174 ro. — Le jugement qu’elle fit des pre- miers Essays… et la vehemence farneuse dont elle m’ayma… sur la seule estime qu’elle en print de moy… c’est un accident de tres-digne conside- ration. MoriirrA.PGINTE, 1I, 17 (III, — J’advoue- ray n’avoir jamais esté. proche dr. : quelques signa- . lez accidens, ou sinistres ou houreuN, que je Ifell a.ye. e.0 quelque advertissement, ou en songe ou autrement. MARC. DE VALOIS, ildinOireS, p. 43. Malheur. Il {Sénèque condamne. à mort] se (lestourne sa femme, et l’embra.ssant estroitte- men t„ comme par la pesanteur de la douleur elle diUtilloit de cœur et de forces, la pria de porter un pli plus patiemment cet acciderit. MON TAIGIbi E5 Il, (II1, 183).— On le condamna à estre pendu et estranglé publiquement… Accident horrible et inouy. In., III, 6 (111, 412). Accidentaire. Qui n’est pas essentiel.. — La e.xprirne la sustance de la chose défi- nie, et le naturel fond d’elle. Et la. description peint. et colore seulement la chose descrite par ses propriétés et qualité ?. occidentaires. SEBILLFTI, Art poétique, 10. — Pour oster de J’impression des gens, que (i.k.stk.. appeience charnelle n’estoit la cause dont nous a.ymons, avi. : 4 voulu mairitenir •, estre unecallse accidentairu, PASQUIEFII Mond- , p hi L. 1 732). — Les autre.s differenees sont casuelles, et accidentaires. J. publi que, I, 6. — cathedre Ifentre pas en la definition de l’Eglise., n’estant qu’une simple circonsionr.e RI-Titien-taire. Pu. DE MARNIX ! Dif fer. de la 1, 1, 8. — On peut bien suppléer ce qui est acciden- : taire en lino chose. Du lierm.F1— A rrests pron. en. robe rouge, 6. — Le moi equivoque se prrind tousjours en sa_ principale significa.tion quand il est mis seul et sans limitation, et. non jamais pour les ca.tions accidentaires et moins principales. St FRANçois DE SALES1 Def. de ta Croix, 1V - . Dieu a princireale.raent establi le Mariage pour la production et honne.ste nourriture des ennuis, et c’est sa premiere fin. La seciionde est accidentaire. ID., Vie devote, II I, 38. Qui arrive fortuitement, qui n’a qu’une exis- . tence temporaire. — Car si le ciel csmeut pa_r son cours circulaire La Flamme, l’Air et Mau, c’est chose accidentaire. J. nu CHESNE, Grand Miroir du Monde, L. V, p. 160. — Car la Fia.mme n’est rien qu’accidentaire feu Qui su.bsiste en Uri corps. ID., ib.., L. V, p. 168. — Endurans avecques pa- tience et longo.nimité le mal venant à cause de leurs peehez qui ne peut estre pour tousjours, n’estant qu’ateidentaire et. diabolique. LE LOYEll* des Spectres, VIII, (En médecine.) — Lo. resolution d’une partie CRUSO CüilVtliSiOrt neeidentaire à l’autre. Amurt, PA ne., VIII, 11. — Reste à parler hriefvemeni de fuivre accidentaire. ID., XX, 1, 25, var. — Icelles evacuations ne sont pas tousjours cri- tiques, mais symptomatiques ou acciclentaires. In., XXIV, 40. Aecidental. Qui n’est pas essentiel. — 11 est uxpeclient (le monstrer icy, non seullement quelles sont Ies indulgences, comma ils en usent : mais du tout que c’est à les prendre en leu.r propre et meil- leure. nature, sans quelque qualité du vice occi- dental. C’ALvui, V, p. 33-1. — Si 1a mort ayant son origine. de la clieute Photrime est oc- cidentale, la restauration acquise par Jesus Christ appartient. aux rnesmes corps, qui sont devenus mortels par le pc.., chÈ.i. ID., ib., 111, xxv, 7.— Le donner a.ctuel est. plus grand que le pu t-ntiei, J’in- terieur que l’exterieur, le substantid que l’acci- dental. MONTAIGNF..„ trac], de R..’,..ym.0, : “." SEB0N1 — Cette cy [la spirituelle beauté] estoit icy principale : la corporelle, accidentaie et se-conde. ID., Ess., 1, 27 (1, 233). — L’esprit a_ ses maladies, ses defauts… les uns sont accidentaux, et qui luy arrivent d’ailleurs.. CnARRoN, Sagesse, Qui n’est pas habituel, qui se. produit fortuite- ment, par accident.— En ces tenebres parfondes, et en maintes autres bru’i'nes occidentales, le Ires- resplendissant Escarboucle de SOn experieni., L.„ ha surmonté lespesseur des noires ombres de toutes ses adversitez. LEDITAIRE DE. BELGEs, Cou.- roilne Margaritique (IV, 151). — La disposition occidentale qui luy estoit o.dvenue par trop hu-. mer de puree Sep tenibraie. RAI% F A.LS II 7, — Si l’empeschernent de la langue ne vient. point d’un vice naturel ou occidental, mais d’une obstina- tion de ne vouloir respondre, je m’efforceroy par tous les moyens (le ce monde qu’il parle. Lo uv EAU. trad. des Facetieuses Nuits de ST RA.ÉFA ROLE, IV, 1. — Une mort non occidentale ou fortuite, mais premeditee, pourpensee et deliberee. MoriTAEGNE, trait de RAY mem) SI : BON, ch. 259. — ri se faut servir de ces commodite.z accidentales et hors de ni e n e : n tant qu’elles nous sont plaisantes, • mais saiLs en foire nostre principal fondement. ID., Essais, I, 38 (I, aos). — [Le.s Stoïciens] res- pondent, que ce mouvement de Pame est extra.or- dinaire et de.sregié, venant en nous d’une impul- sion estrangere, occidentale et fortuite. ID" II, 14 (Il, 393). — Pour éviter les autres incommoditez accidentales, que le mespris des hommes luy pour- roit a.pporter. ID., II, 16 (III, 3). — Je corrigerois bien une erreur occidentale, de quoy je suis plein, ainsi que je cours inadverternment mais les im- perfections qui sont. moy ordinaires. et cons- tantes, ce seroill, trahison de les osier. In., III, 5 (111, — Soit sur les ordinaires necessités, soit sur les aocidentales. O. DE SERRES, Theatre d…4- Vl 14. Accidentalemelit, Pa.r l’effet des événements extérieurs, et non par l’effet de la nature. — Bien que Ie.s hommes soient uns et pareils., quant à leur nature, si reçoivent-ils occidentalement. de rine- qualité en —valeur et en. pris. Mo NTA [Ut’E, trad. de ftiii.Thickxn SE, e0N, ch. 61. — Ce n’est donc pas proprement, mais accidentalement, qu’elle nous cause ce vertueux desir de profiter en vertu. FRA ri-çois D’AmBoisE, Dial. et Devis des Damoiselles, 11, 262 ro,. Relativement à te qui n’est pas essentiel. — Considerez accidentalement ils se peuvent appel- ler drogues Rui guerissent les estourdissemens de l’ame. LA NOUE,. Diec. peA. et mil., XVIII, {P. 397. _Fortuitement.— Depuis, Henry prospera telle- ment, Qu’o.ut Acquitaine accidentallement. BoucnET, Epietres familierce Traverseur, 1. — Et si perdray tout net l’usag„e des vrayes utili- tez, qui accidentalement la suyvent par fol& ? lef r>rir — T II, 16 (HI, 13). pluspart desquilles maladies [des vignes] viennent acLidentaluinent, ou du temps, ou d’imprudence. O. DE SE" ELRZSI Theatre d’Agric., 5. Aceidieux. Insouciant. — [La Mort] Adverse, ague, ardante, agonieuse, Accidieuse, avare, am- bicieuse. Anc. poe. franç, , XIII, a92. Accipe. Maistre Accipe (nom donné par plai- santerie à celui qui veut prescrire comme un mé- decin). — Dictes-vous vray, maistre Accipe ? — Pour mieulx &mener bonne vie Vous serez gail- lard assouvye prenant ce bon recipe. DE CoLLEmY rd, Dia1. de deue eniaris (p. 104). Accipier. Recevoir (mot forgé pour-railler les latiniseurs). — Les unes, pour tes divices, pre- tendent raccipier pour cenjuge. Epistre du Ly-mosin, dans RABELAIS, III, 275.

Accognoistre, Faire accognoistre. Faire con- naître, faire savoir. — En quel lieu peult e.I encore estre? — Je vous le Leray acongnoistre Devant que de moy separer. Sotties, II, U3. — Et de sa part, ll me fart accognoistre a ii..-oluntÉ, son pays, et son estre. F. HABEB.T, Voyage de oinine riche. — l Iês puis d'un puis dia.utre fera Jupitêr, ohé vrenourri, Peurs' oz uméins mortéls ne se têt ako- noêtre sa pa.nse. BA.ir, fié Bezognes d'Eziode (V, 342)+ Accointahl ee Accueillant, aimable, gracieux.— J e me sça.urois bien rendre à. chascun accointable, Et fa.çonner mes n-kœurs aux mœurs du temps qui court. Du BELLAY, Regrets, — commencea à devenir presumptueux, et à tenir plus de gravité qu'il ne souloit auparavant, sortant. des termes de Prince' courtois et accola la_bie à tout le monde, AblyoT, Romulus, 6. — [Aristides] se monstroit le phis familier et le plus gracieux qu'il pouvoit envers e-ulx, rendant semblablement son com- pagnon accointable à tout le monde, ID„ A ris- tide, 23. — Si estoye-nt les Capitaines d'Othon plus accointables et plus gracieux à, traitter et parler aux villes et aux hommes privez et particu- liers, que n>estoyen I. pas ceulx de Vitellius. ID., OthOne 6. — Il n'y aura point un despit pour nous estranger de nos prochains : mais... nous serons faciles et accointables, (.ALVIN., Sem. sue rEpisÉre aux Galafes, 317 (LI, 48). Cretee, ami aux Muses accointables, Tousjours aimant les carmes de]ec- tabics+ Dis MASUnE5-1, Eneide, p. 487. — Or n'oust il de rien qu'il eust ainsi esté gra- cieux, accointable et humain, s'il eust eu aupres de luy un chien qui eust effroyé et chassé ceuIx qui eussent voulu recourir en franchise à luy., Agi ici, Demandes des choses romaines, – Estre sobre en habits, estre Prince accointa.ble, Et n'ouïr ny fia-Leurs ny menteurs à la table. RorisAnn, Bocage royal (III, 202). — Un coeur femiriin, Qui doit estre tout benin, Humain, cour- tois, accointable. P. DE BRACII, Foui es s_Med., L. I, Ode. — Accointables nymphettes Et en toutes beautez uniquement parfaites. Guy OE TOURS, Paradis d'Amour (II, 20). (En paillant des manières, de la mine.) — L'unie luy mimes'. une bea_ulté notable, Ung clair esprit, une grace acointable. AILe. Poe.. franç,, I, 231. — Te voyant ]'autre jour chez mon pore à la table, Sans barbe et chevelu,. de visage accointabIe„ Jeune, doux et courtois, tu me guignas le coeur. RoNsmili, Hymne de l'Esté (IV, 306). — Ou bien soit vostre, maintien Difficile, ou accointable, Tonsjours, Dame, je vous tien Beaucoup craintes et. plus amiable. PONTUS DE T À Rli, Nota). ŒL(1), Chançun_ (p, 173), — Tant me plaisoit, son acueil accointable, Tant la douceur de sa grace traitable. BAÏF, Poeme$, L. IX (II, 423). — Elle a sa race amiable. Sa façon est accointable, P. DE BRACH, POelneS, 1J+ He Ode de la Paix. Mal aecointable. Dépourvu de bonne grâce; — Sa cholere qui estoit impatient», et sou obstination inflexible de ne vouloir jamais ceder à personne, le rendoyent mal accointable, et mal propre pour vivre et converser entre les hommes. Am Y OT, COTiOtall.1 t.— Quant à Nicias ses richesses le rendoyent envié, et trouvoit on sa maniere de vivre trop estraq,re, d'estre ainsi mal accointable, et si peu populaire comme{il estoit. ID-1 Nking, t t. — Combien qu'il fus!. fort doulx mai et fort hun de sa nature, st est-ce qu'à le voir au visage, il monstroit estre austere et mal accoin- table. ID., Phocion., 5. — II n'y a rien si contraire à l'amitié!, rie si mal accointable, que liestre fas- choux, chagrin, tousjours reprenant, et Lousjours se plaignant, ID.} Comment discerner le flatteur d'avec l'amy, , 2. — I IS prennent... un visage refron- né qui ne rit jamais, austere, mal-gracieux et mal-accointable. In+, De l'Avarice et conorg'ie ise d'avoir, 7 . Accointance. Connaissance, Kquentation, -- Ceste Thargelia e,stant belle de visage, et ayant borine grace, ONee Un esprit vie, et. doux langage, eut, l'accointance de plusieurs grands per- sonnages de la Grece. Amy eT Péri sr24. - Mon pore..+ rechercha. avec grand soin et despence Fac- .cointance des hommes doctes. MONTA1GN E I 1,12 (11, 14'2). — Nous voyons les cheva_ux prendre. certaine accointance des uns aux autres, jusques nous mettre en peine pour les faire vivre ou voyager separernent. ID.. ib. 01, 104). — Le grand sultan Soliman... J'envoya recherchez. d'ami- tié et a.c.cointance. linANTôm.F..., Cap. franç., l'ad- mirai de Chastillon (1-V, 207). Accointe. Amie, amante. —lF Ille, soyez on habit courte, Et vous parez de grands vertus Sans faulx semblant, ne ris, n'abus Faire à ceulx dont estes aceinte. Ane. Poés. franç., 11, 19. — Dame Venus ton accointe lita rait faire. ceste, nuict un beau chef d' oeuvre. LEMAIRE DE BELGES, ililter.7 8+ — Elle [Venus] est trop amoureuse et ac- cointe de Mars, le grand Dieu des batailles. ID., Concorde des deux Langages, Prolôgue. (Adj.) — Union. Concorde, simple..+ frater- nelle, conjointe ou accointe. M, DE LA Po Epi- Accointé (subst.). Ami. — Ce petit amas de rymes... lequel, en le lisant> sera suffisant,., de la faire regretter non seulement a ses accointées, relais aussi à toute personne de. vertu+ l'ou•oiNE n u Mo u rr1N# au.A! Dames Lyonewises, Préface des mes de Pernett.e du. Guillet. Amant. — Apollo envieux de lhonneur de Ve- nus, et pour causer despit et stomachation à elle et à Mars son accointé... refit signe de la main pour obtenir silence. LIEllpfAIRE DE BELGES, Iiiusfr., I, 34. Aceointement. Liaison. — Le venir} l'ouyr, Je parler, le touche.r Finoient le but de mon conten- tement, Tant que le bien qu'Amantz ont sur tout cher N'eust moques liou en nostre accointement. -1‘1_ AuRICE SIC:EFE7 Deir, Accointer (trans.).. Aborder, fréquenter. — Dante Prudence print la ires sale duchesse parta main, et dame Espe.rance acointa sa tres cluiere Mlle} e L toutes les aultres vertus les suivirent deux a deux. LEMAIRE DE BELGES, le Temple d> Honneur et de Vertus (IV, 235). — Ses meurs aiii,Yoyent de nature une certaine haultaineté et austerité ma- laisetr à abborder e t malgracieuse à accointer. AMYOT} Dion, 8. — Je peregrin.e... non pour cher- cher des Gra.scons... je cherche des Grecs piustost, et des Persans : j'accointe ceux la, je les considere. MoNTA.icru.., III, 9 (IV, 99). — n les fuyoit comme personnes excommuniees.„ personne ne les saluoil ni accointoit. ID., HI, 12 (IV, 193). — je ha y ceux qui su.ivent. le vice, Et leur deffe.ns de m'accointer. DE.srioaTEs, P.F. de David, 100. Se lier avec. — Ledict Seigneur de Bonnivet accointa peu à peu ce Gentil homme par telle doulceur et finesse qu'il ne s'apperceut de liocca.- s'on, mais l'aima si pa.rfaictement qu'après sa Dame c'estoit la créature du monde qu'il aimoit le plus. M4RG. DE NAV" Heptane" 14. — En sa jeunesse accointa le Capitaine Chabrias, et le suyvit., apprenant de iuy beaucoup de choses appartenantes au faiet de la guerre, et reciproquement aussi le corrigeant de quelques imperfections qu’il avoit de nature. Am vo.r, Phocion, 6.

— Amy, qu’en la prime jeunesse Vacointay chez le bon l’usait. Poemes, Li. IV (II., 202). Se familiariser avec. — Il appartient : à un seul ocrates, d’accointer la mort d’un visage ordi- naire, s’en apprivoiser et s’en jouer. MoNTA1GNE, III, 4 (III, 303). — Peu y a qui considerent les .maux en eux mesmes, qui les gour Lent et accointent, comme fit Socrates la mort. CHARBON, Sa- gesse., III, 29. (Dans ta phrase de Montaigne, accointe, — peut aussi bien signifier aborder, mais Charron, qui imite Montaigne, donne au mot le sens de se familiariser avec.) Avoir des relations d’amour avec qqn. — En tel païs portent pour marque d’honneur autant de belles hou pes frange.s au bord de leurs robes, qu’elles ont accointé de masles. MorvrArcm., 1, 22 (I, 131).. Disposer. — Si faut il, troupe eshaudie, Que je die Noir m3.-steres esba.udiz, Les celebrant sur ]a • harpe Weil écharpe Phebus m.’acointa jadis. O. Dr. MAe : NY, Gayete2., les Martinales. S’accointer de. S’approcher de, s’unir à.— Et la Veau se joint à un Amant Comme le fer s’ac- cointe de l’Aimant.. J. PAssERAT, Œtw. poet., I, 3-1. Aborder, entrer en relations avec, fréquenter. Cestuy marchant print dévocion de faire dire une messe toutes les !.iepmaines, et s’accointa d’ung prestre, appellé Jehan, qui luy di- soit sa messe tous 1*. ; samedis. Nrcoi..A.s TROYÉS, Grand Parangon, 30. — Et tu eusses suie y peut entre Non une fois, mais raille fois, Les Cours des Papes et des Rois, Sans t’accointer d’un si bon maistre. RoNsA.Rni Odes, V,. 24, — En disant. que Job s’a.cointe de Dieu, il entend qu’au paravant il s’es estoit retiré. CA.Lvms, Serin. sur le liv. de Job, 86 XXX IV, 315). — Depuis qu’il eut esté esteu capitaine, jamais il ne se trouva au conseil avec ses autres compagnons, ny jamais rte s’approcha ny ne s’accointa d’eulx. MelYoT, trad. de Di000ftE., XIII, 29. — Caton… s’accointa de Antipater Tyrien„ philosophe Stoïque… embra- sant l’exercice de toute vertu, avec une si grande, affection, qu’il sembloit proprement qu’il y Fust poulsé par quelque divine inspiration. ID., Caton d’Utique, Ii. — D’ernbas la troupe saincte autre- fois an-to-ureuse, Nous honorant sur tous, Viendra nous saluer, s’estimant bien-heureuse De s’ac- cointer de, nous. Ro Ns rup _Amozirs diverses, Chan- . son’à (I, 3fi5), — Hante les bons, des meschans ne Vacointe. PIBIIAC Quatrains, 35. — Une femme… s’estant à son lever accointée de ses voisines comme de coustume, leur laissa couler quelque mot de recommendation de ses affaires, TA rGNE, II, 29 (III, 122). — Et des trompeurs qui masquent leur courage, Je n’a voulu tant soit Peu m’accointer. DEsPort.TEs, Ps. de David, 25. — Fig.. : [Euripidesi conseille et commande aux gou- verneurs de fouir l’ambition comme une trespes- tilente et mortelle furie à cent’qui s’accointent d’elle. A m YOT, Sylla, 4, l’1"14-1CCUinter de. Avoir des reia.tions d’amour avec. — La 1)te.sse Venus daigna bien sacoirder de Iuy, tant quil engendra en elle le tort Eneas. LEMAIRE DE BELGE, 5, Ji/ 11, st r I, 22. — Celui pre- "nier qui de moy s’acointa., Avec.’sa mort mes amours emporta. Du BELLAY, Eneide, IV 342). — Ii s’accointa de ceste Laurentia, et l’aima tel- . lement, que depuis venant à mourir, il la laissa son heritiere de plusieurs grands biéns. AmyoT, Roneuly_s, 5, — Ln premiere Dame de qui Alexan- dre s’accointa en _Asie, fut Barsine, fille d’Artaba- zus, de laquelle il eut un fliz qui fut nommé Her- cules. ID., Eumène, 1. S’accointer à. Se familiariser avec. J’a y au moins ce profit de la cholique, que ce que je n’avoy encore peu sur moy, pour me concilier du tout, et m’accointer à la mort, elle le parfera. MoNrAiGNE, II, 37 (Hi, 201). Accoisement Apaisement, calme. — Fo cœurs, par les promesses sacrees que la divine Bonté nous a faites, demeurent tout à fait a.ccoi- sés. Et cet accoiseinent est la racine de ta tres- saincte vertu que nous appelions esperance. st FRANÇOIS DE SALES, Amtir de Dieu, II, 16. — Par un certain accoisement et repos que leur es- prit prend en elle [la présence de la personne ai- niée]. In., ib., VI, 8. — Toutes Ies puissances de nos aines entrent en un aggreabl.e repos, avec un accoysernent si parfait, qu’il n’y a plus aucun sen* tinrent que celu y de la volonté. ID., ib., VI, 9. — c sacrifice a esté appellé le sacrifice d’accoise- ment et de pacification. ID., Sermons recueillis, 30 {IX 28n Ac viser. Apaiser, calmer [au sens matériel’. — A ces chansons les chesnes °Teillez Abaisseront leurs chefs esinerveillez.„ Et par les prez les es ton- nez ruisseaux Pour t’imiter avcoiseront leurs. eaux. R.oNsAan, Pocme8, L. II (V, 262). — Le Beril que je chante, est une pierre fine, Imitant le verni— gay des eaux de la marine, Quand les fiers Aquilons mollement accoisez Ont fait place aux Zephyrs sur les flots reposez. BELLE AU AMOUrS des Pierres pretieuses, le Ber i1. — Calmez la mer, accoisez la tempeste„ Et ma navire avoyez d’un bras fort. _BAÏF, Poeines, L. II (II, 85). — Et toy, Perec Eternel, qui d’un mot seulement Accoises la fureur de liondeux Eiement. Du BARTAS, ire Se- "naine, 5e Jou’, — Visitez ceste mer par mes chants acoisee. ID., ib. — I uL pren pour m’asservir cet arc tant. redouté, Qui de Jupiter mesme accoise la tempeste. DESPORTES, Amours dllippoiyie, la. — (Au sens moral.) Tou Sour et tous ours j’aper- çoy Une grande tourbe apres toy Tachant d’apai- ser ses querelles. 0.. DE, MAGNY, OdfM I, 87. — Encores vous faut.-il d’un courage adcloucy Com- ploter quelque fin à ce discord icy Vous devez accoiser ce turbulent orage, Et sauver par pitié le reste du naufrage. H.. GARMER, Forcie, 875. — Accoisant et flattant les Mens felonnes Des Tigres affamez, et des ileres Lyonnes. BELLE AU, itenours des Pierres precieuses, les A MOILFS de — Le priant [Dieu)… D’accoiser en nos cœurs les passions diverses Qui naissent du limon de nos humeurs perverses. DU HANTAS, 1 Se- maine, 4e Jour. — La France en partis divisée Sent enfin sa rage accoisée. DESPORTES., Diane, L. Complainte. — Il nous faut la triste chan- son Dont accoise son marriçon La gente Philo- mele. R. GA a ritEn, Marc Antoine, 328. Mais tout cela ne peut accoiser les regrets Que j’a y de veoir un Juif grimper sur les degrets De ce Palais Royal. P. MArrumu, Aman, 111 (p. 72). — S’il est expe- (lien t. do vous plaindre à quelqu’un, ou pour rente- dier à l’offense, ou polir accoiser vostre esprit, ïl faut que ce soit à des anges tranquilles et qui ayment bien Dieu, St FRANÇots DE SALES, Vie devole, III, à. S’occulter. S’apaiser, se calmer. — Le doux Ze- phyre un doux souspir de.s.serre, Et tous muets s’a.cco.isent les ruisseaux. RONSARD, Arneurs 67— cassandre. _ Pa y donc, fay donc, Amour, qu mes douleurs s’apaisent, Que mon feu eamortise et mes 5011SpirS S58.CeoiSerit. BELLE A Ui BergeriA 2C fourni, Eclogue sur la guarison d’Amour. Le murmure des eaux leurs cours arnmoncelans Par les champs ravagez, ne bruit de telle noise Que ce chaos bouillant q-ui dans rnoy ne si’accoise. Am. JAMYN, Poesies, L. V, 165 vo. — Mon coa.ur s’esgaye et ma bouche n’est close, Voire rua ch.a.ir s’accoise en seureté. DESPORTES, PS— de David, 15. — L’ante recueillie en son Dieu, pou rquoy, vous s’inquieteroit-elle ? n’a. elle pas sujet do s’ac- coiser et demeurer en repos ? St FRANçois DE Sm, Es, Am-our de Diee..e, VI, 9. — La. guerre d’Ita- lie, par les grandes despense.s intérests des princes, s’accoise. AuBLoNÉ, Hist, Univi, I, 13.. Accoit. Acquiescement. — Combien que cha- cun des autres pays y— eust donné liberallernent son accoit, neantmoins les deputez de Flandres… de- mand.erent jour de retrette sur le fait de la re- cel : ilion de raadicte dame. LEMAIRE DE BELGES, Chronique annale (IV, 491). .A.cicoI. Accolade. — Mon col, qui eut Paccol de chevalier, Est aceollé de trop mortel collier. N[A- ROT, Etegies, 22 (C’est Jacques de Semblançay qui parle). Accolement, Accoler, v. Aecollemeul, Ac- Accolerye. Embrassement. — Relever fault son amy quant il elle, De cu.eur entier 4-bn doulce a_ccolerye Raison me rneult. R. LIE C01.1 n Ej Ron-deaux, Accollée. Accolade, embrassement. — Frere Ja.n de pari le diable, l’acollee, mon arny. A mu y la brassee… que je te esrene d+, — force de Vacoiler. Ii.AnELAis, I., 39.— Mille bons jours viendront de tous coste7….. Lors que de chere et grandes &cep- lees. MA Poo-r, Epistres, 43. — celle fin que… Ca- nope je puisse estre accollant, Qui en ta lettre est. pa.r toy recollée, Et que par toy j’aye son accollée. Jr Bo irCHET, Epistres lame. du Traverseter, 65. —- Par trois fois ressayay d’arrester vollee, Luy donnant de mes bra.s une estroite accollee. BER-T A UT tra_d. du 2e livre de 1’Eneide (p. 280). (Spécialement.) L’accolade die la chevalerie. — Ce Prince Sarrazin desira d’avoir Paccollee, par la main de ce vaillant chev.dier Chrestien. FAU-CH F.Ti Origines des chevaiiers, 1, 1. Acconement. Embrassement. — Venez, venez plustost donner contentement Par un plus dou- cereux et long accoliernent. GREvIN, l’Olimpe, p. 12. — Tousjours je desire Appaiser ce plaisant martrire, Qu’elle pourroit aucun.ement Contenter par accollernent, L. II de l’Olimpe, p. 263. — Approcha.nt de Monfort, les citoyens venoient, Qui d’un accolement Saluste bien-venoient. P. DE BRACIT Paernes et Mes-1., L. 111, VDyage en Go, 1/47- cogne. — Alors que tu entortilles Mon. col où tu. te pandilles D’un folastre accollement. GUY DE TOLIRS Mignardises amoureuses (11, 37). — Me proposant aller a.ux desirez accollemens, aux chers ernbrassernens de ma très douce amie. LA Fu-VEY le Fidelle, IV, Li. Aecolier> Embrasser en mettant les bras au- tour du. cou ou du corps. — Les meres larincly.rins de joye non esperee, coururent aux colz leurs treschers enfans, pour les baiser et bienveignier et les pucelles accollerent doucement leurs ires- desirez amis. LEMAIRE DR BELGES., I, 23. — Comment te va ? — Pa.r le corps bleu (beau sire) Je ne te le daignerois dire Sans t’accoller. Çà ceste eschine De l’autre bra.s que je Ves.chine De fine force d’accola_des. MA ROT„ Die de deux amou- reux, — Theagenes bouillon d’ardeur, et enra- geoit de combatre, de sorte que Chariclea, et [’Roy, eusrnes bien à faire à le retenir, en l’acconnt. yoT, H ist. 2Ethiop., L. V, 59 1.70. — 11alicorne feta de tous festoyé, salué, et. accollé à double rebras. RABELAIS„ IV, 4. — Ainsi tout mignard l’enfant nice Entre les bras de sa. nourrice La baise et l’a_colle cent fois.. BA : iie, Aïnou, de Francin, e, L. IV (I, 268). — Tousjours il m’accoloit d’une chaude ambrassée. Rom A RD Hyrnne de l’Esté (IV 205). — Si fut un spectacle fort. plaisant aux yeulx de ceulx qui ; y turent prescris de voir… les entre- veues et caresses des a.mis qui s’entrembrassoyent et accoloyent arnia.ble.ment. /es uns les autres. Amïo’r, Antoine, 35. — 0 la_ pitié de voir les meres desolees, De leurs piteux enfans tendre- ment acoIee.s, S’en aler d’huis en huis leur vie que- [’m'Ader. BAÏF, Poemeg, L. V {II, 226). — Ceste Andromache, à. qui l’estomac fend D’aise et de crainte, accolloit son enfant A plis serrez comme fait le lierre Qui bras sur bras les murailles en- serre. RoNsAlt.n, Franciade, L. I (III, 33). — A quoy cet euil qui luit S’il ne eaproche ? à quoy ces bras s>ilz ne m’accolon I ? A I_FBi(.. ; rd, Prirntems, 40 (III, — ào me dresse la teste, et mes deux bras je rue Pour cuider rembra.sser, niais l’ombre disparue Me frauda. tromperesse, et l’accolant souvent Je me trouvay tousjours n’accoler que du vent. H. GARNIER Cornelie, 706, — Je vouloyluy respondre alors qu’il s’envola, Et mon embrasse- ment rien que vent n’accola. 1)E…s’ion-Es, Elegie.s., L. II, Cleophon, — Thcoxena… aceolIa_nt cl-ea.u- de.ment son mary Suyvons ces garçons, mon ainy, et jouyssons momie sepulture avec eux. Et se tenants, ainsin embra.ssez, se precipiterent. MoNTAIGNE., II, 27 (III, 113’. — La comtes.se… remercia le roy, et puis vint. devant. tout le mande baiser et accoler de bon cœ.ur sort filleul. BRAN- riiÔfin Fi, Dise. sur les Duels (VI, 248). — Quiconque, viendra à ma porte m’annoncer la guérison du roy mon frère, tel courrier, fût-il Ias, arassé, fangeux et malpropre, je Pyray baiser et accoller, comrae le plus propre prince et gentilhomme de France. I)es Dames, part. I, Marg, , reine de Nay. (V111, 119). — Lors se tournant vers mov, Wang : plie à tour de bras, et tout petillant. Doux comme une espousee, à la joue il me baise. REGNIE.B., Sat. 8. — Les _bras qui son col plus n’ai.— coIent„ Tragiques., 1 rIV 45). (Au figur6..) — Aussi affin qu’encor un coup raccolie La court du Roy, ma maistresse d’es- colle. MAROT ! Epistres, 43. — Je ne te prie pa.s de me faire enroller Au rang de ces messieurs que la faveur accolle. BELLAY, Regreis, 96. — Si tu n’accroies la mort, au moins tu luy touches en pa.urne une fois le mois. MONTAIGNE, 13 (IV, 2FÉ7). — Jà la vigne amoure.use ;..lccole en mainte sorte D’un bras entortillé son mary qui la porte. Du BAHTA$., ire Semaine, 3e Jour. — [Le herre I corrompt et ruyne la paroy qu’il accole. MON- TAIGNE, I ri 10 (IV, 1-26). Accoler qqn de qqch. Lui en entourer le cou. — C’est le sainct nom du pape, qui accolle Les chiens d’Enfer (s’il luy plaist) d’une estolle. MARCFT, l’Enfer. Porter sur le cou. — S’il me faloit acoller un joug si rude, quo d’estre tousjours occupé apres toy en ces spiritualit.ez, je ne le porterois gueres loin sans le. secouer, et gagner les champs. Trad. de GSLLL„ Disc. fantast. de /cadi ?. Tonnelier, Disc. 10 (p. 335). Acconetter. Prendre par Ie conet.— Ung des miens accolletta celuy qui portoict l’enseigne, mais il se deffict bravement de lu : ±, r, et sauta dans le ChOlnin. MONLUC, CoMenenli, Li II (I, 425).

Accolt, v. Accort.

Accombler. Combler. — Ottroye moy, je te prie, ô Boy Jupiter, que cestuycy qui rra ha accom- blé de tant de maux, soitpuny selon ses d01.1-w- rites. LEta A IRE D F.. BE ToriES, IlietStr., I I, Porter au comble. — Je vous supp.ly, accornblez vos effors A ce coup ey. COLIN BucatEn, Poesies, .107. Acconibié. Rempli+ — Si Mort est Here, et ses faits desreiglez, Si est Amour dangereux et fa- rouche, Et tous ckux sont d'inconstance. accomblez. LE mAIRE. _lit BEt.GEs, let Conte de Cit,pitk et d' Atropos (III, 42). EsÉre accomblé de ses souhaits. Les voir accom- plis. — Or estoit oile [Hélène] alors... toute envi- ronnee de pompe et de delices royales, accomblee de tous les souhaits que femme de prince sauroit demander en ce monde. LEMÂ1PLE DIE BI.ILGSSI ilittStr., II, 4. Accommencer. Commencer.— Je seray forcé e recepvoir la mort ja acommencee, MAuRicE SCÈVE:, let Deplourable Fin de Fia effet eh. 43. — Si les oeuvres sont. esthnées en elfes-rnesmes, elles ne m.enaceront pas moins l'homme de rire de Dieu par leur imperfection, qu'elles luy tesmoignwiont sa benevolence par leur pureté tellement quelle- ment accommencée. CALvIN, VI, p. 290. Les fideles, cependant qu'ilz sont environnez de leur chair mortelle, sont encares pecheurs, et leurs œuvres seulement acommencéese ID-1 ib., \fi, p. 408. — 11 semble aussi qu'il vous ait reservé les aultres moic.ns d'amener à perfection ce qui] luy a pieu d'accommencer. I D lf.ttres, 3950. — J'acommence mon oeuvre par l'exalta- tion d'aucuns grands capitaynes. BRAN7ÔNEI Cap. estr., Charles (pin, Cl, 9, var.). — Il delria et fit signe de la main avec. le gantellet, et de la voix, au capitaine La Mole., d'acconilnencer le combat avant les autres. ID., Cap. estr+, Alislterand Man- druzzo (1, 347-348. — Ainsi ledict prince accorn- mença la guerre. Ire., Cap_ /rami., le mareschal de Vieilleville (V, 52).. — Elle accommençoit ses pro- pos toujours par l'amour de Dieu. ID., des Dames, part. II (IX, 582). iAvers un infinitif complément). — Fiamette... acommença a regarder, MAuRICE SCÈVE r la Deplourable Fin de 'lao te, ch. 17. — Quant. ilz acommencent a aymer. ,, ib., ch. 19_ — Eux se mirent à. luy jettera force 1..au béniste... et accom- mençarent après à faire hiurs exorcismes et orai- sons. BRANTÔ/i1E, Cap. este., le moresekal d'Es- trozze (1I, 256). — Souvent en vers j'aceommençay d'eserire. VAsQuir.; PHILIELTI trad. de PETHARQUE, L. 1, S. 5. (Sans complément.) —I l faut maintenant ve- nir à nos braves François.... Et pour mieux accom- mencer, je viens a nostre brave et gentil Foy Charles VIIIe du nom. 13n.ANTibIE, Cap. cari, le mareschal d'Eserozze (li, 282). eaccornmeneer. Commencer. — Là_ où s'aceorn- mança. un grand combat et si furieux, qu'on oust digit que ce fût esté à bon escient. BBA rirrô M ri, Cap. franç., te grand roy Henry11 (III, 255 Accommodeible. _.4e-columodable à. — Que l'exercice soit un, accommodable à plusieurs et à tous, qui. est le propre office de la gymna.stique. L. LE Roy, trad. des Poliliques d'ArusTorE, IV, L — Le proffiet et Putilité luy est accommodable [à la créature], non pas l'honneur. MONTAIGNE, trad. de RAYMOND SE.noN, ch. 181, — Plutarque a les opinions Platoniques, douces et accornmo- clables à la société civile. ID., Ess›, I I, 10 (11,115). —Chacun i qui mieux mieux, va plastrant et con- fortant cette creance re.ceue, de tout ce que peut sa raison, qui est un mil sou.pple contournable et accommodable . toute figure. In., II.. 12 (II, 290), — [La raison] C'est un instrument de plomb et de cire, a.longeable, pioyabie, et accommodable à. tout biais et à toute mesure. IDi, il?. 01,ue), Accommodateur. — Quant. à ceste accommo- dation d'oreilles, dont vous avez parlé naguore, comment se fait-elle? y a-il maintenant en la cour des accommodateurs d'oreilles?... Ou bien ceste accommodation d'oreilles se fait-elle point par le moyen de quelques pendants qu'on y attache? H. ESTIENNE:, 2e Die du Lang. rai ç. (11, 26•). Accommodation, v. Accommoder. Ac commodément. Dune. façon appropriée, convenable, commode. — Proprement et accom- modérnent parler des choses basses et petites. BuD E, Instii. du Prince, ch. 15. -- Il ne fault pas requerir d'elle Pa science harmoniqu el, qu'elle donne la cognoi7-sa.nce, et qu'elle puisse discerner, si. le poëte a biF.ri pris proprement et accommo- deement pour ex_emple en musique, la mode Hy- podoriene en. son entree. AMYOT, .De la Mzdisipe„ 33. — Nostre vertueux pere-de-fa.mille se main- tiendra gaiment en son mesnage, y vivra accommodérnent. O. DE SERRES5 Théâtre d'Agric., 'III, 17. _-grippa d'Aubigné blâme l'emploi de ce mot Encores voudrois-je, disoit maistre Gervais, que cette Grammaire Fust chastree d'une grande quanti Le d'adverbes, comme... spirituellement, ineffablement, accommodement... cet. accommo- dement est ternie de haute voilerie ou de gibe- ciere, ou style de bourreau pour raccommode- ment de la corde au patient. Faeneste, 11E, 22. Accommoder. Disposer en vue de la commo- dité ou de la beauté, rendre commode, — Pour accommoder ma maison, jé di liberlé dedans huic- laine dernolir iceluy figuier, RATIELÀ15 IV, An- cien prologue. — Je. luy dy... qu'il luy sieroit mieux.„ de laisser à son fils sa maison principale, car il n'avoit que celle-là de bien logée et accom- modée. MoNTLEG.Ne., I1, 8. (II, 84.). — J'accom- rnodois nia grave, agençois mon visage... Je von- lois sembler belle. Ft.r.GNIER, Phylis. Accommoder qqn de qqch. Lui fournir qqch, mettre( midi à sa disposition. — Themistocles... s'enfouyt une 'valet du royaume des Molosses, avec leport et aide du Roy qui le feit accommo- der de toutes choses. Amyot, trad. de DlorioRE, XI, 22. — J'en ay escrit à ceulx de Lectoure... et aultkes villes de mon gouvernement, qui sont sur son chemin, le recevoir et traiter humainement et l'a.ccomm.oder de ce qu'il auroit besoin. MoNwic., Leures, 140. — Ceulx de Tarbes ont grand ne-. cessité de pouldre.„ Je vous prie, Monsieur, les en ii•oulioyr taire accomoder de quelque quantité, laquelle Hz veuillent bien payer. iD„ ib., 239. — L'Empereur Claude... List Faire le canal Fncia, pour accommoder la ville de bonnes eaux. J. Bo- n [Ne RepUbliqUej VI, 2. — Voulons nous entre ay- rnez de DOS enfans?... accommodons leur vie rai- sonnablement, de ce qui est en nostre puissance. MONTAMNE, II, 8 (II, SI). — Il... pria ce jetu garçon de l'accommoder de papier, plume, ancre, cire et, cachet, pour faire une couple missives à quelques-uns de ses amis. Var. hiet. e tin., II.7g• Quant au Basteleur, i1 fut prouvou d'un estai plus honorable et fut accommodé de biens. BE- ROALDE rr EVtnvitts, Voyage des Princes tortu- nez, 52.

Accommoder qqn de qqch. Le lui prêter. — Ceux qui accommodent autruy de leurs biens, en de- n'eurent tousjours seigneurs, et possesseurs. {{sc| J. Bodin, Republique, I, 9. — Va-t’en chez mon cousin René, et luy dis que je, le prie bien fort qu’il m’accommode pour une heure ou deux de son pourpoint et chaus, - ; iLs de. satin incarnat. et de son manteau de tafias, il qu’il te les baille tout à ceste heure. Tou R.Nu.si.ti, les Contens> II, 6. — J’ay envoyé pa.r toute la. Sicile chercher argent d’em- prunt aucuns desquels nous en ont liberaleniient accommodé. F.. BRET1N, trad. de Lucurq, Epistres de Phalaris, 62. — Il s’advisa. d’escrire à M. Lain- pas, son cousin… et le pricit bien fort de l’accom- moder de son coche pour deux ou trois jours, T A — DOUROT DES ACCORDS] Apophthegmes die sieur Gaulardi I 1111, 143). — Je vous prie 111 acco 111 — modcr de dix escus, attendant mes coffres qui , sont encore sur le Rhin. Du FAIL, Contes d’Eie-irapel, 18. Accommodé.. Muni, pourvu. — [la No- blesse] en seroit plus aceonirnodee d’argent, et moins endettee. NCI.L1E] Disc. pol. ei IV, p.. 113. — A eur retour ils trouvent leurs maisons -vagues, desertes, ruynè.’, es., où il n’y a phis qup. les murailles, au lieu qu’ils les avoient laissées riche- ment meublées, et accommodées de toutes choses. Sali Men. 2e Ati’..ii.g ; de l’Imprimeur. — L’on s’en sert [de Phydromei.1 en plusieurs endroits iriesme vers les Ardennes et par tout generalernent, où (lentillons les Vigiles, l’on est a_ccommodé. de miel. O. DE Sliline.S, TieMere d’Agric., III, 15. Accommodé (sans déterminant). riche. — Je te mis entre mains tous tes biens, et Vay en fin rendu si accommodé e.t si aysé, que les victorieux sont envieux de la condition du vaincu. MoN- TkiGNE, I, 23 U, 148). S’aceotreinoder.. Se rendre semblable., se confor-mer. — Il n’y auret ordre de. tenir suspectes toutes celles qui. se fardent veu que plusieurs. ne le font que pour s’accommoder aux. a.0 tres. — ne se pourroye.nt elles passer de ceste accommo-dation ? ESTIE N N Dial., du Lang. franç.. ital›, I, 240. —-— C’est tou.chant u.ne chouse qu’il faut sça.voir, si vous voulez VOUS accommoder à la civi- lité qui est maintenant en vogue. — 11 y a trov.-..- jours de l’Accommoder en vos propos. ID., 11, 106. (Par eupliérnisme. S’aceomertoder de inch. Se l’approprier, le voler.. — J’attens qu’on face la lessive, Où, avec une main hastive, Je. grappe ce dont j’ay besoin… Je n’y songe point en malice, Car ce n’est que m’accommoder. Anc. Pués. franç., I, 97. — Chacun siaccomrnode de ces nouvelles gentillesses de langage comme bon Wy semble. — CELTopii. Commen.t entendez vous ce mot de S’accommoder ? — J’ay voulu dire que chacun s’en sert à sa poste. Or sçachez que ce mot s’accommoder, est aujourd’huy accom modé à toutes choses., On dit s aceninmoder de la bourse de queleurd., quand on y met les quatre doits et le pouce pour y pescher à bon escient. On dit, eactommader des habiis de quelcun. : s’accom-moder du cheoal de quelcun. Mesraes on dit s’ae-cominoder de la femme de relcu.n. Il. EsTgENNE, ler du. Lang. jranç. zial., I, 136. — On ne parla que des gens de guerre, veu que du temps de nos seditions civiles… il n’y avoit heure au jour qu’on n’entendist parler de leurs depori…riiens, et si n’y gueres personne. qui n’ait e, J. : Iit_lrimenté leur pillerie, qu.’ils appellent s’accommc•der.Grilm. BoucHET, 2.5e Seree (IV, 97). A ecommoder et. accommodation on t été des m.o ts à la mode. (cf. les deux alinéas précédents), CEL- 70PH. A ce que je voy, il y a beaucoup de nouvelles sortes d’accommoda_tions. — PalLAUS. Encores , y en a il une outre ceste-cl : quand on dit, l’a bien accommodé, e.n parlant crun que quelcun a_ura bien batu. Mesmernent se dira quelquesfois quand il l’aura_ tué. — Voila. une ocrornmodation horrible.. H. ESTIENNE, Die du Lang, franç. I, 137. — Ne vous ay je. pas dict par ci-deviant que ce mot Accoeremoder servet maintenant à tout ? ID., ib., 115 88. — CE LTOPH.’espererois bien me’J'OU- voir façonn.er. Il falet dire, Me pou- voir accommoder. Ne vous souvient il desja plus de ce mot, qui a esté tant de fois repeté ? 11›., 10’..). Accoramuniquer (e) de. Se mettre en rela- tions avec.— „Ainsi que les Litopiens s’accommu- ’liguent de gens de.. bien desquelz usent, aussi s’allient ilz de ma.uvais guarnement de quoy ilz abusent. J. LE BLOND tra.d. 1111 MORUS] l’Isle tri’Utopie, L. Il, 83 vo. Accompagnable. Sociable. — Jay perdu toutes les recreations et plaisirs du monde, en delaissant tous açcompaignables desirs. 11i1A URICE SC É.. F., la Depirmrable Fin de Flamete, ch.. 25. Lieu accompagnable. Lieu fréquenté., où l’on s’assemble. — Le bal, les festins, et les tables, Et sa. propre. maison, Les ris, et les jeux_ delectables, EL les lieux plus accompagna_bles 11 hait comme poison. ButrEr, ler Livre de8 Vers, Ode 22. Mal accompagnable. insociable. — QUE’. Si je per.siste à. entretenir ma sineerité., je suis dict mal plaisant ci, mal accompagnable. F. BRETIN, trad. de Lu ci N I)e ceux qui vif.rent à gages, ao. Accom.pagner. Associer, u.nir. — Il a accom- paigné la Divinité avec rhu.manité à fin de .soubzmettre l’imbecillité de l’une, pour endurer la peine de mort : en la. vertu de l’a.utre batail- ler à l’encontre, jusques à ûbtenir victoyre. CAL- v IN Instit., IV, p. 2e.14. — Toul ainsi que la femme est venue de l’homme… aussi les hommes sont maintenus par les femmes, Dieu les a tellement accompagnez, qu’il faut qu’ils se.nour- rissent en concorde aminble. lo., Serin. sur la pre- miere à Timothee, 18 ? L’II, 217). — Les Pa.yens qui estoyent du tout rejettez et profanes, sont accompagnez avec. les anges de Paradis. ID., ib., 28 (LE( F, 330). — Je pensois estre accompagnée avec une beste, mais vous m’avez donné pour mary le plus beau, le plus sage… et le plus ver- tueux jeune fils qui soit en ce monde, Loi %. trad. des.Facétieuses Nails STRAPARÇ>LE, 11, 1. Ëgaler, — Ils arnenoient de Troye a.vecques eux des feMmes que ies Grecijues n’accompa.gnoient ny en. grate ity en beaute. JEAN DE LA LAND131 tra.d, de DICTliS DE Cfri.-rt, L. VII, 133 ro. Accompagner de. Unir à.. — Je faisois a.ymer les jeunes pucelles, les jeune.s hommes j’accornpa- gnois les plus jolies des plus beaus et plus adroits, LouisE LAI% É 5 Debat de. Folie et d’Amour, Dise. 1. S’accompagner à. Se joindre à. —Celuy fuyant le triste oubly Au lac de Lethe ne se bagne, Mais aux immortels s’accornpa.gne I mrnortellement e.nnobly. BAÏF, Poemes, L. IV (I !, 219-220). S’égaler à. — _A_yant subjugué la plus part il est a croire qu’ilz [les Athéniens] prendroient encores plu..6. ; mal en gré que nous voulsissions reputer egaulx à eulx aux affaires comtnuns, et que nous seulz voulsissions nous accompaigner a eulx la ou tous les aultres leur obeissent. SEYssEL, trad, de TnucyniDE, III, 2, 81 ro. S’accompagner de qqn. Prendre qqn pour com- pagnon, pour compagne. — N’as tu daigné Vac- compaigner de moly, Qui suis ta sieur ? Du. BEL- LAY, trad. du tie Liv. de. l’E.n..eide {I, 372). — Ainsi le Preux s’acompagnant d’Orphee… pressé le rocher Thracien. BAÏF, Poemes, L. (il, F12). — C’est aussi une espece de lascheté, qui a introduit en nos combats singuliers, cet usage, de nous accompaigner de seconds, et tiers, et quartl. ;., Iu N- TAIGN E. II, 27 (III, 105). — Le roi de Navarre… s’estant accompagné… de quelques vingt-cinq gentilshommes, part avant jour du logis. Au in- IGNÉ„, Hist. Unie., XII, 22. S’accompagner dc. S’unir t — Si peut entre il esc-et que portant bien, bon amour à une. fille de basse estofe… je m’accompa.gne delle en mariage., ne dira soudai rli-rmint ce peuple, en ce par moy avoir esté commis un exemple de vraye folie ? PAsQui£R, le M..nophile. L. I (II, 711). S’accompagner avec. qqn, Se joindre à qqn comme compagnon. — Il rencontra quelques gens à cheval… avec. lesquelz, sans y penser, il s’accompaigna en devisant. LE Màço : rii, trad. de BoccAcE, Decameron, II, 2. — Le p, : entilhomnie faisant le guet., aussi test que Messire Rogier sortit de la ville, il s’accompagna. fort dextrement avec lu y. Io., ib., X, 1. — Selon sa grave infinie, il [J. C.] s’accompagne avec nous qui sommes bas et contemptibles, CALviN, II, mn, 2. — Regardez à la vertu invincible de tant de martyrs qui nous ont. esté donnez en exemple, et prenez courage a vous accompagner avec. si belle bande. Leilres, gI. — J’aperceu… deux compa- gnons avec iesquelz je m’a.compagn.ay faisant le troisiestne. LouvE.Au, trad. d’Apui… I. 1, — 11 vint à passer un fort beau jeune fils, monté sur un gentil cheval riehenv..nt equippé —, et ayant raid une grande reverence à Guerrin, te salua gracieu- sement en luy disant : « Certes, gentil chevalier, si c’estoit vost.re plaisir, je n.-Caccompagnerois volon- tiers avec. vous. 1 »., trad., des Facetieu_ses Nuits de STS.AipArtott., V, 1. S’accompagner. S’unir par mariage. — Cin- thien espousa en secret Liaikrinie, et en secret s’acca.mpagnerent. JEAN DE LÀ TAILLE,. le Negro- rnant, I, 2. — cognoistras urr jour que c’est se marier sans entre aymé… cherche t’accompagner avec qui L’ailne.-LATUVEY, la Vefre, I, 5. — Je serois hier aise que… allassiez pensant de vous accompagner avec une belle et bonne femme, pour vivre avee icelle et les enfans qu’il plaira à Dieu par sa grave vous donner. luk., la (’onsiance, III, 6. Accompagner intrans.). S’unir. —’Foy mosme, Jupiter…ayant accompagné. avec. los lilles et. femmes di ! inurtelle È,…ondition. F. BRETINe trad. de. Lucurq, Assem-biée des Dieux, 7. Accomparable. Comparable, —— 1l n’est Dieu à toy semblable Ny R loy accomparab.k. MAROT, Ps. de David, 35, — [Pandare et Hicias] en grau- Jour àdrnirables, Aux paternels sapins a.ecompa- raNes. Dis MAsuriEs, Eneide, IX 4.). 480). —-- L’homme qui est en honneur favorable, S’ii ne l’entend, il est accornparable A la jument qui meurt pour tout jamais. ILL, Ps. de David, 49. — Sa semence à tousjours liendray seure et durable : Et du ciel aux longs jours Son throno accompa- ih., 89.. — C’est mon Neoptoleme ae- comparable au x Dieux. A. JANly Iliade, XIX, Vi7 — Puis en ses riions vains Le soir est au matin en force accomparable. BUTTETI Tombeau de Marguerite. — Beautez à i na beauté en rien accomparabies, Fuyez, vaines douceurs, d’auprez rlrk ma. douceur. Auste ; NÉ, Printems, L. II, Qua- drains, — [La racine de buis] est bouillie dans l’ea.0 claire en grand chauderon.,. preparation accomparable au rouir ou naiser des 12.hanvres et fins., O., DE SERPLES„ Thé ore d’Agric., Vil. 10. Accomparager. Comparer, égaler. — Nul ne peut (, siire aceomparaigé au Roy Louys. rognant. SEYSSELe Louys XII, p. — Le Roy Pepin scat, t Cha.ries son fils._ sont dignes d’estre mis au rang, et aceouipa.raigez au Roy Lonys à prescrit rognant. In., ib, , p. 31. — Jupiter Ro boit point de nectar meilleur. — Ce vin est bon ; mais il ne fault pas aeomparager le vin de ce inonde au nectar de Jupiter. DES PERIERS, CymbaluM, Dial. t. — On Taie trop d’honneur à noz forces, les aceoraparageant à un roseau. CALli1N H. p. — Sainct. Augustin aeomparage en quelque lieu la vol un de l’hoinme à un cheval.., accomparage dlauitre part 1)ie.0 et. le Diable. à des chevaucheurs. ID., ib., II, p. 85. — C’est deshonorer la majesté. de Dieu… si on accompa- rage son essence infinie à une petite pieee de boys, de pierre, or ou d’or nt. Tin., ib., III, p. 129. — La parabole est vraye : où il l’aeomparage [l’Église] el un retz, lequel attire toute maniere de poissons. In., ib., IV, p. 274. — Sainct Augus- tin parle tres pro liribinent, quand il accornparage la vie de tenes gens ù une coursF3 esgaree. Io., i(i1 VI, p, 376. — I l n’est pas digne d’estre accom- paragé à un poulx, à un ver, ou quelque autre vermine… ID., ii.1 : ervn. $rir.r le liv. (le Daniel, I 395). — Mais plustost est. de leur rage Très-douce l’occasion Si quelqu’un racornparage A ma triste passion. RivAuDEAu, (Er19r. L. I, Corn- plaincte 4.. — Telles gens… sont bienhureux, car il z sont ancomparagés à Jésus Christi Mo 1, 11 Ce COMM.-Cni, e Préamb. — Quant. aux metaux, il n’y a nunc raison de les accomparager aux Fruits d’autant que leur corps et leur eft’i..et est insen- sible. PAussY, Di.wour$ admirableb.., Melau.z. et Alchimie, p. 902, — Quelqu’un accompara.gca les babillards et grands parleurs… aux flustes : que si vous en estez la langue, tout le reste sera inutile. GU1LL. BOUCHET ? 12e Seree (I I 258). — On ac- comparage le soleil avec le cœur humain. CHO’AÈRES, ire Illatin..ée (p. 51), S’accomparager. Se comparer, s’égaler, être comparé. — Qui est aujourd’huy ]e Prince., qui soy presurne acconaparaiger i lu y, soit de puis- sance, de gloire, ou de prosperité ? SEYSSEL, Louys XII, p. 148. — Nul des bien heureux, ny fortunez d’amours, ne se pela acompa.rager à vous. MA US10E SCÈVE, la Deplourable Fin de _Ma- inate, ch. 15. — Menecrate… s’accomparag, eoit au Roy Philippes, et disoit… que Philippes estoit ltoy de Macedoine, mais ln y qu’il estoit Iloy de la Medueine. GuiLL. Bouclier, 10e Seree (II, 206). — ’J’oiseau se peut aceomparager au cheval en bea.u- coup de sortes. SALUT, trad.. d’HÉRopoTR, 1V, 132. Acecunparee. Comparer, égaler. — Aucun ne doit en riens Accomparer ses faietz (l’armes aux miens. MAitot, ii.egemeni de Minos. — Trop gran- dement erre Qui Vaccompare aux femmes de la terre, Yeu que tu es, à bien te visiter, Toute sem- blable aux filles Juppiter. ln., Leander et _Hers, —- Quand seroit question de accomparer telles compagnies aux synagogues des Juiz, je Grain- drois fc…re injure à costes ey en ne les pre- ferant aux autres : ou pour le moins. en les postposant. CALviNi Leiires, 90 (I,’1, 1, 39). —Ides bonnes œuvres sont accomparirjes’à richesses : ü8- quels il est digit que nous jouyrons en la betati- tuile future. In., Instit., V1, p. 425. — A grand peine en trouveroit on un en l’Eglise Chrestienne, qui soit digne d’estre accomparé à Abraham en fermeté de Foy. In., ib, , VI, p. 459, — Qui est-ce qui souffriroit que telles manieres de gens feussei r t nommez Apostres’et feussent accomparez aux _A postres de Christ ? In., ib., XII I, p. 702. — En l’un de ses sermons il accompara les femmes aux Diables, disant que ee sont les deux plus grands ennemis de Phomm.e. MAm.G.. DE NAV., Heptam.., 46. — Veufve maison des beaux yeux de ma. Dame… Je Vaccompare à quelque pré sans fleur, A. quelque corps orfelin de. son ame. RONSARD Â UrS de Cassandre (I, 89). — [Le poêle Theo- pornpus] accomparoit les Lacedaemoniens aux taverniers, clisa.nt qu’ilz a.voyent donné à taster akIX Grecs du doulx breuva.ge de la liberté, et puis y avoyent meslé du vinaigre. Amyor, Lysandre, — Moneses… eut recours à Antonius, qui le recueillit et accompara sa fortune à. celle de The- mistocles, et l’opulence et magnificence sierie à celle des Roys de Perse. Io., _Aneoine, 37. — Les anciens ont aimé la beauté, haulteur et droic.ture de cest arbre, mesrnement Homere, qui accom- pare la beauté de Na_usicaa a.0 tronc et tige d’un beau palmier. ID. ? Propos de Table, VIII, Li. — „Paccompare daine au iqerpent, furieux, Que le divin Thebain surmonta par la Étame. DEs onTEs, Diane, I, 67, — Pauvre et chelive Jerusalem… à quoy accomparera.y-je la gra.ndeur de ton afflic- tion ? Du VAIR,.41e.rdii. sur les lainent. de „I ereinie 2. —On se met à compter des folies et bouffonneries des rustiques et ruraux, qu’on estime lourdaux accompa.rez à. ceux des villes.. GUILL. BO Cli ET, 34e Seree (V, 66-67). — Innocent III,.. dit que, cotrime Dieu a foie d.eux grands luminaires a.0 ciel.,. a.insy en a-t-il faict deux en l’Eglise, l’un pour les aines, qui est le Pape, qu’il accompare soleil, et l’autre pour le corps, qui est le Roy. Sa& Men, Har. de M. d’Aubray (271-272. — Voylà quelle fut la court de ce grand rov, et son regne, qu’on. pouvoit ae.omparer l’em.’pire de Caesar A NTÔM E Cap. franç., te grand Roy Henry 11 (III, 280). Accomparé de. Comparé à. — Nui ne se.L. pense malheureux Qu’accomparé d’un bien-heure-ux.. R.. GA FI N I E Rt la Troade, 2002. Slai : comparere, Se comparer, s’égaler ; être com- paré, être égalé. —— Voila flanc Job qui se pouvoit bien accomparer’à un blanc. a.uquel on tire. CA T.- VIN, Sem. sur le liv, de Job, 63 (XXXIV, 16). —• • Le mortel ne se doit accomparer aux Dieux. Ro N- sAnns Rummel…on ei Ca1iiree (is 233). — De là est venu le chastiment de tant de planeurs., qui vou- laient raire les galants et s’accomparer aux prin- ces, Sat. Men., 1-far. (le 51. ie Lieutenant (p. 73).. — rne sembloit rhose bien sotte qu’on deust croire que celle liberalité se. peust accomparer à ceste ! cy, LE MAçori, trad. de BoccAc.E.., Decame- ron, X, 5. — [tien icy bas ne s’accompare A l’equi té dont se repare Un Roy de prudence vestu. ll., oNsiinD, Odes, I, I. — Aussi n.ul chant ne s’ac- compare Au chant courageux de Pindare.. ib„ V} 2. — temperance et netteté de mains pour ne se laisser point corrompre pour argent, il se peut accomparer aux plus vertueux, plus nets et plus entiers des Grecs, A NI Y 0 T Alcibiade et Corio- lan, Comparaison, 5. Aceompliment, Action de mettre à exécu- tion, d’accomplir. — Proceder à Paccornpliment de ma promesse.. MAunicE SCÈVE Deptourable Fin de Flainetc, ch.. 33. — Puisque de ta promesse L’entier accomplyment Ociroye à ma. vieillesse Parfait contentement. DES PER1E11.51 Cantique dc Simenn. — Or à present sera L’acompliement Quu Grestienté recouvre son office.. Ane. Poés. franç, , I, 201. — Lu. promesse demande l’accompliment, et l’accompliment presuppose la promesse. MO N- TA LIGNE, trad. de Ilis_ymoND SEporir, ch. 270. Action de rendre complet, parfait. — Il faut que ceste retribution finale, qui doit estre l’ac- compliment. de toutes choses, se ra_pporte conve- nablement et à Dieu, qui la doit faire., et à nomme pour qui elle sera faicte. MoNTAicrie, trad. de R.AY MOND sSEBON ch. 322. État de ce qui est complet, parfait. — [La créa- f ore] N’ayant pas attaint à sa perfection, bonté interieure et propre accompliment, pourneant met elle en que.ste d’un bien exterieur. ID.., ib., ch. 189. Ce qui sert à rendre. complet., parfait. — Toute chose qui se donne ou acquiert, est… le bien inté- rieur de celuy à qui elle est attribuee, et… elle est paiconsequent son secours, son « compliment et sa perfection. ID., ib., ch. 189, — L’am.our et la charité c’est l’accompliment de la bonté. 1D., ib., ch. 288. — Le sacerdotat ou Ia prestrise c’est le dernier but et fin des ordres, mais on leur sur- adjouste par maniere d’embelissement et crac- compliment l’opiscopat, l’archiepiscopat, le pa- triarchat, le cardinalat et le papat. ID., ib., ch. 312. — Tous les jours viennent a 11 dernier comme à leur fin, perfection et aceomplirnent. 1D., ib., ch. 328.. Accomplir. Pourvoir, munir complètement. — Furent les galeres a.ccomplies du nombre d.e gens propices à la rame. Si ne restait que les capitaines et gens de guerre !, lesquelz arriverent à chef de piece, LE M A IRE D E B EL G ES, MUSir..„ 11„ — 11… rit un soir.„ un beau festin, a_ccomply de plusieurs choses plaisant-es. LE M A ÇO N, trad. de BoccAcE, Derameron, I I, 7. — 11 n’y a ny statues… ny cou- lorunes… qui puissent combattre la duree d’une Histoire eloquente, accomplie des qualitez qu’elle doit a_voir. _Amy orr, Hommes illustres> a_ux Lec- teurs. Compléter. — Ne cognoissez-vous doncque quelle perturbation introduisez par vostre raison, accomplissa_nt vos larcins d’un homi- cide… ? E’. P.A_SQ U JE Monophile, L. — En quoy m’efforceray de faire mon devoir… priant toutesfois le.s Ie.cteurs de m’excuser si quant aux noms des saincts et sainctes je n’accompli le role de la Kyrielle. II. ES TIENNE, 41 ; b0i. p0 tir Her., ch. 38 (II, 306-307). — Quand sera… cette heu- reuse journee„, que le ciel accomplira tant de graces desquelles il vous a comblé, par celle sans laquelle toutes les autres sont ruineuses, à sçavoir par vostre reconciliation à l’Eglise catholique,.. ? Aumiud, Leure rie piété ou de théol., 7. Accomplissement. Qualité de ce qui est ac- compli, parfait. — La. duchesse… l’admira fort, tant pour sa beauté que pour sa belle fa_çon, qui monstroit à plain Ia vaillance qui estoit en luy, qu’elle €….stimoit bien autant crue les a.utres vertus e.t accomplissernens et perfections.BRA_N T lE Des Dames, part. II (IX, 38q.. Accompiissear. Celui qui accomplit.. — 0 Par- menon que j’aime tant, De tout mon aise et mon bon heur Entrepreneur et moyenneur, Accom- plisseur de mes desirs. BAÏF, l’Eunuque, V, 9. — Monsieur le Pape… estant le souverain et univer- sel pa_steur, prince, pontife, chef, espoux et pere, illuminateur, et parfaict accomplisseur, PH. D E MA RN IX, Dif fer. de la Relig., I, 8. — 11 est juste envers Dieu, et legers impletor, c’est à. dire, accorn- plisseur de la. loy. ID., ib., II, iv, 11, Accomposter une terre. La travailler.— QUiDy me seront ces novanes ostees Qu’en leurs saisons j’ay tant accompostées ? VA U QU EL IN DE LA FRE S-N A T E idinies et Pastorales, I, 80. Accompter. Compter, faire entrer en ligne de compte— — Pour ne perdre telle graisse (accom.p- tee pour notable article de profit en ceste nourriture. O. de Serres, Théâtre d’Agric., IV, 13. — Le grand estai que les Antiques taisoient de la bouqueterie, des chapeaux— de fleurs… montre accomptoienl pour article notable, ces ex- cellentes rnatieres. ib.., VI, 10. — [La saffra- nière] est fauchée à la fin de mai, et aceompté le foin qu’on en tire, en augmentation de revenu. ID., ib., VI, 28. Attribuer. —Il reçoit. la Predestination, sans rien Recompter à la foy, ou TE EV ET Cosenogr., VI, 5 Aecoirepter à. Considérer comme. — Ils n’en esperent que la mort, laquelle ils acompte-nt a grand honneur et gloire., l’ayanS recolle pour cestAL querelle. THEVET„ Comogr., XII, 15. — A tres- bon marché les nourrit-on [los a_beilles]… estant si peu de chose ce que parfois on leur donne, que cela est plus à accompter à rnedecine ou à plaisir, qu’à necr…ssité de nourriture. O. DE. SE mars, héâtre. d’A grie., V, 1 fi. Accomple• entre. Compter parmi. — Par son facile accroist, cent. Arbre-ci {le Prunier] est ac- e.ompté entre les plus communs. 0. DE’SERRESs Théâtre d’Agric., VI, 26. IS’accompier à, pour. Être considéré comme. — Pour tres-grand ornement desquels s’a.ccompte le bon voisin, à cause des infinies commodités qu’on reçoit de sa douce et vcrtuouse conversation. 0+ DE SERRES, Thatre ri Agric, , 1, 2. — Aussi s’accorni à commodité, de ce que les bleds et pailles ne !.— :.ont en danger d’entre m.ouillez en cam- pagne par les pluges, dont le mesnager est des- chargé de grand pansement. ID., ib., I I, 6. Acconeevoir. Atteindre [ce qu’on poursuit]. — Cestuy, quant l’eut ne..oneeu, lei getta a terre et. le tua. FADnr, A ri de Rhet., L. 1, p. 92. —— A icelle [perche] se pendoit par les mains, et d’icelle alloit et venoil sans des pieds à. rien toucher, que à grande course on no l’eus peu aconcepvoir. RA- riELAis, I, 23. — Les autres bergiers… les suy- virent a grands coups de pierres… Finablement les aconceurent, ID., I, 25. — Joseph dit à celuy qui estoit cons bitué sur sa maison, Leve-toy, lesces personnages… Et le maistre d’hostel ies a, cconeeut. G L V I Bibfe franç.., Genese, 4. (L I, 70). — En tesmoig.nage, sont les champs en l’Isle de Samos dits Panerna, c’est à dire tout san- glant, auquel Bacchus les Amazones a_cconceut, fuyantes de la contree dr~s Ephesiens. RABELAIS, V, 38, — n est poursuivi par quelques gens de cheval, qui l’accoaceurent aux campagnes de Je- ric.ho. R, GArtNiErt.„ ire Juilees, Argument. Acconehe. Élégant, bien vèLu. — Pour te mot I calierAeconcio, les uns disent IL esi en bon conche, ou en bon.ne « aiche : les autres, Il esi bien de conche les autres, Il est bien en *mec d. aucuns aussi, H est bien inconche : et quelques uns, le fai sans phis court que tous les autres, Il est bien conelee, — Et vous comment. ? Je croy que vous dites, E est bien acconche. Ou y. EST1FNNE, Dia. du Lang+ franç. ital., 1, 69. — Plus Iuy plaist l’or pour sa seule valeur. Et si Vill-an liriiteux en est teint, Il est acnnclie, il vole droit ut coint. FORCA D EL e C`sic. pool., p, 135, Mal aconche. Mal vè Lu, de mauvaise apparence. L’ho.stesse le voyant [Philopérneni si laid et mal aconche, presurna que ce fut queleiin des gens du capitaine, qui oust esté là, envoyé devant. CHOLIÈ R ES, 5e Matinée (p..189). Tahureau cite accouche parmi les mots à hi. mode : rx A celle fin d’estre estimé mieux parlant, il ne c.h.erhera autre chose qu’à trouver le moyen de faire venir n, propos aucun de ces mots, comme folâtre, fai, acoster, il n’y manque rien, escorte, en. durer une bravade, aconche, galante. I.> Dial. du Dernocritic, p. 34. Accouché. Paré, bien vêtu. — Je veux plus- tost arner une, belle naturellement, non adjen- cee, qu’une curieusement acconciee, non belle. Pobnrus Nr TY A RD, tra.cl. der~ P.inetriue de LEAN HERMErit Dial. III, 412-413. — Ce scret une dis. cortesie de passer par la con tracte où est Ia case des dames que savez, sans y faire une petite stance, et. toutesfois, je ne suis pas maintenant bien acconché +pour comparoir devant elles. EsTirpirNE, Dzat _die Lang. franç. 1, 51. Qui a l’esprit vif. — Octavius entendant.qu’il lui ressembloit en tout et par tout, le fit appeller, lir, v demandant si autrefois sa more estoit venue à Rome Pespondit que non fort accoriement, il estoit gaillard et aconché, trop bien son pore y entre diverses fois venu. Du FA ni, C’ondes d’Eutrapel, 33. Dans le mrme conte, Du Fe signale acconch comme un mot d’emprunt : « Vous avez parléi de je rte say quels a.cortement et a.conché, mots quo -veritablement je n’entens point… et n’a y encore aprins si cela est bien fait, changer et invertir les noms de nostre pa.ys, pour en aller emprunter Jù Acconduire. Conduire, amener. — Vous pour.- rez tout. en ceilly qui vilus fortifie. Quant il vous auroit aconduyt jusquos icy, vous verrez l’ad- dresse quit vous donn•ra. CALVIN ! Lettres, 1084. — C e n’est pas pour exclure la rnisericorde de Dieu, mais plustost c’est pour nous amener et Re- conduire. In., Sem. sur la prophetie de Christ, 6 X XV, 667). — Stil y en a gtiChqlles autres [reli- gions] meilleures, et que Dieu approuve plus, il prie que sa bonté face, quil en ayt la cognoissance, et. quit est. prest et appareillé de stiivir… de(1110- que costé que ce soit ou il se praist aconduire et diriger. J. LE Moro, trad. de TH. Morus, d’Utopie, L. I I (100 vo). — Lequel propos se ti- rant file à file plus loin g, les acconduisit finale- ment en la question de Platon, quand il dist que les Republiques seroient, bien heureuses, esquelies Roysphilosopheroient, ou bien les Philosophes trouveraient lieu de régner. E. PASQU1EFie Pourparler du Prince (I, 11)18). — ou s preniieres [les Lettres], le monde estant. encore brusq’, pontes nos esprits, premieres nous acconduites a vertu, induites à conversation mutuelle les hommes es- pars çà et.. là. In., ib. (I, 1020). — Et ne sera ton opinion moins d’efficace pour acconduire le vi- cieux à son vice, comme le vertueux à la vertu. ID., ib. (1, 103M, — Puis apres fut sa Majesté lever par PArchevesque de Griesne, Primat de Polongne, et ledict Evesque Prie Cracoviej, qui Pacconduirent pres de l’Autel. TIIESET, Cosmogr., X X, — Il se reprit et retourna. à la Fée, qui l’avoit acconduit jusques à dix pas de là. BE rioALDE DE VER : VILLE, Voyage des Princes tortu- nez, 734. S’acconduire à, en. S’engager en. — Guischardi sous ombre de porter faveur à nostre Chrestien té, s’aceonduit à cette entreprise, avec un vent si propice, que au grand plaisir de tout le monde, il recourutide la rnaia des Sarrazins toute la Pouille e t Sicile. E. PA s ut s R ReCherChes I, 12. — Com- bien que… je me deusse plustost coniniender un silence, que par presomption trop hardie eac- conduire d-ri longue estendue de propos. 1D., Pourparler du Prince (1, 1019). iteconsuiere. Poursuivre. — Encoe que le chasseur et la becte courent, si le chasseur atrape la beste c’est autant quo si l’un et l’autre nleust bougé : pource que la vitesse du cheval aconsui- vant la beste, fait sembler les choses arrestées. J, DE ViNTEmirtLE, trad. de la Cyropedie, IV, 8. Atteindre, — Ilz se sauverent ergGa.scongne, ne les peust Charles Martel aconsuivre.. LE MAIRE E BELGES, IlittStr., III, 3. — le poursuyvit le chemin de sept journees, et Pacconsuyt en la mon- tagne de Galaad. CA LV il’lb Bible franç., Genese, 31 (L I, PIS). — C’est le cheval guerrier qui sous un Roy vaillant. Acconsuivit ta teste en ses mem- bres tremblante, BAÏF, Pocres, L. I I (11, 96). — Il fut bien aisément apres acconsuivy par ceux qui le poursuivoyent. MoNTAIGNE, I, i8 (1, 403).. — Les derniers levriers ardents à son dommage L’acconsuivent enfin et d’un brave courage L’arrestent tout à coup. GAucHEY, Plaisir dee champs, Chasse du Loup, p. 323. Cours ardemment et visternent, car, dequoy vous servira de le suivre, si vous n’estes si heureux que de l’aconsuivre ? t FB.ANÇOIS DE SALES, AMUI’de Dieu, III, 1. Égaler. — Divin Ronsard, de France le bon- heur… Je ne pretens d’a.consuivre tes graces, Mns pas à pas sans plus suivre tes traces. E. PASQ1i [ER ! Jeux poéliques, II, 6 — Quoyque te Traitté… suive de bien loin tous ces exceliens livres, saris espoir de les.pouvoir aconsuivre. St FRA. : NçO15 DE SA LES, moeir de niee, Préface- 1.7Jxprimer, représenter clignement. — Ainsi que le Timanthe, aussi tout. le plus beau De toy nous le tenons caché sous le rideau, Ne le pouvant au vif de la plume. aconsuivre„ E. P. sQur lit Epi- taphes d I, 931). — Amy, je ne sçauroy aconsuivre en parlant. La merveille et beauté de test, ouvrage grand. RivAuDE.Au, Aman, III Cp. 1.08). Obtenir par ses efforts. — Il demeure court en la course, et D’ors qu’il est sur le pojnt d’acon- suivre et gainer le prix de la gloire par le mar- tyre, il sabbat malheureusement, St FR A NÇOU u } : SALES* A mour de Dieu., X, S. Arriver à comprendre. — Le peuple ne sçau- reit distinguer ou entendre la n’oindre sillabe dF, ce qu’ils disent., tant— s’en faut qu’ils puissent ac- consuivre le sens des paroles qui y sont recitées. D E MARNIX ! Der. de la Relie., II, 3. Atteindre en frappant. — avoit… lespieu trenchant sur lespaule, et les dards affilez en la dextre, pour aconsuivre, retenir et enferrer toutes les bectes rousses et noires, LE MAIRE DE BELGES" _MUS& r I, 23. Le mot pourrait signifier aussi pour- suivre, ou atteindre à la course.) Suivre [dans le temps]. — Le. malheur accort- suit souvent nos bonnes fortunes. E. PASQUIERs Lettr, esy I I, 10. (Autre forme de l’infinitif.) — Ganirnedes ceci nous fait apprendre Qui, par trop fort se meiraire ou mesprendre, Voulut Phebus par force aconsuyvir. Anc. Pués. franç., II, 260. Aecoquiner. Habituer à rne.ndier. — On ne fera point mesmes le profit de ceux à qui on don- nera : car on les accoquine, ils s’accagna.rdent… et en la fin ils se plaisent en leur mendicité. CA.I.V1N, Serre. sur le Deuter., 95 (X XVI I, 341). S’aecoquiner. S’habituer` à mendier. — Beau- coup s’accoquinent,.. et les plus grands criars em- porteront ce dont les povres devroyent astre nourris et substantez. tavi x, Sem. sur te Deuier, , 95 (XXVII, 340). Accord. Habile, sage., , Accort. Accordable., Disposé à accorder. — Deux hommes imbuez de vice… A Juppiter ont faict priere… Le ciel ont rendu accordable. HAuDENT, Apologues d &ope, 1, 195. Accordance. Accord [entre les personnes], — Les deputet des pays, disans nen avoir charge sy non donyr et de rapporter, ne firent lors nulle accordance, ains prindrent terme à respondre. LEMA[RE DE BELGES, Chronique annale (IV, 517), — J’en Ry lessé une autre à qui j’a-voe accor- dance pour vous prendre. NicoLAs E TrtoYes, Grand Parangon, 52, — Et parce donc. serchez ceste accordance, Paix, et amour, sans bruyt ne discordance, BQUerrET, Ep astres morales du Traveriwur, I, 9. — Quand une telle accordance règne erutre le chef et les membres, ilz sont invincibles. BRANTôTilE, Cap,. franç., l’admirai de Cha.s/ilion, IV, 325. Accord [entre les choses]. — Jen dirois aucunes differences et accordances. G. ToRY, Champ fieury, I, 5 re.— II faudroit que ce mot d’abomina- tions fust au singulier, autrement il seroit con- jOillet avec le mot de desolation, et il n’y pour- roi’avoir accordance, comme sçavent ceux qui entendent la langue. CALvirle, Serin. sur le de Daniel, 28 (XLI, 626). Accord [en parlant de musique, de poésie., de danse]. — Et inesmement apprendras Paccor- dance Et la façon de me suyvre à la danse. MA.- ROT, le Bdiadin„. — Et puis cha.ntez en commune accordance : Gloire à Dieu seul, paix en terre aux humains. » I i `hants divers, G. Relus, c’estroient des coptes, mais sans danses ; C’estoit un lict, mais lict sans accordances D’hymnes chantez. In., Leander et Hem— — Au temps de ver qung chascun prend plaisance A escouk7Lr la mu- sicque accordance Des o•sillons. l’iefrcum. D’Am- Bois E, Complainde$ de PESC142Ve fortuné, I ro, — Que ce troupeau, trop ententif au bal, Laisse soubdain ceste gaillarde danse, Et de leurs voix en dolente acordance, Plaignent de nous le malheur inegal. O. DE MAGNY" les Amours, S. 83. De pareille accordance Diane moine et duit L’as- semblee et la danse. DES MAsunts, (Eue. pst., p. 38. — Qui ensemble à la danse Le gai Pearl chantent par accordance. ID., Eneide, VI, p 309. — La docte Polymnie acorda la cadance, Polym- nie à tous chaos a j eusta l’acorda.nce. BAÏF, Pas- setems, L. IV (1 V, 395). — Je veu donner aux François un vers de plus libre accordance. ID" Poemes, L. 11 (II, 62). Dune accordante. D’un même accord. — Voir- ray je point la danse Et les sonneurs tous deux d’une accordanse ? MAROT, leBc1iadrrr. — Un branle doux Dont tu refiles la cadance Avec nous d’une a.ccordance, BAÎF, Diverses Amours, L, III (I, 385-386). — Sus, toutes d’une accordance Re- doublons de danse un tour. DES MASCRESI David triomphant, 1602. — Les filles ont. chanté toutes d’une accordance, Que Salai a tué sansplus mille ennemis, Et que David a mort dix milliers en a mis. 1DIh., 1 5Qn • Dans la phrase suiva.nte, accordanee est pris à la fois au sens général et au sens restreint:n les vernit danser tous deux en la grand’salle du bal d’une belle accordance, et de vollonté et de dance. BRANT Des Dames, part. I, Marguerite reine de France et de Navarre (V111, 73). Accordant. Qui est en bon accord, qui s’ac- corde. •— Quelle prodigieuse ronscience se peut donner repos, nourrissant erg mcsrao giste, d’une société si accordante et si paisible, le crime et le juge ? ; MONTAIGNE ! I, 56 (I, 437). — Il faut ordon- ner à’lame, non… de rites priser et abandonner le corps…, nais de s’allier à luy, de l’embrasser… à ce que leurs effectsn e paroissent pas divers et con-

traires, ains accordons et uniformes. In., II, 17 (III, 30). Accordant à. Qui est d’accord avec, — Leur façon n’a pas esté a.ccorclante à la reigle du Sei- gneur. CALVIN, I ksi IV, tr, 8. — Mes conditions corporelles sont en somme tresbien accordantes à de l’aine. MONTAIGNE, II, 17 (III, 34). Accordement. Accord. — Yver, nous ne de- estriver longuement.. Mais ensemble soyons, faisant accordement. Anc. Poés. franç., VI, 195. Accorder (intrans.). S’accorder, être d’accord. — Sainct Jean et les Apostres ont. consenty accordé en une mesrne doci rine. CA L111 •Xl„ p. 585. — Platon et Aristote difterent eu ce que Platon mesle l’oligarchie avec. la democra- tie, Aristote. les separe… mais accordent— aucu- nement. en la meslanqe de ces tonnes. L. LE Roy, trad. des Politiques d’ARIsToTE, 11„ 41 COmmen- taire, Accorder à, avec. Être d’accord avec. — QuP nous n>emouvions point contention contre celuy- qui n’accordera point nostre sentene.e, CALVIN, niait., III, p, 123. — Je n’ay pa_s tousjou, rs Re- cordé à ceulx qui a_sseolent jugernens temeraires. 1D LeurPs, 147, — Pourquoy combatons-nous .contre ! es Papistes, sinon (l’autant qu.e nous n’ac- cordons point à leurs tromperies ? In., Serin. sur ta 2e à Timothée, 2 i(LIV, 24). — Outre ce profit, qtee je tire d’escrire de moy, j’en ay esperé cet autre, que s’il advenoit que mes humours pleus- sent et accordassent à quelque honneste homme, avant mon trespas, recherdleroit de nous joindre, MONTAIGNE, II [, 9 (1V, 92). — Je n’ac- corde point avec ceulx, qui en ce là prennent •Hypostase pour Essence. CALverii, Instit., IV, pi 232. — Et. ne doubte pas, que ceux qui exami- neront la chosc. de pres n’accordent moy. ID., ib., IV, p. — Il ne talait aucuneffiiint doub- ler que n’aciintions tresbien avec Mese, si en tout et par tout. nou.s nous rendons obeissans à_ Dieu, In., ib„ XIV, p. 731. — La plus grande partie des hommes n’af….c.ordera pa.s en cela avec- ques toy. TAIIIIREAti, 2e Mal. dte Demoeritie, p. 167, Concorder avec,. — Le grand dOrinelir M’a donné sens d’eslire En ces livretz tout ceIa qui accorde AUX sainctz escriptz de grace et de con- corde. MARoT, Epistres, 42. — Ceste description convient tresbien et accorde avec celle qu.e nous avons dit apparoistre en la figure universelle du monde. CALviN, Instit., I, p. 28. — Je m’en- quiers seulement à toy, pour voir si ce qu’on dit de luy Accorde à cela qu’aujourd’huy On m’a par missives mandé. J’ouf…1, LE, Eugène, II, 2.. Accorder. Conclure un accord. — Il n’a peu ac- corder avecques le Pape par ce qu’il luy deman doit excessive somme d’argent pour l’investiture de ses terres, RABF.LAIS, Lettres (III, 363). — [Les Grecs] comrnencerent à entrer dedans le pays de le Medie, de laquelle estoit gouverneur Tiribazus, qui Recorda avec eulx, et Ies laissa. passer comme bons arnys. ArgYoT, trad. de DcoDop.E., XIV, 2, Accorder à. Consentir — Or voila le carquois que je mettray pour gage, Si tu restes vainqueur’ ce sera ton partage, Regarde si tu veux accorder à ce poinet, BELLEAU, Bergerie, ire fourn. (1, 296). Accorder à on avec (au sens musical). — De ce lieu trais tant excellent et cher N’insolent pasteu.rs ne bouviers approcher, Mais mainte Muse et Nymphe seulement, Qui (te leurs voix accordoient doulcement Au son de l’eau, MAROT, trad, dos Visions de PÉTRARQUE. — Sur l’arbre sec s’en complainct Philomene ; L’aronde en faict cris pi- teux et trenchans ; La tOurterelte en gemit et en meine Semblable dueil, et j’a_cooride à leurs chants.. In., Complaintes, 4, — Moy j.’accorclray au son De ton flageol ; toy à ma chalemie, BAÏF, Egtogue (111, 59). — Les feuilles lors, d’un doux mur- mure, Au vent matineux accordoient, 1.r.N DF. LA FRESNAYE, Itialie8, II, 55, — LaInlyre à l’impulsion des vents mouvens les chordes accor- doit harmonieusement avezques le chant. RAB E-Lmsi IV, 55, Accorder q ?…te. Convenir par un accord que, — tie Senat mesme cstoit courroucé contre lu.y pour l’accord. qu’il reit avec Hannibal touchant les pri- sonniers de guerre car il accorda que ion eschan- geroit les prisonniers en rendant homme pour homme, ArinroT, Fabius, 7, — Maclian….. et Bou- dic, deux Comtes de Bre.taigne, a, voient entrieux accordé que coluy qui survivrait son pair et com- pagnon, serviroit de pe.re aux enfans du mort. FAUCHE’re Anliquifez, 111, 18. Conclure [Un traité]. — Le Roy François pre- mier… fut conseillé.., de se confederer avec Sultan Soliman… et fut le traitté accordé environ l’an mil cinq cens trentecing„ LA NOUE1 Disc. pol. et rniL, XXI, p, 447, Terminer par un accord. — Archidaenus Roy des Lacedaemoniens feit tout ce qu’il peut pour accorder la plus part de ces differente. Ahn-o-r, Périclès, 29. .Vaccorder à. Donner son assentiMent, son ap- probation. — A tout ce qu’on disoit rioucet m’accordois. REGNIER., Sag. 2. S’accorder de. Cons.entir — Une Maistresse est bien dure et cruelle, Qui ne s’accorde à lu. fin de promottre Le {leu loyer d’un serviteur fidelle, BAÏF,.Diverse..5. Amours, L. 11 (I, 332). Convenir de. — Estans en quelque contraVerZe de science, ils s’accorderent d’entrer tous deux dans le feu, en presence fie tout le peuple, pour la. verification chacun de son party. MONTAIGNE, II, 29 (11i, 126). — Pour Toulouze, fut notamment dit que nul des reformés ne seroit contraint d’y plaidoyer, mais que les parties s’accorderoyent d’un autre parlement. Aunicrid, Hist. Univ., 23. Accorder tes ileutes, les quintes, 1es v. Meute, Quinte, Vielle. Accorné (terme de bla_son). accorné. Animal représenté avec. ses cornes.(La.curnO. — Un Comte cle Foix… print pour blason de ses Ar- moiries, deux va, ches de gueulles en un champ d’or, eampanees,.aceornees, et à ongles d’azur. ET, COMI.ogr., XV, 6. Accort. Avisé, habile, ru.4, qui a respri I. vif. Il estoit si accort et si inventif qu’incontinent qu’il fut à. deux jectz d’arc de la ville, trouva façon d’a_voir une jument d’un povre homme qui s’en retournoit dessus en son village. DES PÉ- RIERS, Nor.ev, Récr., 23. — Le roy Louis onzies- me… aymoit ceux qui estoient accortz et qui res- pondoyent promptement. Iu., ib., 51. — Co- gnoissa.nt qu’il auroit affaire à. homme accort. et de bon entendement, il joua ceste firieSSf. SALUT’, tra.d, d’HF : utorloTE, III, 123. — Encores nous oyons les furies d’Ajax, Et les cris depiteux de l’accort Promethee. BAtie, Passetems, L. V (IV, 444), Itz ne so.nt pas si accortz que je n’aye hien descou.vert leurs menées. Morimic, Lettres, 41. — Si le chef des ennemys est accord et pratic en tels affaires, comme il cognoistra vostre vantaige, il prendra son avantaige. ID., ccrn- ment., L. {HI, 4_72), — [Les insulaires de Chi- tate] sont pour le jourdhuy des plus a.ccorts en matiere de cognoistre les Simples, que ies plus subtils drogueurs seroient bien empe-schez à leur en apprendre quelque chose. THEVET, Cosmogr., , 11. — Que me sert avoir esté prudent et accort tout Te temps de ma vie, si ores que j’avois plus besoin de sagesse j’ay esté moins advisé ? LARI- VEY, le Laquais, V, 1. — Louyse est trop a.ccorte pour faire un contract si peu à l’advantage de sa fille. TouRNEnu, les Conten-s, I, 7. — Le Libertin Courtisan… est si accort, qu’il n’oublie aucun. ar- tifice, pour c..ouvrir ce qu’il sçait. bien que plu-sieurs rePr011Vent. LA NOUE, Disc. pol. et mile, XXIV, p. 609. — Luy, qui estoit accord et fin, Affin de rompre tel dessein, Dessus le champ vous fit entendre Que vous pouviez avoir pour gendre Un lequel avoit bien du bien. JEAN GODARD, les Desgutsez, V, 3. — Aux os et à la mémoire de dom Petro de Navarre, Biscin, rusé’, accort et re-nommé à prendre. villes et places. BRANTÔME, Cap. estr., Done Pedro de Navarre {I, 161). — Comme [Louis XI] estoit Prince accort qui sçavoit aussi dextrement choisir ses advantages pour les mes- nager StIr du parchemin, quo ses predecesseurs par les armes, il estima ne devoir laisser envoler l’occasion qui se presentoit. E. PASQUIERI Re- cherches, V I, 11. — Mais vous devriez, nia fille, en l’âge où je vous voy, Estre riche, contente, avoir fort bie-n dequoy, Et pompeuse en habits, fine, accorte et rusée, Reluire de joyaux ainsi qu’une espousee. REGNIER, Sat. 13. (En parlant des choses.) — Je te conjure, Amour,. par les traits que tu portes, Par le flam- beau doré que tu tiens en ta main, Par le voile sacré qui couvre ton beau sein, Ton visage, tes yeux, et tes ruses accortes. BELLEAU, Bergerie, 2e Journ., Baisers. — Je veux parler d’une sub- tile et accorte invention des dames… je parle de l’invention des ma.sques. H. ESTIENNE, Diai. dli Lang. frareç. ital., I, 219. — Il sera reconnu du vieux Prince Nestor… Et rapporté du double et cauteleux Ulysse Dont on craint moins le bras que l’accorte malice. MONTCHRESTIEN, HeCtOr, (P6 34). ACCOM à. — Mais pour soy nostre Prince a re- tenu la Terre, Terre pleine de biens, de villes et de Forts, Et d’hommes à la guerre et aux Mitses ac- corts. RoNSARD, Hymne de Henry II , 194). — N’estant donc igndrant soy mespne, ains accort AUX affaires d’Estat. JEAN DE LA TAILLE, le Prinee Nécessaire, II. — C’est bien le plus grand mal qu’un homme puisse avoir Que servir une femme accorte à. decevoir. ROPITSIRD, Amours de Marie, Elegie à son livre. — Vous diriez à le voir [le chien couchant} et qu’il est, raisonnable, Et qu’il a jugement tant il est admirable En son mes- lier appris, et accort à. fleurer Les perdris, et les faire en crainte den-teurer. ID.,.Poernes, L. I, ta Chasse (V, 41). — Il faut, que les Pilotes bien ex- perimentez soient accorts à recognoistre ces Pro- montoires, riviercs, et lieux dangereux. TilEvET, Cosenogr., XXIII, 1. Accort de.’labile à. — Ilz sont tous accorts de faire leur profit de tout. DEs PÉRIERS, Nouy. Récris, 79. Md accort, Malavisé, inhabile. — Tout ainsi moy, qu’Amour blessa d’un beau visage —(Dont rosay, mal acort, dans mon cœur recevoir Le por- trait mon meurdrier), je ne puis me mouvoir, Que n’avise par tout ce qui fait que j’enrage. BAÏP, Amour de Francine, L. 1 (I, 114). — Luy estant expert aux choses mechaniques, n’estoit point, ignorant des dlimensions Geometriques : et n’a point esté mal accort aux harmonies musicales. F. BRETIN, trad. de LUCIEN,. Hippia$, 3. Accort est plusieurs fois cité comme un mot à la mode, emprunté à l’italien. — A celle fin d’estre estimé mieus parlant, il ne cherchera autre chose qu’à trouver le moyen de faire venir à propos aucun de ces mots, comme folâtre, fat… l’escarpe, acort. TAHUREAU, ler Dial. du Deinoeri- tic, p. 34. — J’ay usé de propos deliberé en c…e lieu de ce mot Accort, qui est emprunté de l’Italien aussi bien que Reussir, mais le temps nous les a naturalisez. E. PAsQuiEn., Lettres, II, 12. — Nous avons depuis trente ou quarante ans emprunté plusieurs mots d’Italie, con-ime Contraste pour Contention, Concert pour Conference, Accort pour Advisé. ID., Recherches, VIII, 3. (Déformation du mot.) — Parcidevant je vous ay parlé de ceux qui pour Accort disent Excort, Escort : mais je ne vous ay point. Faict mention de ceux qui disant Accolt, tout ainsi qu’aucuns Galbe pour Garbe. H. ESTIENNE, Mal, du Lang. franç. ital., I, 165. Accortement. D’une. manière avisée, habile,. avec esprit, avec ruse. — Car j’ay accortement acquise la richesse Par nion subtil esprit. Anc. Poés. franç., II I, 324. — Il [Mahomet] se porta si accortement (car c’estoit un des plus rusez hom- mes de l’I_Tnivers) que son maistre estant clececié, il espousa la verve. THEVET, COSMOgr., VI, 3. — Entre tous les seigneurs qui descouvrirent plus ac- cortement ces menées et. entreprinses, l’admirai fut des premiers. REGNIER DE LA PLANCHE, HiSt. de l’Estai de France, , 1 a6. L’escu ver repour- prant un peu sa face blesrne, R’asseeure accor- teillent et sa beste et soy-mesme : La meine ores au pas, du pas au trot, du trot Au galop furieux. D u_r BARTAS,. 2e Semaine, 2e Jour, les Artiftees. — II[Salomoni sçait accortement tirer rame des loix, En affaire douteux, prudent, il subtilize, Et des plaideurs rusez les cœurs anatomize. ID., ib., ’rie.10UP, ta Magnificence. — Octavius entendant qu’il lui ressembloit en tout et par tout, le fit ap- peller, luy demandant si autrefois sa mere estoit ve- nue Rome : Respondit que non fort accortement, trop bien son pere y estre diverses fois venu.. Du Ktn„ Contes d>Eutrapel, 33. — Les La.e, edemo niens perniettoient de desrober, à charge que ce fut a.ccortement et finement. CIIOLIRES, 6e Ap. Disreee (p. 256). Aceortement est signalé’comme mot d’em- prunt par Noël du Fail, Contes d’Eutrapel, 33. Accortesse et Aecortise. Qualité de celui qui est a.ccort. — Si est-ce que vivre ainsi, Ce leur semble, c’est d’ici tà la cour] La vertu seule, l’hon- neur, L’accortesse, et le bonheur. JODELLE, les Amours, Chanson (II, 78). — Je sça_y aussi Fort mauvais gré à ceux qui ne se contentent d’user de quelques mots italiens, qui en la lin ont été ren- dus familiers au langage _François : mais de ceux- la font venir d’autres, qui luy sont a.ussi estran- ges, comme ceux-la luy sont familiers. Pour exemple, ceux qui ne se contentent pas de dire Ac- cort, et Accortemene, mais disent aussi Accoroise, et Accortesse. Et un certain personnage a passé en- core plus outre. Car ne se contentant pas de ces termes, y a adjousté Accortiser, pour dire faire devenir accort. H. ESTIENNE, Die. du La..rig. -franç. ital., 1, 129, Accortisere v. Accoete.5se. Accostable. Accueillant, bienveillant, affable. — Approchons, 011 Bellini les dieux sont a.ccos- tables. BELLEAU, Bergerie, ire Joiern. ? 56). — Il veit la majesté de son port venerabie, Ses graces, son parler, sa façon accostable. 1D„ ib., 2e Journ. (Il, 20). — Allons tous, dru et espais, POUP luy demander la paix : Nous irons jusqu’à sa table, Tant il est Prince accostable. Sat. Men., Har. de M. d’Aubray (p. 284). — Elle estoit fort aceostable, et qui gagnait bien le cœur des per- sonnes pour les belles partyes qu’elle avoit en elle. BRANTômE, de.5.Daile-es, part. I, Marguerite reine de Navarre (Vin, 122). Mai accostabir_ — Et fut si bien chas- tià ce peuple feian et mal accostahle, que sur le champ de bataille y demeurcrent plus de cent cinquante mille des ennemis. Cosmogr, 11, 1, Accoster, Être à coté de, — Il ny aura aucun qui teme.raire.ment attaque ce riche en debat q’uand il apperce\rra cestuy cy qui l’accoste.. BR I i 2 r,.rad. de LuelE ri, du Cercheur de repue franche, 59. Être accosté dr. Avoir près de soi. — Aptes es- toient ordonnez Trezeniens, acostez de deux cens Lepreates, que quatre cens Myceneens et Tirynthiens adossaient. SALUT, trad. di HÉ Ro- DoTE, IX, 28.

Accoster qqn de.. Lui donner pour compagnon. — Pour me guider en ces lieux inconnus II m’accosta d’un homme de Lycie Qui me servoit de seure compagnie. Am. JAMY N Poesies, L. V, 57 Te.

isi’accoeter de.. S’approcher de, aborder. — Ayant rencontré par le chemin un. gentilhomme Fia- mend allant en Angleterre, et s’en estant accosté, en se disant. entre der mesme pays, picqua avec luy jusques au lieu où il fallait passer la Liner. FI. Es. TrENNE5 Apol. pour lier., ch. 15 (I, 235). — En nous en retournant ce gentilhomme s’accosta do moy, et nie dict : « Jésus ! cappitaine Monluc, en quel pull a esté ceste bataille d’estre perdue ! 1) Momiue, Comment., L. Il (I, 282). —Junia, verve de Scribonianus, s’est.ant accostée d’elle famille- renient, pour la societé de leurs fortunes, elle la repoussa rudement avec. ces parolles. 1VioNTAlc. "MT H, 35 (III, 180). — D’une ville qui peut jetter trois mille soldats en une sortie, Ion ne s’en peut accoster pres qu’avec peril. LA N E r Disc. Foi. et mil., XXVI 1 (p. 692). Nostre nouveau venu s’accoste d’un vieillard, Et pour en prendre langue il. le tire à I’escarl. AuBTGNÉ, Tragiques, (IV, 105). — [Bradamante I tira son es- pée pour se tuer ; mais un meilleur esprIt s’ac- costa soudain d’elle, et. la fist recoudre de s’en aller au camp. Bp„fracrômE, Cap. franç., le roy Charles (V, 264).

Entrer en relations avec., se lier avec. — Si tu veulx vivre en Court (Dilliers) souvienne toy De t’accoster tousjours des mignons de ton maistre. Lira BELLAY1 Regrets, 13.9 — Depuis estant venu à Paris s’a.ccosta d’un prestre nommé messire Hector" ESTIENNE, AFol. pour Her., II, 61. — Je m’accosto.y des principaux du peuple et leur monstray co qu’il failloict fere. Moriurc, Com-- L. IV (il, 170). — M’ayant deiaissee, il s’acosta de Tais, l’amie de Larnprias. F. BRETirq, trad. de Lova EN, Devis amoureux, 3. Commencer à con.naitre. — A peine encor, du vulgaire écarté, Je m’acostoy de Virgile et d’Ho- race, Quand la beaulté d’une quatriesme Grade Emprisonna ma franche liberte. N Y,’ous- Fies, S. 126.

S"aceoster à Accoster, aborder> — J’avois grand desir ce matin de m’accoster vous, pour entre participant de vos devis. L CARON, Dtalopee..5, 2 (44 ra).

S’accoster avec. Entrer en relations avec. — Ayant eu l’interpretation des Grecs insulaires, avec lesquels je m’accostais tousjours, pour avoir l’intelligence des mots. THEFET, Cosme XV III, Accoster est un mut à la mode. — A celle fin d’estre estimé mieux parlant, il ne cherchera autre chose qu’à trouver le moyen de faire venir à. propos aucun de ces mots, comme foleitre, accoster, aborder. TAHUREAU, ler Dial. du Demcritic, p. 34.

Accostoyer. Placer à côté. — Cestuy qui pendent sa faveur avoit pris la hardiesse d’accostoyer sa statue de celle d’un Roy de France, au Palais Royal de Paris. E. Pasquier, Recherches, VI, 43.

Accoter. Soutenir. — Ce fut le propre jour que le Retail nerveux Accota de son bras tout un mur ruinoux, Comme on voit accoter à Paccotte puis. sa_nte D’une vieille maison la muraille pendante.. Ane. Poés. franç., VI, 31 4.

S’accoter. S’appuyer. — Car heurtant une porte en pensant m’accoter, Ainsi qu’elle obeit je viens à culbuter. REG-NIER, Sag. 10.

Accotte, v. Accoter.

Accouarder. Rendre couard. — Et. du front m’a.s ost6 L’honneur, la honte et Pa.u.dace pre miere, Acou.hardant mon ame prisonniere, Serve à ta volonté. RONSARD} Amours de Marie (1, 191). S’accouarder. Devenir couard. — me fe- roi L. beau voir ores rn’accoua_rder, Et contre Go- liat ne m’oser bazarder. P. DE BRACirl, Poe mes et Meslanges, L. 1, Mononuichie de David et de Go- nfla. — C’est la gayeté et ale vesse qu’eut Saül, allant combatre contre Iiennemy, d’avoir moins de courage qu’une femme… de donner place en son cœur au desespoir pour faire clesesperer et acon. harder les siens. LE LovEn, Hist. des Spectres, VII, 13.

Accouardir. Rendre couard. — Vrayment la Françoise noblesse Fait tort à la belle jeunesse Dialorrer des Muses le fruit:Croyant à sa honte et dornage, Qu’elles abatent le courage, Acouhar- dissant qui les Suit. BAÏF, Fasseterres, L. V (IV, 44 2). S’accouardir. Devenir couard. — A fin— que par tel moyen ils s’acouardissent et desesperassent de leur victoire. TIIEVET, Cosmogr., XIX, 8. Accouardi. Devenu couard. — Les Troyens ac- couardiz pour l’inutilité de ceux qui les condui- saient, rompirent leurs ordres… et tournerent le dos. LEMAIRE DE BELGES, LitliStP., 11, 19. — Pe- Mort, Enfer, jadis Feurent hardis De nous assaillir et. prendre; Or sont ilz aceuardis. MARG. DE NAlLt les Ilikieguerites, Chansons spiritueiies (III, 146).. — Car ce n’est moins entre les pots D’enhardir par vineux propos Un homme pares- seux à boire, Que pour gaigner une victoire, Rendre à la bataille hardi Un’Capitaine acou- hardi> ItorisA RD, Odes, V, 15. — Vost.re vertu à nulle autre seconde, Jadis l’effroi et de Home, et du monde, Vous lairra elle ainsi accouardis ? BuT- TE’T's l’Amaltkide, 154.— 0 peuple dIsrael ! ô gent accouardiel Est-il nu] entre vus d’emprise si hardie, Qui m’ose regarder ? DES MALSURE2r David combattant, 285, — Alors des Lyciens mesme les plus hardis Ne tindrent plus, ainçois fuyoient acouardis. Am. JANY :’q", Iliade XVI (92). Rendre acouardi. — Ou bien si le desir genereux et hardy, En tieschaufrant le sang, ne rend acouar- dy Ton cœur à mespriser les perils de ! a terre, Pren les armes au poing, et va suivre ! a guerre. RON- SARD, Poerne L. Il (V, 176). — FIeureuse aussi la voix qui rend accouardis Les propos plus hautains bis parleurs plus hardis. VAUQUELIN DE LA ARES* NATE 5 Divers Sonnets, 49.

Accoubler, v. Accoupler. Accouchée. Mettre.aux nouvelles des accou- chées. — Je ne voudrois estre compris au kalen- drier des bestes humanisees, pour voir cependant quelque autre en possession de mon cerveau, avec le sien, lequel me teint tous ours sur les rangs, et me mit aux nouvelles des accouchees, Trad. de G E irL f, Di sr. lantast. de Justin Tonnelier, Disc, IV, p.101. (Cette expression est peut-être une allu- sion aux nouvelles qui se disalent dans les visites aux accouchées.) Accoucher (in bans.). Se coucher, s’abattre. — Ou Paguilion de dure et fiere touche, Les tueurs navrez si tresfort picque et touche. Que le plus sain par tristesse en acouche. CRETIN. Complainte sur la mort de Guill. de Bissipat. S’accoucher. S’abattre. — La mer par fois souffle si fort. et boult Qu’il n’y a sens qui tont ne s’en farousche Ne si bon cueur qui de peur ne s’acouche. GERMAINCOLIN à Jean Bouchet, dans les Epistres Familieres du. Traverseber, Accoucher. —— [Des pays] oie les femmes s’accouchent sans pleincte et sans effroy. N TA I G NE, I, 22 (I, — s’accolée/ter — Elle s’accoucha en la prison d’un beau. fils. Amyivr, Dion., 57. — Hercules… emmena quand et luy (lalicia dedans ses vaisseaux, laquelle s’accoucha d’un beau —fils. In., Demendes des choses grecques, id. Accoucher (subst,). — Et laissez la vieille pins- cher Ailleurs, plustost qu’à l’accoucher De cette pauvre jeune femme. Du PÉMERS, trad. de rl’Ë- RE ricE, 1’And•ir, I. ri, Accoudière. Parapet. — 11 Rassoit à cheval sus les ponts de Sey près d’Angiers… II dorme de l’esperon à son cheval et le fait sauner par dessus les aceoudiires dedans Loyre. DES PÉRlEB.S, NO W). Réer., 55. Accoudoner. Parapet.. — Puis me conta qu’ayant achepté une carpe toute vive, et que voulant remettre le retour de son argent en sa bourse, ii avoit mis sa carpe sur les accoudouers du’pont, et qu’elle avait pas si tost esté, que faisant le sala de la carpe, elle n’eust saint é en la riviere. GuiLL. Bouctuur, 6e Seree OH, 24), —Ily a cent tours fort hautes, toutes de porphyre, Les fondements sont de bronze… et tout le haut qui est en accouldoir, de pur or, au dessus duquel on voit continuellement voleter des enseignes, es- quelles sont brodées des Aigles griffonnées. Trad. Foi.p.Noo, Merlin Cocca.E.t-…, L. XV (II, 3.1). Appui (au figuré.) — L’acodouoir de vieillesse. RABELAus, II, 7. Accoudoyor (e). S’accouder. —I le s’age- nouille, s’aceoudoyant sur un billot, estimant de- voir estre executée avecques une espée à lai Fran- çoise, mais le Bourreau._ lu, y fit mettre la teste sur ce billot, et la luy couppa a.-vecques une doloire. E. PASQUIER, Êecherdzes VI, 15. Accouer [des chevaux]. Lier la queue de celui qui précède au cou de celui qui suit. (H. D. T.). — Fi g.) Arcoités. Liés étroitement" — Nous n’avons pas faict marché, en nous mariant, de nous tenir continuellement accouez l’un à l’autre. MONTAIC rE, HI, 9 {IV, 85). Accouler. Affluer. — Et si d’aventure i/ y ac- coule force humeur, vous laveres le lieu commode- ment de —Yin blanc fort cler. rrA.:AuLT, dans G. Et espuisois avec certains grands esquifs et l’or et l’argent, qui perpetuellement recroissoit, et amplement accoulloit. F. BRETTri, trad. de LUCIEN, k Songe ou le Coq, 12. Accoulper. Accuser. — Si nous voyons qu’ils ayent cheminé en bonne conscience, et qu’on tes a.ccoulpe, et qu’on les tourmente, voire pour avoir servi à Dieu, que tout cela soit pour effacer les opprobres du monde. CALVIN, Serin. sur la 2 a Timothée, 4 (LIV, 43.). — Si tes couraux leurs em- bamés Zephyrs Par tes baisers dans nia poitrine versent, Ne faccoulpant des maux qui me ran- versent, Je me dedi de tous mes repentirs. Bulr- TE, L’Amok/Wei 8. — Pourtant a ajousté trois feuilles tant. pour les raisons susdictes quia.ussi pour respondre à quelques objections légères, ce qu’il a esperé vous devoir estre fort arable, d’autant que ne voudriez aucunement qu’il fust a.ccoulpé des fautes que pourrez voir audit exern- plaire qu’il vous présente. H. EsTiENNE, Apol. pour er., Supplication (I, p. XX HO. — Je ne dis pas tee y pour les accoulper, car je sçay tresbicri que les expions de guerre ne se jecteut pas en moule. PK. DE MA a ri [ x errrituolitique$ ei hit ; Ear„ p. 280. • Vous m’acoulpez de m’apprivoiser avec ma mmer. Cmor..U.REs, 5 Ap. Dienee 21M. Accouplable. Qui peut s’accoupler, s’unir. — Ces deux fruits; dont la provision est aggreable pour leur utile nouveauté, contentement accou- plable avec la plaisante odeur des belles plantes du Jardin. 0, DE SERRES, Théàire d’Agric., V1, 1 D. Accoupiage. Accouplement. — Les courages s’; _u_molissent et divertissent par Faccouplage des femmes. A1ONTAIGNEt II, 8 (II, 82}. —Hrt croi- rons nous cestuy-la Quehr.urtz igitur causa quis diaerit effecturn esse enundurn ? Eortan scilicei ani mantium, que ratinew ittuntur. Hi scat dii et hoiries, quili us pro cet& n l’ha est meurs. Nous n’au- rons jamais assez bafoué l’impudence de cet ac- couplage. ID., II, 12(I I, 164). — Tout le mouve- ment du monde se resoult et rend à cet accou- plage. ID., III5 5 (III, 337). — Je hay ce sot ac- couplage, d’une Deesse si saine et si alegre, avec ce petit Dieu indigest et roteur. ID., III, 13 UV, 261i). — Tout le mouvement du mande se resoult et se rend à cet accouplage de ruade et de fe- melle.. CHA.RRON, Sagesse, 1, 22. — Nos hommes vont à l’estourdie it cet accouplage, poussez par la seule volupté. ID., ib. Accouple. Accouplement. — Ayant inedeciné nos corps, vous ordonnez Vos saincts status no- tiers. les reigles vous donnez Quand, comment, avec qui, Pac.couple conjugale Se fait, et ne se fait. Bonnet du Seigneur de 1410NTEssuY, dans Cholires, Maginées (p. 11). — Par l’accouple du niasle la femelle reçoit un naturel accomplisse- ment.. CHOL1ÈRES, 2e A ite.. Disnée (p, 79). — Non point qu’ils eussent à mespris une si saincte et le- i lime accouple qu’est la maritale. I o ib (p. 109). — Les bestes brutes, dés qu’elles sont empreintes, sont exemptes de ces accouples. ID., 5C Ap. dis-née (p. 223). Accoupler. Atteler d’un couple. — Pline es-. crit que Neron accoupla., son coche de juments qui estaient Hermaphrodites. Gym,. BOUCHET, 20e Seree (fil, 261). S’accoupler de. S’unir à. — L’homme s’accou- plera de femme, qui ne soit de vile, vilaine et lasche condition. CHARRoN, Sagesse, (Prononciation.) Accoubler. — Puys les acoubla [les mains] de mode que le pouf e. dextre 1.01J- choyt le ga.usche. liABELms, I I, 19. • Excepté le pculte et it doigt indice, des. il acoubla mol- lement les deux ongles ensemble. ID., I 1.11 20.. — Avec.ques lin style feist hastivement certain nom- bre de poinctz divers, les accoubla. par Geoman- ID-I Ill, 25.— Le maistre des cerirnonies… les accoubla tous deux, M. de Montluc et do Vassé, pour aller et marcher ensemble aux cérimonies. BetAr TliME, Cap. franç., M. de lassé (IV, 94). Accoura.ger, Encourager, exciter, — Par ces romonstrances et exhortations furent les soul- dars… enhardiz et accouraigez. SETssEL, Succes- seurs d’Alexandre, IV, 10. — Tout ce qui pout servir à nous accota rager quand il est question de prier Mou, nous est enseigné en ce ; ivre. CAL- VIN, ComineFee, sur le livre des Pseaumes, Préface (XXXI., 18). — Encore espoir un bien. peu m’ac- > courage. VASQUiN Birrr..iEULI trad. de PËer.R.A.RQu Ei L. I, S. 193> — Il monstre quelques e.xemples com- bien il est. liberaI à pardonner, afin que les ficleIes soyent tant mieux accouragez à corriger leurs fautes, ,.ALVIN, Instit., III, Hi, 25. — Le Rhin en est tesmoin, qui en Pa_spre furie De Mars, accou- rageant ta grand gendarmerie, Te vit, et te con- nut au front de tes aieux. BUTTE’rt ter Livre des Vers, Ode I. — Ainsi tous jours ta faveur In’ac- courage., Tousjours sois tu le confort de mes maux ID., rizehée, 242. — Et sa compagne aupres, qui au travail l’incite, S’essaye ensemblément sa peine soulager, Et par propres raisons à mieux racourager. MA.unicE SckvF., Micreereeme, L. p. 19, — La gloire du labeur les va acourageant. In., ith., L. II, p. 45. — Craignant qu’entre les -mauvais hommes,. A mal faire on les a.ccourage. DEs Moisna.gs, David combattant, 1093i — Ce loyer conviendroit Justement et de droit Aulx hommes dont la rage Anime et accourage Le Roy encontre lui. David fugitif, 702. — La su- . perbe et. la rage L’un et l’autre soldat tellement accourage Qu’à peine peuvent-us attendre que le cor, lie fifre, la cimbale, et la trompette encor Denoncent la bataille. Du BARTAS, J udith, , V, Les gallères ennemies._ vinclrent à une porte d’arquebusade de nous pour nous envestir ; et lors le chevalier, allant depoupe en proue, accou- ragea tout le monde. lieloriLuc, Coriernentaires, Li. III (III 129). — A la. fin je donitay couraige à noz gens, et les faisois remonter les eschelles, ac- couraigeant les uns et menassant les autres. ID., ib., L. {If, — Combien pensés-vous que cela accouraigera Ie peuple, quand il verra ceulx qui ont puissance.sur leur bien et sur leur vie, prendre les armes pour leur deftense ? ID.’ib., L. VI (III, — Vous entendriez crier et hurler ces paillards Sodomites d’une grande demie lieue, a.ccourageans les soldats pour les faire Yirvainc•e. TuEVET, Cosmogr., XI, 7. — J’ay bien. voulu dire cecy en passant, à celle fin d’accoura_ger noz Rays, et Princes de leur sang, à l’advenir laisser apres leur mort quelques tesmoignages de leurs prouesses et vertus. ID., ib., XIV, 17. — Car Jamais un coup tu ne donne Que la trompette avant ne sonne, Qui sert. et de t’accourager.., Et d’aussi fanfarer ta gloire. P. u s BRACS, ter L. des Amines, 11 Airnee. — Bref les attraits de ta mi- gnarde grace… Par leurs apasts accouragent mon cœur. P. IIFF. Caariu, CEuv. poet., p. 25. — Mais rien ne m’esjouit, et rien ne m’accourage. ID., ib., p. 26. — Mies se mettent à travailler dés leur arrivee dans la Rusehe, et ce par le plus haut en- droit (1 icelle, lequel se rencontrant pointu, est • par consequent rempli dans peu de temps ; dont • les Abeilles accours regs s’a_rrestent volontiers en tel lieu. O. DE SErirtts, Théâtre d’Agrée, V, S’accourager, S’encourager, s’exciter. — Les affligez prenans exemple en rnoy s’aecouragerorit pour dresser leurs yeux vers luy, TH. DE BÈZE ? P. de David, 34, Paraphrase. — il faut, cruels, au sang s’accourager, Quand nous voudrons com- battre l’estranger. P. Dt BRACH,. Mesian.ges, na va, Accoureement. Accourcissement — Car h mort est fin et accourcement De tout ennuy, mi• sere, mal et peine. HAUD NT, Apologues d’Esope 11, 74. Accourcissear. Aceoureisseur da pendule. Coupeur de bourses. — Atez Larrons Vous, a.c, courcisseurs de pendans, Qui estes as pros à Io pince… Le beau licol qui colite un mince Vous servira de contrepoix, Ane. Pdés. frapr„ VII, 83, Accourir, Accourre. (Formes.) — Tou tep deux à moy accourirent… Mais, aussi lost me veircint, Elles (burent clesconfortées„ Anc, Pué : ?, f ranç., 1. X, 144. Voicy des filles la brigad( Aux crins nouez, en simple verdugade… Et te pi, gna.nt accourre tu les vois. BAie, Poemes, L. I (II, 423). S’accourir. Accourir. — Les hyvers en font courir plusieurs aux grandes source ! d’honneurs et de biens… C’est à ce jeu que nous avons pris Morla.s, qui ne pouvant mettre d’ac, cord la b ; P.isesse de sa naissance et l’elevation d( son esprit., s’accourut aux sources alleguees. Au, cncrid, Sancy, I, 9. Accours, Affluence. — L’on ne sçauroit cou• cher en carmes, Papiers et encre seroient couru Qui vouldroil mettre tout l’acours u : ricin peuple et toutes gens. AiriC. Poés. /rafle., I, 145 — I l commença… a blasmer les empeschement5 qu’on avoit en la ville, les ; accours du peuple, et la multitude de c..eulx qui de toutes part.z aborcloienl le Prince_ Trad. des cinq premiers livres des An• nales de TACITE, L. IV„ p…154. Ac courser, Accourcir. — D ionysi us… (piani il estait constreinct accourser ses cheveulx lei bruloit a lentour avec du feu. SEY55EL, trad. (h DioDonE, III, 23. Accoursier, v. Acoursier. Accousiner qqn. Le. traiter de oousin, se lie’ familièrement avec lui. — En un festin de ce paye. où il avoit appellé trois Ducs ses cousins, un nia, çon… le tira par les chausses au sortir du disné, et lui dit u Mon cousin, j’aurois lien à cetti heure affaire des huiet livres que vous touchas tee pour moi, quand nous travaillions à Brissac. » Lee. Dues qu’il avoit accousinez n’empescherent poinl IF : is premiers coups de poing du cousinage nou- veau. AuBiGra Filent : me, III, 18. — Dès —là nom estions fart renduz privez et acousinez. BRAT1— TÔME, Cauronnels franeaig, , 392. S’accou_siri, er de qqn. Le traiter de cousin. — Cyrus voiant d’avanture present un gentilhomme Merle, qui autre fois s’estait acousiné de luy. J. DE VÉNTEMILLE trad. de la Cyropedie, 3, — Apres lu y Artabaze, qui s’estoit jadis acousiné de Cyrus. In., ib., VI, t. Accoustre (mot d’argot). Préparer [à manger]. Var. hist. et liit., VI11, 170. Accoustrement. Vêtement, costume_ — Tout son a.ccoustrement estoit riche et pompeux oultre mesure, pour denoter quelle [Junol est Dresse de toute richesse et opulence. LEMAIR E. n E. 13ELG 11-luser., I, 31. — La noble dame Andromacha donna à son neveu’enfant Ascanius>.. plusie.urs nobles acccfustremens tissuz et ouvrez de ses propres mains. ID., ib., 11r, I — Ces vesternens tant propres et accou.stremens tant riches. RABE- Lms, I, 56. — Les Romains estoient discernez des Grecz par diversité d’acoustrernens. CALvinir, Instit., X, p. 573. — Pourquoy il de beaux acoustreniens D’or et d’argent., rubys et dia- rnans ? MARG. DE NAV., les Marguerites, Com. de la Nativ., de J.-C. (II, 4S). — Elle aymoit si très fort los acoutremens falloyt des plus beaulx et riches qui fussent en la Court. E.A.n., ilePtarn.1 59. — [Lysandrel… ayant quelque tyran de Sicile envoyé plusieurs accoustremens precieux, pour servir de lustre et, pa.ra.de à ses filles, les refusa sa- gement, adjoustant… qu’en telles façons de robes gisoit plustost leur deshonneur que l’ornement. PASQUIER, le Monophile, L. (II„ 766). — Voyia einqu.ante eseuz que je vous donne, afin qu’ayez moyen de porter accoustremens propres pour estre remarqué entre les plus braves. Comp- tes du Monde adventureuz, 52. — Ou pour broder au mestier proprement D’un nouveau Roy le riche a.ccous trement. RONSARD, Hynate de la Fectnee (VI, 150). — Au surplus, un accoustre- ment De crespe, mis si proprement, Que du tra- vers de sa vesture Les flots de sa blanche char- nure L’on. entrevoye. BELLEALlt Odes d’Anacreon (I, 25).•— Les alliez emportoyent… force beaux et riches a.ccoustremens de pourpre à. la Persiene. AMYOT, Cimon, 9. — Ilz [les lioina.insi n’ont pas accoustumé de prendre ieurs bea.ux accoustre- mens sur leur harnois quand ilz veulent seulement cheminer par les champs. ID., Lucullus, 27. — 11 : Pompeiusl despouillant à grande haste sa cotte d’armes et son accoustrement de Capitaine, ves- tit une rbbbe convenable à sa fortune. ID., César, 45. avoit accoustu.iné de porter un accoustre.ment riche au combat, et d.e. couleur es- clatante, pour se faire remarquer. MoNTAiGNis, 34 (Ill, 173), — L’empereur… les haut, loua, et fil donner à. ch.ascun un accou.strement. de vel-lours cramoisy. BRA, NTÔMEr Rotioznont. espaign. (VII, 45), — Le Roy… vestu d’un accoustrernent broché d’or, Trad. de FOLENGO, Merlin Coccaie, L. I (I, 23), Accoustrentent de la Mec. Coiffure, — L’acous- trement de la teste estoit selon le, temps, En hy- ver, à la. mode Françoyse. Au prin temps à l’Es- pagnole. En esté à la Tusque, RABELAIS I 56. AccoeiMrement de tegtic. Casque. — Ils [les Par- thes1 avoient des accoustremens do teste si pro- prement a.ssis… qu’il avoit moyen de les asse- ner que par des petits trous ronds, qui respon- doient à leurs yeux. MŒNTAIC (II,. 105). En ce sens, aceoustrement de teRie était une ex- pression à la mode. — D’un heaume luy fut appris un arrnet, une bourguignotte, un acons- trement de teste. Du FAIL, Contes d’Eutrapel, 33. ecoustrer. Bien disposer, arranger, prépa- — Il faudra cultiver les vigiles, il faudra ac.- trer le.s prez. CALvi Nt Serin. S’Ur le Deater., 76 V11, 10.4), — Comme un laboureur, quand semer, il faut qu’il face passer ia. cha.rrue de-

;, il faut que la terre soit accoustree,

sur le liv. de Job, 15 (XXXIII, 191). — amis… a. commandé qu’on leur accoustrast Dgis icy au plus pres. isiniyoT, Hist../Ethiop., 11, 77 vo. — Il feit aussi accoustrer et fortifier et de Piraee, ayant consideré la. commodité [eu, pour du tout appliquer la ville. à la ma, — Thémisiocle, 19. — L’argent que lori luy it contribuer à. force pour les affaires de la re coutre les Barbares, nous l’employons à dorer, einbellir et accoustrer nostre ville, ne ne moins qu’une femme glorieuse. i D " rë- g, — Les Syracusains reprenans cueur s’en urnerent de rechef à Catagne, là où ilz pil- d et gasterent tou.t le pla, t pais, et bruslerent imp que y avoyent accoustré les Atheniens. Nitici-g, 16.. — La charge en laquelle il ein- .a. plus de diligence et de solicitude, fut. à dres- 7.4 accoustrer les grands chemins. In, „ Ccaus Gracchus, 7. — Ilz ordonnerent (111E. le derriere du temple de Minerve, , , luy seroit prcpiaré et &mous- tré pour son logis. ID, , Démétrius, 23. — Mais aussi e.stoit ce une honeste et loua.ble clespense celle qu’il faisoit à recouvrer et faire accoustrer des livres car il en assembla une grando qua.n- tité, et de fort bien escripts. ID„ Lueidiets, 42. Prépa.rer [un aliment, une drogue]. — Le tout n’estoit que chair de porc., laquelle estoit ainsi di- versifiee de plusieurs sauce.s et differentes ina.- nieres de raCCOUStFer. AMYOT, Flaminius, 17. — Lon servoit tousjours de toutes sortes de viandes exquisernent accoustrees, Lucullus, 40. — 11 faisoit dresser ses tentes et pavillons à l’oree de quelque vert bocca.ge…… lâ ou on luy accoustroit son disner sumptueusement. In., Anteinre, 9. — Atree De ses neveux a la chair accoustree, Pour le disner qu’à son frere appresta. FoRcADEL, Œup. poet., p. 51. — Pour empescher que le pois- son ne face mal… Il le faut faire bouillir et accous- teer a.vec du vin. WALL" Bouciirr, 69 Seree (11„ 12). — Elle a des cuisiniers Qui dans les plats fu- mant accoutrent les gibiers, VA iiQuELIN DE LA. FRESNAYE, Satyres jrançoiscs, L. V, à M. Bertaut.. — On les convioit de se raffraischir et faire la. col- lation, que don Sanche avoit falot très bien ac- coetrer. BRArcrômEl Cap. estr., (loin Sanche d’il- 11, 185. — Aux viandes nouvelles que /eues sçavent très-bien accoustrer. In., De3 DaieleS, part, .(1X, 221). — 11 accoustroit à rnanger pour les Religieux. Trad. de FoLEN Merhn Coecaie, L. X (I, 269). — Le medecin, mary de \rostre Lucresse… m’a donné charge aller aujourd’huy accoustrer ses vins. Or, j’ay pensé vous desguiser tonne-lier, et vous Encrier al, rec- ques moy en la cave. LA.ILIV EY les Escolliers, L — pauvre femme… le contraingnit [i’apo- thicairel d’accoustrer ceste poudre et en print ce qu’il Iuy en faisoit de. mestier. MARC-, DE NAV-5 H ep ta in. _ 68. Hien disposer, proprement, élégamment [la barbe, les cheveux]. — Or avoit il laissé croistre tousjours sa barbe depuis sa desfaitte sans l’ac- coustrer. AmvOTI Antoine, 18. — Et disoit davan- ta.ge Caesar… que ceulx qui leur feroyent la guerre seroyent un Ma.rdion Eunucquei un Photinus, une Iras, femme de chambre de CIeopatra, qui luy accoustroit ses cheveux.. ID., ib., 60. Panser. — Voya.ns ceste jeune pucelle parée de vesture si exquise… qui n’entendoit à autre chose, qu’à curer et acoustrer les blesseures du jeune damoyseau, Amyor, Hist. iEthiop, , L. I, 3 ro. Orner, décorer. — La. littiere fut tantost preste et a.ccoustree de royaux a.ornemens. LEMAIRE D E BE bC ESs 17. — [AEmylius] luy mesme venoit apres, monte dessus son char triumphant, accoustré et orné tresmagnifique- nient. AMYOT,. Paul Emittcf, Vêtir. Accoustré. — Ce faict, estoit ha- billé, peigné, teslionné, ac-coustré, et. parfumé. RABELAIS, It 23, — L’Ange… qui appa.rut aux femmes pries du sepulchre, estoit accoustré d’une robbe blanche.. CALVIN, Instruct. conbie les Ana- baptistes (VII, 116). — Ils trouverent Cleopa.tra roide morte couche° sur un flet d’or, a.ecoustree de ses habits royaux, A.wroT, Antoine, 85. — Les pages d’honneur tif-Ili-nient accoustrez, et bien pi- gilez testonnez. LouvEku, tra, d. Une 1, — Au jour sacré de la Royale entrée, Que la Princesse, en drap d’or a.ccoustrée, Brave appa- roisse. RoNsARD, Poèmes retranchés (VI, 203), ileceitstrer qqn de qqch. Préparer qqch pour qqn. — Les vieux ou vieilles qui excéderont l’aage susdict demeureront aux maisons de leurs maistres, pour les accoustrer de manger et garder la maison. Mornuc, Comment., L, III (II, 50).

S’accousirer.. Se vê., tir. — La Nymphe saccoustra de ses plus riche.s habillemPns. LEMA3RE DE BEL.— CF, , Se Illusir., I, 29. —Comme. une jeune fille, à fm de plaire mieux Aux yeux de son a my, par un soin curieux Siaccoustre et se fait RoNsARD, Hymne du Printeenps (IV, 303). Vests toy de ta force, Sion accoustre toy des vestemens de ta Jerusalem. CALVIN inStite, IV, lie 17. ..1.1"aecoustrer de qqch. S’en servir, s’en accommo- der. — Je sçay que tu scez qu’elle est louchk.J, Mais je te vekix dire comment Elle l’est si horri- blement, Et de ses yeux si rnal s’acoutre, Qu’i) vaudroit mieux, par mon serment, Qu’elle fust a.veugle tout outre. MARoT, Epigri, 204. — L’eclipsement nouveau des dix jours du Pape, m’ont prins si bas, que je ne m’en puis bonnement accoustrer, MONTAICNE„ 10 (IV, 132). Accousturnanee. Action de s’accoutumer, ha- bitude, — Aux bonnes choses conviendroit S’oc- coustumer lors adviendrait Qugon verrait la chose en usance Qui estoit hors d’accoustumance. MAROT trad. de deux Caoques f. D’avantage vostre peuple pour la longue accous- turaance, e…t pour l’accroissement. qu’il a re.ceu des armes, ne demande autre chose que la guerre, AMVOTe Numa, 5. — Il ; y eut un Romain qui prit cognoissance et accousturnance de s’a.pprocher et deviser farnilieremcnt avec un de ceux de la ville.. ID., Camille, 4, — L’accoustumance oste beau- coup de la trayeur et terreur aux choses, qui de leur nature sont verita.blement effroyables. ID., Marius, 16. — Aucuns, ou pour estre collez au vice d’une attache naturelle, ou par longue ac- coustumance, n’en trouvent plus la laideur. Mûri"- TAicreE, III, 2 {ln, 272). — A UTIO miserable con- dition, comme est la nostre, ç’a esté un tresfa.vo- rable present de Nature, que l’accoustumance, qui endort nostre sentiment à. la souffrance de plusieurs maux. ID., III, 9 TiT, 77). — L’accote- tumance est une seconde nature. ID., 111, 10 (.1Ve 131).. Accoustuzué subst.). Ce qu’on a coutume de faire, — Harpagus contre son accoustumé avoit mandé le berger. SA.LIAT trad. dinéRoDoTE, I, 111. — Comme le berger voulust faire son acous- turné, et eust ouvert l’huys pour entrer vers les enfans, ilz turnberent tous lieux à ses piedz. ID., ib., II, 2, Accoestumée (subst.). Ce qui est habituel. — Je vous mandois par ma derniere que Monsieur se trouvoit mal ; vous saurez par ceste-si sa. bonne santé ; par la grasse de Dieu, est remis à son accousturnée. AuBIGNÉ, Lettres de sources diverses, 24L. (Accoustumée pourTait aussi se rapporter à, santé.) A ro.ceoustionée. Selon l’habitude. — 0 Dieu tu es mon Roy, aide à. l’accou.stumee A Jacob ton servant. DESPORTFLS, Ps. de David, 43. — tes pro.- ŒSSiOnS.-— Se rirent et se parachevarent fort dévo- tieusement et quietternent, sans désordre et tu- multe ny insolance aucune, à Paccoustumée. BRANTI5M E, Cap. franç., M. de Ge.dise, — Je. veux respondre, quoy cjue couramment à mon accous- tutnee, aux dermeres lettres que j’ay receu de vous. St FRANçois SALESe Lettres, 704. Accoustumer. S’accoutumer à. — Elle exerça dès sa tendre jeunesse masle tait des armes aux tournoys, Acoustumant la lance et le pavoys. BAÏF, Poentes, L. V (II, 264), — Aprenons à, re soustenir de pied ferme, et le combatre (l’enne- mi qu’est pour l’homme la mort],.. Ostons Iuy restrangeté, pratiquons le, accoustumons le, Mow- TA ro ih.[E, I, 19 (I, 90). — Nous nous durcissons à tout ce que —nous accoustumons, ID, „ III, 9 (IV, 77). — luy raison. accroyre que rea.0 de la, ri- viere de Séne les amaigrissoit ainsi [des chevaux] jusques à. qu’ilz l’eussent accoustumée deux MOi.S. BRANTÔME, Cap. estr., Ie ereareechal d’Es-trozze, 265. aecoeislumé. Avoir l’habitude. — Les An- ciens pour confirmation de leurs appointemens, a.voient aeousturné de tuer une truye. CALVIN, instit., X, p. 567. — — Incontinent qu’il fut arrivé à Athenes, voulut commander et ordon- ner, conime il avoit occoustum.é. ArieYoT,. Thésée, Senat a tousjours accousturné de se por- ter moclereement et gracieusement envers ceulx qui ont à besongner et traitter a-vecluy. ID., Alci- biade, 14. — Ceste forest est celle mesme où… toutes les deïtez forestieres ont accoustumé de faire leur retraitte. BELLEAU, 1-a Bergerie, ire Jour- née (I, 265). Les os et reliques des personnes d’houn.eur, nous avons accousturné de les tenir en respect et reverenee. MOridTAIGNE„ III, 8 (Il, 80). — Je luy dy un jour un peu hardiment, comme ray accoustumé, qu’il luy sieroit mieux de nous. faire place. ID" ib. (II, 84). Ciceron reprend aucuns de ses arnis d’avoir accoutumé de mettre à l’as- trologie, au droit, à la dialectique, et à la geome- trie, plus de temps que ne rneritoyent ces arts. ID., II> 12 (II, 246). — Il [César] avoit accoustumé de dire qu’il air.noit mieux la —victoire qui se conclui- soi t par conseil que par force. ID !, 34 (HI, 169 ecoustumer qqch à qqn, Le lui rendre habituel. - [ies vers à soie] seront cha.udem.ent tenus durant quelques jours, pendant lesquels leur ac. cousturnerés l’aer petit à petit. O. DE SERRES, Théâtre d’Agric., V ! 15. — Comn-ke aussi se plai- sent-ils [les vers à soie.] à la, senteur des pourreaux, des aux, des oignons, si la leur accoustumés dés le.ur jeunesse, In., ib, Aceraser. Écraser, frapper violemment. — Air, où rescrvois-tu des boulets foudroyans’Tant et tant de milliers" quand aux Arnorreans Par les fils de Jacob mis en route et en fuite, Tu fts les a.ccrasant si mortelle poursuite ? J. DU CHESNE „ Grand Miroir du Monde, L. I, p, 16. — Or Dieu, qui ses enfans d’un ceil piteux regarde, En-voye à leur secours. cinq archers de sa. garde, Cinq Che- valiers divins, qui vola : ns par les airs, Dardent sur l’ennemi tant de foudreux esclairs, Qu’ils ont en un moment de leurs aspres tempestes Accrasé des Pa.yens plus de vint mille testes. , , ib., L. p. 64. — Quels foudres, quels esclairs, queile.s aspre.s tempestes, Quels vents tourbillonneux, acrasant plus de testes D’Aphricains ennemis, que tout le bataillon Que leur mit au devant le preux Tym.oleon… ? ln., ib., L. V, p. 196. — [A Cathe- rine de Médicis] Quand l’edi lice haut des superbes Lorrains, Maugré tes estançons, t’accablera les reins, E’t par toy eslevé Vaccrasera la teste. Ar.7- MIMÉ, Tragiques} I (1V 53). — La fortune de Despian tombera sur vos testes et vous occrasera, ID., Letires diverses, 23 ge 515). AccravanterlAggravanter. Écraser. — Une piece de la rnontaigne eslancée par un trem- blement de terre, a.gra-vanta partie des a.ssaillans. FAUCHET, Antiquitez, I, 10. — Ils avoient fait passer des chariots chargez sur d’autres, arrestez avec. des pieux au travers des chemins, afin de miserablement les faire mourir accravantez. ID., ib., III, ft, — Encores que des monts Pyrenees il roulast de grands quartiers de pierre, qui accra- vantoyent les hommes et le bestial. 1D., ib., III, 20. — Durant 1eur sejour en Constantinople, estoit survenu un erousle… par lequel plusieurs edi- fices de ladite ville et d’au. tres Citez furent abatus et les hahitans agra, vantez dessous. 1D.5 ib., III, — Nos gens preparereni… des Mangonneaux (qui estoient des instrumens à jetter grosses pierres de faix) pour agravan ter les taudis et man- telets des Danois. ID., ib., X, 18. — Que la terre s’affaisse tant qu’elle voudra, qu’elle en- gouffre, atterre, accravante et ensevelisse les pauvres pionniers. CuoLIÈRES, 1 re Matinée, p. 52. — Nous la poussons en bas [une tour] : elle adonne qui se suit, Traire apres sa ruine un grant et son- nant bruit, Et de Ra chute esparse en tombant en- sanglante Force rangs ennemis que son faix ac- cravante. BERTAUT, trad. du 2e liv. de 1 Eneide (p. 264). — Le Prestre,.. descend en la fosse, mais il ne fut si tostparvenu où estait le coffret, que la terre ne tornbast sur Iny, et Paccravantast. LE LoyER, Hist. des Spectres, 1V, 12. — La pauvre femme fut de rnesme avec luy occise d’un coup d’espée à travers le corps par un centenier, et sa fille brisée et accravantée contre une muraille, qui ne pou•oit mais de la meschanceté de son pere.BRANTômE, Des Dames, part. Il (IX, 334). — Celuy qui d’un canon foudraiant extermine Le rempart ennemi, sans brasser sa ruine, Ruine ce qu’il hait, mais un mesme danger Accravante le chef de l’aveugle estranger, Grattant parle dedans le vengeur edifice, Qui fait de son meurtrier en mourant sacrifice, AuitiG Ni Tragiques, I (IV, 55). Fouler aux pieds. — Tout ainsi coleré, j’ay pressé furieux Leur col aecravanté du pied vic- torieux. R. GARNIERi Forcie, 1058. — Tout ainsi ray foulé leur teste a.cravantée Sous mes piedz mottez. J. DE CHAMP-REPLFS, Ulysse, I. 11). Abattre. — Ores les esclandres durs De la tem- peste fatale Qui accravante les murs De nostre ville royale, R. GARNIER, la Troade, 1230. — Les Perrieres et Mangoneaux c’estoient. instruments de guerre pour baterie). estoient prests de batre les murailles, et d’agravanter les maisons de la cité. FAUCHET, Antiquite.z, If, 20. Briser en précipitant en bas. — Le Ciel ne de- voit pus Pardonner à si lasche teste, Ains il devon de sa tempeste L’acravanter à bas. RONSARD, Odes, Il, — Ayant pris dedans [la tour de Montbrison] cent ou six vingtz tant soldez qu’autres par composition et sur sa foy, il les fit amprés tous précipiter du haut en bas et acra- vanter. BRANTÔmE, Cap. franç., le baron des Adretz (IV, 32). Étouffer. — Ce fort Thebaini.. Qui dans ses bras Anthee ocrava.nta. RONSARD* Amours de Cassandre, Elegie a Muret (I, 113). — [Antée] qui se travaille D’eschapper hors du pl y de si rude te- naille, Enfle ses nerfs en vain, et tout a.cra-vanté Encor’sur un genouil, mal-, leur se tient planté. ID.1 Foetus, L, I, Harangue du due de Guise (V, 24). Charger lourdement, écraser sous le poids. Las ! voudriez-vous bien voir vos sepuleres cavez, De nostre humide sang incessamment lavez Et vos corps inhumez dans leurs urnes fatales, Ac- cravantez du poix de nos charongnes palles… ? R.. GARNIE Re _POrtie, 256+ — Ores ]es mesmes champs, qui sous leurs corps gemirent, Dessous les corps Romains accravantez soupirent. ID., Cornelie, 1894. — Il ne voit esgorger une foiblette enfance, Et les Rois giesastrez en rniserables serfs Couchez dessus la paille a_ecravanter de fers. In., les Juiftes, 1574. — Les roues et potences ne sont accravantées que du poids de ces charongnes. Var. hist. et Ur, 11. [e 230. Frapper violemment, foudroyer_ — Tous jours Ce Tresorier jaloux Nous acravantera de coups. GREvrN, la Tresoriere, IV, 4. — D’autres fois il survient qu’aussi tost que la nue Par un secret. effort en gouttes d’eau se mue, Que de l’air du mi- lieu l’excfissive froideur Les durcit en boulets, qui tombans de roideur Quelquesfois, ô pitiét saris faucille moissonnent, Vendangent. sans cousteau, les ! miniers esbourgeonnent, Desnichent les oy- seaux, des-honorent nos bois, Acravantent nos bœufs, et fracassent nos toieLs. Du BArtrAs, 1 re Semaine, 2e Jour. — Leur vignoble est meurtri de gresle et de terapeste, Et la pierre de glace acravante la teste Du sauvage figuier de tout point saccagé, DESPGRTE.S] PR.. de DaPid, 77. Icy gist un toreau par l’ora.ge malté, De’à. gist un enfant. du foudre acravanté. Du BARTAS, L. II. — La dextre tonnante De Jupiter qui oc cravante D’un rocher Pindorntable flanc. R. OAft- NIER, Marc Antoine, 13O6. — (Fig.) Je provo y ja mainte tempeste Et maint orage menaçant, Pour nous accravanter la teste, S’aller dessur nous es- lançant. I D-1 Hippole, 1537. Accabler sous la défai te, la fatigue, le malheur. — Cesar, qui a dom té tout cela que le Ciel Enelost sous sa youture, et s’est fait immortel Par la MOlit d’un radie, a_ccravan tant ]’audace De son gendre orgueilleux. GREVIN, Cesar, I (p. 3). — En somme ce Tyran croit que la saincte race Crevant sous ! e fardeau demouroit sur la place, Ou qu’Isac pour le moins accravanté de maux, De veilie.s affoibly, tout cassé de travaux, Avec le cours du_ temps se rendoit inutile Aux baisers amoureux d’une Vpnus fertile. DU BA.RTAS, 2e Semaine, Lay. — Helas ! quelle tempeste Du non couipable [saac accravante la teste ! hi, ib., 4 Jour, (es Trappes. — Que tout le malencontre et le cruel rnechef Qu’un ennemy souhait t te accravante mon chef. R. GAR.NiElil la Troade, 880. Accabler sous la tristesse. — Si ne seront point ces peines Egales au dur ennuy Qui par traces inhumaines Me rentraisne avecques luy, Et qui d’un faix inconstant Me va tout accravantant, TAUD REALI, Poésies, Ode 6.— Soit soit tousjours ton cœur de dueil agravan té. BAÏF, Poenees, L. 115). — Soit égallement D’ennuis agravanté, quiconque ma simplesse D’un ma_chineur engin epoint faussement blesse. ln., ib. (II, 127). Mais d’or vient que la Royne est si tost retournee Quand elle a sceu d’Ilemon la dure destinee, Sans faire aucuns regrets, sans avoir lamenté, Sentant d’un si grand dueil son cœur accravanté ? R. (4 Ail R — N É ES. Antigone, 2603. eaccravanter. S’abattre.—Niais ainsi que la Palme est propre à resister Aux fardeaux onereux, sans point s’acravanter. J. DE CIIAMP-FLEPUS 1yssc, IV (p. 50.). A ggravanté. Malade_ — Soit à ton los man can- tique chanté, Car par toy e.st l’aise doulx enfanté ; -Par toy la vie en corps aggravanté Est restaurce. DIA ROT} Chants divers, 1.0. Acore/alti V. Accroist. Aecresté. Qui a une crête. — Il porto on teste un heaume accresté, et la visiere fermée. Trad. de FoLENGo, Merlin Coccaie, L. XV (11, 28), Dressé comme une crête. — Les aultres en- floyent en longueur par le membre, qu’on nomme le laboureur de nature en sortequ’ilz le avoyent merveilleusement long, grand, gras, gros, vert, et acresté, à la mode antique. R, ABELMS, ILL Hautain, fier. — Il avait une aultre poche pleine de alun de plume, dont itgettoit dedans le doz des femmes qu’il voyon les plus acrestees_ RABELAIS, 16. VraYenlient tu es bien acresté à ce matin tu rnmigeas hersoir trop de mil. ID., 1, 25. Malveillant, méchant, hostile. — Ceux, qui par trop a.cerestés mesdisans, tascheroient à me bles- ser du venin de leurs langues mordantes et pesti- feres. P. D E eEtivr. poet, Advertissement. au Lecteur. —Desübeissance. Itee eue, inofficieuse, mutine… actrestée. M. D E LA Po RTE, Epitheles. Accrester (81). Lever la crête. —— Lest Animal tant furieux [le lion l… craint de voir un coq qui s’accres V et se gendarme :, et plus encores quand il chante.r) , 1T PINETt trad. W PLINE, VI II, 16(04 — Le Coq naturellement fait peur au Lyon, quand il eaccreste et se gendarme, mais plus eucores quand il chante. M, D E LA PORTE, Epitheles, 93 ro. Accreusement. — Esprit parfait, dont en terre tenu Accreusement, pour enter retenu Est, comme on voit, le corps essencieux. Anc. Poés. franç.., XIII, 407-408, Accroc. Ce qui accroche. — Celuy qui veut monter à la montagne, il faut qu’il soit despouillé de toute Vanité et Menterie : car tels haillons trouvent. trop (l’accrocs qui les arrestent. Du VAIR, Meditai. sur sept ps. de la Consol. de David, Ps. 13. — Ceux qui montent par un aspre et e.spi- neux precipice, quand ils viennent à se picquer quelque ronse, ou escorcher contre quelque cail- lou, levent de douleur la main de dessus les cram- pons et accrocs qui leur aident à monter, et in- continent bouleversent en bas. lu., Ps. 52. Accrochage. Action de s’accrocher, — Je lasche mon limier dans l’espesseur du bois, Et moy de pieds et mains, non saris quelque accro- cha.ge, Je nie trahie attravers le plus fort du hos- cage. CL. GAUCHET, Plaisir dee erEmps, Chasse du Cerf (p. 183). Accroche. Ce qui accroche. — Sans les avoir armez et mains et d’accroches, De petits hame- çons, de secrettes approches, Des traits mesme d’Amour, pour attirer à soy Le ter opiniastre et lu y donner la loy. BELLE A. L, Amours des Pierres précieuses, hiPterre d’a mi (II, 180). — Les mariniers ont accoustumé de bien fourbir et ra- cler les parois de la navire, pour en os ter toutes accroches des herbes, d’algue, et de la mousse, qui s’y attachent. AmToT, trad. des Propos de table, il, • (Au figuré :) Juges, où seront lors voz fui ttes, vos accroches, Voz exoinés, delaiz, de chi- cane les tours ? AUB1GNÉ Tragiques, III (IN, 137). Accrocheraient. Action d’accrocher. — Lancre signifioit plustost fermeté que detentian ou ac- crachement. SE Y ssEi„ trad.d’APPIENr Guerre •S’y- riaque, 7. — La plus part de leurs façons de com- battre sont prises ou vrayes ou feintes, accroche- mens et mesuremens de l’un à l’autre. Amvor, trad. des Proios de table, III, 4.— Les saisies, ac- crochernens et prises de ceux qui lu.ictent, ont be- soin de poussiere esparse sur leurs mains pour les rendre plus fermes. In., ib, , IV, Proeme, — (Fig.) La belle Venus ne s’accoupla elle pas avec le bon Irieillard Anchises… et de test. accroche- ment 2Enea n’en fut il pas basty ? CilomènEs, 7e Matinée (I, 255). Voylà derechef un autre au-FI : tellement— PIE. DE MAaNtx, Differ. de la Re- Préface. Acerocheter. Accrocher, arrêter. — Son Al- tèze mit en avant de traiuter sur ce plus amplt-- ment avec les estez, pour ne demeurer icy a.cro- chetez. Pu. D E MARNIX7 EcriÉs polit. et hist., p. 199. — Le lendemain… arriva le sr J oly temps, avec les ratifications de’rostre traicté de par les provinces contractantes, et pouvoir ide faire et recepvoir le serment ce que facilita grandement la fin de nostre traicté, pour ce questions lors accroche- tez proprement sur ce point.. lu., ib., p. 230, Sacocheter. accrocher. — Il y a une i r nfi- nit é— de ces atomes galopans continuellement en Vair et s’acrochetans l’un l’antre. PH. DE l’IrfA Rmx, Differ. de la II, t, 11. Accroire. Prendre à crédit. — De sorte qu’on tend Faire le prest, c’est chose bonne à croyre, Que qui peult bien payer, ne doiht accroire. CRE- TIN, à François Charbonnier. Faire crédit., donner à crédit. —— Sang Meut tu err auras a.utant. ; Vela comment il failli. accroire, — Accroire ? I1 twill payer comptant. Sotties, II, 193. — Plus n’avons pistoletz ni’escus ; Le tavernier digit Rien n’accrois. A 11 C. Poés. /ranç, , VII, 77. Prêter. — Puis il lu y fait à croire Que des libvres il s’estoit fait à croire, Et d’autres cas dont il avait mestier Pour soir servir. BOURDIGNË, Pierre Faifeu, 3. — Il demeure encore gros de- niers quiilz mettent en leur thresor publicque, si d’adventure ilz ne les ayment mien prester et accroire au peule de ce pays. Ln lhoriin, trad. de Tri. Priorats, 1’Isle d’II copie, L. II, 8 ? roi. Estre accreu. Avoir du crédit.. — (Ironiqu.e- men t. Et tous estoient sans denier et sans maille, Et n’eussent sceu trouver qui leur en baille, Tant ilz estoient bien par la ville acreuz. BouRDIGNÉ, Pierre Faifeu, 13. S’en faire accroire. Faire ou faire faire ce que POLI veut, agir à son gré, imposer sa volonté. — es deux jeunes Empereurs défaillans de ga.rends à leurs sujets, la plus grande partie des villes et citez… s’en firent accroire elles-mesmes, et à leurs propres cousis et despens, sous tindrent le deffroy de la guerre, s’affranchissons par ce moyen… de l’ancienne oheissance qu’elles avoient en leurs Empereurs. E. PASQuiErto Recherches, I} 7. Comme M. de Tavanes vo]sist passer, M. de Bar- bezieux ne le vouloict permectre.., mais, quo y qu’il teust, ii s’en fis I accroire ot passa le guichet. 1V1 o N- L Uc : 1 one nt., Lb I 115-116). — A la fin le Roy s’en fit accroire, ayant M, de Guise et M. le mareschal de Sainct André de son cousté. lu., ib„ L. f I i (I, — Bien peu de jours après, m’ar- riva le don que le roy m’avoit laid de la campa- nye de gens d’armes, pour la mort de M. de la cocas ta prou au imy de se pouvoir des- meller des traverses que l’on me donnoit à m.e garder de l’avoir ; touteslois le roy s’en tee ac- croire plus par colère qu’autrement. ID, j ib., L, IVI1, 32, 1). — Depuis cette constitution ainsi faite l’on n’a point veu que les Papes n’ayent eu très-grande puissance temporelle dans Rome, dessus les Empereurs et encores que les aucuns leur voulussent envier cette grandeur, si est-ce que les Papes s’en sont fait accroire, quelque re- s’embu que l’on Leur ait faite. E. PASQUIER, Re- cherches, III, 4. — Geste deffence dura prés de deux ans, et leur lia si bien les mains, qu’ils ne s’osèrent jamais rien demander, car le roy s’en faisait estrangenient hien accroire sur l’observa- tion de ses loyer. BIIANTÔM E, Disc, sur iCS Duels (VI, a » ). — Et aiant la régence de co roya.ume..i s’en fit bien accroire sur le roy de Navarre, qui, comme prince premier du sang, vouloit œstre ré- gent en sa place. ID., Des Dames, part. I, Cathe- rine de Me.dicis (V11, 351-352). — La reyne sa mère In_ vautrait fort marier à Charles d’Autriche, despuis empereur ; et si elle eust vescu. cella se fût faict, car elle s’en raison accroire quelques fois par dessus le roy son mary, ID., Des Dames, part. I, Claude de— France (VIII, 11 : 16).

Accrois (subst.), v. Accroist.

Accroissance. Croissance [des êtres vivants]. - La forent prent sa verde robe neufve, La terre aussi, qui n’aguere etoit veufve, Promet de fruictz une accroissante pleine. Du BELLAY, l’Olive, 88, - Autant puisses-tu avoir De.vertueuse accrois- sauce Que le ciel nous a fait voir De bon heur à ta naissance. ID., Ode sur la naissance du duc de Beaumont. —— Et vous Nymphettes Lorraines, Caressez à qui mieux mieux… Ce Roy vertueux et sage… Qu’heureuse en soit Paccroissance Au doux repos de la France. BELLEAU, la Bergerie, Ire.cura. (I, 287). — Du Lentisque trois fois la fleurp rend sa naissance, Et son fruict trois fois Pan prend nouvelle accroissance. ID., Prognos- tiques et. Presages, 11, 349. — Les arbres et les plantes succent la terre pour leur proufit, et en tirent l’humeur qui sert à leur accroissance, 1 O N- TA.IGN EI trad. de RAY MON D SEBOC’i, ch. 66. — Le Soleil chaut qui toute chose esclaire, Luy donna [à une plante] l’estre, accroissance et vigueur. RorisAan, F•anciade, III (III, 110). — Le jardi- nier curieux de ses fleurs, De jour en jour beant leur accroissance, Ardent les voit, et les espie. Au- BIG NÉ, Printems, 1, 76. — Là prend accroissante et vie La violette, encholie, Marjoleiine, tims, per- silz. ID., ib., 111, Ode 23. — Vierge qui tout fais naistre, et donnes accroissante Par ton humeur divine à ce qui prend naissance. PASSERAI", Poés., Prière à Lusine (I, 115). — Et tout ainsi que le chaud du soleil Donne estre à tout, le feu de son bel œil Me donne force, accroissante et la vie. Ouï DE TOURS, Souspirs ainuureux, L. I (I, 6). Accroissement, élévation, augmentation. — Ceulx je repute dignes D’estre elevez jusques aux courts divines Par bon renom, qui de basse nais- sance Sont. parvenuz à haultaine accroissance. MkuoT, Jugement de Minos : — Croyez que je suis faicte exprès Pour vous porter obéissance Qui tousjours prendra accroissance A mesure que je croistray. In., Epistres, 36. — Mais si ce beau ung fol dezir m’apporte, Vostre vertu, plus que la beauté forte, Le coupe au pié : et veult qu’un plus grand bien Prenne en mon cœur une accroissance pleine. Du BELLAY, l’llonneste Amour, 3. — [L’Amour] Prenant tort accroissance, Acharné dedans nous, il nous deehirera. BAÏF, Amour de Francine, L. IV (I, 24, 3). — Si Dieu pourvoit ima- giner quelque augmentation à son pouvoir ou ac- croissance, il auroit quelque chose de plus grand en son intelligence qu’en sa puissance. MO N- TAIGNE, trad. de RAY MOND SEBON, ch. 42. — Il faut que, rostre ame soit rendue si contente, que son aise ne puisse recevoir aucune accroissance. In., ib., ch. 154. — Nous appelions aggrandir rustre nom, l’estendre et semer en plusieurs bouches : nous voulons qu’il y soit receu en bonne part, et que cette sienne accroissance luy vienne à pro fit. I D., Essais, Il, 16 12). — Quand je pense à croistre, c’est bassement, d’une accrois- salue contrainte et couarde : proprement pour moy : en resolu.tion, en prudence, en santé, en beauté, et en richesse encore. ID., III, 7 (IV, 2). — Le sçavoir, l’artifice avec l’experte usance, Don- nent en quelque temps au rènom accroissance. VAUQU ELIN nE LA FR ESNAY E, Art Poetique fran- çois, IL — C’est en cette accroissance que les pe- tits fiefs de France sont aujourd’hui Baronnies… les Baronnies Comtez… les Comtez ruchez. AuBIGNÉ, Faeneste, IV, 20. Crue. — L’eau du Nil arrousant et rendant fer- tile le païs d’Egypte par son desbord et accrois- sauce. THEYET, COS.M0 Kr., V, 6. Aeeroist. Croissance [des êtres vivants]. — Nature empIoye la nourriture qu’ils prennent, tant en leur nourriture qu’en Faceroist de leurs parties corporelles. CHOLI RES, 7e Ap. Disnee (p. 285). — On bordera ses allees d’arbres, de ceux qui seront de plus facile accroist et de plus grand profit et plaisir. O. DE SERRES, Théâtre d’Agric., — Llivroie prend sa naissance de la seche- resse, et son accroist de l’humidité de l’Hy ver suyvant. ID., ib., II, 2. — Si \rostre climat rouf-. frant l’accroist de la Vigne, est plus froid que chaud, plantez à. l’aspect du Mid, ID., ib., 111, 2. — [Les œillets] veulent estre arrousés, mais mo- derément le peu et le trop d’eau leur estans pre- judiciables, l’un en l’accroie, l’autre en Podorement. ID., ib., VI, 12. Accroissement, augmentation. — [R.ibaudise] Aux haulx tousjours aeste et braist ; En maintz tormens faict son accrest. Sotties, II, 59. — Ainsi le tres clair honneur, par repercussion nwer- berce se redouble, retournant avec accrois de resplendeur à celluy duquel il est procedé. B. ANEAU, 1 nzagination poétique, Dédicace. — Il est parlé de l’accroist de l’ire. de Dieu. CALVIN, Serm+ sur le liv. de Job, 14.0 (XXXV, 278). — Je ne veux pourtant dire que ceste mer soit si pro- fonde comme elle a esté, veu que tousjours il s’y fait accroist et de limon et (Pareille. TH EVET, Cos- mogr., VII1, 12. — L’aceroist de la puissance de lehemet vint des Chrestiens mesi.nes. In., ib., VI, 4. — Je laisse aux anciens Historiens à vous déduire l’accroist et diminution de ceste vite, ID., ib., XVIII, 10. — FerauIez, qui avait passé par les deux fortunes, et trouvé que l’a_ccroist de che- varice n’estoit pas accroist d’appetit. MONTAIGNE, I, 40 (I, 348). Crue. — Ces deux fleuves sont posez soubz mesme radiation perpendiculaire, jaçoit qu’ils sourdent en plages et regions diverses, ayans mesures causes de leur accroist et decroist. TRE- VET, Cosmogr„ II, 10. J’ay parlé de l’accroist et decroist du Nil. ID., ib., X XII, 9. — Comme on voit bien souvent une eau foible et debile, Qui du cœur d’un rocher goutte à goutte distile… Par l’accroist d’un torrent plus ficre et plus hautaine, Emporter les maisons, noyer toute la plaine. DES-PORTES, Amours d’H ippolyte, Stances. (En parlant des phases de la lune.) — La mer s’enfle et se diminue Par Paccroist et decroist de 1’Estoille cornue. Du BA RTAS, Ire Semaine, 4e Jour. — La nier s’enfle et se diminue par l’accroist et decroist de la lune. CliGLIÊ RES, Se Ap. Disnée (p. 294). Profit, gain. — Dieu n’a point defendu tout gain… Mais il a defendu le profit ou l’accroist qu’on rend à celuy qui baille le sien sans son dom- mage, et cependant veut sucrer la substance d’au- truv. CALviN, Ami.. sur le Deuter., 134 (XXVII !, 117). — C’est une sottise trop lourde, quand on voudra dire que l’usure n’est sinon en l’argent car nous voyons que Dieu l’a estendue à toutes espaces de profit que quand nous prenons ac- cruist en bled, ou en vin, tousjours nous sommes usuriers. ln., ib. (XXVIII, 118). Aecroistre (intrans.). S’accrois ire, croistre. — Ton bien acroistra d’adventaige, RABELAIS, III, 28. — Sa gloire en accreut tellement, qu’elle s’es- pandit partout. A m Y oT, Pélopidas, 30. — Si toute. fois cette fauce opinion sert au public à contenir les hommes en leur devoir… qu’elle accroisse har- diment, et qu’on la nourrisse en nous le plus qu’on pourra. MoDurmeNs, II, 16 (Ill, 16). Si vous voyes que neanmoins la tentation persevere ou qu’elle accroisse, coures en esprit embrasser la sainte Croix. St FRANçois D E SALES, Vie devote, IV, 7. — Ainsi devint et accreust jadis. Rome par les ruynes de la ville d’Albe. BRAI’llTiblE, Cap. eer., Caesar Borgia (11, 206). Accroupir, Mettre dans un état de paresse, frina.ction, — Le mariage… apoltronit ou accrou- pit les bons et grands esprits. CHARRON, Sagesse, I, 46.. S’accrûupir. Pare en éla.t. de stagnation.— A fin que. le venin, si aucu.n avoit on n.ous, se puisse evaeuer sa.n.s s’y acc.rou.pir aucunement. _A NIBR. PARÉ :, XXIV, i0. — (Fig.) : Je voudrois sans nous accroupir de paresse… que nous nous exposa.s-sions, pour le bien de nostre pays, volontairement aux dangers. E. PASQUir R, Potir-piirler du Prince (1, 1028). Accrioupi. Qui est dans un état de stagnation, d’immobilité. — Le souverain remede… est de faire des esgouts pour tirer toute l’humidité de-hors, ei toutes les eaux qui y sercFnt accropies. COTEREAU, trad., de COLI_TMELLE, 11, 9.. — Astre luisant, avant qu’aucune chose Du vieil chaôs en-core (list déclose, Qua.nd mer et feu, ciel et terre acroupis D’un noir brouillas languissoyent assou- pis. BA.-iF, Poones, L. II (II, 77), — Si en ce que je vou.s envoye. vous trou-vez clequoy contenter vostre esprit, vous ne me l’imputerez, ains à vous, qui sçavez remuer en moy des humeurs sourdes et accroupies. H. PAsQuiE Ri Lettres, V111, a. — Jusques au temps que soyons deerepitz, Pre_s d’estre mis en terre et acropiz. J. BoucitET, Epis-ires morale.9 du Travereete, 1, 1.1. Accrouppir. Pencher en arrière. — Je lui ap-pris… à. relever sa ceinture à la. fosse de l’estomac, comme le petit Auger, barbier de Paris, à faire accrouppir le chappeau et les perruques. AUBI-GNÉ, Santy, II, 1. Aecueil. Lieu de réunion. — Grece, qui a esté la pepiniere et accueil de toutes gens insignes en toute doctrine et science, Bu-ré,.Prinee, 10. Aspect. — Que,. pleust à Dieu ne t’avoir jamais veue, Ou que ma vie encores fust rourveue De sa franchise, ou que ton propre vueil Fust ressem- 111 : 1 t à tOD Si bel accueil. MAnoTi. Eiegia 2. l’n.sence, — Si c’est à mon cueur advantage lie ce que son noble corsage Gist en-vers loin.g de mon

; Car si j’avois V811 son sercueil, Ma grand’

douleur cleviendroit rage. [D., Chanson 6. Accueillance, Accueil. — Telz mes engins et Meg arts e.n, toy furent, Ores desdains. puis be t’igue accu.eillance. Viksguiri PniLiEuL, trad. de PÉTRARQU L. IV, Trioraphe de..lelort, 2. Accueillir. Cueillir, couper. — Cavaiiree ac- cueillit de ceste herbe. BEROA_LD E DE VERVILLE1 Voyage des Princes Will/nez, p. 122. — AVOC montant que je tiray d’une petite couchillade, elle alla si advant dans le fond de Ia mer, qu’elle proffondit l’enfer 0-ù là j’a_ccueilly et coupé la poincte dt-…4 la naze à Pluton. BI-11.A NTM.1 MAO-mem. espaign, (V1I, 24).. Amasser. — Par ce prit le verveux, et le jecta si à propos, qu’il accueillit grand nombre desdietz poissons et les tira à terre, SALIATI trad. d’flÉno- DOTE) I, — Ces trois ou quatre nourris en la lecture de quelques livres particuliers, ont accoustuiné d’estre distribuez par le General de leur Ordre aux Provinces esquelles l’on veut commencer de planter un College de Jesuites.. Là Ils debitent le peu de sçavoir qu’ils ont accueilly de long-temps. E. PAsQu iErt, Recherc.hes, 111, 44.— Je veux un peu aller vos gras dormeurs, les- quels vous prisez pour la. gra isse qu’ils s’accueillent diDrrnant. RE 52 re Ap. Disnée (p. 26). — Ceux qui sont près de luy [le Royl, tournent toutes leurs pensées à nouveaux Edicts : chose qui aC. — cueille en luy une haine. estrange de son peuple.. E. PAIQUIEli, Lettres, I, 3.— En pe.u. de temps i1 accueillit el le mescontenternent des plus grands, et la haine des moyens et petits. ID., ib., XIV, 2. — Il a.voil. accueilly la haine publique des Fran- çois, pour s’estre rendu imperialiste en scul Du- ché. ID-1 &cherches, V, 3. — L’assassin commis en la personne du Duc d’Orleans estoit abominable devant Dieu et devant les hommes. Toutesfois haine publique que la ville. de Paris avoit accueil- lie contre luy… fut de tel effect, que le Due d() BOUrgongne… fut. grandement loué. Ib., ib, , V 1, 3. — Ceux-Ià., avec leurs superfluitez, a_ccueillent les maladies, dont ma sobrieté me garentit. ID., Lettres, XVIII, 3. Joindre, réunir. — Certes je ne doibs pas Estre accueilly avec toy au. supplice Ny danger, H A.UD EN T Apologues d’ESOF-e, 65. — Si je vois onc avecques blanches rozes Vermeilles estre en coupe d’or encloses… Je cuiday voir trois graces a.ceut.i I I ies En ce beali chef, VAsQuiri tra.d. PÉTRARQUE5 L. I, chant 15. — Et Jes beauttv. accueillies en elle. ID.„ ib., Li II, S. 11. — ’Foutes ces particularitez accueillies ensemble, me semblent assez suffisantes pour faire croire. qu’il y a beaucoup de la fable en cette Jeanne Papesse’. E. PASQUIER, Lettres, XII, — Isra.ël est alliigé par les Balaams.accueillis pour le maudire. par Ies Jasons, pa, r les Alcimes.. ALIBI Él Médit. sup ps. 84 E, 139), Assaillir, — S’il est tout seul et soit aucune- ment De plusieurs chiens acueilhy, sagement En sa meute tournera, querant change _De cerfz, bis ches, qu’essaye subtillement Bailler a.ux chiens. ORiNconp., la Chasse du cerf des cerf (1, 162). — En tra.versant la mer, il Eut accueilly d’une tour- mente, qui luy noya. taus les batteaux plats, AMYOT" trad. de DIODORE, XI, 5. — En chemin ii. fut a.ceueilly d’une tourmente si violente, qu’elle emporta partie de ses vaisseaux. ID., — Ayant proposé d}escrire toute l’histoire Ro- maine__ il rut surpris de plusieurs affaires et acci- dents publiques et privez, qui l’accueillirent oultre son gre. iDei Cicéron, — Laisse ce froid mestier, qui jamais en a.vant. N’a poussé l’artizan, tant fust-il bien sçavant a.vec sa fureur qu’il appelle divine, ldeurt tousjours accueilly d’une palle famine. RONSARD, _Poones, L Disc, à P. L’Escot rifr, 175), — [la France] semble au rria.rchand accueilli de malheur, LeflueI au coing d’un bois rencontre le volle.ur. ID.. r’unginuat. du Dise. dee miseres de ce temps W1 337ji. — Ce beau temps que tu voy nous ne voyons l’ail/7w ; Jamais icy le froid ne nous vient accueillir. CL. GAUCHET, Plaisir des Champs, le Printemps, Songe. — Et dehors et dedaris ma maison, je fus aocueitly d’urie peste, vehemente au prix de toute autre. ! iitoN- rrAIGN5, , II], 12 (IV, 1K3). — Le jus de l’herbe de souci exprimé dans le mortier avec de l’eau chaude, beu demi verre, lors qu’im se. sent ac- cueilli de la Pe.ste, enipeschera que le venin) no -touche au cœur. O. S É HE S, Théâtre d’Agric., VIII, 5.

S’accueillir. S’amasser. — Alors veritablement n’en docroistra mon Arnour, ains s’accueillera tristt-..sse dedans moy, que vivant sur terre, je rnourray de cent et cent mille morts. E. PAs- QUIER te Menophile, L.. I (II, MO. — Ce scroit chose inutile et trop vaine lie labourer le gravier l’araine, Ou tous les jours eau se vient accueil-iir. CH. FONTAINE., trad. de 21 Epistres d’Ovide, 16. — Et ont certaines compositions qu’ils met- tent avec ces vesternen.s, de peur que les vers s’y accueillons ne les gasten.t. T 11 E V ET, COSMO gr. XIX 515.— Les vices se coulent peu t peu, comme les mauvaises humeurs qui s’accueillent inse.nsi- blement au corps humain jusques à ce qu’il soit plain. J. Bo DIN, epublique, IV, 3. Se joindre, s’assembler. — A Aubigné s’ac- cueillent trente gentilshoinmes ou capitaines, des autres qui couroyent parmi la forest, il en arresta et mit ensemble le plus qu’il put. AuBIGNÉ, _Hist., Univ., X, 15. — Les Anges s’accueilioyent à si haute entreprise, Si ton ame oust esté du feu d’honneur esprise. In.„ Discours par slancee, — Les vents s’accueillent et assemblent trestous en ce destroict„ EvET, Cosen.ogr, , IV, 1. Se consacrer. — Vous verrez que je n’a y pas rompu paille avec la biensea.nce en m’a.cuilIant au service de la verit + A u ur i N É# Lettres ele.moires d’Estai, a, — Je reviens à ce siecle où nez tnignons vieillis, A leur dernier mestier vouez et accueillis, Pippent les jeunes gens, gaignent, les cour- tisent. ID., Tragiques, r 1 (IV, 110), (Formes.) — Indicatif préseni. Sy pouvreté ou mal l’amant acqueult, Veu que des biens ou fruictz d’amour ne queult, Eispoir luy dici : « Ne laisse d’y pretendre….1ruArg Co uPPELI d.ans le Théâfre mystique, p. 42. — Quand le yens)es ac- cueilt, il les love aussi facilement, qu’un tourbillon de vent emporte et espand une molle de foin. TnininT, Cosmogr., X, Cl. — Vous serez bien empescliéi. de recevoir les bonnetades d ca- resses de ceux qui vous accueillirent. E. PASQUIERI Lettres, VI I, 5. Acculer. Renverser. De sa lance… rompoit un huys, erkfonçoit un harnoys, aceulloyt un arbre} enclavoyt un.aneau„ RABELAIS, 1, 2.2. Tenir en échec, repousser, annuler. — Un homme de robbe longue seulement, nommé Ta- verny, accon-Lpaigné d’un sien serviteur, a acculé la popula.ce devant sa maison, l’espace de huict ou né.-ilf heures… jusques à ce qu’es tant destitué de tout. aide, il fut Lue. combattant vaillamment. PASQUI.Ektp Lettres,. V„ il.-11 luy conserva [à Henri II] la ville 11.. Mets contre un long et obs- tiné siege de l’Enippn.ur Charles einquiesme, ac- culant toutes ses victoires de telle façon que hon- teux d’avoir failly à une promesse qu’il avoit faicte en une diette. aux Princes d’Allemaigne, de ne lever jamais le siege qu’il n’eust pris la ville, il se despouilla des ornements et joyaux de. l’Iran- pire, choisissant une vie solitaire et privée. 10.7 ib. IV, 20. Éculer. — Tousjours se vaultroit par les a.culoyt ses souliers. RABEL.ALS, 1, 11. Nous n’avrians point eu de bien depuis que les ta- lons des souliers ont esté acculez. BE ROA Lui VE RV1LL E Moyen de parpenir, Tome {I} 231).. S’acculer. S’asseoir. — [Argus] occupe et gaigno Legerement le "Inuit d’une mon taigne Assez lining- laine, où se sied et. acide, Et là séant en toutes parte specule. 11A SOT L. I de la Metamorphose (111, 193). Accu in u ler. Combler, remplir.— Es profondes tenebri…s De cas divers, violents et funebres, Pleins d’infortune, accumulez do deuil, Lardez de pleut.% farcis de larmes d’œil. LEmAuu- ?, DE BELGES, COU- ronfle Margaritiques Prologue, — Si leur fut ot- troyé benignement leur congé par le Roy Priam… Et les accumula de gratis dons, par toute nia.niere deliberalité royale. ID., niustr., 1, 44, — Hippotes gentilhomme Troyen, embarqua_ sa belle fille Egesihe, accurnulee de pleurs et de regretz, en


ACERA1N une petite nasselle, souz la misericorde de mon oncle Neptune. ID.., ib, * AccusabIe. Qui pe ut é Leo accusé. —Du non pou- voir vous serez excusables, Et du rens seriez ae- cimalles. J. Bo ucu ET Epistres morales du Traver- seur, 1, 11. — Lors i bon droit se rendroit-il re- prehensible et, aceusable, comme peu ou du tout nonchallaut de sa maistres… E. PAsQujER, AlOnophibli L. I (H, 720). N’oins, à mon avis, se rendroit la veufve ac, cusable en coist habit im- modeste, que la fille ou ta femme,. ID., ib., (II, 767). _ Et discret, j’ay ouy l’accusable se- cret P. l’ipLii_rniuu, Aman, I. Accusatif. Accusateur {adj. et su.bst.}. De se venger du moyne accusatif, Qui saige n’est, mais fol supeilatif, Danger n’y a, ains doibt estre lardé. R. n 1. COI, LERTE HandeaUXe 78. — Trop Me repens d’avoir esté datif Du leurre fin, qui os- toit riche et bon, Car Faulx-Raport est mon accu- satif. Anc.. Poés. franç., XII, 294. Accusatoire. Qui accuse. L’un et l’autre tenant Dedans sa main. son livre accusatoire, Tous fhNlx font crainte et peur diffamatoire A tous larrons. HABER1-, trad. cl’HoRAT.E, Satires, En la confession ni..sure il y a quelque— chas- Lim ont du peché, à cestk.’lause plus elle est accu- satoire, plus elle est penible et honteu.se, plus elle satisfaict pour la peine et pour la coulpe. MONTAIGNE trad. de RAYMOND SEBoN, ch. 295.. Apre.f. ; sa mort [de Domitien] on trouva en un pe- tit eserin secret de son cabinet le libelle accusa toire dressé par Ca.rus contre Pline son ennerny papi ta) LE LOYER, Hi st_ des Spectres, ivi Accuseront, Accusation. — Catus,., avoit ap- pasté Libo par ses embusches, et depuis par son accusement avoit esté cause de sa ruine. Tract, des cinq premiers liv. des Annales de TACITE, IV, p. 148.— Le riche dessous toy ne craint point que son bien Par taux accusement ne demeure plus ien. Ito N S A 11.I1 Hnillfeiene de Henry 11 (IV, 100). Leur langue à Jupiter accusa Promethee De la flamme du feu qu’il luy avoit estée et adonques ce Dieu. pour les recompuLns De tel accu..sement, ne peut jamais penser Plus grand don que la Mort, et leur en fit largesse. ID" Hymne de ita Mort 11V, 371). .PAecuser_ Accuser qqn que, — L’on m’a voulu accuser que j’ay pille les finances du roy. MoN- Luc, Commentaires, L.V (II, 356), — Or ne m’oc- cuse.z point que je sois temeraire, Presurnant vous aimer. DEspoRTEs, Amours d’Hippolyte., Stances. Les autres… m’ateu.sent, ou que j’a y ignoré, nu que j’a y mesprisé les regles qu.’Aristote et Horace proposent aux Pontes Heroyques. L ra BAR- TAS, ire Semaine, Advertiss. — Qu’un resveur insolent d’ignorance m’accuse, Que je. ne suis pas net, que trop simple est ma Muse, Que j’ai rhu- lueur bizarre, inégal le cerve.an. R NIER, Se, 12. Accuser pour. Désigner comm g.. — Il n’estoit point humain, le geste et ie. port L’accu- soient pour un dieu.. DESPORTESe Epitaphes, Acensement. Établissement d’une redevance pour une terre. — Par cet ace nsement (comme je pense) fin inventée Geometrie. trad. d’HÉRoboTE, 11, 109. A.censif. — Pensant, pensif, perplex, du poux passif, Premeu, poussif, près pris, préecessif, Par acensif pur, povre, precensif. Anc, Poés. franç_, XIII, 388. A ce que, 1, 7, 4. Acerain. D’a.cier. TQuant a certains mots aussi, qui sont adjectifs, servans quelquesfols d’epithetes, ils les ont tellement exprimez, que tout en un coup ils ont monstre’leur hardiesse au langage estranger, et ont bila grand honneur au leur. J’enter’comme quand pour purpureus ils ont dict pourprire pour ixzarnoreus ils ont dit mar- brin, et pa.reillement du mot acier ont faiet ace- pain duquel ils ont usé souvent avee ce mot branc. 1-1. EST1EN ru, Preeeieenee, p. 186. — Cf. Acerin. Acerbe. Qui cause de la douleur. — Par mes acerbes et poignans souhdains Bars J’en fais meur- trir et mourir griefvernent— A rrr. Poés. franç., X, 176. Méchant, — Se garde bien un Roy d’estre su. perbe, Fier, arrogant, et d’avoir cueur acerbe. J, Bo ue il ET, Episires morales du Tra verseur, I1, I, 7, Triste, pénible. — Et qui pis vault, veu avons la demeure Du noble Pan en ceste annee acerbe, Ardoir en feu qui tout MN et deveureb LnitimEtE IP E B (. ; Es, le Temple d’Honneur et de Vertus (1V, 208). &eerber i si). Devenir acerbe, s’irriter. — s’acerba grandement, et avecques paroles d’ai- greur leur enjoignit. grés-expre.., : iinent qu’ils eus- sent à proceder à la verification de ces lettres,. E. PAsQuiE R5 Pour-parler du Prince (I, 1043. Aceré, Assorti. L’acier, garni d’acier, dur, fort comme l’acier. — Adoncques.,. dressent un grand boys, auquel y pendirent une selle d’armes._ des esperons, un hau.bert, un ha.ult appareil assere. RABELAIS5 I I r — Pour tors vivoit entr’eux Un appellé Ereuthalion, preux Et redoubté, ac- coustré des armures D’Arithous, ace rees et dures. SALe.1., trad. de l’Iliade, VIL — Breton estoit gorgiasement armé, rnesrnement de gretves et solleretz asserez. RÀBELArst IV, 11. — Dieu 5çait comment Ouclart y operoit, couvrant de la man- che de son suppellis le gros guantelet asseré, ID, IV, 12. — Il en persoit brancs d’assier, boucliers espoys, plastrons asserez. In., IV, 84. — Dessus uu aceré Pesant et grand bouclier. JODELLE, Discours de Jules (….esar, II, 264. — A coups de lance et masses asserées. Anc. Po à. franç., Vil, 62. — Cela que les soudars aux espaules ferrées, Que ies chevaux flanquez de bardes acerées Ne peut faire par force, Amour le fait seulet. R.oNsARD, Bocage royal (III, 191). — Ils portent quand et soy, et le feu et la mesche, Lance, pistole, escus, et harnois acerez, E. PASQUi i R, Sonnets dieJers 11, 921). — 11 m’en faut faire un aceré et asseuré bouclier. Du VAiR, Medit. sue Sep, P. de la Consol. de David, Ps. 48. —.— Francine, en vain je cherche en toy pi- tié,.. Tu as la poitrine aceree De diamant ton , sœur est rem paré. BAÏF, Amour de Francine, 14. 1I1 (I, 229). — Donne ]’archet d’airain et la Lyre ferrée, D’acivr donne la corde et. la voix ace- rée— RoNsAuD, Hymne de rEternité OV, 160). —- La meditation et le discours est ce qui donne la trempe à l’âme, qui la prépare, l’affermit contre tous assauts, la. rend dure, aceree, et impene trahie à tout ce qui la veut entamer ou fausser. CHAR- RON, Sagesee, 11, I). — Cette vertu [la vaillance] est le rempart imprenable, le harnois complet, l’annure aceree et à respreuve à tous accidens. I D., /9- Socrates par sa sobriété avoit une santé forte et aceree. In., ib, i I l l a ao_ , ocrer, Rendre dur comme l’acier. — Ainsi tu vois que henin est mon cœur, Le tien de fer aceré de rigueur. RorasARD, PŒMest L. 1, Paroles de Calypso (V, 69). — Tcby qui pour guarentir ton Lac de la rage Dupeuple circoncis, auras le cou- rage De la foible Judith d’une macle vigueur. Du BARTAS, Judith, L, L — Et ne voudroic opposer à tous leurs argumens rien autre, que les simples clefs, qui sont d’un t.rempe si forte, el si bien ace- ree, que je m’asseure que noz Fluguenauts n’ont garde de les faulser ou rompre. PH. D E MARriux, Di/fer. de la I, iv, 15. A, eerin (cité comme vieux mot). — 11[Iluon de Merl] appelle en un endroit les espees aeerines, qui est un epithete assez bon. FAuTHET, Langue et Poesie franç., 11, 13.

Acertener qqn. L’informer d’une façon cer- taine ; Acertené, sûrement informé, sachant d’une façon certaine. — Lors Priam acertené de son meschef, fut plus a.ngaisseux que devant. LE- MMIU DE BEL CES nieter., I, 20. — Le tresbea.0 Paris acertené de son origine, à peine se savon contenir de Iiesse+ ln, , ili, , I, 2/4, —Œnone… assez nen pouvoit estre acertenee, si elle mesures ne les- prouvoit par son regard. Et se meit sur un haut tertre pour choisir de plus loin, In., II, 12. — Ausquelles guerres, celle année, en moins de huict mois, il despendit comme je suis acertené, outre la soulde ordinaire, plus de trois millions de livres tournois. SEYSSEL, Hist. de Lorty$ p. 135. — De toutes ces parolles estoit bien ad- verty le bon chevalier, et aussi estoit. acertené comment les bons e.appitaines mares oient pour parachever l’entreprise. LOYAL SERVIT E de Bayart, 5g. — Elle bailla Ce corbillon en garde Entre les mains de trois pucelles nées Du roy Ce- crops, sans ce qu’acertenées Pallas les eut de l’es trange m.erveille Qui enfermée estoit dans la cor- beille. MA Ro T, trad. du Liv. I I de la Metanzorphose, Sainct Paul, les voulant acertener, comme ilz estaient receuz en la COMID1111i0I1 du peup.le d’Israël, leur dit que l’empeschement, qui estoit auparavant pour les diviser, a esté osté1 CALviN, 111, p. 185. — Les reprouvez… ont esté plus clairement acertenez qu’il ne leur pouvait rester aucune esperance, ID., ib., IV, p, 256. — Elle ha promesses tresclaires, par lesquelles Jesus Christ l’a acertenee, que la presence de son Esprit re lu y defaudroit jamais. In., ib., p. 727., — Le seigneur Alexandre Schivanoia… expressement envoyé de la part de sa Majesté, pour acertainer le Pere saint… de ce que dessus. RABELAis, la Sciomachie (111, 394). — J’ay… depesché Mali- corne : à ce que par lu y je soys acertainé de ton portement. ID., IV, 3+ — Si l’oiseau qu’on voit amener En fuyant le temps qui ennuye, Peut de ses cris aceriener Du prognostique de la pluye. Ro N SA e Dl Odes, II, 11. — AcerteJLé Petrarque ce pendant qu’esta, en Italie de la mort de sa Dame, il en faict ses admirables lamentations. VASQLUN PlIlLiEtrirt trad. de PÉTRA RQUEe L. 1 I„ titre du S. — Morfé prenant pitié de ma dou- leur, Wa.certenoit de mon proche malheur. BAïlii Diverses Alreours, L. 1 (I, 290). — Estans desja acertenez du fruict que produict vostre Secte, pa.r les exemples familiers qui se presentent devant vos yeux. E. PAstiumn, Recherches, 111, 44. — lis s’alleren t resenter devant les faux-hourgs de Paris, bru ans tn village et des moulins à vent a la voue de la vine, pour les acertener que tous les Fluguencits n’estoyent pas morts. LA N’ou E Disc. Fol. et mil., XXVI, 2 {p. 742). — Je suis fort asti que vostre fils soit de retour… il y a si long temps qu’on disoit qu’il estoit mort que c’est merveilles, vous-mesmes rreen avez acertené plus de cent fois, LAR1VEYI, les Escaliers, IV,. 2.. Je suis re- solu de persister en la iidelle volonté que je vous proteste afin que par mes comporiemens, vous soyez acertenee que vous estes rr1011 unique flambeau. Beroald de Verville, Voyage des Princes fortunez, p. 463.

Acertener qqch. Le certifier, l’affirmer d’une façon certaine. — II y a plusieurs autres raisons-- par lesquelles la majesté’et dignité de rEscriture non seulement peut estre acertenée aux cœurs des

mais aussi puissamment maintenue

contre la malice des calomniateurs. CALVIN, MS- tii., I, p. 24. — Les seaulx qui sont mis et ap- posez aux lettres et instrurnens publiques, prias par soy ne sont rien… Et neantrnoins pourtant ilz ne laissent point de confirmer, acertener, et rendre plus autentique l’Escriture qui est conte- nue dedens les lettres. ID„ ib., X, p. 566. — S’il nous est licite de promettre, il faudroit •alle- guer raison pourquoy c’est que nous ne pouvons acertener nostre promesse avec serment, quand la necessité le requiert. ID., insirelaion contre les Anabaptisi$ (V l I, — Ces mots finis acene- nard son dire, Trois doux souspirs de son cœur elle tin’. BA-ire Poeerees, L. IV (II, 170). — oilâ jusqu’où s’estend la superbe fureur Des hommils aveuglez d’ignorance et d’erreur, Qui, comme sials avoyent mille fois calcinée Ira matiere d’en- haut, dune langue effrenee Osent acertener, sans preuve et sans raison, De quel bois l’Eternei char- pen ta sa maison. Du BAR TAs, lre Semaine, 28 Jour. — Vous ne m’acertenez pas que cet amour est tant doux. — 11 est ainsi, et te l’acertène par la croix que voilà. LA Riv EY, le Fidel’III. L — Les rnernoires du Da.ulphiné et de Vivarets me contraignent d’apposer ici, à mon long refus et contre ma coustume, deux contes merveilleux, que j’ai esté contraint d’accepter par l’authorité de ceux qui les ont assertenez. AuBIGN É, Hist. Unip., XI, 11. Dans certains cas, quand un pronom peut être aussi bien complément indirect que complément direct, il est impossible de voir si acertener signifie iniormer sûrement, Ou certifier. — Quant au tra. vail, bien je vous acertaine Que incessamment y seray exposé. MArtor, Epigr. 66. Lequel me respondit, que je relourneroy en mon pays.. Toutestois, il ne me voulut point acertener dans quel temps yy pourrois estre. F. BRET1ri, trad. lie LuiciEN, la Fraye histoire, II, 2’2. S’aceriener. S’informer dune façon certaine. Il nous en faut mieux informer. — D’où sien peut on mieux informer que de moy, qui avec mes propres oreilles ay ouy, et veu de mes propres yeux, qu’en reste maison vostre Cinthien a et femmes et enfans ? — Je m’en veux acertener un peu mieux. ITEAN DE LA TAILLE, le Negromant, V, • . A_ certes, y. Cerses Acetable. — Par la traduction et Iesion des veines, et arteres nominées par cy devant cotili- dones, ou acetables. AN BR. PARÉ, Manière d’ex- traire les enfan.s (II, 630). — Iceux orifices ont esté appellés des Grecs (potyledons, et. des Latins Acetables. 1D., XVII1, 6. Acetabulaire.— Par l’ouverture de certaines veines acetabulaires. AMBR+ PABÉ, XVIII, 6. Aceteux. Acide. — Toutes ces choses ace- teuses sont fort louées„, parce qu’elles irritent. Papeétit. AMBR. PARA, XXIV, 22. Sirop aceteux.— Syrop rosat ou violat, aceteux, de limons. Arica. PA et1 : — :, VI, 387. — Le patient… prendra du syrop mat, ou de l’a_ceteux, ou de celui de coins. O. DE SERRES, Thiyitre d’Agrie„ VI II, 5. — On facilitera le vomissement, faisant boire au malade syrop aceteux avec eau tiede. ID., i19. — Quatre onces de syrop aceteux de liib. mons. ID., Aceteuse. Oseille. — L’eau d’aceteuse, autres semblables. AMBR. PARÉ, XX„ CSubst.). de roses, et 11 6. Acetosité. Acidité. — Laquelle [eau d’oseille] garde de putrefaction par son acetosité. AMBR. PA FI X_XIV 8. — Quand on sentira au Bous ter que Pacetosité ou esprit viendra. In., XXVI, 8. Achairer (s*. Se mettre en face. — Venus… ne marche point communement pour soy mons- trer par ettect, si elle n’a en sa su te ses darntry. selles d’honneur, c’est a dire la grave et faveur du monde, pour soy confronter et achairer à tous personnaiges. B u n É, Instit. du Prince i( édit. J ehan Foucher), ch. 46. Achalandé. Etre achalandé à. Fréquenter comme chaland. — Les jeunes de ce temps sont tOUS achalandez Aux boutiques des jeux de cartes et. de dez. VAUQUEUNT DE LA FRESNAYE, fat. franç., L. IV", à Guillaume Vauquelin. Achaptable. Qui peut être acheté. — Par multitude de pectine souvent les ennemis me.smes sont achaptables. J. LE BLOND, trad. de Tu. Ma-RUS, tilde d’Ulopie, L. II, 53 ru. Achapter, Acheter. (La forme ancienne avec a subsiste pendant tout le siècle à cité de la forme moderne). — Les ungs pour vendre leurs mer chandises, les au]tres pour achatter. SEYSSELI trad. de DIODOPLE, 11, 45. — Nous en avions bien a.ultresfoys refusé de bon argent de ceuix de Londres en Cahors… qui les voidoient achapter. RABELAIS, I, 19. — CommentOra.nelgousier pour achapter paix feist rendre les fouaces. ID., te 32 (titre). • Et ne doibt estre estimée une chose de legiere importance:laluelle nous voyons avoir tant cousté â Jesus Christ. C’est à savoir` laquelle il n’a point achaptée par or ne argent mais par son propre sang. CALvirii instit., XIV, p. 718. — Achaptant cher, vendant à bon marché, et man- geant son bled en herbe. RABELAIS, HI, 2. — Rien plus, ô Juppiter, que ma coingnee, ou de- niers pour en achapter une autre. IV, Pro- logue, — Les premiers par qui nous sceusmes rupture du pont, ce feust par des pouvres gens qui allaient aclapter du sel au bout dudit pont. Mornuc, Comment., L. VII (III, 376). —Je n’ou- bliois pas ta prudence Qui est de vendre ta beauté Autant que tu as achaté Le blanc cheuz un apo- ticaire. A TJ GN É., Printems, III, Ode — Vous rtesavez pa.s..f quels deniers j’ay desboursé pour achater ces livres. Cri OLI, RES, Se; Ilatinée.(p. 292). — on achaptnit le turion blanc gravé à bon compte. BRANTÔME, Couronnels françois (VI, 79). — Et par ce moyen falloit-il achapter ia paix. ID., des Dames, part. 1, Marg. de France (VIII, 132). Conditionnel. sans e.— Quand un, qui n’a sil- ion ni terre, Charrue et bœufs qui hait. la guerre, Une armurerie achetroit. BAÏF, Mielleg, L, I (V, 50). (Subst.). — Ce a esté bien tard et fort long temps depuis, que le vendre et rachepter sont entrevenus es elections des magistrats. AmvoT, Coriolan, 14. , A.chapteur. Acheteur. Un homme, il n’y a pas long temps, Qui de sa femme eust sept en- Vendist le plus jeune à la forte… Et jura a son achateur Que des sept c’estoit le plus sage. &m’es, HL 67. — il a chassé du Temple les vendeurs et achateurs. CALV[N, XI/re p. €88. — Et pour tromper l’achapteur ignorant., Feront lu pris de la chose bien grant. J. Bouchet, Epistres Morales du Travei-sear, 1I x x, 111 — 0 le va.Plant achapteur de moutons. RABELAIS, IV, CL

— Le laboureur gardera. ces reigles, commc Cer- taines et notoires a. tous achapteurs de œufs. TEREAtre trad., de COL(MaLLE, VI, 1.

Acharner, Acherner. Remplir de chair, garnir de chair. — Mais aniinon ces bouteilles, ’s corbeilles Achernon de ja.mhons gras, De pa- tez, de pain (l’épices, De saussisses, I)e boudins, de cervelas. RONSARD Voyage d’Hercueii, var. (V, 465). — Deja, deja, mon relieur prend l’essor Loing de toy, Soubs un vent plus tranquille il va planant de reale, Rodant pour fondre au poing d’une dame plus belle, Qui acharne son leurre et le reclame à soy. P. DE BRACiL Amours di Aymée, 1_1, 23. Acharné% Attaché à la chair. — Lta partie irrai- sonnahle 5e ressentant du corps, en estant arrou- see et acharnee, Iuy ramenait la memoire du corps. AMYOT, Pourquoy la Justice divine differe, 22.

Acharner. Exciter au meurtre. — Ceulx des halles, et signa_mrnent les bouchers acharnez et nourris au sa_ng, favorisayent Bourgoigne.. Loys te Ro Y, trad. des Politige.tes d’ArtisToTE, Préf. du L. 1 — On les menoit au supplice sans leur prononcer en public aucune sentence… Le roy et ses jeunes freres comparoyssoyent à ces spec- bachs, comme qui les oust voulu acharner. Regnier de la Planche, Hist. de l’Estat de France, I, 152. — — Donne courage à tes satellites, et a Les bourreaux… arme les, acharne tes. Mn I_N-rAiGNE, II, 2 {II, 22). — [A propos de la Saint-Barthé- lemy]. Il ne faict pas bon d’acharner un peuple, car il est aspre apre,…s plus qu’on ne veut. BRAN- TôME, Cap. franç., k maresehal de Tavannes , 119-20). (Dans un sens plus large). Exciter. — [Les bons Capitaines] les sceu rent bien en temps et lieu mettre devant leurs ennemis, comme d bons le- vriers laschez a propos, in t puis les retirer seure- ment a_pres les avoir acharnez en leur faisant un peu us ter : ~ l’aise et le fruict de la victoire. Am Y o4r, Pélopidas, 15, — [Les Iliz de Pyrrhus] en- core que de race et d’inclination de nature ilz fussent, Martiaux, furent encores par luy nourriz aux armes, et des leur riais, sance agni nez et achar- nez à cela. ID., Perhu-s, 9. — Qui nous pourrait joindre à cette heure, et acharner aune efitreprise commune tout rostre peupler nous ferions refleu- rir nostre ancien renom militaire..140 ? 6, 1TAIGNE II, 7 (II, 71). — On les leurre en somme, et acharne (les femmes], par bous les moyens. Nous eschauf- lions 01 incitons leur imagination sans cesse. ID., III, 5 011, 3U). (Prononciation), Acherner. — C’est le comble de toute impiété, quand les hommes s’achernent ainsi contre les Propholes. CALviN, Serm. sur Vilar-mon. Evangel., 52 (XLV1., 646). — Cf. le ler exemple. Acharni. Acharné. — Les autres estoient si os-chauffez et. acharniz au combat, qu’ilz ne sen- toien t point leurs bleceures. vOT, trad. de Duo- Dorin, : III, 2.6.


Ache, v. Hache.

Achée. Ver de terre.. — Lombriz de terre aultrement ditz achee. J. CŒunoT, dans Del- boulle, Notes texico1. — LA l’Alouette.] Puis d’enhaut tu te laisses fondre Sur un sillon verdi soit pour pondre, Soit, pour esclorre, ou pour cou- ver, Soit pour apporter la bechée A tes petits ou d’une achée, Ou d’une chenille ou d’un ver. fteN SARI-15 Odes, IV, 27. — Mais tu vis par les sillons


verds De petits fourmis et de vers : u d’une mousehe, ou d’une aehee Tu portes aux tiens la bechec. t i. Gayetez, l’Alouette. Ache ?. Action d’achever. — Et puis quelque lourdault, pour achef de dommage, Vient à rom- pre un beau plat. TIAREnT, trad, II, (Paraphrase).

Acheminé (bien), — I1 estoit riche, bien ache- miné et expert en plusieurs choses.. LE MAÇON, trad. de BoccAcr, Décaméron, IV, Préambule.

Achenal Chenal. — Ceste langue de terre… environTP’o. par tout de la mer et des achenaux, istoit iqiisjours preste pour un puissant ennemi I torii lier en deux mois. Atari] I. ;. : % ; É, Hist, VIII, 16+ — Un capitaine… s’estant tait passer l’achenal, par intelligence qu’il avoit au pays, ar- riva dans SaugeorL ID.., ib., VIII, 17. — La ’Treille rie passoit à. nage que le bras de mer de Charante, les aehenaux des marais et le havre de Brouage." ID., i&, —VI I Pour rendre compte de cequi pouvoit venir en la ville par les ache- naux et marais de ce costé-là jusques à la mer. ID., ib1. X, 1.

Achept, v. Achei.

Acherner, v. Acharner.

Achesme. Parure.— Tant suis le chef des peu heureuses fem mes, Sombre (.4 piteux en doulou- reux achesmes Sans or, sans pourpre et pre- vieuses gemmes. LEMAIRE DE BELGES, Reg•etz de la Dame infortunee 011, 188). — Si vostie diffe- rent gisoit sans plus en’estimation de la res- plendeur des bagues et joyaux dont vous vous parez, ou en la lauenge des façons de voz riches habits, et aches mes, ar.mes, joyaux et autres acoustremens, je diroye que ne prinssiez pas la peine de mettre jus voz nobles vestemens. In., IllusÉr., 1, 2à.

Achesmé. Paré. • Fin son chef achesrné dun tresriche atour de-ifigue, elle [Junon] avoit sa couronne de si grand excellence, qu’il est impossible de la specifier. LEMA[RE DEI BELGES, I, 31.

Achet. Achat. — Ainsi que don s’extime mieulx que achept, La main gni signe excede le cachet. Cr. urire, Epistre à. M. r Adeniral. — Dieu monstre que les Juifs n’ont point eu ceste terre, comme l’ayant ccFnque-stee par leur force et vertu, qu’ils ne Pont point eu d’heritage, qu’ils ne l’ont point eu par archet, ni par donation humaine. CALVIN, Serin. sur 1-e Deuter, 145 (XXVIII, 2414+ I1 y en a assez de semblables, qui souvent trompez d’une vaine espérance courent ou font Coicourre, ]a postepour acheter un parchemin si cher d’un tel achet trop tard viendra le repentir. Comptes du Monde advenleirelez, 9, — Ils voyoyent marchandise entre faite du salut de leurs onces : que Pachet de Paradis estoit taxé à certains de- niers+ CM VIN, Instit., 111, v, 1. — Avez vous point fait quelque bon a.cliel ? — ! n’y acheté ce mulet que vous voyez. LouvEATLI, trad. des Facé- tieuses Nuits de STRAPABOLE„ I, 3. — Quand je vous di leurs cheveux, j’en ton les cheveux qu’elles ont, soit do nature, soit par achet… Car ce qu’on a bien payé on le peut dire entre sien. H. ESTI E N NE, Mal. dr4lang, franç. ital., 1, 126. — Acheter une lamproye trente uu quaran Le estas, encore ne seret. ce rien au pris diz lar despence qu’ont. faict aucuns lion-mains, et. Apicius entre autres, en l’achet de quelques poissons. ib., II, 33. — Il n’est rien la femme "Ne surpasse en misere luy faut grands biens mettre En rachept, d’un mary, qui soit de son corps maistre. Guil. Bouchet, 5e Seree (I, 234 Celuy qui peut, par Io bionfait des Rois, Un bel office attra_per quelque-fois, Ou par achet..V.A.ugtrEure 111E LA FRESNAYE, Gal. L. I I, à. C. d’Auberville. — Les bonnes œuvres qu’ils auront raidies, et celles dont Ils a_u- ront esté pa.rticipans, soit en tiltre d’achet, ou de don, ou autre. PH. DE l’elARN1X„ Differ. de la Relig., I1, ni, 17. Faire un fol ache — II me souvient, de la locu- tion de laquelle on use quand on parle de quelque chose qui ne va pas ainsi qu’on voudrolt : comme, Ne m’en parlez point, vous avez faict un fol achept. FI. EsnaNNE, Conformité, Il, 2. Achever (intrans.). S’achever, se terminer. — A ceste. année a.ussi achevent les Chroniques que Theopompus natif de Piste de Chio a escriptes des faits el gestes des Cr’recs. AtiriYo-r, trad. de Dm- DoRE., XIV, 22. — Ce naistre n’acheve jamais, Pt jamais n’arreste., comme e.stant à bout. Mo N-- TA.Teri F..e If, 12 (IL, 380). — NOUS commericeron.s. te cours d— i.cste vie immortelle., qui n’achevera jamais. 1)11 VAIR, la Sainte Philosophie, p. 28, Acheper peindre, v. Peindre., (Forme). Conditionnel sans e. — Et que puis qu’il avoit tant poursuivy le compte, qu’il le achevrolt. Du F.ATL, Propos nustiquess 6. Acheveur. Celui qui achève.— Luy, qui estoil. homme colère, en pensant à l’achevement ceste oreille, donna par fantaisie plu.s de cent coups de dagues à l’aeheveur.. DEs PÉRIERs, Now,. Récr., 9. fikehevissance. J.iiiceomplissernent.— Conduite louable, Deduction prospere, et Glorieuse ache-vis,.sance, LEMAIRE DE BELGES, Ilite3tr., 1, al. .Argurnelit invincible, auquel on ne peut. rien op posor. — Si vostre s’en trouve hien, aussi faict uostre faculté, quae comparata est jun-te.ntis insiipientibus, et similis racla est eis, psalmo nescio quo, si l’avoys je bien quollé en mon paperat, et est unum bonum Actinies. ItliBE- LA is, Is 19, — Depuis cette prédication il fut ad- verly que les femmes faisoient leur Achilles de ce qu’il avoit filet et que Jes maris ne pouvoient plus chevir d’elles. M A C D E A V Hepta.m., 46. — Pour authoriser vostre dire, sans chercher exemples forains, vous deviez seulement vous mettre en champ et pour exemple, afin de con- fondre l’opinion de ceux qui si tem.erairement vilipe.ndent vostre sexe. Car en ce eussiez servy d’un. bon Acbilles pour toutes les autres. E. PAS- QUIER1 Monophile, L. I (II, 740). — Si les témoi- gnages que. vous a_vez jusqu’ici allégu.és, desquels vous en faites vos Achilles, sont plustost contre vous que. pour vous, que peut-on espérer des autres ? BERNARDIN °cuire, Dile touchant le Pur- gatoire, p. A.S. — Pour m’arres ter aux exemples de qu.elques sottes ou malicieuses allegations… je parleray de certaines qui sont rnesmernent auto- rimées par un con.eile, auquel les prélats falsoyent d’icelles leur achilIes pour soustenir les grands coups qu’on vouclroit ruer contre /es images, EsTir.Nrig, Apol. pour iler., eh. 32 (II, 168}. — Au lieu qu’ils adjoustoient foy aux livres de naly, lesdits livres el. sa doctrine furent du tout renversez… Tellement que l’Empereur esta.nt adverti des blasphemes injures que ion faisoit alendroit dudit. Haly, souve-rain Achilles du peu- ple Persien„ il commanda de prendre et se saisir desdits Ministres. TIR EVET, COSMOgr., V„ — Tant s’en fa.ut que telles façons de parler aillent jusques à la. cour, qu’aucunes d’icelles ne passent pas l’université de Paris : non plus que Faire argument in barocho Item _11 est ineschant per Œrnnes casus item, Il en fait sen Achillese H. ES* TIENNE, Dial. dEJI.1-ang. franç. ital., II, a07. — Ve. nons maintenant aux raisons par lesquelles il pense destruire ma principale dernonstration,. laquelle par moquerie il appelle mon Achilles. Am 13 PARK, Itépl. pour le Dise, de la Licorne CUI, 5147). — Voila leur dire bien au long : voila beur grand Achilles, et dequoy ils font. bouclier à tous propos. CHARRON, les Trois Veriiez, III, 9, — En. voyla asses pour mon dessein, mais semble qu’une solemnelle objection demeure encor sus pied, qui peut arrester te cours de la creance Catholique. C’est l’Achilles des novateurs, il la. faut f long faire pour par apres la desfaire. FRANçois DE SALES, Défense de la Croix, L. IV (II, 379, var.). — Magister noster Joannes Eddie en fait [d’un argurne.nt] son Aehilles pour les Cathone- ques Romains. Pn, PlefA RNix, Dif fér. de le. Re- lig., I, iv, 11. — Un des plus notables parens eut ilarge de l’aller inviter, lequel le fit, et le Moine lui promit., moyennant la comroodité de monsieur son fourneau, qu’ils nomment athanor, dont les fouis alquemistes font un grand Achille.z, ayans trouvé en. Neemie ce mot Atanoruin. i. des four ne.aux. BP.ROA.LDEVRVERVILI.F.„ Moyen_ de parve-nir, Mappe-inonde (r, 77). Acb.oison. Occasion. —Simpbe vergongne hon- neste D’en dire plus en rien ne m’admonneste. Par quoy toy en laisse Fachoison, Qui sçais où sont les termes de raison. DÉIAROTI Jugement de — Cetuy par fer, par cordeau ou poyson C.herche de mort volun taire a_choyson. Du BELLAY, Vers lyriques, 12. — say com- ment ni à quelle achoison Tu te. blessa.s un pie.d. FoNTA.1NE, trad. de 21 Epistres d’OvIDE, 13, p. 249. — Et cha.que accroisse- ment [du. fruit du lentisque, qui mûrit trois foisl nous monstre la saison De prendre la charrue, et cn quelie 0.choison. Car il fa.u.it trois labeurs, et trois. façons entieres. BELLEAU, PrOg1103tiqUeS Preagee (1I„ Sei9) — Q111 est celuy qui venoit dans Paris,. S’il ha renom d’honorer le Parnasse, Que tout soudain cf" Brinon ne. l’embrasse, Ne le caresse, et trou-ve achoison De le traicter dans sa douce maison ? BAFi Poemesi, L. Il 89)1. — [Saint Jerome] escrivant à. la vierge Demetriade Padvertissoit que sou-vent elle arma, st son front du signe de la. croix ; afin, dit-il, que le Diable ex- terminateur des premierz nez d’Egypte ne trou- vast achoison de luy nuire. LE Loi( Eu„ Hist. des Spectres, V111., Caue, motif, raison, — Car point n’est mort d’achoison violente, Ains est seiehé par langueur longue et lente, Qui ha matté ses beaux membres massifz L’an de son aage environ trentesix. LF, rin A "IR DE BELGES* Pkinte du Desiré (Ill, 166).— J e ne sçay pour quelle a.choison A grumeller on conseil/e. GRINGORE, Prince des Rob., Sottie (1, , — Vous, seulle estiez toute mon esperance…. Parquoy je dis que n’avez l’acboison’De me ban- nir et mectre en oubliance. COLLERYE, _Rondeaux, 17. — La. volunté, c’est un leger mouvement qui a.dvient au coura.ge et au corps par aucune achoison, si comme ieesse, convoitise, paour, cou- rouit. FABitt, Art de Rhetorique, L. I, p. 90. — Si aue.un est venusie, Prudent et beau, gorgias et robuste. Plus que nul autre, est ce pas bien raison Qu’il en soit fier, puis qu’il a. l’a, choison ? MARoT, Oraisone, 1. — Quand je regarde à ma rusticité, Passer ne puis la première cloison, Disant, en moy qu’ay meilleure achoison Me déporter qu’il n’en soit plus nouvelle. DES PÉRIERS, Etriltade à la Roy. « de Navarre (I, 139). — Vars de phis fort sans novelle achoison. Delie, 115. — Ovide composa ung livre de l’Art d’A mours, dont à juste achoison il fut mis en exil par les Senateurs de Romme, P. DE CHANGYe Inst de la lemme chresdenne, I, 5. — L’essence est immortulle et trespure Dont procede, et pour ceste achoison, Ce sainct Amour eternene- ment dure. MICHEL D’AMBOYSE, trad. du Hi5 de Democrite, ch. 9. — Dieu sourdre fait. de la guerre achoison Quand ruiner il veut une maison. AMYOT, CornmenÉ il faut lire les poetes, 2. — Je m’en des- tourne choses récentes], content de repre- sen.ter cell1.- ; de nos vaillans et loyaux predeces- seurs, franc de toute passion de faveur ou de haine, dont je n’ay aucune achoison. FAIrcimT, Aniiquire :, Avant-propos. — A fin d’oster toute achoison cle querelle et niatiere de guerre. 11).e ib., V, 15. — 11 ne faut pas que les Rois pour petite achoison, laissfflit passer les bonnes olive : dures et moyens de paci Iiiir leurs querelles. ID., ib., IX, 9, — En mesure Umps, s’esmeut une grosse que- relle.. et ce pour bien petite achoison. ID., XI, 5.. — Quelle ac.hoison a peu avoir le Diable de tenter le fils de Dieu ? LE LovÉrt, des Sper ires, VII, 16. Situation, état. — Si bien depuis il Nasale Pin- constance Du sort auteur de tant aspre a.choison, Rien ne lui vault de ses cris la. foison Pour repa- rer ceste aigre violence. MA.GNy, les Amou rs, 14. — Aveugle Amour, si tout aygre poiyson Le pins souvent tu changes en douceur, Et du plus doux te monstres effaceur, Le relu, rsant en amere achoyson. In., ib., S. 29. — Chasqu.e membre a son office, Les mains, l a bouche, les dents, Pour voyeuses du dedans, N’apportent rien davantage Que requiert mon achoison. E. PASQUAER„ Jeux Poedques, III (Il, 878). On peut encore trouver le sens de situation, d’état, dans les exemples suivants, où le mot achoison désigne, [Lou pas une action., mais l’état qui en résulte. — Et en ce corps ha rit et droiti composé Le ciel transmit un esprit bien posé ; Puis le reprint quand par grefve. achoison Ferraroys lui donna la poison. MA ROT, Cimetiere, 22. •— Cela devoit surlir à ta cruelle rage, Rome, sans me livrer par mortelle achoison, Spubs le miel d’une.fabie une arnere poison. PIBRAC ! Poé- sies, Dido (p.107), • Pour chanter dignement les gTandes escarmouches D’un long siege de Troye, et la dure achoison Dont se plaignoit Medee en- contre de Jason. AUQUEL IN DE LA FRESNAYEe Sat. franç., L. V, à Ponthus de Thiard. Dans l’exemple. suivant, achoison indique l’el.Tet d’un poison, c’est-à-dire encore l’état qui en ré- sulte, — Quelqu’un de ton parentage, Brinon, dés le premier âge Que le Ilous fut transformé, En prit. un sien ramé, Et le planta tout sus l’heure Au jardin de la demeure., Pour divertir rachoison De toute estrange poison Qu’un ver ou qu’une arai- gnée Y povirroit avoir trairïée. RONSARD, P Me. L. II, le.hrou…x. De grand-e « cloison. — Tous les peuples qui de- Puis en ce grand débord se liguerent contre les Romains, le firent par une necessité d’eschanger leurs terres pierreuses et sans fruit, en lieux de plus grande achoison, , E. pAsQuiEsi &Merdes, I, L Achommer (s’). Rester inactif.— Le paillard.++ se retira, disant ne se pouvoir achoinmer davan- tage. Du FAIL, Contes d’Eu.trapei, 33. Action. — En Auvergne, Bourhonnois, et Fo- rest, une coignée s’appelle Action. FAucllEii, An— Liquirez, HI, 8. Achopper (intrans.). Se heurter à un obstacle qui arrête ou qui fait tomber. — Rostre raison et intelligence… achoppe à tant d’empeschemens„+ qu’elle est bien Ioing de nous diriger certainement. CALVIN, Insgit., ch. II, p. 64. — C’est mer- veilles quand tant de personnages qui n’estoyent point autrement mauvais ont achoppé à ce festu. ID., ib. 1.1.56CF), Il, ni, 12. (Trans.). Heurter, arrêter. — Que celluy qui voudra entre enseigné au present livre se rende docile, excusant ce qui le pourroit achopper, i passer tousjours plus outre, pour estre conduict droyt à la pure venté de Dieu. CALVIN, Préf. de la Somme de Melanchthon (IX, 850). S’achopper (mime sens qu’achoppe• intrans.). Estans sortis des limites de l’Escriture, nous cheminerons hors du chemin et en tenebres : et pourtant ne pourrons sinon errer, treb-uscher, et nous achopper ù rhascun pas. CALviN, Ir tiL. VII I, p.. — Nous sommes cause par nostre ii ! merité qu’un homme infirme s’achoppe pour irehuscher en ruine, ID.e Que doit faire 7..in homme fiele entre les papistes (VI, 563). — Nous voyons que les poivres Papistes sont esgarez, chu’ils courent à travers champs, et cependant ne tien- nent nul chemin, ils clochent, ils tombent, ils s’achoppent, et le tout à. leurruine, 1D, Serin— sur le Deuter„ 52 1XXV1, 514). — Nous devons adresser les aveugles, de peur qu’ils ne s’aehop- perd, ou qu’ils ne s’esgarent en leur Chenlin. ID., „ 151 (XXVIII, 324), — Dieu ne permettra point que ses lideles s’achoppent, qu’ils tombent en sorte qu’ils ne puissent se relever. ID., Serin. se., er le Ps, CXIX, 21 (XXXII, 734). — Il nous faut garder du scandale, auquel ils [nos prochains] se pourroyent achopper, ID., Sernt, sur l’Epistre aucc Corinthiens, 9 (XLIX, 688). Achotter (si). nchouer. — Le gra.nd flot, qui estoit le principal a.ppuy et fondement de son desseing, s’est achoué en terre, si bien que de long temps on ne sein pourra servir. Dans Pu. nE MA RN] Xt Ecrits polit_ et hist., p. 309. Achoyson, v. Aelboison. Achrimafie. Manque d’argent. — Nous [quel- ques courtisans lettrés] avons tiré [du grec] ce. rtains mots, qui nous servent comme d’un jer- gon entre nous, pour n’estre point entendus,. Je commencera y par le mot. d’A chrirnatie. Car quand nous voulons parler de queleun l’argent duquel est cape, nous disons, Il est malade d’achrimatie. EsTiEriNE, Dia/. du 1-an.g. franç. a1.t II, 209. Acier. Casseur d’acier, Ni.. Casseur. Acircdogia (&)ttple, lourd, gauche, sot). — Il est une malle appropriation de termes.. qui s’ap- pelle acirologia, comme : t J’ay ma] a dent, des- quelles j’espoire avoir grain douleur, » fespoire pour je craings. FARM,. Art d.e Ehet., , II, 118. Aellner (s1). S’adonner. — Si vault. mieux que je m.’a.clin Aux viandes et au bon vin. Anc. Pués. franç., III, 88, AcIoure. Fermer. — Faisons acloure la bar- riere Du paliz.’Rouies, II, 90. Acmastique (daptsvrrtx, qui est dans toute sa force). — Que si elle [la fiè-vre] garde un mesme degré de chaleur et de vehemente depuis le com- mencement jusques à la fin, elle est appellée brommone et Acrizasiique. AMBR, PA.Ftg, XX, I, 8. Acodouoir, v. Accoudir. ooinetant. Disposant. à ]’amour. — Tout le parfum contemneras, Car il est par trop acoinc- tant, El, neantmoins sentir pourras Lavande et souchet, dont est tant.. Aitir. Poe. franç., VIII, 294, Acointable, Acointer, Acoiser, Acollee, Acoller, v. les mêmes mots écrits avec ace.

Acointhe. — Messieurs les Papes, avec la suitte innombrable.. de leur saincte Cour. Entre lesquels il y a Mansionaires, Acoluthes, Regionaires. PH. DE MA B.ri x Deller. de la Reliff., r, 5. — 11 devint Acoluthe, c’est-à-dire Page, ou Portecierge. ID-1 ib., I I, i i, 2.

Acombler, Acommencer, Acompagner, Acomparager, Acomparer, Aeompter, Aconcevoir, Aconche, Aconché, Aconduire, Acongnoistre, v. les mêmes mots écrits avec ace.

Aconite. Aconit. — Un certain usaige, lequel plus est. abhorré et hay des larrons plus leurs est contraire et ennemy, que ne est,.. le Aconite aux Pards et. Loups. A B N, afA iS, 51. — Et la _ma- ratre injustement. cruelle A son beau fils l’aconi le ne melle, Mortel bruvage. Poemes> les bles Fertunees„ var. (V, 458). — La terre par le ciel encor’oies toitmaudite : Son sein ne produi- soit encores l’Aconite. ID., Eglogue I (III, 3711). — Itilarastres qui couvrez l’aconite de miel. Au BIC N É, Prinitern$1 I 4. III, Quadrains (III, 116). — Ceste eau diversement conduite, Fait croistre icy let, là le froid, aconite. Du 13ARTAS, « Sena ne, 6e Jour. • Le Mercure broyé, et la froide Cicue, Et l’Aconite noir, qui plus promptement tue. Pi- BnAc, Plaisirs de ta ruseieille, p. 122. — Ces vais eau venimeux, de ces liqueurs si bacs Font l’aconite noir et les poisons mortelles, AuEtwNÉ1 Tragiques, ti (IV1 74). Aconite est masculin ou féminin. — Mais au de- dans secrettement habite L’amer venin de la froide a.coni te. Am. JAM N Poesies> L. V, 263 vo. Aconsuivre, Acordanee, v. ACCOMSUifrere Ac- cordance. Acorus, — La racine… de la. cul de rivieres, dit accrus. ÀNT. otr Mouliaril, trad. de le Vertu de la QUinte Essence, p, Acoste-noua~ — En la cuysine a point bien ordonnée Est de besoin g avoir la cheminée Pleine (le feu et garnie de chenetz, D’acoste-potz et de grilz assez uetz. Ane. Poés. franç, , VI, 238. Acoster, y. Accoster. Acotte. Appui. — V. Accoter, Acouardir, Acoubler, Aconha.rder, Acouiper, v. Accouardir, Accoupler, Accouaraifir, Accoulper. Acoup, V. Coup. Acourager, vi Accoura.ger. Aeourbé Aeourbi. Courbé. — Leurs yeux soyent obscurci afin qu’ilz ne voyent point, et acourbé (var, acourby tousjours leur dos, CA L — I IN franç., Epi isl{e aux Romains, 11 i LV I I, 402)., Acoursie, v.Coursie, Acoure, v. Accours. Acourserie. Clientèle. — Les vieillars… Ont tousjours apres les serviteurs Et de paier font presspr les club Leurs, , Scavent garder les grands acourseries. J. 130tIGHET5 Epistres M’orales du Trewerseur, I, lit. — Par ce les bons perdroient„ Et les mesehans auroient l’acourserie. Io, , ib., 11, lx, 1. Aeoursier, Client [d’un haut personnage]. — Cestuy eistoit un des accoursiers et favorite de Perides. Arinorr, Instruet. pour’ceux qui manient affaires d’Estai, 15. Client [d’un marclu sud ]. Ilz [les rnarcha.nds avides] scavent bien par doulx parler a_ttraire Leurs acoursiers, et d’eulx leur argent traire. J. BOUCHET, Epistres morales du. Traverseur, I I, lx, i. .A.eousiner, v. A ccousiner. Acouater, Acouter, Acousteur. Écouteur. — La cité… se met en dangier, dont vous aultres estes cause, qui avez maulvaisernent introduyt ces disputations, et avez accoutumé d’estre regardeurs de pa.rolles et acousteurs de faictz, vous persuadant que les choses doibvent advenir ainsi que vous persuade celluy qui parle le mieulx. EY SSELI trad. de THU- CYDIDE, lïl, 6.(89 ro). Acoustre_ment, Accustrer, Acoustunié. Aeoustumer, v. les rui.’mes rues écrits avec arc. &Douter. Écouter. — Sil estoit dit que celuy qui a.couste et se laisse persuader, fast aussi bien puny que celuy qui parle et parsuade, certaine- ment vous jugeriez plus modestement et plus rai- sonnablement. SETssEL, trad. de TnucyDiDE, III, 7.(91. vo). Acouter, de 4 ; 40.5E.tv„ si on ne l’aime mieux deduire de auscultare. Plusieurs usent plustost de eseouter. H. ESTIENNE, Confor- mité, Mots trançois pris du grec. — Acoutet, mes- sieurs, accoutez un peu, je vous dira y un conte pour vous apaiser.. BtrioALtlt DE VERVILLEi Moyen de parvenir, Reprise (II, 243). Aeoustrenient„ v. Accoustrement. Aeouver. — Une ouaye fut, en ceste année._ Tout auprès de Nogent-le-Roy, Pour sa beaulté fut a.cioluvée..4.rkee Poés. franç., X, 161. Acquenee, v. Haerpienee. Aequereur, Conquérant. — Ta conscience en la fidélité Du Roy ton frere, et son humanité T’ont faict en France acquerir en un moys, De- dans trois jours, sans souldars n i harnoys, Plus due Gesar, des Ga.ulles acquereur, le premier es Romains empereur N’avoit acquis en huict eu neuf années Accompaigné de legions armées. MA ROT} Chants dioers 5 17. Acquerir, Acquerre (Formes). — Préseni de l’indicatif el du subjonctif. — En.cores qu’il re- coure à nostre puy et qu’il acquérisse une grand renommée et réputation à jamais. Mo ri LUC Lettres, 122. — De suivre les cappitaines ver- tueux et vaillans, vous apprennés et aquérissés tout honneur et réputation. ID., Cfmtment.., L. I (I, 30). Pais é défini. — Tous ces 9uatre seigneurs qui Oint gouverné deux Poys n acquérirent jamais tous ensemble dix mil livres de rente. MoNLivc, Comment., Préamb. (I, 11-12). Maur. — En cecy… consiste la renommée et réputation qu’il acquérera par tous pays. Mari- Luc, Lettres, — Ce qui nous acquierera forte bons amis Catholiques, Apostoliques et Romains. Sat+ Méo., Har. de M. le Lieutenani (p. 861. — Ce ne sera pas petite loange à vous… et acquérirez pour vostre particulier l’amytié et obligation de dix mil gentilshommes. MONLUC, Lettres, 63. — Mais toutesfoys il m’est prins voul- lenté De visiter encor la saincte terre. — Vous y povez honneur et bruit arluerre. GRINGORE, Vie aie Sainct lys, L VIII (II, 257). — Je ne t’escry ne d’armes ne de guerre : Tn voys qui peuh bien ou mal y a.cquerre. 1 I A R O T, Epistres, 11. — (Pay fait grand cas des biens de ceste terre, J’ay désiré honneur et gloire acquerre. MARC. DE NAY" les Marguerites, l’A doragion des trois Roys {11, 74), — Et meilleur est a soy franchise acquerre Que /a. tollir a. aultruy, ou sa. terre. J. BoucHET„ Epistres morales du Traper$eu.r, II, I, 1. — Revien en grau a_vec, ton chef de guerre, Qui desirant ta bonne grace acquerra Te faite’, par nous offrir et presen- ter Tous les beaux dons que je le vois conipter. SALEL, trad. de J’Iliade, 1X. — Mais, las ! il faut que chacun pense Que tou.sjours telle recompense Suit chacun des forfaits, qui traine Pour s’ac- guerre sa propre peine. JODELLE, Eugène. 3.

— Par mes vers je ne veux autre couronne aquerre. Amour de Francine, L. I (I, 102). — Le vieil cheval se void à la fin deslier Pour rie perdre l’haleine ! ou qu.elque honte acquerre. Du BELLAY ? RegfrtS, — L’homme en vain s’ef- force d’acquerro Mille vains honneurs sur la terre. GrirY Odes, 1, 108. — Je pensois, bon Gênie, QT..te Ia mort eut seigneurie Sur ceux qui vont seu- lement Par la. mer avarement, Et sur ceux qui pour acquerre De l’honneur vont à la guerre. RONSARD’EpiiCipheS (VI, — Co-urant terre en terre Par les citez pour le sçavoir ac-guerre. BAÏF, Poètrees, L. (II, Si). — Vous y pourrez, sans crime, acquerre 1111 diadème. PL. GARNIER., Antigone, 886. — Roy, non. un graveur, cest honneur doit a, cquerre. PASSEE.AT ? Paesies, II, 77. — Il ieur falloit combattre contre les Gaulois, non pour acquerre gloire et honneur, ains pour sauver leurs vies, FAUCH ET, Antiquitez, I, 12. — Il vaut, mieux conserver ce qui est sien, que pensa.nt acquerre I’autruy, le tout haza.rder. ln., ib., III, S. Acquest. Acquisition ; ce qu’on acquiert.. — Car des Françoys, assubjectiz par force En leur pays, ne conquist que l’escorce ; tu as eu par un don liberal De leurs francz cueurs un acquest general. Chants divers, 17, — La seule liberté, les hommes ne la &sirent point, non pour autre raison, ce semble, sinon que s’ils la desi-roient, ils l’auroienl. comme s’ils refusoient de faire ce bel acquesi, seulement par ce qu’il est trop aisé. LA Bo ÉT1E Sen’Ede volontaire, p. 12. - Je me suis consumé d’une vaine despense, Et n’ay fait autre acquest que. de mal et. d’ennuy. Du BELLAY, Regrets, 4.5. — Les afflictions, les dou- leurs, leur viennent à profit, employées à racquest d’une santé et resjouyssance etornello. MON- TA1.1.— : NE, I, 38 CI, 311). — y a. tant de sortes de deffa.uts en la vieillesse… qu.13 le meilleur acquest qu’elle puisse faire> c’est l’a.ffection el amour des siens. li)., I, 8 (II, 86). — Nostre foy ce n’est pas Hostre acquest, c’est un pur present de la Iibera- d’autruy. ID., II, 12 (II, 235). — Cette his- toire d’un fameux et grand philosophe nous re- presen tem cette passion studieuse, qui nous a.muse à la poursuyte des choses do l’acquest des- que.nes nous sommes desesperez. ID, ib. (II, 250). Profit. — Qu.e fait une fenime avec toy, De qui la. force et la puissance Prend de jour en jour d_e- croissance. ? \Trayaient, il y a_ de racquest. GRE- VIN, ks Esbahis, V, — Pendant ceste trefve , re-ssayay, mais en vain, d’estre courtisan ; feuz toute rna vie mal propre pour ce inestier : suis trop franc et trop libre, aussi y trouva.y-je fort peu d’a(xplest, MONLUC ? Comment, , L. (I, 131). - La confusion de l’ordre et mesure dis pechez est dangereuse. Les meurtriers, les traistres, les tyrans y ont trop d’acquest. ? vioNTAiGN Es 2 (II, 12). —— Tout l’acquest qu’il a retiré d’une si longue poursuite, c’est d’avoir appris à recognois, tre sa foiblesse, ID, II, 12 (II, 235). — y— a peu d’ac- quest desrober la matiere de ses inventions [de Cicéron]. IB., ib. (II, 296). Acquester. Acquérir. — Si on me mettait au choix, fauroye plus cher acquester u.n bon arny que tout l’or du roy Darius. DES PÉRIERS, trad, du Lysis do PLATON (I, 22). — Doilbvez vous tous- jours à. quelqu’un ?… tousjours nouveaulx eredi- teurs vous acquestera… RABELAIS, 111, 3. — Celuy qui est riche n’estimera pas que le, bien luy Fion venu du ciel, ne que I)ieu y ait mis la main : niais il dira. que le tout’t’y est venu d’herit.a.ge et df.’succession, ou qu’il l’a acquesté par Sen CALvtbr, Serin. SU"’le DeCaer., 61 (X XVI, 626). Sapphon la docte (.1-reeque, à qui Phaon vint. plaire, Chantant ses fous, de Muse acquesta. le surnom. JOD ELLE, les Atm-Hers, S. fil. —11 y a bien peu de Conseillers et Présidens sui ne pos- sèdent quelque morceau de bénéfice qui aide à en- tretenir les dorures et accoustrernens, banquets et menus plaisirs. de la maison, voire pour acquester avec le temps quelque place noble ou office de plus grand honneur et authorité, PALIss-y, Re-cepte verirable, p. 98. — Mais qu’avons au monde acquesté, Qui témoigne qu’ayez esté. ? BAÏF, Poemes, L. HI (TI, 162). — L’un veillant des biens à la queste, Sans borne tous les jours ac- qui-_— !.ste. ID., ib., VIII (II, 885). — Il s’acquesta. ceste p.auvre maison, JEAN DE LA TAILLE, le Pie- gromant, I, 2. Tu eusses plus heureuse, et plus digne du nom De —tes braves a.yeux, acquesté le renom De. femme magnanime. IL GARNIEne Cor- nelie, 258. — Peu sert le hien que pa_r force On ac- queste. RONSARD, Sonnets et ileradrigals pour As- free (I, 252). — L’orgueilleux Phaâton… Far, — questa le surnom d’arrogant et iqnare. NOYSE- E NT ? CabiJr. pŒt. ? 80. — Et ri a voulu faire comme… autres favorys roys, qui se sont plus délectez à avoir et acquester belles places. BRANTÔME ? Couronnels françois .10( ». Acquesté (subst.). Ce que l’on a acquis. — Gar- der bien l’aequesté n’est une vertu moindre Quiacquerir tous les jours, et le nouveau ad-joindre.. AUBIGNÉ’, Tragiques> Il (IV, 90).. Acquesteur. Celui qui acquiert. — De ce bon bruyt a.cquesteur te sera lipion long sejour, liwircHEL Dl’AMBOISE, _Epistres vieneriennes, 17. Aequieecer. Se reposer, a.voir l’esprit tran- quille, — La n’ot On rien, que plaisance et liesse… T’out à soulas dednit a.cquiesce. LEMAIRE DiE BEIdG’ES, Concorde des deu-lt lo..ngages, I (111, 112). -Il se moque des fol ; d’autant qu’ib. 5ie reposent et acquiescent en leurs plaisirs mondains, qui sont transitoire.s. Cm.vire, Instit„ ch. V1I, p. — Il aura un soulagement, où pourra mieux acquies- cer, que en toutes les richesses et honneuni du inonde… C’est qu’il reputera toutes choses esti.° ordonnées de Dieu., comme il e, st expetlient, pour son salut. ID., ib., ch. XVII, p.798.— En cela aP- paroist sa joye et lyesse, si estant na.vré de tris- tesse et douleur, acquiesce neantmcdns en Ia con- solation spirituelle de Dieu. ID., ib., p. 807. — A fin qu’llz n’a-spirent point d’une trop grando cupi- dité aux richesses caduques, ou acquiescent en celles qu’ilz possedent., il les redige en indigence- ID., ib., p. 811. — J’ay„, hors de ma maison chasse..i un tas cle villaines, immondes, et pesti- lentes besles„, les quelles… nie evocquoient du doulx pensement on quel je acquiescois contP.m.- pl an t, et voya.nt et j a touchant et goustant le bien felicité, que le bon Dieu a praeparé à, ses ildeles et esleuz. RÂBELAIS, III., 21. — Et fa.cilement ac- quiesçoys en la doulce recordation de vostre au- guste majesté. ID., IV, Acquiescer de. Consentir — Ilz ayment si sou- verainement cette souveraine volonté, que son vouloir arreste le leur et le contentement divin les contente, acquiesçons d’estre bornés en leur amour par la volonté mesrrie de. raquAle la bonté est. Pobject de leur amour. Se FRANÇOIS DE SALES, Ainolif de Dieu., VI, 13. Acquisitif, Qu’on acquiert. — Veniie, car tous noz amys, Plus les parens que acquisitifz, Nous delaissent sans ayde aucune. Ane. Pod.. franç., XI, 256. (Subst.) — Ce fut… une princesse d’un très- grand esprit et fart habille, tarit (Ie son naturel que de son acquisilif. BRANTÔME., des Dames, pa t. Marg, reine de Nay. (VIII, 15)+ A.cqulsitive (subst.). — Oul Ire les trois parties de l’wcortornie predittes, est, adjoustee une qua- trieme di tte a.cquisitive, c’est à dire la faculté d’aequerir biens servans a rentretenement de la maison et de la Cité. LOYS LE "Rov, trait des Poh- tiques d’ALRISTOTP, I, 3, Comment. — L’acquisi- tive mi art d’acqucrir biens dilTere de ces deux facilitez. I D., il, , , — Lon pourroit demander pourquoy l’acquisitive est partie de l’œconornie, /a medeeine non. ib., I, 7. Acquit. Action de s’acquitter d’une obligation, d’une dette. — Puisque si avant me solicitez orî ra.cquit. de ma promesse, je cornmenceray mon propos. E. PASQUIERr Monophile, L. I. J-leur semble…qu’on les doit bien louer, quand ilsIl n’ont pas refusé audience si quelcun estant grevé est venu faire sa plainte„ s’ils Font oie, et qu’ils agent rai t. sembtan t de luy a.yder, fileur semble que voila un acquit. CALVI Sur Deuter., 120 (XXV ri, 642). — Combien que nous facions sem- blant d’a.voir grant zele de cercher la vie ceIeste, nous monstrons par cela que nous n’en tenons conte et que ce n’est quia.cquit et corvee de tout ce que nous en faisons. ID., Serm+ sr..irr. rEpitre au.x Epitesiens, 35 (LI, 692). — Me voici prest, grand Roy, D’employer cette main a l’acquit de nia foy. N MOTC:Il 11. E S T N leg Lacérer, r),.165). — Si Fon a à contester avec son naturel, et le forcer pour le service et acquit de la fonc.tion et charge que l’on prend. CiiArinoti,’Sagesse, II, — Vostre com- mandement… me fait esperer une chose dont je nie suis vanté à tous mes amis… c’est de donner, avant mourir, une bonne journee à l’acquit de ce que je doibz à feu M. de la Trimouille, Aunie.rii É, Lettres de sources diverses, 11 (I, 563). — Je n’ay cessé de méditer comment je pourra.y donner mes veilles, mes labeurs, et enfin ma vie à l’acquit de vos bienfaicts. ID., 27 (I, 583). Ordre de paiement donné par mi trésorier, — Je vous supply (très noble Pré seelez Le mien acquit pourquoy n’est il sellé ?… Mais si je touche argent par la seelleure, Je beniray des foys plus de sept l’heure Le chancelier, le seau et le seelleur Qui de. ce bien m’auront pourchassé l’heur. MAROT, Epistres, 25. — Brie f, Monsei- gneur, je pense que c’est là Qu’il failli sceller, si jamais on seella; Car vous savez que tout ae- quiet sans seel Sert beaucoup moins qu’un potage sans sel. ID., ib. — Plusieurs auparavant appor- toyeat au bureau des Questeurs, des lettres,.t acquits RU trelllent faicte qu’ilz ne devoTent., A), 0T, raton d’Utique>.17. Lever lee acquii, s. — Les grans trésors n’ay en ce monde acquis.. Par quo trie ratât entre chiche et testant Et non contrainct d’en lever les acquis. R. DE COLLERYE, Renutea titx, t5. Jouer d. l’acquit. Jouer à. qui paiera tout. —


ACROMION En acquit. En don gratuit.. — Voy3a dont vient ’Imputation de justice sans œuvres, dont il est. si so.uvent parlé:c’est que Dieu nous alloue en ac- quit la justice qui se trouve en n’astre Seigneur’JCSIIS. CALVIN, XVIII, 5. D’acquit, par Négligemment. Uainoureux langage Que nous soulion.s tenir en nos devis premiers, Se tournoit en propos com- muns et familiers, Tels qu’on tient aux amis qua.nd d’acquit on devise, Et que. le feu d’amour les courages n’attise. Ro N.Si►RD, Etegie (IV, 56). Large-Marie, à la nouvelle des forces du roi qui approchoyent, se jetta dans Langon, g…i.rdé par racquist comme i la première fois, démantela la ville et se retira dans Aillas. AUE ÏGNÉ1 if.). Xlx. Acquiteur. Celui qui perçoit les droits d’en- trée. — lis veolent… que le pain et le peu de bien qu’Us ont pour vivre ne vient pas {_le vostre bien- f-aici, ni de vostre vaillance, mais d la liberalitédu Biarnois e t, de son bon naturel, ou do l’avuice des a.c, quiteurs qui en tirent tout le profit. i44 ; •-ii. Men, Harangue du reelf.u ? naze (p. 153). Acquitter. Dégager. — Le Pape… acquitta el, absolut les Arragonois du serment. de Mente.. Ellà PASQULER, ReehereheNj 15. S’acquitter de qqn, S’acquitter de son devoir en- vers qqn, — Le Pasteur doit son parc revisiter, } Ou aultrement ne se peult acquitter De son Ire-peau. C; 11R I ri GO FE, ieS Folles Entreprises (I, 70). Aer, a-vanter, v. A ceravanter. Acrldophage. Mangeur de sauterelles. — Con- sidérons donc sans passion que nous dirions si Hérodote ou quelque alltre historien ancien nous racontoit qu’en quelquF’pays les hommes seroient théophages (c’est à (lin. ma.n.gedieux), aussi bien qu’ils racontent de quelques anthropophages, élé- phantophages, acridophages, plithirophages, et autres. Il. Es..ri EN NE, Apol. pour hrer., Au Lec- teur (I, 14). Acrimonie. Acreté. — Acrimonie s’enlend des choses mordicatives, qui piquent la langue : comme aucunes especes de sels, comme la coupe- rose, eFu vitriol. PALISSY, Disc. ternir., Explica- tion des mots plus difficiles. — Les viandes sur lesquelles on mettroit du sel à. grosses Poignées seroyent deagreables à cause de leur acrimonie. st FnAnois DE SALES $ Entretiens spirituels, IV (VI, 9). , A.crimonieux. Acre. —C’est un vinaigre proce- dan t d’un bon vin, un sang acrimonieux d’un sang chaud. LE tiO vEa a Hist. des’, Spectres, 11, 2. Acritude, Acreté. — Aucuns [fruits] ont le suc froyt., l’autre aygre ou de chair rude, Aucuns semblent bien beaux, ruas plains frilrIC acritude. Creation, (Ill, S5’..1). Acroamatique (à.xpnevenzz.i ensei- gnement donné à des auditeurs). Diogene Laërem raconte jusques à CCC. volumes par iny composez en toutes sciences : dont les uns es- toyent appelle..z Acroamatiques, les. autres Exoteriques. Lots LE Roy, trad. des Politiques d’AlirsToTE, el de ses (clercs. &crocheter., V. Aecrocheter. Acrochordon. Acrochordon est une verrue pendante. AMBR. PARI, VI 21. &croire, Acroissance„ Acroistre, v. Accroire, Accroissance, cent ire. Acromion. — Le moyne avec son baston de mion. RA.BELA15.5 lia. E.ntre la partie supe- rieure et la.terale l’os Sternon et l’Acromion do l’Omoplate. AMBIL PARÉ’, — Or a Nature machiné deux productions d’os, j’entens l’Acro- mion… et le Corae.dide. Ie., ib„„ IV, 19. Acropi, v. Accroupi. Acrostiche (féminin). — Je ne veux toutes- fois qu’un bon esprit se —fiche A faire un Ana- gra.mme, à faire une Acrostiche D’un travail obs- tiné. VAUQUÊLIN DE FRESNAX El Art poet., L Acrostiché. — la croix acrostichée, qui commence à la 18e lettre. TAtotleoli rets Ac-tom », Bigarrures, I, 15. Acrou.é. Accroupi. — [Aeditue] nous dist Pa- pegaut estre pour reste heure visible : nous mena… droit en la trage en laquelle il estnit acroué. RABELAIS, V„ — Apperteusmes un vieil Eves- gaux à teste ve-rde, lequel estait ii-teroué accompa.- gné di— trois Onocrotales oiF., eaux joyeux et ron-floient SOUS. une fueillade„ ib, Acroupi, v. Accroupi. Acte.. Discussion universitaire faite en public. — A La.nt je. redigeray par escript. ce que avons d ict et resolu,.. et bien humblement vous remercie de l’honneur que nous avez faict à cest a.cte. RA- BELAIS, II, 20. — Le tousseux, glorieusement, en -plein ar..te tenu chez les Mathurins, requist ses chausses et saulsices. le., I, 20. Autodafé. — rit faire un amas de tous les pri- sonniers, en divers endroicts de l’Espagne, pour le faic.t. de la religion, les fit assembler en deux actes (comme ils appellent), le premier desquels fut exploité à Valladolid. Au Eue Hi$1. II, 30. — L’acte de Séville… eut pour spectateur le Roi mesme… marchèrent, après les enfaris du collège, plusieurs prestres vestus de surpelis„ Après eux les pénitenciers et moins criminels, qui s’estoyent desdits de peur du feu. ID., — A ce second acte furent bruslés Jean Ponce, de Léon, fils de Roderic, comte de Baylen, Jean Gonzalve, théologien de Séville, ses deux sœurs brusIées avec lui. ID., ib. (Féminin). — Lesquels furent presents et COM- plices à la destrousse de Laceclemone, quand He- leine fut ravie, et à toutes les autres bonnes actes que Paris feit CIL SOT" premier voya.ge. LEMAIRE DE BELGES, fileter., HL 1.— Vous estes de cau.telles plainctz, Et voulés ravir ses deulx Pa.r vos actes ordes villes.. Sotties, IlI, 94. — Afin d’al- ler, acte perilleuser Au roy Henry faire d’es- tranges tours A Sainct Quentin. Anc. Poés. franc., IV, 317. — Quant et quant ladicte acte. Pei. DE 1VIARNIX, Écrits. polit. et hist., p. 231. — J’ay quis par mes actes printannieres beaucoup de gioire et de reputation. DE MONTREUX, ler Liv. des Bergeries de Juliette, Joitrn. 2 (92 el). Acteur. Auteur (au sens générai), — Icy res- Plein hors d’obscure souffrance Le chief clhon- neur les daces de France, Lacteur do paix ; ie pere du pays. LEMAIIIIE DE Bri..c.M.S., le Ternpk ’d’Honneur et de Vertus (IV, 2U). — Le noble Duc, treillissant du coup dont il ne voyoit point’acteur, jettil un eand souspir. ID., Cou- ronne. Iliargerritique (IV, 27). — Devocion soy voyant ravaller, Print couraige, commença à par- ier A ces bigotz et ces retormateurs, En souste- .nant qu’ilz sont de maulx acteurs. GRINGORE, les Folles Entreprises (I, 101). — Que sa.uroit le sens de. l’homme produire sinon choses charnelles et folles, et qui vrayement niq.nstrent cle quel ac- teur elles sont venues ? CALiviN, Instit., ch. XV (p. 74’4. 4.Éluteur {d’un livre], écrivain. — Car sans men- tir le tien escript dist stile De si friande et gor- gime touche, Que acteur ne sçay qui plus gente- ment touche Le maternel, soit en prose ou en mettre. CRETIN, maistre Ivlassé de Villebresne (p. 209). — Le surnom de l’Acteur sera trouvé par les premieres lettres de ce couplet. GRINGORE :. les Folles Entreprises (1, 144). — Laideur dessus. nommé,.. pretend a layde de Dieu faire demons. tration certaine de la signification du filtre de ce volume. LEMAIRE DE BELGES, I, 1. — Silz veulent avoir consideration à trois poinctz principaux, Iesquelz ont esté motifs de mettre Ia main à ce labeur, liz auront semblable affection à le parlire, comme Lacteur ha eu à lentreprendre. ID.„ ib. — Voyons donques que nous dira Ihistoire de Berosus de Chaldee, acteur tresancien et tres- renommé, lequel flourissoit avant le temps d’….’iLlexandre le grand. ln., ib., 2. — Un acteur nommé en son livre d’Astronomie, met ledit Hercult… ; " entre les Images du ciel. In., ib., I, 1L — De luy [Belgiusl est denommee la grande et noble et populeuse province de Gaule Belgique, dont lacteur de ce livre est natif. In.„ ib., I, 13. — Je nay vela acteur quelconque qui en scrive au- cune chose plus avant, sinon Ovide au qua- trieme de sa Metamorphose. ID., ib., I, 27. — Or treuve je peu d’acteurs qui ayent escrit des gestes et a.ventures de ladite Heleine et de son mary Me- nelaus, apres les faits de Troye. ID., ib., Il, 23, — Cessez, acteurs, d’escrire eue eloquence D’armes, d’amours, de fables et sornettes. MAROTi Bal- lades, 12. — Fj1 y a rien mal ordonné Au traicté dont est question’, Qu’il soit à l’acteur pardonné.. Anc. Poése franç„ X11, 166. — Et sin advient. et que bon luy semble Que le propos et rescriture e.nsemble Devant le Roy puisse estre descouvert,

;..Seure je suis qu’ayant le livre ouvert, Regardera

les poinets où le lecteur Se doit monstrer advocat de l’Acteur. N’Aile. DE NAV.] les Marguerites, la Coche (IV, 255). — Mais le reprenois sur toute chose, de ce qu’il estoit mort avant. qu’avoir es- gorgé premier que soy l’escrivain et acteur de telle fa.ble. F.. BRETIN] trad. de Lucieri, Coifixnent il faut eserire etne histoire, 26. Auteur, écrivain (considéré d’après la valeur de son témoignage), autorité. — Desquelles choses je prens à tesmoings trois bons acteurs, cestasavoir Xenophon en ses equivoques, Isidore en ses ety- mologies, et saint Flierome, sur les in terpretations des noms. 1-lehraïques, LEN’IAIIIE:DE BELGES, I’heir., I, 2„ — Cicero, acteur tressuffisant, en son livre de Devination, recite que la Royne ifecu.ha… veit un songe en son repos, par lequel il luy sem. bla. quelle enfantoit une torche alumee. ID.,. ib., I, 20. — Je ne vueil ensuivre sinon la pure verité antique, et tordre historiai de Dietys de Crete, et de plusieurs autres acteurs tres.sulrisans. ID., ib., II, 5.— Je marreste plustost ausdits deux acteurs tressuffisans Dictys et Virgile, lesquelz joints en- semble siont à preferer à un tout seul. Ie., ib, „ I I„ 22. — Et pour ce prouver mettoit en avant plu- sieurs acteurs renommez et autorisez, si comme Dante, Petrarque, Bocace. COnearde Cle3 deux Langages, Prologue. — Par très-grant peine et grant labeur On vient au dessus d’ung affaire. •Virgille le dict; c’est Tang lion acteur, Et pour ce nous le tamil tous croyre. Aue. Poés. franç., XI, 130. Demandeur (en justice]. — Que lacteur par soy ou par son procureur fa_ce prompLenent et sur le champ sti demande a. la premiere assignation moienna.nt que fa partie adverse se trouve la pour responclre. ÇA L lifrIN5Ordonnances (X, ire part., 135). Actif. Dettes actives. Celles pour lesquelles on est créancier. — [Le roi] leur code encores les biens meubles et dettes actives du defunct. EL PASO.] r E R, Lettres, III, 9. — Le Senat crai- gnoit les registres et enseignemens publiques, qui decouvroient les biens d’un chacun, et les debtes actives et passives. J. Bo D Republique, VI, L Lettre missive active.— Tout se peult reduire en deux manieres de lettres missives : les unes mis- sives actives, les autres miss.ives responsives. FABRI, An de Rhetorique, 1, 197. Chants actifs. — Les chants sont ou moraux, ou actifz, ou raviss ans. Moraux, qui imitent les meurs et affections, et appartiennent à la disci- pline. Actifz, au repos et plaisir à. fin de recreer Pesprit, et reposer le corps pour retourner plus vigoureux au travail. Lors LE Ro Ti trad. des Po- litiques d’AlusToTe, VIII, 7, Commentaire. Action. Droit que Von peut faire valoir. — Les Venitiens firent venir le Due René de LOT- naine.., avec grands promesses cestasavoir de le mettre en possession. du Royaume de Naples, au- quel il discit avoir action, à cause de la maison d’Anjou, LEMAIRE IDE BELGES, Legende des Veng- tiens, 3 (III, 3S’). Droit de faire condamner pour un crime. — Plusieurs tiennent que._ les loix nous redeman- dent compte de nous, pour leur interest, et ont action d’homicide contre nous. MONTAIGNE> II, 3 (II, 27). Plaidoyer, discours — Si quelqu’un a une cause à deduire, il s’en ira demander qu’on luy forrne son action, Tfon luy donne couleur, afin de declarer tant mieux son droict. CALVINe Serin. Sur l’Epistre à Tite (LIV, 539). — Comme je vins au Palais, le plus estimé esteit feu M. de Pibrac lors advocat du Roy.„ Toutesfois les deux actions in-iprimees que nous avons de me diminuroient de l’opinion que j’ay de son merite. Du VAIR, Eloquenee française, p. lm. — Qui pourvoit supporter en de grandes et celebres actions des esprits si dissoluz et incurieux, qui, pendant qu’il s’agist des biens, de l’honneur et de la vie des hommes, s’amusassent à esplucher des parolles… ? ID., ib., p. 166. — Ceste singulière pieté, qui vous a asserablez à ce service etpompe funebre, me donne esperance de vous avoir aussi doux et tavora_bles auditeurs de ceste mienne ac- tion que vous estes affectionnez et charitables à la memoire de celle que nous devons presenteinent louer. ID., Or. fun. delaa Rogne Escosse (Ac- dore et Traictez oratoires, p. 2). — Quel chant de triomphe est plus glorieux que ce doux murmure qu’on oit se le-ver en ce barreau en l’applaudisse- rnent dune grande et genereuse action ? ID., Ouvert. du Pari. de la St Remy, 1602. — Si Dieu me donnoit autant d’esprit pour discourir et force a bien dire que j’en desirerois maintenant, pour le service de ceste action publique que nous celebrons pour honnorer la rnemoire du grand Phi- lippe Emmanuel de Lorraine duc de Mercœur… je ne pourroispas pourtant ni ne devr j ois vous repre- senter… la justice du regret que nous avons pour son trespas. St FRANÇOIS DE ALES, Serin. auto gr., 59 (VII, 400). — (Dans cette phrase, le mot a cer- tainement un sens plus large, et désigne non seu- lement l’action oratoire, l’oraison funèbre, inai aussi l’ensemble de la cérémonie.) Meure en anion. Attaquer en justice, mettre en accusation. — L’Evesque… demanda qu’en con-P sideration du bon jour prochain, il fe lais.sast aller : et que la restépassée, s’il le mettoit en. ac- tion, il luy respondroit. FAUCHET, Antiquitez, IV, Action. Attitude, contenance, gestes. — Ceux qui les peignent [des prisonniers.] mourans, et qui repre1entent cette action quand on les as- somme, ils peignent le prisonnier, crachant au visage de ceux qui le tuent, et leur faisant la moue. MoNTA[GNE„ I„ 30 (I, 268). — Quand on monte en un theatre, il faut ssestu.dier d’avoir bon pie voix, bonne action… et bien jouer son person- nage. FRANçors D’Am BOISE Di al. et Devis des Da : moiselles., I (21-22). — Enfin J’un deux, qui ven son action Trop desplorable, en eut compassion, Prend son pourpoint, dessus le dos luy jette. Var. hist. et Mi., VIII, 89. — Sa face pleine de Ma- jesté, son port et son action le feroient assez re- connoistre peur Roy, en’quelque solitude qu’on le trouvast. Du VAIR, Harangue au Pari. de Bor- deaux en 1n2o, Actional. Agissa.nt. — Puis que tu dis que la chaleur de la marne, des fumiers et de la chaux n’est pas la cause actionale des vegeta Lions serni- nales, donne-Trio y donc à entendre par quelle vertu la marne pourroit actionner ces terres infer- tilles. PALISSY, Disc. admir., de la marne (p. 332). Activetô. Activité. —— Au visage de De.mos- Eir..nes ou lisoit tousjours une activeté, un cha- grin resveur et pensif qui ne le laissoit jamais. AMYOT, Compar, de Cicéron avec Démosthène, — 11 avoit une activeté tris vehemente, un coing pressant et diligence continuelle aux affaires. Io., Démétrius, 2. — L’activeté du Roy de Navarre Pestonne. MorirAiGNE, III, 10 (IV, 135q. — Il n’est rien qu’on doive tant recommander à la jeunesse, que l’activeté et la vigilance. ID., I II, i a 17252).. — Son activité et puissance à plaire ou deplaire, contenter ou mescontcnter. CF1A R R 0 r, Discours chretiens, II, X1V„ 10. — Je me prometz que vous m’aymeres au travers de toutes les dis- tances du monde, lequel n.’est pas assez grand pour borner Pactiveté de rostre amitié. St FRAN- çois DE SALESe Lettres, 161. — Leur amo, pour appliquer sa vertu et activeté plus entierenient et attentivement a. ce divin object, la retire et ra- masse de toutés ses autres facultés, pour la con- tourner de ce costé la. In., Amour de Dieu, I, 10. — N’est ce pas une forcenee impieté de penser q-u.e, tu ayes donné la sainte, efficace et vive acti- veté à l’inspiration divine, parce que tu ne la luy as pas ostee par ta resistence ? ID.§ ib., 1V> 6,. Actuel. Effectif, réel. — Mais pra_ndre Amour, qui est spirituel, Pour ung travail visible et actuel, Que contenter lori peuh d’argent ou d’or, Il ne se doibt. IIAaui. DE NAV., Gera. Pois.} Distinction du teray AMOUr (p. 304). — C’est bien raison qu’un cliacu.n de nous soit prest, non seulement à vendre mais à perdre ce qu’il a, pour l’honneur de Dieu… Mais nous voyons bien que la vendition actuelle n’est pas requise de tous ceux que rostre Seigneur instruit à perfection chrestienne. CALVIN, Contre les Libertins, 21 (VII, 217). — C’est que nous vivions aujourd’huy en toute humanité avec nos prochains, ayans tous meurtres et tous outrages en horreur et non seulement les meurtres ac- tuels, mais aussi la haine qui condamne pour meurtre devant Dieu.. ID, , Sem. sur le Deuter., 19 (XXVII, 289), — Il advint du temps de sainet Gregoire, que les gouverneurs des biens Eccle- siastiques se mirent par force en possession ac- tuelle de quelques biens qui appartenoyent à l’Eglise, mettant l’armoirie en signe de vendica- tion, à la coustume des Princes. ID., Ltistit., IV, x1, 111. — La divine nature… est doncq necessaire- ment actu_ellement infinie ; car il n’y a rien entre la puissance et Ileftect : ny entre l’infinité par puissance et l’infinité actuelle. MoNTADGNE, trad. de HAYmoND SEBoN, ch. 6. — Ce que j’en parle n’est pas contre les Philosophes actuels et dignes de ce nom. Mais je parle contre ceux qui meriteat plus d’entre appeliez antiphilosophes que Philo- sophes. PALISSY Dise. admir., d-es Metaux (p. 209).

Actif, efficace. — De prier Dieu me fa_ult es tre actuel, Et. vous aussi, faisant le continu, à celle fin que mon corps soustenu Soit d’ung tel bien qui est spirituel. Rh DE. COLLE RY El Rondeaux, 57. — Non seulement il voit., mais aussi ordonne ce qu’il veut astre fait… La providence de Dieu est actuelle, comme l’on dU.CALvira, Tr.stit., 1, xvi, 4. • — Sa blanche charitable et delicate main Me par- fuma le chef et la. barbe de pouldre, Pouldre, l’honneur de Cypre. actuelle à resouldre L’ulcere qui s’encharne air plus creux de mon sein. Depuis telle fa-veur j’ay sen mon cœur sain, Ma playe se reprendre, et mon mal se dissouldre. RONSA RD, Sonnets pour Helene, I, J’IL Cauiere actuel. Cautère qui agit immédiatement — A telle n’y fa.ut ancunement toucher par ins- trument., ny par cautere actuel, ny potentiel. AMBR. PAR11 Vil 7. — 11 n’applique le fer, ou le cau-tere actuel ou potentiel à la gare renie de son Arne.. LE LOYER, IliSt. d-CS SpeareS„ \FIT, 1. — Ce moien est 1.In cautere actuel qu’il vous saut ap- pliquer an muscle respandant à cent endroit… et aussi test vostre douleur cessera.. BEROALDE VERVILLE Foyage des Princes foriunez, p. 166.

Actuellement. Effectivemiunt, réellement. — Si on vouloit dire à. un rnaistre es arts Je jour de ses determinances, qu’il eut des oreilles d’asiie actuellement et qu’il n’eut pas la sagesse de Salo- mon potentialement, Pr AH U REAU, 2e Dile. du Deinocritic, p. 160-161. — Et ne faut pas que ce- luy qui se contient de paillarde]. actuellement sc’ Datte comme s’il n’estoil poini coulpable d’im- pudicité, si son cœur hrusle de mauvaise concu- piscence. CALVIN, Insiit„ I I, viii, 43. — Sairrct Angustin„. note pruclornment que quand la pa- tience est conjointe aveu sa puissance et vertu, que non seulement il permet, mais qu’il gouverne ac- luellement. Io., ib., III, xxiii, 1. Comme le Ma- gistrat, en puniseafit les mauvais zi(.1 i".]’fluent, doit. p— urger l’Eglise des scandales, ainsi lu ministre de la Parolle doit de son ceste aider au Niagistrat„ à ce qu’il n’y ait pas tant de malfaiteurs. ID., ib., IV, 3. — I1 suffit. bien que Uri Roy employe quelquefois son loisir à ou ir cha.nter les chantres.,. Mais qui actuellement exerce quelque art basse et vile, il produit en tesmoigna.ge contre soymesme le labeur qu’il a employé en choses Inutiles. .\ YOT, Périelée, 1-2. — C’est bien plus d’estre par uffect et actuellement infiny, que par cogita- tion seulement— IVIorirridau ir, trad. de RAYMOND SELON, Chi 64. — ri Lote dit, que potentielle- ment ils [les corps] se divisent cri infiny, mais ac- tuellement, nen. Anlyorr, Opinions des Philoso- ph-es, 1, 16. — En iceluy a… infinis pourtraits de consultations et imaginations, que celuy qui jour et. an entier n’y a esté actuellement et de fait n’y peut rien comprendre,. Diu FArt, Contes (Mettra ()el, 30. — Il depesche vers le Pape Zacharie un Ambassadeur pour luy bailler sou advis, auquel des deux devon appartenir la Couronne, ou à celuy qui n’estoit Roy que par contenance, ou l’autre qui sans porter le nom l’estoit actuelle- ment. PAsQuiER„ Rechcrehee, III, 10. — Si Dieu n’eust point creé l’homme, il eust esté vraye- ruent tont bon, mais il n’eust point. esté actuelle- ment misericordieux, d’autant que la misericorde ne s’exerce qu’envers les miserables. St FaAxçois DE SALES, Entretiens spirituels, 2 (VI, 20). — Pour s’y mettre [en la présence de Dieu], il faut revo- quer son arise de tout autre objet et la rendre at- tentive t cette presence actuellement. I } Leures, 938.

Actus, — Le poing armé je sou tiens mon rnoyen Et mon actus afable a I’Afligé. Moral troys personnagee, dans le Théâtre mystique, p. 228..

Acueil, Acueillirl Acuillir, v. Accueil, Ac-

Aculer, v. Acerdere

Aculler. Aiguillonner. — Au point perfis que spondille et museulle, Sens vernacule„ cartilage, auricule D’Isis nulle Dyana creptiscule. A ne. Poés. /pane, XIII, 387.

Acut. Aigu. — A c.ha.cun angle estait crie un tourrion à quatre angles acutz. RABELAis, Seiomachie (III, 397). — En… figure… telle qu’est un angle acut. ID., Pantagr, IV, 33. — L’harmonie se fait de tons et. accons bien differens, grave, acut, haut, gresle„ LE Lo ï E RI Hie. es Spectres, — Faisoll bon ouïr le chant des femmes meslé à celuy des hommes, faisant une Symphonie har- monieuse du grave avec Pacut. ID., ib, VIII., 3. — L’Aine composee du grave et du rnateriel cornme l’eau et la terre, et. de l’acut etspirituel, comme le feu et l’air. Ib., ib., V, 2.

Adagial, — Sen.tence. Grave, judiciaire… ada.— giale, M. D L LA PORTE, Epithetes.

Adaleur. ildeocasseau. Turhulent., , effronté, adaieur, I. harceleur, M. DE LA PoRTE, Ep iiketes. Plaidereau. Chicaneur… adaieur, I. harceleur. In., ib.

Adam (morceau d’). — La teste et extrernité do la Trachée artere, qu’on appelle vulgairement le morceau. d’Adam.. PARÉ, IV, 15.

Adamant, Adarnas, Diamant, — Je messaie- ray de dire deux motz de ceste belle vertu Ani- mo.. ;, ité bonne, et de la gemme nommee Adamas. AtnE Dr, BK Le : Es, rr Cilotéricrene Margaritique 71). — Ta vertu estinceiIée Comme le riche Adamant, Qui de sa force cellee Fraude l’honneur e PErnant. LE CARON, Poesies, 47 v°.

Adamantin. De diamant, de la nature du dia- mant. — De ces gemmes Adamantines les meil- leures viennent d’Inde, et ont aucune convenance avecques le crystal, à cause quelles ont plusieurs costez et faces. LE/11 ACRE DE BELGES, la Couronne Margaritique (IV, 75). — Et. de Diaspm en la co- lonne eSpesse, De forte °haine et dans Lettres infuse Et du Marrein Topace. Adamantine, Que mainte Dame usoit, mais plus ne s’use, Lia Amour. VAsourci Pliii, inuL, trad. de PÉTRARQUE, L. IV, Triomphe de Chauteté. — Depuis, Ô Dieu, de d’aine adamantine Ayant lié’ceste belle ma- chine [le monde]. BAÏP, PŒnieS5 L., II (II, 78). — Si le pore des Dieux, quand il lit le partage Des estats establis en son grand heritage, Engrava des trais sœurs [les Parques] l’avant chanté destin Irrevocablement en œuvre adamantin. IB., ib. (li, 120). — De roembre : O., de bras cloué sur une roche A doux adamantins, repaistre le bec croche D’un aigle puisses-tu. ID., In 123-1M).

(Fig.). Extrèmernent dur. — Co.mhien que ta parfonde eloquenee soit de telle efficace, quelle pourroit tirer en sa sentence mesmes un cœur adamantin. Lemaire de Beloes, 11.1usir., I, 25. — Vous avez bien les cœurs adamantins De soustenir ces boucs, puants mastins, Luteriens et doctes en paincture, Faulx monnoyeurs de la Saincte Escripture. BOURDIGNÉ, _Pierre Faifete, Epistre. — Ma fervente amitié et mes sanglots mortels Ne sçauroyent ils ileschir ta ferrée poitrine ? Ne sçau- royent-ils tourner ton ame adamantine ? RIVAII- DEAU, Complainies, 3 182). — Perlinarité. Aheurtee, dure, adamantine, M. DE LA PORTEb Epithetes. Adatnas, v.. Adarnani. Adatter. Adapter. — De dire que ce proverbe eust lieu à l’endroict de M. d’Imbercourt… ce se- roit mal parler et l’adatter très faucement à luy. BILANTÛNIE, Cap. franç., M. dilmbercourt (II, 404). Addenter, v, Adenier. Additamens rnammillaires. — [Quaresrne- prenant avoit] les additamens ma.mmillaires, comme un badin. RA B AIS IV„ — Icelle [luxation de la mandibule] se fait en la partie ante- rieure, et peu souvent en la posterieure, a cause des deux a.dditamens ma, mmillaires, qui rengar- dent estre reculée eu arriere. AmBit… PARÉ ! 8, Addonner, v. Adonner. Addressa.ge. Sentier direct, plus court que la route. — Au vola t de trois lins, à une addressage, il fallut.sauter un fossai. AuBEcNÉ, Fceeneste, "I\ 10% Addreseant, Addresse, Addresser, Addres- seur, v. les mêmes mots écrits avec adr-. Addubitation. — La troiziérne espece de simple demande est appellée Addubitation, la- quelle montre et exprime l’affection d’un homme perpiex et douteus. FOUQUELIN, ithetor. franç., 31. Adelantade. — Tandis que je condui par les deserts du Monde Du. Pilote premier /a famille feconde, Que je vay descouvrant et par terre et par eau, Adelantade heureux, maint Royaume nouveau. Du BA aT AS, 2e Semaine, 2° Jour, les Co- lonies. — Note de S. G. S. sur ce passage. : Ad-e- laniade. C’est un mot espagnol et un nom de di- gnité, appartenant proprement aux capitaines qui courent la mer pour faire nouvelles conques- tes. Ce tiare d’honneur se baille à, celuy qui pre-. mier a descouvert subjugué un nouveau pays, suivant Pinierpretation du mot, q-u.i vient de la preposition Attelante, qui signifie deva.nt et outre : et du verbe Adelantarse, je marche devant. Le poéte dit qu’il sera un heureux capitaine, puis qu’en ces discou.rs cornrne dans un vaisseau il va.. descouvrir tous les pays du monde. » Le mot se trouve dans Brantôme (ordres don- nés par Philippe II pour ses funérailles). — Que le guidon de l’archevesque marche devant, puis la croix, les moines et "le clemé ; amprès l’adelantado vestu en deuil, avec restandard royal traina_nt en terre. Cap. estr., Philippe IL Adeloisir, v. Deloisie. Adental, v. Med. Aderie. Glande. — Lu.y coupant entierement les vertes jugulaires, et arteres spagitides du coi, aveeques gu.arguareon, jusques es deux adeues. RABELms, I, — EQuaresuieprenant avoit] adenes comme une serpe. ID., IV, 30. — Nerfs, cartillages, adenes, mendie. I b.7 VI, O. dans, à dent, v. Dem. Adenter, Adenté. Renversé, la face contre terre. — Et sans une vigne entorce Qui la rorce /IL soustraite de mes pas, Et mi’a. fait prendre be daine Sus la plaine Adenté tout plat à bas. RoN- sARD, Poen-tes, L. Ili Voyage d’Hercueil (V, 219).— Menu dessus la place L’u.n dessus l’a.utre a.den-tin tomberont ID„ Franciade, (III, 151). S’adenter. Se coucher le visa_ge en bas, vers te. sol. — Affin d’el, Titer ! a ehalleur, Je vueil trouver fa_çon, maniere M’adenter su.r ceste riviere beoire de l’eaue en ma main. GRINcoRE, &dna Loys, L. IX (II, 295). — Il estoit Adenté, ofi de Pea_u buvait. ID., ib. (II, 296). — Voyant qu’il es- toit seul en altenda.nt sa. cher° Ma..gdelis, il s’adeuta dessus l’herbe… pIora..nt à grosses larmes.. N. DE ISIONISEUX.5 tee Livre des Bergeries de Ju- liette, Journ. 1 (4 — La miserable amante s’adentant su.r son lict, de peur que ses cris fussent entendus. ID., ib., Jw.un.. 5 (269 vo). Adenier. Fra.pper d’un coup de dent. — Le pe- tit chien d’amour tant bonne et pure, Digue d’avoir apres mort sepulture, Avecq’la chienne d’Atalanta, Que le Sa.nglier trop crue" adeuta. Cu. FONTAINE, la Fontaine d’Amour, Eleg. 9, Adenter est signalé colnme vieux mot par Henri Estienne Ainsi est il de. cast autre passage de Virgile, terrain ore momordit car un Romman, par le moyen du n-tot addenger, a bien &Gel ! expri- mer cela, a-vee. aussi bonne grau., pour le moins, quand il parle d’un auquel on donna si grand coup SliF son heaume qu’on Paddenta sur son arçon. Car ceci est dit d’un qui estoit à cheval Precel-lence, p, 185, Ailes. Maintenant. — — Elle respondit avoit veu tous les plus grans fleuves de Chres- fienté, tant en France, Espaigne, Savoye, Ita.lie et ades en Allemaigue. LEIIIIAIRE D F. BELGES„ Illustr., III. 1, Toujours. Adés chose nouvelle plaist. Ane. Poés. franç., 207. A desloisir, v. Adestre, Adestrer, Adeztre, Adextrer. Adestrir. Rendre. adroit. — n’y a luteur qui aye tant besoing d’exercer et adestrir son corps, que les Roys leur entendement. Loys LE nOY", trad. des EnseignemrnÉs d’IsocnA_TE, 15, 16, S’adestrir. Se rendre adroit. — Ayant perdu. la main droicte à la bataille, il [Sergius] s’adestrit si bien de la gauche, et avec une main de fer qu’il s.’estoit fait faire au lieu de la. perdue, qu’un jour il dalla quatre hommes en champ de bataille, l’un a.pres l’autre, et les vainquit. Gnug_ ; ETI leç.., III, 30 {dans G.). — commencerent à s’ades- trir aux choses plus convenables à leur repos, comme à ba.stir, fe.rmer les villes de murailles. LE CAB.oN, Dialogues, I, 1 (9). Adeuler, Adouler. Affliger. — Quelle dou- leur, quelle dure triFite.sse Adouiera les dames de la Grece, Quand se verront avoir perdu l’espoir De respouser, voyres de le revoir. Or. BEREA Ra-/..pissenzient yilas (146-147). S’adeuler. S’affliger. — Mes chiens… Accou- rurent vers rnoy tremblant et pantelant, Criant d’une voix foible., et. comme s’adeulant. R.. GArt- E R ? Hippolyte, 184. — Contente au moins mes OS de quelque peu d’honneur ; EL, pour moi t’a.- deulan t, vien.s quelquefois espandre Le pleur d’un vain re.gret dessus ma froide cendre. P. DE BR.Acu, Hymne de Bourdeaux, v. 1085. — La.s ! je transis d’horreur, je forcerie, j’affole, Ge triste souvenir ni’a, Trest.e la parole ! — Ne vous adeulez point, re- prenez vüs esprits. R. GARNIER, leS ihfribieS* v.’721, Aciculé. Affligé. — Mais les passans la voyant [Venus] a.deutiee Dirent alnsy : L’Amour que tu demandes Gylon Pa pris, et t’en a » Co- LIN ButuER, Poesies, 68. — Venés ecbevelées Sans aucune couronne, et, toutes a.deulées, Cou- vrés-vous d’un drap noir. TAI-11L1 REAL’, Poesies, II5 218.— Au poinct du jour vois y Un Passant a ma porte adeulé de soucy, Qui de la triste mort m’an- nonça la nouvelle. Ro NSARD, Sut la Mort de Marie (I. 210). — Nous est-il rien resté qu’un esprit ge- missant, Qu’un esprit adeulé dans un corps lan- guissant ? R. GAnNiFin, Juif’es, v. 470. — La petite Bergere en pleurs se consommoit, Et pour u.ne aignelette adeulee formoit De si tristes re- grets. Du MAs, Lydie, p. 7. — La renommée de. telle esmotion court viste aux Enfers, et estant fort adeulée se pieint aux oreilles de Lucifer, Trad, de FOLENGO, Merlin Coccaie, L. XIX (II, 154), Triste (en parlant des choses). — Funerailles. Tristes, pleureuses, adeullees. M DE LA PORTE, EpitheleSi 185 v°. — Je ne sça_uroi chanter en un temps desplorable> Ains, au lieu de chanter, je voudroi seulement Souks un vers adeulé déplorer tristement Le malheur de la France en son mal incurable. P. DE BRACHI Poemes et Meslanges, L. Ill, S. 21. — J’os-Leray ces habits adeullez de tristesse. P. MATTIIiEu, Aman, In (p. 64). — Les Malles de Sylla du Tombeau qui les charge Sem- blerent se jetler par la campagne large, Et d’un chant adeulé et murmure incertain Presagioient les ma.ux qui vienclroient au Homain. LE LOYE ft, Hist, des Spectres, III, 16. Cf, Mue ille. Adeviner, Deviner. — Adevinez combien les vea.ulx Que la jument a cochonnez„ uantes oreilles et quans piedz Avoit une cha.scune este, Sotties, H. 186. — Comment cela ? — Or adevine. Ib., III 333. Adextré. Adroit, habile, — C’est une dame en faictz et dietz adeNtre, C’est une dame ayant la sorte d’estre Fort bien traictant un loyal amou- reux. MA ROT, Rondeaux, 42. — Un moine claus- trier nommé rrere Jean des Entommeures, jeune, planant_ bien à dextre.. HABELAIS1 1, 27. — Jamais celuy que les belles chansons Paissent ra- vy de l’accord de tes sons Ne se doit voir en es time pour estre Ou à l’escrime ou à la luitte adestre. RONSARD, Odes, 1, 22. —Quand un homme aura travaillé, qu’il aura eu bon esprit, et adextre, qu’il aura esté vigilant, qu’il aura suyvi les bons moyens.„ il semble bien qu’on iuy fait tort di dire pli’n’a rien fait, et que cela est un don gratuit de Dieu. CALVIN, Serm, sur le Douter, , 61 XXVI> 630). — Compains, que le plus adêtre Vienne voir par la fenètre. VAUQUELIN DE LA FRESNAYE, Fo- resteries, I, 7. — Tousjours la harquebuze, ou. la paume champestre, Ou l’escrime qui rend une jeunesse adextre Me retient en travail tout. le jour arresté. ItergsAnD, Amours de Marie (I, 152). — Qui, bons Dieux ! sloseroit promettre D’estre gaigner un prix a : dextre Tant que Paschal qui tient en main L’honneur du mieux disant Ro- main lMA_GNY, Odes, 1, 102. — Ir ta charge il tamil estre Riche> vertueux et adextre> Pour ser- vir dignement nu Roy. ln., ib., II, 199. — Cha- cune portant en sa dextre L’instrument dont elle est adextre. R. BlibLLEAU5 Amours des pierres pré- cieuses, 1’Agate. — Aux jours (estez la jeunesse champestre Passe le tans à mille jeux adestre. RAÏF, Poemes, L. I (II, tif). — C’est beaucoup la vertu cognoistre. C’est bien plus de se faire adestre A I’executer quand an l’ha. IDui Mimes, L, I I (V, 1O5). — Tout cela rend la personne plus robuste et adextre. LA NotlEiDisc pol. et mil., V, p. 152. — Loba… prist avec lu y un sien compai- gnon d’armes… tort adextre et prompt à charger son harquebuz et à tirer un’arquebusade. BRAN- TômE, Rodomontades espaignolles (VII, 25). — Le roy et toute sa court. en furent en très-grande ad- miration et estannement, pour veoir une telle beauté si adextre à cheval. ID., des Dames, part. I, Diane de France (V111, 142). Le mot adextre peut aussi exprimer certaines idées voisines, se rattachant d’une façon large à celle de l’adaptation à —une fin, de la conformité à un type parfait. Il s’applique par exemple à un cheval bien dressé. — Le valet est monté sur un cheval adestre, Et bien souvent à pié marche le pauvre maistre. BELLEAU, Disc. d-e la Vanité, 10. — Il indique la grâce et l’élégance du maintien., de la tournure : En vous y a quelque grace qui tire Les tueurs à soy. Mais laquelle peult ce estre ? Seroit ce point vostre port tant adextre ? MAROT, EiegieS, 9. — il s’applique encore à la toutepuis- sa ne qui ne fre’amais en vain : De l’ter- nel la main adexapptre S’est eslevée à ceste foys Dieu a fait vertu par sa dextre. 1D, 5 Ps, de Daçéid, 45, Mal adextre. Maladroit. — Parqua tonna, et de tout son pouvoir Darda la foudre avecques le bras dextre Sur le nouveau charretier mal adextre. MAROT, tract. du L. 11 de la Meta.m. J’estois aveugle, Amour, mal appris, mal adestre. BEL- LEAU, Bergerie, 2e.1 ourn.„ Baisers. — Par art se faut garder des arts mechants Pour ce ne suy, lourdaut et mal adêtre, Ces metiers là qui font pendre leur maitre. VAUQUELID.1 DE LA FRESNAYE„ Sat, franç., L. III, à J. A. de Baïf. Adextrement. Adroitement. — Avec force artillerie, de laquelle je eroy bien qu’ils ne se pou- voient a.dextrement ayder. Tu EVET Cosirlogt., — Usa fts d’arcs et flesches… desquels ils s’a dent fort adextrement. ID., ib., XXII, 7. — La thambriere lu y promet merveille. Souz ceste asseurance, 1 a mais tresse biaise sa pratique fort adextrement. CHOLIÈRES„ V Matinée (p. 163). Adextrer 1. Adextrer dei Marier à. — La fille attend que son pere l’adestre D’ung beau mary, gentilhomme et. adextre (littéralement : place à sa droite un mari). COLIN BUcHEik Poeke8, 219. Emre adextré de., Avoir à sa droite. — Ceste figure dernière est une grande roue maniee par Fortune. Sur le hault de laquelle siet maistre Re- [tard : adextré d’Orgueil et à senestre de dame Quille. FAUCHET, Langue et Poes+ /rafle., I I, 124. Adextrer 2. Exercer, rendre adroit, habile. Or avoient ilz en leur armee un grand nombre de paysans et de gens mecaniques… Iesquelz iiz adextroient aux armes. SEYSSEL, trad. d’APPIEN, Guerre inilhriclatique, 3. — Et ne se peult le OCR- til-horrirne tant desvoyer de ses bonnes entre- prises que cestuy : ains semble ceste chose estre bien souvent cause de l’adextrer et aguerrir. E, PAsQuIE Ri le Monophile, L. Il (11, 771)+ — On l’adextre à la danse, Au chanter, au parler. MA- Griy, Souspirs, S. 57. — Et bien que le ciel ne m’ayt. faict Le present d’un luth si parfaict Que celuy que Caries entonne, Et qu’il n’ayt adextré mes doigtz Comme au Pindare vandosmois, Qui rien que celeste ne sonne. ID., Ois, I, 14S. — Tu peus suivant ton nom d’un tel arc estre archer, Mais tu n’eus tel plaisir à si bien décocher, Comme à bien adextrer à tel arc la jeunesse. ! Ici- DELLEe Tombeaux, à l’Ombre de M. Simon P Ar- the’. — Ce char branlant premier soula.cieux esbat Est. soudain adextré au Martial combat. MAuRlIGE SCÈVE, Microcosme, L. 1 I, p. 49. — On les adex trait à manier les armes, piquer chevaux, et à tout honneste exercice. THEFET, Cosueogr., II, 2. — On leur fait apprendre dés l’aage de sept ans toute chose adextrant le corps à. legereté. ID., ib., XI, 16, — Et ne puis appreuver la raison de ceux qui client que par ce moyen. on a.dextre les jeunes esprits, par les choses plus difficiles, à concevoir aisément les plus faciles. TABOUROT DES _ACCORDS, Bigarrureg, L — Et l’avoient si bien adextré et exercé la course, qu’il n’y avoit loup qui le peust passer de Iitesse. LE Hist. des Spectres, II, 7. eaclextrer. S’exercer, se rendre adroit, habile. — Il est plus a_voisiné et proche de ses enn.emis ce qui le contraint de s’adextrer à. la guerre. TRE- VET, Cusrmogr., XX I, 17. — [Les Turcs] se sont si bien a.dextrez et apropriez à ces ha_rquehuz, que guiére.s plus ilz font d’estat des arcz et flesches. BRANTôME Cap. franÇ.I, PariSe (V, 227). — Il [M. d’Estrozzel ne faillit à sa_ visée, dont tous s’en estonnarent, et mesmes luy estant si grand sei- gneur, disoient-ilz, faire ainsi bravement et si as- surément la faction du soldat, et manier si dex- trement les armes du soldat et s’y adextrer si gen- timent _ ID" Couronnets françois (VI, 78), Adherence. Alliance, union, entente. — La comi-nun.auté politique des humains en temps de paix ne peult consister en valeur sans mon adherence (c’est Pallas qui parle), LEfiri_Ai RE DE BELGES, /Wear., I, 31. — Flelas, mon cher sei- gneur Paris… bien tba honny la mauvaise adhe- rence de la Grecque estra_ngere et bien te. rendit guerdon mal courtois la Deesse Venus quand elle tempescha delle. 1D., ib., if, 21. — Apelle Wavekit aucune intelligence, complicité ni a.dherence avec les rebelles et conjurateurs. VAUQUELIN DE LA Filk : SNAYE, De ne croire d ealemn.ie. Ceux qui sont unis’à qqn, — Certes ton roy et la sienne adberence Lon.t autrefois pour leur Royne Ler1U.e. LEMAJRE DE BELGES, Chans-one de Namur 300), Adherent. Pa_rtisa_n, Pompeius et ses adlrie- rens, craignons la vehemence de Caton… pen- serent qu’il ne falloit pas laisser venir Domitius jusques en la place. Amyca, Pompée, 52. — II commanda à tous ceulx du Senat qu’ilz s’en allas- sent apres denonceant à. ceulx qui demoure- royent qu’il tienclroit pour adherents de Cae- sar. ID., ili., 61. — Le Senat… decerna aussi des provinces et des honneurs convenables à Brutus et à ses adherens. ID" César, 6’2. — Durant iceux Estais, les Seize et leurs adherans, proditeurs de leur patrie, voyans que rien ne s’advançoit à leur devotion, ils commencerent à s’ennuyer. JEAN DE LA TAILLE Familiere Description. des 1-.0.7sta.te de la Ligue. Adherer (transi). Joindre, asseirthler. — Ses gens et serviteurs… ont fait pro-vision de quelques bribes, cervelats et jambons qu’ils ont joints el adherez à belles bouteilles. D ir FALL, COnieS d’Eu- iPapel, 25. S’aditcrer. S’a.ttacher. — Les autres vont apres la splendeur de la. fortune, et je m.adheroye seule- ment aux borines mœurs de ton personnage. LE- MAIRE : DE BELGES,. iiitet.r.* 115 — Homere… reeite encore autrement la mort dudit Hector, et plus à. lhonneur d’Achilles, mais je rn’adilere plus à mon acte.u.r Dictys. IDi, ib., II, 19. Dans l’exemple suivant, on peut voir soit cake- rer employé intransitivement, soit s’adherer, Pronom réliéelii étant supprimé à cause du verbe précédent, toujours avec le sens de s’attacher — Sa divine loy, en laquelle est rigoureusement de- rendu adultere„ commendé a.dherer unicque- ment à son mary, RABELms, III, 30. Adiee, ré, Qui s’est attaché, joint, — Il segregea ceuIx qui sembloient plus adherez et favorisez au pa.rty des Lacedemoniens. AwrioT, trad. de DIO- DORE* 25. — Une bande et compagnie de bonnetiers du. faubourg sainet. Marceau, joints et adherez’à. ces beaux Messieurs et gardeurs. de vi-gnes, nous ayans empoigne et priS SUI’le fait.. Du FAIL7 Contes d’Eutrapel, 25. Adherita.nee. Investiture— — Ceux qui pro- cede.nt ot s’engendrent du corps de l’Eglise, soit pa.r s.uccession ou par l’adhe.ritance des filtres, charges ou dignités. Pir, DE MAii-Nrx, Differ. de let Haig., I, 1, 4. — le /01.2r fit couster plus de cent mille hommes de cheval, qui en divers voiages y perdirent la vie, sans que ottcques il leur en voulut passer adherita_nce. ib.., 1, II* — Par aven- ture il aura escrit cesh. npistre avant que S. Pierre eut fait les devoirs d’adheritence à Rome, pour se mettre en possession du souverain ponti- tica_t, qui alors estoit entre les mains de Nero et des autres Empereurs. ID., ib., I, ni, 1. Adheriter. Mettre— en possession, — Ce est Won decent que pour la Marguerite, Flourette indite, à, Yesus doulcement On puist prier que la gloire inérite. Et que ès sainctz CieulY. Dieu son ame a_dherite. Anc. Poée. franç., XI, 97. Adherité. Transmis par héritage, — En vertu de la continuelle succession de ceste dignité adhe-ritée de pere en fils. PH. DE MA PLNIXe Pif fer, de la Belig, , 1, fi. Adhiber. Employer, — Les a.utres dient que avant que la derniere force fust adhibee, Victu- brius se rendit au consul, Preen. vol. des Dee. de 7’. Liçie Watts — De dispenser par un don sin- gulier A tenir biens en son particulier C’est une chose aliX prelatz prohibée, Si en ee n’est grand raison adhibée. J. BoLlEHETe Epistres. morales. du Trauerseur, I, 2. Adhorter. Exhorter. — C’est l’office des pres- tres d’admonnester et adhorter le peuple. J. LE Tho-ND, trad. de TH. MoRus, 1’Isle d’Er topic, L. II, 95 vo. — Tant d’aultres potentats, qui… nous adhortent à une reconciliation a.vecq nostre Prince naturel. Dans PH. MARNIX, Etrits ei hist., p. 98. Adiante.— Adiantuire… jamais ne retient hu- midité. RABElims, III, 50. — Sa peau… seroit comme l’herbe dicte Cheveu de Venus, laquelle. jamais n’est mouillee ne remaytie…, Pourta.nt est dicte Adiant0.5. ID., IV, 24. — Comme sont scolo pendre, capilli Veneris, adianthe, politricon, et autres telles especes d’herbes. PALISSY, Recepte Qeritable, p. 64. Adiaphoriste. (Nelin d’un parti reiigieux.)1 — Ils ont en divers lieux suyvy, les uns la dodrine de Luther, les autres de Calvin, les uns estans Servetistes, les autres Pomeranistes, les uns Ins- pirez, et autres Adiaphoristes, et la pluspart Ana- baptistes. TnÉv Eir, Cos nui gr., XV 1, la. — Les Adia.phoristes, les prophanes moequeurs, les tra- ficquours du droict de Dieu font montre de leur douoe vie. AuBIGNÉ1 Tragiques, aux Lecteurs. Ad idem. De même. — Le flatteur… va tous- jours apres ce que l’on veldt, s’accordant tous- jours, et disant tou.sjours ad idem. AMYOT, ("Lini- ment on pourra discerner le flatteur d’avec Vimy, 11. Adieu. N’oublier rien que dire adieu. S’en aller furtivement, s’enfuir.— Soyez certain qu’au pa.r- tir du dicrt lieu, N’oublia rien fors qu’à. me dire adieu..MARoT, Epistres, 29. — Selim voyant que tout mal bastoit pour luy avec ses forces, n’oublia rien que de dire Adieu, et. feit tant qu’il se sauva à la ville de Varne. TuEVET1 Cosmogr., XI, 4. Adieu Fouquet. Expression employée au sujet d’une personne qui s’en va, — A la ixiesnie heure que leur bulle est depeschée, adieu Focquet, lei voilà à cheval pour aller visiter leurs brebis et voir eu n’y a point. de laine à tondre, PR, DE : MA R- Prix, Difier. de la Relig., I, [r, 9. La même expression s’emploie au Sujet d’un dommage irréparable, mortel. — Monsieur de fer, respondit celuy de terre, vous m’excuserez s’il vous plaist je suis un pauvre compagnon qui IL’ay brebis ny mouton : mals je n’iray point avec vous, car il ne faut que ! un moins de rien, ou demie cholere pour ine casser, et puis, adieu Fouquet. Du Fm., Contes d’Eutrapel, 2. — Voicy survenir les compagnons oport.untment et à [a bonne heure, qui revindrent tout bien à point Car s’ils eussent tardé encore tarit peu soit… ils eussent trouvé leur providadour pendu comme une an- douille, et adieu Fouquet. fa., ib., 22. — Ce vene- rable, afin de ne bourd.er et estre recongneu pour estourdi et ignorant qu’il estoit, elist mis… quel- quo vehement diagrede et laxatif, etuis, puis, adieu Fouquet, ID" ib., 24. Adieussés. — Trouverons nous pas des mon- noys ? Ouy, ou y, d’assez bien adieu.ssés. Sotties, III, 281. Adimancher. Endimancher+ — il fit mettre les manches rouges aux quatre chambrieres, et adi- mancher les quatre Curez. AUBIGNÉ, Funeste, II, 14. Adirance. Action d’égarer. — L’enclos où sont les secrets et excellences est environné d’un bord de trois pas de large, plein de l’herbe d’adirance, gui fait tout oublier à ceux qui passent par dessus. _BEROAIDE DE VERV1LLE„ VOyage des Princes fortune ; p. 326. Adirant. Où l’on s’égare. — Carrefour. Croisé, douteux, adirant, forchu, trivial, de.svoyant. i. DE LA Po RTE„ Epithetes. Adiré. — Devant vos yeuix, adiré Je viendrai nuicteux. phantasme, Luc DE LA Po RTE, trad. d’Hon.AcE, Epodes, 5, Adirer. Ëgarer, enlever. — Sans mesure parlent souvent Et ne savent qu’ilz —veullent dire ; Leur pensée est comme le vent Qui choses legieres adire. GniraiORE, teS Folks Entreprises, I, 82. adira A mot’mesure l’arc et la trousse, Dont finement il me destrousse. BAÏF, Devis des Dieux, 5 (IV, f — Hier ayans adiré mes bagues et joyaux, le sire Artile… retrouva le tOUt. LARi- VEY, trad. des Facétieuses Nuisis de STRAPAROLE, VI, t. — Le saint Graal, qui estoit une fiole plaine d’u.rs. baume si mirifique apres lequel les Cheva- liers erraiïs couraient, comme petits gars qui au- roient adiré. leurs vaches. Du FAIL, Comtes d’Euirapel, S’adirer. S’égarer. — [Son pore] la voyant re- trouvée, fut saisi dune telle joye, que de plaisir les grosses larmes luy couloient des yeux, et… luy demanda comme elle s’estoit ainsi adirée. LAM- VEY, tract. des Facétieubsies Nieicts de STRA PA o E, XI, 2. Adiré. É’garé, qu’on a perdu de vue, qu’on ne sait où trouver (choses, animaux, gens). — S’il advenoi t. par quelque grand accident, que tous les livres de l’Escriture fussent. perdus ou a.dirés, seroit-elle pour cela moins Sanctuaire de Dieu, et escolle de verité ? CEARRONy les Trois Ve- ritez, Ill, 1, Adv. — [La parabole] du Pasteur re- couvrant sa brebis esgaree, la femme retrouvant sa bague acliree. ID., Discours chresdens, Redemp- tion, 10. — Maintenant en cherchant mon Bé- lier adiré, J’ay veu les deux Bergers dans l’Antre retiré. RONSARD, Ectopies et Mascarades, Eci. 1. Voicy venir Benin, qui seul avait erré Tout un jour à chercher son }relier adiré. ID" ib., Ecl. 4. — Je ne veux phis aller où ma Nymphe sejourne, J’y pers tousjours mon cœur &garé qui la suit, Comme un bouc adiré qui le soir ne retourne A Pestable, et d’amour s’esgare toute nuit. Io., ib. — Mais faites mon commandement, Quelque rai- son que "on vous di ; Ou que leur geay, ou que leur pie, Ou que leur poule est adiree, Ou leur guenon est échapee. BAÏF, le Drave, II, 1. — Comme en Hyreagne une lyonne csmeue, Quand, cependant qu’en questo elle se rue, Le saut pas- teur ses pais a tirez De leurs taniers, les trouvant adirez, Single en courroux ses flans, son dos, sa teste De sa grand queue et rugist et tempeste. 1D., Poemes, L. IV (II, 178).. — Le pauvre mary trouvant sa femme adirée, la chercha de tous cos- tez. MABG. I E NAllfr.1 Heptant., 6U. — Je le tennis plustost [mon fllsJ pour perdu qu’a.diré. LARIVEY, les Escaliers, IV, 2. Adj accuse. Ce qui est situé auprès. — La Sei- gnorie d’Athenes, qui estoit alors grande, opu- lente, et dominante sur la Grece et a_djacences icelle. BuDél _Mei,. du Prince, il. Adjacent. Qui est situé pris de, — Les autres esleurent leurs demeures en l’Asie, et. empie terent les regions adjacentes la mer Caspienne. LE LOYER, Hist. des Spectres, ]II,. 13. Adjecter (s’). Se jeter. — Quelque foys advint u’un exain De mouches, je ne scat’pas quelles, Se adjecta en quelque lieu plain De miel espandu. A UDENT, A pol. d’Esope, I, 71. — Tin gros cor- beau vint s’adjecter sus elle Qui par becquer sa playe renouvelle. In., ibe, I, 97, — Un cerf pressé des chiens et chi veneur’adjecta lors cuydant estre lieu seur En une estable. Ise, ib., I, 153. — C.omme un aigneau estoit sur une roche, Un aire vint sur son doz s’adjecter. ID., ib., I, 16&. — un poisson d’eau doulce advint Que ce jour inesme en plaine mer Par fortune adjecter se vint ib., 1, 206. — Ils… sladjettent au pire, et tombans d’un vice en autres s’adonnent à larcin ! et ne s’aMtiennent des biens d’autruy, Ji DE VtNTEntriAA., trad. de la Cyropédie, , 1 (p, 211), Adjection. Addition. — Le vassal maintient n’estre tenu de servir son Seigneur qu’à la del- fence du Fief doniinant et Suzerain : pour ceste cause se disant homme simplement, et sans ad- jeetion de condition. FAUCHET, Orig. des Digni- fez, I I, 6. — Soubs le nom general de Capitaines, avec adjection du mot de Marine. In., ib., 11, 9. (Au sens moral. — Je gay ta deliberation et resolution du feu translateur avoir esté do vous supplier en prendre. la tuition, protection, et saul- vegarde, par la faveur de Padjection de vostre nom et authorité. Epistre de JACQUES VERJus, dansCoTEREAu, trad.. do COLUMELLE.. Adjouner. Faire jeCiner. — Le flatteur. com- mandera qu’on apporte sur table quelque nou velle viande, non pas offenser son corps par le trop adjeuner. AMYOT, Corna on pourra dis- cerner le flatteur d’avec l’anry, 20. Adjoindre. Joindre. — Tou t-d u n e-rn a in ajoindra on au nouveau Espalier le bois neces- saire pour Ie. façonner. O. DE SERRES, l’héd ire cl’Agric, V i 20. adjoindre. Être près de. — Toute la caste es t assez l’aune, à cause des znontaignes qui s’ajoignent aux ondes de l’ûcean. gilluvvr, Cosfflop., XXII,. I. S’adloindre. S’ajouter. — Pour lesquelles in- commodités, pourtant, ne fa.ut laisser de se servir de ce bestail {les oies], tres-utile pour sa_ plume, pour sa ehair et pour sa graisse, revenus de ceste nourriture : où s’ajoignent les œufs pour la com- modité du rnesnage. O. DE SERRES Théâtre d’Agric., V, 5. S’adjoindre de. Joindre. à soi. — Ces Walons s’adjoignants de trouppes Aihanoises, De bie.n peu d’Allemagne et d’autres Ilila.noises, ACC012- rojent. comme au feu pensants tout renihrrerser. L’Ixion hespagnol, dans Tricote’, édit. de la At. Men., 273.

Adjour. Assignation, citation à cornparaitre, — Si me. fault il vivre jusqu’à mon jour, Où j’en-tendra.y Ie mortifere. adjour. FERRY JULYOT, gifles la belle fille, 4.

Adjournement. As.signa.tion, — Un grand sa.e plein d’informations, citations, chi- quan.eries, et a_djourneme.n.s. RAB ELAIS1 IVe 118. — Pour avoir satisfaction le list apeiler devant le juge par decret d’ajournement. Conepies• dte Monde ad- ventureeex, 5. — Comme La.phystius luy donnast assignation à certain jour, pour venir respeindre deva.nt le peuple à qu.elques cas, dont preten- doit le convaincre, ses citoyens… rte voulurent point que cest adjournement eust lieu. Timoléon, 37.— envoya adjourner Cle.opatra. comparoir en personne pa.r eic..vant pour res- pondre aux charges et imputations que lon pro- posoit alencontre d’elle… CeIuy qui fut envoyé… pour luy signifier cest Ajournement,..se doubta bien incontinent qu’Antonins se garderoit hien de faire aueun mal ne desplaisir à. une telle Dame, Ir), , _Antoine, 25. — Les hommes s’en- dorment et se flattent en leurs vices, quand ils n’ont pas cest adjournernent qui les sollicite pour se trouver deva.nt Dieu et son siege Serer. sur l’Epitre ari, x Galates, 13 (L, 4.29).— Le matin on n’entend que les coups de marteaux, le bruit des sies… les adjourneinents des sergents à comparoir deva.nt les Juges, AmYoT, Propos de table, III, 6.— Il les appelle en jugement : car ils ont bea_u dire, il faut aller quand il appelle ; n’y a point d’exoine à ses adjournernens. Du VAIR, Medit. sur Job, ch, 34. — J’aboliray toutes ces tnangeries de justice… il ne se parlera plus d’adjournements ni de saisies. Sat, Men., ilar. du sieur d-e Rieux (p. 170), — Ilz luy firent donner adjournement personnel pour cornparoistre ; Kalis l’empereur fit surseoir la cause. BRANTÔME ;. Rodomontades espaignolles 1501. — Un Ser- gent de Douai voulant prendre. un Ajournement hly pOrter. AunIGNÉ.„ Faeneste, 5. Dieu ne laisse pas de nous adinonnes- ter et nous donner beaucoup de remords : et ce sont autant d’a.djournemens par lesquels il nous raPPelle soy, quand nous SOMMOS comme esga- Fez. CÀLVINI Serin. sue le liv. de lob, 1.211 (XXXV 7.0}.

Adjourner (impersonnel). adjourne. Il fait jour. — [Le Souci] so vire et tourne Vers son Ami qu’il veut voir, Soit au matin, qu’il ajourne, Ou quand il est pres du soir. &riz de divers poirétes à la louenge Lotaze Labé, dans l’édit, Boy, I,.147. — D’une entre-suyvante fuyte il adjourne, et puys annuyte, EZLLAY, Complainte Desesperé. — Cette jalouse Fleur vers son soleil se tourne, Cornme rnoy vers le. mien a.ussy tost qu’il adjourne„ PASSERITI. Vers d’amour (le 29). — Dans cette signification adjourner était considéré


comme vieux : — Pour ce faire, te faudroit voir tous. ce, s vieux roma.ns et poetes françoys, ou tu trouveras un ajourner pour l’aire joue (que. les pra-ticiens se sont fait propre), anayter pour faire nely. Du BELLAY, , Def f enee Illustration 5 I 6. — Adjourner ha une signilica.tion du tout differente de. celle qu’il avoil, quand il s’opposoit à _rives- prer. H. ESTIENNE, Precellence, 200. — Nous usons du mot adjourner, quand nous Faisons ap- pelle !. un horntne en justice par ! a. semonce d’un Sergent., le Roman de Pepin en a usé pour cLird, - que le jour estoit venu : Qui n’estoit pas trop rnal propre : nous en avons perdu la nadveté, pour la tourner en chicanerie. E. PAsQuIEB, Rechereiii, s, Villi Adj(..F.t.grner (intratis., a.Tir-rec. un sujet). Luir.t., — En ce lieu noble et saint, propice et desirahle, Ja- mais ame ne vid la nuict, obscure et brune., eclipsa. la triste et froide Luno., Ainçois un luisant jour eterriel y adjourn.e. LE- MAIRE DE. BE..LGESe Concorde des. deux Langages, 2e part. (III, 131). — Je veu, je vous certiffie, Vesta de son habit royal, Cler comme l’estoille journal, Luysant comme le jour adjOUrne. GRIN- Sainet Loys, L. IX (II, 304.), — Coupés dong’a l’envi vous rendre Tandis que l’aube ajournera Sur l’herbe verdelette et tendre. BuT-TET, ler Livre des Vers, Ode 14. S’ajourner (impersonnel). Faire jour, — Vien, vien : asses as eselercy Ces champs heu- reux, ou a present sejourne Ton Orient, et en la_ Vffle icy Jamais, sans toy, à nie.s yeulx ne s’a- journe. MA, LTRICE SCÈVE !, pelles 265. • diounéer ftrans.). Appeler pour un jour fixé. — Comint. la Mort adjournoit un vieilla.rd Et. pre- tendoit le. navrer de son dard, Il Juy pria qu’en. ce val transitoirf., i. Elle voulsist te laisser vivre en- coire. IliuDENT, Apologz.ies d’Esope, II, 156. — Si une comette est apparue, et. que tantost a.pres prince meure, on dira qu’elle l’est venue adjour- ner, CAtivIN, Contre l’Astrologie iudiciaire (VII, 534), — Je vous prie escoutez Que faire il fa.ult de ces mots empruntez. Je vous adjourne à les venir reprendre, 1.1.1 plus d’un mois ne nous point faire attendre. H. ESTIENNEr Dial. dee lang.. franç. eial., Ejoistre de 111, — Un a.utre Parlement fut a.ussi publié pour estre tenu. en Ia. ville de Nirneghe, le premier jour de May : où seinblablement furent adjournez les Comtes pour s’y trouver.. FAUCHETI Aregiquitez.„ VIII, 5. — Il nie plan a_djourrier la. liesse et le ! jeu, Pour nous venir trouver en ce celebre lieu. P. IVIATTRIEIT, Vasthi„ 11 (p. 22).• Citer devant un juge} un tribunal. — II [Mene- laus] procura que ledit ()restes fust adjourné per- sonnellement en la cité d’Athenes par devant le grand conseil des Prestres el Philosophes nom- mez Areopagites. LEMAIRE DE BELGES> IIIUSir.s II, 22. — A ces motz prindrent. articles contre luy, luy de l’aultre costé les feist adjourner, Somme, proces fut retenti par la court. IIATIE- LArs, 1, — se advise, pour son plaisir, de faire adjourner son beau père, et de rami lui en- voya Un st-.L.Teent, Ce bonhomme, qui n’avoit ja.- mais eu, affaire en jugement et qui ne sçavoit que. c’estoit que d’ajournementz, fut le plus estonné du monde de se veoir adjourné. DES PÉRIESS, .111749u.v., Réer., — Quand les consciences sont inquiétées, en quelle,. fiance elles se pourront sous- tenir si elles sont appellées et adjournées au Juge- ment de Dieu. CALviN, Instit., XIV, p. 708. — Si estant adjournél il comparoit à l’assignation, et deffend sa cause par les meilleures excuses et raisons qu’il peut. ID., ib., ch. XVI, p. 770. — Ceux qui seront decedez… ressusciteront tous au son de la trompette : c’est à dire, par la voix de l’Archangequi les adjournera au jugement. In., Contre les Libertins, 2 (VII, 224), — Un huissier du parlement… l’estoit venu citer et a.djour- n.er pour personellernent corn paroistre. RABELAIS, Hi, 36. — Chiquanous le citera, l’adjournera. ID., IV, 12. — Le pere fit adjouriier le. mar- chand par devant le juge ordinaire de la ville., pour luy payer le reste de l’argent. Comptes— du Monde adiventureii, , z, 6. — Les gouverneurs et ma- gistrats l’a.voyent fait adjourner [Sphodrias] à comparoir en personne devant milx, pour luy faire son proces criminel. AMTOTe dtgésilas 24. — Comme un huissier… a.ppelast à haune voix Bru- tus, Padjournant a comparoir en personne devant les juges, tout le peuple assistant souspira mani- festement. ID., Briiius, f J’ay bonne espée et. bol] pistolet ; et n’y a Sergent. ni Prevost des Ma- reschaux qui m’esast adjourner. Sac. Men., Har. du sieur de Rieux (p, 164). — Il fait afljourner son oncle pa.rdevant l’Empereur Henry sep- tiesme, l’oncle ne compare : et par son juge- ment. declare la Couronne n’appartenir à H.obert, PASQUIER, Recherches, IV, 20. — Ullaman Bassa.voit esté adjourné de comparestre à la porte du Grand-Seigneur pour raison de plusieurs n.ccusations faictes contre Lay. BRA ri 71141 El Cap. estr., te prince de Melfe (II, 233). — Ali temps que l’affame a noz portes sejourne, Le malade se. plaint. i.tte voix nous acijourne Au throsne du grand A() BI G NÉ., les Tragiques, I (IV, 42), — arts astre adjourné, encore. moins ouy, on le fait condamner a avoir la teste tranchée, ID., Sa V ie à ses enfants (I, 105). Prendre à témoin. i— Je jure ce grand Dieu, et radjourne tesinoing… Quelconque part sera des Perses demander !, Te sera de bon cœur prompte- ment accordee. T IvArJrb EAU, AMIttn.„ bpi* 124). —

! J’ajourne le Seigneur, Tesmoin de tout cecy, qui.

jamais variable J’ay eu en tout ce temps la volonté semblable. ID.., Complaincte 2 (p. 161). journé. Triste, fatigué. — Le regardant, j’en fuz si ajonrnee, Que je me meurs taisant mon mal sçavoir. LE MAÇON, trad.. de BOCCACE, Decanze- ron., X, 7. — Quand seule gis de travail ajournée, Je pense à ce qu’avons dit la journee, ir FoNTAiNEI trad. des 21 Epistres d’OV/D.F.’„ 16. Adjourneur. Qui cite devant les juges. — Sergeant. Officier ou officieux, royal,.. adjourneur. M. DE LA PoRTF’.1 E pifhetes. Adj oustement. Action d’ajouter— — Ce vice de test adjoustement de e est beaucoup plus com mun à ceux du Dauphiné et de Languedoc. If. ESTIENNE, COreformité, L III, Advertisse- ment. — Quand vous aurez dict, le mestier de la guerre, vous pourrez ad jouxter, que fainieres mieux appeler art Or notez que tel ne fera pas semblant. de pmRter l’oreille à cest adjoutement, qui toutesfois y prendra garde de bien Ares, et le communiquera à d’autres. ID., Mal. du. Jans,. franç. ita.1, , I, 338. — Estant vraisemblable… qu’en disant cuor, cest u ait este adjousté nostre imitation : et encore plus, que l’acijouste- ternent de i en pied e soit à nostre exemple. ID.., Preeellenee, 307. — En recompensant ce que def- faut a leur beauté, par Padjoustentent de Pexterieur, F. BBET1N5 trad. do LUCIEN, d’une Maison, 7. Adjouster I. Ajuster. — Mors toit au matz„. adjoustoit la boussole. RABELA15, 23. Adjouster 2. Approcher, appliquer. — [Daphné] Là prend d’un coudre une branche, S’agenouille, et puis se panche Sa bouche acljous- tant sur Peau Et sa soif à mesure estanche Au clair coulant du russeau. BAÏFF PoeffieÊ L. I (ile 46). Adjousteur. Celui qui ajoute. — Item au fueil]et 58 a, l’adjousteur fait un conte d’un con- seiller et d’un mulet. TABotritoT DEs AccoRns, Bigarrures, Avalit.-Propos. Adjuger. Condamner.. — Ils sont du nombre de ces Pieux, en la synagogue desquels lo Sei- gneur s’est. trouvé en personne, et se trouve en- core journellement en ses membres pour esire adjuge’à la mort FIL n i III1ABDrlx, Diger. de la Relig., Additions. — Tu pourras, s’il te plaist, de- meuré irrité, M’adjuger à la mort sans mentor de Mafflue, MONTCHREST1EN, David, V, p. 232, (Pronom ;. aiuger. Dans les exemples ci-des- sous, le mot a le môme sens qu’aujourd’hui.) — Le sage ro y liebrieu, ne pouvant bien juger De deux fermes laquelle estait d’un enfant mère, Fit semblant de ›letiloir deux parties en faire, Pour après sa oitié à chaseune ajuger. Ane. Pués. franç., V, 37, — Je voudroy pour les bien juger A toutes la pomme ajuger. 13A..i.e, Devis des Dieux, 1 (1V, 151)). — voicy. Paris, si jugeant. Tu me vas la pomme ajugeant, En quelque guerre que tu ailles Viendra.s le plus fort des batailles. ID., ib. (1V 156). — Et cependant Paris estait desja Au mont auquel la pomme il ajugea A la plus belle. JEAN _DE LA TAILLE, la Marc de Paris Alexaredre ([I !, 168). Adjurement. Adjuration. — Lors eussiez ony le cry piteux De ce maudit Esprit damnable..+ ll fist signes innumerables, Oheyssant aux adjure- mens. Âne. Poés. franç., XII, 406. — Il fist plu- sieurs adjurem.ens Avant que l’Esprit fut chassé. Ib., XII, 408. Adjuteur ; Féminin Adjutereeisei Adju- trice, celle qui aide. — Qui esse qui nous pourroit nuyre, Puisque Dieu est nostre adjuLeur ? GRINGORE, &dna Los, L. Il Ur, 31). — Tu me seras sil te plaisi adjuteur A eschapper comme tu fis Mynos Le lieu qui matte et ma chair et mes os. iIcnEIi D’AmBoisE, Babilon., 22 1-11. — Le Seigneur est mon adjuteur… Le Seigneur est mon protecteur. CALVIN, irleStii., ch. VIII, p. 515. — Mais, voyant bien qu’il n’en seroit le maistre, Pria. ung homme affin qu’il luy pleust entre Son adjuteur à vaincre celluy Cerf. COHRO- zEr, Fables d’Esope, 77. — Par ceste mort, Arnye, il ra.ult congnoistre Que phis Dieu fait la tenta- tion croistre, Et plus il est du temple Padjuteur Qui par luy mei à, riens le vieilli. : temp Leur. MARG. DE. NAV., Dern, Puée., les Prisons de la reine de Na’. (p. 279), — Il [saint Paul] se com- plaint, que tous ceux qu’il devon avoir pour adju- teurs chorchoyent leur profit particulier, au lieu de l’honneur de Jesus Christ, et de l’a.dvance- ment de son Église. Instruction contre les Anabaptistes, VII, 171. — Lequel [Drusus]… se plaignoit souvent. dequoy, Juy vivant qui estoit 111z, son pere appelloit un autre adjuteur est l’em- pire. Trad. des Cinq premiers Live des il rma1e5 de TAcur., IV (p.. 135). — Mais quand on vient a par- ler d’heresie Fault jecter la toute sa fan ta.sie Pour l’expeller, priant le createur Que pour ce faire i ; nous soit adjuteur. J. BoucliET Epistres du Traverseur, 110. — Voyant en navoit nu ! Auteur centre les hommes, il sest armé de la force de sort bras. CALvIN, Lcures, 705. — Le Dieu du ciel et de la terre est nostre deffenseur. Ce qu’il s’est monstré nostre adjuteur ce n’est point. pour nous abandonner. Ill., Serra. sur le Ps. 124 (XXXI], &77). — Or voy dong quelle est ta foi- blesse, Po-vre Hom.rne, sans ton recteur, Et ta priere à luy adresse A fin qu’il te soit adjutour, DES AUTELS, Autre Dialogue moral, p+ 137. — Ayant. prié le grand dieu conservateur de son pais, de luy entre guide et acljuteur en ceste en- treprise. J. D $ VINT E MILLE y trad. de la Cyrropedie.„ VIII 1 (p. 318). — Car, puisque l’homme à l’homme est adjuteur, 11 luy est Dieu. Rimes de P. DE LAVAL, p. 30. — estoit leur acljuteur et bien-faicteur. F, BEETINe trad. de Lu ci E w Ti- mon, 5. — Un Propbete viendra des marelles d’Au.sonie Et le vray… adjuteur de co pays sera. ID., ib., Alexandre, 11. Adjutepesse_ — Je suis lernperiere des hommes et des Dieux.., fui suis appellee Juno., Quasi ju vans or es, Cestadire, adjuteresse de tous. LE-MAIRE DE BELGES, iliustr„ I, 3-1. — Maria, tu es adjuctrixe De ceux qui se adressent à toy. Anc. Pués. franç., IX, 192. — La Régente du bon pays d’Austriche, TrÈio fort propice a : u petit et au grant, Et de liaynault la réale tutrice, Vrave adjutric.e et auxiliatrice, Au povre, au riche es toit son corps sachant. Ib., XI, 95, — Celle qui fut tant bonne et gracieuse, Tant arnyable, honneste et specieuse… Des indigens adjutrice piteuse. MICHEL D’AMBOISE, EpitapheS5 137 ro. — Lutheriens tont voulu diffamer. Es- cripte tont nestre point adjutrice Des nau fragans, dont sont fort a blasnier. ID., Rondeaux, 14.9 ro. — Diane prerniere nee fui Lucirie et adjuirice à la naissance d’Apollo. PONTUS DE TYARD, trad. de l’Atrunrr de LE.o-ra 1-1F.D.piEu, Dial. II, p. 22’). Adintoire (adj.). Qui aide. Poursuyvant ta victoire De. vostre Roy, comme bras adjuLoire son honneur. J. BCI.UCUETi Epistres faind. du Traeerseur, 113, Os adjugoire. — Pres de reminence de l’os adju- toire. AMIBE. PARÉ., IV, 21. —A l’extremité d’en- haut desdites omoplates, lieras les os adjutoires, ausquels attacheras les focilies, et. par eonsequent la main. ID., IV, chap. complémentaire. (Subst.) Aide, secours, appui. —— La vigueur naturelle de ce noble corps,.. se voyant destitue° (IE ! tout adjutoire supericur et inferieur, cleffaillit en petit espace de temps. LEMAIRE DE 13ELCES, Couronne Margaritique (IV, 31). — Grace est un den du saint Esprit, dont la diffmition est telle Grace nest autre chose, sinon un commencement de gloire en nous, ou un Kijutoire duquel l’homme ha rnestier, pour obtenir beatitude. ID.., ib. (IV, S’a.). — Paris aussi composa un la y —plaisant et nouvellet, à maniere dan hymne, à. la louenge des Dieux et des eesses, en leur rendant graccs de leur adjutoire propice. 1D., Muer., I, 23, — Aux paroles vehemen tes du jeune Prince Deïphohus, le capitaine des gens de guerre et navires de Paris donna. grand Fultiment et adjutoiree, W., ib., II, 7. — Nous avons… de rostre part la forte main et hou adjutoire des Dieux immortels. ID., ib., II, 15. — Hélas, mon Dieu, mon adjutoire. Anc. Pnés. franç., X, 135. — La divine Sapience a la creation du monde dist qu’il n’estoit pas bon a l’homme d’estre seul ; pour ce luyfisc a.djutoire et ayde semblable a luy. P. DE CHANGY, Offiee du rnary, ch. 1. — Tant qu’a la fin par divin adj u- Loire Nous simples gens conduises en la gloire Qui est sans fin. JACQUES D’ANGLURE à J. Bouchet., dans les Epistres Mina.. du. Traverseur, 112. — Dieu la forma [la femme]. Pour l’homme, et puis elle qui sa forme a A l’homme fut baillée en adju- toire. J. Bouc I r T, Epistres tamil. du Traverseur, 122. — Pourveu qu’a Dieu on se vacille tirer Pour obtenir secours et adjutoire. ID., Episires morales du Traverseur, I x iv, Admeriter. Mériter. — Ce nous est grand feli- cité. D’estre levez si haultement, Sans que Payons admerité. Arec. Pigés. franç., X11, 201. — Affin qui vous plaise… avoir souvenance non arneritee de celuy qui est par debvoir et vouloir vostre tres humble tres obeissant subject et serviteur Gau- vain Candie. Li’Advi3emeiez a AUVIUN CANDJE3 Prologue, dans Lemaire de Belges, IV, 170. Admettre. Attribuer. —— Or, tous seigneurs de la France y esteient… Tant. que logis par tout on requeroiti.. Nul ne po-voit bien loger, sans grant mise. Donc la maison de Faifeu fut admise Et retenue à ung tresgros seigneur. BOURDIGNe Pierre Faifeu, 39. Admile. Le mot correspond, dans le texte la- tin, à inula, aimée. — Il nous dit qu’un Centile Av-oit subtilement enseigné la façon De confire en ce jus le marin herisson : Et lui de son cos Lé l’adroite et la roquette. HAHERTI trad. d’HoRAcE, Satires, II, 8 (Paraphrase. Adminicule. Appui. — Avecqu.es grande igno- minie de s’estre laissé succomber par chose si fra- gile que la femme, laquelle Dieu n’a creée que pour adjoinct et adminicule des hommes. E. PASQUJER, onophile., L. II (II, 171Y7. — Le glorieux chef d’œuvre de l’homme, c’est vivre à propos. Toutes autres choses : rognera thesauriser, hastir n’en sont qu’a_ppendicules et adminicules pour le plus. MoNTAiGNE, III, 13 {IV, 272). — Il n’y avoit point de plus grande preuve contre eux que les proeez de du Molli’avecques son frere, et revocation de donation à luy faicte… D’autre preuve de veue, et autres pareils adminicules n’y en avoit point. LE LOYER, Ilist. des Spectres, Adminiculler. Amoindrir.( ?). Aurora vient, qui la cicatricule Du diluculle, dyamet trie obstaculle Ernmatricule et la neigre maculle Ad- miniouil s, et fait cropir. fine. Poése franç., XIII, 387-388. Administrateur. Serviteur. — Elle soulage les sollicitudes du rnary, elle ministre et sert plus diligemment que charnbrierequelconque ou autre administrateur qui le falot pour loyer, mais la femme y va par seul amour. P. D E CH A N G Y, OffiCe mary, ch, 3. Celui qui donne. — Quiconque suent les admi- nistrateurs des Sacremens. Si FRANÇOIS DE SALE S, 1)e/.esse de la Croix, 111, 6. (Prononc,) — Leurs seigneurs, qui sont ami- nistrateurs de justice, n’i povoient vaquer à cause du trouble et empeschement de la guerre. Âne, Poés. frane., V, 92. Administration, Action de donner, ce qui donne,. — A un mesme sens reviennent aussi ces sentences : que la Loy est survenue, à fin d’aug- menter le peché et pourtant qu’elle est adminis- tration de rn.ort, laquelle produyt l’ire de Dieu, et nous meurtrit. C.A.LvIN, luit., ch, IIJ, p. 177. Administrer (intrans.). Servir. — Mille mi- tiers de serviteurs assistaient devant Dieu, et mille minons luy administroient. CALVIN, Serrez. sur le liç7. de Daniel, 1 XII, 59). — Toutes choses qu’il faisoit, l’Eternel les liaison prospérer entre ses mains. Joseph donc trouva grau devant son maistre, et il luy administroit. ID, , Bible fran- çoi, w, Genese, 39 (Livr, 61). (Tra, ns.) Fournir, donner. — Mes trescheres sieurs et arum es les belles Dryades… en contemplation de ta valeur, tont tousjours administré assez gibier et sauvagine, pour te deporter abon- damment en leur pourpris, MAIRE DE BELCES, I, 214. — La grand Deesse Pales, qui ad- ministre herbages et postures aux moutons et aux brebis. ID, , ib., 1„ 26. — Le noble Dieu Mer- cure.. bay administra audace de parl.r.r> ID., ib., I, 26. — Toutes lesquelles choses. predis (souz. la correction de toy mon pore Jupiter> et de. ta. haute providence, laquelle mha administré la no- tice des choses futures). IP., ib., I, 34 ! — Lherbe et ies fueillettes nou.s administrolent couche,… le tronc, des arbres rielLIS servait de chevet. ID., ib., 11, 13, — 0 Dieu des Dieux, [ne traictes tu ainsi Pour mon loyer d’admin.istrer icy L’herbe aux troupeaux, lels fruietz meurs et relcens Au genre humain, et à vous de l’enrens ? MA.E.0T, trad. du livre 11 de la Melarrwrphose. — —Nous debvons rendre a.ction de gra.ces à. Dieu, d’autant qu’il IIGUIS a. créés et mis en ce monde, d’autant qu’il nous y conserve, et nous administre toutes choses n.ecessaires pour y consister. CALviN, Instit., ch. XVII, p. 812_ — En chacune saison t-lp n.ee sont a.drninistrees de nature diverses viandes. Lovs LH Ro-Y, trad. des Politiques d’AmsToTE, I, 5, Commentaire. — L’Empereur leur demanda. quel loyer ils —voudroient avoir pour la monstre]. [la science], et ils respondirent qu’ils vouloient fors lieux convenablus’à ce faire.. et qu’on leur administrast gen Pl undans ingenieux pour la re- cevair. E. PASQU { &cherches, IN-, 3. —— Cet- Lui-là. lui administra vivres, chevaux et aunes par l’espace d’environ trois a.nl.3. HiSt, Univ, , , 5, (Prononc.).. — Nous vismes u.n des Essars, I1011s servit. de ces mots, Amoreester… Am in I. — trer— Quant à mon particulier, dés à présent je protest.17.t d’estre resoiu et. ferme en mon ancienne pronoriciation, d’Admonn.ester… Adminisirer. E. PASQUIE115 Lettres, Hl, Administreresse. Celle qui administrP. • — Tu me reduiras au manoir paternel et patrimoine hereditaire. A lin que tu moufles soyes partici- pant aux biens ; qui en sourdront, et seule admi- nistreresse. LEMAIRE DE BELGES 1, 25. Araigne ou A m gnee. Indus-trieuse… a.rtizarie„ adrnirabile. NI. DE— LA Po.H.TE, Epithetes. Admirable. ÉLonnant. — A son crise Iamen- ta.tion a_ccourui tout le voisinaige en expectation de venir quelque admirable et monstrueux enfan- tement.. ItABELArs, 24. — Ce que sus tout trouvasmes en cestuy Tarande admirable. est que… tout son poil’, die couleur prenoit quelle estait es thoses voisines. 1D., IV, 2. — Quand nous voions au haut du mont supreme Se remuer le pasteur Polypheme, Ma.sse admirable. DES MA- SURES, Eneide, 111, p. 154. — Au milieu de son sçavoir, je le trouve avoir faict traict de folie admirable, quand il suborna d’amour Iieloïse son escoliere, abisme de la. fortune en laquelle il es toit esievé. Ei PAsQiiint, necherche5> V], 17. Picrrus admirable. — Pour illec faire le Plexus a.dmirable tel qu’il est. Amin. PArd, II, 11. (Prononc.) — Deesse___ d’amirable pui.ssance. LIEs AuTELs, A mA9uretc : Repos, Sonnet 10. — Le Signeur au ciel pardurahle E, st par grand’mer- veille amirable. DES MAStill.ES Ps. de David, Ps. 92. — Et pour ta valeur amirable Aux grains et petits venerable, Des plus grans servir te feras. BAiie Prkein-eS, V11 ! (II, 384).— Lesbeautez, en ta grace, Amirablo je te vois. ID.,.Passeieras, L. 111 , 332). Admirable de. Adirnira.bie pour. — Ifelasi c’est rnoy, mon cœur> qui seul dois avoir crainte, Quand ie vois vos beautez a.dmirables de tous. DESPOR-T’Es, Cleoniee, S. 69. Admirabonde. Qui s’étonne. — Ce prebstre, voyant qu’il luy respondoit tousjours nenny, es toit tout admirabonde. DES PÉRJE.D.s, Nore.v. Réer., 40. Admirai. Amiral— Ce mot signifiant littérale- ment chef, on a pu dire.s-ans pléonasme admirai de la mer Astyochus admirai de la. mer des Lacedemoniens sert partit de Chencre avec trois navires. SFYssE]., trad. de THUCYD/DE, (252 vo), — veinquit par deux fois Ethion, qui estoit. admirai de la mer des Athe- niens_ In., tra.d. de DIOdOP.F.e 1, 6 (9 V°). — Amil- car dri estoit admirai de la mer pour les Cartha- ginois, arriva. avec cent na.ves. ID, , trad. d’Ar—PIENI Guerre libyque, 3. Sans déterminant, admirai désigne. le Mill. d’une armée de mer, aussi bien quand on park di. l’antiquité que quand il s’agit des temps moder nes. — Periarchus admirai des Lacedemoniens ineit voiles au vent.. AMYOT,. trad. de DIODORE, XIV, 22. — Les autre.s Grecs vouloyent que les Lacedaemaniens et leur admirai Eurybiades, eusst-Iit. la preeminence de commander à. tous. ID.., Thémistocle, 7. — L’admiral de Xerxes, Ariarne- nes,.. estant dessus une grosse navire combat : bit à coups-de traict et de gect. ID., ib., 14. — L’Ad- mirai Lacedaemone, Minclaru.s, s’en. estoit allé avec toute sa llotte au destroit de l’Hellespont.. ID., Alcibiade, 21. — Chabrias Capitaine general de leur armee de mer, ayant. el] le dessus du com- bat contre Pollis Admirai de Sparte. MoNTAIGNEi I, B (I, 22). Du Bartas donlle le titre d’admirai à Dieu, rruiltre des mers. — Et qu’est-ce qu’en la mer pouvoit estre. impossible A ce grand Admirai, de qui la —voix terrible, Pour sauver SOTI iSaat., les abysmes fendit, Et du golphe Erythree en l’air l’onde pendit ? ire Seirtaine, 3e Jour. On trouve sauvent adrnirail. — Que Fon de- nialide à, M. l’amiraiI qu’il montre ee que son pre- decessenr, qui gouvernoit tout, a acquis. Morii- Luc, Commeng., Préambi 0, 12). —- le mares- chai d’Hannebaucl, qui depuis a esté’admirai]. ID., I (I, 132).— Sur le midy, M. l’amiral] d’Aneband me manda aller trouver sa Majesté’. ID., ib., L. II 0, 24 : 3. .4 miras. Chef [non chrétien]. — Le premier qui print Wire d’Amiras en Sarragoce fut Ibnalarabi. Fiurci]Er, Antiquite.z, VI, 13. — Abcleraman se porta pour Miramolin d’Espagne, sans plus reco- gnoistre les Califes dE) Baldac, ou d’Asie., ainsi que ses predecesseurs Amiras de Cordoue avoyent faict. ID., ib. — Ceste année mourut Mady Sarra- zin et Admiras en Espagne. ID., ib., VU, 1. — Ceste annee trespassa Moïse Amiras des Sarra- zins d’Espagn.e, et en sa place regna Aaron son frere. ib., Vile 2. Admiratif. Admirable. — Quant. à la forme, estait d’apparence Admirative et de grand’ preference Aux yeulx des gens dont estoit pourveue. MAROT, le 17alladin. — Consideré vouloir amyable Estant en toy, et grace prirni- tifve Qui a chascun te rend admiratifve. MIGHEL D’AM BOISE5 Propos fantastiques, 5 PO rD). Admiratzve {subst.). Acte ou parole marquant l’admiration. — La bonne personne… passe tous les jours vingt fois devant sa porte, salue les fe- nestres, adore l’huys… brief fait plus de souspirs et admiratives à. l’endroit de sa. chambre, qu’un Mylannois devant le Domo saint Ambroise, ou un Venitien devant saint Marc. DIJ FAIL, Propos riestiques, 14 (Interpolations). — Lupolde niant Paureilie al] vent, escoutant les hausses-bec et admiratives d’Eutra.pel. In., Contes cl’Eutrapei, 19.

Admiration. Étonnement. — Ce ton l’ayant apperceu de Loing [Anclrodus], s’arresta premie- renient tout court, comme estant entré en admi- ration. MONTA_IGNE LI, 12 01, 202).. — Nous jugeons de luy (un homme eslevé dignité) non selon sa valeur mais à la mode des gay tons, selon la prerogative de son rang. Que la chance tourne aussi, qu’il retombe et se mesle à la presse : cha- cun s’enquiert avec admiration de la cause qui ]’avoit pimindé si haut. ID., III, 8 (IV, 29), L’adrnira.tion est fondement de toute philosophie l’inquisition, le progrez : l’ignorance, le bout. 11.>„ III, 11 (IV, 160. — J kai veu, non sans admira- tion, dans le gosier de certains pigeonneaux, des petites pierres rondes, des buschettes et sem- blables drogueries. O. DE SERRESe Théâtre d’Agric., V, S. Marque d’étonnement. — Quand comman- cé à vous user d.0 langage italianizé, vous avez faire de grandes admirations, comme si j’eusse esté le premier lequel vous eussiez ou y parler ainsi. H. ESTIENNE, Dial. d land, franc. I, 1.31. Açec admiration. D’une façon étonnante. — Les bestes rnesmes nous enseignent à nous loger. Chacune selon son espece dispose sa retraite et petit logis avec admiration. O. DE SERRES, Théâtre d’Agric., I, 5. .Piein d’admiration. Très étonnant. — Voila… l’hystoire que j’avois envie de vous raconter, au- tant pleine de verité, comme d’admiration. IN. DE 11191.0NTREUX, ter Livre des Bergeries de.1 Édiefie, fourni 5 (88 ro.) {Prononciation). — Tout le peuple de grande joye, et quant et quant cliamiration, se prit à crier d’un acord. Arlayo.r, Hist. LEthiop., L.VII1, 92 vo. Adoncq’n’y eut il velu ne 1’eust en tresgrande amiration… pour sa belle taille ib 111 vo. — De sorte qu’on s’en esbahist, et les a l’on en amiration. Du FAIL, Propos rus- É igues, ch, 14. Admiraulté. Commandement. — Or, voici la conclusion, non seulement de mon Histoire, mais de toutes celles qui ont esté escrites et s’eseriront jamais, ou soit par les desseins des autheurs, ou soit par le droit d’amirauté, que le Dieu des ar- mées fait poser sur l’autel de l’honneur. AuBEcrii É, Hist. Unrip., endix. CommandemenAppt de L’armée de mer, charge — Avec luy alla Lucius Emilius Regu- lus, qui avoit suecedé en !’Admiraulté des Rom- mains à Livius. SEYSSEL, trad. d’AppiEri, Guerre syriaque, 3. — Les Lacedemoniens, estant ja le temps de l’admiraulté de Lysander expiré, luy envoyerent Callicratïdas pour successeur. A ni YOTi trad. de DioDoite, XIII, 26. — Une tourbe de mariniers.,. uw voulans souffrir que lion deposast lieraelides de l’Admiraulté, se rnutinerent. Mon, 48. Admirement. Admirablement. — Vous autres que Ia tacon& Fait reluire admimrnent, De vostro langue feconde Prodiguez l’or clairement. LE CAR ON, Poesies, 1 Cid des— Graces.(47 Vo). Admirer. S’admirer. S’étonner, se demander avec étonnement, — Je ne sçay ling mal pire ; Toutes foys je m’admire De quo y estes touché. — De mort. PbDU VAL5 Dial. du Conierememen, / de la More, dans le Théâtre mystique., p. 122. — 11 va tout sain, et soudain ses amis S’admireront qu’au tombeau sera mis. VAUQUELIN DE LA FRESNAYE, Foresteries, 1, A.dmirer se dit dans e même sens, S’adMirer. Admirer. — Ainsi le llate-ur taira, d’un deguisé sourire, Plus que le vray loueur s’ebaliit, et s’admire. VAuQuEuri DE LA, FRESNAYE, Art poet., Admirer (subst.). — Or est l’esmerveiller et admirer contraire au mespriser. AMY OIT CDenriten il faut ouïr, — Prince que les Destins reser- voient à nostre âge, Pour l’avancer en gloire au degré des premiers Par tant de hauts effets d’es- prit et de courage, Que le seul admirer doit rester aux derniers. MONTCHRESTJEN„ Trezgedies, Stances au prince de Condé. (Prononciation.) — Il n’y avoit ceIuy en toute l’assistance… qui ne la louast et amirast. AmT0T5 Hist. 2T ? thiop, , L. X, IA2 ro. — Au moins en ami- rant la personne que. j’aime, Sauroy-je regarder quelquefois a moi-rnesme. RIVAULFEAU, Com- plaincte 3, — Somme, j’amire tout, et amirer il fault Tout ce qui est en luy, fors qu’il a le cœur haut. In., ib. Admixtion. Mélange. — Un seul humeur pur et louable, ne pechant qu’en quantité, sans admixtion d’autre humeur. AM ». PARÉ, V, Ti* Admoderer, v. Amoderer. Admonesteraient. Avertissement, conseil, ex- hortation. — Icy ha assez couleur et matiero pour servir à l’enhort et ndmoriestemerrt de rioz Princes Troyens : cesta.dire Clrirestiens, à ce que par effect ilz desirassent et sefforça.ssent de recou- vrer leur patrimoine hereditaire d’Asie la Mineure. LE 111 AI RE DE BEL(ES, 1, 21. — A gens de meur et. de vertu ne fault pas grand admoneste- ment. ET EL, trad.. de THUCYDIDE, IV : 12 •140 vo). — Va tort, Dixa_in, solliciter la somme… Parle humblement, que mon zele a.pperçoyve, Et qu’en lisant quelque plaisir conçoyve. Mais de- quoy sert tant d’admonnestement ? MAROT, Ep igr, 150. — Or, allez et pensez bien à vostre cas. » Après ce bon admonestement il se va cou- cher. Dts PÉRIERS, NOUV. Récr., 5 — J’estoye dur el retif à. tes admonnestemens, et ne me vou- loye faire Chrestien. LE MAÇON, trad. de Bec} CAGE, Décaméron, I, 2. — Et puis qu’ils sont obs. tiriez durement Jusqu’à fuir tout admoneste- men t. RoNSARDs Pièces retra.nchées, Hymnes (VI, 156). — C’est un admonestement, pour advertir tes nouvelles ma_riees à penser de faire leur be- .sorigne, qui est de AMYOT ! ROJrniiii.e, 15. — EL lors… luy souviendroit des admonestemens de Caton, lesquelz n’estoyent pas moins profitables à Pompeius en particulier, que justes et raison- nables en soy. ID., Caton &Utique, 42. — Desja les admonestemens et prédictions de Caton coin- menceoyent à es veiller Pompeius du sommeil (1011t il avoit esté si longuement endormy. ID., ib., 49. — Cent a.dmonestement rendit les Cyreniens pour lors plus soupples et plus obe-issans aux ordonnances que Lucullus leur establit. ID., Lu- cullus, 2. — Aujourd>huy on rejette les saints a.dmonnestements des sages. LA RIV EY „ le Laquais, IL 5. — A ceux qui sont une fois imbus en nostre foy, et qui sont desjà tous formez, les presehes ne leur servent phis, mais les exercices et l’adminis- tration de leur foy de leurs sainets saeremens, et radmonestement de les continuer et n’y manquer. 13p…ea4irrilbrE, Cap. iranf, , le grand roy François (I II, 125), — Non que je desirasse en luy une pu- nition de corps… mais bien que par un admones- tement fraternel, il fast prié en pleine assemblée de se desfaire de son estat. E. PAsgtruat, Lettres, XIX, 1.

Reproche. —— Les a.ttaintes et picqueures qu’elles donnoyen.t aux autres ne leur estoyent moins poignantes que les plus severes admonnes- tements et corrections que lon leur eust sceu don- ner. AMYOT, Lyeargiie, — lEsopus.,. luy dit par maniere d’admonestement 0 Solon, ou il ne se fault poin.t du tout approcher des Princes, ou il leur fa.ult complaire et a.ggreer. &don} 28. (Prononciation.) — Pour en donner aucun bon amonestement aux imprimeurs et libraires. Tony, Champ fleury, III, 43 ro.— Fui l’amour. Car de sa. nature Amour est sourd, qui n’oit n’endure Ni reçoit amonnestement. BAÏF, Mimes, L. Il (V, US), — Mais la jeunesse ardante et prompte aux changemens, Tousjours mist sous le pié nos amonnestemens. Ft.. GARNIE115 les JuifPes, 1046. Admonester. Avertir, informer. — Puissant el. noble Roy Françoys, De par le Roy de Thunes viens rammonester que les Pa.yens Sont pour te faire ta raison., G.R. I N G’0 R E., Sainet L. VIII (1I,. 283). — Gargantua. admonesté. du cas appella à part Ponocrates. RABELms, I} 18. — Tu deb- vois premier encinerir de Ia verité, puis nous en admonester. ID., I, 31. — Je seray content d’en avoir proposé seulement. quelque sommaire par lequel les consciences —fideles soient admonestées de ce qu’il fa-ult. principallement chercher de Dieu aux Escritures. CALvi.N, heetit., p. 27. — La promesse est quant et qu.a.nt adjoustèe, pour plus grande recornmendation : fin de nous admones- ter combien ceste subjection est aggre.abIr. à Dieu.. In, , ib., III, p. 151. — En toutes ces sentences, notons que l’homme e, st a.dmonnesté de sa fragi-lité. In., Instruction contrf, , les Anabaptistes (V11 135). — La. neige nous amoneste, Blanchissante par les aarns, Des grisons, qui riostre teste Blan-chiront en peu de tems. Pass.eterns, L. (IV, 333). — Si le songe mortel que j’en Len reciter Est prociidé du Ciel pour nous admonester Du trespas 411L mon fids, faites nous tant, de grue De destourri..t. le coup qui sa teste menace, Morer- CEIRESTLEN, HeCtor ir (p. 21). — &sir que Nature ente aux arnes plus belles Nous admo- neste a.ssez qu’elles sont immortelles. Ine5 ib., III (p. 36). Inviter, exhort F.-Lr,. conseiller (avec. d iverses cons- tructions). — admonnestoit son beau frere Eneas, que de leuns deux maisons ilz en feissent une. LEMAIRE DE BLLIGEs, 111, Prologue. — Parquoy, voyant. d.e ce lieu le dehors Estre si beau, Espoir m’admonesta De poursuy-Me, n.o’r, Temple de Cupido. Parquoy., mon je Le admoneste que employe ta jeunesse, à bien profiter en estude et en vertus.. RABELAIS, 11, 8. — Je t’amonneste cloaques (6 toy, qui de- sires Pa.ceroissement de ta langue, et veux exceller en icelle) de nOn iMMiter à pié levé… les plus fameux annelles d’icelle, Du BELLAY, Deffence el Illustration, I, 8, — I-Iorace dit qu.e Romule en sunge Parnon nesta., lors qu’il faisoit des vers greez, de ne porter dia boys en la. forest. In., ib., I I, 12, — Pource Pindare feint que. le damné Tantale Admoneste à bon droit parmy l’ombre infernak Chacun debteur de rendre à. son tour le bienfait Qu’un autre au paravant, amy, luiv aura. fait. RoNsAnD, Odes, II, 14 ;.t belle aose du Prin- temps, Aubert, adrnonneste Ies hommes Passer Joyeusement le temps, ib., IV, 38. — Cela nous admoneste en ces mois si plaisans De ne fra.ude.r, Hurault., l’usufruit de nos ans. 1D., gie 8, — Tous ses propos [de Thalés] estoyent belles chansons, esquelles il preschoit et adm.oia.- nestoit le peuple de vivre soubs l’obeïssance des Ioix. AlitY0T, Lycurgue, 4, — Ceulx rnesmes qui estoyent chefs des deux parts radmonestoyent le sollicitoyent qu’il se saisist de Ia principauIté hardiment. ID, , SakTr, Alcibiades… admo- nesta le peuple d’a-voir bon. coura.ge et de s’asseu- rer pour l’advenir. Lu., Alcibiade, 33. — Aupres du hausse-col le Pape Urbain. estoit En blanche ba.rbo peint, qui grave admonestoit Les Rois Chrestiens de faire a.ux Sarrazins la guerre,. RoN- sARD, Poeme$, L. 1, H.arangue du duc de Guise (V, 22-23). — Aucuns ont voulu dire que vous, Monsieur le Lieutenant, estant jaloux de Ja gran- deur et haute fortune de monsieur vostre frere, advertistes le &Manet Roy de l’entreprise qu"on faisoit de l’emmener, et l’admonestiez de se has- Ler d’y prevenir. Sai. Men., Harangue de 11, 1. dl Au- liray (p. 215-216)1, (Prononciation. — 10 Apres que le bon pere eut ses deux enfans Tuscus et Galatous nouveaux Roys amonnesté de bien fairo et de bien vivre tousjours paix et concorde, il leur dit adieu. LEMAIRE DE BELGES, Illireer„ I, 11, — Theagenes l’amonnesta qu’elle se garclast de parier irreve- remMellt CICS dieux. A ers Y 0 TI, H ./Erhiop., L. VIII, 93 vo. — Sage est celuy qui croit à qui bien l’amoneste. RONSARD, À rn-15, -erS de Marie, Eiegie à son livre, (1, 126). — Nous vismes un. des Essors… nous servir de ces mots Arnonnester, Conienner, Sula… Quant à mon particulier… je proteste d’estre resoln et ferme. en mon ancienne prononciation, d’Admonnesier, Coniemner, Subtil. E. PAsQl. E. Ét,’, Mires, III, 4. — Cela nous a.rno- neste D.es dures faxïons de guerre qui s’apreste. BAD, Poenees, L. (II, — 20 11 radrnonétoit soy souvenir des cornmandemens de Dieu. FA U-cavr, Antiquitez, VIII, 13. Admoneeteur. Celui qui avertit. — C’est une belle departie Du ciel} de Pa.nge admonnesteur DC.3 pasteurs, nouvelle advertie, Partants pour veoir le bon pasteur. B. fiNFA.11, Ghani natal. Celui qui exhorte. — Voicy Bacchus l’adino- nesteur et costilier de Venus. LouvF.Au, trad, d’ApuLÉE, il, — Le petit mesnage avoit fait un grand mesnage dans la bourgade, et sur tous visité le Curé admonesteur du patient. AuBIGN Faeneste, 2„ Admonesieuse. — Aviez vous pour provision, A l’heure, voz admonesteuzes ? MAROT, la V ierge repentie (édit. Guiffrey, II, 257), Admonition. Avertissement, conseil, exhorta.- lion. — Le. noble Roy Priam et la Royne Heeuba veirent leur grand cité de Troye ainsi prinse ot en- flambee… par la nourriture quilz avoient faite de leur enfant Paris contre l’admonition des Dieux dont ilz avaient trop tardive repentance. LE- MMIIE DE BELGES Illus-lr, , Il, 23. — Ilz mespri- sent les signes du ciel, les prodiges, les cornetes, les trembl’1, 111, -ris de terre (qui sont adinonitio.ns divines). 2i..umepeau Satz/conduit 111, 228). — Certes, ma peine et ma punition Doibt estre exemple et admonition A tous oyseaulx de quel- conque plumaige De ne chercher par leur langue dommaige. MAROT, trad. du Liv. 11 de la Meta- en.orphose,. — Pantagruel, bien records des lettres et admonition de son pue., voulut un jour essayer son sçavoir. RABELAIS, — Pour quoy mes- disoit il des bons peres de religion ? Pour quoy le-s avoit il chassé hors sa chambre, sus l’heure que il avoit plus de besoing de leur ayde, de leurs de- votes prieres, de leurs sainctes admenitions ? 1D, , III, 23. — Nous avons une admonition bien utile en co passage, c’est qu’en premier lieu nous sommes ici admonnestez combien il y a de fragilité en nous. CALvirN, Serin. sur le Deuter., 199 (XXIX, 212. — Ceste doctrine nous doit servir d’a.dmonition, afin qu’un chacun se tienne en bride, s’abstenant de mal faire. ID., Serrn. spi ?. re lic). de Job, •33 (XXXV, 89). — La façon d’ensei- gner n’est pas seulement de prescher en public, niais appartient aussi aux axlmonitions particu- lières. 11 : 1, TV, tri, 6. — Puis qu’en nostre Agriculture nous recherchons leurs enseignemens polir nostre utilité, à plus forte raison devons- nous faire profit de leurs sai-nctes amonitions, conformes à la pieté et religion Chrestienne. 0, DE SE RRES1 Théâtre d’Aigrie., I, 6. AdErionitoire. Qui averti t. — La familiere de soym excusatoire, admonitoire… sont toutes [lettres] familieres. J.PApoN, Troisieme _Notaire, 44, dais Uagana.y 2000 mots, Admotion. Application. — Pour ce que plu- sieurs abliorrent le nom et l’usage de la friction faite ali.Tec lesdits onguents, on a pratiqué Padrno- tion des ceroines, ou emplastres, lesquelles sont vicaires et tiennent les lieux des frictions. PARÉ, XVI, 13, Admunitiormer, p. Anumitiorincr, Adnichfler, v. Anichiler. Adnullateuir. Celui qui anéantit. — Coinrne. adnultateur et’de.structeur de ton honneur et puis- sante deité. Trad. de BO CC AC E FICUnniaiei V, 45 ro. Adolphe.. Préparation, a. cco rri ni 0 d age. — Comme Dieu eut creé du commencement deux baIeines.., il s’advisa d’en tuer l’une, et la mettre en adobbe bien salee. Pu. DE MA RNix, piller. de la Haig., 1, y, 7. Adoclier, — 0 narinant plain de sotz motz barbares, Qui Vadocha de rittme poetique ? FA- DRI, Art de Rhet., II, 115. Ado1orer. S’adelerer. S’affliger.. — La tourte- relle au bois en ceste sorte, Veufve, gemist dessus la branche morte, S’adoulourant de son povre consort.. TAFRFREAtie Poesies, Sonnet 47. — Et si le rossignol roy plaindre quelque fois, J’entons aussi soubdain trogne qui s’adolore. MAGN y, Souspirs, Sonnet 2 — Voy Magny d’autre part ur s’aciolore en vain Dequoy fiere Mort de son dard inhumain M’a si tost fait passer les eaux qu’on ne repasse. ID., Odes, Menbre de Sala à 31. d’A- vanson (I, 59). — Là les enfans n’enterrent point leurs peurs, Et là les sœurs no lamentent. leurs freres : Et l’espousé ne s’adolore pas De voir mou- rir sa femme entre ses bras. RoNsAnD„ Poemes, L. II, les Isles fortunées (V, Sainct Au- gustin mesmes, en Usant le quatriesnie des../Enei- des, où sont contenues les amours et la mort de Dido, ne s’en esmeut-il pas de compassion, et s’en a.douloura ? BRANTÔME, des Dames, part.. I I (IX, W2-573). Adoloré. Endolori, affligé, — Une contenance égarée, tin parler froid et fort. mal asseuré Mon- trent assés du pauvre adoulouré’lame d’amour alangourE-e. TAU U RE À lir Poesies, 11, 230. — Ceux qui ont le cœur Adoloré d’amoureuse langueur. RONSA.RD, Bocage royal, 2e part. (III, 331). — A minore ! LX ou A ienani. Passionné, transi, doulou- reux ou adoulouré. M. DE LA PORTE, EpithaeS. PhiStOSt qu’adoulouree, et de vivre assouvie TrainF_T si longuement ton ennuyeuse vie. Rh GA R.— NIER, Hippolyte, 427. Adorabrer. Couvrir d’ombre. — Penses tu que lors que le Soleil fait nos umbres.si longues, qu’il baille ceste _bene ratiocination à nostre sentiment, que si ce qui est adumbré est grand, qu’il faille que ce qui adumbre soit encore bien plus excessi- vement grand ? Abe-il : 11’1. de la Face de la Lune, 22_ Obscurcir. — Son visage estoit beau, et ses cheveux et yeux noir :, qui adomhroient son tainct. BRANTÔME, des Dames, part.. I, Elizabeth de France (VIII, 5). Masquer, dissimuler. — lin slaydant de ce qu’il a tout à propos trouvé °script en ce tissu, pour adombrer et cacher la verité. AMYOT, Brie. L. X, 114 ro. — Voila les propres mots du discours de cette darne… qu’elle fait au com- mencement de son compte, pli se raison d’elle- rnesme ; niais elle Padombroit par d’autres norns. BRA.rrômE, des Dame_s, part. H (IX, 215). — Une grande dame que je sa y estant fort aux bonnes gra.ces d’un Foy… s’habilla un peu plus à la mo- deste, ruais de soye pourtant tousjours, affin qu’elle peust mieux a.dombrer et cacher son jeu. ID., ib. IX, 636). Calmer, adoucir.— La Mort me suit., non pour paix me donner, Mais seulement pour ne m’aban- donner.. Aussi celle est, qui pallie et adumbre Ide mes travaulx un non guieres grand nombre. Ryin es de PERNETTE DU GUILLET,. p. 72. — [Arnoul C’est un espoir qui pane et adombre Le mal pa.ssé. MELIN SAINCT-GELIYS, Poesies, I, 83, Affaiblir, atténuer. — La raison ne vient. du corps humain terrestre, ains de ]’aine spirituelle et, divine, faite à la sembIa.nce de Dieu, image adombrée de la divinité, LE LOYER, Hist. des Spectres, I, 3. —— L’homme est l’ombre de Dieu, et l’image adombre de la divinité, In., — (Dans ces exemples, adombrer peut aussi se ramener au sens de représenter, imiter de Lin.) Représenter. — Car sgait il pas que tous noz pas Et tous nos cas sont par compas Comptez, l’ombrez et denombrez., Puis obombrez t. adom- hrez ? LY oN JA NET à Marot., dans Marot, Epistres, 45. — Vous tourmentant pour un songe, lequel vous pronostique les prochaines nopces de. vostre tille. et qui par l’Aigle vous figure et adumbre le Mary qui la. doit espouser. AMYOT, 46 vo. — Pythagoras adornbra la vers té de plus Ares : jugeant que la cognoissance de cette cause premien, et. estre des estres, devoit entre indefinie. MONTAIGNE, II, 12 (II, 254). — Sept tableaux tous de rang, qui par vive peinture Adornbroient clerernent toute sa geniture. Do- RAT, Epithalcune d’Anne de Joyeuse (p. — Tels triomphes futurs adombrez par figures Con- tenoit l’arc natal en tableaux et. sculptures. ID., ib. (p. 29). — Bien que… nous ayons à plein des- chiffré les effects Diaboliques… si est-ce qu’il ne doit sembler mauvais que nous en recapitulions quelque chose, non pour les adombrer autre.ment. ou representer, ]’ayant desja fait, mais plustost pour en faire comme un raccourcissement de peinture. LE LOYER, Hist. des Spectres, IV, 15. — La roservation des bons au sein d’Ilbraha.m jusque.s au jour du jugement, dont sainct Hilaire escrit, faitpenser qu’il auroit creu un tiers lieu recepta_cle des Ames fideles, auquel est adombree limage du lieu futur. ID., ib., VI, 3. Imiter. — L’office d’un propre traducteur ne et pas seulement à rendre fidelement. la sen- tence de son autheur, mais aussi à ti ter aucunement et à adorribre.r la forme du style et maniere de parler d’iceluy. Amy o-r, trad. des Vies de PLUTAILIQUE, Aux Lecteurs. Adomestiquer. Rendre familier, établir.— Je ne fais nulle doute que nous n’ayons recours aux Reistres, lesquels nous avons jà liant de fois ado mestiquez entre nous, à. nostre trés grand dom-mage.. E. PASQUIER) IrettreS I, 6. (En parlant d’une plante). Aujourd’huy le ser- pollet est si commun._ qu’il n’est ja. besoin de l’adornestiquer pa.r les jardins. Du PINET% trad. de PLiNE, XX, 22, dans Delboulle, Notes lexi- cokgiques. S’adornestiquer. Se rendre familier. — Le cardi- nal… se reconcilia avec Sigismond. S’estant a_do- mestiqué, persuada à. son cousin d’ouyr messe tous les matins. AuRIGNÉ, Hist. Univ., XV, 16.. S’établir. — Nous vous supplions de n’obeïr tant aux_ cormna, ndemens du Ro-y qu’à nos prieres, et —vouloir retourner és lieux dont sortites pre- nkierement pour vous adomestiquer aux nostres. E. PASQU1Elte ifireCherdheS t 9. Sladornestiquer de.S’établirda.ns, se fa, miliariser vec. —Les Sa.xons estoient aussi bien que les Fran- çois eii terre marescageuse, toutes fois n’estans at- tenans du Rhin nesepeuren t si facilement adornes- tiquer de la Gaule, comme firent ces braves Fran. E., PASQU ReChereheS, I, 6_ —Voyant toute la. Saxe… siestre reduitte sans esperance de respit sous l’oheyssance de l’Empereur Charlemagne, Je vint trou.ver Atigny, où aprés avoir esté ares- tionné, il luy fit le serment de lidelité. Et corn- mencerent deslors fuy et sa posterité. s’ado- mestiquer de fa France. ID., ib., VI, Adonel Adoncques. Alors. — Quand prin- temps fault et l’esté comparoit, Moncques l’herbe en forme et force croist. MARoT, Egiogue au Roy. — Mais un ministre appelle. ut nommi. celle Que veult le juge : adoncques s’avance elle. 111., l’Enfer. — Or se mussoit Christine en ung rocher 1.)es Saxonnoys, duquel saillist adoncques Aussi entiere et belle que hist. oncques. ID., le Balladin. — Quand quelqu’un est amené à la vraye congnoissance de son peché, adonc il com- mence. à le hayr et detester. CALvirif, histit., V, p. 301. — Sainct Paul interrogue ses Disciples, s’ilz ont receu les gra_ces de l’Esprit, le.squelz respondent qu’ilz ne sçaivent que c’est. Adonc il les baptige au mn de 3esus. ID., ib., XI, p. 621, Adoncques tint Juppi ter chapitre generat R A-HELA1Se 1115 12. — Adoncques tous perdirent leurs coingnees. ID., IV, Prologue, — Et si tort m’enflâmoit Adonques son amour, qu’encor je m’en estonne. BA"iF1 Amour de Francine, L. II (I, 172). — Adonques, mais trop ta.rd, il se repentira D’avoir creu ce trompeur, ID., ib., L, IV (I, 22). — A-ta.nt teut la Nuit et le Sommeil adong Couvrit son chef d’un voile autant large que long. RoNsAnD, Hymne de Vilyver (1V, 333). — Puis quand toute leur armee estoit rengee en bataille ’à 1a. veue de l’ennemy, le Roy adonc sacrifioit aux Dieux une chevre, et qnuand et quand comman- doit aux combata.ns meissent tous sur leurs testes des chapeaux de fleurs, AmTorr, Lycurgue, 22.— f Fabius] allait disant que eestoit adonc que les affaires e.. ; toyent en plus gra.nd danger, et que la chose publique couroit plias grande fortune que jamais. ID., F érie Maximus, 2& Adonc, s’api- percevant de son erreur, elle plaindra_ son temps consommé en vain. LARIVEY1 le Fidelle, I, 6. — Adonc se perd le laict, le suc de sa. poitrine. Ar- BiGN les Tragiques, I (ni, aa). Adonc la raine… se lève. de sa chère, ID., Hist, Univ., IX, 3. D’adorec. D’alors. — Iceluy Roy Bavo… estoit grand Astronomien, Magicien, et Necromancien : dont il ne se faut esmerveiller, Car cen treuve que les Princes dadonques’nettoie : nt tort leurs estudes en telz sciences. LEMAIRE DE BELGES, 19. — Je ne puis bonnement.. que je ne regrette ces nostres jeunes ans, au moins la façon de faire de— adonques, beaucoup differente et rien ne sem- bla.nt à celle de present. Du F.A1L,. Propos rus- tiques, 2, — La. nation des Cariens a esté la phis estimée diadonque. SALIAT, trad. d’HÉrtoDoTE, 171. Le temps diadonc. — Pour ie temps dadonques regnoit au païs de Thrace.. un grand tyrant et horrible geant nommé Lycurgus. LE MAME DE. BELGEs, 11.1u4tr., I, 7. — Jupiter Celte… estoit tresriche et trespuissant en bestial, et en pastu- rage. : laquelle chose estoit l’avoir des Princes du temps d’adon.q. ib.„ 9. Ju, 5-que9 adone. Jusqu’alors. — Laquelle.. ne laissa toutestois de faire tout. devoir de monstrer apparence de l’amour caché jusques ado.ncee au plus profont de son. cœur. Comptes dei monde ad-ventureux, 39. Descidone. Depuis lors, dès lors. — Si en bus tant [dellea.0 du Léthé], que pre.sque je rus yvre Et desadonc n’euz vouloir de revivre. LEMAIRE DE BELGES1 2e Epistre de l’Aman, Verd. — Par- quoy Phebus l’a.rbre ayma dèsadon.c ; Et quant : eust mis sa dextre sur le tronc Encor sentoit le cueur de la pu.celle Se demener soubz re.scroree nouvelle. MARCITI trad. du Liv, I de la. Metamor- phose. — Mais las ! tou-nuds et sans arrnes quel- conques Nous rechignons en naissant, desa- doriques Montrant sentir par nos cris lamentables Que nous naissons pour vivre iniserables. BAÏF ! POOMe$ Liv. I (II, 37). — M : ais quel est l’élernent qui des-adonc à. l’œil Ne rnontroit son ennuy pour nostre commun &Len ? ID., ib., Liv. VII (II, 36M_ (OrthogTaphe). — Tu diras selon la. contrainte de ton vers, or, ore, ores, adoncq, adoncque, adoncques, avecq, averque, apecques, et mille a_utres que sans crainte tu trancheras et alongeras ainsi qu’il te plaira, RONSARD, Art poetique trançoys (VI, 460). Adonln {adj. tiré du nom propre.Adonis)e — Cheveux. Testonnez… blonds, adonins, perruquez. M. DE LA PORTEi Epilhetes, 80 vo. — Damoisekg, Musqué… parfumé, adonin. ID., ib., 104 vo. Adonner. Donner, abandonner, livrer, consa- crer. — Pour la terreur d’un tant subit esclandre Fut l’humain. genre a_sprement estonné, Et tout le monde à horreur a_ddonné, MAROT5 trad, liv. I de la Metemorphose. — Encores que mon feu pere,. eust adonné tout son estude à ce que je proffitasse en toute perfection et sçavoir RfilinELA/S5 8. — Lequel tout son estude adonnon à. observer et entendre les inaulx et mi- seres d’aultruy. ID.., 11I, 25, — Mettons de ne point adonner ne les oreilles rie la langue à blasme, detraction. ou brocardise. CALvari, ’miel, 11, vm, 4B. — Il les tient sous la dis- cipline de la croix, afin qu’ils n’adonnent point leur cœur Ia cupidité ou fiance des biens ter- riens" ib., 111, xvin, — faillit tou.sjours addonner [l’entendement" à ce qui e-st le meilleur. AMYOT, PéridèS5 1. — "Elle [Pallas] addonnoit son courage A faire maint bel ouvrage Desur toile, et ene, or A joindre la soye à l’or. Ro NSAPID, la ChafiÉe (II, 72). — Aucunefois avec ses Darnoi- sefles… Tenon l’aiguille, et d’un art curieux Joi- gnoit. soye à l’or industrieux… Maisplus son ., ceur elle addonnoit a.0 livre, A la science. ID., Bocage royal (lit 267), — C’est pourquoy espi- sant les bouillons de mon ame Je cache mon des-sein aux plaisirs adonné. RÉGT, T1ERI Sett. 13. S’adonner. Se dévouer, se donner. — Chacun est en sentinelle contre luy. Si par fortune quelque chetif serviteur s’y addonne, soudain il luy est mis en soupçon qualité à laquelle la vieillesse mord si volontiers de soy-rnesme. Mo NT AIGN e, 8 01, 87). Communement on les void [les mères] s’addonner aux plus foibles et malotrus, ou à ceux, si elles en ont., qui leur pendent meures au coi. ID., ib. ((l, 95). Les Nobles estaient tenus de defendre ceux qui slestoient ainsi adonnez. à eux. B. PAsQuizi : 1, *c arches II, 6.

Adonné. Dévoué. Je [Mercure] stimulay et enhardis lentendement du tien tresad.onné serviteur._ Jean le Maire de Belges. LEMÂTRE DE BELGES IllieStrF, Prologue.

Adonné à soi-mesme. Édgoïste. La premiere reigle de charité est de nestre point adonnez a nous mesmes. Lettres, 2636. S’adonner. Se donner, se livrer (en parlant d’une femme}, On les prendrait pour fort débauschées, et prestes pour s’adonner aussitost. BRArirôltn, des Daines., part. II (IX, 213). S’adonner. S’exposer. Combien seroit meilleur garder la maison que de onyr tant variables et iniques censures et improperes, et se adonner a tant de perilz ! P, DE. CHANG-TI. InStit. k femme chrestienne, 1, 12. S’adonner de. S’appliquer a. On s’adonne de faire plaisir à ceux qui le pourront revaloir. CALvtri, Serm. sie fiDeuier., 73 (XXVII, 65). M. de Mouvans s’adonna de faire un vray traira de ces capitaines romains. BRANT6sE, Couronne& françois 425).’adonner. Tendre [vers un pointl, se diriger. — r’irlais Dieu ce bien ne m’a donné Que vostre chemin adonné Se soit icy, M.KnoT, Epigires, 36, — Advint qu’un jour l’evesque du Mans, allant visiter par son diocèse, le voulut veoir en passa.nt. parce qu’Il le congnoissoit bon justicier, et que son chemin s’adonnait par là. DES P r Ruas, Nom). Réer., 28. La damoiselle monte sus ceste mule et tire droit le chemin de Thoulouze, lequel sladonnoit ainsi qu’il faillait aller trouver la Garonne et cheminer au long de la rive quelque temps. In., ib., 90. Son chemin s’adonnant au travers d’une Eglise, il ne passoit jamais en ce lieu saint.., qu’il ne fist sesprieres et oraisons. 111.10IiirA.1GNE, I, 56 (IL, 444). Cette troupe, mal menée par un temps orageux, tut conduite à un mesehant petit pont de bois… où leur chemin ne s’adonnait point, comme n’ayant aucun ruisseau à passer,. AuBic, N, ! liste Univ., XIV, 10. Les réformés tenoient à la ilVTotte-Sainct-Eloi, les régimens de Cherhonnière et de Bories, pour estre Prests a se jetter dans Sainct Maixant, où il suri, bit que le premier siège s’adonnoit, tarit pour la foiblesse de la place que pour son avancement. ID., ib., Xl, 14. S’adonner, Se présenter, être favorable (en parlant du temps, de l’occasion, etc.). Tous an i.maulx à toy vont à recours, Les yeulx au ciel, à fin que le secours De la bonté à repaistre leur donne, Quand le besoing et le temps s’y addonne. MA ROT, Pe. de David, 104. Ce que jiay denberé ne taire, soit au Benat„ soit a Passemblee du Peuple, si le temps et l’occasion s’y adonnent. Tra.d. des Cinq premiers liv. des inhales de TA CITS 1V, p. 154.L’occasion sa.donna que vostre ais y tantost apres, ou le lendemain, me demanda si je vous avais veu. CA.r.vi N7 Leures., 1692. —1’lesme quand loportuaité s’adonnerait de vous inciter plus souvent} je croy que ma diligence ne vous faseheroit point. ID., ib., 3101, Il ne tiendrait pas a nous que le mal ne se List si l’occasion s’y adonnoit, In., Serm. sur le liv. de Job, 111 (XX XIV, 623). Lorsque la saison nouvelle s’y addonne, vous oyez sous le couvert d’un arbrisseau la musique des oysillons. E. PASQUIERI, LairÉSI. Il, L Les Lansquenets, quand le temps s’y adonne, Ne vont-ils pas servir qui plus leur donne ? RowSARD> Fragment du Plutus (VI, 282). Fermé moy, si l’heure s’adonne Que je soy prés de ta personne, D’estourdir la faim un petit De mon amoureux appetit. Baïf, DiQerses Amours, L. III (ï, n0). Mais toute terre n’est pas bonne. Je gangue ou per, comme s’adonne, Mon labeur seIon le terrain. Mimes, Li 11 (V, 77)P Donnez moy donc à boire.. puis que les affaires vont ainsi et ainsi, et.que la saison s’y adclonne, Du FAlL, Contes diEuirapel, 17. „Pay falot ceste digressionpuisque le subject s’y estoit aCIOnné. BRANTÔME5 Cap. franç.., M. de Guise (IV.1.97). Pour… sauver quelques maisons de gentilshommes et Gergeau, si le besoin s’y adonnait, AU RIGN hriSt. Unip., VII, 21. Adonné. Favorable..en parlant du I.tmps. dn moment), Voyans les armes familiariser bien fort. avecques l’Amour, aussi y étant le temps fort addonné, pendant que nous trouvons ic.y en recay, peut-estre ne seroit-ii hors de propos, de disputer de Peste. d’un bon Capitaine. E. PASel k Monophib, L. f (JI, 7S6)..donneur`. Le regent gent et des donneurs d’honneurs Des or donneurs tant oui desordonneu.rs Qu’aux adorateurs. Ane. Poés. franç., XIII, 409. Adorai, Adoncquee, v. Arlone. Adoperateur. Opérateur, auteur. Le Medecin est l’ordinateur ; l’Apoticaire radoperateur. E. PASQUIE14 Lettres, XIX, 16. Ne pensez pas que Dieu soit, lors au milieu. de nous : c’est le Diable, adoperateur de toutes ces meschantes et malheureuses pensées. In" ib.> XX, 9. Adoperatricee [L’homnrie] fut accompa.gné de deux parties, par l’une desquelles fut representee la perfection qui gist au cerveau (c’est la raison adoperatrice de Justice.), par l’autre, son imperfection.. E. PASQ LTIZR, Plaidoyé pour M. le Duc. de Lorraine (1. 1083). Adoperer. Mettre en œuvre. Quand le fils congneut qu’il estoit temps li’adoperer son latin, il s’en vint vistement. au curé et lu y dit. DES PÉRIEit, Réare, 21. Adopter.., Sriadopter. de. Se faire adopter par. Marc. Aure_ile Antonin, pour s’estre pendant sa vie adopté de la famille des Stoïques sous Apolloine Calcedonien, fut estimé bon Empereur. E. PAS-QU’ER, Pour-parler d Prince (I, 1022). (Prononciation.) Il le voulait adoter pour son Els, EnA NIAM x des _Daines, part. I I (IX, 623). Pour voir leur cousin si proche aduté filz et marié en la maison de France. Io., i ! (IX, 627). Adoptivernent. Par adoption. Ceus do nostre eage… y ont ente quelques greffes artificielement prises du Grec et Latin, qu’ilz ont si subtilement appropriées au Lige, qu’elles semblent estre na.tivement venues de la mesme racine, et non d’une estrangere apportées et adoptivement inserées. LE (7, A RO De e la. Claire, 9 b, dans Vaganay, 2000 mots. Adoratif. Sens en ton respiter adoratif la suavité du lieu heatificque. LEMÀ.1 aiD BELCES le Temple d’Honneur ei die Vertus (IV, 225).

Adoratoire (adj,). D’adoration. Et par maniere de cerirnonie adoratoire liorrnord et reverenda les tries sainctes et venerahies representations dessu.sdictes. ID., ib. (IV, 221).

Adorement. De la terre se faisait le fossé : c’est à dire, que des deniers provenus du baisement, et adorement (ou adoration, pour mieux parler), on leur achetoit une si belle maison (Pargent doré. H. EsriETINE, Apoi. pour Her, eh. 38 (H, 304). Adoreur. Adorateur. Les heretiques ont. tort de nous appeller idalatres, et adoreurs de faux dieux. PH. nia MARNix, Diger. de La Relig., H, ni, 1. Adornéement. D’une manière ornée. Et sont à la Foix Hen prisez Quant do beaux termes sont sorchez, Colorez adornéement, Pour supplier trés humblement, Anc. Poés. franç., 111, 123, ABorner. Orner, parer. Avecques lettres d’or tout autour adorn.ees. MA U RI CE SC Vi€., la Deptourabie Pin de flapiete, ch. 29. Aussi je c..roy qu’en son char eburnee Dame Venus, si belle et adornee, L’eust coloqué pour avoir ses repars, Cn. FONTAINE, trad. des 21 Episfres d’Ovinz, 21. Ces deserts doriques, ce grand ro y les a réduicts à la plus belle et plaisante demeure qui soit en la chrestienté, pour estre embellie et a.dornée d’un si beau et riche ba.stiment, et si grand et °spacieux, peut loger tout un petit inonde. BRANTÔME, Cap. franç., le grand ro y François (Il 1, 124), Le champ en est si beau, si plantureux, qu’il y faut un meilleur agriculteur et plus excellent que moy, pour le bien cultiver, agencer, adorner et embellir de belles parolles. In., M. de Liz Noue (VII, 261). Leur teste adornée de mesmes à la nimphale, avec. force perles et pierreries. des Dames, part. Il (IX, 319). Adosser. nIre derrière. Apres estoient ordonnez mil Trezeniens, a.costez de deux cens Lepreates, que quatre cens Myceneens et Tirynthiens a.dossoion.t. SALIAT, trad. IX, 28. Adot 1. Poisson de mer. Moulues. Pa.piilons. Adatz. Lancerons marinez. RAu.sLAis, 1V, 60. Adot 2. Coup sur le dos. Fig. : Quant aux Prestres, ils n’ont pas de besoing de grande doctrine pourveu qu’ils sçachent seulement prononcer tellement quellernent les.inca mots, et le secret do la Messe, sans donner des adots à Priscianus (c’est à dire, sans y rnesler du Latin munacha/), leur cas se porte honnesternent bien. PIE. DE MARNIX, Der. de la Relie, II, y, 2. Adouber. Armer chevalier. L’espee de justice fut portee devant luy a tout laquelle… le ires noble jeune prince… crama et adouba un nouveau chevalier. LEMAIRE D E BE L CES Pompe tunetalle de Phelipes de Ca-stille (IV, 264). Or regna. Tuscuspacifiquement et sans guerre. quelconque et telt adouber et consacrer ses nobles hommes dessusdits nommez Janigenes en tordre et. dignité de chevalerie Palladienne. ID., 1, 12. Revêtir [d’une armure]. Duquel [archiduc Charles]… tu reras un second Hector et 1a.douberas de belle armature celeste. LEMAIRE D E BE L G E s, iiiUSir.7 Prologue. Enduire. Les Perses polissent et adoubent de cire les corps des trespassez, puis les mettent en terre. SALUT, trad. d’HÉRoDoTE, I, 140. Les femmes… en détrempent un ung-uent espais, duquel elles s’a.doubent tout le corps et, le visage pareillement. ID., ib., IV, 75. Nettoyer. Quand le ventre est ainsi vuidé et. arrousé de vin de palmes, de rechef ilz l’adoubent de drogues aromatiques. SA LI ATe trad. cillÉrtoD OTE, IL 86. Bien disposer, arranger, apprêter. Des que la noble Nymphe lapperceut, elle fut si troublee de la grand peur qu’elle eut, quelle print incontinent sa course, au long dune belle prairie, sans aultrement adouber ses belles tresses qui flottoient autour de ses espaules. LumAiRE DE BE DG I s, nheSir., IL 9. Le reste de la famille ouvrant chaseun en son office, les uns adoubans les courroye.s de leurs fleaux, les autres faisans dents à rateaux. Du l’AIL, Propos rumiques, 5. Ces Ethiopiens… portoient en teste la peau du museau d’un cheval avec les oreilles et le crin qui leur servoit de ores te, et les oreilles estoient si bien adoubées qu’elles deineuroient droictes+ MAT, trad. CPIIÉRGDOTE, VII, 70.. Tu commandes appareiller les instrumens de ta desertion tu fais adouber navires, qui tamenrant la desolation de ta bienheureté, LEMAIRE. DE BE Gris, II, 2. Or prions Dieu qui] vueille tout adouber et que toute la Chrestienté se concorde unani memen fi ID., —Nouveau Sauf conduit (III, 228). Aussi slarrestera à bien adouber une chacune chose, puis à. donner la cadence à son langage. F. BaRTIN, trad. de LuciENe Comment il faut escrire une hisloire, 48. Les anciens Catholicques Romains, qui des leur tendre jeunesse estaient ernbeus de la religion Pompilien ne, eussent eu paour d’embrasser le nom et profession de la religion Chrestienne, si elle n’eust esté adobbee en ce sirop magistral. PH. DE MA.RNIX, Differ. de Relig., I, y, 6. Ce sont toutes drogues adobbees avec l’aromatique parfum de ce Mercure. ID., ib., I, y, 8. Soigner, panser. Les Perses qui avoient cugneu sa prouesse, estimeront à beaucoup si luy povoient sauver la vie, et parce luy adouberent ses plaies avec myrrhe. SALIATe trad. d’HÉRoDOTE1 VII, 181. Lu y disant qu’ils l’avoient si bien adoubé que jamais il ne serait boiteux, et qu’il iroit aussi droit que les autres. Glial.. BouCTIET„ 35 Sreee (V, 8S). Réparer. Si je rte tachoys a y remedier et adouber tes faunes. 3, 1A.urucE. SctvE, la Deplouraide Fin de Flamete, ch. 11. Adoubeur. Celui qui soigne une blessure. Les Suysses l’alloient tous les jours venir, menans avec eux leurs Chirurgiens et adoubeurs. GUILL.. BOUCHET, 35 Seree (V, 88. Adouciment, Ce qui adoucit. Entre les Citharins de la rurale bande, Je fus melodieux, prime lyre-sonant, Motif de Pimmobile, arme du remuant, Et mol adoutiment des feres plus cruelles. Lg, PAPON, Pristorelle, II, 1. Adoucir (intrans.). Être adouci. Il n’y a glace qui ne fonde a tel vent, ni telle amertume qui n’adoucisse au plonger de ce bois. St FRA N.. ÇOIS DE SALES, Defense de la Croix} IV, 15. Adouerier. Jeanne Ro ne de Na.varre… ordonna que son llo.stel de.Na_varre… fust vendu, pour ides deniers qui en proviondroient de la vente, et. autres, estre achetée und : !. maison convenable clans la ville, en laquelle ces trois especes d’Ecoliers fussent diversement logez… Ordonna.nce vrayernent tres-saincte, et digne d’une grande et devote Royne, suivant laquelle les executeum, aprés avoir adouerié l’Haste] de Navarre, acheterent celuy que nous voyons aujourd’huy au Mont Saincte GenevieEve, appellé du commencement College de Champagne et depuis de Navarre. E. PA sin JE R, Recherches, IX, 16. Adouler, Adoniourer, v, Ade uler Adelorer.

Adposer, v. Apposer.

Adressant. Adressé, s'adressant. — L'hermite nous bailla une lettre adressante à un qu'il nommoit Albian carnat. _RABELAIS, V ? 2. — Themistocles . . . . engrava en grandes et grosses lettres sur des pierres._ des paroles addressantes aux. Ioniens. AMYOT, Thémistocle, 9. — Lentulus . . . leur donna lettres addressantes au conseil de leur pais . . . , et (l'autres addressantes à Catilina, ID., Cicéron, 18, — Je ne puis estre vostre ad-vocat, estant celuy de vostre partie : mais je. vous bailleray lettres adressantes à un homme de bien. H, EST [ENA E, Apol. pozu Her., ch. 6 (I, 91). — M. de Termes luy bailla des lettres adressantes audict seigneur de Boutières. MONLUC, Comment., L. I (I, 194). — Ayant premièrement tiré. du pa.guet deux lettres a.dressantes à des particuliers. REGNIER DE LA PLA.NCHE„ HiSe. de l'Estai de France, I, 2r18. — Il me vint demander une lettre du Roy, addressante à feu. M. de Carrouges. Lettre de VILLEROI'. à. D1.1 Vair, daD.S Trientd„ édit.. (le la Sai. Men. (II, 171) : — Elle depescha incontinant homme, avec des lettres adressantes à AlibilL FAUCHET, AniiqUile21 VI 5. — Dam.ase Legat vint en Fra.nce, qui apporta des lettres de Rome adressantes à tous les PrincesID., ib, XII, — Le criminel prent en sa poche une lettre de son maistre adressante à. Joyeuse. AinuGrd, Hist. Uniy., V111, 9.

Adresse. Direction. — Ceulx_ qui y estoient venuz du costé d'Espaigne s'en retournèrent par les montaignes le mieuLx qui leur fut possible, et ceulx q-ui congnoissoient les addresses des chemins furent ceulx qui rn ie ulx eschappèren t. ARG. DE NAV., eptiarn.., Prologue. — La. conscience.., a son but et a.dres.se à Dieu. CALVIN, .fieStii.i. 111„ XIX, 16, — Estant dengues Hannibal descendu en ce fo.nd de sac, Fabius qui cognoissoit le pals et sça-voit les adresses des chemins . . . Pay serra le pas !MLF OU il pouvoit sortir de ceste vallee. AMYOT, J.1.1a..rinn..e.s, 6. — Quadrant des Mariniers, appellé par Les Italiens Boussole, est u.ne invention admirable qui court sur mer pour se recognoistre lors que. l'on a perdu tout jugement de son adresse. E. PAsQuiÉn, Recherches, IV, 25. — Ce grand et presumptueux roy vouloit y faire pa_sser un bras de la riviere de Loyre le long de la muraille (aucuns disent toute la riviere), et en destourner le COUTS, et luy bailler là son adresse.. B A rcrôeit E7 Cap. franç., le grand roy François (Ill, 125).

Chemin, sentier. — Et nay trouvé en sentier ou adresse Homme qui print de inoy COMPRSMOIll. MICHEL D'AmBoTsE, le Raliiioni 83 vo. — Le chemin que tu nous dresses Fais moy cognoigtre, Seigneur, De tes sentes et addresses Vacilles moy °sire enseigneur. MAnoTr, Ps.. de David, 25. — Quand leur entendement ne se peut contenir entre les limites de la verité, ne faut il pas que il entre en un labyrinthe de toutes deceptions, où n'y ait ne sentier n'adresse ? CALVIN, Contre tes Liberiins, 5 (VII, 165). — endureront beaucoup de maulx que leur feirent les habitans pays, qui sont hommes forts et robustes, et qui vongnoissoient -toutes les advenues et addresses du pays. AMYOT, trad. de DIODORE, XIV, 7, — Agyris qui corignoissoit toutes les addresses du pays, avoit tousjours avantage sur luy en tous aguets et embusehes, et luy couppoit et surprenuit les vivres à tout propos. ID., ib., XIV„ 24.. — Il n'y a sentier ny addresse quelconque par où l'homme se peust guider en allant par ce pays. ID., ib., XVII, 18. — C'est à toy d'aler la premier°, 0 Venus, pour nous mener droit Car tu dois sçavoir chaque endroit De ce pajs, et les


adresses. Baïf, Devis des Dieux, 1 (IV, 147). — Elle a. pour son but, la vertu qui n'est pas, comme dit l'eschole, plantee à. la teste d'un mont coupé, rabotteux et inaccessible . . . Ceux qui l'ont a_pprochée la tiennent au rebours logée dans u.ne belle plaine._ d'où elle voit bien souz soy toutes choses ; mais si peut on y arriver, qui en sçait l'adresse, par des routtes ombrageuse.s, ga.zonnées, et doux fleurantes. TIFfONTAIGNE, 25 (I, 198). — Le truant qui savon Jes routes et adresses, se trouva au deva.nt. Du FAIL, d'Eutrapel, 15.

Prendre son adresse, prendre une adresse, prendre adresse. Prendre une direction, une route., — Tu t'en vas droict en Avignon, Vers Paris je prends mon a.dresse. Marot, Epistres, 49, — Ilz prindrent leur adresse Droict vers le temple à la sa.cre Déesse. ID., trad. du liv. I de la lidetainorphase. — Je suivois d'Apollo la trace non corn.mune.,. Une adresse j'ay pris beaucoup plus opportune A qui se sent forcé de la ncesseté. DU BELLAY ? RÉgrOIS, 3, — TO-1.1t ainsi que d'un costé Bellovese s'achemina, en Italie, aussi d'une. autre part Sigovese prit l'adres_se de Ia Germanie. E. PASQUIER„ Recherches, I, 3. — Deux pauvres estrangers, qui bannis de la. Grece A-vor.111., prins à la. Cour de France leur adresse. RuSSARD, Poernes, L. II, à Jehan du Thier (V, — Où. cherchera.y-je ? Où questeray-je ?„, Quelle adresse me faut prendre ? Baïf, l'Eunuque, 11, 3 (IV, 30). — Ainsi par tout où Turnus prend adresse Devant lui part et s'écarte la_ presse. DES MASURES, Eneide, XII, p. 636. — Louys.., voyant son armée estre plus minée et defaicte par Pinjure du temps, que par l'effort de son ennemy, delibera de reprendre l'adresse de France. E. PASQUIER ? ReChenheS, VI, 7. — Hector avoit chassé les batailles de Grece, Qui desja vers leurs naus reprenoient leur adresse. MoNTC.IIRESTIEN, Hee-gOr„ V (p. 62).

Personne ou chose qui guide, quL montre le chemin. — Or, me liant, Seigneur, de ta largesse, Et que seras ma conduite et addresse, Cornmencera.y dire l'occasion Pourquoy tu prins de nous com-passion. MARc. NAv., les Marguerites, le Triomphe de l'Agneau (111,2). — (A Charles I X. Mon maistre, je te pleure, et pleureray sans cesse D'autant que tu estois mon port et mon adresse, Aen. JAT'dIrNi Poesies, L. V, 292 vo. — Et toy seul [Dieu' le sa.uvant l'as conduit dans le. port Où nul rte peut surgir s'il ne t'a. pour adresse. BERTAUT, pact., p. 15. — Une personne qui n'y s+.2..ra, pas fort exercitée [en la. saincte Escriturei, a bon rnestier de quelque conduicte et addresse pour sçavoir ce qu'elle y doibt cercher. CALvnte, Argument. — Nous n'avons nulle adresse ni conduite sinon par la parole de Dieu. ID.., Serin.. sur l'Harmonie evangel., 58 (XISI, — Je ne recognois plus tous ces lieux où je vois, Et m'égare en resvant sans voie et sa.ns adresse. D LSPORTES.' Diane, L. I, Complainte. — Non ceux qui d'ignorance avaient les yeux voilez, Ou qu'un sçavoir poilu (,le vices signalez Foison trouver pareils a-u.x Mercures antiques Assis pros des chemins pour addresses publiques, Qui collans au pa.vé leurs immobiles pas, Du doigt monstroient la voye, et ne la suivoie-nt pas. BEBTAUT Œuv. poet., Hymne du Roy St Loys 75).

Indication. — Grandt cognolssance de !a qualité du cheval tire-on de la couleur de son poil . . . Et bien que de tous poils se Lreuvent de bons ellevaux . . . seroit se decevoir à son escient que de rnespriser les adresses du poil. O. DE SERRES, Théâtre d'Agric., IV, 10. — Pour avoir certaine adresse sur la nature du patient, ii faudroit avoir mangé (comme on disoit ei.nciennement d’un amy) nn muys de sel avec luy, Tf PASQUIER, Leigres, XIX, 16.

Adresser, Dresser, élever. — En contemplation {le son exoellence, luiv rut addressé un tombeau de pierre_ E. PASQUIER, Recherches, II, 34.

Rendre droit, redresser. — Fig. [La Fortune] n’adresse elle pas quelquefois nos conseils, et les corrige ? M °NT A w NE, I, 33 1, 280). Direct. — Or avoyent-ils le grand ch.emin laissé P01, 111 un sentier droit et mieux addressé. MELIN 131E SAINCT-GELAYS, Gerre re III, 335)

Dresser, exercer. — Pompee vouloit avant instruire et adresser ses nouvea.ulx gensdarrnes. SEYSSELI trad. d’APPIEN, Guerres civiles, II, 8.. —Entre les exercices du corps, que lon prend par esbatemeïit, lias plus recommandables sont ceux qui oultre le plaisir quo lon en reçoit, adressent Je corps, enforcissent les membres, et, profitent à la santé. Am Y OT, ./Ethi0p., Proome du Tra.nslateur. • Les capitainfLs oxercitoient leurs soudardz, et Les addressoik-mt aux armes, et au mesLier de la guerre. ID., trad. de DIODORE, X F. 15. —En leur elevant et aguisant le cueur par lion. IlelIFS et presens qu’il don nuit à ceux qui taisoyent blen leur devoir, et addressant leurs corps, et les endurcissant à la peine par les remuer souvent de lieu à autre, et les faire exerciter continu.ellernent. ID., Eumène, 4. — Il feit choisir trente mille enfans du pats, ausquelz il kit apprendre les lettres Grecques, et les nourrir et addresser aux armes et à la discipline Macedoniene. In., Alexandre, Lyeurgus addressoit et exerceoit sLJS cituiens dés leur enfance à ceste force et vehemence de parler amassé et renforcé. ID., Du trop parler, 1’).

Diriger. — Vien ça chascun, je te veulx faire entendre Et te montrer la voye où tu dois tendre, En ayant l’œil droiet dessus toy planté, Pour t’adresser comme experimenté. MAnoT, Ps. de Daoid, 32. — Par ce que nous sommes charnelz, aussi ilz [les Sacremens] nous sont donnez en choses charnelles : à ni) que ainsi ils nous instruisent selon la capacité de notre rudesse, et nous addressen t. el. conduisent comme pedagogues font tes petis enfans. CALVIN, Mail., X, p. 567. — Phares. Hauites tours sus le rivaige de la mer, esquelles on allume une lanterne on temps qu’est tempeste sus mer, pour addressor les mariniers. RA BELAIS, I \ire Briefoe Declaration. — Nostre imbecillité est telle, que si l’Escriture ne nous adresse à chercher Dieu, fo : MS y sommes tantost, (]..svanouis. CALsiti, Instil., I, xtv — Il [Dieu] est comme un patron de navire, qui tient le gou’vernal’pour adresser bous evenemens. 1D., ib., I, XVI, 4. — L’homme d’aage politique addresse et enseigne le jeune. AMYOT’Si l’homme craage, etc., 12. Faire aller droit, — Il addressoit les boiteux, il rendait clairvoians les aveugles. L., i, BŒTIEs Servitude.voiontai•e, p. 41. Adresser le chemin. Diriger la marche, montrer le chemin. — Dieu… envoyera ses Anges du ciel devant \rostre face, à ce con adressent voz chemins. LEMAIRE DE’BELGES, Schismes et Conriles, 2e part. (III, 286). — Le droict chemin assez bien je trouvoye : Car çà et là pour addres* ser la voye Du heu devot, les paysans pelerins Alloient semas roses ût romarins. MARoT, le Temple de Cupido.

Adresser son chemin. Se diriger [vers un lieu].. Tournez les brides des chevaux, et adressez vostre chemin tout droit en la cité de Cebrine. Le-


maire de Beloes, II, 12. — Si alla Crassus planter son camp en la Romagne, pour attendre depied ferme Spartacus, qui y addressoit SCII1 chemin. AmyoT, Crassus, 10.

S'adresser à vers. Se diriger vers. — Loupgarou doncqnes s’adressa a Pantagruel avec une masse toute d’acier. RARELAis, Il, 29. — Ils passerent le Rosne, et Loire ils traverseront, Et droit devers la Sone à Paris s’adresserent. Baïf, Poemes, L. Il (II., 99-100). — Mais voy-je pas quelqu’un qui devers moy s’adresse ? MONTCWREST1EN, DaCddi l„ p. 206.

S’adresser. S’exercer. — Faisant la guerre avec lu y, s’adressoient leurs jeunes gentilzhommes. LOYAL SERVITEUR, Hist. de Bayant, 65.. — Les Thebains es tans continuellement apres à s’exerci ter et s’adresser aux exercices du corps, en devenOient hommes forts et robustes. Amy °Tl. trad. de DIODORE, XV, 14. — Les Thebains devindrent alors plus belliqueux que jamais ilz n’avoyent esté au paravant, s’esta.ns addressez et exercitez aux armes par les continuelles invasions des Lacedaemoniens. ID., Agésilas, 26. — reit assembler tout te peuple dedans le parc, là ou les jeunes gens eaddressent aux exercices de la personne. ID., Antoine, 54. — Ce ne luy seroit point de honte. de coder~ la mer à Claesar, pour autant qu’il s’estoit exercité et ses gens duits et addressez aux combats de mer en Ia guerre de Sicile contre Sextus Pômpeius. ID., ib., 63.

(Orthographe.) — A moy s’en vint adroisser desprit coy. Dans J. BoucliET, Epistres tamil. du Traverseur, 22, — Ce que je dy n e s’adroisse pas à ceux qui par le commandement des princes et grands seigneurs traduysent les plus fameux poêtes grecs et latins. Du BELLAY, Dehrenee et Illustration, I, 6.

Adresseur. Celui qui dresse, qui redresse. — [Le pape] Des ignorans l’adroisseur et l’escolle. J. BoucnET, Epistres’nivales d4 Traverseur, I, L — Et seras appellé reparateur de la ruyne, addresseur des sentiers pour habiter. CALVIN’Bible franç., Isaïe, 58 (L I, 666).

Adressouer. Aide, moyen.. — Mais, pour rnonstrer qu’il tenseroit phis hault (Qu’ilz rre feroient), il siencridcha en hault Sur ung buffet, ou sur ung dressouer : Mais rien ne sert ung tel adressouer C’estoit nyent. BOURDIGNE, Pierre Faifeu, 49.

Adroger (terme de droit). Adopter. — II n’y a nul sujet de pouvoir tirer aucune consequence de ce fait, non plus que de la quarte de l’enfant adrogé. Du VAIR, Armes prononcez en robe rouge,.1.

Adscrire, v. Ascrire.

Adstriction, y. Astriciion.

Aduellier. eadueiiier,’a figer. — Les Gregeois par contrainte Tristes se defendoient : des Dieux la troupe sâintel Qui souloit aux Danois les forces augmenter, S’a.dueilloit en voyant le Troyen surmonter. Am. JAMYNI Iliade, XII, 5 vo.

Adueillé. Affligé. — Cueurs aclueillez en tristesse confitz, Approchez vous, venez pleurer mon file. CRETEN, Deplor. sur le iresp diOftergan. — Si je redisois les paroles de ce Prince, adueillé sur augiron mort. AUBIGNÉ, Sancy, 1, 7. Cr. Ade u r

Aduire. Instruire. — La, pa.yen je ru serf, et parmy les troupeaux Des filles fus aduict Rus mestiers damoyseau.s. P. DE BRACH., 11 ierusaltem XII, p. 53. S’aduire. S’instruire, se former.. — II reeust onq soucy De eaduire à l’honneur, d’apprendre avec adresse L’exercice que doibt apprendre une noblesse. p.. DE ierusalem, IV, p. 32.

Aduit. instruit. — De réthorique il n’est point fort aduit, Dont, s’il vous plaist, le tiendrez en excuse. Anc. Poés. franc., IX, 314.

Adulater. Flatter. — Luy louant et exaltant ses beautez, elle luy dit après : « Non, madame, ce que je vous en dis, ce n’est point pour vous adultérer » ; voulant dire a-dulater. BRANTffiru, des Dames, part. Il (IX, 249).

Adulatif, Flatteur. — Par telz propos a.dulaln et fainetz. HA uDENT, Apologues Gl’Esope, I 5, 122.

Adulatoire. Flatteur, trompeur.. — Plaise —vous donc… prester begnine oreille aux louenges D.OI1 adulatoires du prince tre-SpaSSé. LEMAIRE DE BELGES, le Temple d’Honneur et de Vertus (IV, 191). — Quand davanture ainsi seroit que tes paroles rie fussent point feintes ou adulatoires, ta bautesse procedant de Majesté Royale, et de’ancienne geniture des Dieux nen seroit point trop amoindrie ny a.baissee. ID., 25. — Discorde… estoit volee jusques au riche jardin des belles Hesperides… Et tant laboura la criminelle serpente, à force de prieres importunes, et requestes adula.toires, que desdites pucelles elle finpetra une noble pomme de metal a_urein. ID., ib., I, 30. — La narration du philosophe Dion… doit. estre reputee vaine, ridicule et adula.toire. ID., ib., 11., 25.. — Par voz paroles fardees et adulatoires, n.ous ne nous pourrions jamais conde….icendre à rom.pre la toy de nostre alliance et confederation, ainçois la contre-garderons et entre tiendrons justement, catholiquement et saintement. Io., Schis.rnes et Conciles, Prologue. — Je seroye bien honteux… d’avoir eusuivy gens arrogans, assentateurs, et ambitieux., Ia. vie ou la doctrine desqu.els seroit damnée ut reprouvée, ou leurs eseripts blasrnez et condernnez, eotrune a.dulatoires, et pleins de menterie. SESEL, Hist. de Louys X_1I, p. 162, — Si j’eusse acquis deceptivement l’amour de Blanche fleur… elle auroit raison me laisser pour plus gratieux jouvence’: mais ce n’a esté avec abbus, force, ou paroles adulatoires. A. SEv1N, trad., de BOCCACE, le Philocope, L. III, 68 vo. — Toutes vos paroles sont adulatoires et deceptives. ID., ib., L. IV, 79 vo. — Et que. verra.s ton dire adulatoire L’avoir desja enflé de vaine gloire. HABERT, trad. d’HonAcE, Satyres, 5.

Adulteral. Où se commet l’adultère. — O obscures tenebres… Occupez raduIterale Tnaison. Trad. de BOCCACE, Fiammene, VI, 82 ro (1537).

Adulterateur. Celui qui altère lune substance]. — 11 [Lucifer] souppe tres bien de marcha.ns usuriers, a.pothicaires, fa.u1s.aires, billonneurs, adulterateurs de marchandises. RABELAIS, IV, 46.

Adultere. Amant d’une femme mariée. — Je vous inonstreray,.. aujourdlbuy Demeneté couchée avecqi son aduItere. AMYOT, Hist. fEthiop., L. I, 8 vo. — Il [Landryl fut Maire du Palais, et adultere de Fredegonde, FAucHeT, Antiquiter., V. 1.

Maîtresse [en com.metta.nt l’a..duitère].. — Jules Césa.r ne lit autre nial à sa femme Pompeïa, sinon la répudier, laquelle avait esté l’adultère de P. Claudius, BRANTôrd El des Dames, part Il (IX, 26). Au féminin on trouve aussi aduiteresse.—Adulteres et adulteresses, ne savez —vous point que l’amitié’du monde est inimitié de Dieu ? CALVIN,


Bible françoise, Epistre de Jacques, 4 (LUI I, 585 — Et est blaspherner, que. d’appeIler chose Catholique, paillarde, adulteresse. CI1ARRONe ICS TroiS erite.z, 111, 7, Adv. Adulterer (transi).

Adulterer. Adulterer qqn. Lui faire commettre l’adultère, — Plus grande inju.re est. à l’homme de supposer et adulterer sa femme, que si l’on tuoit son filz unique. P. D E CHAN GY de la Femme chrestienne, II, 2. — Lhomme dechassera sa femme, mais elle sera premierement violee ou maculee, et aduneree. ANTOINE DU MOULIN, trad.. de 1’Astrologie naturelle, p, 218. — Son compa.gnon… reit tant qu’il desbaucha et adultera, la, fe.m.me de l’autre. Amy0T, frestruct. pour eeux qui manient affaires d’Estat, 32. — Ne pouvoient celles qui avoient esté adulterees couvrir leurs voluptez et copulations illegitimes. LE LOYER, ie des Spectres., I, 9, — (Fig.). N’est-ce pas cloniques ne plus ne moins quo Callicratidas disoit ancienement que Conon adulteroit la mer, aussi que Epicurus honteusen-ient et à cachettes faisoit l’amour à la gloire.. ? AMYOT, Que ion. ne sçauroit vivre jœuseenent selon Epicurus, lb. (In trans.) Con in m e t Ire l’adultère. — Ces a r envoya. en exil Aquilia accusée d’a.voir adultéré avec Varus Ligur. Trad. des Cinq premiers liv. de.s Annales de TAciTE 5 IV 3. p.155.— Gomme son pere Julius Antonius eust esté puny de mort pour a.voir adulteré avecqi Julia. ID., ib., p. 156.— Ce jeune homme, estant poulsé de bonne et sincère amour.. ne voulut point adultérer, ny estre cause ailleurs d’un mauvais mariage. MARC. DE NAV., llepiain., 44. — Las I pourquoy, ma patrie, as tu voulu, cruelle, Me faire cleoir és mains d’un. amant infidelle ? D’un espoux desloyal ? qui parjurant sa toy, Adultère sans cesse et ne fait cas de moy ? R. GARNIER, Hippolyte, a94. — Selon cest astrologue, si la dixiéine partie du Chevreul est. trouvée en la presence de Mars, le mary adulterera. CitomÈrtEs, Se Ap. Disnée, p. 299. — Qui void la femme de son prochain pour la convoiter., il a. des-ja adulteré en sort cœur, St FRA NÇO15 D E SALES, Amour de Dieu, XII, 10. — (Fig,) Quand il reprend les Juif ?, de leur infidelité se C0113plainct, qu’ilz ont aduIteré, rompans la loy du mariage. CALVIN, Instit., 111, p. 135.

Adulterer [une substance]. La mêler à. Une autre (sans idée péjorative). — Visitoient les bouticque.s des drogueurs, herbiers et apothecaires, et soigneusement consideroient les fruicts, racines, gommez, semences, axunges peregrines, ensemble aussi comme on les adulteroit. Rabelais, I, 24.

Adulteresse, v. Adultere.

Adulteriner. Altérer. — Les choses sensibles au vray, dont Ies grands princes souventesfois n’ont cognoissance sinon a. demy, et ainsi qu’on peult dire, congnoissance ma.squée et desguisée ou adulterinée. G. BUDÉ, Insiit. du Prince, édit. J.. Foucher, ch. 35.

Adulteriser. Altérer. — Voilla comme a, present chacun l’adulterise [Ia. vertu], Et forme une vertu com.me il plaist à sa Ê, luise, REGNIER, Sa,. 5.

Adumbrer, v. Adombrer.

Aduner. Unifier, accorder.— Les députez… se rassemblèrent pour aduner deux thèses différen.tes, lesquelles, parmi tolites les courtoisies, estoyent tousjours en la bouche des deux con.traires. EeTiGikid, Hist. Univ+, XV, 6. — Que si les termes et ies prétextes sont differents selon les ! jeux, ils sont pourtant de tout poinct a.dunez, soit pour le lieu d’où ils prenent naissance, soit pour avoir mesmes progrès, ou estre semblables de leur fin. Id., Lettres de sources diverses, 27.

Aduni. Uni. – Les divers interests de tous les }Princes qui abaissent leurs sceptres sous le joug de Rome, sont, aujourd’huy adunis et ameutez à un dessein qui est. diesteindre deux choses, premierenient ta verité de Dieu, et puis les Republiques, et leur liberté’. Aubigné, Lettres et Mémoires d’Estat, 12.

Adurcir (s’). S’endurcir.— Autant que le cœur de Cliamene s’enflammait, tant celuy du berger s’adurcissoit contre le feu et les flammes. N. DE MON T a EU X, ie Premier Livre des Bergeries de Juliette, Journ+ II, VI ro.

Aduré. Enflammé. — Dotilee Ame zephiree, Respire en moy ton doulx vent pour estaindre La grand chaleur en mes nerfs aduree. COLIN B)CHER, Poesies., 71. Muets. Brûlé. — On temps d’esté nu, sec, cler, et adulte, Et sur la fin du violent auguste. J. Bou Epietree familieres d ’rci.ver, eier, 65_ — La nature de la terre est toute aduste, et en des endroits rougeastre et pierreuse. THEVET, Ca$inOgr., 2. — Il s’en vint sur ceste mer… à "l’opposite de laquelle est une rnontagne seche et adulte. Trad. de FoLENGO, Merlin Coccaie, 12. X X (II, 172). Adustif. Brûlant, ca_ustique. — Les choses uretiques ou adustives sont les ailz, pyrethrum, euphorbium. AniT. Dli MOULIN, trad. de la Vertu de la Quinte Essence, p. 84. — Combien que la sevre aigrie soit corninunement engendree par violence de colore adtisfive. ID., ib., p. 146.

Advancer, Advanceur, Advantage. v. A yan. eer, Aoaneeur, Aoantage.

Advantagement, Avanta..geusernent… — Ceux de son Excellence estoient bien et advantagemen t montez,. IIABLLATS, la Sciomachie ( III, 403).

Advantageux, v. Apancageu.r.

Advenaire, Étranger, Encaves que les Peres 5e trouva.ssent sipeu de gens, et de mine. puissance, lors qu’ils —vindrent se tenir au pais comme advenaires. TEL DE BÈZE, Ps. de David, 105, Paraphrase. — Nous nous servons de l’invocation des Saints, les suppliant d’interceder pour ce qui nous regarde, nous qui sommes udivenaires et peierins sur cegte terre. St FBANçois DE SALES, Sermons recueillis., 51 (X, 139).

Advenant. Convenable. — Mais Pan, qui Vayme, est assez souvenant Qu’un tel ouvrier est propre et advenant. A toy, qui est recueil des bons esprits. MA ROT, Chants divers, 5. — Ces deux passages donques ne sont pas advenans ni a propos pour vostre retormation. St FRANçois DE SALES, rôniroverSeS,. III, 3. 2. A l’advenant Convenablement.. — Cela est bon… à dire à vous qui estes monté à l’advenant sur un bon cheval. BRANTemE Cap Car le corme Ludovic _Loewi.(1, 344). Advenement. Arrivée. — Le lieu esteit umbreux et odoriferant par ]advenement Diu printtraps qui nouvelles fleurs et, fueilles y avoit tissu. LEMAiRE DE BELGES, illustr., I, 28. — Pour le soudain advenement des François en Ytalie à tout si grosse puissance. ID., Chronique annak (IV, 507). — Par ce luy convenoit prendre couraige nouveau au nouvel advenement de son poupon. R B E LA FS, I, G. — Car je jouys du sainct advenement De ce grand Pape abouchant à Marseille, MitirtucE SCÈVE, Delle, 28, — La suite des jours ne diminua rien de la bonne chere qu’on leur avoit faîcte à leur avenement, J. DE LA LANDE, trad. de DICTY5 CR : TE., L. I, 2 ro.— Il s’en retourna en Acha.ïe, avec si bon nom… qu’il fut incontinent eleu Capitaine general de la gen. darinerie et là à son a, dvenement il trouva que teulx_ qui devoyent servir à cheval avoyent de meschans petits clieva.ux. Ara yorr, Philopemen, 7. — Sois donc sans peur : et dy moy franchement Le Ment-heureux motif de ton avenernent. Du DARTAS„ Judith. L. IV. — Pay usé de ce mot de nunce, puisqu’il s’use aujourd’huy j’ay veu, t mon advènement à la court, que l’on n’en usoit, sinon d’ambassadeur du pape.. BRANTôMEe Cap. franç.> l’admirai de Chastillon (IV, 294-2g5). — L’esprit [Sa.tani dans un Typhon pirouettant arrive De Seine tout poudreux à l’ondoyante rive. Ce que premier il trouve à son advenement Fut le préparatif du brave bastirnent Que dessei gnon pour lors la peste Florentine.. AuBreNÉ, Tragiques, V (IV, 198). Début. — Pericles à son advenernent., pour acquérir reputation pareille à celle de Cimon, tas cha à se mettre en la bonne grace du commun populaire. AMYOT, Périclès„ 9. — Pytheas l’orateur à son aclveneinent, qu’il ne faisoit encore que commencer a harenguer devant le peuple, babilloit desja à tout propos audacieusement et presurnptueusement. ID., FhOciQln, 21. — A son advenement à la chose publique, ayant trouvé un subject honorable de parler contre Philippus, pour defendre les droicts et la liberté’des Grecs, et s’y estant employé dignement, il en acquit en peu de Lemps repu Cation tresgrande. In, Démosthène} 12. — Jamais vie d’homme ne fut belle el. accomplie, qu.ielle n’ait produit en nous quelques traits de gaillardise, sur nos premiers avenernens. E. PAS.. QUIER, Lettres, VI, 3. — Les Carmes à leur advenement en France portaient leurs ehappes bigarrées de blute et de noir. Recherches, IV, 30. — Son premier advinement de guerre et de Na pies fut. lors que Manuelle dy Berna-vida amena d’Espagne deux cens hommes d’armes… et deux mil’hommes de pied. BitKriemE, Cap. esir., dom rte ire de Lève (ii 174). — Son premier advéne. ment [de Brusque] fut au camp d’Avignon, où il se jetta., venant de scie pays de Provance, pour Baigner la pièce d’argent. ID., ib.., relichai crEstrozze (Il, 260), — Son premier a.dvènernent fut lorsqu’il vint servir la France, quand Barberousse vint en la mer de Provance. Iu f# Cap, franç., le prieur de Capoue (IV, 122). —, l’avais fait imprimer mon Monophile dés mon premier advenement au Palais. E. PASQUIER, Lettres, XXII, 12.

Le fait d’advenir, d’avoir lien, événement. — A fin que en tout advenement il fust en ordre et en bataille. SEYssEL, trad. de DrononE, III, 19 (107 vo), — Il ne fault pas estimer la faculté du libéral Arbitre de l’homme par I’advenenient des choses comme font aucuns ignorans. CAlvin, /nietii., II, p. 91. — Nous voyons à cause que les choses adviennent, et les choses n’adviennent pas cause que nous voyons. L’advenement fait la science, non la science l’advenernent, Ce pie nous voyons advenir advient : mais il pouvoit autrement advenir : et Dieu, au registre des causes des evenernensqu’il a en sa prescience, y a aussi celles u’on apelle fortuites. MoNTAIGNE, II, 29 (HI, q 125). —p Elle. [ia fortune] aura finallement payé le reste de son hayne ert ceste publique plainte et deuil de toute la France et dernière perte mienne par le cas et advenement d’une si grande désadvanture. BRANTÔME, Rodomontades espagnolles (VII, 70). Issue, résultat. — Il parla subtilement . . . en deduisant les raisons de redoubter l'advenement de ceste entreprise. Budé, Instit. du Prince, édit. J. Foucheri, ch. 33. Advenir 1. Arriver. Advenans au Palais •osait rusrnes,.. presentez à la .Ro ni. RABELAIS, lqirl 32. La haulteur n'y estoit point si grande que l'on n'y peust advenir avec des eschelles. AMY OT, AraittS 5. Le Prinee Ma_cedon ne trouvait imprenable Nul fort où les mulets chargez d'or avenoyent. Baïf, Passelems, L. III {IV, 369). Atteindre, parvenir Chloé . . . se mettait à vendanger aussi elle-mesme les plus basses branches des vignes, ausquelles elle pouvoit advenir. ArifyoT, Daphnis et Chloé, L. Il, 19 ve. Il faut entendre. de faire un saut comme les petis chiens, quand on leur tend quelque chose à laquelle ils ne peuvent avenir sans sauter. H. EsTimmsE, Dia.l. du lang. franç. ital., II, 99. Et ce pendant pour tous tresors il a Non revenu, ba_nque, ne g.rrandT practique, Mais seulement sa plume poetique, Un don royal, où ne peult advenir, Et un espoir (en vous) d'y parvenir. MARoT, Epislres, 28. C'est une vertu et faculté qui n'est pas en tous. Mesme les plus sça.vans quelque roys n'y pourront pa.s advenir. CALVIN, Préface des Dispa !aurons chrestiennes de Viret (IX, S6S). Combien que personne n'approuve le moyen qu'il teint pour advenir à ces fins, si fut-ce un grand exploit fait à luy, que de diviser et esbranler ainsi tout le Peloponese. A fle TOT, Akibiade, 15. Les Latins sont contraincts (}user de cinq ou six mots pour l'un de ceux-ci, et encores en la fin ne se trouvent point advenir du tout à la signification. H. ESTI E N N EConformité, 11,1. Ceux qui ne peuvent advenir à. la Philosophie se consument de travail apres les autres sciences. AMYOT, Comment il faut nourrir les en/ans. 10. C'est bien une question liante, ceste-ci : nous sommes trop petis, et. pourtant n'y adviendrons jamais. H. EsTlE r E, Dial. du. lang. franç. ital., 1, 166. II y a des autheurs, desquels la fin c'est dire les evenements. La mienne si j'y scavoye advenir, serait dire sur ce qui peut advenir. MobrrAmirni El I, 20 (I, 118). Nostre goust n'advient non plus à ce qui est au dessus de luy, qu'à ce 'Épi est au dessous. ID., II, 2 (II, 21). A cette ey [la vie de Regulus] je ne puis advenir que par veneration : j'a_dviendray volontiers à l'a_utre [la vie de L. Thorius Balbus] par usage. ID., III, 7 (IV, a).

Réussir. Il proposa le bouclier a tous les fevres qui pour lors estayent a Rome, pour essayer qui en ferait de plus semblables tous les autres desespererent d'y pouvoir advenir, mais un nommé Veturins Marnurius . . . les feit tous si fort semblables, que Numa mesme ne les sceut plus recognoistre. AM ï GT, Numa, 13. Crassus qui ne desiroit autre chose, ne peut jamais advenir à entre du Capitaine general, sinon en la guerre contre les esclaves. ID Compar. de e n-83 ELS avec Nicias, 3. Il n'y avoit ne peintre ne imageur qui peust advenir à le bien tirer et contrefaire naïf }tuent apres le vif. ID., Demeirius 2. Les autres representans bien la torse de son col et l'hu.rnidité de ses yeulx, ne pou voient advenir à exprimer son visage macle et sa generosité de lion. In.a de k Fortune d' Alexandre, II, 2. Thales a_ccusant quelquefois le seing du mesnage et de s'enrichir, on luy reprocha que c'estoit à la mode du renard, pour n'y pouvoir advenir. MONTAIUNE„ I, 24 (1,162 Quand j'entreprendrois de suivre cet autre stuc aequable, uny et ordonné, je n'y sçaurois advenir. ID., 11,0 (III, 28). -Celuy qui ne pouvolt advenir à peindre la bave et escume


d'un cheval, jettant de dosgil l'esponge, fit, ce qu'il ne pauvoit entendre. CHARRON ite$ Trois Veritez, I, 5.

Devenir. Quand il est advenu Foy, et que les richesses du pais luy sont devant les yeux. CAL. VIN, Serin. sur le Dealer., 106 (XXVII,04).

Convenir, aller, seoir. Les Princes et, Princesses assistantes, disoient tout d'un accord, que bien avenoit à la Nymphe porter habit royal. LEMAIRE li E BELGES, r., 1, Un jour habilla sondict Roy d'un beau petit paurpoinct de teille . . . et une belle ceincture de pers et vert, disant que ceste livret luy advenoit bien, vett qu'il avait estépervers. RABELAIS, II, I1. Mais d'où vient Qu'a.ux femmes aussi mal advient Science, qu'un hast à un }neuf ? MkRIOT, trad, de deux Colloques d'ÉRA.smE„ I. Le mesure personnage estait de ceulx que lori dit qui ont esté allaietez duneurrice ayant les tetins durs, contre lesquelz le nez rebouche et. devient mousse ; mais cela ne luy advenoit point mal. DEs PÉFUERS7 NOW,. Réer., 48. Voy pros de ce rivage Quatre Nymphes qui viennent, A qui tant bien aviennent Leurs corsets simplement, Et leurs cheveux qui tiennent A un nœud seulement. Ro NSA RD" Pièces retranchées, Odes (VI, 72). Il y a des couleurs qui adviennent mieux à une personne que les autres . . . Ce qui a Lia dire à Ovide, parlant des femmes, que le blanc advient mieux aux femmes noire, qu'autre couleur, et le noir aux blanches. Gun.L. BoucnET, 19e Serce (III, 235). Ces grands sages n'ont point d'esprit à boufonner . . . et s'ils s'en veulent mesler, cela leur avient somme à une huiliere à. coiffer une Reine. B E ROALD i DE VErtvii..x.E, te Moyen de parvenir, SynQcie (I, 223).

S'advenir. S'accorder. Aux actions des hommes insensez, nous voyons combien proprement s'ad.vient la folie avec les plus -vigoureuses operations de rostre amer MONTAIGNE, I I, 12 (II, 224). Je ne sça.y qui a peu mal mesler Pallas et les Muses avec Venus, et les refroidir envers l'amour : mais je ne vie aiu cleitez. qui siaviennent mieux, nid qui s'entredoivent plus. ID., III, 5 (III, 324).

(Prononciation.) Il n'avient quasi jamais qu'il y applicque son estude à bon escient. CALVIN, II, p. 53. Mais quand aurois-je dit les troubles qui m'a.vindrent Ceste effroyante mulet . . . ? JODELLE, Didon, I (1,1 62). -Si malheur en avient, à nous en est la faute. RONSARD Elegies, rOrphee (IV, Les Dieux ordonne-rayent de ce qui aviendroit. Baïf, Antigone, V, 3 (III, 180). Qui nous paist ? c'est l'espoir de quelque faux bonheur. Mais clavant qu'il avienne il faut que lin trepasse. ID-, Passeterns, L. III a66). Il ne m'est oncques avenu de trouver la bourse de mes amis close. Mo N TAIGN I, 40 {1, 342). Il avint que ses mains encores deschirees Receloient quelque sang aux playes derneurees. AuBIGNÉ., Tragiques, IV (IV, 180).

(Formes.) I mparf. du subj. rEt de rire par les escoutans de plus belle, Iesquelz n'eussent jamais pensé que le cas adviensist. LOYAL SE RV T E u EL, Hist. de Ba art, 47. Dont bien pensas qu'il t'en avenist rnieus. Cri. FONTAIN El 21 Episgres d' VIDE, 20.

Advenir (subst.). Arrivée. Entendu l'advenir de ces seigneurs, la race d'Europe . . . leur vient de bous collez au devant. J. D E t,Ai. LA ND E, trad. deDmerrys DE CRÈTE, L. I, 1 V.

Advenir 2. Les choses adyenir. Les choses futures. [Noël par la science d'Astronomie, prognostiquoit des le commencement de tan toutes les choses advenir+ LE.m.i.iRE DE BELG Es, Illustr., I, 3. — Nature a en l'homme produit . . . desir de sçavoir et apprendre, non les choses -presentes seulement, mais singulierernent les choses advenir. Pi..A.BELAis, Almanach pour 15a5. — ce q-u'il est iria.intenant sous la protection de Jes-us Christ, c'est pour en recevoir le frnict entier au siecle ad-venir, CALVIN, InstiL,11, xv, 3.

Advent. Les Adpents de Non Les semaines qui pré-cèdent Noël. — Les frimes avoient esté grands aux A.dvents de Noel. Du FAIL, Contes cl' Eutrapel, 11.

Adventure. Ce qui doit arriver. — Quelque devin en une ville estoit En plein marché, qui disoit l'adventive A tout chascun qui là. se presentoit, Et a.nonçoit toute chose future.. ComitozEr, Fables cl'Esope, 78.

Grosse adventure. Gros profit. — Les uns verront tout le cours d_e la Bible, Moignons oymer la très saincte Escripture ; Mais c'est affin qu'un jour leur soit possible Tirer à eulx quelque grosse adventure. Anc, Poés. franç.., VI, 14. — Bref, ce sont gens qui n'hont point d'aultre cure Fors de picquer et mordre leur prochain, Ou d'atrapper quelque grosse adventure Pour devenir en estat plus kaultain. Ib., VI, 25.

A 1' ad9enture. Peut-é. tre. — Ces choses et autre . . . s semblables plairont, à l'a_dverrture, plus aux lecteurs pour la. nouveauté et curiosité, qu'elles ne les offenseront pour leur fa_ulseté. Amycrr, Rorreulus, 12. — Nous en avons traitté et disputé ailleurs .7 toutefois pour la rnatiere qui s'offre presentement, à Padventure ne sera il point hors de propos d'en alleguer quelques exemples. ID, Canzille, 19. — Mais. ceste dispute à Padv-enture appartient raieulx à un autre traité. ID., Périclès, 6. — Ceste digression, quoy qu'elle soit hors de nostre histoire, n'est à l'adventice point inutile, In., Dion, 21, — J'ay leu en Tite Live cent choses que teI n'y a pas leu. Plutarche y en a leu cent, outre ce que j'y ay sceu lire et à Padventu.re outre ce que l'autheur y avoit mis. MONTAIGNE, 1, 25 (I, 191).. — Les vices sont tous pareils en ce qu'ils sont tous vices : et de cette façon l'entendent à Padve.nture les Stoïciens. 1D., II, 2 (II, 11). — C'est à l'avanture quelque sens particulier, qui descouvre aux coqs l'heure du matin et de minuict. ID., II, 12 (II, 362). — Il n'est . . . rien si cogneu et si reçeu que Troye, lielene, et ses guerres, qui ne furent à Padventure jal-naiS. ID., II, 36 (III, 191), A l'adventure que. Peut-être que. — A l'adventure que le peuple se voyant victorieux se saoulera. facilement de Ia guerre. AMY 01, NUnea, 6. — A_ l'adventure que le commerce continuel que j'ay avec les humeurs anciennes, et l'idée de ces riches ornes du temps passé, me degouste, et d'autruy, et de moy-mesme. MONTAIGNE, II, 17 (III, 56). — A l'adventure que vous vous estes un peu trop empressee et etnbesoignee. St FRA N ço ts SALEs, Lettres, '3612 Par adpenture. Peut-être. — Pas demourer là. ne fouit . . . ains à plus hoult sens interpreter ce que par adventure cuidiez dict en gayeté de cu.eur.H.A.BELAIS,I, Prologue.— Combien que les dictant n'y pensasse en plus que vous, qui par adventure beviez comme rnoy. ID., ib. — Je diray plus brievern.ent, et, par adventure, plus rudement : mais aussi ce sera plus appertement. CALvirî Insiii., XII, p. 666. — Et paraven ture . . . les speculations phylosophiques deviendroient plus farnilieres qu'elles ne sont ores . . . si quelque navant homme les avoit transportées de grec et latin. en nostre vulgaire.. Du BEr.,..AY, Deffence et Illustr., I, 10. — Mais le tens viendra paravariturc . . . . que quelque bonne personne . . . nous otera [mie falaise persuasion, ID., ib. — Par adventure, disoit il, est ce la. guarde ordinaire de la Royne du 'leu. RABELArs, IV, 36. — Voyons prernierernent quelz gens sont. Par adventure' sont ilz nostres. ID., IV, 55, — Laquelle escriture je n'approuve point,. ains estime qu'il faille escrire Peraveniura en un mot aussi bien ici que là veu qu'en LOUS les deux lieux il signifie ce que nous disons _Paraveraure, pour Peul 'astre.. H. ESTIENNE, Precellenee, p, Parapaniute que. Peut-ètre que. — Paravanture que quelque jour vous apprendrez à me co-gnoistre. LARtvE-ii, le Laquai $, I, 1. Cf. Paroanture. Advengure. Peut-être. — Il fouit que vous entendiés ce qu'il vous ve.ult. dire, car acivantu.re il a entendeu des choses que je n'ay pas enteniu. MONLUC, Comment, L, V.. Adventuré. Dans l'exemple suivant, -malheureux. — Helas advanturée fille, tu es cause avant ta naissance de la mort de ton pere, et ores de ta mere. A. SEV1N, trad. de BoccAcE, Philocope, L. I, 20 vo. Bien aventuré. — Pendant et avant la venue duquel [Fils de Dieu] il establit et ordonna les autres secrétaires humains que l'on peut aussi appeler ses clercs, comme choisis ou en cela bien a.venturez et enroulez en son divin estai de provi dence, lesquels furent spécialement appelez Prophètes. H. ESTIENNE, .ripol. pour Ilcr., ch. 14. (I, 195).

Adventureusement. En s'aventurant, — Iphicrates Capitaine Athenien disoit, qu'il fault que le soudard soit avaricieux, amoureux et voluptueux, à fin que pour a.voir de quoy fournir à ses cupiditez il se hazarde plus hardiement et plus adventureusement à tout peril. AMYOT, Galba, 1.

Mal adventureusernent. Par malheur. — Au point qu'on m'appella adventureusernent. A. SEstN, trad. ele BoccAcE, .Philocope, L. II, 48 ro.

Adventurier (adj.). Fortuit. — On les a appeliez jadis biens de fortune, pource qu'ilz sont adventuriers, et que d'iceulx les hommes prudens ne doibvent faire estai clos et arresté, BUDÉ, Instit. du Prince, édit. J. Foucher, ch. 8.

(Subst.) Soldat à. pied servant en volontaire et sans solde. — Advanturiers, que la picque on manye. Pour Ies choquer. MARoT, BalladeSI 9. — Et qui d'entre eulx Phonnesteté demande Voyse orendroit veoir de Mouy la bande D'adventuriers issus de nobles gens : Nobles sont ilz, pompeux et diligens, Car chascun jour au camp soubz leur enseigne Fon.t exercice, et l'un à l'autre enseigne A tenir ordre, à manier la picque, fe verdun, san_s prendre noise ou picque. ID., Epis-tres, 3. — Ell ce.ste prise le seigneur de Molart et ses aventuriers se portèrent fort bien, et y eurent gros honneur, car ils n'eurent iamois le loisir d'attendre que la -herche fust raisonnable pour y donner raSSRUlt. LOYAL SERVIT EtrIll de Bayart, 40. — Les gens estoient quinze mille hommes d'arrne,s, trente et deux mille chevaux legiers, quatre vinez neuf mille harquebousiers, cent qu.arante mille adventu.riers. flABELAIS, 47. — On donne le butin au brave avanturier. BELLAY, Regrets, 153. — Mes fleurdelis clouez à vostre porte Pour repousser des soldats la, main forte, Et ne craignez le crayun des fourriers, Pour logement de mes a.venturiers, VAUQUELIN DE LA FRESNA.YE, Milles et Pasiorale5, L. 1, Id. 80. II [Je duc de Ferrare] luy mena quatre cens gentilzhomrnes volontaires, qu’on nomme là. Adventuriers. BRANTÔME, Cap. esir. l’empereur Maximilien. (I, 91). — Voyla la différence des adva.ntuHers d’aujourd’huy à ceux-la du temps passé, lesq-uelz, outre ce que j’en ay dict, preiloient plaisir à estre les plus mal en point qu’ils pouvoient. Couronnels françoi5 (V, 303). — Ledit Labo va prés du camp de l’ennemy, de nuict, et là rencontre en sentinelle. perdue un grand et dem.esuré advanturier françois. ID., Rodomontades es Fiai-gliales (V 11, 25). Amyot se sert du mot ailçienturier pour désigner les mercenaires. — Agesila.us prenant avec luy les adventuriers qu’il avoit amenez de la Grece, se retira devers —Nectanebo. Agésilas, 37. — Plutarchus Eretrien.„ se jette aux champs le premier, avec quelques adventuriers gen avoit à sa soude. Phocion, 13. Adventurier est signalé comme mi mot ancien et hors d’usage par H. Estienne, Du Fall et. E. Pasquier. — Ils ne doivent toutesfois avoir peur que ces vieux guerriers les vueillent ramener jusques à la vieille guerre (comme nous usons de ces mots, quand nous disons, par une manière de mespris, C’est la vieille guerre), ce que diroyent aucuns, si un vouloit remettre au-dessus nevetain, et Avanturier, ou bien Souldover. H. EsTjENNE, Preeellenee, p. 348. Lupold.e… voyant une compagnie de gens de pied assez bien en ordre, dit que &estaient de beaux pietons et advanturiers, mais il luy fut. tout court respond u, que c’estoit une brave fanterie. I L FA11, Contes d’Euirape.1, 33. — Pour nos pietons ou avanturiers anciens, nous ne serions pas guerriers si. nous ne disions Infanterie, mots François que nos soldats voulurent Italianiser, lors que nous possedions le Piedmont, pour dire qu’ils y avoient esté. E. PAsguiED, Becherches, VIII, Advenue Arrivée.. — Je vous envoye le double d’un brief que le Salan Pere a decretté n’agueres pour l’advenue de l’Em.pereur. RABEL.kis, Lettree (HI 3r0), — Les Troyens par l’advenue d’Ajax virent la fortune des armes muée. il. DE LA LANDE, trad. de Diurbis DECRETS, L. III„ 67 ro. — Aux vivres de tes ennemis Couppe chemin : à tes amis Facilite avec bonne escorte L’a_venue, fin qu’on t’apporte Seurement ce que tu voudras. Baïf, le Brave, II, 1. — Aussi y fit-il [M. de Brissa.e. en Portugall belle despanse, et que ciestoit son advènement. Voylà comment il faut attraper les jeunes à. leur advenue, quand ilz ont force moyens..BRANTêME Couroiends françois (VI, 145). Arrivée d un envahisseur, d’un ennemi. — Ailechez de la fertilité du pays, ils commencerent sous main à se fortifier contre les advenues des Bretons. E. PAS QU I ER, Recherches, 1, 11. — Sur tout, les chefs tant d’un que d’autre party, affectionnoient la ville de La.on, comme un fort boulevert pour se maintenir contre toutes les advenues. ID„ ib., II, 10. Accès, approche. — [Les ennemis] s’estoyent rengez en bataille au long d’un mur qu’ilz avoyent abbatu, en lieu dont l’approche et l’advenue estoit bien malaisee et difficile à Baigner. AMYOT, Dion, 46. — Jaçoit que la tempeste amassant mainte nue Vueille du Paradis m’empescher l’advenue. MONTCHIILESTIEN, la. Reine di Escosse, M, p. 98. Lieu par où l’on arrive, entrée, passage, abord. — Conon… luy mesure en personne combattoit avec ses galeres dedans l’in.tervalie, qui estoit vuide entre les grosses navires de charge, ordon nees de renc pour boucher l’advenue du port. AMYOT, trad de DIODORE, Mil, 26. — Le paysde la Laconie avoit les ent.rees et advenues fort difficiles. ID., ib., XV, 16. — Il s’estoit planté le long de la marine, au pied du mont Olympe, en lieu dont on ne pouvoi t. nullement approcher, tant il en avoit bien remparé et fortifié toutes les advenues. In., Paul Einile, 13. — Il y eut des espies dans la ville qui ouvrent des vieillards… blasmans le tyran de ce qu’il ne faisoit autrement. garder l’endroit de la muraille qui respond à Pendroit de Heptachalehon, qui estoit la seule advenue par Ou les ennemis pouvoyent plus facilement monter sur la muraille. Sylla, 14. — Ayant le pais de la Perse les entrees et advenues rnalaisecs… ily eut un homme… qui conduisit Alexandre au dedans par un destour et circuit de chemin. ID., Alexandre, 37. Caesar ayant traversé… un grand pais de bois par des advenues dont on ne se doutoit point, en surprit les uns par derriere, et assaillit les autrespar devant au desprouveu. ID., César, 53. — Elle [Cleopatra] se deporta de celle siene entreprise, et kit bien garder les ports, passages et advenues de son royaume. ID., AniOlitt’, 69, • Et fortifie-l’on les avenues d’Amboise et. Orleans, de toutes parts, de gendarmes. E. PAsQuIER1 Lettres, IV, 5. — Lorsque vous aurés résolu de garder quelque place, grenés garde à esearper les reposades qui sont aux avenues. MONLUC, Commeni., L. Il (I, 357), — Quand on estoit arrivé au quartier, on fortit-loit tresbieii les avenues. Lk Nou E, Disc. put. et mil., XXVI, 2, p. 752. — Les oreilles… ont leurs avenues et entrées obliques et tortueuses.. Charron, Sagesse, I, 3. — Il se retira aussitost dans son arsenac, bracqua force artillerie à la porte et autres advenues. BRANTÔME, Cap. franç., le nz a reschal de Biron. (V 131). — Desjà Amurat Reis… + avait saisi, avec vingt-cinq grands galères, les avenues de Cypre. A1JBIGNI, Univ., V, 9 — I.4e baron d’Ordep… gardoit les avenues des montagnes. ID., ib., XI V, 25. — Au figuré :) L’heur et la beatitude qui reluit en la vertu, remplit toutes ses appartenances et avenues. MONTAIGNE, I, 19 (I, 85). — Je croy que ces ergotismes en sont cause, qui ont saisi ses avenues. ID., I. 25 (I, 196). — u que je vieille donner, il me faut forcer quelque hallier° de la coustume, tant ell’a soigneusement bridé toutes nos avenues. ID., ib., I, 35 (I, 285). — Si nous ne la pouvons joindre (la mort], nous la pouvons approcher… et si nous ne donnons jusques à son fort, air moins verrons nous et en pratiquerons les advenues, ID., II, 6 (II, 55). Je suis engagé dans les avenues de la vieillesse, ayant pieçs franchy les quarante ans. ID., II, 17 i( [II, 33}. De commune advenue. D’un accès fa.cile, ouvert tous. — Es ruatieres qui sont de commune advenue et de clerc intelligence, Experience fait beaucoup à priser F mais es choses obscures, ambigues et douteuses elle est encores plus louable, LE_ MAIRE DE BEL( ES, la Couronne Margatilf.que (IV, 145). Advenue. Embouchure d’un fleuve. — f i congnoissoit tout le pays, et sçavoit certainement toutes les advenues du Nil par lesquelles on pour roit faire descente en Egyp te. Alkiirorr, trad. de DIODORE" XVI, 14. — Ceste ville de Sinope est à l’avenue du Danube, la part ou il se deschar.ge dans La Majour. SA.LIAT, trad. iffIÉRODOTE, II, 34-i Ce qui arrive à qqn. — Pour ceste cause doibz tu moins differer a me faire narration de tes tait et affaires, avenues et aventures..ellector, 17 vo, édit, de 1560 (G.).

Adverbe, Mot placé prés d’un autre pour en, déterminer l’emploi. — Les praepositions semblablement sont adverbes… comme sont. à, au, aulx, avecques, en, es, entre, LA R.A.Ndt, Grammaire, ch. 18. — Nous en avons fait encores [de fini un adverbe, comme quand Philippes de Commines dit que quelques seigneurs dont il parle, estoient au fin bord de la riviere de Seine. E. PAsgursn., Recherches, V11I, 64.

Adverer, v. Averer.

Advers. Opposé, ennemi. — Il a saiu.é le Roy advers, et dit, Dieu vous gard. Riinti.A.ts, V, 24. — Ce dit, un dard il enfonse à travers Les ennemis, droit au parti a.dvers, Courant encontre.. DES MASI : RESi Énéide, XII, p. 630.

Méchant. — La femme est plus imbecile par nature, moins en seureté, plu.s caduque, averse et craintive. P. un CEIANGY, de l’Office du enary, 2. — Ce qui fit grande perturbation au droict du temps de Justinien l’empereur, qui se laissoit du tout gouverner par Tribunian, homme tressçavant, mais ires advers. Butd, Instit. du Prince, édit. J. Foucher, ch. 58.

(Subst. Açlversaire. — Car prés de luy mes advers sont rengés Pour luy tolir, ainsy COMITIC ara.gés, De tout so.n Merda meilleure partye. P. D u —VAL, Morallité à six personnages, da.ns le Théâtre mystique, p. 138. — Tu demou.rras a ma main toutefoys, Mal gré qu’en ayent tes amys ou advers. Morat à trois personnages, ib, p. 225. —Sili se sentent pressez. du trop grand nombre de leurs advers, a.donc une belle nuict, sans faire bruict remuent leur camp. LE ilLOND, trad. de Tu. Mon_us, i’lgee d’Utopie, LI. Hi 86 ro.

(Prononciation.) — Je… vous depestreray de vostre averse partie, avec un inuvage que je lu.y mixtionneray. AuTcyr, Hist../Eghiop., L. vo. — Le pita.ult… s’en vient à Pasquier qui ne faisoit pas moindres mines qu’averse partie. DU FA IL RaliVerrierie d’Elarapel, p. 33-34.— Ou si fortune averse Vous dorinoit en passant le hue d’une traverse. HorisAR.D, Poernes, Li II, Disc, au card. de Chai ilion (V, 180).

Adversaire (employé au féminin). — Il tallt QI) que je meure, ou que la cruauté Ne vive plus au cœur de ma belle adversaire. Du MAS, Lydie, p.13. — Mon cœur est vivement atteint Des yeux de ma belle adversaire. ID., Œuores rnestées, p. 154. (Adjectif.) Contraire, ennemi. — II convient remedier contre les temps adversaires a_vecques ung cueur magnanime. MAURICE SCÈVEb Deplou-rable Fire de Flamete, ch. 13. — Elle ouyt le desplaisant bruict des despouilleurs, et apperceut le cha_mp sec estre… plein de’andversaire gent. A. SEvix, tra.d. de EloccAcz, k Philocope, L. I, 16 ro. — Tel n.e pouvant obtenir de perdre sa vie par les forces adversaires, apres avoir tout essa.yé, a. esté contraint… se donner soy mesme la mort. MorcrAIGNE, II, 21 (III, 83). (Prononciation.) — Cette ancienne amitié et aliance de ces deus, meiatenant aversaires, qui les raison si uniz et conjoins. urs g LABÉ, Début de Folie et d’Amour, Disc. 5. — Craindras tu dong les flesches et les arcs Du rouge Angioys ton antiqi aversaire… ? Du BELLAY, Recueil de Poesie, Chant triumphat. — Israêl en ses tentes se cache, Espovanté cl’ung si fier aversaire. Monoinachie de David et cie Goliath. — 0 Dieux, d déses-poir„ 13 forces aversaires1 RIVAUDEAU, (p.. 69). — Pense quel est ton aversaire A qui tu vas avoir araire. Baïf, rEUJI.IitqUe, IV, G.

Advertance, ve Adverience.

Adverté. Notion, connaissance. — Le second


aage on nomme puberté Ou. lon commance avoir adverté De bien et mal. J. BOUCHET, Epistres morales du Traverseur, I, 14.

Advertence, Avertissement, information, notification. — Charles Cesar, vostre benevolence Prende en gré de Julien Fossetier, Prebstre indigne, ceste simple a.dvertence, Laquelle il vous dedie volentiers. Anc. Poés. franç., VII, 122. — Puis que les Dieux… mont baillé la bienheurté de te trouver, je ne croy point que ce soit pour me laisser ainsi incertain des choses proposées… Parquoy je te fais humble priere de men bailler advertence de plus grand integrité. LEMAIRE DE BEI, GES1 IibiStr. I, 24.. — Il [Helenusi revela à son cousin EilleaS tous les cas de fortune quil avoit à passer : et luy bailla advertance de tous les rem.edes et consa_ux pour parvenir au Royaume d’Italie. ID., ib., III, 1. — Avant la reception de vosdictes lettres, je vous ay donné pleniere advertence de tout par mon nepveu. ID., Lettres (IV, 405). — Que voz conseilz soient secretz sans vantance, Executez sans en faire advertance. J. BOtiefIET, Epis-tres morales du Traperseur, 11, Ev, 5. — De ce, et de l’ouverture et communication verbale que nous firent lesdicts seigneurs „. en avons faict advertence par noz lettres. PH. DE MARNIX, &ries polit. et histor. p. 225. — Selon le desir qu’en a plus de la. moitié de la bourgeoisie d’Anvers, a ce qu’entendons par les a_dvertences q_ue journellement et à toutes heures on nous en donne de tous costez. Da.ns PH_ DE MARNIX, ib., 318-a19. Attention, sollicitude, soin. — Aussi seroit la. femme bien farouche et mal privée, qui ne tiendroit compte de l’homme gratieux, courtois, modeste en fait, respectueux en parole… faisant profession d’avoir en recommandation tout ce qui plaist à sa Da.me, avecques une advertance qu’il a de tenir secret non seulement toute chose qui importe, ains jusques aux petites faveurs qu’il reçoit de sa. maistresse. E. PJfflUIER, 1e Monophile, L. Il (II, 278). — Nous enseignons aux enfans à. se vestir et à se chausser, et à prendre la viande qu’on leur baille avec la main droite, et, avec la main gauche tenir leur pain, com.me. n’estons pas jusqu.es à ces petites choses là dependa.ntes de Ia fortune, ains aians besoing d’advertance et de sollicitude. AmYcyr, de la Fortune, 5. — Tout seing curieux autour des richesses sent à l’avarice,.. elles ne valent pa.s une advertance e I. sollicitude penible. Mo N TAIG NE. III, 9 (IV, 56). — Parmy ces. exercices… il faudra tousjours mesler et entre-lasser ceste advertance, quand nous voudrons dire quelque chose, et que quelques paroles nous couleront en la bouche, Quel propos est-ce qui me vient sur la langue, et qui rne presse de sortir ? AMYOT, DU. trop parier, 23.

Adverteur. 1ndication. — nous fa.ut savoir les limites anciens du Royaume de Bourgongne, dont j’ay veu plusieurs gens de bien estre en doute… Mais je men suis pais hors de soucy, pource qu.e apres avoir trassé beaucoup, j’ay trouvé certains Acteurs anclens qui men ont donné ladverteur. LEMAIRE DE BELGES, arikeir.„ 2.


Advertisseur. Celui qui a.verlit. — Va.-Ven au camp et fay diligence de m’advertir de. ce qu’on y faict. —11 ne fa-ult autre advertisseur que moy, qui vient tout maintenant de là. MELIN DE SAINCT.GELAYS, Sophonisba (Mt 192), — Que Dieu ne luy espargne point… les bons et moolerez repreneurs et advertisseurs. DE BÉIF., Ps. cle David, 141 (Argument). — Il ne faut pas qu’en un festin il y ait, comme en un camp, des advertisseurs pour envoyer çà et. là. AMYOT, Propos de table, V, 5. — si l’advertisseur n’y presente quand et quand le reines le et son secours, c’est un advertissement injurieux. NiuiNTAIGN El III, 5 {III, 353), —T a deux sortes d’advertissemen.s et d’advertisseuTs, qui tous doivent entre bien con Mens et asseurez, prudens et secrets. Charron, Sagesse. 111, 3.

Advesprir. adoesprisÉ. Le soir vient, — 11 annuyt et advespris t.+ ET( NC E en françois,.169 vo (G., A vesprir).

Adveu. Action de reconnaître comme sien. —Sans aver, t. Sans être au service de Personne. Plusieurs Thraciens suyvirent larmee sans soulde et saris aveu en esperance de gaigner. SE-iissEL, trad. de Tnucvnins, 11, 19. A raelveu. Sur l’invitation, sur la demande. — 11 estoit deliberé d’aller L l’oferande bous les dimanches et bonnes fentes. Et de rait il y alla grant espace de temps, tellement que le curé en estoit tout joyeux, car il y en avoit d’autres qui alloint à l’offerte à son adYeu. NICOLAS DE TROYES, Grand Parangon, — Lu y arrivé compta toute son affaire au ro y de Portugal et. comment, pour soutenir sa querelle et son honneur, avait esté vilainement bled et mis en prison à radveu d’ung marchant de France. ID., ib., 26. — Si luy confessa tout le cas, qu’à l’aveu de ses parens luy devoit copper la gorge, au moyen de trois cens escus qu’il devon avoir. In., ib., 88.

Advironner, y.. Avironner.

Advis. Estre advis, Sembler (impersonnel). — Il m’est advis que je oy Proserpine bruyante. RABELAIS, HI, 17. — Rostre feal, estez vous marié ? — II me l’est advis. ID., III, 36. — Si luy fut advis une nuict en dormant qu’il, voit vertu la robbe de ce.ste sienne concubine. Amyor, Alcibiade, S9. Sembler tapie, Sembler (impersonnel). — Il me seinble advis que vecy Mes Demerites en personne. GruNconc, Prince des Soi., Moralité (I, 264). — Tous leur devis, ce sont haches, grosboys, Lances, harnoys, esta.ndars, gouffanons… Et semble advis, à les ouyr parler, Qu’oncques ire fut memoire de baller. AROT, Epistres, 3. — Mais à vous venir… Il semble advis qu’on ne vous vinifie rendre. Ce qu’on vous doibt. ID., Rondeaux, a. — Toutes leurs voyer tendent à confusion, et neantmoins il leur semble bien advis qu’ilz sont au bout de leur entreprise. CALVIN, Lettres, 143. — Ceste arrogancé est enracinée en nous tous que tousjours il nous semble advis que nous sommes justes et verita.bles, saiges et sainetz. IreStit., ch. I, p. 2. — Quand Luther commença à enseigner, il traie toit en telle sorte la rnatiere de la Cerce, que, touchant la presence corporelle de Christ, il sembloit advis qu’il la laissast telle que le monde la coneevoit pour lors. I „ SaincÉe Cene (\r, 458). — Il me sembloit bien advis que, si je pouvais rompre ce coup, je pratiquerois tant de gens, que la balote blanche seroit La plus forte. Mom.uc, Commeni. L. Ili M. 35). — Quand ilz voltent cent escus, il leur semble advis qu’il en y a mille. In., ib., L, VI (III, 23’7). Sembler advis. Sembler (avec un sujet réel}. J’entreprens la’cause commune de tous les fideles, et mesure celle du Christ laquelle au jour d’hie est en telle maniere du tout descirée et roullée en ton Royaume, qu’elle semble advis clesesperée. Cediv LN, 1ns/il., au Roy, p+ lx. — Ce dernier point sembloit advis desraisonnable, à sçavoir que les Povres peuples ignorans, sans avoir aucune lurniere de venté, poissent incontinent. ID., p. 61. — La racine de Foy n’est jamais du tout arrachée du cœur fidele… combien qu’est.anl esbranlée, elle semble advis encliner çà et là. ID" ib., IV, p. 197. — Selon lequel sens il fault accorder les sentences des Anciens, lesquelles sembleroien t autrement advis contredire, ID., ib., IV, p+ 229. — D’une part, ceux qui sembloient advis du tout perdra, et qu’on tendit pour dosesperez : sont reduictz au droict chemin. D’autre posté, ceux qui sembloient advis entre bien fermes, tresbuchent. In., ib., IV, p. 270. Par advis de pas, v. Pays. A mon. advis. Il me — Je vous prie„.. me vouloir dire… s’il n’y ha aucune di fferenee, — A. mon advis ue’est tout un. L) Es PÉRIERS" trad. du Lys i., 9 de PLATON (1 — A mon avis que vous vous es garez de sain jugement. SALIAT, trad. d’HÉRODOTE, IX, — Comme elles n’estoient gueres fortes, à mon avis qu’il les eust emportées. Lit Nous, Disc. poi. et mil., XXVI, 1, p. 720. Advis. Attention. — [Sertorius] se laissa aller à la renverse sur le lict, ou il estoit à table, comme ne prenant plus d’advis à ce qu’ilz faisoyent et disoyent. ANITOT # Sertorius, 26. : Raison, sagesse, réfle.mion, — A peu d’avys Paris Zeist jugement De la beaulté de troys nobles deesses. COLIN BueaER., Poesies, 228. • Ainsi ces barbares rie faisant rien par advis, sont portez inconsiderement d’une attente avaricieuse de partir à un butin. J. DE LA LANDE, trad. de Dicrys DE CRÊTE, LÉ. 1, 6 v°. R oestre Seigneur Jesus dit. à ses disciples, qu’ils soyent simples comme pigeons {qui sont oiseaux saris advis et qui sont tantost effarouehez. CALylN, Serin. sur I> Epilre aux Ephesiens-, 37 (LI, 713). — 11 n’est pas bon ne seur lui envoyer mon page : Je ne me. rie en lui, qui n’a pour son peu d>aage, La prudence et vis qui or’lui con viendront, Pour le. guet traver ser, et se rendre à l’endroit Où David est serré. DES "MASURES k David fugitif, 1739. — Trop d’avis et d’égard sied mal à la jeunesse : Aux conseillers d’estat je laisse la sagesse, Pour m’en seT vir comme eux, lors que je sera y vieux. DESPORTES,. Cieonice, 73. — Nature semble avoir voulu dresser un chef-dkeuipire… leur ayant donné [aux mouches à miel] tant d’a.dvis, tant de conduite et prudence. E. PASQUIER, LeiireS, X, 1. Tete ne d’avi$, Délai pour réfléchir. — Donnez rooy prernierern.ent la definition de ce vous appelez le langage courtisan,. — I l faut que j’y pense, car je prevoy bien que si je vous respon à l’improviste, vous tascherez de me mettre en quelque labyrinthe. — Je suis content de vous donner terme d’avis. H. ESTIENNE, Dia. dit long franç. ital., 1, 54. — C’est touchant une clause qu’il faut sçavoir, si vous voulez vous accommoder à la civilité (pli est maintenant en vogue. — Il y a tousjours de l’Accommoder en vos propos : mais dite que c’est., et puis laissez moy prendre terme d’avis quant à l’accommodation. I. ib., II, 106. Estre d’avis. Conseiller, proposer. — Antinoils et Theodotus, leur ville d’Epire reduitte à l’extremité par les Romains, furent d’arivis au peuple de se tuer tous. MONTA ( ; NE, II, 3 F t T. 32). A tivis (adjectif). De fait advis. Avii. préméditation, — Estans entrez au Palais, ils —..a., ssien.t. pour cognoistre la cause de celuy qui a esté occis ou blecé de rait advis. F. BR ET] N, rad. de Lu Cl E ri, Anacharsis, 19.

Advisager. Regarder au visage. — Il s’estonnuit comme Lupolde pouvoit en quelque conscience que ce fast, regarder et advisager un homme, auquel il auroit Met le moindre trait de ses tromperies. Du FALL, Gentes d’Eeetrapel, Je say assez (a_dvisa.gea.nt Lupoide) que nostre temps et vieillesse ne tiennent tel rang et reputat’ion, qu’on y puisse faire wand fond, et bastir une authorité. ID-1 ib., 27. (Fig.) Examiner. — Il nous en furnit quinze [marques]… Il en faut faire reveue, car j’estime que les aiant toutes bien avisagées, nous trouverons que ce sont pour la plus part des passevolans, valets et goujats, Pu, DE MA, B..Nrx, Di/ fer de la Belig., 1, 1, 8.

Adviseement. Avec précaution, prudemment, sagement. — En descendant peu a_dvisément de l’esthelle, le pied luy faillit, et tombant en terre se. rompit la cuisse. LE MAÇON7 trad. de BOCCACE, Déeoinéron, VIII, 7 — Lysithides… en. paria au Roy, mais ce fut adviseement, car il luy feit premiere.ment promettre de ne luy faire ny permettre estre faict aucun desplaisir. AmlioT, trad. de MoDOBE, XI, 12. — Il a fait plus advisement de luy tenir ses mains cachées d’un rideau que se faire moquer de son art. CIAOLIÈRES1 3e Illatinee, p.. 95. — L’autre… iuy responclit seulement et advisé-ment pour mieitix garentir son honneur : Je me rends à monsieur le prince. » BliANTÔMEI Disc. sur les Duels, VI, 253.

Advisement 1, Avis, information, conseil. — [Paris] ne savoit à peine juger si cestoit quelque advisernent par songe, ou sil avoit esté ravy en ecsta_se… ou si cestoit proprement demonstra.tion de vraye apparence. LEMAIRE BELCES1 iilliSÉi%, a5. — [Calchas] y estoit venu [à Delphes] de la. part du Roy Priam… à fin d’avoir adviseinent de la conduite de son affaire, ID., ib, 11, 14. — Pan ta gru eline Prognosti cation.. nouvellement composee au prolEct et advisernent de gens estourdis. RABELms, III, 229 (titre). Raison, sagesse, réflexion. — N’est-ce pas grandipitié… que> de Lant de gens s’a.pprochans si volontiers des Lirans, lei ait pas —un qui ait ravisement et la hardiesse de leur dire ce que dit…, le renard au lyon qui faisoit le malade… ? LA, BŒT1E !, volont. (p. 54). — Les Dieux… ont avec un grand advisement composé. l’attelage de ceste laisse qu’on appelle le masle et. la femelle. ID., Mesnagerie de XENOPHONF — Pense elle pas, que nous ayons l’advisement de remarquer, que la voix, qui fait l’esprit, quand il est deprins de Phomnie, si clair-voyant, si grand, si parfaiet, et pendant qu’il est en l’homme, si terrestre, ignorant et tenebreux., t’est une voix partant de l’esprit qui est en l’homme terrestre, ignorant et tenehreux… ? MoNTAiGNE, II, 12 (II, 33.2). — Je rerna.rqua.y premièrement, coinhien monstroit d’avisement et de resolution. ID., III, 6 (III, 394). — A l’enfourner, il n"y Tira que dlun peu d’avisement, mais depuis que vous estes embarq-ué, tolites les cordes tirent. ID, III, 10 (IV, 143). — Ca_r la. nuiet, le combat, la foule survenue, Aus cueu.rs l’a.visernent, aux yeux ostoit in vue. P. DE BRACHe HierUSaleM, XII 1). 62). — On ne parloit que de la beauté, sagesse et advisement de ceste princesse. BRANT6m2., des noieras, pa.rt. II (IX, 635). De bon adeisenwnt. De bon conseil, — Maistre, dit, le vallet, vault beaucop mieux que nous desjunons premier que d’aller, car.,. nous ne despendrops pas tant de la moitiij céans que nOUS. ferions en une taverne. — Sainct Jehant dit le maistre, tu es de bon advisement. NIcoLAs EPE TROYES, Grand Parangon, 20.

Advisement 2. v. Advissement.



Adviser, Prendre garde. — C’est beaucoup, dist Panurge… Advisez crue ne soit trop, RABE-LAIS, IV, 7. Advision, Vision, avertissement en songe. luy vint une advision en son dormant, qui fut telle. LEIII.AIRE DE BELGES, niiiSer., 24. — Quand Salvius Brabon se voit abandonné de son Cygne, il cuida bien estre moqué et frustré de son advision, attendu quil n’avoit trouvé aventure digni3 memoire. 1D, ib., III, — La.s, ray son gé et eu avision Que cil des Grecz qui par affection Premier mettra Ie pied dedens la terre D’iceus Troyens sera occis en guerre. CH. Far"TArriE, tra.d, _ de 21 epistres d’OvIDE., p. 250. Avis, — bilais il donne l’avision or ! Fe lustrer au jour de Pasques. Var. hist. cl iitt., 67. Pensée. — Darne Vertu par une haute et parfonde advision luy veult dedier ceste couronne. LEMAIRE’DE BELGES5 Couronne 711argaritiiireie (IV, 69). — Comme t’advint si folle advision. D’AMBOISE, Epietres Veneriennes, 13, Advitanier, v. Advitailieur. Celui qui ravitaille. — Lesquelles marchandises ont CS Lé prinses par lcs advitailleurs du navire dudict cappitaine Menyn. MoriLuc, Lettres, 150. Advocaceau, Advocacer, v. Ach}ocasseczu, A dpoeasser. Advocaseage. Profession d’avocat — Par ce inoyen d’en pa.ricr me desmetz. Et de tous poinetz au juge m’en submetz, Sa.ns plus tenir termes d’avocassaige. CRETIN Debiritt setr le ivasselemps des chiens et oyscau_t. — Prenez bon cueur, et vostre faict posez, Se avez apprins termes d’advo-cassaige. ID., Plaidoyé de 1’Amant doloreuz, Advo cas seau. (Diminuti péj oratif.) Petit avocat, ma.uvais avocat. — Non à ces petits rnugueteaux, Ces babouins advocasseaux, Qui pour deux ou trois loix rouillees De je ne sçay quoy ernbrouillees, Chevauchent les a_snes leurs freres. JoDELLE, Eugene, 2. — A eivocasseau, Turbulent, jeune, tricoteur. M, LA PORTE,. EPitheieR, Elà que pIeust à Dieu que mon maistre, lition jeune advocaceau, peut estre. Une fois aussi diligent Au Palais à guigner argent… Qu’il est diligent de sçavoir Des nouvelles de sa rnalstresso. BELLEAU, la Reconnue, II, 2. — Si on le croit, Pasquier, qu’il appelle Pasquin, est un… advoca.ceau de neffles, ridicule corneille, pie babillarde. E. PASQUIER1 LeitreS, XXII, 12.. Advocasser. Exercer la profeszion d’avocat, plaider {au propre et au figuré, sans idée péjorative). — Car qui pour aultre a.clvocasse proc.ure Comme en son faict doit prendre soing et cure. J. Bo u ET, Epistres morales

Traverseur, v, 16. — Que n.e dites vous que j’advocasse plus tost pour vous que pour ceste fille ? quand je m’efforce avecq" Payde des dieux de prouver et monstrer que VOUS estes son pero ? AmToT, Hist. fEthiop., L. X, 114 va. — Qu.ant à rnoy, je sça.y bien que j’aurois à dire, n’estait que l’on n’est receu d’advocacer en sa cause. E. PASQUTER le 11.149, l0philei L. I (II, 737). — Regardez du Ciel nos services, Et advocassez pour’nos vices. RorisA.HD, Ilyrrtne à saint Gervais et saint Protais (VI, 133). — Il a_voit accoustumé de s’en aller de gra.nd matin a_ux petites villes clialenviron advocasser et plaider pour teulx qui s’addrcssoyent à luy. AmyoT, Caton le Censeur, 3. — Par diligence et assiduité d’advocasser… acquit à la fin authorité et reputation. ID., CTO, SSUS, — il se men à. la fin à advocasser, là où il… reluisit en estime de bien dire par dessus tous les autres orateurs qui se mesbyent de plaider en ce temps la. Ir., Cicéron, 5. — 0 toy donc Pais I e toy sainte Equité ! Gardez le peuple en sa tranquilité… Et pour son Roy allez avoca.ssans Vers Jupiter le patron des grain Princes, Qu’il le meintienne à ses soies provinces. Baïf, PŒrneS L. (Il, IO6). — Ceux… qui,.. s’attachent seulement à la superficie des closes, me diront qu’il ne faut rien attendre de sinistre deux, attendu la simplicité dont nous les voyons se gouverner et maintenir avec nous. Car ainsi advocassent les simples Femmes pour eux. E. PASQUCER, Recherches, III, 44.

Faire un discours, — eMelle… fut natif Roseie, qui fut si subtil bouffon et joueur de farces, que les Orateurs alloient à luy pour apprendre les gestes en advocassant a uSenat. THEVETe’COSmogr., XVII, 4.

Advocasserie. Profession d’avocate — broudroit-on venir raison plus mercenaire ou rnecanique que celle de laquelle ils ont accoustumé duser pour approuver l’advoca.sserie et autres especes de la farine praticienne, disant que c’est le vra.y, subtil, honneste et mercurial moyen de gaigner son pain… ? TMIT.IREATTJ ter Die du. Dernocritic, p. 79. — Il nous faut passer un si long espace d’années pour nous rendre capables d’entrer à la lice dsadvocasserie. ClioL[AREs, 3e Maiinee,. 102.

Advocasseur. — Legiste. Sça.vant, memoratif… a.dvocasseur. : Id. DE LA Po RTE, Epithetes.

Advocat. On emploie souvent ce mot en parlant des orateurs et plaideurs de causes de l’antiquité. — Le grand Dieu Osiris… me commanda que doresnava.nt je fusse Advocat en la court. Lou.EAU, trad, d’ApULÉ : E* Xi 9. — ityperides l’a_dvocat Ainsy descouvrit de Pbrine Le sein blanc et delicat. AuBieNti Pièces épigrammatiques, 39.

Valet d’un advocat. — Tenez-vous pour tous resolus Que Bon Temps vient le grand galot, Accoutré en Bodin fallut, Plus fringant. et esperlucat Et cent fois plus gay que Perret Ou le valet. d’un advocat. Anc. Poés. franç., IV, 149.

(Fém.) Adoocatc. — Pour en faire present à Octavia. et Livia, affin que elles soyent mes advocates envers toy. SZYSSELe Guerres civite$, L. VI, ex traie’. de Plutarque, ch. 5, — Vierge Marie, aux pecheurs avocate. MICHEL D’Am n o’sr (1532), Oraison, 152 ro. — Les Papistes disent la vierge Marie entre leur advocate. CALVIN> Serin. sur le Deuter., 16S (XXVIII, 541).

Advocateur. — A Venize tous les jeunes descendus de l’ordre des se-aleurs et nobles qui ont passé 20 ans, s’a_dressent au magistral, qu’on appelle des Advekateurs, ausquelz est principalement commise la tutelle et defense des loix. Loy s LE RoIrj, trad. des Politiques. d.’ArtisToTE.,. III, 1, Comment a, ire Advocatlere. — %mina mulierum desi rien lia ii iere ut Lingiere,

Advocatiere, Taverniere. BELAISI Pantagrucline Prognostication, 5.

Advocation. Action de plaider une cause. — L’Advocat Ferait bien vendre son advocation, Le sage son conseil, sans diffamation. Arec. Poés. iranç.i X, 357.

Profession, — N’a cause de soy destourner de son advocation de la medecine, que luy seroyt plus proffitable de icelle continuer que de accepter ladicte regence ausdictz gaiges. Texte de 57 219ocalion).


Évocation. — Plaidons tous les jours pour leurs taxes et obtenons avocations au conseil d’estat. Texte de 1598 (G., A Q0Ciaii011).

Advoirie. Protection, tutelle. — Afin d’entretenir leur reputation à Borne, ou possible pour garder le droit d’Advoirie que leur pere tenon en ceste ville… ils [Charles et Carloman] despecherent les Arhbassadeurs Papaux. FitlucRET. A nii7 quilez, VI, 8. — C’estoit quelque Advoirie, introduite du temps de Charles Martel. ID., ib., Inn’, 9.

Advolee. Lieu vers lequel un oiseau vole. — Ainsi à. cela servira telle fenestre, et de principale advenue ou advolee aux pigeons, pour dficelle monter au toi& O. DE SERRES, Théfitre d’, Agric., V, 8.

Advouement. Aveu. — Sur une simple recognoissance et advouernent des crimes commis. SULLY1 Œcon, roye, ch. 65 (G., voement).

Advouer. Admettre, accepter, reconnaître comme sien (comme serviteur, maître, compagnon, etc.). — Ne rejettans point la grande benignité de notre Seigneur, presentons luy hardiment no enfuis ausquels il a donné par sa promesse entrée en fa compagnie de ceux qu’il advoue pour ses familiers et domestiques de sa maiL’ALVIN, Instit.., XI, p. 624. — II sera bon aussi de te taire advouer De quelque Cardinal, ou te faire louer Par quelque homme savant. Du BELLAYi trade d’une Epistre de M. TORNEer_55— Nous clavons recongnoistre pour membres de l’Eglise, tous ceux qui.„ advouerit un mesme Dieu, et un mune Christ avec. nous. CA_IXIN a in, SÉiÉrr IV, p. 270. — Ilz l’avoient advoué pour Seigneur et rnaistre, et luy avaient obligé leur Foy. ID., ib., XI, p. 589. — Ses antiques et feaulx subjectz. Les quelz de toute memoire autre seigneur n’avoient congneu, recongneu, advoué, ne sem, que Iuy. RABELAIS, 111, 1— En leur troppe blanchissante Tes cygnes m’on.t avoué, Bien que mon chant enroué Vole d’aile languissante. Du BELLAY, Lex..eange de la FrencÉ.b. — La seconde guerre fut ouvertement en defenclant les Ga.ulois contre les Allemans, combien que lui mesme eust fait recevoir et advouer leur Roy Ariovistus pour amy et allié du peuple Romain. Amyo-r, César, 19. — Ne sçay quelle sorte de bectes comprenez en ces dénominations. Ayant faict diligente recherche par diverses contrées, n’ay ttouvé homme qui les a.dvoua.st, qui ainsi tolerast entre nommé Ou desigriô. RABELAis, IV. Ancien prologue.

J'advoue Dieu. (Employé au lieu du juron ila.bituel et de sens tout contraire : je renie Dieu.) _ advoue Dieu s’il ne In_ iaisoit ben veoir. RIDELA1S I, 8. — J’advoue Dieu, si j’eusse esté au temps de Jesuchrist, j’eusse bien en gardé que les juif !. ne l’eussent prins. ID., I, 39.

Avouer de, à. Reconnaître comme appartenant à. — Le don qu’il eut fut une esclave duite En Part exquis à Minerve avoué. Des MASURES, Eneide, V, p. ln. On peut comprendre aussi : approuvé par Minerve. — Car j’avoy si bonne envie D’estre fidelle, Que je n’avouoy ma vie D’autre que delle. BAL, Diverses Amours, L. I (I, 327).

Avouer. Approuver [qqn ou cigch]. — Tu Foudra$ a l’aventure appeller r.e plus proprement apocope, qu’apostrophe : erg quoy je t’avoueray voluntiers. SEBILLET, Art poetiques I, 6.— Quand rd on iàaonne à ceux qui troublent l’ordre public, c’est autant comme si on les advouoit. CALVIN, Serin. sur le Douter., liS. Eneores oujourdhuy plusieurs François prononcent Se,.. mais ils ne sont avouez par ceux qui Font profession de bien et correctement parler. H. ESTIENNEb Precellenee, p, 913. — J’a_urois honte de porter la parole polir ce qui est ioy du Tiers-Estat, si je n estoy bien advoué d’autres gens de bien qui ne se veulent mesler avec ceste canaille, venue pièce à pièce des provinces. mat. Méru., Ilarange.le de 1711. Aubray p. 248. — C’est bien raison qu’on vous en loue ; Tout ce qu’advez fait. je l’avoue Et ne le desdis nullement. GRINGORE, Sainct Loys, L.. VIII {II, 285). — Ceste proposition ayant esté lette publiquement, le peuple l’advoua et. authorisa de merveilleuse affection. AnyoT, Pompée, 25. — Le roya advoué et trouvé bon tout ce que M. le mareschal avoit faict, et mauvais tout ce que j’avois faict. MONLUC, Comment., L. VII (III, 340)_— Les Rois mon travail ont loué, Plus que n’a valu mon merlie. Mais ! a recompeuse est petite Pour un labeur tant. avoué. Baïf, Mimes, L I (V, 42). —Je parie à vous, ô courtisans, Qui, comme seuls pindarizans, Prisez tant vostre jergonnage Et qui prenez à grand outrage, Si l’on ne vous veut avouer VUS nouveaux mots, et les louer. I-1. EsPriEruiî nia& die luring. franç. ital., Remntrance au.t autres riourtisans (I, 13). — La.ches… advoue cet usage [di. fuir] aux Scythes, et en fin generallement à toit gens de cheval. MONTAUGNE, I,.12 {I, — Pour n’estre continent, je ne laisse d’advouer sincerement la continence des Feuilla.ns et des Capuchins. ID., I, 36 CI, 290), — Les sçavants… ne cognoissent autre prix quo. de la doctrine ; et n’advouent autre proceder en noz esprits, que celuy de Perudition et de. l’art. ID., II,.17 (III, 54). — Me voyant froidement ses œuvres ad vouer, 11 les serre, et se met luy mesme à se louer. REGN1ER, se. 8. — Je fay des vers, qu’encor qu’Apollon les advoue, Dedans la Cour, peutestre, on leur fera la moue. ID-5 Sal. 15. Advenier qqn de qqch. L’a.pprouver de le faire ou de lavoir fait. — Vien doriques, mort… tu mas fait. trop grief outrage, en osant toucher la personne de mon treseher espoux… mais je te. le : pardonne, et tadvoue de tout, pourven que tu poursuives diligemment ta pointe, sans que je languisse plus. LEMAIRE DE BELGES7 Ltlustr., II, 21. — Puys rostre maistre nous advoue De tout ce que faisons icy. GRINcortE, Sainct Loys, L. VII (II, 234. J’advoue ceste Dame du tort qu’elle a l’aie ; car, puisque ung homme est aymé d’une Daine et la laissepour une auLtre, ne sen peut trop venger. MARC. DE NAV., Replats, 5 — Je vous prometz et. voue, Et du vœu que je fais la France m’en avoue, De vous bastir un temple, Du BELLA Y, Evocation des Die42. tutelaires de Gunes. — Ainsi tu penses vrais les vers dont je me jouer Qui te font enrager, et je les en advoue. RONSARD, ReSponee à quelque Ministre (V, 422). — Le roy m’a ad-voué de tout ce que j’ay faict. MoNLiic, Lettres, 145. Advoiier qqn de, Lui permettre de, — Le vray chemin qu’à tenir je t’erm)iarge Va de travers en curvature large… Daller par là, non par ailleurs t’advoue. MA ROT trad. du liv. Il de laMeamerphose. _ Combien que Dieu n’ait besoin qu’on le loue, De le louer pourtant il nous advoue, Et ne rejette en cela nostre foy. Du BELLAY, Sonnets à la Royne de — Sus, Mignonne, que l’on in’advoue De baiser encor’vostre joue. GREVIN, Jeux olimpiques, p, 87.’a’puer* de qqn, a qqn. Déclarer qu’on lui appartient., se recommander de lui. — Ce sont… enseignes de nostre profession par lesquelles nous nous advouons publiquement à Dieu, luy obligeons nostro Foy, CALVIN, 1718iii., X, p. 577, — Ceux qui ont osé escrire que le Baptesme niest autre chose qu’une marque et enseigne, par laquelle nous protestons devant les hommes nostre religion, ainsi qu’un homme d’armes porte la livrée de son Prince pour s’advouer de Iuy : Word. pa, % consideré ce qui est le principal au Baptesme. ID" ib., XI, p. 582. — S’ils vous demandent qui vous estes, vous respondrez ainsi Nous sommes serviteurs et subjects du seigneur Constantin. Et. je in’a.sseure que vous advouans de luy, duquel ils sont bons ai-us, ils ne vous feront point de tort. LARivEs, trait des FaEetieusesMais de STRAPAROLE, XI, 1. —Si belle n’est Iris qui de Junon s’advoue. P. DE BRÂcE, Hicrusalem., XVI. —Comme les gens de guerre qui s’avouoyent lui, se miroyent à ses inconstances, ses deux entreprises descouvertes par un de ses capitaines, i/ fut si hardi que d’aller la seconde fois en cour, où il adlimua tous ses desseins., AUBIGNÉe H jet. UnieF., VI I, 14. Advoyer, y. Avoyer. AlEaeidc. Semblable à Eaque, Juge, Grave, severe, rhadamantin, „. aeacide. Mi DE LA PORTE, spi motos. JEditue. dituies, gardien d’un temple> Sacristain> — L’hermite nous bailla une lettre adressante à un qu’il nommoi L Albian cama t, maistre)Editue de PIsle sonnante. RABELAIS V, 2. 2Egilope Sorte d’ulcère de l’œil— Le plus petit [os] est situé au grand Canthus de l’œil, dedans lequel est un trou allant au nez, sur lequel est une glande, à laquelle se fait l’Egilops. Ams.R. PARÉ, IVe in Sorte de graminée. — Plus leurs est contraire et ennemy, que ne est.„. fEgilops à ]’Orge_ RASELAISs III, 51..2E1ai, Vol. — IRien ne te sert d’un Gelai vaga.bond Avoir tenté les maisons aerees. Luc Dt LA PORTE, trad. d’HollAcE, Odes, 1„ 28..1Etee. Mouvement de l’aile, coup d’aile, vol. — Ciré par Part Daedalée Il se fie à Pa.eleron, Pour des eaux au bleu giron Daller le nom d’une aelee. ID., ib., Odes, IV, 2. — Les Marries du chef suant, L’orde fumée rouant, Tremblent à tartes aelees. ID., ib.> Odes, IV, 11. lEler, y. A filer’…Emorrhoide. Sorte de serpent. — Pour tout ce jourdibuy seront en seurete de ma sallive Aspicz > r Ascalabotes, jEmorrhoÏdes. RABELAIS, 1V, 64. 2Einuler, v. Emeder. JEneidess Eneides. lEolopyle,.2Eolipee. — Le vent punays„ qui en sortoit comme d’une magistrale iiEotopyle. RABELAISt IV, VI.—.."Eolipyie. Porte d’iRolus. C’est un instrument de bronze clous, onquel est un petit pertuys, par lequel si mettez eau.e, et rapprochez du feue vous voirez sortir vent continuellement. ID., IV, Brieive.Declaration..2Equarble, v. Equable. Rquanime. Équitable, impartial. — N’estant possible de plaire à tous à la fois, j’ai estimé qu’il se fallait régler aux meilleurs et n’attendre pour juges aequanirnes de ma louange que ceux qui l’ont méritée pour eux. ilikuriiÉ, Bise. Unw., Préface> — L’empereur, a.equanime en toutes choses, ne voulut, rien irriter ni au dehors ni au dedans, In., ib., II, 21. — ? rie voici donc. à vous, aequanimes lecteurs, avec la liberté’d’unir mes jugemens aux vostres+ ID., ib., XV, Appendix. Luy [Le cinquiesme livre] et le dernier, qui est le Jugement, d’un style eslevé, tragicque, pourront estre blasrnez pour la passion partizane. Mais ce genre d’escrire a pour but diesmouvoir, et. l’a.utheur le tient quitte s’il peut cela sur les esprits desjà passionnez ou pour le raoins aequanimes. Tragriques, a_ux Lecteurs (IV, 8)…à1Equanlinité. Égalité d’à.me, cahne. — Cela donc est l’une. des choses qui trouble l’equanimité et tranquillité d’esprit.. AM YOT5 d-e la Tranquillité de rame et repos de Iiesprit, 15. — L’aequanimité et patience des sages, qui prennent doulcement et portent patiemment tout ce qui ad-vient. In. de la. Fatale Destinée. — Hors le nœud du debai, je rne suis maintenu en equanimité, et pure indifference… Ceux qui allongent leur choIere, et leur haine au delà des arfaires,… montrent qu’elle leur part d’ailleurs, et de cause particulière. Montaigne, III, il) (IV, 134). — De 5tuoy se peuvent mieux equipper et freter ceux qui ont à faire ceste navigation, qu.e de ceste divine patience et equanimité… ? Du VAIR, fileditiat.. sur Job. — Elle vous mande de mettre fin à vostre ennuy ; et vous en. joinct la constance et equanirnité. ID., Consol. à. D. M. C. sur la mort de son pere. — Hors le nœud du debat et le fonds, il faut garder equanimité et indifference> et n’allonger point sa cholere au delà des affaires, Charron, Sa gesse, u, 2. — L’on trouvera parmy les paysa_ns et antres pauvres gens des exemples de patience, constance, equa.nimité, plus purs que tous ceux que l’escale enseigne. ID., ih., II„ 3. — Nous reprocharis qu’il sort bien des François quelque chose subtile et delicate, mais jamais d’œuvre où il paraisse force pour supporter un labeur, équanimité pour estre pareil à soi.inesme, ni un piuissant et solide jugement. Aubigné, Hist, Unw., Préface. Modération. — Quelqu’un lui demanda quelles conditions de paix il voudroit avoir après une telle victoire « Les mesmes, dit-il, que je voudrois avoir après la bataille perdue, qui est l’échet de 15.)7. n Parole qui des uns fut attribuée à u.ne grande aequanimité, mais les plus fins dirent qu’il avoit d’autre_s affaires que celles de son parti. Aubigné, h r Univ., 17. Équité, impartialité. — Les moyens d’affermir el d’asseurer ses victoires par une generale reconciliation et reunion de tous les subjects avec la regle de justice en tolites choses en servant d’exemples d’equa_nimité, bonté et prudence à un chacun. Lettre de VILLE : FRIT à Du. Vair, dans Trico tel, édit. de la gut. 31 én} 1i, 174, — Les Jesuittes mr ! reprochent que j’observe Paequanimité dont je fais profession in specient seulement, et que je rais parler les actions qui rendent evidentes leurs concluslons. AuDiGNÉ, Lettres d’al/. personn., 15. — Il n’y a massacres perfides, ny defa-veurs, ny mesmes Sainct Barthelemy, qui puisse arracher de ma plume les mots de cruauté, ny seulement de rigueur, tant j’observe l’equanimité de l’Historien qui perd son nom, quand il veust prevenir le jugement du lecteur. ID., Lettres de poiler& de e-cien.ee, 16. — Cet esprit n’approuvoit rien, qui n’eust pour but les louanges de la cour… et foison crime de negliarlirrli té.’Die L. X5 Attache. — L’entreprise de ce r.ardinal… nous donne plusieurs subjects d’eserire de belles choses, desquelles nlaya.nt pu obtenir les particula.ritez.„ ie suis contraint de traiter avec beaucoup de manquemens et à regret, afin que mon aequanimité les convie à. me fournir mieux pour une autre édiii011. ID., ib, XIV, 9, — Avec des esprits pleins de douceur> de dilection et d’equanimité Ies uns envers les autres. Du VAIR, Ouvert. GteS Eslais de Provence, MO, — Le raport de mes arnis de vostre fa, vorable rnemoire envers moy… faict vous interrompre par cette action de graces et priere de continuer "’rostre equanimité. AuBiGNË, L-ettres d’al f personn., 9. 2Equiiateral, v. Equilateral. lEquinocte. Équinoxe. — On pare le Padagruelion soubs Paequinocte automnal. RAtUAISe 50. 2Equinoetie,.1Equipar e r, ivoque v. Equinoctial, etc. Aer, v. Acre. Ëre. — HoIà, 1 car le grand Juge en son throsne est assis Si tost que l’aere joint à noz mille trois six. AuBicNÉ, Tragiques, V (IV, 234). Aëré. Aérien, formé d’air, seinblable à l’air. — [Les Diables} palissent solution en la continuité de leurs substances a.ërées et invisibles. RABELAIS,. III, 23. — Par transfusion des esperitz serains ou tenebreux : aërez ou terrestres, joyeulx ou melancholicques du medicin en la personne du malade. ID., L. IV, à Odet de Cha.stillan. — Il sentit u.ne vapeur aëree luy sontle-r et tinter dedans les oreilles. l’An’LIRE A 1’, 2n D id. Democritic, p. 115. — II y a en ceste ville un nommé Gasparin, qui se vante par tout de sçavair chasser du corps des hommes les esprits, de quelque qualité qu’ils soyent, au terrestres, ou akez. LOUVEAU, trad.. des Facetieuses N’, tirets de STRAPAROLE, PL, — Les. sectateurs d’Anaxagora.s disent qu’elle [l’âme] est aeree, et qu’elle a. corps de nature d’Ér. AMYOT Opinions des Philosophes, 1717 3. — Estim.es que les Demons soient autre chose que Esprits vestus de substance aërée… ? ID., des Oracles qui ont eeseé, 38. — Esprit est une substance subtile, aêrée, transparente et luisante, faite de la. pa_rtie du sang la plus legere, Amnrt.. PArd, Introd., 10. — [Nostre corps] est 1..›.asti et constitu.é de trois diverses su.bstances, de la spiritueuse ou. aërée, de la iiquide ou humorale, et de la solide. ID, XX, T, 2. — Nous nions la corne de Licorne estre aërée, parce qu’elle ne produit les effects des corps aérés, c’est à_ dire de vapeur, fumée et odeur. I rp., Répl. pour le Disc. de 1(i. Licorne. — Je peins principalement mes cogitations, subject informe, qui ne peut tomber en production ouvragere. A toute peine le puis je coucher en ce corps a.êré de la voix. Montaigne, II, 6 {II, 66. — Ils [les esprit, s] sont d’une substance invisible, soit aêrée, comme veulent la. plus part des Philosophes et Theologiens, ou celeste, comme aucuns Hehrieux et _Arabes. CHAPRoN Sagesse, I, ? — [Satan] Fit un corps aëré de colonnes parfaictes, De pavillons hautains, de folles girouettes. Aubigné, Tragiques, V’Crie 198).

Aëree. Aérien. — Aux trois autres. masculins aerees, qui sont Gemini, Libra et Aquarius. Pontus de Thyard, trad. de l’Amour de LEors., HEDial. 2, p.. 278.

Composé d’air (fig.), — Je n’ay point le cœur si enflé, ny si venteux, q uti un plaisir solide, charnu, et moelleux, comme la. sante, je l’allasse eschan ger pour un plaisir imaginaire, spirituel, et aêrée. Montaigne, II, 37 (m, 238).

Qui vit dans l’air. — Quant aux [animaux] marins… en couleur, netteté, polissure, disposition, nous leur cedons assez, et non moins, en toutes qualitez„ aux aerées. Montaigne, II, 12 (II, 212).

Qui se fait en l’air. — Le dragon… s’aidant de ses aisles, se donna large parmi l’antre, vers Ia voute duquel il vola, plusieurs fois,’es ayant en ses passades aerées. BEROALDE DE VERVILLEe Voyage des Princes fortunez., p.. 24. Aerer. Labourer. V, liter. Aereux. Aérien, formé d’air, de la nature de Qua.nt aux excremens du Cerveau… les uns sont rares et aéreux, lesquels s’evaporent insensiblement. par les sutures du Crane. AMBR. PAR& III, 7. [La saveur] chaude, humide, affreuse. Elle humecte, lasche, ernollit, 1ubri lie, comme huile, beurre, axonge. ID., XXVI 7. Ainsi celu.y qui sait Part de bien distiller, Fait jusques au sommet de la Chappe voler Ses Esprits creux, quand il la refrigere. 3. DU CHESDIFE, Grand Miroir du Monde, V, 177-178. Que ces corps akreux ne sont point corps passifs, Comme les corps vrais corps, airs seulement actifs,’Di, ib., L. —II, 53+ Aeriennement. La flamme est celle chose du feu qui est aeriennernent eslevee en haut. 1557. PONTUS DE TYARD., 144 (Vaganay, 2000 mes), Aêrirs. Aérien, de l’air. [Des vents] les —uns sont enclins à causer niebles pluviales_ les autres à clarifier la region a.-érine. LEM.À1RE DE BEL.rdES, I, 22. Mercure sen coula parmy la region aërine, dere et Sapphirin.e, pour parfournir son rneF., sage. Io., ib„ I, 28. Dicelle [Junon] les Paons, aux plumes dorees et. versicolores, meinent le chariot… par toute la region aërine, dont elle ha la domination. ID., ib, III, Prol. Zephire estoit encores detenu En sa spelunque, il s’en est test venu, Passant joyeux au Climat aërin.Apologue du. Debat d’Ede et Neptune.[Venus] D’un vol s’evanouit en Paerine Plaine. Am. JAMYN, Poesies, L. III, 12 vo. L’oyseau qui vagabond franc de captivité S’envole par les champs de Paèrin espace… Ne prevoit les liens guettons sa liberté. ID., ib., L. IV, 199 vo. Qui est dans les régions aériennes. Des hommes et de Dieu les Dalmons aërins Sont communs en nature, habitans les confins De la terre et du ciel, RoNsAn9, lirnne des Dain ions (IV, 222). Les autres sont. nommez par divers noms, incubes, Larves, Lares, Lem urs, Penn Les, et Succubes, Empouses, Larniens, qui ne vaguent pas tant Que font les aérins : sans plus vont habitant Autour de no maisons. IL1., ib.. (IV, 222). Que nulle aure trop Iegere… T’enleve Inuit adrin. Luc DE LA PORTE., trad. d’HonAcr, Odes, I, 2. (Dans le premier exemple de Ronsard, canin pourrait signifier formé d’air, ce qui est la qualité commune des Démons, mals le second exemple montre bien que Ronsard établit une distinction entre les Démons d’après la région qu’ils habitent") Semblable à. 11 est de plusieurs manieres de Jaspes… celles de Perse sont de couleur aërine. LEMAIRE DE BELGES, la CouronneMargaMique (IV, 122). Aéliromance, Aëroinanti e. Divination parl’air. Voulez VOUS… en sçavoir plus amplement la ver ; té par Pyromantie, pa_r Aëromantie… ? RABELAIS, Ill„ 25. Le sage laboureur sachant l’Aëroma.nce, Sur les champs vient jetter à propos Ia semence. J. DIT CHESNE, le Grand Miroir.che Monde, L. V, p. 1_94. Les-divers degrez de Necromanties, Geornanties, Aëromanties. Pu. DE MARrilx, Ditfer. de la Relig., It ait, 1. Aeromancien, Autres [sont nouai-lés] aélro ? nantieris, ou augures,.. par-ce qu’ils devinent par l’air, sra, voir est par le vol des oiseaux, ou par tourmentes, orages, tempestes et vents. AbIBB. PA.RÉ, XI X, U..2Eruglneux. L’autre [espèce de méla.ntolie] est engendrée de la choiera vitelline, c’est à dire semblable à moyeux d’œuf ; laquelle par adustion est faite porracée, amies airugineuse, et à la fin rouge, et de rouge 11.Clire. AMBR. PARÉ, introd., 6. La cholere, „ ainigineuse ayant couleur de verd de gris. ID., ib. Il n’est point question de sçavoir si ceste bile est citrine, vitelline, porracée, ou aerugineuse. ID., XX, 1, 22.Ceste humeur se fait… de la bile jaune ou vitelline, qui venant a se brusier, se convertit premierernent en bile porracee1 puis après en erugineuse, et en fin en bile acre et noire. In, XX, I, 29. Un virus escurneux, fetide, virulent et eruineux, c’est à dire de couleur de rouilleure ID., XXIII, 18. fis. Ais, planche. —Il fist prendre plusieurs aes, et icelles enclouer de grands C101.1%. biEYSSE.Li trad. de DIODORE, 1, 29 (32 et).7Esculapien. Disciple d’Escula_pe, semblable à Esculape.Cappel. Eloquent, rnedecin, nouveau docte., oescula.pien. M. DE LA PORTE, EpilheleS, Medecin, Expert, fidele, aesculapien. ID, Rester. Aulx haulx tous] ours aeste et braist. En maintz tormens faict son accrest. Sotties, II, 59. (É. Picot propose de traduire aester par être présen..t.) lEstre, v, Esire. IEstueux. Bouillonnant. Soitqu’aux rives tortueuses, Par les Syrtes aestueuses, Soit que, seul il aile errant Par Caucase inhospitable. Luc DE LA. PORTE, trad, d’HoRA.cE, Odes, 1, 22. lEsynniete. Les anciens donnoyent. gardes à celu.y qu’ilz faisoyent seigneur de la cité, qu’on appelloit aesymnete ou tract. LOTS LE Ro Y, trad, des Politiques d_’ArtisroTn, III, 11. Aucuns barbares elisent monarques avec puissance absolue. Et au temps passé y avoit entre les anciens Grecz quelques monarques telz qu’ilz appelloyent aesyrnnetes. ID., ib., IV, 10., Etheree (au masculin). Éthéré. Lequel il dit estre plein d’esprit etheree. PONTUS DE TYARD,’rad+ de l’Amour de LEON HEBRIEU, Dial. 2, p+ 210. Le Seigneur estendi t le firmament e theree. ID., ib., p. 227. Le globeux tour des poles aetherees. Luc DE LA PORTE, trad. d’HollAcE, Odes, 1, 28. lEtherien. Éthéré, Donques nous penserons la ceinture Laitee [la voie Lactée] Au cors Etherien d’ailleurs estre ajoutée. Baïf, le Premier des Meteores (II, 30). (Fg.) Je me fie que ! es simples et debonnaires, et les aetheriens et sublimes en jugeront equita.blement. Charron, Sagesse, L. II, Préface. t/11°131s.L’herbe nomrnee iEthiopis ouvre toutes les serrures qu’on luy praesente. A e ELA IV, 62. Aëtite. Sorte de minéral. L’Aëtite, qu’on croit grillotant astre enceint, Sert à l’enfantement, FUIT ! a cuisse estant ceint. 3. du Chesne, le Grand Miroir du. Monde, L. IV, p. 143. Afaraé, y. Affamé. Afaner, v. Ahaner. Afar ;, —v. A//arc. Afemmir (9’). S’efféminer.Homme entier y entrant n’en sortoit que derny, Et son cors emaslé s’y estoit afemmy. Baïf, Pot s, L. IV (II, 194),

Affabileté. Affabilité. Ses sujets apres venans à expérimenter son affabileté et bienvueillance, quel aise en recouvrent ils ? LA NouE, Dise. pol. et mil., X, p. 249.

Affable, subst.). Affabilité. Je chanteray encor’en toutes places L’affable et doux de ta benignité, Et le parfait de tes luysantes graves. MAGNY, les Amours, p. 119. Affadi. Affadi après. Passionné pour. Je suis si affady apres la liberté, que qui me deftendroit l’accez de quelque coin des’Indes, j’en vivrois aucunement plus mal a mon aise. MoNTAIGNEI III, 13 (IV, 218). Affaire. Homme d’affaire. Homme d’action. Il y avoit Sayeeval, homme d’affaire et de main, encor qu’il n’eust qu’un bras. 13RANTÔME1 Couronne françois 1V1, 179). De bon affaire. Honnête, loyal, serviable. Aux povres estait charitable, Et en parolle veritable, Et à chascun de bonne affaire. R. DFCOLLERYE, Complaineies, 1. Son nom est le seigneur Agnoste… gentil-homme de bon affaire et point trompeur. Sot. Mén., 2e Advis de l’Imprimeur. De mauvais affaire. Méchant, déloyal. Sire, dit-il, j’a y devant vous à faire Pour quelque excés de nouvel advenu, Contre une Dame de si maulvais affaire, Qu’elle a voulu sa loyaulté forfaire, En me changeant pour ung nouveau venu. CRETIN, Plaidoyé de Amant doloreux. En parfin (comme cest de cousturne entre gens de mauvais affaire) sourdirent plusieurs guerres et dissensions entre eux. LEMAIRE DE BELGES, Illustr., III, 2. Aussi je n croy mye Que soys menteur, car ta phyzonomie Ne le dict point, et de manlvais affaire Scroit eeluy qui te vouldroit meffaire, Marot, l’Enier. Amy passant, certes tu n’as point chere D’estre homme fol, ny de mauvais affaire. Amyot, Si l’on profite en l’exercice de la vertu, 11. De loyal affaire. Loyal. Le serviteur n’est de loyal affaire, Prenant esbat quand son seigneur endure. Marot, k Riche en pauvreté. De haut affaire. De haut rang. Cest aceoustrement decora tant la beauté de Paris, que à, peine le sauroit on escrire, et sembloit bien Prince de haute affaire. LEMAIRE DE BELGES, filmer., I, 43.. [Vous] qui estes tous Princes et Boys de haut affaire, contre lesquelz ma seigneurie auroit bien petite durée. Id., ib., II, 3. Cela n’appartient nullement Qu’à Princesses de hault affaire. bilArtorr, trad. de deux Colloques d’ÉRASME, 1. Affaire. Embarras, peine, difficulté. Or viens me venir pour faire le lyon, E t je mettray peine, sens et estude D’estre le rat, exempt d’ingratitude, J’entends, si Dieu te donne autant d’affaire Qu’au grand ion, ce qu’il ne vueille faire. Marot, Epistres, 11. Il envoya devers son filz Helenus… lu y mandant qu’il demolist un pan de la muraille par ou ses gens peussent plus commodement sortir, et qu’il les recueillist si d’adventure les ennemis leur donnoyent de l’affaire au sortir. Amyot, Pyrrhu.9, 33. Le feu se prit de luymesme aux hampes des enseignes, que ion eut beaucoup d’affaire à esteindre. In., Sylla, 7. Anaxagoras en fut mis en Prison, dont Pen des eut bien affaire à le retirer., Ire, Nicias, 23. II… vint si bravement et sans marchander aux mains, qu’il donna une terrible affaire à ses ennemis. Brantôme, Couronnes françois (VI, 145). Besoin. Quand vous arez affaire de cent escus, pour avoir du cuir et des peaulx pour vostre mestier, ou autre necessité, je les ay en —vostre commandement. NICOLAS DE TROYES, Grand Parangon, 4. Tous aussi avoient affaire d’un chef par lequel ilz fussent parfaictement conjoinctz avec leur Dieu. CALVIN, instit., IV, p. 243. Dieu n’a pas affaire d’autre deffence que de celle dont il a usé par son Esprit, parlant. par la bouché de Sainct Paul. Id., ib, , VI1I, p. 480. frustre fragilité est telle, qu’elle ha affaire de beaucoup d’ayde. Id., ib., IX, p. 561, Enfans, avez vous encores affaire de mon ayde ? Rabelais, IV, 24. Les devins rnesrnes alloyent disans, que par leurs saerifices Hz appercevoyent que la ville estoit coutumiere de quelques cas abominables, qui avoyent necessairement affaire de purgation. Amyot} Solon, 12. Ceulx qui ont affaire de la lumiere dune lampe… y mettent de l’huile pour l’entretenir. Id., Périclés, 16. Il s’humilioit envers ceux dont il avoit affaire, et se faisoit adorer par ceulx qui avoyent affaire de Iuy. Id., Sylla, 6. Toutes à qui mieux mieux s’efforçoient de me plaire, L’on allume du feu dont j’avois bien affaire. REGNIER, Sat. 11. Affaires. Action de satisfaire.les besoins naturels. André… desirant d’aller à ses affaires, de manda à se garçon où estoierit les privez, LE MAçoN, trad. de BOCCACE, Décamé•on, II, 5. Un jour le Roy susdict estant à ses affaires monstra à Villon les armes de France en paincture, et luy dist, Voyds tu quelle reverenee je porte à tes roys Françoys ? Ailleurs n’ay je leurs arrnoyries que en ce retraiet icy pres ma scelle persee. Rabelais, IV, 67. Ce fut celuy… qui… composa un certain livre contre les Luthériens, lequel il dédia au Pape : mais son style se trouva si dur, que le Pape en ayant par cas fortuit, porté un fueillet à ses affaires, s’en escorcha tout le sainct siège Apostolique. H. ESTIENNE, Apol. pour er., ch. 17 (I, 334 _Affaire, ma_sculin, Donne response à mon present affaire. Marot, Epis ! res, 10. Pour defendre ma maison, et nos amys secourir en tous leurs affaires. Rabelais, II, 8. Adoncques, propousa l’affaire tel comme il estait.. Id.} I, 28. Estans occupez en grands affaires, Hz rte prenoient esgard à ceux qui estoient de moindre importance. CALVIN, inStit., XV, p. 739. Plus de cestuy affaire… ne me inquietez. Rabelais, in, 21. Soit quepar ordre ou soit qu’à l’aventure Voyse le cours des affaires humains. Du BELLAY, Antiq. de Rome, 9. Les patrons declaroyent à leurs adherens les loix… et prenoyent tous leurs affaires en main. AhvoT,.Romulk.9, 13. Les affaires des Perses furent bien plus meslez avec ceulx des Grecs qu’ilz n’avoyent esté auparavant. 1D, , ThéMiStede, 29. —11 avoit veu et experimenté beaucoup beaucoup de choses, et s’estoit trouvé en beaucoup de bons affaires. In., Caton le Censeur, 25. Il vaudroit mieux penser à ton petit affaire. RONSARD, Eclogues et Mascarades, k Cyclope amoureux (III, 457). Affaire… On use de ce mot au masc. et. fém. M. DE LA PORTE, Epigheies. 0 Dieux qui gouvernez de vos puissantes mains Le variable sort des affaires mondains. GARNIER, Forcie, 619. Vrayment vous sçaurez ce jourduy Si gaillardement je conduy 1 ; n bon affaire. Baïf, k Brave, V, 4. Concorde fait les beaux affaires. Baïf, Mimes, L. III (V, 151). Selon le besoing de l’affaire present. Montaigne, IL 27 (III, 110). Comme les petites lettres lassent plus les yeux, aussi nous piquent plus les petits affaire. Id., III, 9 (IV, 49). —Je suis… directeur et ordinateur des affaires secret-. -1 importants de Pestat de la saincte Union. Sal. Men., Har. de M.. de Lyon p. 129). — Ce petit affaire leur apporta par après de grands désavantages. Aupte., ;NÉ.., Hist. Uni.i., VII e 24. Affairé. Ayant des embarras d'argent, ayant besoin d'argent. — Ce prince ne se voit jamais à son aise, ains fout perpétuellement affairé ; et... il laissa son empire pauvre, engagé et en dehte de toutes parts. LtHOSPTTAL, Reform. de la Juslice, IV (IV, 308). — Ti y,voit un Gentil-homme sien voisin grandement affairé, lequel pour se mettre au large, parla à l'un des domestiques du Cardinal, à ce qu'il voulust moyenner envers son mais. tre acheptast une sienne terre qui estoit grandement à la bien-seance de Gaillon,. E. PASQUM.a, Recherches ;VI, 6. Affaireusement. Avec beaucoup d'alfaire.s, d'occupations. — La Fortune m'a a.ydé en cety que, puis que ma principale profession en cette vie, estoit de la vivre mollement, et plustost laschement qu'affaireusement, elle m'a osté le hesoing de multiplier en richesses, Montaigne, III, 9 (IV, 47-48). Affaireux. Rempli de beaucoup d'affaires. Crates fit pis, qui se jetta en la franchise de la pauvreté, pour se deffaire des indignitez et cures de la maison. Cela ne. ferois-je pas. Je ha y la pauvret à pair de la douleur . ; mais oui bien changer cette sorte de vie à une a.utiTt moins brave et znoins affaireuse. Montaigne., III, 9 (IV, 54). En une condition de vie publique, elevee, difficile et affaireuse. u A.RRoriz, Sagessie, I I, 11, Difficile, pénible. — L'usage, conduit selon raison, a plus d'mpreté que n'a l'abstinence~ La, modera.tiou est vertu hien plus affaireuse que n'est la souffralice. MONTAIGN E., Ir, 33 (III, 163). — Plusieurs vertus sont incompatibles.... comme la continence filiale et viduale... le ccelihat et le mariage ; estans les deux seconds estats de viduité et de mariage hien plus per ibles et affaireux... que les deux premiers de tillage et de ccelibat. CHAB.Rori, Sagesse, I, 3'2. — La multitude, l'abondance est bien plus affaireuse que la solitude, la disette.. ID+, ib., I, 54+ Ayant des embarras (l'argent, — L'indigence se voit autant ordinairement logée chez ceux qui ont des biens que chez ceux qui n'en ont point... Et me semble plus miserable un riche malaisé, necessiteux, affaireux, que celuy qui est simplement pauvre. MONTA/GNE, I, 40 (I, 345. Affaiter. Préparer. — Je sçay faire gommes et colles... Brasser cervoise, ailoitier vin. Arne. Pots, franç., XIII, 166. — le plusieurs autres matieres servans à la laincture... à humer et affaiter cuirs, et semblables services, s'a.ecommodora le diligent mennager. O. DE SERRES, &tr d'Agric., VI, 29.

Choyer. — Elle gastera. cest enfant., elle l'acoynte, or aquoquine, ar affaictie trop. PALS-GRAVE, Enclore., p. 626.

Affairé. Apprêté. — (Fig.) Brusquet aussi raison tout de mesures mine douce et. allaitée d'un nouveau marié. Brantôme ! Cap. esir., te mareschal d'Estrozze (1 I, 253 Affaiter, Instruire,. dresser. — [C'est un chien qui parleel Lors il me print comme par Brant merveilles Et si me feit coupper les deux oreilles Pour à son gré estre plus affaité Et dun chaseun estre mieulx souhaité. Pièces attribuées à LEMAIRE DE BELGES UV, 345). — Il n'y a amour si secrette qu'il ne soyt sçeue, ne petit chien si affaité et faict à la main duquel ou n'entende le japper.. MARG. DE


NAv., Ilepianh, 70. Faucon... affaicté, i. apprivoisé. 111 n E LA PORTE, Epirhetes. — Et puis Jean de Franeiere en la fauconnerie, Voilant t'ensei gnera. les traits et les façons II a.ffaiter et leurrer lk..s Gerfauts et Faucons. Vauquelin de la Fresnaye, Are. put., I.

Affairé. Instruit de ce qu'il doit faire, à qui l'on a fait la leçon. — De nuiet le cauteleux Sinon., affaité de par les Grecz, et ayant ceste charge, ouvrit le ventre du grand cheval, dont il saillit, Pyrrhus filz d'Achilles et une grand cohorte de gens d'armes. LE MAIRE DE BELG ES, Illustr.. II, 2. 2. Rusé, habile, trompeur. — D'eux lle.s Satyres] je nay cure, quelques Dieux ou Demyclieux qu'ilz soient. LE MAIRE DE BELGES, Musc., I, 25. — Je scay sans doutauce, Qu'en toy n'y ha ne vertu ne congance, Et que tu es une garse affai : tée. Id., 3 Gonie de Cupido er d' Atropos (III, 62). — Le jeune filz s'appeloit, Fouquet, de l'âge de seize à dix-sept ans, qui estoit bien affaicté, et faisoit tousjours quelque chattonnie. DES PÉRIERS, Nouv. Réer., 10. — Il y eut un aultre qui respondit de mesme à son confesseur, mais il sembloit estre un petit plus affaité. In., ib., FA. — 0 seducleurs, revestus de faintise, Dissirnulans une affaitee sottise. FERRY Jr UleYOT, Elegies de la belle fille, I, 13 (Eleg. 6). — Je croy que ces allant« m'ayent pris pour une pelotte d'un magot. JEAN DE LA TAILLFir Negrornant, V, 2. — Que font. nos compagnons ? Ils sont doctes, gentils, affaitez et mignons, Et chacun aux jardins den neuf Muses jardine. Vauquelin de la Fresnaye DkeerS So nets, 21. •--Cf. Affeté.

Affamé. Dépourvu. — D'honneur estoit la princesse famée, Et d'attrempence ne fut pas affamée, Ny de prudence qui à vertu consonne. Anc. Pais. franç., VI, 165. Insuffisant, pauvre. — Je vous ay escrit par trois fois ; non point lettres affamées, comme tes vostres, oins pleines de longs discours. E. PASQu'ER, Lettres, I, 13. — Il avoir grands Prelatn, ou Princes, qui n'y eussent aussi leurs maisons, et non point maisons affamées, ains grands et magnifiques Palais. Id., ib., X, IL — Lesdictes mailles 'festoient pas trop affam4.es, mais assez longues et avantageuses. Brantôme, Dise, sur les Duels (VI, 284). — (La correction de Lala.nne, qui écrit affinéee, me semple faite mal à propos.) Étriqué. — Ceux qui se non-iment aujourd'huy religieux... n'ont. autre chose du Religieux, sinon Religl'habit, lequel n'est point encor de Religieux, ions qu'estant ordonnez par les institutions des Religions d'estre estroict, affamé et de gros drap.. ilz les font toutesrois a.ujourd'huy larges à plein fans, luysans, et de tresfins draps. LE 1.4A.çoN, trad. de BOCCAC E,. Décarnéron, III, 7. — Ce juge... qui avoir ses habillemens, par escharseté de drap, si estroits et affamez, qu'il z estoient tous ouverts par devant,. Id., ib.., VIll, 5. Maigre. — Celle qui veult de mon cueur estre a :kun.ee, A grosse jambe, et la cuisse affamee.. CU. FQNTA[NE, trad. d'OviDE, Rernede d'Amour,. p. 8i. Mince, Menu (en parlant d'une lettre).. — I1 se y abusé, en la taisant [ta lettre hastardel trop afamee et meisgre. G. ToRY, Champ fleury, Lettresfrançoises, 72 IP.

Aframement, Action d'affamer. — Quand ils eurent esmotelé ces quatre brioches, commencerent à dire : ce n'est qu'affamement les avoir l'une apres l'autre : Han, l'Hostesse : apportez-en six dune voilée, afinqu'on n'y ail'e point si souvent. ALCRIPE, Nouvelle Fabrique, p.100. Affaner, v. Ahaner. Affaré. — Du Saphir afaré, etoele estincellante. TAILLE :MI :1NT,, la Tricarite, p. 49. — On jugera par des signes certains, Si de ce mal les chiens seront attaints... lis ont les yeux affarez et ardan.s. Noire l'on voit leur gueule par dedans. PAS-SERA :IL, Poés. franç., le Chien courant (I, 13). Affect I. État, disposition. — Les affects qui. nous appelions rlieurnatiques. TOLLET1 De l'evac, dei sang ((.14. Effet. — On pourra cercher plusieurs autres choses touchant les affectz du bled, au premier chapitre du. premier livre de la_ vertu des aliments dedans Galien. Trad. de Fouscn, 1481. des plantes, ch. 202 — Souvent on voit en nature les affects produits contre toute raison na_Lurelle comme IDin voit la neige, qui est une. eau glacee, rech.auffer la terre et garentir les bleclz de la pole e. B0E+IN, Demon., Préf. (G.). Affect 2, Familier. — Noblesse prend maintien si fantastique, Qu.e son parler semble estre contrefaict. Excés luy est familier domestique, Et fier oultrage entretient, comme affect. CRETIN, Chant royal, p. 14. — Certes je m'y attendz Par les rapporz précédens qu'on m'a faictz De tes bontez, non de gens comme affectz, Ains estrangiers. Epistre au due de Valois, p. 184. -Gens hazardeurs ont en leur regard dé, C'est sans propos, mais rescrips comme affect. Id., à Monnet, p, 265. — A vous n'est de l'entendre, Non plus qu'il n'est des neuf cieulx les effeetz. C.e sont secretz, qui ne vous sont affectz.. J. Boucnrr, Epistres morales du Traverseur, II, in-, 6. Désireux. — Lesquelz souvent ne regardent l'effect Auquel pretend celluy qui est affect De stimuler les lisans pa.sser temps. FERRY JULYor, Elegies de la belle fille, I, 2i. Affeetateur. Celui qui recherche, qui désire atteindre. Diogenes, Theodore, Senecque, Ciceron et principallement Socrates, et plusieurs autres affectateurs et amateurs de Sapience, ont desduyct pa_r plusieurs argumens que a Pame ne sert en riens en quel lieu le corps ait putrefaction. P. DE CHANGY.1 de la lemme chresiienne, III, 2. Affectation. Désir, recherche, poursuite. – Que nous soyons bien azifses de nous abstenir d'appeter une science de laquelle l'affectation est folle et dangereuse. CALV1N1 Instit., VIII, p. 4-69. -Quoy que plusieurs Payent imputé à piperie, imposture, et affectation de tyrannie sur le rude populaire. RABELms, III, — Il soubhaitoit, rien plus, veoir nostre benoist Servateur... Le tresbon Dieu congne-ust Sa syncere et rnediocre affecta-tion, ID-, PvT, Prologu.e. Ardeur. — A la mienne voIunté, que les amoureux tinssent telz propos et devises de telles >yes avec leurs amyes, pa.r telle et si grande affectation qu'ilz devisent des choses inutiles et pernicieuses. P. DE CHANGT e de l'Office du inary, 14. Affecté. Habile (cf. Affaiter et Atteté). — Quand ces ru.sez et affectez en finesses auront apostez et attitrez leurs tromperies, un tel homme est faci lement trompé, F. BIILETIN trad. de LuciEre, Qu'a ne faut croire iemerairement calomnie, 14. A,ffecteement. D'une manière affectée, avec recherche. — Et je Westime pas un homme estre amoureux, Qui farde affecteement ses beaux vers orgueilleux, En tant qu'il ne le peult pensant à sa Maistresse. GR.Evni, l'Olimpe, p. 59. — Qui prononcera. à la fin d'un mot T ou S trop affecté


ment, il tombera fort aisément sans y penser en l'affectation d'un E ferninin. E. PAsQuae., Recherches, Vill, 1. — Lettre qui est moitoyenne entre la voyelle et la consonante prononcée trop affectément en la nn d'une diction. Id., ib. Affecter. Bien disposer, orner. — Ils attifent leurs mots, ageollivent leur frase, Affectent leur discours tout si relevé d'art, Et peignent leurs de7 faux de couleurs et de tard. RECNIER, Sai. 9. Désirer, rechercher, prétendre à. — 11 accuse iceluy Antoine daffeeter la tyrannie, et de ce quil a occis ses souldars toutesfois il est tout certain que ceulx qui affectent la tyrannie nusent pa.s de rigoreuses punitions contre leurs souldars, ains los flattent et supportent. SETSSEL7 trad. d'AliPIE N, Guerres civiles, 111, 8. — Arminius affec. tant le royaulrne... suscita contre soy le peuple qui vouloit varder sa liberté. E. DE LA PLA NCHE, trad.. des Cinq premiers livres des .Annales de TACITE, L. Il, 92 vo, — Quand sçavoir promptement vouloient nouvelles de quelque chose fort affectee et vehementernent desiree... prenoient le Gozal, et par les postes le faisoient. de main en main jusques sus les lieux porter, dont Pz affectoient les nouvelies. RAB ELAIS, ITVT 2. — Pour affecter des Dieux le plus grand h.eur, Et pour avoir, ô sacrilege audace] Sou' ie mortel d'une immortelle gram Idolatré une saincte grandeur, Du BELLAY, I'llonneste Amour, 11. — Le tuteur qui n'a affecté la tutelle n'est marry quand il 't'y convient estre deposé de sa charge, E. PA.sQuiE.R., .Pouf-parler du Prince (I, 1036). — Que dirons-nous des flots de nostre Loire, Qui affectant sa part en la victoire, En rAir moiteu-x ses vagues envoya, Et pres Saumur ses ennemis noya ? RONSOIL RD, les Elemens ennemis de l'Ilyd.re (V, 442). — Pour servir à l'ambition insatiable de toy, qui abayois la papauté ; et ton frère affectant la. couronne de Na.ples et de Sicile. .REGNIEH DE LA. PLANCHE, HiSt. de l'Emre de France, I, 219. — Pourquoy, non Aristote seulement, mais la.. plus part des philosophes, ont ils affecté 1a difficulté, si ce n.'est pour faire valoir la vanité du subject, et amuser Ia. curiosité de nostre esprit... ? Montaigne, 12 (II, 246). — Estoufra-on la memoire de sa liberalité [de Manlius Capitolinus], et de ses faicts d'armes, et recompenses militaires ottroyées à sa vertu, par ce qu'il affecta depuis la Royauté, au preju.dice des loix 50.11 pays ? In., Ill, 10 (IV, 135). — D'y laisser regret et desir de moy.,. je ne Pay pas fort affecté. 111., ib, (IV, 151-152), — Il ne faut fuir les dangers, quand l'occasion le requiert, mais aussi ne les faut-il temerairement affecter. E. PasquierI Leures, Xi, 3. — Ils feront remarquer en un riche et magnifique citoyen, qu'il est pour affecter la prineipaute et le gouvernement en. une cité et Repubrique. VAUQUELIN DE LA FRESNATEi De ne croire à la 'calomnie. — Il fut quasi de inesme qu'elles de madame Magdelayne de France leur soeur, laquelle n'eust grand loisir de jouyr heureusement de la. chose du monde qu'elle avoit plus affectée, qu'estoit d'estre reyo.e, BRAN TÔM E, des Dames> part. I, Charlotte, Louise el Magdelaine de France W11.1, 12'7). — Sa reputation luy ouvroit, des lors le.s portes aux charges et dignitez, s'il Ies eust affectees. VAIR, Consol. à. D. M., C. sur la mort de son pere. — Observons donc ceste regle, de n'affecter que le but de vocation supernelle. A u.r3t-Medit. sur le Ps. 84. — On trouve estrange ceste passion pour chose dont il n'avoit point pa_rlé, comme aux négociations on. ne met point le pren-iier au vent ce q-ue plus ou affecte. 1D., Univ., XV, 10. (Dans la plupart (les exemples ci-dessus, on aperçoit très nettement, soit. le sens de désirer, soit celui de prétendee à, mais quelquefois aussi on peut hésiter entre l’un et l’autre.)

(Avec un infinitif complément, précédé ou non d’une préposition. Affecter, affecter de. Désire.r, chercher à, prétendre à — Les fiers Géants (comme on dit) ailecterent. R.egner aux cieulx, et contre mont dresserent, Pour y monter, mainte montagne mise L>u.ne sur l’autre. PIFIA ROT, trad. du liv. I de la Metamorpho$e. — En icelle verras et liras comme en ung mirouer ce que desireras et affecteras de sçavoir. P. DE CHAN GY, de VOffice Mary, 14. — De peu à. peu à grand bien on par vient Quand par labeur d’estre riche on affecte. CORROZET, Fables d’EsopE, 79, — Nous, qui. ordinairement affectons plus d’estre veuz sca.vans que de liestre, Du BELLAY, Deffence Ci I litetratiOrel I — [Empédocle] affectant de laisser l’opinion de lui envers le c.ommun, qu’il avoit esté, enlevé… à. la dextre du haut-tonnant… se jetta luimesme dedans le goufre d’/Etne. TAuuREAu, 213 Dial. Deinecritic, 175476. — J’affecte plustost voir nostre dolente. Ranime Serve des volon tez de qu.elque Prince doux, Qu’obeir aux fureurs de te5 Scythiques Lous, R.. GARNIER, Percie, 564, — Es courses Gymniques… s’il se trouvoit quelque gaillard, quelque dispos et deliberé coureur, affectant de gaigner le premier honneur. VA C, : 1Q If ; E Lui. DE LA FB.ESNATE, De ne crûire à la calomnie. Je les exhorte à l’amour de Dieu, à estre ardents, pathétiques et constans en sa cause, pour elle faire jonchée de la vie et des biens, : affecter de perdre tout pour celui qui a tout donné. Testament d’AGRIPPA. (I, 119). — N’affecte d’habiter les superbes maisons, Mais bien d’estre à. couvert aux changeantes saisons. AuniaN Tragiques, II (IV, 1M. — Une des causes pour lesquelles le roi d’Espa_gue a.ffecta de faire passer le duc de Parme au. Pays-Bas… fut pou.r l’eslongner d’Italie. Id., HiaUnù.J., VIII, 21.

Affecter que. Rechercher que.. — Je me prens fermement au plus sain des partis. Mais je n.>affecte pas qu’on me remarque specialernent cimemy des autres. MoNTAIGNE, 1E1, 10 {TV, 1.35).

Affecter. Aimer, être attaché à. — Non que je ta.nt blâmer les amateurs do la poësie, que je n’approuve bien leurs écris… pardonna.nt… à ceux qui ont donné en leurs œuvres quelque louange aux dames qu’ils avoyent aftectees, si elles le meritent. rrAHLTRIZAU, ler Diai.. du Dernocriiie, p. 14. — Chariiee… jamais ne se met. toit en telle dispute… san.s outre-passer un petit les bornes dc raison, et se mettre à courir Ia poste, tant luy estoit ceste cause 0.ffectee. E. PAS Q Monophile, L. I (II, 737), — L’empereur Commode… avoit Martia. pour la plus affectee de ses con.cubines. LOYS LE Roy, trad. des Pditiques d’ARIsToTE, V, 10, Commentaire. — Si le roy aymoit Pexercice des cheva_ux. pour le plaisir, il les aymoit bien autant pour la guerre, laquelle il affectoit fort, et s’y plaisait grandement. BRA.NTÔM Et Cap. franç., le grared roy Henry II (111> 276). Toutesfois dans son âme ne l’affecta-il point tant, ny carressa le comme d’autres ca.pitaines de.ses compagnons. In, , ib, , ite cle la Trimouille (II, 299). — Les royaux secrets qui estoyent en la ville osèrent penser et dire pour le parti qu’ils affectoient. Aubigné, Hist. Univ., XIII, 9. S’affecter. S’attacher. — Mon Fere, je vous veux complaire en. toute chose. Vostre commandement de mon vouloir dispose. — C’est parier comme il faut un debonnaire enfant Ne s’affecte à cela que son pere defend. R. GARNIER, Antigone, 1967. Je ne me suis non plus affecté à rechercher curieusernent les authoritez de beaucoup d’autheurs. TABICIIIIROT D ES ACCORDS" les Bigarrures, Préface. Affecté. Attaché., affectionné. Aucuns envieux de vostre gloire, ou trop affectez à celle d’aucuns vos predecesseurs, blasmoient en VOUS ce qu’ils deb-voient louer. SE YSSE.L, Hist, de Lobrys XII, Presrne. — Ventends (respondit Pantagruel) et me semblez bon topicqueur et affecté vostre cause.. Rabelais, 5. — Je ne VOUS pas dire qu’il faille delaisser pour cela d’estre affecté à la vertu. TAHU REAL], 2eDial. du Deumcritic, p. 172. — Il s’en est trouvé de tant affectés à l’immortalité qu’eux mesmes se sant voulu faire estimer diens. Id., ib, , p. 175. — Ils estoient mollit affectés à leurs foies persuasions. Id., ib, p. 179. — Dieu fait beaucoup pour nous avoir donné un Roi si curieux de la vertu, si vaillant à la guerre, et ensemble tant affecté aux amis de la science. Id., Oraison au Roy, — Il [Birague] estait très bon François et bien affecté à la couronne. Brantôme, Cap. franç., ie maresehal de Bourdillan. (V, 77). — il [Henry II] jura„ qu’il iroit par ses gal/ères en la mer de Toscane, et de là à. Sienne, pour voir cette ville si affectée’à soy et à_ son party. Id., des Darn.es, part. II (IX, 417). Mal affecté. Hostile. — Contre l’opinion de quelques uns mal affenez à l’ancienne Religion Romaine, qui ont osé dire, mesmes prescher en nostre France, n’y a pas long temps, que les Papes ont introduict tous les premiers le sacrifice de la Muse.. THEver, Cosin.ogr.., XII, 2. (Prononciation.) — Quant’à. l’autre fa, ute e elle est cause qu’an trouve leur langage encore plus affecté ou affetté qu’on ne le trouveroit. Il. EsTIE DiN E, Die du lang. franç. ital., 11, — A pro-pos d’Affettion pour Affection, comment font ces messieurs les courtisans, quand leur faut prononcer Affecté ? car maugré qu’ils en ayent, il faut, qua.nd ils viennent à ce mot, qu’ils le prononcent ainsi, Affecté., non pas Affeité, d’autant que nostre langu.e met differerwe entre Allecté et Affalé:encore q-ue ce mot soit pris de eestuy-là. In., ib., 250.

Affecterie, Affetterie.

Affectif. Affectueux, aimant. — Par quoy de cueur très affectif Vous logeray da.ns mon repaire, Si d’y loger avez motif, En vous traictan.t comme mon. père. Anci _Poids. franç., V, 178.

Exprimant ou excitant l’affection. — Diegue Stella… en a fait un autre [Traité de l’Amour de Dieu] grandement affectif et utile pour l’ora.yson.. StFRANÇOIS D n SA LES, Ain-our de Dieu, Preface.

Affective (subst.). A Élection, sentiment. — Je sçai que ces pensees ne vous seront pas nouvelles; maïs il faut que. la façon de les faire soit nou.velle en la presence de Dieu, avec une tranquille atten tion, et plus pour esmouvoir l’affective que pour esclairer l’intellective. St FRANÇOIS E SALES, Lettres, 230.

Affection. Sensation. — Les Cyrenaïques te’layent, que rien n’estait perceptible par le dehors… ne recognoissants ny ton, ny couleur, mais certaines affections seulement, qui nous en venoyent. MoriT.A..1c.NE, II, 12 (Hi, 359).

Ce qui affecte, ce qu’on éprouve. — Je laisse à dire les deuils, ]es maladies, et les autres aire.c-lions qui dominent esgaiernellt aussi bien sur eux que sur le vulgaire, F.. BaErniir, , tra.d. de LUCIEN, Caron, 18.

Sentiment, émotion, passion. — Le Roy Priam, par dessus les autres, lautorisa meu de voulenté aveuglee affection vindicative, inflation d’orgueil : et impatience de prospere oisiveté, LEMAIRE DE BELGES, Illustr., 11, 1. — Hercules… je ne sey queie affection men, fors pouree quil luy pleut ainsi le faire, envahist hostilement la. terre de Phrygie. Id., ib., II, 5. — Voilà pourquoy tous Ies estatz, d’un commun accord, conspirerent la damnation de nous et de nostre doctrine. ceste, affection raviz et transportez., ceux qui sont constituez pour en. juger prononcent, pour sentence, la conception qu’ilz ont apportée de leur maison. CALviN, instit., au Roy, p. viu. — Je requiers seulement que, se demeta.nt de toute folle amour de soymesrne, et de haultesse et ambition, desquelles affections il est par trop aveuglé, il se contemple au miroir de l’Escriture. ID" ibi, II, p. 53. — Ils sont retenus de mal faire, non point de pure affection d’honnesteté, ou de justice mais par ambition o-u amour d’eux-mesmes ou quelque autre consideration oblique et perverse. Id., ib., VI, p. 376. — J’ay voulu dire ces choses, pour retirer tous bons cœurs de desespoir : à fin quiilz ne renoncent point à l’estude de patience : combien qu’ilz ne soient du tout à delivre d’affection naturelle de douleur. Id., ib., XVIII, p. — liespouillez vous de toute affection humaine : d’amour, de haine, d’espoir, et, de crainte. Rabelais, Ill, 18. — Qu’on me lyse un Denmosthene Homere latins, un Ciceron et Vergile françoys, pour voir silz vous engendreront telles affections, voyre ainsi qu’un Prothée vous transformeront en diverses sortes, comme vous sentez, lysant ces aucteurs en leurs langues. du Bellay I Deffence et Illustration, I, 5. — Afin que s’il t’a-vient de. reciter quelquesfois tes vers, tu ! es pronunces d’un son distinct, non confuz viril, non efferniné avecques une voix accommodée à toutes les affections que tu voudras exprimer en tes vers. Id., „ ib., II, 10. — Je veu couleur changer, , , selon la paour et affections qu’il avoit. RA_BELAPS, IV, 2, — Ainsi s’estoient mis en armes pour plus honorablement le reeuillir sans aultre fiction ne mauvaise affection. Id., IV, 36. — La parole Gaius, parmy la force persuasive qu’elle a.voit, estoit terrible et pleine. d’affection. Amyot, TiberieLS Gracclize, 2, — avoit tous les jours ordinairement de grandes altercations en la tribune aux hareugues alen.contre d’Octa.vius, esquelles combien que l’un contestast a lencontre de l’autre M’OC u.ne vehemence d’affection, et avec une obstination extreme, si ne dirent ilz. ja.rnais Une seule mauvaise parole l’un. contre Palan. Id. ib., 10. Ma.dame, si peut juger par le visage L’affection cachée au dedans du courage, Certes je puis juger en voyant ta. beauté, Que ton cœur n’est en rien taché de cruauté. RONSARD, Elegies, pige. 1 (IV, 14). — Quelle affection peut estre plus aspre et plus juste, que celle des amis de Pompeius, qui estoient en son navire, speela.teurs ide cet horrible massacre ? Montaigne, 15 1. : e (15 77). — La haine contraire à la bien-vu.eillance est une mauvaise et obstinee affection des sujets contre le Prince et son Estat. CTIARRONe Sagesse, 3. — Ce sont farces et jeux toutes leurs actions ; Un ris sardonien peint leurs affections. AuBilurd, Tragiques, (IV, 77).

Expression d’un sentiment. — En l’aultre estoit le portraict d’un varlet qui cherche maistre en toutes qu.alitez requise.s, gestes, maintien, minois, alleures, physionomie, et affections. Rabelais, IV, 2. — Satyrus les repetant apres luy [des vers d’Euripide ou de Sophocle], leur donna tout une autre grace, en les prononceant avec un ac-


cent, un geste et une affection convenable à la sentence. Amyot, Démosthène, 7.

Désir. — Ce que je ne dis par jactance vaine... mais pour te donner affection de plus hault tendre. Rabelais II, 8. — J'ay affection tresgrande de vous donner ayde "a, mon povoir. Id., II, 9. — Oncques ne veistes homme, qui elist plus grande affection d'estre roy et riche que moy. 11 1. C'est aussi. une menterie de dire que 11011$ des tournons les cceurs des hommes d'affection de bien faire, en leur ostant la phantasie de meriter. CALvirg„ Insiii., VI, p. 400. — Si, estant adjourné, il comparoist à l'a_.5signa.tion, et deffend sa_ cause par les meilleures excuses et raisons qu'il peut, sans amertume aucune : mais d'une simple affection de c.onserver ce qui est sien en justice. Id.„ ib., XVIe p.770.— Seulement ayant affection d'empescher la mauvaistié de celu.y qui limeuse. Id., ib., p. 771. Ilz ont parlé par guayeté de coeur, et affection de reprendre leurs majeurs, plus que par recherehement de Verité. Rabelais, Ille 32. — Seigneur Dieu, saulve nou_s, Nous perissons. Non toutesfeys advieigne scelon nos a.ffecfions. Mais ta. saincte volunté soit faicte. Id., IV, 21. — NOUS sera-il licite de nous jetter parmi les pollutions de ce monde, sans que nous ayons nulle affection de nous reprirner ? CALviN, Serm. sur le Deuter., 90 (XXVII, 282). — Comme sont les effects de la vertu, lesquelz en les oyant ou lisant impriment es cueurs une affection et un zelt :..5 de les ensuyvre. Amyot, Péricks„ L — Ces propos des arnba.ssadeurs, non seulement deverent le cueur à Ilyrrus, mais aussi imprimerent es cueurs des Epirotes une grande voulunté et grande affection de faire ce -voyage. Id., Pyrrhug, 13.. — Ce qui engendroit et nourrissait ceste grandeur de coura.ge et. ceste affection -veh.ernente de. bien faire en eulx, c'estoit Caes.ar luy mesrne. Id., César, 17. — Le vray zeie de la vertu, c.'est à dire l'affection de l'imiter, ne s'imprime point es cueurs des hommes, sinon avec une singulière bienvueillanee et reverence du personnage qui en donne l'impression, Id., Caton d'Utique, 9. Eslongné de la Court, sans nulle affection De parvenir a-ux biens, je vivois en franchise. RONSARD, Poemess L. II, Discours conire Fortune (V, 147). — En quoy nostre Royne Catherine. tesmoigneroit à longues annees sa iiheralité naturelle et mu-fice.nee, si SeS MOyerIS SUIIISOient à son affection. IlvlowrAJG.NE, III, 6 (III, 398). — Mon cousin a voulu imiter le naturel dudict sieur d'Aubray.,. qui ne trouve jamais fin de son sçaiw-oir ny de ses discours, et mesmernent en un tel a_cte, auquel il a deu representer tout ce qu'il sp-voit a.iy-rec affection de persuader. Sat. Mén„, Advis de l'Imprimeur.

Ardeur, zèle. — Aux champs où ilz se devoient rencontrer par grand affection pour deffaire lun 'autre, Hz ont presenternent laissé la bataille, LE.mAinE BE BELGEs, Illubstr.„ II, 16. — Voila comment se passa son. cinquiesme Consulat apres le cruel encore prochassa il le sixiesrne plus chaudement et de plus ardente affection que ja.mais autre ne -feit son premier. Alei'OT1 Marius, 28.. SE combatirent les Thebains de coura.ge et d'affection plus grande q-ue n'estoit leur puissance. Id., Alexandre, — Caton prenant la parole d'une grande vehemence et d'une voix plus aspre et plusf,grosse que de coustume, continua ceste dispute. fort longuement, et contesta. d'une affection merveilleuse ! ID,, Caton d'Utiqu.e, 6'7. — l'en depuis bastir un cabinet soubz terre... etly descendoit tous les jours pour former son geste et sa prononciation, et pour ex_ereiter sa voix, avec si grande affection, que bien souvent y dei-flouroit deux et trois mois entiers tout de suitte. Id., Démosthène, 7. — 11 avait la voix. bonne et forte, mais elle estoit —un peu rude, et non encore bien forme et pour la vehemence et l’affection de son palier montoit tousjours et esclattoit jusques aux plus haultî tons. Id., Cicéron, 3. — Et n’y avoit celu.y en la cour, qui de gran.de affection ne se meist à l’estude des lettres et de la, Philosophie, DiO7Z 13. — Il n’y a.voit ne charge ny estai… auquel la. Noblesse pretendist avec ta.nt de desir et d’affection, qu’elle faisoit à l’ordre [Saint Michel]. Montaigne, II, 7 (II, 69). D’affection.. Avec ardeur. — Telle est la generation Cherchant, cherchant d’affection Du Dieu de Ja.cob la, presence. Marot, Ps, de David, 24. — Un advocat en parlement… plaidoit une cause deva, nt le president Lizet… et, parce que c’estoit une cau.se d’importance, il plaidoit d’affection. DES PÉRIERS1 NŒW. Réer., 17. — Vineus, Vegba, bis-tu Si j’a.y de ma. Princesse au cœur l’ima.ge empreinte ? Si sa vertu j’adore, et si d’affection Je parle si souvent de sa perfection… ? Du BELLAT Regrets, 177. dilection, C’Jroût, mode. — Messire Antoine, chaussé selon l’affection, paya le cordonnier à son mot. Comptes du. monde adventureu_x, 26. Affectation, recherche. — Pa_r soupirs redodblez, ou par affection D’un langage fardé de vaine passion. Belleau, Petites Inventions, Cartels (I, 151). — Mon langage n’a rien de facile et fluide : il est aspre, ayant ses dispositions libres et desreglées. Et me plaist ainsi, sinon par MOCI jugement, par mon inclination. Mais je sens bien. que pa.r fois je m’y laisse trop aller, et qu’à force de vouloir eviter ! l’art et l’affection, j’y retombe d’une autre part_ MONTAR ; NE, II, 17. — Je veux que toute damoiselle le trouve [le gentilhomme] d’une grace asseuree et douce, sans toutesfois aucune affection. FRANçois D’AmBoisE, Dial. et Devis des Damoiselles, I, 136 vo. — Jesus Christ nous oommande de nous chastrer pour le Royaume des cieu.x, et nou.s arra.cher les yeux s’ils no-us scandalisent. : F3. Il fuL respondu que ce sont manieres de parler pleines d’affection : et que Leontius Evesque de Laodicee, pour l’avoir faict actuellement, fut. pu.ny en PE’glise. BOUÇUETi 19e Seree (III, 11n). (Prononciation.) — Estant à Ia cour j’eusse pron.oneé Aficition ear la plus grand’part des courtisans prononce ainsi, Atiettion et Affettionné. — Verden hien, c’est la pronontiation Italienne qui est en vogue. II. ESTIENNE, Dial, du. lang, franç. ital., 2119. AffectionnemeDt> Avec ardeur. Les joya.ux, heritages, in autres richesses, avant qu’estre possedees, sont affectionnement desirees, m.ais non encore a.y.mees. Pori Tus DE TYARD, trad. de l’Amour de LiRoN FIEBElEti„ Dial. I, p. 2. Plus outre encor pour vous faire service J’iray, Madame, affectionnément. JODELLE, ks Amours, S. 15. Instamment. — Je priay lors affectionnément de se déporter de cette opinion que festoie Uri jellTie homme qui commençois de pousser ma fortune, et ne m’y voulust fai.re aucun obstacle. E. Pasquier, Lettres, XXII., 12. — Estant donc arrivé au logis de la duchesse de Beaufort où l’on attendoit le Roy, deux Gentilshommes de marque le prierent affectionnement de remonter à cheval pour la fureur où le Roy estoit contre luy. Aubigné, Sa Vie à sesenfanas (I, 68). Affectueusement, vivement. — Et serois digne d’estre couché a.0 chapitre des plus ingrats qui furent oncques, si en deffaut de Peffect, pour le moins je ne vous en rernerciois affectionnément par lettres. E. Pasquier, Lettres, 113. 8. — je. vous remercie affectionnément des vers par vous Caicts en mon honneur, ib., XVIII, 8.

Affectionner. Affecter, émouvoir, pénétre.r de tel ou tel sentirnent. — Le tout representé si vifverrient qu’en le lisant nous MIS SeritOrIS affectionnez. comme si les choses n’avoient pas esté faictes par le passé, ains se faisoyent presentement. Amyot, Vies des hommes illustres, Aux Lecteurs, — La vertu… rend l’homme qui la cognoit affectionné de sorte, que tout ensemble en treuve les actes beaux et desire ressembler à ceulx qui les font. ID" Périclès, 2. — [Lysandre] s’estudia de les rendre encore pirement affectionnez envers Callicratidas. Id., Lysandre, 6, — Si se trouva la commune troublee de ce meurtre, et les Chefs des deux parts diversement affectionnez. ID, Cajus Gracchus, 13. — La langue affectionne les personnes et Ies contraint à aymer. E. Pasquier, Colloques Amour, 2 (11, 797).. — Le jugement de nostre conscience nous porta.nt tesmolgnage au contraire, empeschera que telles louanges ne nous affectionneront, ny ne nous attain-, diront point a.0 vif, el. consequernment le flatteur ne nous en pourra. surprendre. Amyot, Comment on pourra discerner le flo.tteur d’avec l’amy, 12, — L’amie selon qu’elle est affectionne° dispose et altete aussi le corps. Id., Propos de table, V — Le plus gentil moyen d’y parvenir [à assujettir les sauvages]… est de s’amommoder à leurs ligues et partialitez, querelles et inimitiez, selon qu’on les verra affectionnez vers quelque peuple leur ennemy. THEVET Cosmogr., XXII, 5.— L’aine. selon qu’elk, est affectionnee, d’ennuy, ou d’en-vie, ou d’avarice, altere le corps de l’homme, BoucfiEr, 17e Gerce (11I, 164).

Désirer, chercher la obtenir. — Poursuivant ma pointe, luy remonstra.y qu’estant Prince qui altouchoit la_ Couronne de si prés. n’avoit que trop de grandeur, sans en affectionner d’autres par ces voyes extraordinaires. fil. PASQUIER, Lettres, XII, 2. — Combien qu’il feust jeune et fils de Roy, consequermnent que par un bouillon de son aage, il deust a.ffection.ner la couronne, toutesfois il fui. tant retenu aprés la mort du Roy Robert son pere, que Raoul Duc de Bourgongne son beau-frere a.yant esté esleu Roy, il ne fit jamais contenance de s’y opposer, Ire., Recherches, VI, — Le Chancelier voyant que le Roy affectionnoit la, condamnation de leur prisonnier, commença de se roidir contre son innocence. Id., ib., VI, 9.

S’affectionner. S’attacher, s’obstiner. — Ce sont les Climats qui par influences celestes donnent ioy à la. Terre, à laquelle on ne doit s’affectionner à faire porter autre ch.ose que ce qu’ils luy perm.ettent. O. DE SERRES., Th.éâtre d’Agric., I, 4, Où les froidures regnent trop longuement et trop violemment, ne faut s’affectionner’à_ planter la Vigne, laquelle n’y pourroit venir. Id., ib, , III, 2. — Le roy s’affectionnoit et s’opiniastroit à ce siege, B RArerÔ >Er, Cap. franç., le roy Charles VI/I (II, 321). — Les impérialistes s’affectionnoyent à la guerre contre le Turc, AxiBirGbrÉ, Hist. Uni’e., I, 13.

S’affectionner de. Se prendre d’affection, d’amour pour. — Outreplus l’amoureux soy mesnle s’abandonne Et se baille à celuy dont il s’affectionne. An, JAMTN,.Difference d’Amour et de Mars. —Si je ne voulois Vayrrier, et si je ne pouvois m’affectionner de toy. N. DE MorcrREui, ler Livre des Hergeries Journ, IV, 187 r°. — Elle s’affectionna tant de sa sœur, que son amitié se transmuen amour. BEROALDE DE VERVILLEI Voyage des Princes jortunez, p. 238. ce Roy s’affectionna tant de luy qu’il le fit son intime arny, grand chambellan et premier de son conseil. ID, , ib., p. 1110. Affectionné. Animé, excité, ardent, zélé, désireux. — Paris Alexandre… feit beaucoup de ruses pour evi ter la mort, laquelle luy estoit apparente. Mais le fier Hector, tant affectionné que rien plus, ne le laissoit nulle part entre seurté. LEMAIRE DE BELGE, I1 fr., I, — Il les admonesta de ne se rnonstrer pas moins affectionnez à prendre les armes, et à combattre pour la chose publique, que faisoit l menu populaire. A rie YOT, Coréolan, 7. Le pins diligent et le plus affectionné de tous les ouvriers qui y besongnoyent tumba d’a.dventure du hault en bas, Id., Périclès-, t — Si pa, ra, vant il y a.voit eu. aucun des Corinthiens froidement affectionné à l’entreprise de ce voyage, ilz y furent adonc tous eschauffez par le courroux qu’ilz conceurent à l’encontre d’Iceties. Id., Timoléon, 7. Demetrius… se vint joindre à son pere, lequel il trouva plus courageusement animé et affectionné à ceste guerre que son aage ne portoit, Id. perdeiriÉt.91 28. — Tous estoinct affectionnés de venir au combat les premiers. MoNLUG7 Comment., L. I (I, 180). — Ilz n’estoient pas si devotieux en leur religion qu’ilz ne feussent plus affectionnés à gaigner ledit bien qu’ilz plaidoient. ID, , Lb., L. VI (Ill, 92). — Il me refusa tout à plat, et de tant que je me montrois affectionné à avoir son secret, de tantp lus il faisait le rencheri. AMBR. PARJ, XX’If 32. — Quand nous aurons monstré comme d’autres Estats se sont acereus et redressez par elle [la concorde], on sera beaucoup plus affectionné à la mettre en eKecution. LA No uE, Dise. pot. et mil., p. 57. — Je suis fort affectionné de sçavoir. BEROALDE DE VERVILLEs Voyage des Princes foriunez, p+ 272. Affectivement. Sentimentalement. L’amour est le principe par lequel nous vivons affectivement ou moralement. St FilkNçois n rSALE.s, Amour de Dieu, L. VII, Ire rédact. (V, 450. Affectueusement. Avec zèle, ardeur, empressement. — Nous sommes esmeuz par nez miseres à considerer les biens du Seigneur, et ne pouvons pas affectueusement aspirer a luy, devant que nous aions commencé de nous desplaire du tout en nous mesmes. CALVIN, 1 netit., p.1. Je ne pense qu’aucun affligé sonbzhaitast si affectueusement vengeance de ses ennemys. A. SEV1N7 tract. de BoceAcE, le Philocope, L. I, 18 rn. — Elle desiroit tres affectueusement trouver le chemin pour devaler à la region des mortz, si quelqu’un luy vouloit faire ce bien, que de la deiivrer de sa vie, en la perçant de quelque ferremen t.. AmY0T5 Hist. L. VI, 6 v°. — Ily avoit long temps… que la gloire des taictz renommez de Hercules luy avoit secrettement en flammé le cœur, de maniere qu’il ne faisoit compte que de luy, et escoutoit tries affectueusement ceulx qui alloyent recitant quel homme c’estoit. Io., Thésée. 6+ — Pericles procura fort affectueusement qu’il Fust ordonné par le peuple, qu’au jour de la teste qui s’aelle Panath.enea, Ion Gelebrast des jeu ; de pris d ppe M usique. Id., Périclès, 13. Le peu le nie le incontinent reprit les armes, monstra.nt avoir bonne envie de iulx faire que jamais, et d’obeïr aux magistrats affectueusement en ce qu’ilz leur comman.deroyent pour la guerre. Coriolan, 7. —Bandius… ne faillit pas à entre l’un de cculx qui phis affectueusement fa.vorisoyent aux affaires de Hannibal. Id., Marcellus, 10. Le gouvernement que Scipion avoit si affectueusement quis et prochassé en Hespagne, luy diminua plus sa gloire, qu’il ne feit celle de Caton. Id., Caton le Censeur, 11.— Il n’y en eut pas un qui ne s’allast présenter fort affectueusement pour se faire enrouler. Id., Agésilas, 1 7. — Il (Caere.] avoit la façon d’un homme qui prie humblement et affectueusement. In., Marcus Brutus, 16. — A Rome il y a des personnes qui… s’addotineut à achetter affectueusement des monstres en nature. I D., de la Curiosité, 10. Instamment. — Ce roy le voulant despestrer d’une infinité de procès, il le supplia fort affectueusement de luy en laisser au moins vingt-cinq Ou trente pour ses menus plaisirs. H. EST I E N N ; ApoL Four er, , ch. 17 (I, 328). — Dont je fus fort esmerveillé, et luy pria, affectueusement de me dire le secret. Am n I. PARÉ, XIX, 35. — Alors je le priay bien affectueusement m’en vouloir donner la description.. Id., XXV, 32. — Il me vint trouver tout chancelant en ma tente… et nie pria affectueusement de le penser. Id., Voyage de Parp ign ar. Attentivement. — Toutes les entoiles apparoissoient au ciel et celluy cordelier les regardoit moult affectueusement. NrCOL, 31..S DE TROYES, Grand Parangon, 43. — Quant il n’y auroit autre occasion que ceste derniere, elle seule deus, bien convier les Princes à lire souvent et affectueusement les livres où sont escripts les faiets Heroïques des sages et vaillans hommes, mesmement des Roys qui ont esté devant eulx. Amyot, Vies des Hommes illustres, Aux Lecteurs. — Il kit seulement semblant de regarder affectueusement l’un de ses anneaux, et de le bien considerer. Id., COrnineni i l lao refréner cholere, 14. Affectueux. Qui émeut. — La phrygienne entre les harmonies a telle vertu, que la nutte entre les iristrurnens estans les deux concitatifz et affectueux. Lors LE Rov, trad. des Politiques d’ArusTort, VIII, 7. Empressé, ardent.. — Le Prince Sophy se monstre tresaffectueux à pourchasser la destruction de la loy de Mahometh, qui est lexaltation de la sainte foy catholique. LEMAIRE DE BELGES, Hist. de Sera Iman I 11 (III, 217). Affené. Rempli de foin. Au fig. repu. Quand j’ay bien à poinct desjeuné, et mon stomach est bien à poinct affené et agrené, encores pour un besoing et en cas de necessité me passe-110375 je de dipner. Affermer 1. Convenir, s’adapter. — En ce propos peuit servir et afferer la collocution d’Alexandre… et de Porus. BuD É, Instit. du Prince, édit. J. Foucher, Cil. 50. Qui convient, adapté. — Luy mesme, transvolitant la doulce Normandie.,. fi aict en maintz lieux sa semonce amoureuse, délaissant à plusieurs orateurs et poètes un dixain bien afferé audit propos. P, Du VAL, dans le Théâtre mystique, p. 88. Afforer 2, (Emprunt pédantesque au latin afferre,) — La Roche Thomas. avoit falot mettre pour son disner seulement un poulet rosty, q-ue sa chambrière luy apporta entre deux platz. Il luy dit tout joyeusement : Qu’est-ce que tu. m’affères là, Pedisseque. Tuas PÉRIERS5 NOW.), Réer., 14. Sa chambrière luy porte son disner. La Roche_ Thomas lu y demande, selon sa coustume c’est qu’elle afféroit. I n., iii.

Afferir. Convenir. — Par lesquelles : ckeSes il Ir appert comment ceste vertu d’Urbanité, ou Courtoisie, est convenable et bien se.a.nt… a x Princi.es Princesses,.. Et comment au contraire ces deux extremitez vicieuses affierent mal à gens de court. LEMAIRE DE BELGES, la GO ilr0.11 Alargaritique 10&). ni ussuis, vous suivant en tous lieux Pour vous seniondre, et vous persuader Ce que je sçay qui vous affiert le mieux, ID-5 Concorde des deux Langages, I 011, 120). — Es guerres a eu Iousjours trois excellentes choses et qui bien affièrent à parfaict chevalier a_ssault de lévrier, deffense de sanglier et fuyte de loup. LE LCFY AL SERVITEU R, Hist. de Bayart, 66.. • Lors je considera_y que à Prince de liault esprit haultes choses affierent, et tant ne me flay en mes propres inventions, que pour vous trop basses rie les sentisse. MArewr, Ale Roy t-nuchant Mettunorphose. Tel est. vestu de cap Fe hespanole, qui en son couraige nullement aftiert à Hespane. Rabelais, Prologe. — Mentir c’est fait d’une aine vile. Dire vray c’est chose gentile Qui ailiert au cœur généreux. Baïf, Mimes, L. I (V, 160). (1 rn personnel.) Il affiert. Il convient. — Depuis que femmes sont clergesses Plus qu’il n’atriert à leur nature, IL sont folles et vanteresses. °RI riiUORE, les Folles Entreprises (1, 8•). — Et aussi nalTiert à homme de Royale vocation muser si parfond en literature. LEDIIAIRE DE BELGESs 11iu, str 3L — 11 afflert aux amys Et. serviteurs jamais ne celer rien A leurs aymez, soit de mal ou de bien.. MATIOT.„ Epistres, 19. — Point ne pleura (car il n’affiert aux Dieux Mouiller leur face avecques larmes d’yetilx), ID„ Liv, II de la Metamorphqse, — feiz tendre filletz et autres garnymens de chasse… comme il a.ffiert de faire pour prendre loups. MAS HICE SCEVEe la Deplourable Fin de Flamete, 38. — lip1è dorique Charte eIr aparance, Comme il afiert au Roy de France. Montre Henri Duc valeureux.. Baïf, Poemes, L. IX, A sort livre (II, 450). — Comme il n’affiert qu’aux grands Poe tes d’user des licences de Part aussi niest-il s.upportable qu’aux grandes aines et illustres de se privilegier au dessus de la cous-turne. MONTATGE7 il 25 (il 188). — Il n’atilert la grandeur du sujet que je traitte, de faire amas de choses controuvees, pour resjouir et contenter l’esprit du lecteur. FAUCHET, Antiquitez, II, 13. Affermabie. Qui peut être donné à ferme. Touchant aux [’raines, rien n’y a-il plus affermable qu’elles, pour le peu de soin qui leur est requis. 0’. D E SERRES, Théâtre d’Agric., I, 8.. Cela s’entendpour les biens qu’on. peut commodément tenir à sa main, non pour les autres, lesquels la difficulté du rani rient rend pour janiiai.s affermables. Affermative (subst.). Affirmative. — De-là continuant le fil de son discours, il deduit le pour et le contre de la mort des Roys, et enfin ferre sa question sur l’a.fferrnative, et soustient qu’il est. permis au sujet de tuer son Roy, regnant d’autre façon que celle qu’il propose. E. PAsQuiEit, Recherches, III, 45. Afferme. Action d’affermer. — En cas d’afferme, que le seigneur accorde avec son fermier du prix du revenu de son bien, en deniers, fruiets ou autres choses, comme il verra le meilleur. O. n E SERRES., Théâtre d’Agric., 8. Fermage. — L e comptable de Bourdeaux s’estoit mis a la traverse, disant que tout cela devon estre comprias en son afferme. MONLUCi COML. VI (III, 168). Affermer 1. Affermir. L’ouvrage ainsi dressé, ilz jecterent solives au travers, et en belle disposition les a.justerent sur le cordage, auquel ilz les affermerent. SA_LiAT, trad. d’IIgirionoTE., vI I, 36. — Et affermant contre terre les pas, Et roidissant les muscles de ses bras, Enflant d’ardeur les veines du visage, Mist les deux mains dessus l’arbre sauvage A dos courbé, et bien qu’il tint beaucoup, Il Panacha tout. net du premier COUP. RONSARD., Poemes, L. I, i (V, 124). Le quint. medeein as eure „. que la poudre de coloquinte, meslee avec sel et aluyne, gueris.soit le mal des dents, etque son jus attiedy avec 1.Tn-aigre, affermoit les riens qui branslent. Guru, BouCHET, 2 7e Seree (IV, 187). — C’estoit… afin qu’à la lueur les soldats marchassent mieux, posassent, mieux leurs pas, et appuyassent et affermassent mieux leurs es celles. Brantôme, Cap. estr., marquis de Marignan (I, 25n). Affirmer. — Aucuns historiens afferment, que ledit Zoroastres… rut homme de merveilleux engin. LEMAIRE D C. BELGES, Iiiustr., I, 6. — C’est celuy’qui afferme Qu’il ouvre Enfer, quand il veult, et le ferme. MAR.OT, l’Enfer. — Estimez vous que la peste vienne de sainct Sebastian ? — Ou y vrayement (respondit Lasdaller), noz priescheurs nous l’afferment Rabelais> I, 45. — Je luy nie ; mais fort et ferme Tousjours le maintient et afferme. DES PÉTURBS, rilndrie, I, 1.— Christ afferme que telle doibt estre Pespreuve.’nad, au Roy, p. xi’.— ainet Paul… afferme que Mo se a icy parlé de la doctrine de l’Eva.ngile. Id., ib., II# p. 103. — Tous… afferment qu’il nie est ainsi praedestiné des cieulx. R ABELAJSe ! IL 2$. — Pantagruel nous affermoit estre le manoir de Arete (c’est Vertus) par Hesiode descript. Id., IV, 57. — Ne desprisez… la sentence d’Homere affermant toute chose prendre naissance de l’Ocean. Id., V, 25. — [Julius Procalus] afferma par les plus grands et les plus ai ri ts sermons qu’on sçauroit faire, qu’il avoit rencontré Romulus en son chemin. AmYoT, Romulus, 28. — Les autres affermoyent avoir veu des figures et images d’hommes armez. Id.., Thémi.5.t.ock, 15, — Titus Livius n’a_fferrne pas que la desconfiture Fust si grosse r mais il dit bien que celle rencontre apporta grande gloire à Marcellus.. Id., MaTeelha, Ii, — Hien du haut Ciel le Destin rie propose., Que par effect ne le donne à cognoisIre : En vous blessant un peu Je bras senestre, Telle blessure afferme quelque chose. Ro iiisARri, Sonnets à die. personnes (Il> Clytomachus afferrnoit n’avoir jamais sçeu, par les escrits de Carneades, entendre de quelle opinion il estoc L. MONTA.UNE, I I, 12 (II, 246). — Peu de gens faffient, notamment aux choses maIaysées à persuader, d’affermer qu’ils Pont veu. III, 11 (IV, 15Z — Il eut un fils rnasle, duquel il affernioit les ducs de Lorraine estre descenduz. Sait. Méo., Harangue de M Aubray (p• — Tu sÇais que Massinisse affermait au partir Que rien de mon amour ne l’eust sceu divertir. Mo NTCHRESMEN, la Carthaginoise, V (p. 154), Voyant l’Escriture affermer une chose d’un cos te et la nier de l’autre, on ne doit pas entendre la negation absolument, mais seulement avec quelque condition. St FRANçois DE SALES Serm-ons autographes, 42 (VII, 314). S’affermer. S’affermir. — Là voyons les deux bandes fremir, et soir affermer pour bien eambatre, RA13ELAIS, V, 24, — Tu sernblois le plus haut de tes grands monts de Foix, Qui nuict, et jour batu, s’afferme sur son poids. Du BARTÀS, Cantique de la eJietoire Ifyry,

Le verbe dépendant d’affermer se rencontre au subjonctif. Platon afferme en ce dialogue, et au premier des loix, que Minos et Rhadamanthus ayant este les plus anciens egis ateurs des Grecz, Loys le Roy, trad. des Politiques d’Aristote.

Affermer (subst.). — C’est un refus, qui asseure et afferme ; Un affermer, qui desasseure et nie. Melin de Sainct Gelays, Poesies, I, 83.

Affermer 2, S’affermer à. Prendre à ferme. Fig. fréquenter assidûment. — L’annee apres, 1579, les eaux furent, rendues bonnes et douces, ca.use que l’annee fut pluvieuse . . . mais parce que le vin n’estoit pas cher ceste annee-là, comme la precedente, on ne s’afferma gueres aux puits et fontaines. Guil. Bouchet, 2e Serec (I, 68). — Nostre beuveur d’eau . . . va dire à un sien voisin, que demain matin il ne faudroit d’aller mettre aux fontaines et aux puits de beaux bouchons de lierre, et qu’il en seroit le fermier . . . Toute telle apparence que vous trouverez au lierre . . . soyez seur de la rencontrer en la vigne és vendanges suivantes. Ce qui nous servira, ce disoit le voisin au beuveur d’eau, pour nous empescher de nous affermer à vos belles tavernes, faisant provision de vin durant la bonne vinee, encontre la mauvaise, Id., ib., (I, 81).

Affermir. Cicatriser, — Voicy le bea.0 tresor, qui n’a point et n’aura son semblable en l’Eglise de sainct Marc. C’est . . . celuy qui pourra guarir et affermir vos playes. Trad. de Folengo, Merlin Coccaie, L. IX (I, 245).

Afferrer. Afferrer le port. S’y attacher, jeter l’ancre, — Par maint orage ay secouru fortune Pour afferrer ce Port tant desiré. Maurice Scève, Delic. 39.

S’afferrer. S’accrocher. — Au troisième abord et combat, les petites [galères] vindrent de front pour s’investir et s’atterrer rune à l’autre. Brantôme, Cap. franç., le grand roy Henry (III, 255).

Affertiler. Rendre fertile. — Que le Nil dégorgeant sos nourricières eaux Dans le sein de Tethys, par sept larges canaux, N’affertile, bourbeux, du limon de son onde, L’Egypte quo ton sang laissera plus feconde. R.. GARNiSR, Poreie, 137. — Si tr011sjOurS les cousteaux, rneurtrierement trenchans, De nos corps moissonnez affertilent les champs. Id., ib., 890. — Et ne feront les Dieux.„ Que les bonis Senateurs, qui aux Libyques plaines Et aux champs Espagnols, in domtez capitaines, Gardent l’espoir Romain, affertilent les ch.arnps Des ennemis domptez par leurs glaives tranchans… Cornelie, 645> — Dieu te gard, saincte Paix, Qui repais —De ton miel la terre et l’onde Tu e.s l’effroy des meschans Et les chans Affertiles mieux fmonde. P. MATTHIEU, Anzan, Vt p. 124.

Affessiner. Tasser. — Puis aprés que l’on voit l’herbe estre assez fanée, Et que sa verdeur est en bon foin retournée, Le plus fort de la troupe en un 1..a.s l’emmulant, Pour l’affessiner aux pieds le va fo-tillant, G A U.0 RET, Plaisir des Champs, l’Esté, les Foins.

Affessy. — Le pareil advient au cerveau . . . car, estant de sa nature humide et froid, après qu'une forte et longue imagination y a attiré la chaleur des esprits, il se ressent d’une telle emotion ; et lors, quelques fois aydé des vapeurs qui sont montées aprés le repas, quelques fois par le moyen de la bile froide, laquelle y est attirée, comme il advient aux hommes melancoliez, ou bien affessy de soymesmes, il vient à rechasser les esprits contre bas vers le cœur. Cholières, 1re, Ap. Disnée, p. 32.



Affetardir, Amollir. — Ceste maladie l’a tant affetardy que tout le monde l(abhomyne. Palsgrave, Esclarc., p. 631.

S’affetardir. S’amollir, devenir paresseux. — Ces communs belistres se affetardissent tout à propos. Palsgrave, Esclarc., p. 625. — Fy, que tu t’es affetardy depuis que je te congnus premier. Id., ib., p.. 775.

Affeté. Ce mot parait être une variante tantôt d’affaiié, tantôt d’affeca. Il n’est pa.s toujours possible de discerner a_uquel des deux il convient di. le rattacher.. Voir Affaiier et Affecter. Joli, gracieux. — Jamais tu n’y aii.rras que hien. La femme dira « Mon fallot, Mon affetté, mon dorelot, Mon petit cueur, mon petit foye. » Sottie’g, Ill, 143. — Le rnary… devint amoureux de ceste charnbriere, jeune, affetée, et gra, ssette. Comptes da Monde adventureux, 6. — Le chaperon approprié. mistement en sa carrure De sur Ia polie voulturo De son petit affeté front. Baïf, Passetemps, L. I {IV, 220). — Leurs robes fort. courtes… rnonstrent à plein leurs belles jambes et belles grèves et leurs piedz affettez et bien chaussez, BRANTICuilE des Dames, part.. II (IX, 323-324), Habile à parler. — Ny n’entroit en leur païs aucun affetté rhetoricien pour enseigner à finement plaider. AriprvoT, Lycurgue, 9. — 0 comme elle est fine freteef 0 qu’elle a la. langue affelee ! Et comme elle a. donné son cas Au Capitaine Taillebras I Baïfe le Bra9e, IV, 4. — Mon Dieu quelle lanFue affeteo, Comme elle parle, elle dit d’or. Belleau ? la Reconnue, I, 3. — Les Atheniens toient à choisir dt :, i deux architectes, à conduire une grande fa.brique ; le premier> plus affeté, se presenta avec un beau discours. Montaigne, I, 25 (I, 210).

[Langage] habile, éloquent. — Des advocatz chanceliers ont esté Par leur parler bien propre et affeité. DelAno. E NAV., Dern. Pi9é3„ les _P’risons de la Reine de NaP" p. 161. — Ne te laisse tromper à. l’affetté la_nga.ge De plus jeune que toye mais excuse par rage Le peu d’experience et le peu de raison. AUBIGN É, le Priintein, 9e Ili 17 (III, 107). Affecté, recherché. — Pericles… prit… une grandeur et hautesse de courage, et une dignité de langagre, où il n’y aTy-roit rien d’affetté, de ba.s, ny do populaire. ArioiroT, Périclès, 5. — Ce langage est par trop affecté, el tel qu’on le peut bien aussi a.ppeler arfetté. — Vous orrez do.nc souvent en la cour du langage que vous jugerez estre affecté et affetté. — Peut estre que mon jugement se trouvera bon, et qu’il ne se faudra esbahir si ce Ia.ngage est affetté, sortant des la.ng-ues affettees. EsrIENNE, niai. du. lang. franç. ital., 11, 125. De tout temps j’ay apprins de charger ma main et à cheval et à pied, d’une baguette ou d’un haston jusques à y chercher de l’elegance, et m’en sejourner, d’une contenan.ce affettee. MCINTAIGNE, II, 25 (III, 97)1. — C’estoit quelque façon de chaussure qui coureit de ce. temps-là, qui estoit par trop affettée, et peu séante aux prudes ferrariCS. Brantôme des DaineS, part. Il (IX, 311).

Raffiné. — Les plus affetez et delicatz se perfumoyent tout le corps bien trois ou quatre fois par jour. Montaigne, I, 4.9 (I, 40.7).

Qui cherche à séduire, apprêté, disposé pour séduire. — Ton afeté regard. sçait si bien m’attirer, Qu’à grand peine je veux ma veue en retirer. Rivaudeau, Aman, V (p. 124). — Et ses yeux atrayans [de la Voluptél, qui çà et là branloyent, D’un regard afetté sans fin etinceloyent. Baïf., Poemes, L. (II, 413), — N’imitant celles-là, qui par lascives danses, Par regards affettez, par prodigues despenses. Des hommes de bort lieu se pensent faire aimer. Du Bit RTA s, L. IV. Celie qui craint de rire devant son mary, ou de faire quelque autre gayeté, de peur d’estre estimee allettee et effrontee,.4iLmY0T, Preceptes de mariage, 24. — „Pay une. Fille éventée, affetée, éfrontée. In" DES ROCIIES, Secondes Œupres, Dial. de Placide et &verbe. — Si quelque autre atettée en sa douce malice Gouverne son œillade a.vecq’de Partifiee, J}ayme sa. gentillesse. REG N I E Sat, 7. Encor’seroit ce peu si d’amour emportee Je n’avois à. son teint. et sa mine afettee, Leu de sa pa.ssion Ies signes eliTidans, (.. : ue l’amour imprimoit en ses yeux trop arclans. Id., Elegie zelotypique. Trompeur, fourbe, perfide, méchant. — Cy devant, Davus, ravois peur De toy, que fusses un trompeur, Comme on voit de ces serviteurs Assez affetez et menteurs, DEs PÉRIERS, Andric, III, 4. — C’est l’ordre general De voir une affettée Se trouver mieux traittée Qu’une ayant cœur loyal. MELis DE SAINCT GRLAYS, Chansons,. 3 (IL 221). Ils ont des la.ngues affettees, Aussi perçantes que poignards. TH, DE BÈZE, —PS, de David., — Et quoy ? ne crains tu point de me faire e.sprou ver Les abois mesdisans d’une langue affetee… ? P. DE CORNUe tEuv. poei, , p, 97. — Depuis qu’une langue afetee Une fois est envenimee, Impossible est de lieviter. Id., ib., p. 121. Aftettement. Gracieusement. Et prenions pa.r dessus tous très-grand plaisir leur voir porter leurs ja.mbes si gentiment, et démener et fretiller leurs pieds si aliettement que riens plus. D’UNTÔME, des Daines, part. II (1 321). Afetterie. Recherche de grâce, d’élégance. — Toute telle bande des I’dusiciens et min]stres des volu.ptez de l’Asie, qui surpassoyent en affetterie et plaisanterie les autres telles pestes, qu’il. avoit amenez quand et luy d’Italie, se glisserent en sa cour. Amyot., Anteine, 24. — Cynea.s…, n’y gaigna rien par ses présens envers les hommes et envers les fem.m.es, et encores moins par ses affecteries et beau langaige. L7HOSPITAL5 Reforen. de Justice, V1 (V, 2, 23). — Qu’elle ne parle point… si lentement qu’il semble qu’elle s’escoute, et qu’elle cherche quelque aftecterie en son langage et en sa. gra.ce. FRANÇOIS D’AMBOISE, Dial. et DeQis d-es Damoiselles, Il 81 ro. — Si elles les nient [les louanges qu’on leur donne], c’est avec. une telle mine et affecterie qu’il semble qu’elles veulent convier les personnes à. en dire davantage. Id., ib.> 83 vo.. — Voila les singeries du monde, non vrayernent telles qu’avez voulu figurer aux femmes, qui ne gisent qu’en quelques affecteries par nous recherchées pour complaire aux hommes, qui par leur puissance ont empieté une tyrannie sur nous, E. PAsQuip.n, Lettres, XVIII, 3. Déguisement de langage, paroles trompeuses. [Aristidesi estoit froit, reposé, consta.nt et arresté, qui pour rien n’eust devoyé du droit sentier de la justice, et n’eut usé de mensonge, d’al fetterie ny de tromperie, non pas en jeu seulement. Amyot, Aristide, 2. — Il [Philippide] n’estoit point fascheux, ny entaché de curieuse affecterie de cour. DeiiieteiuS„ 12. — Le magistrat_ clorra l’oreille aux menteries, affecteries, palliations, desguisemens des advocats. L’Hom-.Reform, ka Justice, VI (V, i06),

Affeuage. — Ce mot Affeu.age (pour lequ.el aucuns disent Affouage est de même forme. ESTIENNE, Diai. lang. franç., ital." e 325.

Affeuhler, v. Affubler.

Affeublir, v. Affoiblir.


Affiance. Confiance. Le bon sergent en luy print alliance, Et luy livra, sans nulle deffiance, Son bocqueton, son enseigne et sa verge. Bo uRD1GN.É, Pierre _Faifeu, 19.

Affiche. Piquet. — Ils trouvent, au logis, leurs conmpagnons levez, L’un pliant —un pannea.u, l’autre qui, d’une aiguille Propre pour cest effect. paib endroicts le L’un les affiches faii, bref, avecques grand soin Tout.se trouve apprestu dequoy 1’011 a besoin. Gauchet, Plaisir des Champs, le Printemps, Chasse du Renard.

Affixe — La lettre consone servant, d’ordinaire de composition et d’affiche a.ux noms primitifs liebrieux. LE LovElt, Hist, des Spectres, VII, 8. Cf. A/Pz e.

Afficher. Attacher, fixer. — Les indulgences tirent de l’armoire du Pape la grace de Christ en. certaine mesure, et l’a.ffichent à plomb, parchemin, et certain lieu. CALVIN, InStiÉ.„ V, p. 384.. Il nous fault donner de garde, que T10115 ne tombions en un autre erreur prochain : en lisant ce que les Anciens pour amplifier la dignité des Sacremens en ont honorablement parlé : tellem.ent que nous pensions quelque vertu secrete y estre annexée et affichée.. Io., ib., X, p.. 51)5. — Fay moy d’amour le saint temple aprocher, Et dignement paroy afficher De mon repos le travail pardurahle. lits AUTELS, Amoureux Repos, Invocation. — Lon rie sçavoit qu’estoient devenues les armes qui estoient affichees et pendues a.0 temple d’Hercules à Thebes. Amyot, trad, de DIODORE XV5 Qui prendroit un seau pour l’afficher à une letre où il n’y eust rien cleda.ns.„ voilà une fausseté digne de mort, CAI.V[N, rEpilre aux Ephesien.e, 12 (Ldf 393), — Il traitte„, des corps superieurs qui sont celestes ou affichez aux cieulx„ Loys LE ROY1 d’Aristote ct de ses œuvree, en tête de la tra.d. des Politiques d’AnTsToTE. — J’ai veu, dit-il, 1102 guidons Aux temples Puenois en dons Affichez. LL : c DE LA PORTE, tra.d. d’IloR.AcE, Odes, I 1115. S’afficher. S’attacher. — Cependant que je m’affiche ici ou là., je suis autant destourné de Dieu. Nous voyons donc qu’il faut coupper tous ces cordeaux qui nous retiennent. CALVIN, Serm. sur le liv. de I obi 49 (XXX111, 612), — Ceux qui disent, Je croi, et cependant n’ont point de Gertitude de la vérité de Dieu, mais seulement quelque phantasie : il est certain qu’ils sont comme ensorcelez de Satan, s’ils s’affichent (comme on dit) à cela., Id..5 ib., 98 (XXXIV., , i5). Affieheuse. — Cette mauvaise la n’est pas plus brave que vous, mais ell’est plus a.fficheuse, perverse, surprenante et opiniastre. St FnAreçols DE SALES, Lettres, 1006. Afficque, Afficquet, v. _Affique, Affiquet. Affidé. Rendu digne de foi. — Tout cela est deviner, et se vaut mieux tenir aux preuves certaines, et (comme disent les praticiens) affidées, FAUCHET, ilitÉigidiel„ I. — Et tu vats qu’un eontract d’une amitié promise, Jurée e.ntre les mains de nostre saincte Eglise, Non pas par deux tesmoings affidé seulemant, Ains par la rnesTne foy d’un public sacremant, Aie moindre vertu., n’ait la foy si certaine Que ces autres con/Tacts de quelque chose —reainel P. DE BRAClie Regrets funebres, Elegie 2. Affier 1. Assurer. — Il appete, je vous aille, Vous faire service et plais’ir GRINGORE, Seinci Lins, L. III (II, 96). — liz.martirent en plusieurs lieux Les Xrestiens, je vous allie. Id., ib., L. V (II, 176). — Alors, je vous affy Que j’heu bien peur. BouRDIGNÉ, Pierre. Fcateu, l’Acteur (p. 20). —Prenez le mien qui est en mon estable ; Cinquante. escuz il vauit, je vous affy. I D…„ ib., ch. 46. Plus pour elle [la lune] ne priez que Dieu la garde des loups, car ils n’y toucheront de cest an, je vous Élie. RAIIELAis, Paniagr. Prognest., 7. Je vous Ale Que ne me plais ny glorifie De beauté quelle qu’elle soit. MARoT, trad. de deux ColloqUeS dSRASME. If. — Je vous promeetz et vous Jure et aile… Qu’il vous sera loial et bon pasteur. MARC. DE NAV+r Dern. Poés., Comedie sur le trespas du. Roy, p.64. —Josephus tes tiffie Qu’il reit son li vre en vers, je te l’allie. J. BOUCHET, Epistres fatni-lieres Traverseur, 41. — J’en suys grandement scandalisé, je vous a.ffie. Rabelais1 III, 22. — Je vous affie que plus me plaisent les gu.ayes bergerottes r..-iehevelées… que les darnes des grandes cours. lu., III, 46. —Vous jourrez bien, messieurs les Diables, vous jourrez bien, je vous affie. Io., IV, 13. — Tout. le sert. et dessert feu t porté par les filles pucelles mariables du lieu, belles, je vous aille. lui., 1V, 51. — Peut on vacqu.er à la Philosophie Entierement, et en vers ? je t’allie Que difficile il est. Da.ns CHARLES FONTAINE, le PaSSetemps des Amis, p. 299 (Jean Dugué à Ch. Fontaine). — En un rnesme moment jettions nostre veue sur l’Estat du grand Seigneur, que voyons, je VOUS rafle, de belle estendue. LYz.z.pplernent Catholicon, 6. Confier. — Force me est te rappeler au subside. de, s gens et biens qui te sont par droict naturel affiez, RABELAlSi. I, 29.. Affier 2. l’Untel% — J’en allieray et hanteray en mon jardin de Touraine… et seront dictes poires de bon Christian. Rabelais, IV, 54. Ilarpalus….. s’efforça d’ailier ès vergers Royaux des arbres et plantes de la Grece. Amy oT, Propos de table., III, 2. Arneur. Planteur, ’Pay esté gallant en jeunesse, aussi j’estois Prieur, deliberé comme un a [rieur meuriers. BEFt0ALDE DE VERViLLE, Moyen de karf•enirt Ordonnance (I I, 252). Affieux, Planteur. — N’ha pas encores temps que regnoit en la ville d’Anglets un bon affieux de chiendent nommé maistre Pierre l’aifeu. DES NRIERS5 NOW). Réer., 23. Aftiger. Accrocher, attacher, fixer, afficher. — Fut le traicté dappoinctement… escript en tableaux daerain, lesquelz furent afligez au Capitole. SEYSSELt trad. d’AppiEN, Guerre Syriaque, 4> — A.ses images et statues estoient plantees et a ffigees diverses figures, et diverses Epita.phe. Id., ib., Guerres civiles, II, 16. — De laquelle description Ie peuple universelement fut si es.meu, quil deschira les tables dicelle tout incontinent quelles furent attachees et affigees es lieux publicques. In., ib., Guerres civiles, V, 8. — Je tay declairé cy dessus le moyen de tirer les vertus et forces de nostre mais main tenant,., je tenseigneray (le le plus fort imprimer et affiger en nostre ciel. ANT. DU MOULIN, trad. de la Vertu. de 1’1 Quinte Essence, p. 46, — Pour induire le peuple suitte, ils ai-figent des placards Par les c.L, arrefours, à ce que si aucun avoit envie de recevoir ces sainets rninisteres par leurs mains, ils se retirassent en Fflosiel de Langres vers cette Gompagnie. E. PAsQuiErr,., Recherches-, III, 44, — (Enéel aia.nt. d’hostiles armes Vétu les troncs, par Ies chefs des gensdlarmes Les rait porter, a.usquels rnesrne il a mis fi : dit affigé certains noms d’ennemis. DES "MASURES, Eneide, XI. — 11 ne convient pas qu’il [Prométhée] soit attigé bas et. pres de terre, de peur que les hommes qui sont de sa fa.cture luy donnent SeCOUPS. F. BRET1N, trad. de Lu c ! EN, Prométhée, L Apres y a-voir affigé des chevilles, et mis une ansette au bas, et y avoir tendu sept. chordes il en sonne rom dOUrreinerit et MelOdieirlSernent. ID’, ib., De is des Dieux., 7. —Que ce Tyran estant affligé a.upres de Tityus, ait quant et quant le foye rongé pa.r les Vautours. Id., ib., Depis d-es Morts, 30. — Il ne te sera pas permis de le veoir present, si nous devons croire au billet affigé contre les portes. ID, ib., Errnotin, — Elle a fort petite teste… et est toute mobile non pas compacte et affigee sus les espa.ules comme aux sa.uterelles. Id., ib., Louange de la Mousche, 3. — Aucuns desquels nous avons fait jetter dans Ie taureau pour les brusler, les autres avons fait affiger en croix. Id.., ib., Epistres de Phalaris, 126. — Qui est l’audacieux qui de ces lettres closes Presume d’entriouvrir les cachetz affigés ? PAPODIT COTisiaRCe% — Dans la salle où estoient tenuz les Estats se voyoient plusieurs placards scandaleux, affligez aux destroits d’icelle. JEAN DE LA TAILLE., Farnil. Descript. des Estats de la Ligue. — Liz en affigent aussi par les eglises et maysons l’image, peinte en des tableaux visibles. St FnANÇOIS DE SALES„ Defense de la. Croix, Avantpropos, 2. — La Croix a esté l’Autel du sacrifice de nostre Redempteur.., C’est son exaltation, c’est le temple de ses trophees, auquel il affigea comme une riche despouilie la cedule du clecret qui nous estoit contraire. ID, › ib., 1, 5. — Il y a une eglise de Sainte Clere, ou il se treuve une chapelle SOUS l’inVOGatiOD de ce. bienheureux Prince, avec son image et l’abbregé de toute sa vie escritte en un placard affigé, Lettres, 548. — Affin que je vive en Dieu, je suis affigé à la croix avec Jesus ChriSt. Id.t Amour de Dieu, VII, 2. — Il ne put… descouvrir et empoigner ceux qui ernplissoyent Rome de placa.rds d’infamie et de mespris contre lui, tantine par Ia —voye de Pasquin et de Marfore, tantost par autres talipleaux afflgez aux lieux plus éminents., f. ; NÉ, Hist. Unie., X, 20. (Fig.) — Non toute.sfoys sans licence des Graces, Qui en tes Mœurs affigent tant leurs faces, Que quand je vien a °dorer les fleurs De tous tes faictz, certes, quoy que tu faces, Je me dissoulz en joyes et en pleurs. MA.umcE ScEvE, Delie, 4. — 11 porte impatiemment la perte et privation de tant de plaisirs, ausquels son esprit. est je ne seay comment adherant, et comme affigé aveeques quelque colle. F. BRETIN, trad. de Luciu N, la Navigation., — Comme le pouvois esperer, estant cloué et affigé ces rnontaignes, et si ind.igne de. vostre consideration ? St FRANÇOIS DE SALEs5 Laires, 5.14. Affilée Avoir te. bee affilé. Parler fa.ciiernent„ avoir la langue hien pendue. — Que nous n’ayons point un bec affilé pour jaser à l’encontre de Dieu. CALNIN, Serm. sur le de Job, 103 (XXXIV, 529). — NOUS n’aurons point aussi le bec Riflé pour plaider contre lui mais en toute humilité nous cognoistrons nos fautes. Id., ib., 144 (XXXV, 285). — Que nous n’apportions point un bec affilé. pour nous rebecquer quand la doctrine de Dieu ne nous plaira point, Id., Serin. sur la seconde à Timothée, 20 (LIV, 2a9). — Lors ceste friande avec son. bec affilé me va dire, oste toy d >icy, pauvre malheureux et malotru. Lou-vEALT, trac], d’ApuLiE, 2. Affilé (par extension). Qui a le bec affilé. L’Eglise m.e dit que rhonnore la Croix, il n’y a. hugu.enot si affilé qui peut monstrer que l’Escri-turc le defende. St FRANçots DE SALES, De/crise de la Croix, II, 13. (Par une métaphore abusive) Tapis affilé.. Langage habile à dissimuler la pensée (4 ?). Lors... Qu'il est beau, jeune, fort, qu'il a. rame couverte Du tapis affilé d'une langue diserte. P. MATTHIEU7 VaSthi> p. 14+ Affiliation. .A.doption. — En défaut d'enfans procréez de leurs corps, ils pouvoient mesmenaent adopter et faire des teintes affiliations. E. PASOLIEB., Recherches, 18. — Aux afiliations (les Latins les nommerent adoptions) qui se faisoient entre los lioys, Princes, et autres grands Seigneurs. Id., ib., IV, le Affiloire. Ce qui sert à affiler, à aiguiser. — Fig. : Il en avint ce docte monument... cet antidote contre tout malheur, ce.ste affiloir.° de bonnes graces, ce Moyen trie parvenir, unique breviaire de ; resolutions universelles et par ticulieres, BEBOAL E VERVILLEe Moyen de parvenir, Pause derniere, 1, 4S. Affin. liToisin. — Reculez vous., ne me soyez affine. .1".elicnE.1.. D "A MBOISE (1532. Complainekst 133 ro. Parent (par le sang ou par alliance). — Qui congnoistroit la. cornrnere QU l'a.ffine En avoir eu d'un moulture double. CRETIN Pocsics, p. 256, à Moline t.. Ilikpollon à Jupiter] Ja ne te faut esbahir {ô mon tressacré geniteur, ne vous autres puissans Dieux et Deesses, tous mes parens affins„. si le berger Paris, par sa folle legereté et malice. hebetee, ha causé rume.ur et dissension entre VOUS. LEDIA.illt DE BELGES, I, 34. Quand... le bruit de la guerre Tro-yenne sesleva parmy Grece... ledit Tlepolem-us, Roy de Rhodes, y alla. avec les a_utres Princes, ses affins et prochains. In., ib., Luy mesrnes avait regret de avoir eu trop plus gra.nde suspe.ç.on contre son amy et affin, quil ne debvoit. SEY SS EL, Successeurs d' Alexandre, ni, 11. Tantost furent creez Consulz Ernilius Paulus, et Calidius Marcellus, parent et affin de. Marcus PdarceIlue. Id., trad. d'ApPiE-N, Guerres civiles, II, 4. — Il n'eut cou.sin, parente, ne affin, Luy retourné, qu'a.ux nopces ne convye. BouritriKNÉ, Pierre Fai/eu, ch. 48. — La fille, apres qu'elle est ma.ryee... se retire avec ses allyez et abandonne ses parens. Pour ce a son office et charge appartient entretenir ses affins mieulx que ceulx de sa consanguinité. P. DE CHANGli, .111Siit. de la Femme chrestienne, 12. — Phis voluntiers hantera ia verve les affins et prochains de son feu mary que les. siens. Id.., ib., 111, 5. — Entre ceulx du sang de. son mary elle demonstre phis sa, vertu de pudicité, sinon toutesfois.... que les fernme.s ses affines fussent esventees de lubricité : car lors mieux sevoit qu'elle sc convertie a. ses pareils. Id., ib. Bien pelait aller aux nopres et festins De ses pareils, alliez, ou affins. J. 13oucilET, Epistres m-erate5r du Traverseur, I, 6. — Ce Rat luy a requis allors Qu'il voulsist pour luy satisfaire De sa line et de luy parfaire Un mariage, à ce/le fin D'estre SOTI prochain et a.ffin. G. 11AuDENT, Apelingues d'EsoPE, .11, 111. — Les povres estrangers .s.ont denuez de toute aide, ils n'ont ne pareils ni affins, ils n'ont point d'aide ne de faveur selon le monde. CALVIN, Serin. sur k li(). de Joh, 116 (XXXIV, 699). — [Perseus] s'en vint à Chemmis ou il mec.gnut tous ses pareils et affins. SALUT tra.d. d'HÉnoDoliE, II, 91. — Ils veulent par mariage amplifier leu.rs alliances, et acquerir plusieurs affins et alliez, en prenant et bailla.nt femmes à d'autres qu'a ceux qui sont desja leurs parens. ANYOT1 Demandes des choses romaines, 108.. (Au figuré.) Rectitude de conseil... est parente de regnative prudence... affine de inernoire et de docilité. LEM ArRE DE BELGES} la Couronne llargaritique 1(1V, 79), — Tout premierement presente à mon propos line tresgracieuse vertu nommee innocence... parente et affine de Grace. In., ib. (IV, 121). — Perpirement scia ton affin... En faulx. contraulx tnetz ta science. Anciennes Poésies françaises, I, 215. — Le grand palais où Pliebus habitoit Hault eslevé sur columnes estoit, Tout luysa.rit. d'or et d'escarboucles fines, Qui du élair feu en splendeur sont affines. MmioT, trad. du liv. de la Metamorphose. — J'ayme mon corps, voylà la lin : C'est mon arny, c'est mon afin ; C'est mon tout, mon Dieu, mon idolle. MARC. DE NAY. !, Dern . Poes., COneedie louée au. Mont de Marsan, p. 75. Ami. — Ma plume ordist telle façon, à fin De t'a.yd.er comme amy S011 affin. CRETiri, Poesies, p. 257, à Frere Jehan Martin. — Or avez-vous de vos circunvoisins Prins les terres, voire par pillerie -, Par quoy n'aurez besoing plus d'affins Pour soubstenir la vostre seigneurieb CrniNcoRE, l'Entreprise de Venise (I, 149).. — Que pourront dire en tous lieux nos affins Les Rutulois... ? DES _NIA XII (p. 616). Affinement 1. Fin. — Sicile et Espaigne furent c_iluse de la. destruntion. et affinentûnt de l'empire des Carthagiens..C.4TiLL. BUDÉ', Instit du Prince, édit. Jehan Foucher, ch. 39. Affineurient 2. Action d'affiner, de rendre fin. L'affinement qui se fait par voye de ciment Royal, ou par eau de part. J. BoniNI Repu Nique, VI, 3. — L'affinement des esprits, ce n'en est pas l'assagissement, en MM police. MoriTm.r. :riu, 9 (IV, 43). — L'affinement des esprits n'est pas raSSagiSSerrierIL` Cli etRoN, Sagesse, I, 14, Action de tromper par finesse.— Ainsi trompail ra_bbé finement, Qui se mesloit vers lu y d'affine-ment BOURDIGNÉ :t Pierre Faifeu, ch. 40. Affiner 1. Accomplir.. — irespf...re d'aftyner ITIOL1 desir, j'espere de chevyr à mon desir. PALS-CRAVEe Esclarc., p. 467. Apurer [un compte]. — Ne qu'il ne puisse oyr les comptes des deniers 41i, cette ville, ne iceux cloue et. affiner. Texte di. 1.517 (G.")... Affiner 2. Rendre fin. Affiner en poudre. Réduire en poudre. — Tantost verras d'un coup de foudre De mon bras, affiner en poudre T(111 combattant, et ma tempeste plat•luy effondrer ia teste. DES MASU RES, David cornbarlani, 1.600. Tromper par finesse. — Affiné est aneunes foys le fin. GiuricoRE, la Chasse du Cerf des Cerfs (1, 163). — Ne c.u.ydez pas que vous vueille affiner Ou cautement vostre argent rappiner. Marot, .Rondeaux, 71. — Le diable ne me affineroit pas, car je suis de la lignee de Zopyre. RABEJ.A.IS, IL — Vous n'estes pas plus que moy fin ; les plus fins nous affinons. MARG, DE NAV" les Marguerites, Trop, Prou, Peu, Moins (IV, .157 1De qui.›. ilz pourront tirer denares : et qui par leurs astuces sera henné., corbiné, trompé et affiné. Rabelais, IV, Prologue. — Themistocles... s'advisa d'affiner de rechef les Lacedemoniens par trne autre ruze. AmyoT, trad. de DiononE, XI, 9. — Si ne sceut il à la fin avec toute son astuce affiner ny tromper la nc_ces..sité de sa destinee. XV, 20— luy donna sa fille en mariage comme au plus capable des hommes, et qui avoit affiné les Egyptiens, lesquelz affinent toutes nations. Saliat, trad. d'Hérodote, II, 121. — Ceulx qui c.ognoissoyent bien sa nature, jugerent bien Incontinent que c'estoit une ruze et menterie Can103 .- diote, dont il cuicloit affiner des Candiots. Amver, Paul Émile, 23. — 11 affina encore les ennemis de la messe mue dont il les avoit ja affinez, ne plus ne moins que d’un mesrne tour de lutte, dont ilz ne se sceurent pas garder. Id., Agésilas, 39. — Là fut Cliceron bien ahuzti et affiné, tout vieil qu’il estoit, par ce jeune homme. ID « Cicéron, i6. N’est-ce raison Que je leur ronde la pareille Maintenant, et que j’apareille Pour _les afiner des eauieles Et des trousses, aussi bien qu’elles, Qui nous afinent tous les jours. B, dF, l’Eunuque, II, 3. Tes finesses m’ont affiné : Les croyant trop ray mal flué. tu., te. Brave, V, 7 — Tu as tousjours… par belles parolle : s, ruzes et tromperies, affiné les hommes qui ne sçavoie.nt faire la guerre que ron dement et genereusement. Amvo-r, Que les butes brutes usent de la raison, — En ses yeux bruns toute cielicatesse, Trajets, hameçons, servages et prison, Qui des plus fins affinent la raison, SerI, Toyent d’escorte à si belle Deesse. RoNsIn », la Cherite (II, 63). — Tel pore est.si sot, de prendre à bon augure d’une ame martiale, quand il voit son fits goumier injurieusement lin païsant… et à gentillesse, quand il le void affiner son compagnon par quelque ma-ILI-1]-1 : desloyauté et tromperie, Montaigne, 1, 2’2 (1, 124). — Pour m’engarder d’estre affiné… des mattois… je voudrois bien entendre leur jargon. GLULL. BOUCHET, 15 Seree (III, 129). — Ainsi a le Sauveur tres sagement affiné et supplanté le diable son enniemy et le nostre. CHARRobT, Discours chresiiens, Redemption, 5. — Cette mine fiere et tyrannique est. recette avec moquerie et rire e do ]a jeunesse, qui s’exerce à l’affilier et » amuser, et par dessein et complot luy celer et desguiser la veri té des choses. In., Sagesse, I, 35_ Affineur, Celui qui affine, qui rend fin, raffineur. — Le peintre, l’ers saveur Patineur, ou autre artiza.n, qui travaille es euvres que nous appelions mecaniques. LE CARON, Dialogues, I, 2 (54 va). _ Interroge un peu tes teinturiers et les affineurs de sucre, ils diront que les eaux des plues sont. les meilleures pour leurs affaires. PAussy, Disc. admir., d-es Eaux. et Fontaines (P. 172). Celui qui trompe par finesse. — Gens soubzmis… à Mercure, comme Pipeurs, Trompeurs, Affineurs. RAB E LA I S, Pantagr. Prognost., — Il a eu affaire à des Pheniciens, grands regrattiers, changeurs et trocqueurs.i. et trompeurs et affimurs quant et quant, LE LOYER, Hist. des Spectres, VII, 8. — Les pages et laquais ou autres affineurs ne l’eussent pas laissé là sans le mener boire. Bi Ro An) 1— !.. DE VErt-viLLE, Moyen de parvenir, Remonsirance (I, 150). — La pierre Philosophaler que ray cachee en ces trajets plus finement, occultement, clairement et patepeluement que ne firent onques Gebert, Theophraste, Bonus, ou autres affineurs. In., ib., Synode (1, 225), — L’autre compagnon de Balde estoit in art, Cingart l’affineur, le subtil, et la vraye salisse du diable, un larron tres accord, tousjours prest à tromper. Trad. de Fo LENI ; 05 JIePI1flOC ciel L. IV (1, 88). Affinité. Alliance, parenté, — Ledit. Godefroy pour se fortifier contre lesdits Romains, print affinité avec ledit Vuerie et espousa. sa filleLEM.kinE DE BELGES, Muer ›, 111, I. — Mentor ayant affinité avec Artabazus et Memn.on… do supplia le Ho y Artaxerxes de leur —vouloir parnner pour l’amour de luy. Anyo-r, trad. de DlopoRE, XVI, 15. — L’a.ffinité qu’ilz avoyent contra tee ensemble, l’amour de Julia et ses nopces… furent suspectes de n’estre que troruperle. ID".Pompée, 70. Quintus Hortensius., desirant entre,.. son allié en quelque sorte que ce Fust, et joindre par quelque affinité toute la maison de lu à la merle, tascha de lui persuader qu’il luy haillast en mariage sa fille Porcia. ID-, Caton d’I, /ligue, 25. — Les uns sont avancez par parentage, les autres par affinité, les autres par le credit de leurs pareils. CALvi N, InStit.5 IV,)r’6, —-Il eut trois enfans de Callisto fille d’Abron et sœur de Calaeus… De ceste affinité fait mention Dinarchus. AVIYOT, Vies des dix Orateurs, Lycurgue, AffInitif. Relatif à l’alliance, a la parenté. Par amour affinitive ou alliance quit avoit avec le Prince lilderfin.On. LE : 12rIALRE DE. BELGES, illustr., IL 11. Affinition. Apure.ment [d’un compte]. — La reddition, elosture et affinition du present compte, Texte de 1583 (G.). Affinoir. Lieu o l’on affine, où l’on aiguise, Hl trop beaux et trop clair-voyans yeux, seure demeure et vray sejour de ce petit anonteur Amour, la forge ot l’a voir où i l forge, trempe et assero ses sa.gettes. Belleau, la Bergerie, tre Journ. (I, 254)+ Ce qui sert à affiner, à aiguiser. — Elle porte en ses yeux les traits et les flammesches, La trempe l’affinoir à esguiser les flesches. FP, ANçots d’Am goisn, Die et Devis des Damoiselies, one l, 3 vo. Afilque. Bijou, ornement. — C’estoient deux clers (badernes… Tant de beaux joyaux, tant d’affiques Apperçoit on en leur facture, Qu’onques choses si magnifiques Ne vid humaine crea.ture. LEMAIB.E DE BELGES, la COUPOTale Margaritique (IV, 50). — Et n’y a pas long temps que les anciens du pays voire les plus gens de bien por toien• encores les robes de lin et les allleques et petites rnosquettes d’or. SE Y SSEL, tract. de TeucyDIDE,. I, I. Affiquet. Bijou, ornement., parure. Parler de bagues, d’affiquetz> De braves mignons perruquetz : Cela est par les dames quis. R. DE COLLERYLe Bla.zon. des Dames (p. 136). —Je luy donnois de beaulx bouquetz, Un taz de petis affiquetz Qui n’estoien t pas d e grand’valeur. M ROT, Malde deux amoureux. — Quand la —reste de saint. Estienne vendit, on parcit aussi bien de d’appeaux et affiquetz les images des tyrans qui les la.pidoient.,. comme lasienne. CALvIN, T•aicté dee Reliques (V1, 452). T n’entroit en leur pals,.. orfevre ny joyaulier pour y faire ou y vendre aucuns affiquetz d’or ne d’argent parer les dames. Amyot, Lycurgue, 9, — Il nie semble proprement que ce sont les regrets de quelque femmelette, qui regrette… ses bagues et. ses petits affiquetz d’or, IL L, Timoléon, 15. — Le Roy n’en kitque. rire, et luy dit., Je te donne congé de porter ces affiquets d’or comme à une femme, et eeste rohbe royale comme à un fol. In., Artazerièe, 5, — Le Prophete [Isaïe] combien qu’il n’eust pas esté parmi les femmes en leurs cabinets pour s’enquerir de tout ce bagage là, si est-ce qu’il deschiffre par le menu tous ces affiquets. CALVIN, Serin., sur k premiere à Timothee, 17 i(Li ! i, — il faut quitter ces afiquets de teste, Ces chesnes et carquans. filvAtiDEAu, Aman., I (pi. 74). — Je m’en va y egayer un peu ma triste face, Prendre mes affiquets et le royal manteau. 1 »., ili, 1 I 89), Que me servent mes richesses… ? que me valent tant de bagues, anneaux, carcans, chaisnes, pendans, rubis, diamants et tels autres j6yaux et affiquetz., , ? LARIVEY, trad. des F a cet ic uses OF7’Ails de STRAPAROLEe Xi — Il contraignoit les jeunes garçons à porter cheveux longs comme filles, et des crespines et autres affiquets d’or par dessus. Amyot, Vertueux laids des feinpne8, Xenacrite. On permet plus d’affiquets aux filles, parce qu’elles peuvent loysiblement desirer d’aggreer plusieurs. St FRANÇOIS DE SALES, Vie de…rote, III, 25. — Aussi je les compare à ces femmes jolies, Qui par les affiquets se rendent embellies. RncriiTER7 Sat. 9. — Sans collet, saris beguin, et sans autre affiquet. Id., Sa/. 11. — (Fig.) L’imagination mesme de la vertu en est à dire : et semble que ce ne soit autre chose qu’un jargon de college… C’est un affiquet à pendre en un cabinet, ou au bout de la langue, comme au bout de l’oreille-, pour parement. MONTA1GNE3 il 36 (I, 91). Affirmative (subst.). Affirmation. Il senrhie… à ce vieux Sortes que son gris menton bonnet à croppiere luy servent de telle prerogalive et detense, qu’on n’oseroit combatre ses affirmatives, non plus qu’un oracle Delphic. Du FA IL, ConÉes cl’Eutrapel, 27. Prendre l’affirmative de qqch. S’y déclarer intéressé, prendre parti. — M. le prince de Conclé.. se sentit luy-inesme fort offensé de cet affront faict à son cousin germain, et. en prit l’affirmative. BRA_PÎTÔNIEI Disc. SÉ#P ks Duels (VI, 492-492). —-• Il me semble que, pour avoir esté telle [reine di. Fra.ncel, oit debvoit craindre à la faire mourir de peur de la vengeance et y eut-on songé cent fois avant crue venir là, si nostre ro y en eust bien voulu prendre l’affirmaii ve. BRANTÔNI E 5 d-es Dames, part. I, Disc.. a, la Reine d’Eseosse II, rit.) Agir. Attaché, fixé (au propre et au figuré). —En une croix tout Lon corps fut affix. Marot, Rondeaux, 77. — Et Te voyant on une croix affix, Ou il estoit cloué par pied z et mains. J. Bo U CE ET, Epistres familieres du Traverseur, II. — C’est cestuy la qui fut en croix affix Pour noz péchez, le benolst crucifix. Id., Epistres morales du Traver$eur, f, 1 f— Je n’y Prouva y la noble compaignye Qu’y avois veu de liesse garnye Au paravant, fors monsieur Françoys nl Dudict seigneur, qui d’un regard affix Contre la terre, en pleurant me va dire, Nous ]’avons bien perdu mon pore et sire. Ep istres farnilieres Traverseur, 79+ — C’est que debvons croire d’esprit affix (Par foy bien ferme) a Jesus crucifix. I. x ib., 90. _ • Et l’Astrologue en haut les yeulx affix. B. AN E imagination poetique, p. 152. — A celle fin qu’a e. [Médée] fille mauvaise, Se peut. sauver, et fuyr plus à Payse, Ce temps pendant que le bon Pere affix Recueilleroit les membres de son filz. Id., ib., p. JO, Affixe. Affiche, placard. Ce livre, si subject à réprébension, qu’il n’y aura pas jusques aux petits grimelirîs qui ne se meslent d’en faire une affixe au collége. TABOUROT DES ACC011.DS, Bigarrures, Préface. Lettre adjointe à un radical, préfixe. — Que si vous y adjoustez la lettre servant de composition, ou pour parler comme les Grammairiens He brieux, estant des affixes des noms primitifs, vous y trouverez N ii9jvh•i. LE LOYER, I1é et. des Spectres, III, 5.. — Luettes ou Larmes vient du Cbaldaïque et Syriaque Ara, terre, et de la lettre qui sert de composition et d’affixe, et dont les Arabes tirent leur nom Alarai. Id., ib. — Quant à kt lettre premiere de Persephone, bien qu’elle soit radicale ou primitive és Ilebrieux, si est-cequ’és Arabes et Pheniciens elle est affixe, et sert de composition. In., ib., fil, 6 Axer`~. Atta.cher, fixer. — Il avoiL, à SM pieds une grande quantité d’oboles et autres pieces d’argent aiTmees à ses jambes avec cire. F. BRETIN, trad. de Lucia2.i, le Menter, 20. — Je propose seulement, et mets en jeu nostre seigneur Gaulard, comme un Pasquin Rome, sur —lequel on affixe toutes sortes de vers. rota° uRoT D ES ACCortros, Apoph-thegrnes du sieur taulard, II, Préface. Affixion. Action d’attacher, de fixer. La distinction, si mal par vous menagee, de ]a croix supplice et de la croix instrument do supplice, ne vous sçauroit sauver ; car la crucifixion ne se fait pas par Portixion au supplice, mays a la croix ou gibbet. Si FRANÇOIS DE SALES, Defense de la Croix, I, 5. — On commença donques a Ja. conrioistre [la Croixl par le lieu de l’affixion du tare. 1D., ib.., I, 7. ALMaci v. Flac. Affiat. Souffle. 1t dis au vent : — Prends mon gros sonspirer, 1laire, afflat, et puys les va spirer Dessus Gylon, la belle creature. COLIN EuCilEtte Poésies, 87. Afflater. Flatter, caresser. — Il vous contrefaict l’amoureux Avec une petite chatte Que par parolle.s il affiatte. Glial/IN, les Esbahis, 1, 3. • Ja-desja clistilloit le sirunme gracieux, Le somme oste-souci respandoit dans ma moelle De sa douceur mielleuse, et du vent de son aeslo Matant mes esprits faisoit clorre mes yeux. Id., l’Olimpe, p. 63. Affiateur. Caressant, flatteur. Baiser. Amor reux… flatteur ou affiateur. M. DE LA PoRTE, Epithetes. Blandissemenf et Riant : lices. Flateur, attra.yant… reflateur ou a filateur, Id., ib. — Courtisan ou Couiliseur+ Aveugle,.. esponge de Cour, filateur ou auteur. Id., ib. — Patelin. Rusé, blandissant„. dateur ou afilateur. Id., ib. (FérrL) —4/Pcieres$e, Afflateiise. — Rab° les.. Vaines, mensongeres.., feintes, affiateresses. Id., ib. — Espérance ou Espoir. Trompeuse, vaine, faute. „ affiateuse. Id., Afflation. Souille, inspiration. — Le Poète de vraye merque ne chante ses vers et carmes autrement que excité de la vigueur de son esprit., inspiré de quelque divine afflation. ri }mélique, I, — Qui dira donc céte aflation [l’inspiration poétique] ne venir d’une seerette vertu descendante du ciel ? LE CARON, Dialogues, I, 4 (136 ro). — Les poëtes (qui seulz se renomment. des Muses, qui sont d’elles plus que nulz autres cheris, et rien ne pensent ne conçoivent que par l’instinct et aflation d’enes) ne peuvent entre autres que souverains en la congnoissance de toutes les choses. Id., ib. (138 vo). — Le baiser de Jupiter fi’Mnémosyne] signifie aux anciens l’a flation divine., laquelle infuse en la me.moire de l’esprit humain inspire en lu y toutes les sciences. Id.., ib. (140 ro). — Duquel [déluge] il est facile à croire qu’entre les bonnes choses la cognoissante du cours celeste nous Rist sa.uvee., et que (.2 bon pers’favorit de Dieu, Naha, n’en estant ignorant., mais respirant encore la sainte art-lotion de ses predecesseurs, en decfara, à ceux de ses enfants qui en furent. capables, autant qu’ils en purent comprendre et retenir. PONTUS DE ri ARD,.Dise. philos., 238 ro (G..). — De bons poetes et saints volontiers la nature Ne donne en abondance, ains semble que les cieux De telle afïlation et don si precieux Dedaignent de douer l’humaine crea.ture. IMBERT, Senreets, Afflembé. Enflammé. — Pour suffocquer cent afflernbé charbon’, J. Bouc H ET, Epistres lamilieres du TraPerseur, 1 (6 va.), Afileubler (s’), fiffoibler. Affleurement. — Ne leu.r sera loisible ne permis mettre saillie de bois ou muraille, sinon a affleurement des murailles anciennes. Texte de 1593, dans Delhoulie, lexicotogiques. Affliet. Abattu, affligé. — En tige et fleur, non pa.r agrivulture, Verdure, odeur, et couleur sans changer Porte le lys, et peult de sa. nature Des corps afflietz Ies douleurs alleger. CEETI ri, Chant royal, p. 21, — Homme a.yant cueur afflict. ID., Apparition de Jaequee de Chabannee, p. 135.— Je, Ias doulente, angoisseuse, adneillée, Vefve estrangiere afflicte et desolee. Id., Au. noen de ia Royne Marie, p. PU. — Plus que ennuyeuse, afflicte, et douloureuse Est la pensée en amer souvenir.. ID •1 Ineedive centre Idri Mort, p. 262. — Le Regne cest aage… ha esté grandement vexé, travaillé, et afflict. SeYssEL, Rist_ de Louys XII, p.. 23. Affileté. Affligé. — Acraventée, apostacque, afilictée. Anc. Poés. franç., xirr, 392i. — Triste, alllictée d’enorme passion Pour esrnouvoir cce.urs à compassion. Ib., XIII, 40L Affligeant, Qui frappe. — Nous avons baisé la ma.in affligeante de nos Rois auta.nt de fois qu’ils l’ont tiree du gantelet et tendue en signe de paix. AU B I CiN É, Debyoir des Boys et des subjects, 3 (1_1, — degeneré à cette race legitirne et saincte, qui reçoit les verges de niesme main et doucement comme le pain, et baise cette main affligea.nte en tesmoignage d’amour. Id., Medit. sur le Ps., 73 (il, 162). Affliger. Frapper, battre, Nous ne no-us deussions pas consumer nous mesmes de tristesse… jusques à affliger de coups nostre propre. corpS, Amyot, CrFnsol. à Apollonius, 31. — Eux.,. s’affligent et battent l’un l’autre à grands’coups de poings. F. BRETIN„ trad, de. LUCIE Anacharsis, — Dieu voulut que ce Roy aya.nt baillé sa. pa.role de protection, il ne la voulut aucunement enfraindre, ains comme —un roch milieu des vagues, soustint ce petit Prince contre toutes les bourasques dont on le voulut affliger. E, U1É IL, Reekerehes, , 25.. Affluerai : oient. En affluence. — Infinie munitude de Latins, Tuscans, et autres outreroarins Phrigiens, qui souz Enée, Arcades, qui souz Evandre estoient en cette terre afluerornent ecoulez. LE CARON, la Claire, 148 b, dans Vaganay, 2000 Mots. — Elle sera peinte de sorte, qu’elle possedera sommairement en 1111 tas, tous les biens desilitels Helicon abonde affluernment. F. Bel : TIN trad. de Luct.E.N, les Images, 16. Affluent. Qui coule alponda.m.ment. — (Fig.) \rostre’cloquent° et affluente lettre. J. Boucll ET, Epiares familieres du Traperseeir, 16. Affluent de, en. Qui, abon.de de, en. — Terre qui est affluente de laict et de miel : Cestadire de toutes choses qui sont souefves et deiectables aux corps humains. LEMAI’RE D BELGES, Schismes et Conciles, 11 (III, 287), — Car en douIceur ta plun-te tant fi-Liante A merité d’emporter gloire et prys, Voya.nt. ta veine en Irm.uIt. stille affluante. PERNETTE D U GUILLET, Ryntes, p. 18. — Je vous retireray de l’affliction d’Egypte en la terre du Chananeen… terre affluente de laict et de. miel. CA_LviN, Bible françoise, Exode, 3 (LVI, 84). Nous sommes parvenus en la terre en laquelle tu nous avois envoyé. Et pour vray elle est affluente en laid et en miel. Id., ib., Nombres, 13 f LVI, 221). Affluer, Affluer en. Avoir en abondance. pluspart faisoient garnir leurs espées toutes d’or… tant ilz affiuoient en biens. BRANTeimE, Cap. estr., M. de Bourbon (I, 279). Affluxion. Afflux.— Puis apposeras un reper. cussif… qui puisse aussi reprimer et repoulser I’affluxion des humeurs. AMER. Riad, X, 26, var. Par affluxion d’humeur pituiteux. et sereux. ID.e XI, 25. — Par affluxion de sang louable en qualité, redondant en qua.ntité. Id., ib. Affoibter. — L’amour vient in V gu e ur de vigueur affoiblant. P. MATTH /EU, Cly-temnestre, If, p. 27. S’affeubler. S’affaiblir. — Lises la ou il [Da-vid] semble demander vengeances sur ses ennemis ; et l’esprit de vengeance s’en affeublera. St FRANÇOIS DE SALES, Contro9erses, 11, Ti 8. Afroiblir (intrans.). S’affaiblir. — Aussi mon dueil phis avant il ira. Ferme et constant, moins affoihlira. Baïf, Poernes, L. V (II, 276). — Nous sommes pour —vieillir, pour affoiblir, pour estre malades, en despit de toute medecine. MON-TAIGNE, III, 13 (IV, 242). (Prononciation.) Affeublir. — Et Medecine est de Dieu establie Pour restaurer nostre vie a.ffeuhlie. J. BOUCHET, Episires niorales Traç5erseur, I, 18. — Vous avez veu des gens de cinquante ans PIus a.ffeuhliz, plus ridez et pesans… Qu’aucuns qui ont soixante dix ans dsaage. Id., ib., I, 14. En Abraham. fut /a loy restablie Laquelle estoit alors fort affeublie. In., ib., II, v, 4. — Quand les Romains cesserent les donner [les offices], Et gens de hien des honneurs guerdonncr, Et que le tout a la vente esta_blirent, lie toute force et bon heur affeublirent. Id., ib., 11, v, 12. Airoitier, v. Allaiter. Affole (subst. verbal d’affoler Dommage. Paisibles sont par la Treve les Gaules : La Treve amene avecq’soy bon accueil. La guerre n’est que le triste cercueil Des cceurs qui sont aus tranchantes affoles. BueNvoN, Erotasmes de Phi-die et Gelas ine Sonnet, Affoler 1. Nuire, faire mal [à qqn], perdre, rui. ner, maltraiter. (En réalité, les sens indiqués dans les alinéas suivants ne sont que des cas particuliers de ce sens gén éral ; la signification précise n.’est indiquée que par le contexte, et le mot contient toujours l’idée d’un dommage, dont la nature est variable). — Et quant David ftst son peuple estimer, Dieu se. courça de. l’entreprise folle. Après le doulx il faut gouster l’amer, Folle entreprise en lin son maistre affolle, GeiNGon E Folles Entreprises 0,.16) — Ne vueillez plus dilayer de defendre iieTostre liberté, et particulierement de donner a.yde à ceulx de Potide… pourtant que si nous dissimulons maintenant, nous permettons affouller les ungs dentre nous. SF.YSSEL., trad. de THUCYDIDE, 1, ta (35 vo). — Quant bien nous lm aurions cleffaictz une fois, ilz —reviendroient encores en aussi grant nombre que de-vant pour nous affolder. 1, 18 (4a — Nous vous prions et requerons de nous aider en cecy. Et protestons que si ne le faictes, vous nous laissez gaster et affoller pa_r les Ioniens noz perpetuelz ennemys. Id., ib., VI, 14 (208 vo). [Louys XII a.pres feurent ain.si separez, et par ce moyen leurs forces rompues, ainsi qu’il trouvoit les occasions, courut sus à un chascun d’eulx, et plusieurs en affola, avant peussent avoir secours les uns des autres. Hie. de Lotes XII, p. 82. — Je ne t’escry de l’amour vaine et folle Tu voys assez s’elle sert ou affolle. Marot, Epistres„ 11. — Je deviens vieulx, le temps est dangereux, je pourray prendre quelque fiebvre, me voylà affolé. Rabelaise II, 3. —-Nous ne cherchons ies gros Jarrems et tyra.ns, orga, ils sont de trop dure diges1101’13 OFça., et nous affolleroient. ID,’V> 12, — Encore te monstrerayle… les uns usans si bien de leurs feinmes qu’ils ont d’elles secours et com.pagnie, pour faire d’un accort la. maison meilleure ; et d’autres qui pour en avoir en sont affolez. LA BO.E.TIE.5 trad. de la Mesnageric de XÉS-opnorii, cli. 7. — Un autre coup, « Illetellus Nepos luy dit, qu’il avoit affolé plus d’hommes par son teszioiguai : 1.e, qu’il Wien avait sauvé par son beau pa, rler. Amyot, Cicéron, 26. — S’il allait se convertir et ouyr une mesch.ante messe seulement… nous serions affolez, et a_urions perdu tout à un coup nos doublons el. nos peines. Gal. Men., Bar. du cardinal de Pelvé, p.. 114. — Or avecq » tout cecy le point qui me console, C’est que la pau-vreté comme moy les affolle, Et que, la grace à Dieu, Phcebus et son troupeau, Nous n’eusmes sur le dos ja.mals un bon manteau. REGPilER„ SEU. 2. Frapper, blesser, assomrne.r, mutiler, L’hoste… trouve ce gentilhomme mussé soubz. banc, qui— avoit les jambes tolites frangées, et s.a personne affollée des coups de fouet. DES PÉRIERSI Noue, Réer., fit — Vous nous affilierez de coups, monsieur eeia. est sceur. Rabelais5 Pir, 16. — Il m’a affolee, je suis perdue, je meurs du mal qu’il m’a faict. In+, IV, 47. — Ilz eiriplirent plusieurs batteaux de grosses arbalestes… et les approchans de couix qui besongnoient à la levee en a.ffolloient plusieurs, et plusieurs en tuoient. Am-Yer, trad.. die DioDonE„ XVII, 10. — Lescruelz [chariots armez de faulx] affolerent en passa.nt beaucoup d’hommes en plusieurs manieres car, ilz covppoient aux uns les bras avec leurs boucliers mesmes, et tranchoient aux autres le col. Id., ib., XVII, 12. — Il luy dit (son ccnur decelant) De coups faudra que je Varfoule. FERRY JULYOT„ Meg. de la belle fille, II, 5. — 11 ne ch.aloit point aux Dieux, si aucun s’estant a.ffolé un pied venoit à estre Roy, mais bien s’il n’estoit pas legilime ni veritahlement extraict de la race de Hercules : car ce seroit alors… que la royauté" viendroit à clocher. Am YOTi Agésilas, 3. Androclidas Laeonien estant affollé d’une cuisse. se t’en. neantmoins enroller au noinbre de ceux qui devoient aller à la guerre. Id., Dicte des Lacedaem., Androclidas. — [François ler] entendoit que tous ceux_ qui seroient affoliez en aucuns endroits de leurs personnes et membres, pour son service à la_ guerre… fussent à jamais exempts de tailles. THevEr, Crsrelogr., X_V, 20. Tuer. — Ainsi qu’estait jadis Andrornacha, quand d’un cœur desolé Son niary vid meurtri affollé. LE:grIAIRE DE BELI.. ; ES„ Plainte du Desiré (III, 165). — Maint vaillant homme qui cuida resister à leur damnable emprise… fut meurtry et. affolé. Id., 111ustr„ I1, 8. — Leur priant et requerant qu’Il ne les voulsissent point aInsi affoller parb lesdietz conjurez, qui avoient conspiré leur mort. SEYSSEI„ trad. de THUCYDIDE., 9111TIII1 10 (269 ru.). — Hercules vainquit les monstres par sa. prouesse, que Junon luy avoit envoyez, pour le destruire et affoler. ID, de Louys XII, p. 98. — Et ne crois pas que sa simple parolle L’un de ces jours ne l’occise et affolle, ]iilAnoT, le Bei/ladin, Plutôt, bel qu’estre banni de toi, Retire encor’, cheveux r’enlacés moi, Bras, s’il te plaist, tue moi, et m’accolle, Aftin qu’ainsi doucement a.ffoulé, Je meure hellreliX. BUTTET, Amalthee, 252. — Et vous autres citoyens, oyans CeS choses, endurez impuniment les blasphernes execrables de cestuy envers les Dieux, et n’affolez point ce meschant à coups de cailloux+ F. BRETi trad. de LuciEN, Jupiter tragique., 36, Fatiguer, — Ceulx qui sont travaillez et affoliez par longs labeurs. SEYSSEL> trad. d’Appip.N, Guerres civiles, II, 11. —Vous ne voyez eheval, tant —maigre et épaulé, Tant boiteux, ni tant vieux, poussif et affoulé, P, MfiTTHIEU„ Clytem-nestre, II, p, 16, Nuire à qqch, endommager. — Et ne dire pareille Qui du prochain l’honneur ou bien a.ffolle. J. BOUCHET, EpietreS jalireilieree chi Tricaperseur, 118. — Ce temps est taillé de gelée; La. vigne en seroit affolée Quand les bourjons seroyent saillis. Anc. Poés. franç., IV — 0 paix, heureux confort des François desoIez, Tel qu’est Ie. renouveau à_ nez cha_mps afollez Par les neges d’hyver. B Éram_r, CEuv. poét., Sur la Paix (p. — Cette contexture naturelle [du corps] regarde par son usa.ge, non seulement nous, mais aussi le service de Dieu et des autres hommes : c’est injustice de l’affoler à’lustre escient, connue de nous tuer pour quelque pretexte que ce soit. Mora TA IC N E 1I, 12 (II, 266). — Et, leur sembloit que c’estoit a.ffoller les mysteres de Venus, que de les aster du retiré sacraire de son temple, pour les exposer à ia veue du peuple. Id., (H, 3541). — Qui plus est le fievreux fievreux nous appel ors., L’hydropique hydropique : ne dissimulons Sous le masque trompeur d’une feinte parole La cruelle douleur qui nos membres affole. Du BARTAS„ 2e ireiteaine, ler Jour, les Furies. • f oler. Se fouler, se presser. — Passant par la ville, le peuple s’y affouloit alirecq « une si grand’presse, que demeura prés d’une grand’heure avant qu’arriver au logis du roy. BRANTePlitEr Cap. franç., M. de Guise OV, Se frapper, se. blesser, se faire mal. — Amour voltant par voyes indiscrettes Vint rencontrer Ia. Mort qui aussi voile : Mais il trouva ses costes trop durettes. Si dit ainsi, 0 vieille aveugle et folle, Voir ne. te puis, car ray les yeux bendez, Dont en hurtant contre toy jo m’affolle. LEMAIRE DE BELGES » 1’6r Conte de Cupido et d’Atropigs (III, 39). — ruyne cle’muraille me glicer et tomber sur ie cousté gauche dans les pierres, de telle force que je me deslouys la banche._ M. le rnaroschal m’envoya querir Monqualier, où je m’estois faict a.ppourtrui dans une litière, six sepmaines a.près que je me. feuz ainsi afoulé. MONLUC, Commenti, 11 (1, 3/k). — Elle au matin trouvant que seule elle estoit D’inliniz coups de poing pleurante slaffolla., S’arracha les cheveux, et fit complaintes. AMADIS JA.MYNe Metamorphoze de la Nimphee, Se fatiguer. — Il laie avoir l’aine_ instruite des regles de bien —vivre et de bien croire et souvent l’esveiller et exercer en cette belle estude. Mais à une ame de commune sorte, il faut que ce soit avec relasche et il-iodera-Lion : elle s’atone, cl’estre trop continuellement bandee. MONTAI-GNE, Mt 5 {Ill, 312), ii.ffolier 2, Devenir fou, être fou. Il m’est il m’est à tard, j’a.rds, je brusle, raffole Que ]on le massacre. R. GARPUER, Cornelie, 1135. — Je ne puis l’oublier, tant j’affole, combien Que de n’y penser point seroit mon plus grand bien. Id., flefarc Antoine, 922.— La.s1 je tra.nsis d’horreur, je forcene, j’affole. les Juiffies, 719. — Et n’y a point de plus grand’sagesse que d’affoler pour ton amour, DEsporicus, Priéres chrestiennes, p, A ffoleure, Allolure, Affolir. Rendre fou, affoler, dérégler. Je suis le Seigneur… rompant les conjectures des devins, afrollissa, nt les prognosticateurs, destournant les sages au rebours, et faisant tourner leur sagesse CAL-v-1N, Bible françoise, Isaïe, 648). — Dieu n’a il pas affoly la sapience de Po monde. ID, 1 ib., ire EpitreauxCoririthiens, 1 (LVII. 4150. — Il y a non seulement du plaisir, mais de la gloire encore, d’afrolir et desbaucher cette molle douceur et cette pudeur infantine, et de ranger à la mercy de nostre ardeur une. gravité froide el ma.gistrale. MoNTAIGNs, II, 15 (II, 398). — La science… enteste et affola (dit bien un grand ha_bile homme) les esprits foibles et malades. CliAR-RON, i5 : agesse, Préface. Affoli. Devenu fou, affolé". Les princes e Zoan sont. maintenant devenuz folz : le conseil des prudenz (….onseillers de Pharao est afroly. Bible françoise, 19 (LVI, 607). Est-ee done là la recompense que tu rends à l’Etornel tort pere et tort Iiberateur povre peuple affoli et insonsé, ? Til. DE’BÊZEJ, Candque de Moyse, Paraphrase. Affoinre. Domma, ge, blessure, — A tous ceux et celles qui virent ce cas effroya.ble., le sang sP mortifia. autour d-u, cœur,… non esperans jamais estre possible que la Princesse eschappast de tel horrible danger, sans vilaine affoIure ou sans mort, LEmAiRE DE BELCES Couronne Margarifique (IV, 90). — Les chevaux et chariots chargez y passent Si quelqu’un s’en rompt, tant s’en tallit que Jon ayt compassion du retardement du marchand, ou quelquefois de l’affoleure de ses bestes, que tout ce qui est trouvé dans le chariot. est confisqué et cedé au profit du Prince. THENTETi Cosniogr., XIX„ 10. &fronder. Tomber au fond. Tousj ours le liege dessus J’onde, Maugré le plomb, s’eleve en haut, Aux filets que ? e, pescheur caut Traine aux eaux. et jamais n’afonde. BAirje Poeines, L. VI 297). Mais sur la terre et sur les eaux profondes Tu vas tresseur sans que point tu affondes. Id., ih., L. IX (II, 430). — Vessie pleine de vent n’afonde, 1D., 31 in-4es, L. II (V, 90). Affondrer. Faire tomber au fond. Car toute pierre en fin qui a le lustre beau, Transparant et —vitreux, se forme plus de l’ea.0 Que de limon terreux, car l’eau la terre. donte Et de sa pesanteur l’affondre et la surmonte, BELLEA11. :. A MO lir’S des Pierres precieuses, Discours (II, 158159). — Je lacerais des rets, attacha.nt a.0 cordage De ce bois qui da.ns l’eau Iegerement surnage, Et puis pour l’affondrer jusques dans le sablon Du plus creux de la mer, j’y lacerois du plon. Id., la Bergerie, 2e JO .1 te Peseh-eur (II, 55). Odon Prince de Danemarch estoit si grand Magicien passoit les mers sa.n.s fuste ou navire, affondroit les vaisseaux des ennemis, esmouvoit les ternpestes. LE LOYEli, _Hia. des Spectres, 1V I t — Ayant. le juge ordonné qu’ils seroient esprouvez par l’eau, on les auroit vous retourn.er sur l’eau, et surnage.r, quelque effort que l’executeur de haute Justic.e ou le sergent feist de les affondrer avec la_ perche ou l’aviron, In, , ib., IV, 21— (Fig..) Car Usure est nne grand’fe.mme have, Qui tous les jours son cueur affondre et rioye En un desir d’avoir or et monnoye. Anc. Poés. franç., II, 232. (Intrans.). Tomber a-u £ond. — Je n.’a_y gaxde d’affondrer, je suis bien arrivee. TAntintAu, ler Dial. Democritie, p. 23., S’affondrer. S’enfoncer. — Les a_utres plus gail ! ars sur les grapes nouvelles A deux [liez s’affondroyent jusques sous les aiscelles. 1-3F.T.I.F.Au, la Bergerie, ire fourn., Vendangeurs. A f f ond ré. Qui a coulé"’à fond. — Les vaisseaux effondrez et les hommt-.L.s perduz. BELLE Au, Appa-rences edestes (II, 336). Affouiller, v. Affoler 1. Affouilement, Action de fouler, de presser, — M. du Lude n’en pou-vant plus à cause du grand atioullement et rafraischissement des gens des enneinis qui lui venoient sur les bra_s, fit s.on.ner la retraicte. 131’1.M.ITTÔMEi Cap. f.ranç., M. de Fonter-railles (II, 412. Affourager_ Pourvoir de fourrage. Laquelle 1-bergerie] sera de 1.elle longueur que ses bestes Fi leie. y puissent habiter sans s’entrefouier, dressant tout à l’entour des mangeoires ou rasteliers bas pour Tes affourager. LUBAirri illaisim ru.s.Éique, p, 138 (G., Cornpl.). — Qu’on se donne bien garde de les desdaigner de manger pa.r trop de viande, comme cela advient quand des-ordonnément on Ies affourrage, le trop lei.ur ostant l’appetit. O. DE. SE Il TI ES, Théftre d5 A gr ie.. I V5 8. Aprés luy a.voir e.sté faite de bonne lictiere, avec de la paille blanche, on l’affouragera pour le restant de la nuit, soit de foin seul, soit meslé avec de Ia paille. Id., ib., IV, 10. Affourrer. Munir de fourrage. — Le bouvit-..Lr ait. assez. gra.ncle espace pour aller autour, les visi-ter (les bœufs et afrourrer. LI É BA U T, Ma iS Ce n rus-tique, p. 114 G4. iii) Affralehir. Fratchir. Le —vent n’afiraichit pas a,.ssez. IluBic ; NÉ, Hie, Univ, , VI, 11Affranchir. Franchir, — Comme il estoit aux cha.mps, et poursuivoit assez vivement, ses pourceaux qui alloient dedans. un blé, trouvant un rossé, le voulut affranchir. Amu R. PA n g., X1, \, 7. Des chemins non fraiez, Et dont aucuns pasteurs ne s’estoient essaiez D’aFranchir le sommet. P. DE ConNu, CE ?.. « ./. poét., p. 128. — Titan avoit deux fois aftranchy la carriere De se.s dou.ze maisons. MA_RIE Dr. R. 0.1k1 i E lli } Sonnets, p. 105. 11, 70y-tu de ce costé le chevreuil qui en hault _Affranchit bondissant les buissons d’un plein sala ? Cxkucur..r, Plaisir (les Champs, le Printemps, Songe {p. 40). — Pourtant devant Ies giellS on Ie voit, à grands saults, Affranchir et bondir les buissons un peu haultz. ID., ib., l’Esié, Chasse du Cerf (p.. 203)Affranchissenr, Librateur. — Et s’en allerent tous à grande joye… remercier leur bienfaiteur, et le protecteur et aftra.nchisseur de la Grece, Titus. Amyo-r, Flaminius, 10. — "Un certain Maric,., se faisa.n.t appeller. affranchisseur des Gaules… tiroil de. son party les —villa.ges et bourg.s prochains d’Augstun. FluicHF.T, Antiqui-lez, I, 19. Affrapper (3’). S’affraper à. Se jeter contre. La Ren-tore ayant fra.yé vint s’attraper au —N.,’ILire de Sobare, où elle sapa ses petits, qui retindrent si bien le vaisseau, qui ne fut pas possible de demarer. REROALD E. DE’VERVILLE, VDyage des Princes torturiez, p, 131. Se rendre, s’adresser. — Le bon hornnte passa outre, et va droit eaffrapper chez la chambriere de Chiquetiere nonnnee la Gouffon, de laquelle ! lui ayan.t fait sa requeste, il fut. receu Tort honorablement. Id., Moyen de parvenir, Paseage (-1, 182). A.ffre lau singul.). Effroi. — Ils ont le.s rais du soleil qui esdatent au travers des tenebres de la. nuit : asseurez, fendent la presse ut combattent contre l’horreur de l’erre mesmes. CHOLIÈRES, ire Matinée, p. 52. — Ils n’ont osé comparoir devant le soleil de justice, devant la. majesté du roy triés chrestien, leur propre conscience leur donnant affre. Var. hist. et litt., IX, 122. — Apres l’affte evité’d’un danger marinier. P. MATTHIEU, Arre, an, V, p. 114. Affrém.ent. Affreusement. — Des coups il se donnoit Et se souilloit la face affrément esgaree. AM. JAMYN ? Made, XVIII, 120 ro. Affreter (el S’attacher. — Je crains que c’est un traistre [l’esprit] ii s’est si estroittement affreté a.0 corps qu’il m’abandonne à tous coups, pour le suivre en sa necessité. MONTAIGT2b+E„ 5 (III, 317. Alfreur. Effroi. — Et le siecle pervers Eut grand’affreur de la nuit éternelle. BuTTET1 Arnalthee, 149. — [A la, Mort] Tu es affreur éternelle aux parvers, Et douce aux bons. In., ib., 316. Affreux. Effrayant. — La Justice à son arrivée semble un peu affreuse et redoutable pour sa severité. Du VÀiB., Ouvert. des Grands Jours de Marseille, 1602. Affriander. Affriander à. Mettre. en goût de. — Et permist butiner à ses sould.ars tous les biens qui estoient aux navires quil avoit trouvez au port, pour les affriander à la guerre, SEYSSEL, trad. de DIODORE, 9 (11 vo). S’affriander de. Prendre goût à.. — Ceux qui navigent vers les Lotophages s’affriandent tellement du Loton… qu’ils ne se soucient plus de lt-..ur pays. Du VAIR, Constance et Consolation., L. Ill. Affriandé. Alléché, mis en goût. —C’est comme un yvrongne qua_nd on ne le chastie pas du premier coup de son intemperance… puis qu’un homme est ainsi affriandé, il Juy est impossible de se pouvoir chastier. CALVIN, Serm. site la. ire à Timothee, 21 (L I II, 248). Aff.riandir. Alhicher, attirer par quelque chose de friand, de désirable. — Le millet frit dans affriandit les pigeons dans le Colo.mbier pour rte l’a.bandonner jamais. O. DE SEsiiss, Théâtre d’Agric., V, 8. — L’on est tellement affriandy apres qu’il semble… que c’est le seul C+F1 duquel fauit faire compte, et travailler à, l’amasser, TH EV ET 5 COSMOgr., XXII, 12.. — L’incon.sta.nce Affriandit seF., appetits [de la FiDrtune]. P. MATTHIEU, IV, p. Rendre agréable au goût. — Entre deda.ns, et In’afTriandis cela, avec autres choses. F. BRETIN, trad. de. LuciF.T…, 7, Leziphczne, 3, — (Fig.). Je Groy que tu ne trouveras point ma.uvais que pour bonne bouch.e je te mette en ce dernier chapitre les sucrées douceurs et miellées confitures desquêtes le Poéme, le.iirers et la ryme sont parfois afria.ndis. SEBILLET, Art poétique, II, 15. S’affriartdir. Prendre goût. — II ne s’affrianda a.ux douceurs de la Lotte Du verger de ta Cour. P. MATTHIEU, Atnale, I, p. 12. Affriqué. — Vous estes amoureux, et tellement animé de cest humeur amoureux, que, tout vieinard que vous estes, ne pouvez vous tenir que ne juchiez sur quelques jeunes et affriquées amourettes. CHOL1ÈRESt 9e Api-Dis-nee, p. Affrodil, Apierndile. fi.endre froid. — Fievre cartable Iffroydisse tous les rains chaulx. Sotties, 11, 60. — [Niobé] Qui fut changée en pierre larmoyante, Voyant les fils de Latone puissante Tuer les siens, dont l’horreur l’afroidit, Si bien qu’en roc tout son cors se roidit. —RONSARD, Elegies, var. (IV, 380). J.5"aliroidir, Devenir froid, — Mais que son sang s’afroidisse D’un trait de plomb froidureux. BAÏ17, Aenours Melérte, 1 (1, 4.7), Affroidi. Devenu froid. — Ces nains, ces moucherons de coura.ge affroidis Quereller contre nous seront-ils bien hardis ? P. MATTninu, Aman, II, p. 46. Affront. Attaque, choc, — Nos censeurs… [disent] de nostre infanterie qu’elle escarmouche bravement de loin, et que nostre cavalerie a une furieuse hontee à l’affront, puis apres qu’elle s’accommode. LA NOUE, Dise. pol. et mit., XX, p, 430, Action de braver. — Là_ où il y a plus d’hasard et d’affront, Ià plus de gloire s’acquiert. BEANTbolE, Rodomont, espaign. (Un, 1091 — Piajer, que lion approprie à ceux qui vainement veulent faire des braves, est. de nostre sicele, comme aussi… faire un affront, pou.r braver un homme. E. PAsQuIER, Recherches, VIII, 3. Tromperie. — Pour les re-preserver de ceux qui re-seduyse.nt, Soubz l’affront des couleurs, les peuple, s ignorants. L. PAPON, Pastourelle, I, 1. Affronté. Insolent. — Le ciel sous sa masse ronde Hait l’affronté sourcy. Le Soleil faisant sa, ronde Des superbes nia soucy. P. MArrniEu, Vasthi, IV, p. 96. Affrontement. Rencontre face à fa_ce. — Queiquefoys il rencontra. ce gentilhomme tronc à fronc en un destroict ou il ne se pou.voit destourner luy, et… ne se peult contenir en ceste approche et affrontement, qu’il ne le print a_ux cheveulx. BUDÉ, instite du Prince, édit. J. Foucher, ch. 37. — Elles vindrent.. danser leur ballet si bizarrement invanté, e.t par ta.nt de tours, contours et destours, dientreIasseures et irieslanges, affrontemens et arrests, qu’aucune dame jamais ne faillit. de se trouver à son poinct ny à son ra.ng. BRANTômE, des Dames, part. I, Disc. 2, Catherine de Medicis (VI I, 372). En. affrontement à. En face de. — Les princes… venerables et augustes en affrontement a tous ceulx qui gect.ent leur veue et attention sur eulx, qui est a dire, à tout le monde. Bunik, Prin.ce› édit. J, Foucher, ch. 8. Affrantement. Rencontre pour urir’lutte, choc. — Parlons de l’affrontement des di..1J 1. !. ; cadrons. Sur cela, je diray, encores que celui de lances face sa, charge valeureusement, qu’il n’en peut succede.r gTand effeet. LA NOUE, Diee. pole et mil., XVIII, p. 374. — A cest affrontement… ils seroyent repoussez et bien bolus, avecques perte de plus de quatre ou cinq mille chevaux. Id., ib, XXII, p., 511. Tromperie. — Lequel Mars adjouste mal sus mal, cestasavoir maladies, craintes, deceptions, et affrontemens. Complexions des hommes, trad. par ADIT, DU MOULIVII, p. 282. — Car on toutes a_utres sortes de larrecins je confesse que les autres nations ne les passent point ; ains plusto.sl, qu’eux les passent en quelques sortes, et notamment en subtilitez d’affrontemens, FI. ESTIENNE, Apol. pour ïi’er, , ch-18 367). — Mais quoy ? sans ma peiner à deschiffrer les ru.ses Dont cha.sque heure du jour, trompeur, tu nous abuses, Je veux, en reprenant mes derniers erremens, Descrire le premier de tes a.ffronitemens. Du BARTAS, 2e Semaine, ler Jour, l’Imposture. — Ce patelinage fut sceu… par toute la ville car eeluy qui l’avoit faict estoit cogneu pour d’autres affrontemens qu’il faiStlit GU1LL. SOUCHET, •5e Seree (III, 127). Encores que ces gueux nous abusent… si ne faut-iI pas laisser, pour leur imposture, d’aid.er à ceux qui en ont besoin… et faut iaisser au Magistrat à descouvrir et punir les affrontemens de ces belistres et maraux. Id., 30e Seree (IV, 270.). auvent ils se vont je tter… dans des larcin.s, trom.peries et afrontemen.s. LA No tr E, Dise, pie et mil., IX, p. 220. Affronter. Opposer (pour une lutte). Tant pour nostre salut Le magnanime cœur de ton trere T aIu L ! Sur les bornes de Gaule affrontant sa jeunesse Aux desseins plus ruzez de la grise vieillesse D’un si saut Empereur. Ro NSARD, POci s7 Li I, Harangue du due de Guise (V, 29-30). — Cesa, r de manne sorte indomtable surmonte Les hommes, les vaisseaux que Rome iuy affronte. R.G L 1 N i Ë a 7 ornelie, 77)5. — Lesquels [Romains] n’ont jamais trouvé plus bel antidote des guerres civiles, ny rernede plus certain, que d’affronter les sugets à J. BoDirkr, RepuNique, V, 5. — Si Ies sugets sont guerriers ou mutins de leur nature… il est expedient de les affronter souvent aux ennemis. Id., ib. — Les villes sont bandées les unes contre les autres, les armées dressées et affrontées, Du VAIR1 ia Sainte Philogophie. — La vie de l’homme… n’est autre chose qu’une guerre continuelle, où vous voyez deux armées, affrontées l’une à l’autre. Id., Medit. sur Job., eh.. — Voylà. doncques cette reyne, belle et généreuse, comme une seconde Zénobia, à la teste de son armée, la conduisant pour l’a.ffronter à celle de ses ennemis, et livrer bataille. DEA TtlYIE7 des Dames, part. I, Disc. 3, la Reyne d’Escose (V11, 423). — Comm’ils estoient prests pour affronter leurs battailles dune part et d’autre, les deux roys, firent faire alte a leurs armées. Id., Disc. sur les Duels (VI, 458). — Le hacha Per tau… ayant affronté son armée reiglée à ceste troupe confuse et non disciplinée, les premiers estans rompus, ceux qui voulurent faire quelque retraicte furent pris.Aubigné. s Hist. tiniv., 11, 28. Opposer.— Mais comme le fier qui son œil Aux nions brillons du soleil Demi nu dedaigneux affronte, Le voit et si ne le voit pas, Forcé de laisser choir en bas Le front et le nez à sa honte. AUBI CrN É, le ri cri, 32. — Telle qu’on void mer quand deux vents la courroucent Par leur souffle contraire, en berçant reflotter, Et vague contre vague escurneuse affronter, Semblables on peut voir les deux fortes armées, De désirs ennemis à la charge animées, Tantost aller avant et tantost reculer. Mo riTcH R EST ! EN y eetor, p. aL Confronter. — Il.envoya prier la reyne de ne faire mourir ce malheureux q u’il ne fust premieriment aca_ré à luy et affronté, pour le faire desdire des menteries qu’il disoit de Ill y. Brantôme% Ca.p + franç., de Guise (IV, 253). — [Aubigné] pria le Roy de les affronter, Usson et luy, au conte de cest affaire, lequel ayant esté deduit par sa bouche et advoué mot à mot par Usson, il luy fut permis de donner un demen tir à ceux qui voudroyent y changer. A u r ci ri ; É T’a Vie à ses enjans {I, 41), Comparer. — Nous les proposerons affin qu’estant affrontez ensemble on enpuisse choisir les plus Vrayes sentences. P. MATTIITE117 Vasthi, Abregé de l’Histoire des Rays de Perse. — J’ay bien mis dans mes tablettes le jour et l’heure de vos nopces. ; quand on les affrontera à celuy et celle de —vostre accouchement, vous aurez de la honte. Brantôme, des Dames, part. II (II, 98). Aborder. — Les frères ne furent pas si tort arrivez au logis, que Sereine les affronta, et les pria de luy octroyer encores une seule gràce. LOUVEA trad. des Facetieuses Nuits de ST R A, PA ROL El IV, a. C’est un donneur de bons jours ; il va çà_ et là, affronter les seigneurs, et arracher d’eux ce qu’il peut. FR. D’AM.BOISE7 leS Neapolitaines„ I, 4 Être limitrophe de, contigu à. — Et eut nom 2iLllobrox, leur XVI. Roy. Lequel domina depuis le pié des monts Apennins affrontans 11. lie, jusques aux monts Pyrenees. LE MAIRE DE BELGES, 1, 14. — Ce Golphe… se trouve long d’environ deux cens cinquante lieues, jusques à ce que ladite mer ait affronté le pays de Frioul et la basse Lombardie. FA.0 cil ET, Antiquitez, VI I„ 15. — Les habitants… eopiniastrèrent phis aux maisons desquelles les jardins de derriere affrontoyent le fossé da chasteau. AuElIGr É, Hiet. Un iv., V, 25_ Affronter en. Être contigu a. — Ledict seigneur Gaudichork estait du parentage de la Roine Gilon de Croquelardie, qui est un pays affrontant d’un costé en Barragouynois. DES AUTELS, Mitistoire Barragouyne, ch. 9+ _Affronter. Tromper. — [Aganice] prevoyant le temps qu’il avient que la Lune se trouve prise par l’ombre de la terre, affronta les femmes, et leur fit accroire que c’estoit elle qui tiroit à soy la Lune. LA BoETIEe trad. des Reg les de Mariage de PLUTAB.QUE750. —Si mon conseil vous sert, gain pour vous ce sera. — Pour le moins, si je puis, il ne m’afrontera.. BAÏ"F Antigone, IV, ert. — On serait long à conter combien de gentils hommes, d’artisans, de dames et d’autres hommes il a affrontez et pillez. JEAN DE LA. TAILLEi le Negromant, II, 2. Ils ont un millier d’autres moyens plus subtils, desquels ils afrontent les plus fins. PALISSY5 Dise. admit., des Metaux el Alchimie (p. 198). — Voicy Monsieur Felix qui s’efforce de m’affronter de toutes les manieres dont il se peut aviser. Son intention n’est autre, quelque beau semblant qu’il face, que de voler mon tresor. CAumuiEs, r Aearicieux, III, 4. — Autres courent par ci et, par là, peur tromper et affronter ceux qui sont trop legers à. croire aux belles ouvertures qu’ils fout. LÀ. No LIE§ Disc. pal. et mil., XXIII, p. 570.— La raison aussi ne veut qu’on abuse ny affronte le monde comme cela, en des comptes fabuleux. Fanfares des Roule Bontemps., p. A Catherine de Médicish) Ces feintes sont appas : leur Maistre, leur Seigneur [des Démons], Leur permet d’affronter d’efficace d’erreur Tels esprits que le tien par telles singeries. Aubigné, Tragiques, (IV, 57), — Ils regardoyent une bague prise au Curé de Sainct Saturnin de Tours, prisonnier au Four l’Evesque par commandement du Roy lassé de voir affronter la Moyne sa mere par les faux magiciens, qui en tiroyent de grands biens et, n’executoyent rien. In., Lettres de poincts de science, 5 (I, 435). S’affronter. Se présenter. — Car vous portez l’ire et la joye Quand un de vos regards foudroye Ceh y qui s’afronte à voz yeux. Au-Bic N É, le Prim.tems, III, 5. Affronter, lutter contre, — Ore ce Scipion., qui fier d’estre venu De ce grand African aux armes, si cogneu, S’est osé affronter à rues bandes guerrieres Sur le bord de Libye aux plaines sablonnieres, A perdu son armee, et luy trop inhumain, Pour ne sembler vaincu, s’est occis de sa main.. GA_RNIER ? Cornelie, 1365. — Je te supplie, aux Sangliers ne t’affronte. Maint vaillant homme a esté renversé Par les Sangliers, qui mort, et qui blessé. PASSE RAT Adonis ("1, 23). — Les Cosakes, s’estans affrontez à six mille stradiots turcs, les chargent et poussent si avant qu’ils virent toute l’armée., et à ceste voue apprirent que ZarnieViche trahissoit son général. AtTRIGNg VII, 23. Faire face. Ils siesleverent sur ceste petite croupe, qu’on appelle l’ordre du loup., et qui s’affronte à la motte de Sancerre, comme de pareille hauteur. Aum..Gtqd, Hist. Unie., VI, 12. Être contigu. —-La Picardie se affronte à Artoys. pALSGRA.VE, Esclarc., p. 593.. S’affronter avec. Combattre contre. Dionsius… ayant autour de luy les meilleurs combattans qui fussent en tout. son os La du commencement eut quelque avantage sur ceux : qui s’alfronterent avec luy. Am_yoT, trad. de DiorioRE, XIr,. Se mettre en face de. O malheureux eieluy qui ses jours compte, Et un mille ans luy semble, o vie vaine De tel qui onc avec say ne s’affronte. VASQl"IN PIIILIEUL, trad. de FIÉ-riart.QuE, Triomphe de Mort, eh. 2. Affronterie. Tromperie. Une chose digne (Ili me moire, et d’estre racomptee entre les plus gras affronteries du monde, est d’une finesse et abileté, avec larrecin bon et fin, qui advint pas longtemps au pays de Touraine. NICOLAS DE TROYES, ran. Perengon, Nouy. 2. Affronteur. Qui affronte. 11 se doit souvenir de ce brave Encelade, Qui dressa vers le ciel l’affr011teuse escalade. P. MATTHIEU, Aman, II, p. 37. Trompeur, imposteur. Il faudrait entre trop mal advisé pour donner credit à tels affronteurs que ce gueux de l’ilostiere. CAL-Iiiti, Reformalion contre À Moine’Catelan (IX, 120). Pendant ce temps, se trouverent deux ou trois affronteuses, qui se firent prescher par Paris, comme estans aussi en-voyées des cieux à mesme Cect que la Pucelle. E. Pasquier, LenreS, I, 8. Tu crois que je n’en sçay que par la renommee, Et que quand j’auray digit que tu n’as point de foy, Que tu es affronteur, que tu es traistre au Roy, Que j’aura, contre toy ma force consommee. Du BELLAY, Regrets, 65. n (saint Augustin] se complaind qu’Il y en avoit entre eux files moines] des coureurs et affron Leurs, qui suççoyent la substance du simple peuple par leurs finesses. CA.L.vrei mn, 15. Nous sommes bien trompez, si celuy qui vous a apporté les lettres n’est neplieu d’un certain Vergerio, ung foran d’Italie et un affronteur aussi effronté qu’il y en oust jamais. Id., Lettres, 3502. NOUS voyons beaucoup de coureurs et d’affronteurs qui abusent des noms des serviteurs de Dieu, et ne leur chaut de mentir à gueule despioyee. Id., Serin. sur l’Epistre aux Galates, 9 (L, 379). Au temps des Rois passez j’avais le front menteur, Le parler d’un trompeur, les yeux d’un affron leur : Maintenant je suis ferme, et pleine d’assurance. RONSARD, Elegies, 21 (IV, 124). Hà trop beaux et trop clair-voyans yeux, seure demeure et vray sejour de ce petit affronteur Amour. Belleau, la Bergerie, ire fournée (I, 25ii). Quand.., quelque imposteur se feroit surnommer en ceste maniere, il le taudroi t chasser et abominer comme Un affrontour, mensongier, et détestable. Montaigne, tract. de RAYMOND SEBON, dl. 206. [Le diable] ne parloit-il pas de Dieu comme d’un affronteur et menteur ? Id., ib., ch. 251. Venez ça, meschant et affronteur, meschant trompeur que vous estes, JEAN D’E LA TAILLE, les ensila us, a. D parjure, mechant, desloyal, affronteur, Cauteleux, desguisé, de fraudes inventeur. Ft. GARNIER, la Troade, 1067. Qui pourra se garder de ces bailleurs de balivernes, affronteurs et larrons, ce sera bien fait. AmER, PABÉ, Disc. de la Licorne, 18. Retournez, dit le Cardinal, luy dire qu’il virile, sur peine des estrivieres, comme un affronteur : car s’il savait guerir de la goure, i1 seroit plus riche que les Foucres d’Ausbourg, Du FA LL, Contes cl’Euhrape4 5. Je ie tiens pour affronteur, de faire le prudent et le contemplatif. MolliTAIGNE, 5 (III, 36 L). Faire des reverences et dernonstrations exterieures a. quelqu’un n’est pas aussi l’honnorer ; les flatteurs et affronteurs eh font à ceux qu’ilz tiennent les plus indignes du monde. St FRANÇOIS DE SALE, Defense de la Croix, IV, 2. Sous les frauduleuses adresses et inventions des pipeurs et affronteurs. O. DE SERRES, Théâtre d’Agric., VI, 29. [L’esprit humain] comme un aftronfeur et joueur de pa_sse-passe, sous ombre de quelque gentil mouvement subtil et gaillard, forge, invente et cause tous les maux du monde. CHARRON, Sagesse, I, là. — 0 Dieu, que ses beaux yeux sont de grands affronteurs I Et ses propres souspirs, qu’ils sont faux et m.enteurs… ! BERTAur, poét., p. 483. — Ses remonstrances inutiles ne persua.derent personne, et n’empescherent qu’elle ne fut tenue pour une affronteuse, s’estant su.pposee pour la Princesse de Pragense. BEu0ALU E D E VEItVILLE, Voyage de. Princes fortunez, p. 1171. Pour l’œil d’un fat bigot l’afIronteur hypocrite [a tari De chapelets s’enchaîne en guise d’un hennit ?. Au utcru-4 Tragiques, V (IV, 199). C’est la tragique avanture de dom Sébastien de Portugal, selon la constante opinion de tous les Portugais… ou… d’un affronteur supposé en la place de ce roi, selon les partisans du roi d’Espagne. Id., iSt. XV, 17. (Adjectif). Trompeur, mensonger. — despenden t. infiniement en des magiciens, diseurs de bonne adventure, Iriacleurs et hommes abuseurs et affronteurs. Am Yoir, Superstition., 3. — es des charlatans le seigneur.. Et de ceux qui jugeants és lignes de la main, D’un babil affronteur vont mendiant leur pain. RONSARD, Hymne de Mercure 319). sous ie fard d’un parler afronteur Tu feins avoir trouvé mou service agreable. P. DE CORNU, Ouvr. poét., p. 81. Affruytee. Garni de fruits. La sainte verge qui aboutit en un sommet Ileury et affruy té represente la paLience. S nt.m. ; çois DE SALES, _4 MOU r de Dieu, Id I, ire rédact. (V, 362). Affuble. Vêtement d’église. Mes autelz, chapes, chasubles, Mes cordes, cordons, allia : des, Mes serviettes et. manfilz. Anc. Poés. franç., XIII, 361. Affubler. Revêtir, attacher Isur le corps ou sur la tête], se vêtir de, se coiffer de, vêtir de, coiffer de. Le bon chevalier… la prist par la main et luy fast affubler un manteau. LE. Lay AL SERVITEUR, Hist. de Ba art, 55. Affeublant en teste son chapperon de martres cingesses. RAFIELAIS, III, 37, Si test que la vigueur de l’âge qui permet Lrendosser le harnois et d’affubler Parmet, T’aura fait artizan des mes tiers de Bellonne… Je te vois renverser Chevaliers et soldars. RoNSARD, Foe s, L. II, les _Parques (V, 136). A peine eut dit que Mercure s’appreste, Sa capeline affubla sur sa teste.. Id., Francia de, L. I (III, 161. Puis un beau guimpli. afubla par dessus. In, ib., 14 IV (III, 127), ce Roy, bien que l’Anglois troub]ast tout son royaume, Jamais qu’à centre-cœur n’affubloit le heaume. BA-iir, Po.cenes, L. II (II, 92). Affuble ce manteau de la saincte vertu, 0 que le corps est beau qui en est revestu. pi. MATTE] ELT1 teffielhis IV, p. 79. — [Sa.int Martin] affublait la haire et, respandant de la cendre sur sa teste et StIr son corps, prioit Dieu couché contre terre de son long. LE LoyEE., Hist. des Spectres, VIII, 13. Deva_nt que Ie vieil Theodore fust appellé par Gratien à l’Empire d’Orient, il songea que Meletie, Patriarche d’Antioche, luy affubloit le manteau Imperial, Iuy meitoit la Couronne sur la teste. Id., ib.., IV, 26. Entrer dans, s’abriter dans. — Il [un esclave fugitif] pense à, ceste heure que la iner eourro-ucee et cramiques larges fleuves l’engloutissent, si bien qu’il luy tarde beaucoup qu’il n’affuble la maison. de son. rnaistre. LE LO.YER„ Hist. des Spectres, IV, 21. Revêtir qqn, se revêtir (sans idée défavorable), coiffer, couvrir, envelopper.. — Au devant de lempereur venoient ses sergens et ministres, affeublez de inanteaulx de pourpre. SEiessEL, trad. d’ApPIEN, Guerre Libyque., ch. 6. — Quels ornemens fait ta Mere a.genser ? Quels apareils de pompeuse dorure Pour affubler ta doillette charnure ? O. DE MAGNYI Dern. Poés., p. 11. — Le Soleil s’en alla, et pendit en escharpe Son carquois d’un costé et de l’autre sa harpe… Il affu.bla son chef dl. rayons tOrtliellX. RONSARD’, Hymn.e de l’Esté (IV, 307). — 11 [Patrocle’afulbia sa teste genereuse D’une sala.de dure et qui estoit crineuse. Am-. jAMTN, Iliade, 75 vo. — de Menale y vint de Pin une couronne Affuble ses eheveux, , eiSOTi front environne. Baïf, Eglogues, 2 011, 13). — Son corps est affublé d’une mante azuree St., mee haut et ba_s d’un milion de feux. Du BARTAS, Uranie.. — Son corps est affublé d’un precieux manteau Où sont represente.z le ciel, la terre et l’eau. Id., 28 Semaine, 212’Jour, les Capitaines. — Si pour honnorer et servir Dieu en esprit et verité il faut rejetter les ceremonies qui nesontcommandees en termes expres da_ns l’Escriture, donques saint Paul ne devon pas ordonner aux hommes de prier descouvertz et les femmes affeublees. St FRANÇOIS DE SALES, Defense de la Croix, II r, 4. Il [Anaxagore] se trouva delaissé de tout le monde en sa vieillesse, et se coucha. ! a teste affublee, en resolution de se laisser mourir de faim. AmyotI Périclés, 16.-11y eut, des ga.rdes qui saiirent Phocion et ceulx qui estoyeal, aupres de luy, Ce que voya.ns quelques autres de ses amis, qui en estoyent un peu loing, s’affublerent le visage, et s’en. fouyrent vistement hors de là. ILL, Phocion, 24. — [Demosthenes] s’affubla la teste avec sa robbe. Id., Démostieé ! nes 29. — Voulez vous lm homme sain, le voulez vous reglé, et en ferme et seure posture ? affublez le de tenebres d’oisiveté et de pesanteur. Montaigne, 1.1. 12 (II, 225). La femme s’en reva a.0 logis pas à pas, Et laisse le mari, qui, courbé, teste nue, Affublé seulement du ciel et de la nue, La faucille en la rriain, ne cesse de couper Le blé, jusques à tant qu’il faille aller sou-PIBRAC, PlirliSin de ia vie rustique (p., iza). — ls marchent pesle-mesle affublez de poussiere. Du BAHTAs, 29 Semaine, 3e Jour, la Vocation. — Ainsi Pallas, Pales, Junon, Ceres, Diane… Affubiees au ciel de l’immortalité, Ont merité çà : bas’ennui de Deité. p. MATTI-IIEU, Vcisthi, III, p. 123. — Jamais ils n’ont cogneu que le Dieu Eternel Qui les affublé de son soin paternel. Id.., Aman, V, p. 111. S’affubler (sans idée défavorable). — Aprcs il [le duc de Guise] s’afubla d’un morion RoNsARD, Poeenes, L. I, Harangue du due de Guise (V, 24)e Se charger, Helisee garda soigneusement le manteau de Melle, et le tint pour honnorable instrument. de miracle pourquoy n’honnoreronsnous le bois duquel Nostre Seigneur s’affeubla jour de son exaltation et de la nostre ? St FB AN ço ES DE SA LES, DejenSe de Ia Creix, I, 5. Affuir. Accourir. — Surprez lo roy, et qu’il. n’y ait eellui Qui près de luy ne fa_ce ung plaisant buy, Criant : Je affuy », le baston en la main.. Poés. franç., VIII, 86. — Si affuyront à toy comme à leur vray patron tous les souclars de ma famille : Cresta_savoir, Sobre plenté, Eloquence non vaine, Congnoissance historiale. LEMAIRE DE BELGES, 21. Fuir, se réfugier. — Le bruit fut grand des affuyan.s : et le cry Inisera_bie des na.vrez. LEMMRE BELGES, filLiStr. le 23. — Ceu.x qui estoient en l’Isthme poursuivoient tousjours besongne, travaillans continuellement, et estimans qu’ilz avoient fuy tant qu’ilz povoient fuir, estans affuis en ce lieu.. SALIAT, trad. d’HÉRODOTE VIII, 74. Affaler (forme dialectale d’affubler). Coiffer. Cela fait, Labour se leva Parla.nt pour tuy et Marchandise… Et, à tout sa grant robe grise, Affulé d’un chappeau pellé, Monstra lors, quoy que l’on devise, Qu’il n’a-voit pas le bec gellé. Poés. franç., VI, 142. — (Fig.) Ce jour au tour de l’année La reste aiant ramenée, Levera mon cuveau La dure poix qui l’affilie.. LI-TC Dg LÀ. PortTE, trad. d_sHoRAGE, Odes, II1, 8. Charger. — A fin de les affilier par ce moyen du joug insolent de sa domination. PEr. E MARNIX Ecrits poi. et hist, p. 1“_. Affulé. Coiffé, ayant les cheveux arrangés. Comme ses barbes morfondus Qui sont demy mors et fondus ITestre senglés parmy les rains, Ses senteurs de chemins forains, Ses coquars aftilés en gresne, Desordre les tient ey en renne. Sotties, 11, 310. S’affuler. Être couronné. — Mon cloz Marseen, Qui d’un blanc ereneau s’affule. Luc i.›E LA. PORTE, tra.d. d’HoRAcE, Epodes, L Affurard (mot d’argot). Sergent.’, Tari hie. et vm, Affurer {mot d’argot), Tromper, voler, — Il me respond que sa balle valoit quatre livres tournois, et que. j’avois part à la concurrence de mes deniers, et qu’eussions affuré Ies ripaux, rippes et milles, et pechons, qui attrimoyent nostre Goesmeloterie pour de l’aubert huré. Var. hist. et Liu., V [I I, 151. — En affinant, selon nostre vouloir et commodité, nous trouvions souvent à. des festins où les pecbons passoient blese, hes et cocsmes, selon leur capacité.. Ib., VIII, 152. — N’Ion compagnon,.. sçachant qu.e nous approehions de la riviere de Loire pour tourner vers noz pareras, s’advisa de m’affurer, c’est-à-dire tromper, ca.r il s’en alla avec mon argent, et ne nie resta que huict sols. Mon autre compagnon s’en alla chez son père, près du lieu où nous estions, tellement que je demeure affuré et seulet. Ib., VIII, 158. Affusion. Action de verser. — Comme la lurniere d’une lampe qui est amortie par affusion de trop d’huile. AmBeL,. PA_R, XVIII, 7.3.. Affust. Agrès. — Leur Pere ; gnace avoit accousturné de dire en ses communs propos, que si, au milieu d’un orage et ternpeste, le Pape luy corrirna.ndoit d’entrer dans une nef desgarnie de pilote, mast, cordages, voiles, et autres affusts, n’y voudrolt contrevenir.. E. Pasquier, Recher-ches, III, 44. Affuster. Mettre sur l’affût. Placer [des en gins de guerrel„ — Si lahouroit Paris autour de iuy [Hector], cornme font ceux qui assiegent —une grosse tour, et affustent leurs engins de tous costez pour lalbalre. LEMAIRE nn BELc : Es, Muer., I, 42. — Sur les aultres carracques qui estoient au grand port ciresserent des fustz pour mettre et affuster des autres engins. SEYSSEI" tra.d, de DIODORE, Ill, 28 (121 vcE). — mesme— alla faire affuster son artillerie. Rabelais, I, 26.

Ajuster. — Affustez voz besicles. RABELArs, Paneagr. Prognose., au Liseur. — Adonc nectoya tresbien de beau vin blanc le col, et puis la teste… et les afusta justement veine contre veine, nerf contre nerf, spondyle contre spondyle, Rabelais, 30.

Poster. — Ilz hau.lciont pour nous tirer là où j’avois affeusté noz harquebouziers.. MoNLuc, Coranzent., L. 1V 290).

Ordonner, disposer. — Si le mescomte du medecin est dangereux, il nous va bien mal : car il est bien mal-aisé qu’il n’y retombe souvent il a besoin de trop de pieces, considerations, pour affuster justement son dessein. Montaigne" II,:1) {Ille 219).

S’affuster, S’apprêter, se disposer. — Je voy ch.asque manœuvre S’affuter tout à coup diversement à l’œuvre, Qui jouer de la rame, et qui du gouvernail, Qui s’attacher au rnast, et l’autre à E. Pasquier, Jeux Poétiques, I, Elegie (II, 847). — Le gouverneur court à l’alarme. Les soldats s’afustent et crient au mare.h.and s’arrestast. Aubigné, Hia. Univ., XIII, 25, Aheuseé. A l’affût, posté, placé, — Icy l’arquebusier, de derriere un buis vert, Affusté, vise droit contre un chesne couvert De bisets passagers. DU BARTAS, lie’Semaine, 12e Jour. — Puis les picquiers bandez, teement affustez Qu’ils recevoient aux fers les corps precipitez. AuBLGNÉ, Tragiqu-es, V (IV, 211).

Affy. Confiance. Joyeulx il fut de 2e povoir.surprendre. Mais marry est sa_ servante reprendre De cestuy fait, veu que tant il l’amoit, Et en elle tout son affy a_voit. BOUB.DIGliÉe Pierre Fa ife ch. 27.

Affyner, v. Affiner 1.

Afie (il y a en grec un jeu de mots anchois ou sardine, et demeii ; zi sot). — Ils sont fort petits, et plus legers que des afyes. — Par Jupiter, ils sont bien afies et ignorans voirement. F.-MUTIN, trad. de LucrsN, le Peseheur, 49.

Afin 1, v. Affin.

Afin 2. Afin que. — Vous m>avez fait coin-me sotte nourrice., Qu’à_ son enfant (afin ne le ma.risse) Donne un cousteau, duquel souvent se blesse. IrE.B.kuy JULYOTI Elegies de la belle bile, I, 9. Comme voyons la digne humanité De ton cher filz en linge figuree, Afin sa mort nous soit rememoree. In., ib., I, 20. — Du premier rang en une monstre Desire estre„ afin Lu te monstre. In., ib., II, 7.

Pour afin. Afin. — Mais, pour afin de vous donner entendre Le poinct final auquel je veux pretendre, est besoin de vous faire à sça_voir Les grans honneurs iesquelz j’ay peu avoir. Anc, Poés. franç., VII, 156— Et, pour à fin que tout me pardonnez, En voylà. deux [escus] les plus _beaux qui soient point De tous les sept, que je vous mets au poing. Ib., VII, 192.

Afiner, Afineur, Afiquet, v. Affiner, Affineur, Atfiquet.

Aflac, v. Fiac.


Afleuré. Effleuré. — L’un et l’autre decoche à. la course dressee, Coulant d’un pied legier sur le sable afleuré Non merqué de leur trac. Baïf, Poemes, L. VI (II, 314).

Afluemment, v, Afilueminent.

Afoller, Afonder, v. Affoler 1, Affonder.

Afouchié. Qui fouille le sol a.vec Le boutoir. — San.gier ou Sanglier. Sa_u.va_ge, furieux… afo-uchié..3.1. DE L A PO 111’E Epithetes.

Afouler, v. Affoler 1.

Afranchir, Afriandir, Affranchir, Alirian-dir.

Africane. Tigre. — Aucunes sus leurs rochetz portoient pea.ux d’Arricanes, autres de Loups cerviers. HABELAis, Sciomachie 011, 402). — Je ne sçay quel plaisir avez prins voyans les Lions et Afriquaries (ainsi nommiez vous, ce me semble, ce qu’ilz appellent Tygres). Pantagr., IV

Afrodil, v. Aphrodi1e.

Afroidir, Afrontement, Afronter, Afron-teur, Afubler, Affroidir, Affroniement, Affron-Éer, Aüronteur, Affubler.

Aftographe. Au.tographe. — Aristote semble. tirer ses raisons et conclusions, non pas des livres sibylins, mais de l’aftographe niesme Jupiter. LE PLEssrs, Ethique d’Arisi., Préf. (0, , Compl., Autographe),

Afui. Vêtement. — Dieu que le M.onde est esto-urdy 1 Y iuy ra_ult bailler une espee Et puys un aful de Pornpee. Abillé sera au plaisir, Sotties,. III, 42. — Vey congneu bru garnye dessus Qui d’un aful de monacu.s A faict abit qu’el portoyt bien, Fit s’v faict la femme de bien. Ib., III, 89. Puis, sur banc, sont les rnaistresses, D’aful de teste, et de habitz, — Aux doys dyamans et rubis, Tenans façons et tenans gestes Tant habilles et tant bonnestes. Anc. Poés. franç.., XI, 49.

Afuler,

Afuste. — On commence à monter la premiere pièce [d’artillerie]. M. de Pecquigny estoiet dens l’afuste avec une petite lanterne qui seullernent pouvoit donner clarté au rouage..Mo N-LUC Comeneni., L. II (I, 55.

Afuster, v. Afiuster.

Alye, v. Afie.

Aga, v. Agame.

Agailiardir. Rendre gaillard. L’un tâche à. part au son de sa lourete Agaillardir sa camuse trompete. —VAUQUELIN DE LA FRES :’, 1-AYE, Foresteries, II, — Agaillardir et ragaillardir. H. EsTl ENNE, Conformité, Mots françois pris du. grec.

Agalle. Plante aromatique. — En sa maison, elle Faisoit parfuns, contrefaisoit storacq, ben. joy,.. Elle -u.ne chambre plaine d’alernbies, de fiolles, de barillets, de verres de terre et d’estain fais de mille m.anières. NICOLAS TRoYEsi Grand Parangon, Nouv. 51.

Agalloche. — La dizierne [pour divise a.-voit] une breusse de odorant Agalloche (vous l’appel-iez boys d’Aloes. RADELAIS5 IV, I.

Agarcler. Regarder. — Agardez, je dance des bras„ N’est ce pas signe que j’en sça.y ? Sonies, 111 139. — Voyez-vous, madame, ie vous serviray bien, — Quel mais ? disoit la dame. Agardez disoit la garse ; j’ay les talons un petit cours, je me laisse cheoir à l’envers, je ne m’en sçaurois tenir. DES PÉRIERS, NOW). liéerp, 46, (Par abréviation populaire.) Arde.z. Regardez. (Ardez est souvent. une exclamation qui iL’a. pas un SOTIS bien précis.) —..3b.rclez, voire, c’est-mon, je me cognois en gens, Vous estes « je voy Men, gra.nd abbateur de quilles, Mais au reste honilt. homme, et pavez bien le.s filles, REGNTER, Sat. 11. — Ardé, l’elon.vsleur, je vous suis bien attenue. BE-ROALDE. liP, VERV1LLE, Moyen de parvenir, illetaphrase (I, 80). —Ardez, ceste curagerie d’el°. uence ne pi..lut m’abandonner. Id., ib., Emblesme I, , 10). — Ardez., dit-elle, mon mari est un gronneux, Id., ib., Respect 01, 42). Agarer. Regarder. Agaré, Messins, o l’:, , r at in chouse, qu’y serai toute ma_ vie de la Messe,. et lochart, qui est in bea parIou, ne me saret gonni d’y quo cousu. AuraGNÉ, Faenesie, 11, 9. (Par abréviation populaire.) Agar. 1-tega.rde. Un gentilhomme tira sa da.gue et print l’oreille de ce larron, et la luy couppa toute necte ; 1.r on la luy monstrant : « Aga, dit il, ton oreille n’est pas purdue, la. vois-tu là ? JI Drs PÉniErts, Soup. R&r., 56. — Messire Itace… appelle Joannes… auquel dit de mine fort faschée : « Aga, l’amuie, le vfltain, comm.e il a emboué ma paillace de ses piedz..D Id.., ib.., 91. — Bon Dieu que. me dis tu ! aga, hé, maistre fat, Comme on se rit de toi. F. H A13E117’1 trad. d’Hou.A.c.E, Satires, I., 3 (Pa.ra.phrasel. Agua, men eray… tous les Diables sont au jourdhuy de nopces… Voy tu la fumee drs, cuisines d’Enfer ? RADELAIS, IVe 67. — Tu nr. veids oncques tant d’aunes damnees. Et sçaiz tu iluoy ? Agua, men emy, elles sont ta.nt douillettes, tant blondelettes, tant delicales, que tu diroys propreent que ce feust Ambrosie Stygiale. Id., ib. ga la nouvelle Arandelle. Baïf, Mimes, L. 11 V, 64). — A grarepeine sçavent aucuns de ces marchons que c’est à dire Un bachelier, Un licencié : et diront l’un à i’autre par admiration, Mais aga, qu’est ce. à dire cela ? H. EsTLE, NNE, Dial. du lang. franç, ital., II, 308. — Hé quel honneur, te voyant pa.r la place Tout couvert dgor, ouïr la populace Dire en derriere : Aga, voila celuy Duquel la Prance a. tant receu d’ennuy. VA UQUEL1N DE LA Flq ESNAY E5 Satyres françoises, L. III, à M. de la Serre. Aga est souvent une exclamation sans signification précise, — Michelle, reviens à la maison, ta mere le dit. — Non. rera.y. — Vien vien aga. — Non. feray, BErtoALDE. D E. VERVILLE, Moyen de parvenir, Occasion (I, 88). — Vrarnent, ma cornmere, tu Lp.sçaurois faire de beurre net, tant tu és mal proj.irc. — Aga, si fera.y, j’en feray, et le feray si ria que je t’en feray manger. ID » ibe, Annotation (I, 207). — "Monsieur… a. deliberé sur tout d’y tapisser la cuisine, chose qui ne se void gueres ailleurs : mais aga, voyez vous, il n’est point glorieux. AuBiGNÉ, Faeneste, IV, 16. Aga.rie. Sorte de plante aromatique, — Ou y mettant grand force d’agaric Pour la Ruberbe, oui du Dyaphanye. J. BOUCIIET., Epistres morales dei, Traoer$eur, II, v Lit, 4, Ilie Agasse. Pie., — Et le pain fait l’Agasse jaseresse En moins de rien devenir Poétresse : Aprent,. aussi le mignon perroquet A jargonner son babillige • ard ca.quet. VAUQUELIN DE LA FR eS’elAY Et Sa.. the.e françoises, L. Ill, à J. A. de Baïf. — (Fig.) ous tenez bien la, teste ba.sse : Je croy que VOUS jurez sans faune. — Mais à vous, rnocqueresse _.., ea.sse, Set mai de la tenir sy hauite. MAR G.. D E NA-V.1 Dern. Poés., Comedie iQuee au Mont de Marsan. (p. 70). Agasser. Crier. (Se dit du cri de la. pie.) — La pie void alors qu’elle est mal assourée… pa.uvre espeuré4Caq-uetant, agassa.r4bien que Lnal-asseurée.) S’adventure dans l’a_er et tire au fort prochain. GAUCIIET, Plaisir des Champs,. l’Automne, Vol pour pie.— Ainsi les tiercelets sur la pie aga.ssante Donnent Fun aprés l’autre et d’aesle non pesante La bourrent tour à tour. Id., ib. — Alois on void venir d’une roide descente Les trois %d-aillants oiseaux sur la pie aga_ssante. Id.1 ib. — La troupe peu à. peu des eies agassantes, Et des gais criaillants, des corneilles craillantes, D’un voler importun font la. ronde alen-tour. In., ib., 1’Atatonne, la Pipée, Agassin.. — A la troisiesrn.e [armee] sera donni a_u jeune cep un bourgeon d’avantage, et seront deux, dont chacune rle ses testes sera chargee, y comprenant celuy attenant a-u bois dur, nomme) par d’aucuns agassin. 0, DE SERRES, ThétidrP d’Agric., III, Cor. — Contre Ies Cords ou Cals, autrement a.ppellés Agassins c’est. à dire pour se delivrer de leur importunité, empeschant ie libre cheminez., avec douleur, lorsqu’ils Se forment entre les doigts des pieds, ainsi sera procedé. 1D, , ib, , Vill, 5, Agatean. D’agate. — Bague. Precieuse, ouvree„. agateane. M. DE LA PonTE, Epithetes. Patenostres.. Devotes, agatheanes, jaspes, rondes. Id., ib. Agathe (unasci. Agate. — Belle gorge d’al. bastre, et vous chaste poitrine._ Tertres d’Agathe blanc, petits gazons de laiet, Des Graces le sejour, d’Amour et de Cyprine. RoNsA RD, ,..Sionnegs poup Helene, 53. Age. Aagre, Ageancementi Agea.ncer, , v_ Agencement, A gencer. Agen. Sorte de filet (Godefroy). A. la lin d’esté, Aprés avoir premier ses moineaux apa., sté, Où la foulle est plus grande, il tend sa rets lacée Longue de douze pieds, large d’une brassée ; 11 la tend, la. plie et roidist le cordeau, Couvre tout de feuillards, à flin que le moineau Soubsonneux ne. le voye ; et ! ors quiil vold la place Et son agect couvert, ses cordeaux il deiace, Et tire tant qu’il peut. GA UCHE.T5 Plaisir des Champs, le Printemps, Dise. da Chasseur et du Citadin. — (Dans ce passage, ne pourrait-on pas lire aguet ?) Agelaste. — La calumnie de certains Canibaies, rnisantropes, agelastes, avoit ta.nt contre moy esté atroce et desraisonnee, avoil, vaincu ma patience. Rabelais., IVt à Odet de Chastillon. Agelaetes poinct ne ria.ns, tristes, fascheux. Id., IV, Briefte Declaration. — Il ne fut onques tant severe Caton, ne Crassus lhayeul tant agelaste… qui n’eut perdu contenance. Id.„ V, 24. Agelet (Arc), v. Arc. Agember, v. Ajamber, Agencement. Ornement., parure (a.0 propre et a.0 figuré), embellissement, ce qui rend bien ordonné, agréable. — C’est un bel et. grand agen.cernent sans doubte, que le. Grec et Latin, mais on. l’achepte trop cher. lioNTArorns, I, 25 (I, — Qui n’a puy parler à Paris de celle qui se fit escorcher pour seulement en acquerir le teint Plus trais d’une nouvelle peau ?… Que craignent elles, pour peu qu’il y ait d’agencement à esperer en leur beauté ? Id., I, 40 (1, 339). — Cela qui semble lascivité el vanité est un certain agence, ment et ornement convenable aux femmes. Larivey, te Fidelle, V, 8. — Plusieurs se confessans par cousturae des pechés venielz et comme par maniere d’ageancement, sans penser nullement à s’en corriger, en demeurent toute leur vie chargés. St FRANÇOIS DE SALES, Vie dévote, 11, 19. — Bien que ces petites demonstrations de pure et franche amitié ne lient pas les cœurs, elles les approchent neanmoins, et servent d’un ageancement aggreable a la mutt.zelle conversation. Id., ib., 111, 38. Agencer. Pa.rer, orner, rendre gra.cieux, agréable. — Sa bouche elle agensoit d.’un gracieux sourire. Baïf, Poemes, L, IX (II, 413). — Les amantes spirituelles, espouses du Roy celeste, se mirent,. pour veoir si elles sont hien ageancées au gré de leur Amant ; et cela se fait es examens de la conscience. St FRANÇOIS DE SALUr Entretien.s spirituels, {VI, 218) : — J’accommodois ma grace, agençais mon visage. Un jaloux soin de plaire excitoit mon courage. RECNIER, Cloris ei Phylis. Arranger, mettre en ordre, disposer de la manière qui convient.. — Non autrement Adon mignardan.t sa Venus Se pâme de plaisir, lors que ses cheveux nus Decoifee elle agence en plaisante merveille. Baïf, Amour de Francine, L. I (I, 119). — Ageance maintenant l’or de ta chevelure. B ti T el’? Hymne de Venus. — Et bien souvent luy faict tenir un peigne di’yvoire pour luy agencer les cheveu±. Mme’DES ROCHES Dialogue de ia Main, du Pié ei de la Bouche. — La fille à Pharaon, merveille de son temps, Agençoit ses cheveux., jusqu’à. terre flotan.s. Du BARTAS, 2€ Semaine, fie Jour, la Magnificence. — Je despouillay mes gayes robbes, et laissay mes precieux ornemens ; et. tiray d’une main ennemie mes cheveux bien agencez. G. C. D. T., tra.d. de Bo CCACE1 Fiamme, L, VI, p, 406. — Devant son sein, le voile ouvert elle portoit, Son poil non agencé espars a, u vant flottoit. P. D E B RACH „ XVI, p. 5, — Gondebaud… sous ombre d’une longue chevelure, qu’il ajençoit la Royale, se maintenoit estre fils du R.oy Clotaire premier. E. PASquIER, Recherches, V, 12. — Ce chemin est fascheux, plein de sables m.ouvantz, D’espines, de rochers, et la tendrette enfance D’un million de fleurs qu’un pré mignard ageance Montre à gausche un sentier qui pippe les passantz. AuntCNÉ, Prinuems, I, 55. — Me trouvant ces jours passez avoir plus de loisir que de coustume, me print envie d’a.gencer un peu de livres que j’ay en mon estude, pour plus aysement m’en ayder besoin, et, les. tenant les uns après les autres pour les ranger d’ordre selon mon intention, je trouvay… six comedies toutes chargees de poussière, Lentvey, à. messire François d’Amboise Mite. Thétitre français, VI, 189). — On me doit tantost amener cinq ou six mulds de vin, et pour-ce qu’il y a tout plain de hardes en la cave, je vouclrois bien que serrassiez tout en un coing, afin de faire place aux tonnea.ux. Vous me ferez plaisir de regarder s’ils sont plains et bien reliez ; et si de fortune vous voyez qu’il y faille quelque cercea.u, vous irez querir le tonnelier pour le racoustrer… — Par aventure que ma dame Lucresse voudra veoir agencer le vin. ntv EY, les Escolliers, 11, 4. — Loa prend Callirhoë, qui… fut liee et ageancee comme les victimes qu’on doit mener à l’autel pour y estre tuees. PoerTes DE TYARD FieteeS ou Fontaines, 4e Fable. — Monsieur de Barenton (luy dit-11)… je voue prie que… vouliez ageancer mes cheveux, afin que ce meschant (parlant du bourreau) ne nrie touche. Mais comme Baranton eust fait scrabble de ne l’avoir ouy, adone luy-mesme rebrousse ses cheveux de derriere. E. PAsQuiee, Lettres, XVI I, 5. S’agencer. Se parer, se faire beau. — Il Re fait que penser A siatiffer, à. s’oindre, à s’agencer, A dorloter sa barbe bien rongnee, A mignoter sa teste bien pigne°. RO NSA A 1710ELTS de Cassandre,. Elegie à ? filent (I, 115). — La bien-heureuse Seine… Peigne son chef, s’agence et se fait belle, Et d’un haut cry son nouveau Prince appelle. Id., Poèmes retra.nchés (VI, 203). — Tandis [le Cyclope] met toute sa diligence A se parer : toute heure il s’agence Or d’un rastea.0 sa. perruque pignant, Or d’une fau sa grand’barbe rognant. Baïf, Eglogues, 8 (III, 46). — Terence dit : Dean se coenunt, durn se pectunÉ, annus praeterit, elles sont un an à. se lisser et s’agencer. LA ni vE YI. le Fidelle Ill 6. — Aussi j e les compa.re à ces femmes jolies, Qui par les affiquets se rendent embolies… De rubans piolez s’agencen.t proprement, Et toute leur beauté ne gist qu’en Pornement. REGNIER, Seit. 9. — Ma fay les beaux habits s.ervent bien à_ fa mine, On a beau s’agencer et faire les doux yeux, Quand on est bien paré, on en est tuusj ours mieux. Ite, Sie. 13. Agendarrner. Faire devenir homme de guerre. — Quel maistre ou superieur comneença les agensdarmer, les leurrer, les veiller, mettre aux champs, au monde, tellement que se voyans plus Rustres et plus galIans que les autres, non contens de Leurs propres limites, usurpoyent sur le territoire et voysinage prochain par continuelles courses. Du FAIL5 Propos ru.stiques, au Lecteur. Traiter brusquement, à la. rnaniére des hommes de guerre.— Que si quelque bravache, à la crespe jouvence, Pensait. m’agend.armer, ou me faire deffence, Par discours empoulez, d’entrer en la maieon, Malheur, malheur sur luy, et sur Ia gar-nison. J. DE CHAMF-REPUS„ taySSe„ V„ p. 66. S’agendarmer. Se conduire militairement, en homme de g-u.erre. — Non que je vueille que cette dame face les actes d’un homme, ny qu’elle s’agendarme com.me un homme.. BnAbereeen, des Dam.-es, part. 11 (IX, MA). Agenaer, v. Agencer. Ageneeur. Celui. Qui dispose, qui prépare. — Lors mestier on monde n’est, qui tant soit de requeste comnee est des faiseurs de friscades, cornposeurs de joncades, agenseurs de fueillades. Rabelais„ 33. Agent. Agissant, actif. — Ca.use premiere agente. AliYOT„ Périclés, 4. — L’Eglise est u.ne voix vive, agente, qui s’explique et peut tousjours de nouveau et plus s’expliquer. CHARRON, les Trois Veritez, 2. — Le Magistrat qui parle et est la loy vive, parlante et a.gente, comme la loy est dite le Ma.gistrat muet. In., ib., III, 3. — Celle là setfle [la beauté sans la bonne grâce] est comme morte, cette cy est agente et vivante. Id., Sagesse, I, 5. (Sens nouveau du mot). — Il y a aussi un autre mot, nouvellement venu d’Italie, touchant celuy auquel on ne veut faire qu’à demi l’honneur d’ambassa.deur, car on l’appelle Agent. II. EsTieNeep Dia’. lang. franç. ital., I, 315. Ageolliver, Rendre joli, — ils attifent leurs mots, a.geollivent leur frase. Rees.ten, Sat. Aggere. Chaussée. — C’estoit le chemin des aggeres et levees du Nil en Egypte. RAIIIgLAES, 25. Agginement. Agglutination. — L’Air donc sera tout seul, qui par aggluement N’est formé d’autres corps, ainçois tant seulement Par leur disjonction. if. DU CHESNE,. GPand M iirnir du Monde, L. V, p. 168.. Aggiuer. Agglutiner, coller. — Et si la. chose encor en un a_utre fondu.e, Se reprent derechef par cela. qui agglue, NO11. par ce qui separe. J.. DU ES E s Grand Miroir du Monde, L. V, p. 165. Agglutinable. Qui peut être agglutiné. — es vieilles gens ont les os plus secs et plus durs, et par consequent moins agglutinables. Hu. PARÉ, Vili" 10. Agglutinatrice. Qui agglutine. — Faculté… agglutinatrice..Amtra. Ri :, XV, 52. Agglutonner. Agglutiner. — Ceste sacree nature, laquelle ayant aggiutonné les" premiers eleens du monde entre soy sçavoir Ia terre, l’air, e feu et l’eau par leur mutuelle et temperee ommistion, a procreé tout animant, F. BRETIN ra_d. de LIL:CIEDIT les Amours, 19. Aggraffer, Aggrandir, Aggra.ndissement, Aggrapper, v. Aggravance.. Aggravation.. — Telz delices… au I>eu douleureux et mortel a.ccident de lame ne pouvoit donner allegement, ains aggravance, Tra.d. de DoccAcE, Ficenneette, ch. v, 6, 3 ro (1537). Aggravant. Qui alourdit. — T’es-veillant de ce.1Iprofond et aggravant sommeil. F. BRETIN, trad. Ikle’Luc’Timon, 6, — V. Aggraver. Aggravanter, v. Accravanter. Aggravement. Aggravation. — Par amplification et exaggeration, qui est aggravernent des ca.s perpetrés. BUDÉ., ingit. dit Prince, ch. 4. Aggraver 1. Alourdir, accabler. — Et comme un lis par trop lavé De quelque pluye printa_niere, Poindre à bas son chef aggravé Dessus la terre nourriciere, Sans que jamais il se releve Tant l’humeur pesante le greve. RONSARD, A MOUPS de Marie, Chanson (I, 182). — Ou comme un jeune lys, de la pîuye aggravé, Laisse pendre son chef, qui fut si TeleVée DESPORTES) Elegies„ L. Cleophon_ — Tu ressembles, Esther, à ia. fleur agravée Par un cruel ora.ge, alors qu.e le Soleil Ranime sa vigueur par les rais de. son ceil. MoNrcinasTiEN„ Aman, III, p. 266. — Ses yeux rnoiteux et son teint pallissant Semblent aux lis aggravez de la. plu.ye. Du MAS, CEILWreS IneSkee,’125, (La lourdeur est produite par ! a nourriture.) — Le Roy Subthar estoit couché’en son pavillon, tout yvre et tout aggravé de vins et de viandesLEMAIRE DE BELGEs, Muer., III, 2, — A travers un corps tout brouillé, saoul et aggra.vé de nourriture et de viandes estranges, et qui ne luy sont point naturelles, il est force forcee que la. lueur et lia clarté de rame viene à se ternir, à se troubler et esblouir. Amyot, S’il eet loysible de manger chair, I, 6. — C’est un grand moyen de —vivre heureusement, que d’a.voir le corps dispos et bien ternperé, non noyé de vin, ny agnvé de viande. Id.9 Pro-pos de table, L, VI, Proeme. (Lia lourd.eur, l’accablement proviennent de la fatigue). — Je voy leurs piedz de cou.rir agravez. MAHG. DE NAV., les Marguerites., Satyres et Nymphes de Diane (In, 190). — Le chemin long m’a agravée a.ux piedz. EAII„ Dern, poés., Cornedi-Ér jouée. au Mora de Marsan (p. 68). — Comme ceux à qui force defai3Ioit, et qui estoyent agravez el recreuz de tra_vail… ilz se laisserent petit à petit aller et couler en u.n gracieux dormir. AiriTOT, Hist. L. 11, 21 ro. — Plusieurs de; eurs souldards estoient blecez, et tous universellement agravez et recreuz du travail de la battaille. Id., trad. de DIODORE, XIII, 8. — Estant aggravé de travail et de faune de dormir, il se coucha dessou.bs quelque arbre à l’umbre„ pour se reposer un petit. Id., Sylla, 28. — Il fanon.hyverner en Armenie pour refraischir et reposer ses gens qui estoyent aggravez et recreuz du long chemin qu’ilz avoyent fait. Id., Antoine, 38. — Il se coudie dessous’un arbre… et s’endormit si serré, qu’à peine se peut-il esveiller de la route et fuitte de ses gens, n’ayant rien veu du combat. Ils disent que ce fut pour estre si aggravé de travail, ut de faute de dormir, que nature n’en pouvoit plus. lielorcrAiGNE, I, 44 (I, 374). — Nous doncipes venaus surgir à ceste isle, et descendans port,. aggravez pour Ie travail de la. marine, derneurasrnes longuement couchez à terre. F. BRETiN, trad. de LucIEN, la V raye Histoire, 1, 6, (La lourdeur, l’accablement proviennent de la maladie, d’une blessure). — Elle n’a point de douleur de teste qui l’aggrave, n’a poin.t de fievre qui la brusle. Hist. ILEthiop., IV, 42 vn. — La pa.uvre vieille, chargée d’ans et aggravée de maladie, se sentant au lict de la mort, voulut disposer de si peu qu’elle avoit, et faire un testa.ment. LARIVEY, trad. des Facelieu-ses Nuits de STRAPAROLE1 iie — De se lever debeFut par trois fois il essaye, Par trois fois retombe, agTavé de sa playe. P. DE BRACH% PûeneS 61 L. 1, Monornaehie de Dayid et Goliath. — C’en est fait, il est aggra.vé Si pesamment dedans sa couche, Qu’il ne s’en peut voir relevé. DESPORTES" Ps, de David, 40. (La lourdeur, l’acca_blement proviennent de la vieillesse). — La vieillesse m’agrave., et la remernoration de mes fortunes afoyblissant mes espritz, m’assomme par faulte de dormir. AtruoT, fris/. L. V, 50 ro. — Sur un bassin Saturne estoit gravé, En cheveux blancs, de vieillesse agravé. RONSARD" Franciade, 11 (III, 67, — En la noble cité de Florence est un mona.stère de femmes… duquel estoit jadis abbesse une bonne darne toute devote, agravée de vieillesse… paya.„ le tribut à nature, rendant S011 esprit à. Dieu son createur. LAR.IvET, trad. des Facetieuses _Nuiis de STRAPAROLE7 Vil 4. — Encore que la. salade cache les cheveux chenus, toutesfois au dedans les membres sont aggravez des ans passez. Ma TOT « Si l’homme aage, etc., 10. — Or ce pasteur lié sous le joug cLui me blesse, Avoit j R tOlit le chef aggravé de vieillesse. Nu YS E i01 CEite ». pet., 70. — Le Philosophe Stilpon, aggravé’de vieillesse, hasta fin à ezeient par le breuvage de vin pur. Montaigne, III 2 (II, 19). (La. lourdeur provient de la paresse). — Car pour avoir gousté les ondes de Permesse, Je suis tout aggravé de somme et de paresse. lioNsARD, Poèmes retranchés rel, 218), — Je ne Pay pas du massacre sauvé Pour estre oisif de paresse agravé. Id., Pranciad.e, 1 (III, 16). (La lourdeur, t’accablement du sommeil). — Quand je voy mon beau Soleil levé, De toutes parts un sommeil agravé Dessus le front des tenehres me donne.. Ro NSARD, Poeines, L. I, k Souci (V, 100). — Ce gentil amant… Se trouva dans un bois de sommeil aggra.vé. DEspoRT Es, A ngelique, —-Son cueur est si bouilhant qu’il ne treuve repos ; Sort œil si vigilant que somme ne l’aggrave. L. PA_PoN, Pastorelle, III, 2. — Galba… se laissa couler sur son. cous, sin, representant un homme aggravé’de sommeil. Mo.NTAIGNE, Hl, 5 (III„ 351). — Le vray corps se reposera en quelque lieu, auquel il sera gisant assoupy et aggravé de sommeil. Le Loyer, Hist. des Spectres, 7. (Au figuré.) Alourdir, a, ccabler [1’àme, Pesprit]. Si le vice nous aggravant tout alentour de pesanteur egale nous reMent tousjours à bas. Amyot, Si l’On prOfile. rexerciee de Ici vertu, — Des l’heure. que venons à naistre, Nous aportons en nostre cœur De Dieu. la vraye loy graTiTee : _Mais nostre bonne âme agra.vee S’aveugle de la nuit d’erreur. BAJF, Poem.-e$, L. VIII (II, — De tous ceux qui d’..0i.rnour ont seuty la rudesse, A.ggra.vez sous le j{..nig d’une ingrate maistresse. DESPORTES, Elegies, 1, 8. — L’ame est lors aggravee de profondes pensees, et le corps abbatu. et languissant d’amour. MoriTAIGsr., I, 2 05 12). La doctrine amande assez les bourses, nunernent les ames. Si elle les rencontre mousses, elle les aggrave et suffoque’liasse crue et indigeste. lo., 8 (IV, 18). — Le cors aggrave l’aille, l’aille rendra le cors leger. St FRANço’s SALSS„ Sermons aulogr., 17 (VIL. 168). Accabler [de tristesse, de douleur, d’infortune], Que pleust à. Dieu qu’en eueur peussiez lire._ Vous y verriez vostre nom engravé, Avee. du.eil qui me tient aggravé Polir ce depart. Marot, Elegies, 3 {H, 13’1. — Je ne vous en avois rien, voulu dire, de peur que voz (meurs ne fussent a, va.nt le coup aggravez et recreuz de douleur. YOT, L. V., 61 vo. — Ou bien si do-u.leur vivement engravee Pouvoit faire mourir la. personne aggraiirree, Je rnourrois sur le champ. JODELLE,. Didon, 11I (I, 190). — Paulus… ayant… le cueur aggravé d’un si angoisseux. re gret, que de veoir la desconliture de ses gens, estoit assis aupres d’une roche. Amyot, FabiUS MCE-Einiti..8, 16. — Si de quelque ennui —vous a.vez Le cœur et les sens aggravez, Dites-le nous, et du mal vostre Une part. en soit faite nostre. DEs ASLTRES David fugitif, 1302. — S’il s’endort quelques fois, aggravé de tristesse, Helas par le dormir sa douleur ne prend cesse, Mais plus fort que devant se sent travailler. DESPORTES, Diaree, L. /, Conirlarwur. — Sur lequel mescontentenleat M.. le maresehal de Matignon prist occasion de taire entreprise sur la ville., ainsin que le roy.„ luy commanda aveq’une grandi : mye, pour agraver sa sœur, qu’il n’aymoit, de plus en plus de desplaisirs, BRA. dCS Dames, part 1, Marguerite, reine de France et de Nay. (V111, 70). Abaisser, enfoncer. — [Au pa.pel, Et tout cecy ne vous rait eslever Par dessus vous, ne trop bas aggra.ver, Tenez moien de vostre longitude, Du court, du. bas, aussi de PaRitude, Vous congnoissant estre ea dangereux lieu, Et que ça bas vous representez Dieu. J. BoucnET, EpisÉres. moraks.’dee Traverseur, 1,.1. — Les autres tous leurs vies aeheveren.t Dedans la mer, ou les iite.nts sans meroy Cruellement a, u fond les aggraverent. Amyot* trad, de DiononE, XIII, 14. — Difiy plus ny moins qu’en un jardin fleur>. Meurt un beau Liz, quand Ia pluye pesante Aggrave en bas sa teste Ia.nguissante. RorisAnD, Poemes, L. I, Elegie (V, 18). Iterme ecclésiast..). Frapper d’anathème. — Il ne commande point que de l’authorité de quelque reverend Myttré et cornu, soyent excommuniez et à chandelle esteinte et. cloches sonnantes soyent aggravez les povres gens, qui ne peuvent satisfaire leurs crediteurs, CALITUIT, V, p. 330. Les Venitiens envoyèrent au pa_pe… un ambassadeur… pour estre delivrez du lien d’excommunication i(car il les avoit excommuniez, voire aggravez, réaggravez et maudits et ne se contentant de toutes sortes de fulminations ecclésiastiques, avait falot publier la croisade crontr’1 eux…)i. FI. list-Ji— : N N E, Apol. pour Hep., ch. 40 (I I, 417), — Ch.a.rlos VII….. fui d egrade et déclaré incapa_ble de surtoder au Roya.ume : luy et tous ses adherents et fauteurs excommuniez, agravez réagravez, cloches sonnants el chandelles, es-teintes. SaL illén-, les Pieees de tapisserie (p. 51). S’aggraver. S’alourdir. — lie peur que je ne seche, tarisse, et m’aggrave de prudence., aux intervalles que mes maux me. donnent…, je gauchis tout doucement, et desrobe ma veue de. ce ciel orageux et nubileux quel j’ay devant moy. MoNLiiicrii.E, Ill, : 7 ; (111,.314). Se fatiguer. — La jambe grosse, le pied de regnarcl, et les ongles gros, font. con.noistre qu’il, lle. c…hienj n’a point le pied gras, et qu’il est tort. sur ses membres, pour courir longuement sans s’agra ver. 1\1. DE. LA PORTE ! Epithetes, 82. rc’., Aggravée. Pleine (gravitia). — Ce gentil Astronome Anaximene… regardant… les" estoilles.„ d levant le ! nez en l’air comme une trunye aggra, vée, tornba›.. dedans une fosse, TA HU Tt E A tr, 2e niai. LIU. DeiFii0Critie, p.128. Aggraver 2. eaggravey. S’engager dans le gravier, dans le sable. 11 est tousjours avK ! quelque grande Baleine nageant, devant pour la diriger et conduire comme un pilote, de peur qu’elle ne s’a.ggrave en quelque platis ou la. trier soit basse. AiivoT, Quels giUtiiillEiCitX S’Unit les plus advisez, 31.. Aggravé. Engagé dans Je gravier, tiré sur le gravier. — Desja les bateaux forestiers Sont aggravez sur les jaune, s graviers. Am. LIA mi’ri, Poé-sies, L. 11, 114. v°. Aggraveur. Celui qui accable. Il fait lliornme… fouleur et aggraveur des povres, des orfetins et femmes verves. ANT. D LI MOULIN, trad. d’Ir….nAt— : im…, Cemtplexions des hommes, p. 274, Aggreation, Aggreer, v. Agreation,..4greer. Aggredir. Aborder, rejoindre…— De l’un et l’autre bord la muraille jecte Jies arettes bien avant dans icelluy [fleuve Euphrate], lesquelles viennent aggredir douves pliées fa ic tes de briques, qui rognent le long de chescun bord. SALIAT, trad. d’I-le.nopoTE, 1, 180. Aggregat, — L’aggregat des l’ombres precedeus, R1C..11ARD LEBLANC., de la Subtilité, 310 ro, dans Delboulle, "Votes lexicologiques. Aggregation, v. Agregation, Aggregement. Alourdissement. Il ne me plaist, ny ne 1, Teulx plus recevoir ceste gloire. Pource que Gest augmentation et aggregement du cueur et de. rame qui se sent ja separee et aban-donnee de mon corps. MAtnitcE. SCÊVE Depiou-l’able Fin de Flamete, ch. 23, Aggreger. Aggra, ver. — Sentant que les Athe’liens u’estoyent pa.s si contents de ceulx. de Laceda_emone, comme ilz estoyent au paravant… il [Alcibiade] se meit à amplifier et aggreger leurs plaintes, et à irriter et aigrir le peuple sur chascurie (l’icelles. liortYoT,’V icias, 10. — Au retour veit comme mon pere. plioit sa marchandise, qui. luy aggregea bien ses douleurs. DES AUTELS-, Mitistoire Barragouyeee, ch. 2. Aggresser., Attaquer, assaillir. — S’on ehet, il se fault redresser ; Plaisir on faict de radresser En bon chemin les forvoyez. — Tu me viens par trop agresser. Tes collibetz deusses dresser A ces mal mondains desvoyez. Et. DE COLLERYE, Dialogue des Abusez. — Et maintenant de ree.hief il Vaggresse Pour attirer tout le sang du corps tien. B. Ara EALT„ Lyon marchant. — Il n’y avoit Prince ne Potentat au monde, lequel ils ne fussent prests d’aller. aggresser et tuer en sa, maison. PH. DE MAR141Xe („Torrespond. et Meslanges, p. 465. — LeS loix condamnen.t ceux de Iese majesté, par le conseil, aide, support ou fraude desquels le magistrat a esté violé ou aggressé, et le. crime de lese Majesté commis. Id., ib., p. 463. — SOUS moy tu as renversé. Ceux qui m’avoient aggressé. G. DuRANT,..3.1eSi., finit. des Ps., 17. — Voylà les deux signalees fa.utes qu’a, commis le diable, s’aheurtant et s’attaquant à. Jesus-Christ„ con-ime il a raie. Il l’a. aggressé premièrement d’une dou.ce façon a.u. desert, et luy a livré gra.nds assauts soubs un beau semblant. CHARRON, Discours Chrestiens, Redamption, 5. — Vous —broyez comme je suis pressé et contraint de prendre les armes contre mon roy… je les prends certes à mon grand regret, non pour agresser, mais peur me deffendre, Brantôme., M. de La. Noue (VII, 245), • – Fig.) Il luy dit bassettem.ent 1.1ri piteux adieu, qui à peine luy peult sortir de la bouche, pour les souspirs qui l’aggressoient. Lem RE DE BEICES, Illustr., II, — Alors veissiez le plus dolent des amoureux, tant troublé, tant descortfit, et tard aggressé du duel !, que difficile chose seroit à le raconter. Id., ib., Il, 9, — Quand elle se veoit esseulee, lors souspirs laggressoient, regrets lassail ! oient de toutes pars. Id., ib., 11, 13. Aggresseure. Attaque. — Aggresseures mortiferes. Anc. Poés. franç., XIII, 395. Aggrever. Aggraver. — C’est donc une excuse frivole, et qui ne faict qu’aggrever le peché, d’al leguer que Dieu se contente du cueur. CALviri, Que doit faire un homme fidele entre les papistes (VI, 517). — Ce qui plus aggreva et augmenta. la calamité, fut le temps auquel le tremblement advint., fremyo-r, tract. de Dtonone, XV, 13. Aggrotté. — Ambigueuse amertume aggrotée Anagliphere, acerbe, auda.cie.use., Anc. Poés. franç., XIII, 392. Agible. Qui peut être fait. — En la pluspart des choses agibles, apprehensibles ou optatibles, il suyt son opinion. BUDÉ, Instit. du Prince, édit.. Foucher, ch. 2. Agilité. Activité. — Que je n’oye plus ees paroles d’une fille qui veut servir sort Dieu selon son divin playsir, et non selon les goust.l. et agili-tés sensibles. St Fe ANçois DE SALES, Lettres, 359. Agillesse. Agilité. — Lors David s’eslançant d’une agillesse prompte, Tout d’un coup des deux pieds sûr le ventre. lui rnonte. I). DE BRACH, Poemes et Med., L. Monomachie de David et de Agios. Cérémonies, pratiques extérieures du eulte. , le ne vis onqu.es tant de scendeaux, tant de flambeaux, de torches, de glimpes et d’agiots. fi.A.ueems, V, 10. — Au lieu que les Pa.pistes regardent le.s parois de leurs temples, et puis qu’ils extravaguent apres toutes leurs folles ceremonies, et apres tant d’agios qu’ils font. CALVIN, Serai. sur leDeleter., 22 (XXVI, 143). — Les Papistes se vanteront de servir Dieu quand ils auront leurs agios, le.urs ceremonies et menus fatras, Id., ib., 42 (XXVI, 388 — Ceux qui faisoyent de beaux agios, qui savoyent si bien prescher Ia bonté de Dieu, et comment chacun se doit appuyer sur icelle quand ils sont tormentez, ils grincent les dents, et ne savent plus que c’est de Patience, nelde glorifier Dieu. Id., ib., 58 (XXVI, 592). — Si nous faisions sembla, nt par ceremonies et agios (comme on dit) de vouloir adorer Dieu, et cependant qu’il ne tirast nul service de nous, ne seroit-ce pas se mocquer ? Id., ib., 71 (XXVII, 37). — Les plus grands bigots en la Papauté, quand ils auront fait tous leurs agios en leurs temples, quand ils auront prins beaucoup d’asperges d’eau benite, qu’ils auront fait leurs grandes croix, qu’il auront fait beaucoup de mea culpa, il leur semblera que tout le reste du jour ils pourront tourner le dos à Dieu. Id., ib., 81 (X XVII, 173). — Les papistes prendront des asperges d’eau benite, quand ils entreront au temple : or ce ne sont qu’agios, et ils ont emprunté cela des juifs. Id., ib., 124 (XXVII, 700). — Les hypocrites en faisant beaucoup d’agios perdent leur temps, sinon qu’ils approuvent leur pieté en gardant la seconde Ta.ble. Id., Response à un Holandois, IX, 616. — Si ceste mine estoit une fois esventee… toutes nos messes, sacrifices, et sacrificules, tous nos hagios, kyrieeleison, nos belles mines, grimasses, moues, morgues et chimagrées… ne s’.en iroient elles pas toutes le grand galop au grand gibet de Montfaucon ? pH. DE TIFIARNIX, Differ. de la Relig., II, iv, 5. {Par analogie4 Simagrées, actions et paroles vaines. — A minurct, à la. lune, Va faire en terre. un grand cerne tout rond, Guigne le ciel, sa corde couppe et rompt, Fait neuf grans tours, entre les dentz barbotte, Tout à part lny, d’Agios une botte. Marot, Epistres, 2L — Alcon et Hydaspes venants en. pas modestes Nous apportent du)(in, avec mille agios. FR. HABERT, trad. D’HonAce, Satires, 8 (Paraphrase). — Un ente autres se présenta disant estre aveugle de naissance, lequel après plusieurs agiots cria miracle, disant qu’il voyoit. H. ESTIENNE, Apol. pour Her., ch. 39 (II, 404). — Au regard des espines de la. couronne, il y en a assés par le monde… Mais puis que saincte Mere Eglise est aujourelhuy empeschee à cercher couronnes d’or, et non pas cl’espine, je ne t’en veux aussi faire trop grand hagios. Id., Differ. de la Relig., I, v, 10. Menus objets, — Ils ont pensé qu’en prononçant ces mots, ils faisoyent une conjuration, que cela estoit comme sont e : es Agnus Dei en la Papauté, et ces autres agios qu’ils pendent à leur col. GALvIN, Serm. sur le Deitter., 46 (XXVI„ I), — Vous oubliez… ce qui favorise fort aux mariage des vieilles avec les jeunes hommes : car pour le regard des maris, ce leur est une grande esp : argne : il ne leur fa.ut point tant d’agiots et beatilles pour liEs popiner, qu’à ces jeunes esventées elles se passent à peu. CHOLIÈRES, 7e Ma’ince, p. 273. — Ne despendent ils rien à meubler leur bibliotheque ? Il leur faut tant d’agios, tant ide livres, et de tant de sortes. Id., 8e Matinee, p. 292. — Vous voudriez que je fisse comme beaucoup de ceste ville, lesquels, tant pauvres soient-ils, soit qu’ils se marient ou marient leurs filles, sœurs ou parentes, leur baillent plus de nouveaux habits, menus fatras et a.gios, que si elles estoient com-tesses. LARIVEY ? les Eseolliers, IV, Agiotade (&yeilitceeolz, très saint). — L’origine primeve de mes aves et ataves fut indigene des regicuts Lernovicques„ ou requiesce le corpore de Pagiotade sainct Mamie Rabelais, 6. Agir (trans.). Faire.— Et ne povoys me soulier de le veoir Par si grant grace agir tours et vira d es. NI’c EL D’AMBOISE, Propos fantastiques, 3 (66 r°). — Il fa, ut qu’il [Dieu} ait du contentement et du plaisir en tout ce qu’il agit et qu’il engendre. Montaigne, trad. de RAymoN SeeoN, ch. 47. Poursuivre. — Je vous agirai, felon, De dires et de furie. Luc DE LA PORTE, tra, d. d’HoeAcE, Epodes, 5. Parler de> traiter de. — Je n’agis que la parole de Dieu enseignée par les Apostres, et non escrite, qui s’appelle Tradition. CHARRON, les Trois Verilez :, 111, 4, Adv.

Discuter, plaider, — Si tu es adonné et du tout plongé en meschancetez, „ je ne veux agir avec, toy : ce n’est pour toy, que je m.e mets en ceste besongne. CriARRopir, les Trins Veritez, I, 12.. — Ce fut à lui auquel Mena.ut nostre mestaver fit une jolie responce. On a.gissoit de.vant lui enfle cause de foucullerie, et lielenaut estoit appelé tesmoin. BERiDALDE DE VERVILLEI Moyen de parvenir, Discours {II, 1.42).

S’agir à. S’agir de. — Puis qu’il ne s’agit qu’à façonner Jardins, leur peu de contenue se pourra accommoder sans excessive despense. O. DE SERRE’S1 Tltélitre d’Agric., Vit 1. Agir (subst.). — Pourquoy ne mettons nous en doubte si nostre penser, nostre agir est pas un autre songer, et nostre veiller, quelque espece de dormir ? Montaigner 12 {II, an). — l’imaginer et clesirer un a..gir plus noble que le nostre, produisent la repentance du nostre, nous aurons à nous repentir de nos operations plus innocentes. Id., Ill, 2 (III, 275. — J’ay un agir trepignant où la volonté me charrie. In., 10 (IV, 147).

Agitable. Qui peut Ôtre agité. — Est-ce pas ce que nous disons… ? que leur ame pour estre plus cra_sse et obtuse, est moins penetrable et agitable ? MoNTAK : NE, III, 12 (IV, 190).

Aglaophotie (Άγλαόφωτιζ), , x6pung). — Il y avoit aussi en Ia. Thei.irgie… quelques herbes, comme l’Aglaophotis qui croist és marbres d’Arabie, et dont les Magiciens se seroient aydez, ce dit Pline, pour evocquer les Dieux. LE LoYER, H ist. des Spectres, Vil, 5, — L’herbe Aglaoph.otis qui croissait dedans les marbres d’Arabie, a.voit la. puissance de faire venir en presen.ce ies Dieux ou Demons. Id., ib, , VIII, 1.

Agluti. Co11é. — les trouve. [les langues-deserpent] entre les rochers et grands cartie-rs de pierre, a.gluties et congelees, et si gentiment polies et dentelees à l’environ, qu’un bon ouvrier seroit bien ernpesché d’en faire de sembla.bles. THEVETr Cosinogr., I, 12.

Agneau. Sorte d’objet de piété. — Je scay faire fierte et relicque, Dorer agnea_ulx, mailler afficeque, Graver séau, faire candelie. Âne. Poés. franç, , XIII, 165.

(Forme ancienne.) Agnel. — 0 Dieu éternel, Ce jour solempnel Doit bien estre à tous, Quant l’homme cruel Avez faict aigrie’Et semblable à nous. MAR.G. DE NA.V.. « UhilLeiSirete (TV, 100). (Féminin).

(Féminin). — Agnelle. — Me direz vous nouvelles De ce que ray perdu ? d’une petite Agnelle ? Me » DES ROCHES, Secondes’Œuvres, Bergerie, 27 — Vostre Agnelle s’en vient folastrement sautant. Eaed., ib., 27 vo.

(Pluriel dialectal.) — Par cy par là ses moutonnez Œspars Autour de luy tous rassemblez sestoyent Et ses a.igneux venans de toutes pars.. LEmAirtx BELG eS, Temple d’Hen-neur et de Verues IV, 211).

(Prononciation,) — Loups ne deviennent point anneaux. A nce —Nés. franc., 1115 171. — Ils tuoint poules, chapons> oysons„ et cochons, et aneaux de lait. NicoLAs DE TROYES, Grand Parangon., 18, — Son Dieu qui le repaist (Comme il avoit promis en son Livre de vie) A la table de ceux (pie l’Anneau rassasie D’Ambrosie divine et de Nectar


divin. RONSARD, Pièce-s retranchées, Epitaphes (VI, 247). Agnelé. Composé d’agneaux. — Tant de loups ne courroint leurs troupes agnelées. L. PAPON* Pas forelle, I, 2. Agnelet. Petit agneau. — Elle a Fakt en passant pres de ces couIdres là, Qui sont espez, deux gerneaulx aigneletz. Marot, trad. de la Ire EgIngue de VIRGILE. — Ce qu.e voyant le bon Janot mon pere Voulut gaiger à Jaquet son compere Contre un veau gras deux aignelletz bessons Que quelque jour je feroys des chansons. Id., Eglogue au. Roy, — Jamais de toy la pucelle n’approche, La mouche à miel, ne la faucille croche, Ny les ergots d’un folatre aignelet. Ro NSARD7 les Amours L. I (I, 51). — Ainsi qu’on voit sauteler l’aignelet. Belleau’ia Bergerie, 2e falun., II„ 36. (Féminin.) A gneiette. — Comme trouppeaux d’a.gnelettes,. qui sont Loin de secours. DES MAsuRE s, David triomphant, — La belle Magdelis arriva dans la pree, avecques ses blanches agnelettes, N. DE MONTREUX’ler Livre dee Ber-geries de Juliette, fourn, I, 6 vo. Agnelette. Membrane qui enveloppe le foetus, — Lia seconde tunique est appellée Amnios ou Agnelette, qui enveloppe de toutes parts ia semence, RR, PAR& XVIII, 7. Agnelin. Petit agneau. — Je conduisois mes Agnelins exquis Non aux deserts, mais aux heureux pastiz Dont Jesus Christ luy seul en est la porte. MARG. DE NAV., les Marguerites, Complainte pour un prisonnier (III, 78). — tià ! paovres a.gnelins, vous serés devorés Par ces loups ravissantz. L. PAPON, Pastorale., I I, 2. Laine d’agneau. — Mestier n’y a. que je ne sçache… Je sçais faire draps d’aignelin. A nce Poés. franç., I, 75. Agnomination. Paronomase, allitération, — Agnomination licteration se faict, quant aulcunes dictions ou motz, au commencement, rno3r.en ou fin, l’en commue Une lectre ou sillabe de ung mot à rauitre. FABRY, Art de Rhetorique, I, 171172. — Le vice d’escripture… se Wei.— par muer lettre ou sillaibe… Laquelle maniere est coulleur, quant se faict par agnornination. Id., ib., II, /22. — Aucunefois le nombre est engendré par la. seule consonance et accord des vois semblables, laquelle les Grenz a, pellent Paronomasie, c’est à dire Agnomination et allusion au mot, ou resem-blance d’un mot à l’autre. ANT. FOUQUELIN, RherOP, fretitC., a2 vo. Agnus castus. — Ceux qui couchent sur l’herbe nommee agnus castue deviennent chastes et pudiques. St FRANÇOIS DE SALES1 Vie deQ02e, III, 13. — Une branche d’agnus easius empesche de lassitude le voyageur qui la porte. 11.1., Amol…f.r de Dieu, VIII, 5. Agnuo Dei. Nom donné à. des médaille-s de cire portant la figu.re de l’Agneau mystiqoe, ou à d’autres objets bénits dont on usait comme de préservatifs contre les dangers. — Voire sont venus jusques aux paroles de l’évangile S. Jan ; a.usquelles ils portoyent telle révérence, que les ayans escrites en du parchemin ils les enchassoyent richement pour estre pendues au col, et là servir de préservatif contre tou.s dangers. Fl. ESTIENNE, Apoi. pour Her., ch. 32 (II, 173). — En lieu qu’Aaron… consacra unefois /e veau d’or, elle a ordonné, que Messer Papa, ei a succedé en sa place, hemra et consacrera tous les ans un grand nombre d’Agneaux de cire, qu’elle appelle Agnus Dei. Ph. de Marnix, Differ. de la Relig., II, iii, 4. — Ce bon pere [le pape] nous donna à tous des Agnus Dei pour nous preserver des dangers. Couronn-eis françoi.9 (V, 409). Ye me suis une fois laissai empourter à user d’un A puis Dei ; mais, à. un vallet qu’on faisoit à l’Arsenal, un exempt des Gardes me donna dans la presse (car il ne me remarquoit pas) un coup qui rue le fit entrer dans la peau ; ye n’en ai plus boulu pourter depuis, de telles fadatzeries. Aubigné’Faeneste, nr, 15. Ago. (Exclamation.) — Vous voulez donc fringuer, Madamoiselle ; a_go m’amie, et qu’est cecy ? CrionÈRE.s, 6e Ap.-Disnee, p. 242. Agobilles, Hardes, guenilles. — La bonne femme rechingnant… troussoit ses agoubilles pour aller tirer du vin, Du FAIL, Propos Rietiques, 5. Menus objets, choses sans valeur. — Quand les bons Papicoliques Romains vont assister à la mes.se et aux autres sacremens, sacrifices et cerereonies, beans avec estounernent, apres tant de belles choses, et se trouvans aheuris de veoir toutes ces devotes agobilles. PH. DE MARNIX, Differ, de la Relig, 1, I, 8.. — Quelque ord et salebrenaut de Diable, qui est accoutumé de fourrer le nez par toutes les agobilles saincte Mem Eglise Romaine, comme un hardi et effronté maistre Aliborum. Id., ib., 1, iv, 2. — Toutes les eeremonies, moues et chimagrees qu’il faut user pour benir et consa.crer toutes ces belles agobilles, jusques aux espees, dagues, catapultes et bombardes des bons catholiques Romains. ln,. I, iv, 2. — Durandus, jadis Evesque de Paris, lequel,.. cognoit la valeur de tolites ces belles agobilles, comiTie son nom de B : iptesrne, et vous deeiffre ces mysteres en del 1 et par le menu, comme un cuisinier sa cappirotta_de. Id., ib., I, iv, 7, (Par plaisanterie.) Pasiez diagobales. Choses fictives, balivernes. — On leur apporta des pastez d’agobilles, lardées de farouane. Navigatzon Compagnon à la Bouteille. — Afin que tu ne penses que ce soient pastez je te feray denombrement de ceux qui par l’espa.ce d’environ quatre cens ans, n’ont cesse d’acoutrer force saulces, godiveaux, tartelettes, gloses, poivrades, expositions et commentaires là-dessus. Pn, E ÀRTI.T1X, biffer. de la Relig., I, v Agonal. Où il y a lutte. — Apres les sacrifices solennellement faits de bon matin., es temples de la noble cité de Troye (selon que la maniere ancienne estoit de les faire devant les jeux agonaux)., , la seigneurie commença à partir en grand Cotte de la Cité. LEMAIRE DE BELGES ? I, 40. Agoniant. Agonisant. — Tout cela n’est rien au prix de l’in trinseque vertu qui passe des doigts presbyteraux jusqu’au dedans de l’ange des Catholiques a.gonia.ns, lesquels messieurs Jes. Prestres vont engraisser lors qu’ils sont prets à partir, PII. DE MARNiX, Dif fer. de la Relig., II, 1, 2. Agonie. Anxiété, perplexité, tourment moral. — Cependant le bon I tace se pourmène, descend, remonte, regarde par la fenestre si ceste mar– chande vient point, • brief il est reduit en sembia.ble agonie que Roger en l’attente d’Aicine. DES PÉRIERS, Now). Réer., 91. — Aussi estois-je en grande agonie de ceste fuyte, comment nous pourrions faire que lon ne s’en apperceust. A m 0-r, Hist. L. 38 ro, — Il n’y avoit celuy dos spectateurs qui ne fust suspendu en grande douhte de l’issue [de la, course], et plein d’un.e merveilleuse a.gonie, Id., ib., L. IV, 40 vo. — Le joueur de Leu.th… commence par une desesperee a.gonie à contreeroiser ses doigts, esIa.rgir sa main pour plus prendre d’accords, supplia, nt l’adresse du doigt. par u.n certain mouvem.ent de houche„. tirant. par fois la langue à quartier, enfonçant ses sourcils, serrant de rage les dens. Du Filin, Baliverneries d’Eutrapel, p. 12. — Maints preud’hommes vindrent en telle agonie et extremité, qu’ils en donnerent la_ mort, par une fureur et enragé despit, à leurs Dames, et hien souvent tout d’une main à eux-mesmes. E. Pasquier, le filonophile, L. II (II, 782. — Le peu.ple fut fort irrité de ces paroles… mais pour Pheure chacun se retira en sa inaison en gTande a.gonie de pensement. Amyot, tra_d. de DioportE, XIII, 29. — Alexandre… sacrifia aux Dieux qui ont pouvoir de divertir les malheurs, et ne laissa pas d’en dernourer en grande agonie de son esprit, se souvenant de la prediction que les Chaldees luy avoient envoyé signifier. Id., ib., XVII, 27. — Il demoura toute la nuict en grande destresse et grande agonie, de divers pensemens. ID.1 Cicéron, 47 — Sa fernme,.. s’apperceut hien qu’il estoit plein d’agonie et de tristesse d’entendement qu’il n’a.voit point accoustumee. Marcus Brulus, la. — porcia passionnee du soucy de l’advenir, et n’estant pas assez puissa.nte pour supporter une si grande agonie d’esprit… tressailloit de fra.yeur à chaque bruit ou cry qu’elle entendoit. Id., ib., 15. — Les trois cents soudards… se serrerent ensemble au long d’un flanc de rocher umbragé et obscur, altenda_ns, en grande destresse et agonie d’esprit, des nouvelles d’Aratus. Id., Aratu3, 22. — Ainsi qu’il [Othoni estolt en ceste agonie d’entendement, cha.ngea.nt de toutes couleurs au visage pour la frayeur qu’il avoit, Ononia.stus son Ormechy luy vint dire que les maistres cha.rpentiers et maçons estoient venus. Id.1 Galba, Thucydides est tousiours apres ceste difu.ciclité d’oraison, ta.scha.nt à rendre l’auditeur par ses paroles comme..spectateur, et desira.nt imprimer aux lecteurs les n-iesmes passiŒns d’estonnement, d’eshalissernent et d’agonie que font les choses mesme.s, qu.and on les voit faire à Si les Athenicne ont esté plus excellens en armes qu’en lettres, 3. Nous estion.s en une extréme agonie, qu’ils n’eussent quelque suspicion de nostre entreprise. Id., de l’Esprit familier de Socrate. — Un tres aspre combat et une cruelle agonie se fit entre le desir et l’horreur de la mort. St FRANÇOIS DE SALES, Amour de Dieu, X, 17. — L’Empereur estant en ceste agonie d’incertitude, lui respondit en perplexité, de n’entens point vos discours, es-claircissez moy. BEROALDE VERVILLE1 Voyage des Princes fortunez, p. 113. Au sens actuel, le mot agonie se trouve plusieurs fois suivi d’un déterminant : agonie d-e la mort. — C’est ce mesrne estat où se trouvent ceux qu’on void défaillons de foiblesse, l’.gonie de la. m.ort, MoNTAIG.N.E, II, 6 (II, — un nomé Servuius fut visité en l’Agonie de la mort d’ail. cuns estrangers ses amis. LE LOYEB1 Hist. des Spectres, 111, 9. — Ain.sy qu’il estoit sur les agonies de la. mort, el qu’un sien compaignon le vint eonsoller et rernonstrer qu’il n’en mourroit point ce coup. BRANTÔM E, Rodomontades espaignolles (VII, 99). Agonieux. — Adverse, a.guë, arda.nte, a.gonieuse, Accidieuse, avare, ambicieuse. Anc. Poés. frarer., XIII, 392.

Agonothète (άγωνοθέτηζ), président des jeux). — Ils ont Jesus-Christ… talitost pour ma.is tre. insLruisard les siens… taillas pour Iiigonothè te, Juge Presidnint, tantost pour Nomothète et presorivant loix chi la Witte. LE LOYER, Hist. des Spectres, VIII, 9. Agorgiaser Sie parer. — Peu à. peu le feu creut, plaie fut mortelle, Je voulu voir souvent, je voulut sembler belle, Je m’agorgiasé ; et si quelqq_eu.ri estait Mieux pa.roe, mon arne cimvie iuy por-toit. RIVAUDEAu, Conviai/et-les, 3. Argoubilies, v. A gobilles. Agoner (s4). Ste dégoûter.. — s’ennuye de tousjours vivre à. 1111 OFdirlaire : qui ne m.ascheroit que d’un pain ne sçauroili quel goust a l’autre. ; on s’agoue. de ne manger tous.jours que d’un•. : 1. via.nde, ClinLiÈRE5, 5e Matinée,. p. 197, Agouè. Dégoûté. —Vous autres mesme, Messieurs les ferrez, ne vous sentez honorez si l’or ne maruite devant vous : je m’en rapporte aux couronne…si.anneaux et bracelets d’or qu’avez recel’’1 apré.s qu’eu estes agouez, vous seriez. bien r : tentans que les autres s’en sc-i.Tvissent… CuoLiÈnes. ite Matinée. ?, p. 50, —Tala le monde n’est pas agoué comme vous, dowt bien m’en prend. Mais, à bon escient„ avez vous envie de suivre party des laides ? ln„ i, ie Maeinée, p. 180, —Le. bon S. Pere n’en est pas un brin agoué… Il n’a ne les dons agassées, ne l’estomacq debiffé, pour digerer autant d’or et d’arguent. PH, E MA RN I X, Dili er. de 1.a. 1, lit, 5. — Diriés vous que ce bon Frere Frappa_rt a Pappetit agoué ?… Vous.vipies comment a.vallÉ. gros et masche dru ? 19., ib., I, v, 3. Agouster.. Plaire au gofit. de.. Mais, s’il y a riens qui l’agouste, Il fault qu’elle en ayt, quoy qu’il eouste, Et, s’il sien pren à murmurer, On luy dict : «  Fa.ult en.durer ; Femme grosse a loy de tout dire, Flués. /rant„ I,. 1 Agout. — J’a.ecarde que Monsieur en juge, s’il luy plaist en prendre la peine, et s’y accropir, comme si Pagout. de. toute la Cour de Parlement en avoit fume en robes rouges. Du’FAIL5 Contes d’Eutrapel, 11. (La phrase est obscure. Les éditions de 1586 et de 158 disent la ee qui n’est pas plus clair.) Agoutin. Agouti.. — Un petit animal nommé..-lgoutin., grand un lie.vre, ayant le. poil L’…oinme un. Sanglier, droit et eslevé, la testo L :.ornme celle d’un gros rat… La chair en est fort bonne et delicate. THEVETt COSMOgr„ XXI, 11. Agraffe. Sorte de piège., —_Divers.autres rnoiens y a-il pour prendre hostos h quatre pieds… piegcs, agraffes, fosses, trapes, rets, petits, Irnorces. O. Dr, SERI’. LS5 Théâtre d’il gric, , VIII, 7. Agraffer. Accrocher (et. peut-ètre déchii.er, yrnitill. dans le : seeand alinéa). — Comme.’homme aveuglé, qui son guide abandonne.. A_graffe son manteau aux espines pointues, Chope 3ontre. les nit-euds des souches abatu es, Slavoye, se lesvoye, entre, tournoye, sort, ta dans une. fonlriere en fin trouve la mort. Du BA Rriis, 2e Se-naine, 30 Jour, les Capitaines. Déchirer comme avec une griffe, — comnença à. battre. son clair visaige ave.e les sangui-muses raa.ins, et aggrafter ses debeates joues, tra.d. de BoccAcu, le Philocope, L. I, [6 ro. Ag-randir Croitre, devenir plus rrand., — En teS bea.utés tousjours aggranclis. 3uTTET, malthee 211. — D’autant que l’enI rant agrandit, aussi plus attire-il de sang pour sa nourriture que de cousturn.c. AMBR. PARÉ. XVIII, — face maigrit, les yeux, le nez, la. bouche agrandissent. ID„ S’agrandir. Grandir. — Le jeune cheval, en s’agra.ndissant et fortifiant, se rendra capable de la doctrine du sçavant escuier. O. SETtra.s, Théâtre d’Agric., IV, — [Lies Pa.onneaux1 comme sortis de page, de jour à autre s’agrandissans, se rnesIent avec les autres de plus grande a.age. Id., ii)., V, 4. Agrandissement. Élévation en pouvoir. m’en revay Caesar, Se..s plaisirs ne luy firent jamais desrober une seule minute. d’heure, ny destourner un pas des occasions_qui se presentoient. pour sou aggrandissement. MONTA1G’NE, II, 33 157). — [1…’arnhition] luy fit dire [à César] ce vilain et tràs-injus te mot, que si les plus mescbans et. perdus hommes du monde luy avoyent esté 1-Welles au service de son agrandissement, il les cheriroit et avanceroit de son pouvoir, aussi bien que les plus gens de bien. Id., ib. ("HI, 160). Agrapin. Agrafe. — sçay faire pintes et. Azrapins, galloches de liège. Ane. POéSi franç «  I 11, 160.. Agrappe. Grappin. — Aian investi une dicelles [navires] et atachee a une de leurs agra_ppes de fer. SEYSSEL1 trad. de TfIT3CYDIDE, IV, 2 020 ro). Agrapper. Accrocher. — Peut e..stre que plu-sieurs n’entendroyent pas aggrappato BOCCate : (encore qu’il vienne de nostre Aggrapper : j’estime avoir son origine du mot Grappee, qu porte de peur de glisser sur la glace). II. _Fis-TIENNE, Preeellence, p. 811. Saisir, voler. — De rapine, de larrecin, Agrappe, sans faire conscience. Anc. Poés., franç., I, 211i, iLrairgraper. S’a, ccrocher. — Les ileaux et tendons de la vigne, avec. lesquelz elle —taggrape et tirLnt. à quelque chose. ANT. DU MOULIN », trad. de la Venu de la. Quinte ESSenee, p. 89. Agrarie (agraria), Agraire. —Les causes cle la loy..4e, : rarie, que nous pourrions clire en Françoys Champestre, ou des terres.. SEYSSEL, trad. d’Ail-C11 : !’4, Guerres Civiles, 1, 2. Agra.vanter, v. Aterag.5anie.r. Agraver, y, Aggraver. Agre, Champ (par plaisanterie). — AldiX a.gres migre, et opimes possesses Que tes genits t’ont.aissé pour suceesses. Epistre du. dans RABELAls, III, 276. Agré, Mal agré, v, aré. Agreablette (diminutif rargé pari plaisante : if !). Nos poetes françok : ; „ nommément du l’idap-ry, se sont pleus aux diminutifs d’une. rort. onne grâce ; car ils font de petitelettes deseripÂonnettes, qui sont fort agréablettes aureilettes délicatelettes, principalement des mignarleiettes damoiselettes comme. Ma nympho frdasxelette, fola.stre nymphe.lette. TABO trii01" DRS 211CCORD S. BigarrurÉS* 19. Agreation. Action d’agréer, agrément., con ; entement. — faiiloit que tous Ies Evesques de a_ Province., ou pour Je rnoins trois d’entre eux i’assemblassent., et que les autres y envoia.ssent eur agreation par lettres, Pu. DE MAR Pax, le la Rdig., 1, 6, — Nul seroit recognAmi Roy l’Angleterre, sinon soubs l’adveu et agreation du : lape de Rome. In., I, nr, 9, — Elle permet iteun cha.eun qui est Ci’atholique puisse… faire out ce que sa bonne intention et devotion luy commande, pourveu que ce soit avec Pagreation fit Monsieur le Pape ou de son Lieutenant. Id., ib., I, tv, 2. — Les oracles de l’escriture. „ ne sçauroient avoir credit en nostre escot, jusqu’à tant qu’ils aient passé par l’estamine d u sainct Pore, et obtenu lettres d’ottroy et d’a_ggreation de sa saincte Paternité. 113.5 ib., I, tv, 10. — Messieurs les saincts Peres du Concile de Trente, avant que determiner aucun article, envoient tousjours le Tu auto in en un beau petit sacq vers Rome, pour obtenir de la Paternité du sainet Pore le Pape, une bulle d’agreation. III., ib., 1,)7, 2. La confession de foy laquelle il a publié avec. con a_Isentement et agreatiaiL de tout le S. Concile de Trente. Id.., ib., il, I, I. Ceux [les députés] du roi eurent charge de presser les inatieres et conclurent à la paix Mais encore falut-il aller Gercher ragréation du roi, lors à Nantes. Auwicrii Hist. UniQ., XV, 1. A gréation Lie. Consentement à. — Tout fut accepté aux conditions de dix-sept articles… Le premier contenoit l’agréation de la donation et transport des païs, ensemble du mariage de la princesse avec ledit cardinal. AuBIGNÉ, hrisi. Unit…, XIV, 28. Agréer (si). Se plaire, prendre plaisir. — Plusieurs suivons le train des armes, Se plaisent d’ouïr aux alarmes Bondir clerons, tonner canons… Dans les batailles s’a.greant Que les femmes vont inaugreard. Baïf, Pierres, L. VIl i 62). — Je croy sans doubte qu’il sentit du plaisir et de la volupté, en une si noble action, et qu’il s’y aggrea plus qu’en autre de celles de sa vie. Montaigne, 11, 11 (II, 130. — M. de Montaigne disoit s’agréer fort en ce détroit, pour la diversité des objects que presaritoiiit. Id., Journal de Voyage, p. 141. Siagieéer c.Se plaire à, prendre plaisir à. — S’il s’est agreé à bastir du rien le monde (et il s’en est agreé dés tousjours, autrement il ne l’eust pas i ceste heure basti)5 beaucoup plus s’est il agréé engendrer Dieu de soy, d’autant que ceste ge.ne.ration est infiniment : excellente au dessus de ]’autre. Montaigne, trad. de RAY ? "10NI : 11 SETtION, oh. 47. — Les villes sont bien assises, et les ports commodes : de ciuoy ne faillt s’estonner, veto que tant. de grands Rois et excellons Monarques se sont agreez à y faire bastir, et ont prins plaisir d’y demeurer. THEVET, Cosmogr., VIA !, f t. — Au cuns se plaignent dequoy je me suis agréé à continuer cet exercice [les voyages à cheval MoNTAIGNE, III, 9 (IV, 82). S’agréer de. Trouver agréable, prendre plaisir à. Tant rn>agreay de ceste vision Que je la prins pour quelque illusion. FortGAD Œut’r. p. 7. —Seulement elle s’agrée Dune naïf re blancheur. P. DE Poemes, L. Il, Ode d la Pa. — Je rie lessai pourtant de m’amer de la beauti. de ce lieu là. Mo NIAI o N Ei fenerrial de Vglyage, p. 279, —lia louange est tousjours plaisante, de qui et pourquoy elle vienne. Si faut-il pour s’en agréer justement, cistre informé de sa cause. lo., Essais, III, 9 (IV, 69). — Je ne veux debvoir ma ;.ieureté, iiv à la bonté et benignité des grands, qui s’aggreent de ma legalité et liberté. 1 »., ib. (IV, 711.. — Ainsi faiet ma curiosité que je m’a.ggree aucunement de venir de mes yeux ce notable spectacle de rostre mort. publique, ses symptomes et sa forme, Id., III,.12 (IV, 181). —J’accepte de bon cœur et recognoissant ce que nature a tala pour moy et m’en aggree et men loue. Id., 111 t 13 (IV, 279, A_gregatlf. Pilule agrégative. Pilule réunissant les prupriétès de plusieurs médicamen.ts. — (Par plaisanterie) : Et soudain en ]’estomac la belle petite pilulle agrégative de Dieu, composee de vingt-deux coups de pongnart, à la Cesarine. RABELA_IS, V, 29. Agrégatieln. Assemblée. — Faire aucunes assemblees e 1 agrégations MEDicrs, Chron., 1, t26, dans Delboulle, Notes — Là les Satirs, Famines, Pan, et Seraines,.1)ieu : <, d erny Dieux courent à grands haleines.., \ymplies bois Drya_des et. Nageades… Y vont. en grande accelleration, Pour visiter ce.s te aggregation. Epistre a u Lymosin, dans RAEELA1S (III, 276}. Agréger. Réunir, a.ssembler. — Quant au Seigneur de Thiart,.tant s’en faut que j’estimasse avoir rien dict à son desadvantage, l’ayant agregé avec les sieurs de Ronsard et du Bellay, qu’au contraire je croy que nul ne lira ce lieu, (fui ne die qu’il a reeeu sinon honneur, pour le moins reluit honorable de moy. E. Pasquier, Lenres, I, 3. — Luy Prince trés a_dvisé…+ ne trouvant expedieiit plus prompt que diagreger avecques soy Robert son fils, il le lit sacrer et. couronner Roy, ln., Recherches, II, 10. Agrelir. S’agreslir. S’amincir.. — Le daulphin se termine de chaque cost.6 en se agreslissant et dimin.ua.nt en agit. BELON, Poiss. mar., I, 42 (G.).. grely. Aminci. — Noyés le dur foret de deus pornettes blanches Sortant de ec beau tronc a.grély sur des anches Au deus petis mi-rons de pognante rondeur. TAILLE : MONT, la Triearite, p. 57. Mince. — La Meir (gage de foy) molle, pleine, é longoette… S’etand an cinq rarneaus, an longs aloès agrélis. TA ILLEMONT, la Tricorne, p. 56. Grêle. — Tendant les mains en haut, dune voix agrelie, Hermaphrodite dit. Baïf, Poe es, L. (H, 194). Agrené, Pourvu de grain., — (Fig,) Quand j’ay hi mi à poinct desjeuné, et mon stomach est bien poinct affené ei agrené. Rabelais, 111, 15. Agresilr, v. Agrclir. Agresser, v, Aggresser. Agresta.. — Tels que sont les syrops de. limons, do grenades, de berberis, de agies ta. AmnR. PAid, XX, II, 2, Agreste. Sauvage, rude. — N’escouto nulle sorte di :. propositions, sous quel pretPxte.L.-lue ce soit en ce seul cas il n’y a point de danger d’estre incivile et agreste, St FRA-brçoIs DE SALER., Vie devote, 111, 21. — C’est un vice… que d’estre si rigoureux, agreste et sauvage qu’on rte vueille prendre pour soy ni permettre aux autres aucuno sorte de recnation, ID-5 ib., HI, 31. Agricolation. Culture de la terre.+ ll T a plus de profict en ceste espece d’agrirolation quu es autres. COTE RF. : trad. de Co’NIELLE, III, (G., COM pl.) Agricole. Agriculteur, laboureur, écrivain agricole. — Cest celle dont la bouche coralline par sa grace vertueuse ha souvent… fait esîongiie.r levage et le gresil de tumulte belli que a.rriere du territoire des bons agricoles de Gaule. LEMAIRE DE BELGES, la Couronne Margaritique (IV, 95). A fin quilz rue ignorassent rien de ce que bons bergers et agricoles doivent savoir, il leur monstroit à cultiver jardinages. Id., Meir., 1, 22. — Reste rescripre a vous les Agri.colles Et laboureurs, I. Bou CHET, Epistres Morales du Traverse ur ! l I, x, 28, — Ainsi comme arc’en plein Un champ de chaume ou d’estouble tout plein, Quand l’ agricole y met le feu. BEREAU, Eglegues, 6. — 0 Fortune inconstante I… 01 comme, sur le rond de ta volage roue Des peu sages humains tu Vcsbas et te joue, L’agricole faisant empereur quand tu vous, Et faisant l’empereur aller aprés les beufs. Id., Complainte de France. — Ainsi en somme est H de tous mitres affaires de mesnage, ausq-uels le prudent Agricole pourvoirra par SOU bOn sens, selon les circonstances. O. DE SERRES, Thagre d’Agric.., 1, 7. — C’est le moyen descrit par Columelle, duquel se servoit MarÉ..-Columelle son oncle, sçavant Agricole, pour rendre fertiles ses terres à grains et SOS vignes. Id., II, — Le sçavant Agricole n’attendra ta.nt à. fumer ses terres. Id., ib., I 3. — Plusieurs des Anciens Agricoles… ont escrit Jes Abeilles s’engendrer de la corruption du taureau. ib., V, 14.. Agriculté. — [La. Mort] Agricultée, advortée, asso WEI. A ne. Poés. franç.., X11.1, 392.. Agriculteur, — Le bon agriculteur doibt souvent rega.rder si on laboure bien. COTErtE A T_Le trad. de. ColdUIIIIELLEI 4. — Ceux cy chargent fort la. terTe, dont ils sont reprouvez des plus suffisants agriculteurs. Id., ib.., 11, 10. — Celuy est inaulvais agriculteur, qui permet parrny ses semences croistre d>aultres herbes. ID.5 ib., 11, 12. Agriculture, — Le maistre ouvrier en vraye agriculture Hanta jadis an terrestre verger Arbres plusieurs, de fruict et fioriture Belles à veoir, et doulces’à manger. CRE.Ti Cham Royal (p. 16). — En tige et fleur, non par agriculture’, Verdure, odeur et couleur sans changer Porte le lys. Id., ib. 13i. 21). Agrieftement. Aggra-vation. — Par amplifie.mtion, et exaggeration, qui est agriefvement des cas perpetrez. Instit. du Prince, édit. J. Foucher, ch. 4. Agriffer. Prendre dans ses griffes, — L’Aigle outrageux… du d.roict chemin devoye… Tachant aulcun bel o : 11, 7seau agriffer Pour son pennaige a.0 sien noir attiffer Et se ennoblir d’a.utres plumes plus belles. /fric…Poé-..q. franç., II, 185. Saisir. — Ce pendant Beaurepas, comme plongeon nouveau, En. quatre coups de bras ea.pproche le basteau ; Il agriffe le bord et de la droite jambe, Aidé du flot de l’onde, à grand peine il en jambe. GA_UCRET, Plaisir des Champs, 1’Automne, Ch-asse du Loup. Agrifolium. Houx vert. — Genevres, Caddes, Houx, ou Agrifolium. O. DE SERRES,. Théâtre d’A gric V117 12. Agrimantion. Arpentage_ — Faire l’arpentement et a.grimantion des terres. Texte de. 1562, dans G., Compl. Agrimenseur. Arpenteur. — Cyre estoit Vaciller… Brute et Cassie aerimenseurs. RAB ELA151 II} 30. — Sont falotes inhibitions a tous agrirn.enseurs et autres, ne poser aucunes limites nouvelles, ou fossoyer In terre pour voir et visiter les vieilles, sans le sceu et consentement expres des tenanciers_ Cousi. d’Aouste, p.> 370 (G, , Agrimoine. Aigremoine. — Touchant les herbes, infinies especes y en a-il de distillables, dont l’on tire grands services pour les bonnes eaux_ qu’elles rendent, ! es principales sont les scabieuse, buglosse… agrimoine, plantin. O. DE SERRES, Théâtre d’Agric., VIII, 4. Agriotat Jus de cerises aigres. — Pour colorer le jus susdit, appellé Agriotat de trois QU quatre grosses Agriotes noires de maturité, en sera exprimé ie jus dedans l’Agriotat, dont il s’en rendra plus a, greable. O. De SERRES, Thicitre d> Agric., VIII, 2. — Le syrop, appellé Corniot, du TiOM de ce fruit, dit en Latin Cornia ainsi que celuy des agriote-s, Agriolat. Id., ib., VIII, 2. A.griote. Cerise aigre. — En. France on appelle Cerise le fruit qu’en La.rig-uedoc on dit, A grime, et la. Cerise de telle province est nommee en France, Guine.., La Cerise ou Agriote est plus aigre que douce, ,.. au contraire la Guine plus douce que _.’11.igre, O. rfrE SERRES, Théâtre d’Agric.., VI, 26. — Ce sont los Agriotes ou Cerizes aigres, dont est question. en cet endroit, plus propres’à con& que les Guines ou Cerizes douces, et plus recherchees polir leur goust aigret, salutaire aux febricitans. Id., ib., VIII, 2. Agripper. Accrocher_ — Ils y rencontrent La_rit de hannicrochempnts, tant diespines… qu’à chasque pas ils y de-meurent a.grippez comme un pendart à la corde. PH. DE YlAnrax, Differ. de la Relig., 7. Agrippeur. Celui qui attrape, qui saisit. — Lors Cerberus, le portier laid et noir, En abbayant nous ouvrit son manoir… Si ne fa_ut pas demander si reuz peu.r, Quand j"apperceuz un si fier agrippeur. Liutiii..TRE DE BELIG F.S5 2e Epistre de l’Amant ve.rd (III, 19). Agu, v.. Aigu.. Agua, v. A garer. Agueine, Agnelliette, Aguement, v. Ai-Aiguement. Aguerecy (peut-être pour agare cy, regarde ici). — Lors, pour adresser /es chiens A crier après je viens, En leur enseigna.nt la trace:Guerecyl aguerecyl Haul il a pa.ssé icyl Et autres termes de chasse. 0-AUCEIET, Plaisirs des Charnps, l’Esté, Chasse du Lièvre. Aguerriraient, Qualité de celui qui est aguerri, — Cette entreprise est d’autant plus facile que. l’aguerrimcnt des Espagnols et la vailla.nce des François seroient joinctes ensemble. GA_sP. DE TAv., liefé.rn.., p. 31 (G., Compl.). — Tout ne gist nombre, ains au bon ordre et aguerrirnent. Id., ib., p. 42 (G., Compl.). Aguerrissement Action de s’aguerrir, qualité de celui qui est aguerri. — Imbercourt renommé par sa prouesse et par long aguerrissement, D. SÀUYAGE5 H. de P. Jovio, I, 335 (G.1 Comp14, — L’a_guerrissement universel, auquel s’entretiennent toutes les nations de l’Europe. SULLY, (G., Compl,). Aguerroié. Ague.rri. — De leur cousté ny avoit que popfflaire et gens non gueres experimentez a la guere, et les ennemys estoient Ies plus aguerroiez de toute Grece, et qui faisoient mestier de la. guerre plus qu.e dauitre chose. SEYSSEL„ tra.d. de TRUCYDIEFE, VI, 13 (205 vo). Aguesteur, v.. Agueueme. Aguet. Action de guetter, de veiller, d’observer. — En (quel.. Aux aguets. — Tous les autres vellpes yeux d’Argus] Gardaient’Io, ? t. en faisant bon guet Demouroient tous arrestez en ag-ust ; En quelque lieu où Tut Y° la belle, Incessamment regardoit devers elle; Devant ses yeulx Yu tousjours il voit, Quoy que sa. face ailleurs tournée avoit. MA Ft. T 5 Liv. I de la Metam.orp.h. — Il avoit sa logette tout vis-à-vis de monsieur, lequel quidam. monsieur avoit un singe qui faisoit mille n’aulx au povre Blondeau, car il l’espioit d’une fenestre haulte qua.nd il tailloit SOil cuir, et. rega, rdoit comme il faisoit… A l’heure qu’il veid ce singe en a.guet, commença à se mettre ce trenchet contre la gorge. DES P.ÉRIERSI Now. Réer., 19.

Ruse, piège, embuscade, pour surprendre qqn, pour lui nuiro., le tuer. — Les autres actedrs disent… qu.e Tantalus Roy de ! a haute Phrygie… ravit pa.r aguet et par force ledit tresbei adoles-cent Ganymedes, LE rierAlRE DE BELGES5 1, 17. — tua de nuict par aguet et trahison ledit Roy son hoste. Id., ib., 11, 11 — 11 fut soudainement surpris de l’heure de sa destinee par un aguet que ron n’eust jamais pensé. AmToT, trad. de Diop oREI 25. Le jour m’est odieux, la nuit m’est opportune, Je crains de jour Faguet d’un voisin ennemy. RONSARD, Aneour,. de.1-1 (1, VO). — [Romulus] a luy mesure esté souspeçonné d’avoir parapet fait mourir Tatius. A m YOT, Numa, 5. — Leonidas… essaya de les faire s.ecrettement occire par aguet. 1n, , Pélopidas, 6. —Il disoit cela, non pource qu’ii eust intention de 1, faire ainsi qu’il ains estoit aguet qu’il dressoit à 119.1etellus. ln.> Marius, 29+ — y eut quelques traistres qui ciescouvrirent Faguet à. Celsus, lequ.el… environna ! e lieu auquel estoit l’ernbusche. Id., Othon, 7. — Et les aguets des inhumains corsaires Font aux passants embmches ordinaires. Baïf, Poemes, L. IV (II, 2.08), — Vous ne redoutez plus les aguets d’un Corsaire. MONTCHRESTIEN, la. Reine trEseosee, IV {p, 105). — Et sauf de tant d’aguets vueille moly preserver. DESPORTESe Ps. de David, 7. — Cet aguet fut descouvert, et dict on. par luy-mesme› qu’il veist les espées du haut en bas avant s’y jetter. Cup. estr., Cosme de Medieie (II, 15), — Nous avons à rios deux costés les envies, les haines, les perfidies, les ingratitudes de nos plus proches, les aguets de nos ennemis, les pogna.rds à la gorge, les poisons de nos domestiques. AuBIGNÉ, Debooir mutuel de$ roys el des sub ferle, ch.’7 {II, 67). — De leurs pieges, aguets, ruzes et trahisons. ln., Tra-giques, "IV (11V, 174).

D’aguet. Avec précaution. — D’aguet elle s’approche, et se gardant le mieux Qu’el !’peut de l’éveiller, prend dessus sa poitrine Son arc encor tendu : de sa trousse opine Ayant pris tOUS SPS traits, s’enfuit le cœur joyeux. BAïF, Amour de. Francine, LL (1, 119). — Je sçay… qu’un arrivera. par fois… à rejetter rame sur ce mes-me. instant à autres pense-mens : mais la faut tendre et roidir d’aguet. Montaigne ! {ii, 138). — Je ne voy point de mariages qui faillent pIustost., et se troublent, que ceux qui s’acheminent par la beauté, et desir amoureux. Il y faut des fondemens plus solides et plus constans, et y marcher diaguet cette bouillante. allegresse n’y vaut rien. Id., Ill, 5 (III, S26).. — Peu de mariages succedent bien, qui sont etpmmencez et acheminez par les heautez et desirs amoureux, il y faut des fondemens plus solides et constans, et y faut aller d’a.quet. CHARRON, Sagesse, I, — Encore faudroit-il y proceder Eau changement des lois" comme d’agu.et, doucement et —lentement, peu à peu, et quasi insensiblement. Id., ib.., III, G. — Je descends doucement, pied chaussé, l’autre n.u, me tapis d’aguêt derriere une muraille, REGNIER, Sat. 14.

Par ruse, par surprise. — Mais son taux dard [de la Mort], non douté, non preveu, L’ha, prins d’aguet„ soudain, à despourveu. LEMAIRE. DE BELGES, ta Couronne Margarilique (IV, 36). — Si un serf forfait Lequel pour des raisins vend diaguel une estrille, Vous offencez hien plus,


quand vostre gueule es trille Ren.tes et pa.trimoine. FR. HABERT, trad. d’HoftAcE, Satires, 11, 7 (Paraphrase). — Un soir Amour voulant d’aguet rne faire sien De celle à qui je suis delaça la coiffure, Et fit pendre alentour sa belle chevelure. BAIF, Amour de Francine, L. I (I, 123). — Accourant _là j’avise. I : Tn Faune fier, qui (Faguet avoit prise La damoiselle, ainsi que dedans l’ea.0 Elle nageoit au plus clair du ruiss.eau. Id., Poemes, Li V.(II, 271). — On n’avoit. point de peur qu’un Procureur fiscal Forrna.st sur une eguille un long proces verbal, Et se jettant d’aguet dessus vostre pers.onne, Qu’un Barisel vous mist dedans la Tour de Monne. REGNJER, Sa !, 6.

En aguet. En embuscade. — Les adherents de Pompeius subornerent un Brutien, qu’il z disoyent avoir esté s.-urpris en aguet, comme il espioit peius pour le tuer. Amyot, 42. Par surprise. — Ha que je crains qung grief serpe.nt soubz lb.v…rbe Mussé ne soit, pour nous mordre. en agueL LEMAIRE DE BEI…CES,. Teneple d’Ilonneur et de Vertus (IV, 208). — fut tué en aguet par un nommé Ifermofroy. 115.1 Inustr., III, 3.

Agueter. Guetter, épier, surveiller. — Un autre Argus, en deux yeux redoutable, En corps hu_main non feint, non inventé, Espie, aguete, et garde la beauté Par qui je suis douteux et misera_ble. RoNSARD5 Amours de Cassandre (I, 62). — Je ftty comme la.mort ceste vieille importune Qui deçà qui delà me suit de toutes parts, Qui ru’espie et 13ELLEAu, Petites inventions 141142). — 1. : 1 leur mastin estoit Couché pres de leurs pieds, qui lus loups aguettoit. RONSARD, &log. 4, — Ce Jupiter, que tout l’univers craint, Aguetté de Junon, cent rois s’est veu contraint De couvrir sa grandeur sous mille estranges feintes. DES-PORTtSe Stances. du Mariage, 22. — Ce mal-heureux, qui ne pensoit estre aguetté, luy discourt tout au long et par le menu quand, comment, et e.n quel lieu il en tendoit y proceder. E. Pasquiere Rerherches, VI, 27. — Vous m’aguettés pour voir si je sera_y aussi ignorant que ceu-x qui disent. que le Soleil n’est pa.s chaud. BE B. OALDE DE V F.. Yi V I L it., ie Moyen de parvenir, Notice (1, 162).

Guetter [les occasions] pour en. profiter. — Il ne pouvoil bonnement prendre la peine d’agueter ses commoditez, comme font les jeunes gens. DES PÉRIERS", NOZeP,

Guetter [qqn] pour lui nuire., le maltraiter, le tuer. — Le. faulx parjure._ Semble au brigand qui, sur les cha.mps caché, L’innocent tue en ca verne secrette, Et de qui l’œil povres passans aguette. l’elAROT„ 1-eS. de David, 10. — Nous ta.schons à escha.pper des mains de ceux qui nous aguettent. AMY OTt L. V, 58 — Dorieus fut quelque temps du commencement salis s’appereevoir qu’il estoit aguette, et eingloit sans dellance en pleine mer. Id.., trad. de Dmo nt, XIII, 16. — Galbas craignant que ce ne fust une occasion cherchee pour Paguetter et le faire mourir. Alcibiade, 8, — Ainsi l’esclair qui vivernent reluit En ses beaux yeux rniaguette me poursuit, Belleau, ier Bergerie, 1re Journ. (I, 267. — fier serpent est ta_py dams ces fleurs, Fuyons, bergers, j.P vi-iy qu’il nous aguette, 1D+, ib. (I, 300). — [Den : !.- tuyt dedans le chasteau de la ville des envoyant querir les gens de guerre de qui se fiait le plus, comme. personne qui se deflie, et se sent aguetté de ses ennemis. Loys LE ROY, trad. dés.Poliiique.s. d’ARisToTE, V, 5, Commentaire. — Ja faux rapport m’aguettoit pour m’estraindre. En ses liens+ Belleau, la Bergerie, 2e Journ., Chant de triomphe (II, 37). — Et di.. serpents une enjance De ses venins aguet tent nostre vie. Baïf, PŒneeeS, IV (II, 208). — Comme l’araigne a_guete en sa toile une M.QUChe. VAUQUELIN De 1., 11. FRESNAYE] Satyres françoises, L. V, à M. Bertaut. — NOUS sommes plus de vingt contre un. homme. endormy. est croyable il dort. — Peut-estre il nous agnelle. Ir nous veut amorcer, bien que soyons beaucoup. Tant plus aura d*honneur. LAspniusE, Nouvelle tragi-cweniqu.e (_Anc. Th. franç., V11, 482). — Le meschant les Pistes aguette. DESPORTES, P$. de David, 36. — Tu aguetes le monde deçà delà. et en tires de bort butin que tu amasses en ta. caverne. Trad. de : FoLENcio, Meriire Coccaie, L, XIV (II, 51.

Aguetteur. Celui qui guette, qui tend lut piège. — Ilz furent surprins, et furent les aguetteurs punis et occis. Seyssel, trad. d’Appien, Guerres Civiles, 1.14.

(Adj.) — Alors qu’en l’aer on void d’une aesle. ferme et stable Planer le glout Milan, d’un vol pourta.nt instable, Vola.nt deçà delà, or’montant, or’fondant, Ores vers l’Orient, ores vers l’Occi• dent, Et qui du seul branler de son baiay se porte son feuil a.guesteur ciair-voyant le transporte. (-1-A u CH ET, Plaisir ries Champs, l’Automne, Vol pour Milan.

Aguigner., Regarder du coin de l’œil, regarder de [l’avers, épier. — Et mignotant de leurs yeux Les attraits delicieu.x. Aguignoient la nef pas !… ; ante D’une œilla.de Languissante. RONSAR.D., Odes, V. 3. — Quand Amour sus toy branché Nous aguig, noit panehé. Baïf] AMOICS de Me. line, II 0, 6.4). — Si je Verden mouvoir, rire, 1.1u pa.rler… Si raguignant elle me contecEillade, Tout ce qu’el’dit, el. bref un rien qu’el’fait, Plus line des.Dieux me sem.ble œuvre parfait. TAIII_IR.E.A 5 SOnnetZ5 Odes et Mignardises (II 5 Ou queleun nous a.guigne, Ou. la sœur te fait Ou tu ois quelque bruit. Baïf, Amour de Irsrancine, L. li ! (I, 222). — ardant de courroux Se destournant de travers l’aguignoit. DU 13ELLAYI trad. du VI de. FEneide {I, 416). — Mais pourquoy de tes yeux pervers M’aguignant ainsi de travers, Ne souffres-tu que je te touche’? Baïf, Passemeets, h. II (IV, 300). — Là Pirithois agnigne sur sa teste Une pierre pendante torlibeT ja ja preSte. I D.„ Poemes, L. (II, 1-26). • Tous ces Edicts fardez et ces armes posées Ne sont, pardonnez moi., qu’aultarn de repo :. sées Pour mieu.x batre après, comme de deu.x • mastins S’aguignans de travers, les ventres contre terre. Puis à coup, lieris.sez, recommencer leur guerre. Am-. Poés. franç., 1X, 12. — Si d’un cei, idair-voyant enfin aperçoit Quelque vol de per4.1rix en un commode endroit Pour tendre ses ailiers, droict il s’achemine, Et, sa.ns faire semblant, de trai..Ters les aguine., GAITIIET] Plaisir des Champs, 1>ilyver, la Tonnelle. — Car jaloux et dépit j’aguignoy de travers L’insensé florissant, et la paix des pervers, Qu’aucun malheur n’oppresse. DESPORTES] Ps. de David, 72, — Un coquin, un gueux… estant caché’derriere une mu. raille, et aguignant comme 1.1D chat, mirant de ! oing… et faisant un brun tuf, tof e.n l’air, percera luy seul ie cœur.’rra& de FOLENii0, Merlin Coccrtie, XIX (II, fee7).

Guigner [avec convoitise]. — Je crains uea.ntmoins la. dent fa.melique et la. langue alterée de 4…es avares rechignez. Leur chappea.0 gras, leur visa.ge blesrne, leur mine tris trl et leur œil enfoncé, qui semble tousjours aguiguer Pheritage de leurs voisins, font juger que chez eux on ne pourroit


faire mourir Ja soif, sans prejudice du ventre et da la santé.. LE HOUX, Chan80)1S du. Vau. de Vire. A Bacchus. Viser.. — Qua.nd j’apereeu que de son arc abile Il m’a.guignoiL, je m’en alay leger Blotir derrieve Îna Sibille. J. Dou BLET, Elegie 2. Aguignettes (d’). Du coin de l’ce_il. — il s’approcha. du feu, là où il monstroit ses cuisses à descouvert, charnues et refaietes, que la dame et la chambrière regardoyent d’aguignettes, Des PÉn 1 E NOW/. RéCe., 64.

Aguillanneur. Fête du nouvel an. — On Le baille tous les ans verjus, vinaigre, torche, chandelle, trefoul de Noel, chappons d’aguillenneuf, œufs de pasques, et plusieurs autres choses. Nicod.As DE TRCI.YES] Grand Parangon, Nowv„ 50. uè te qui se faisait cette époque> ’eue lanntuf. — Pour aller à l’agu.illa.nneuf. RABELA IS] 1I, — Mistoudin se veng, e de ceux de —Vind’elles, qui la.voyent battu, alla.nts à Ha_guilleneuf. Du l’AIL, Propos Rustiques, ch. 10 (titre). — Il ne falloit pour ce se contenter, et quitter la partie, ains le premier jour de Ian {comme est [ancienne cousturne) alier à Haguilleneuf. Id., ib., ch. 10.

Ce qu’on donne à cette guète, étrennes. — autre commodité qu’ont les ladres, c’est qu’ils vont lousjours à cheval, dont j’en ay veu pro tester d’injure atroce quand on disoit, Je ne vay point demander les Estreirles et l’Aguillanneuf à cheval. guru. BoucHET, 36e Seree (V 129).

Pour son aguileneuf. Pour fêter le nouvel an. —Sans eux le seul Sa.uveur deslivrera Rohan PQ11F son aguilenneuf. A ne. Pués. franç., VI, 331.

Aguille, Aguillette, v. Aiguille, AiguilleUe.

Aguillon. Aiguilion {au propre et au figuré). — Le peuple laissa le courroux qu’il avoit contre luy, ne plus ne moins que la. mousche guespe laisse Paguilion en donnant le coup. AmsToT, Périclès, 36. — ne voulois sous raguilion d’aymer Couverternent ta vie consommer. Ylm.zinT, Leander Hero, Cecy n’est que bon signe, te sont. aguillons de vin. RADELAis, II, 2. — L’aguilJOU. de \ill. Id.] 7. — Gens liberes… ont par nature un instinct et aguillon, qui Lousjour.s les pontse à faietz vertueux. Id., 1, 57. — Comme aussi est-ce un bien vif et bien poigna.nt aguillon aux hommes de gentil cueur et de.. lin hire genereuse, pour les inciter à entrepr{.1111 1011tF.is hautes et grandes choses. Amie oT, Hommes iilusires. Aux Lecteurs. — Ilz [tes Spartiates] veulent que leurs edams clef, leur prerniere jeunesse commencent à sentir les a, ruillons dv gloire. In., Lwandre, 2.

Aguillonner. Aiguillonner. — La graildv inchgna.tion di : tous lesdits Princes se redoubla oultre mesure loftense contumelieuse les aguillonna par aspresse redoublee. LEMAIRE Dr. nEUCES, /Huer., II, — Desir d’amour qui Paguillonne et poinci Le feit parler à sa dame en ce point. Marot., Learider et Hero. — Voyans donc. une telle froidure en nous, cognoissons que nous avons besoin de nous aguilloinner conune des asiles. CA L-V I.71. ; „ Serin. sur le liv. (le Job, 6a (XXX1V, 63).

Aguiser, v, Aiguiser.

Aguisoire. Qui sert à aigruiser. — [Un couteau] se fit cinq ou six breches, et qui pis est, se cuidant refaire et resta_blir, se frota à une pierre aguisoire, où il se consomma de moitié. Du FAIL, Contes crEutrapel, 2.

Subst. — (Fig.) Quand les. grands. alloient visiter ! es Dames, les rnedisans prenoient occasion d’esguisoires à leurs _fers, dont ils tasthent à frapper la reputationi BE-Roxi.inE DE VERFILLE. Voyage des Prinees lortunez, p.. 33.

Aguisseur. — Ce que les aguisseurs entendent tantost au son de la monnoye qui court. BUDÉ. [TZStit Élu Prince (édit. Foucher), ch. 32.

Aguyder (J’aider_ — Louer me fault benoist Sainct Esprit, Qui m’a tousjours guidé et guyde. Conduict il m’a en ce petit escript, Et ele jour en jour il miaguTde. Are. Poés. franç., XI, 139.

Aguyon. — jour subsequent relit voile laide a_u serain et delicieux Aguyon. AtiELA ÉS, IV, 29. — Aguyon entre les Bretons et Normans mariniers est vent doulx, serain, et plaisant, comme en terre est Zephyre. Id., IV, Briefve Declaration (III, 202). Ahan. Effort pénible, fatigue, souffrance. — Est ce l’honneur, le fruict, le benefice Que tu me rens de mon fertile office, Et pour l’ennuy, la froissure et l’aban Que j’ay berce et de soc, d’an à. an ? Marot, Liv. do la Metamorph. vouloit, pendant le service divin, que lon n’entendist parmy les rues ny bruire, ne congner, ne frapper, ny so-uspirer d’a, han, comme Ion oyt ordinairement. es lieux ou ion exerce rnestiers necessaires et mechanique.5. AmYorr, N Urne, 14, — Puis du dos et des bras efforcés par ahan, Fait sa.uter le forment bien haut de sur le —van. RONSARD Besponse et quelque Ministre (V, 486, var.. 1563). — Eux dern.eurent tandis, sans labeur, sans a.han, Gras et refaits, ainsi que taureaux de Basan. DES MASU RES„ DaPid triAinphanl, 2007. — Songez l’ahan des deux guerres passées. J EAN DE LA TAiLLE., Hymne à Madame sœur du Roy. — Trois fois recreu d’a-han je m’estens sur la place, RONSARD ! Boeage _Royal (III, 212), — L’Un icy, l’autre la arriere se retire, Et apres long a.han pantoisement respire. P. IFE BRA.0 Hieriesatem, ch. xii. — Je me contenteray de le clorre [ce chapitre] par ce mot d’A/Lem, qui est une voix qui sort sans art du profond des hucherons, ou autres manœuvres, quand avec toute force de bras et &corps ils employent leurs congnées à couper quelques pieces de bois, nionstrans par cette voix qu’ils poussent de tout leur reste ; mot qu.e nous a.vons mis en usage, pour deno ter une grande peine et travail de corps mAhanner pour travailler, E. PAsguiE.a., Recherches, VIII, 6. —L’ahan et les sueurs de mon ame travaillee me saisissent dés le crepuseule du soir, sans [ne quitter à celui du matin. iskuniaNÉ, Médit. sur le Ps. 88 (II, 193). — Le Ciel gemit d’a.han, tous ses nerfs se retirent. Id.., Tragiques, VII (IV., 300).. — Quoy que l’un tust hideux, enluminé pour es tre Seiché de feu, de soif, de pein.es et d’ahan, Et l’autre rajeuni dans le sein d’Abraham. Id., (IV, 806). Particulièrement fréquente est l’expression euer trahan., ou tressuer d’ahan. — Je sue icy de Ilium, pour entendre’la procedure de vostre different. Rabelais, nem. Et sçaches qu’entre tant de choses Sottement en tes dictz encloses, Ce vilain rà ot de concluer M’a faict dlahan le front. suer. MA ROT, Episires, 51. — Le Seigneur Dieu, qui faict horriblement Terre trembler, d’un regard. seulement, Voyre qui blet (tant peu les sça.che attaindre) Les plus haultz montz d’alian suer et craindre. In., Ps. de David, 39. — Je sue par la mort beur dialan. Rabelais ! III, 26. — Le cas fut rapporté à vostre conseil… Vous en silastez d’ahan. Id., IV, Prot. — Pendant que m.oy Messire Jean Je sue a.upres Ie feu d’ahan, De taster les molles viandes, Pour vous les. rendre plus friandes. JODELLE1 Eugene, I, 1, — Qui busche long terns d’eau. sue. 13 AniF Minleg„ L. {V, 115). — A veoir les efforts que Seneque donne pour se preparer contre la mort, à le voir suer d’allan pour se roiclir et pour s’asseurer„. j’eusse esbranlé reputation, s’il ne l’eust en mourant, tres vaillamment maintenue_ MONTAIG ?..i Fi.p 12. (IV, 173). — On te voit suer d’ahan, pahlir ; rougir, trembler, vomir jusques au sang. In, , III, 13 246). — Zambelle, pour ia pesanteur de son panier, sue d’ahan. Trad. de FoLENG0, Merlin Coecati !, L, VIII (I, 205). Cingar ne sera jamais prins au piege… Il nous trompera, et nous fera suer d’alan. lb, , L. IX 0, 256). —Je tressue dt.%. grand hallali. Rabelais, IV„ — Si quelqu’un par la rue Passe plus grand que nous, nous tressuons d’ahan. RoNsARD, Odes> 11, 29. — En cela toutesfois tous s’accordent ensemble, Qu’il faut faire la guerre au grand Dieu, sous qui tremble L’un et l’a.utre Pivot, et dont la voix diahart Fait tressuer et le cedreux Liban. Du BARTAS,. Jtidith L. Ahanner. Faire de grands efforts, peiner, se fatiguer, souffrir. — C’est un second Robertet. qui ahenne Tousjours dedens [le clos de Filtetorique], et jamais ne si terme : Mais si tres bien y touche et y assenne, Que e.est, l’honneur de Mail riche verger. LEMAIRE DE BELtiES, Plainte du Desiré (III, 1M). — Ne vois tu point comment ahane Athlasi ? A peine peult soustenir su.r l’eschine Du ciel trèshault Penflambée machine. MA-f{011 Lhe’. de la Metamorph, — Apres avoir ahanné long temps, resvant et, devinant ce que. devois dire, estois contraint boire deux ou trois voltes… pour me rendre la cervelle plus frisque et deliberee. Du FAIL, Propos Rustiques, — Vostre famille n’ala.nnera pas tousjours : car il faut quelque repos pour —vos serviteurs et charnbrieres., et. pour vostre bestial. CALyiN, SUr le Deuter., 35 (XXVI, 301). — Ne craignons point donc que tou.sjours il ne nous donne 1.a victoire, combien qu’il nous faille ahanner, et avoir beaucoup de troubles. Id.„ ib., 87 (XXVII, 123). — Cependant que j’ahanne A mon blé, que je vanne A la chaleur du. jour. Du BELLAY, Jeux rustiques, d’un Vannet.f, I. ide Blé. — Un Pescheur est assis au bord du Gobelet… Son ret est dessous l’eau, et diriez à le voir Qu’en tirant il ahanne, et ne le peut ravoir., RoN SA FÉD, Ec et Mascar., Ecl. 5 (III, 44.0).. — Sou-s le ventre Silen le creux du vase porte Monté dessus son asne, et se roidist de sorte Qu’on voit son col nerveux s’en flersou.s le fardeau, Comme s’il ahanoit à. porter le vaisseau. Baïf, Eglogue 4 (III, 25). — 3.1ais à fin que vous ne ahaniez point tan.t à entendre le discours de ce qui est icy contenu, je vous vais faire quelque ouverture de l’Argurnen.t, qui est teI. JEmiiT DE LA TAILLE, teS Corrivat.69, Prologue_ — Je sçay combien ahanne la mienne [mon âmel en compagnie d’un corps si tendre, si sensible, qui se laisse si fort aller sur elle. MoNTAIGNE, I, 25 (I, 186). — Voyla les Stoïciens peres de l’humaine prudence, qui trouvent que l’arne (-l’un homme accablé sous une ruine, traine et ahanne long temps à sortir, ne se pouvant desmesler de la charge. 1D., II, 12 (II, 296). — J’ay veu mon pauvre peuple, et l’a_y veu pour l’aider. Moyse, je ine veux ni ne puis phis La.i.der : Il a trop ahanné sous telle tyrannie. Du BAri.TASe 2° Semaine, 2° Jeur, la Loy. — Vostre face est deffaite et blesme, tant, alterniez à ce diable d’argent. CFIOLlÈRES„, 3e Matinée, 1 ; 8. — me represente bien leur couleur [des songes], comme elle estoit, ou gaye, ou triste, ou. estrange, mais quels ils estoient au reste, plus j’a.hane à le trouver plus je l’enfonce en l’oubliance, Montaigne’5 (in, 36a).—.1’ai ahanné en mon pmissement, „ je trempe mon lict en Tries larmes. AUBIGPid, " Medit sur le Ps. 88.— Il nous semble aussi que nous pesons et importons fort à Dieu, au, mcFnde, à toute la Nature, qu’ils se peinent et ahanneni en nc : Fs affaires. CHARRON’Sagesse, I, 40.

S’ahanner. Faire des efforts, peiner. — Ce qui void en ceux qui, pour n’estre cousturniers de s’alianner en quelque chose, se trouvent aprés comme tous rompus et brisez. CHoLLÈRES, lee Ap. Llisnée, p. 31.

On trouve aussi avec les mêmes sens la forme alaner, slafaner. — Ma. Gela.sine ores porte le (Weil, Mais non pour moy, qui me vulg-ue et proOtarie, Qui me travaille, angoisse, atterre, affaillie, Pour recevoir les rayons de son œil. Bu GNvo Eratasynes de Ph idie et Gelasine, S01111. 45. — Ce seigneur s’est agrandy peu a peu, et non aux despens du peuple tout à coup, affa.nani. et travaillant à rneriter ce qu’il a eu. Brantôme Cap. franç., le connestable Anne de Àlefuntntorertû, rif OH, 341). — Je m’estois endormy sur le bord d’un ruisseau Afané du labeur de n-ia peine ordinaire. Id., Poée. inéd., 120 (X, 475), — Ainsy que son mary s’efforçoit eaffanoit de forcer sa forteresse. Id., des Dames, part, II (IX, 561).

Ahanneux, Qui do.nne de l’ahan, qui provient de l’ahan.— Labeur. Penible, importaiDle… ahanneux, M. DE LA PoriTE„ Epahetes. — Sueur. Lente, salee.„ ahanneuse, fluide. In., ib.

Ahannir aprés. Peiner pour, courir après.. — Vous nous reprochez que nou.s autres medecins sommes sujets au gain et ahannissons aprés les escus, et vous autres, Messieurs les h-etes ? CETOLIÈRESe 2e Matinée, p, 74, — Ceste penitence jeusne au pain et à rea.0 par l’espace de dix jours est bien suffisante-, pour refroidir Ies bouillons de ceux qui seroient les plus eschauffez, et qui ahenniroient le plus aprés les femmes. Id., 96 Matinée, p. 311.

Aharde, v. Afterclre.

Ahardir. Enhardir. — En la fin vous m’a.hardirez tant que vou.s orrez chouse qui vous fera mal au cueur. 1-1. ESTIENP.IE, Dial. du. Lang. franç. ital., I, 272.

S’ahardir de. Prendre la. hardiesse de. — Nous a.vons… reinjurier ou rerneeddire, qu.e Suetone s’est aha_rdi de dire rerrealedicere. 11, ESTIENNE, Conformité, I, 3.

Ahenner, Ahennir, v. Ahanner, Ahannir.

Aherdre. S’attacher. — Il se print courageusement à envahir et à aherdre à Ja. salade de Paris, si empoigna les crestes et plumas estans sur icelle. LEmA_iRE DE BELGES,. Muer., 11, 17. — Dont il [le mast) se tient aussi fort qu’un polype Fait contre un roc, qui se grimpe et se gripe, De ses cheveux si aherd au rocher Que le pescheur ne l’en peut a.rra.cher. RoNsARD, Poetnes, L. Hylas (V, 125). — En l’einne indomtee duquel Plu.s constante aherde la pointe, Qu’es vci-diz. costaux l’a.rbre notavel. Luc DE. LA PoRTE, tra.d. d’Ho-RA_r. Epodes. 12.

(Trans.) S’attacher à. —Et n'y va jamais nul tant soit il grand exercer maint cil( mainte luitte ahen corde des deux Lai, Dans Ies deux rait bien employé pourrait aussi être fiant à Ler à. — Et n’y va jamais nul, d fort, Qu’il luy soit besoin rt, Maint combat difficile, et Je.. LEMAIRE DE BELGES,. CM-gageRe 2e part. (III, 128).

Dans les deux exemples suivants, alierdre paomme verbe transitif, mais en’un complément indirect signifiant à moi. — Le diable par le col m’aharde Si


par le feu ne trepassem Ou dens la mer je ne resserde. MARG. DE NAV. « les Marguerites, Cornedie de l’Adoration des trois. Roles (II, 112), — Des sou.ples braz m’aherdarit cauteleuse D’un no-ud plus fort, qu.e. Ie haultain Yeuse Son l’hierre n’enclot. Luc DE LA PORTEJ. trad. diflortAcE, Epodes„ 15.

S’aherdre. S’attacher. — Mais aussi tost ses ongles endurcis Se sont niesiez et allers à la laine. CORROZET » Fa.bles d’hiope, 69. — L’apuy s’abat de trop s’aherdre. Baïf, Mimes, L. Il (V, 95).

Abert. Attaché. — _Amour auparavant n’a.voit mon ame entiere, Elle tenoit aherte à la lourde inatiere, Et ne pouvoit souffrir que sa vfve clairté Vint eselairer Ia nuict de son obscurité. Am, JAMY.N. (hW. Poet., L II, 81 vo. — Mais tout cela rien ne lui sert tau poulain] : Car tu [un frelon] es a 1-ui tant ahert Que quoi qu’il saute, ou qu’il ga_loppe, Il te porte tousjours en crope. P.DE BRACH, Peemes, L. I, ditienee, p. 37.

Aheurter. Heurter, frapper. — Tu sçais aussi qu’un loup Mort tousjours de ses dents : et que un beur chasque coup Aheurte de la corne. FR. HAHERT, trad. d’HonA.cE„Çal.., II, 1 apa.ra, phrase).— 1(1-eig.). Vous dites que j"aheurte mal à propos contre les mains des 4.1d-vocats ; ies souhaitant manchots, je fais leur bien.. C.noLiÈREs, 30 Mati-née, p. 97.

Se heurter. — Ceste matiere est comme une mer, en laquelle si nous craig.nons de. perir, gardons-nous sur toutes choses de ce rocher, auquel on. ne peut aheurter saris maiencoutre. CALviN„ Instit., VIII, p. 490. — (Il est possible que dans cette phrase Iliums ayons affaire au verbe s’aheurter, le pronom se n.’etant pas exprimé parce que l’infinitif dépend d’un autre verbe,) S’aheurter.

Se heurter, — Soit„. que son flot (]…ntrant dans le large fossé Liu plus haut Ocean, s’a.b.eurte courroussé Contre les monts pierreux, dont la force solide Repoussant ses efforts luy face tourner bride. Du BARTAs, 1 re Serrera/ne, :.3e Jour. Se heurter [contre un adversairej, s’attaquer, engager la lutte. — Contre le plus puissant ce garçon s’ahurta, De bras forts et nerveux à bas le culbuta, Luy faisant imprimer le sa.blon de l’eschine. RoNsAiini,.Hymne de Mercure.(VI, 318). — Je ne luitte point en gros ces vieux champions là, el corps à corps : c’est par reprinses, menues et legeres attaintes. Je ne m’y aheurte pas : je ne fay que les taster. Montaigne : i. Il 25 (I, 178). — M. d’Anville s’ahurta… avec M. de 1Lrongueville, qu’il porta par terre. B RA tIngâ.Pri E Capfralef..5. le inareschal d’Amodie (III, 372). — Ceux de Daulphiné et de Pro-vence vindrent demander diminution. des tailles. Le roi fut conseillé d’éluder ces deinandes au lieu de s’y ahurter. AuBiGNÉ, Unio., VII, 2. Se heurter [contre un obstacle, une difficulté]. — Je prendray donc la ba.rdiesse… de vous demander quelques doutes, où je veoy beaucoup de permonnes s’aliurter et ne s’en pouvoir pas bien resoudre. Gag. Mén., 2e Advis de l’Imprimeur. — Tout conté, je n’en espere pas plus qu’au commencement, in’ahurtant à deux obstacles 7 l’un la faulte d’argent qui va estre par tout, l’autre que si S. A. ne voit le Roy à la guerre, il se jettera saris doute à sa particulière paix. AuleiGN g, Let-tres et Mem. d’Estai, 52.

S’obstiner. — Il passa oultre le devoir, et slaheurta trop opinia_strernen-t… à vouloir erapescher l’accroissement de Scipion. Amyot’Fabius Maziinusi 25. — C’est un grand reproche à Pericles d’avoir esté autheur de la guerre ; car on tient que iuy seul en fut cause, en s’aheurtant à ne vouloir point que l’on cedast, pour peu que ce fust, aux Lacedaernoniens. Id., Compar. de Périclès av. Fabius Maximus, 3. Ceulx du conseil de Macedoine… estoyent d’advis que Alexandre abandonnast totalement les affaires de la Grece, et qu’il ne siaheurtast point a-utrement à les vouloir avoir par force.. 1D., Alexandre, 11_ 11 s’aheurta à combatre de pied ferme par trop temerairement. Id., Antoine, 42. En ces dernieres necessitez, où il n’y a plus que tenir, il seroit à l’aventure plus sagement fait de baisser la teste et prester un peu a.0 coup, que, s’alTurtan Loutre la possibilité à ne rien relascher, donner occasion à la violance de fouler tout aux pieds. MoNTAIGNE 1_, 22 a„143). S’attacher fortement, avec effort. Là ces Troyens aux cailloux s’accrochans De pieds de mains s’aheurtent et se bandent, Et en g.rimpant contre le roc se pendent. RONSABD, Franciade, L. II Ceuix qui se aheurtent obstineement leurs opinions, et ne se veulent jamais accommoder à autruy, demeurent à la fin tous seuls. Amyot, Coriolan, 15. Nui chois hors de son gout ne regle son envie [de l’humanité], Mais s’aheurte où sans plus quelque apas la convie. REG-NIER, Sa1. 9, Aheurté. Obstiné, fermement attaché. Aratu.s luy rescrivit qu’il luy dissuadoit totalement ci.. voya.ge… toutefois y estant Aristomachus aheurù. de tout poinct, Aratus luy obeït. Amyot, Aratus, 35. Voyez je vous prie combien chacun est aujourd’hui aheurté à sa propre ruine. E. PasquierI, Lettres., IV, 18. [Les courtisans] ne trouvent pas moins estra.nge le sain et entier langage„. que les autres trouvent estrange celuy qui est Ni7icieux. Voyla pourquoy je suis marri que —VOUS soyez si aheurté à ce la.ngage courtisanesque. ESTIENNE, Dial. du Lang. frane. ital., II, 21Y0. Les plus aheurtez à cette si juste et claire persuasion de l’immortalité de nos esprits, c’est merveille comme ils se sont trouvez courts et imp aissans à l’establir par leurs hum.aines forces. MoriTAIGNEs II, 12 (II, 309). Il n’en rabat pour tout cela. rien de la mesure à quoy il s’est taillé._ et tousjours persiste, d’auta.nt phis ahurté en son advis, qu’il touche à luy seul de le maintenir. Id.., 11117 26). Il y en a de si aheurtez leurs opinions, qu’on ne leur sçauroit dissuader que la conversion des métaux ne soit possible. LA IN U E Disc. pol. et mil., XXIII, p. 572. Obstiné [à la. lutte], excité avec entêtement. Vostre pere mort et la paix faicte, connoissant neantmoins ces puissantes familles animées et aheurtées l’une contre l’autre sans espoir de reconciliation, [le roi d’Espagne] pratiqua M. le Cardinal vostre oncle… pour entretenir les troubles et divisions en ce Royaume. Sat. Mén., Ifar. de M. d’Aubray, 190-191. Ahontaigé. Honteux. J’en ay ma part ; domine qui domine ; Par ceste crobc je suis advantaigée —, Prendre ne embler ne suis ahontaigée ; Qui en aura, si n’est Dame Rapine ? Anc.. Poés. franç., X11, 199. Ahonter. Insulter, outrager. 0 paillard, ô meschant, encor luy fais-tu force, Voyés qu’en cent façons m’ahonter il s’efforce. RIvInDE.A.u, Amen> V, p. 130. Seul tu as peu du Tyran me vanger… Qui m’ahontant de toute indignité, De son harnois estonnoit ma cité_ RoNsh.R15, Franciade, L. III (III, 93), Ahonté, Déshonoré. Parce que [raire barbe] c’est chose de volunté, Et qu’on peult bien (sans en estre ahonté) Ne on corps pire, attendre un jour ouvrable. Bo u c EiTe Epistres morales du Tra-verseur, II, x, 25. Éhonté, Femme ahontee, laquelle n’a propos, fors de meschanceté puterie. P. DE CHANGY Instit. de la Femme chresiienne, II’6. Ahontir. Couvrir de honte.. Quant aux femmes Chrestiennes „. ont souffert tout ce qui est execrable à dire et que la cruauté des enflemis de Jesus Christ ha sceu penser et con trouver, non tant pour saouler leur luxure que pour ahontir et vergongner la Chrestienté. LEMAIRE D.g. BELGES Sthismes et Conciles, 2e part. 281). — Aprcs que vous auroys pa_r publicque vergongne diffamez et ahontis, je feroys cruelle et soubdaine vengeance de vos criminelz vices, Trad. de lIoccAcE, Flammetie, ch. vi, 83 vi ;’(1537). Couvrir de honte, humilier [par sa supériorité]. — Car seulement l’apparent du surplus, Premiere neige en son blanc souveraine, Au pur des mains delicatement saine, Ahontiroyt le nud de BersabéeMAURICE SCÈVE, Delie, 166. Et sa divine épouse autant les autres passe Que la perle ahontit les pierres qu’on ench.asse. BUTTETe Arnaithee, 189. Ahurter, Aheurier. Aidant, v. Aider. Aide. (Prononciation.) La diérèse de ai est souvent indiquée par la rime et par la mesure du vers. Ce donqu.es veu, pourquoy me setnons ores A ton subside, et mon aïde implores Pour circonscrire un dueil si tenebreux ? LEmAte.e. BELGE$1 Plainte du Desiré (111, 170). Si tient la main., et fournit bonne aïde Au demourant„ quel il est la. guide. Id., ib. (III, 180). _Mais quel conseil nous donnas tu, saint Pol… ? Nous deman dons ton ayde et adresse, MARG. DE NAV.5 les Marguerites, Oraison de Arne /Ude (I, 122). Et je m’en. vois à part, Rieurant, criant, Et Dieu et Saints requerant et pria.nt Pour mon aïde, Car je n’y voy sans mira.cle remide. EAD, „ ib., la. Coche (IV, 236). De ceste main clouée en croix Païde Il demandoit, sachant que c’est la guide Qui peult mener le povre viateur Entre les braz du puyssant Createur. EAD, , Dern. Poés., tes Prisons de la Reine de Nav., p. 283. Et qu’on se garde a l’ayde divine D’orde luxure, orgueil, et de rapine.. BOUCHET, Ep istres morales du.’rra perse LÉ r, , , 1, la. — De leur paier les tributz et subsides Qu’ont droit de prendre, et aussi les a.ydes. ID ib., 11, 7. — A toy, Seigneur, je leveray Mon ame pour aide avoir. CALVIN, Pealmes (V1, 21, 2). Que voulonsnous autre ayde, Puis qu’avons pour nostre guide Ce soleil resplendissant’? E. Pasquier, le MonoL. I I (II, 762). Diane chasseresse au Veneur donne aïde, Et Venus fla.teresse à l’Amoureux preside. Baïf, Diverses Amours, L. I (I, 212). — Puisque du clair Soleil tu veux d’un v 0 altier Escheler la hauteur, ne te presente vuide, Ains pren le verdoyant laurier pour ton aide. E. Pasquier, Alex Poetiques, II, ai (II, 866). Tant qu’en fin. le cheval foibIe prie en aide L’homme qui le monta en lui mettant la bride. Tra.d. d’HoRACE, Epesires, I, 10 (1584). Comme je feys ; et pouce j’y recours Cherchant aide où je trouvay secours.. PASSEE.A.T1 VEsperance (1, 64). On trouve ayd-e rimant avec preside sans diérèse. Je suis premier creé pour estre faict un ayde A creer l’Univers, bien que Dieu y preside. AuBiGNÉ, Creation, II (III, aa7). Peut-être faut-il lire : pour estre faict ayde. Aide est souvent masculin. Ilz devoient avoir recours à fade divin. LEMAIP0-.1 DE BELGES, Muer., i I I, 2, La difficulté me semble surmonter tout ayde humain_ CALviri, Leurrs, 127, Ceulx qui sont insisuictz es disciplines liberales.., ont un ayde special pour entrer : plus profondement à Gontempler les secretz della sapience divine. Id., instit., I, p. 11. Est besoing d’avoir le special ayde,.secours, et reconfort du Dieu immortel_ BUDÉ : „ ineit. du Prince, ch.. 2. L’ayde… des Dieux n’est irnpetré par veut ocieux. RARELAIS IV, 23. Le principal aide consiste à ernpescher rintestin de descendre, pendant qu’elle. (Nature] opere. AMER. PARÉ, VI, 15. De ilionneste hantise et docte conversation desquels il s’acquist un grand aide et secours à la cognoissance des antiquitez Romaines. VALiguEuN DE 142t FRESNAYE, Oro is. fun… de Jean RDeeei, —Tu disois naguéres avoir bien besoin de mon aide, mais j’ay à present beaucoup plus affaire du tien, PB. D’AMBOISE], le$ Neapaitaines, 111,.10. Aide à nur-ron. On voit plusieurs fois celui qui aide le maçon, l’aide a maçon, pris comme terme de comparaison dans des cas divers. La comparaison sert à. exprimer un travail dur et pénible, une extrème pauvreté, une condition trés basse. Je te prie de m’i..xpliquer le motif qui fait ces gratis clercs desgou.ster ainsi la jeunesse, et la destourner de l’estude, leur donnant à entendre, que le travail n’est pas plus grand a servir d’aide aux massons, comme on dit en commun langage, ou à tirer Ies pierres d’une r, arriere. Trad. de GELir, Disc, fantast, de, ruistin Tonnelier, Disc, IV, p. 109, Povre je suis trop plus qu’ayde à maçon. Cei..1.ErtyEi Epistree, 15.L’argent d’un cordon bleu n’est pas d’autre façon Que celiiy d’un fripier ou d’un aide à maçon. REurrivrt, Sweet : 3. Aider. S’aider. Se servir. Aussi auparavant esloit fort. estimé pour la pesanteur des armes quil portoit, qui estoient si pesantes que nul aultre apeine ne sen povoit er. SEYSSEL> trad. rlo DloporiE, II, 2+ Lucian.+i s’aide de mots et locutions ioniques et doriques. IL ElsruNNE :, Conformité, Préface. Ce gariez vient de Garitei de laquelle on s’aidoit aussi es portes. in., Preceltence, p. 358. Une occasion soudaine s’estant presentée de m’aider de ce cheval à un servicr.e qui n’estait pas bien de son usage. Montaigne, II,.6 (II, 57). Les réponses et repliques dont nous nous voulons aider à cloue la bouche des medisans, bien souvent servent plustost à les faire parier davantage. Amei, PA.R.És IX, 15, Quant à, la langue Latine… il s’en aydoit comme de sa maternelle. FAUCHET, AntiqUite ; VIII> 18. Il ne vouloit venir aux mains nullement., sinon de paroles bravasches, dont il s’ayda encores pis que devant. BRArcri5mE, Rodontonlades espagnalles (Vil, 93). Ils trouverent sur la table des instru+ ments de musique, et dernanderent qui s’en ay doit. BEROALDE DE VERVILLEt Voyage des Princes torlienez, p. ria5. Aidant. Secourable.. Mon livre, il semble à voir que tu Lens vers ces lieux Où sont Vertumne et trame, aïdans et bons Dieux. Trad. d’IloRAcE, Epistres, 1-, 20. Entre aidant. Porter secours. Les Hongres nianderent Ambassadeurs vers le Roy, pour le prier de leur vouloir entre aidant contre une grosse armée des Turcs qui leur venoit sur les bras. E. Pasquier1 Recherele-ce, Vi, prononciation.) Ai subit souvent la diérèse, eoinme l’indiquent la rime et la mesure du vers. Aux courageux tous jours fortune ayde, Et si leur sert de vexille et de guyde. MICILEL CO MP Ipa Cle S de l’Esetrzve Fortuné, 53 vo. En s’aydaris de contes et de fables, Et delaissaus lesIsainctz dietz mernorables. BouCHET, Epigtres neoraks du. Trewerseur, 1, 3. Par ce qu’on tient la promesse pour faicte Sans s>ayder d’excuse ou de deffaicte., Id. ib.., II, in 3, Ce Tout, qui est remply d’affection, Ne sçanroii, tant nostre corps lapider Que nostre esprit il ! ici,. vienne aider..MARG. DE NAI.P., Dern. Poés., les Prisons de la keine de Navarre, p. 285. Hors de propos s’ayda d’un coulteau Celle qui eus t. plus d’orgueil que d’honneur. EAD., ib., Dizains et Epigr., 49, est tant de vous fortifié, Que tous perdront du mat l’intelligence, Aydant. Dieu, vous et ma diligence. MELIN DE SAMT-GELATS,.tee. des. Eschees (I, 279). 0 que c’est grand erreur, que c’est grande misere De vouloir s’aïder aux guerres d’a.ujourd’hui Du bras de l’estranger et. des armes d’autruy. JEAN DE LA TA. LLE> Remonstr. pour le Boy à ses sub jets (II, 20). Ceste vertu et malheureuse et vaine… Qui cependant ne m’aide au besoing. Id., Eleg. 1 Sans qu.e. Fortune en oust. compassion, Me respondit : OÙ est ta Patience, Qui ne s’a : ide, au besoing, de Prudence ? Id., Combat de Fortune et de Pfneyreté (III, 155). De ce cordeau, dont tu me ’1.r.t.as pendre, Deslie moy : aide à me descendre. BAIF, Poemes, L.. III II,.159). MilIe preservatifs le fresne a de nature Afin d’eu aider l’humaine creature. PASSE RAT le Freine (I, 61). On voit ayde, sans diérèse, rimer avec stdr.bside, Ge Brennus inhumain, sans espoir de subside, Tenant le glaive en main, affin que par mort s’ayde, CRF. : T1Ni Apparition de Jacques de Chabannes, Faut-il lire a fin par mort s’ayde ? (y..1 fin 2)(Formes.) Il reste encore des traces de l’ancien subjonctif présent, dans des expressions traditionnelles, Quand un homme esternue, pour salutation nous disons Dieu YC aile, pour Dieu vous aide, et depuis pour le faire plus doux, Dieu. vaus y+ E. PA-SQU1EII, Recherches, VIII, 37. On trouve surtout. ce subjonctif dans des formules destinées à renforcer une affirmation oxr une négation : Air m’ait Dieu, Si m’ait Dieu, formules qui s’aitèmnt de diverses façons. Ainsi m’ait… Mais ainsi mayt la Deesse J uno Lucina {qui mha este propice à mon enfante ment) je ne veis oncques si belle ereature. LEM OIL IRE DE BELGES, 1iius ! rn, 1, 20. UflSl ma.y-d pfupiter. Id., ib., 1I, 15. Ainsi rri’aist nercul. F. BRETIN, trad.. de LUCIENi le Faux argumentera, 13. S’il est. aucune chose en quo y je vous puisse complaire par deçà, mandez-le moy ; et de bon tuer, ainsi nisayt Dieu, je raC0111Pliray. LE_ MAIRE nt BELGES, Lettres (I Il eut un lilz nomma. Tenot Dendin, grand hardeau et gualant home, ainsi nfaist Dieu. RA_BELAis, III, 41. lu y ont dia s’ainsi mait dieu Bien auroyes cause de te plaindre. HA UD tr, : re, A zOdegtie3 diESEFI5E, I, 96. Tu es bien simp’e et folle ainsi malt dieu De resider en cestuy povre lieu. Id., ib., I,’Ln Ainsi vous ait dieu, un moulin y oust peu mouldre. I. 22. si m’ait Dieu, Se m’ait Dieu, 11Faist Dieu. Si m’ait Dieu, ô iscbomache, tu me representes un entendement virile en une fernrne. LA BŒT1E, r., nagerie de XENOPHON, ch. 16. Nous’pesongnurons, se rn’aist Dieux, Si bien qu’il en sera memoire. Gnui GO El. E, &dna LOyS’„ L, I X (II, 311). Se vous n’estes bons, ce m’eist Dieux, Je m’en iray en aul tres lieux. CoIJL E RYE t Satyre pour les hateitans iluzerre. Que dois tu raire pour te faire amer de luy ? Se m’aist Dieux, dit. elle, je ne sçay, NicoLxs DE TROYES, Grand Parangon, Nouv. 15. Pourqu.oy dites-vous cela ? — Se m’ayst Dieu ! dit-elle, pour vostre fernmc., Id., ib., Nouv. 32. — Mais je suys moult. esbahy ce maist dieux Dont maintenant, ung si frais vent tu voulx. our rafreschir ta precieuse race, Coutil BUCH ER, Poesies, 87. – Par ceste methocle, je pourrais paix mettre… ce nfaist Dieu, entre le Turc et le SaPhy. RABELMS, HL id. — Pa.r la. langue On Voit plusieurs beaucoup de mau.x et divers encou1 povre ? ilistoudin se excusant, disoit que, ce maist rir, ce que. (ce miaist Dieu je vay naliroir lieu en vous. Du FAJL, Propos.Rusiiques, ch. 4. — Le dieux, il nestoit pas vra y. Id., ib., 10. — Les bes tes, ce m’aid Dieu ! si les hommes ne font trop les sourd.s„ leur crif..1.nt :. Vive Uberté 1. LA BŒT1F, Servitude volontaire, p, 17, — Puis que je n’ay pa.s si grand aise, Qu’a souhait ainsi je la baise, Ainsi que toy (non envieux Dessus ton bon-l-teur, ce m’aist-dieux, J0 di ceci) benine Tasse. BUF, Amours de Meline.„. L. I (I, 41). — Car, semaidieus, n’échaperas jamais Que ne te face oublier la.. maniere De ba.vard.er. VAUQUELIN’DE LA FRESN, Iii 1. ; 1 Foresteries, I, 6. — Le vieil françois ernpruntoit son Se m’aie Dieux (pour Si rn’aid Dieu) de sir me adjuvet Deus. H, ESTIENNE5 Confor. mité, Mois franeois pris du grec, p. 221. — lioù est le venir ? — Cemaidieux, Je ne sçay ny d’où je m’en vien Ny quel chemin c’est que je tien. BA’iF’1’Euntupie, 11, 3.— Ce maiclieux, à ce qu’ay pu voir Sa troigne, il pourroit y avoir Ce jour(Itiv de la bri_Juillerie. In., ib., IV, 1. — Ouy, je ra., 3.-r dict ce maidieu. Ili., le Brave, II, 3. — Ce m’aist-Dieux, c’est Dame Jacqueline… OU mes yeux me tFOn-upent. JF AN DE LA TAILLE„leS COrriPause IVI 3, — A dire vra.y, Ce l’ilesdieux, mon ami, si c’estait de vous comme de rnoy, j’estimerais que ce fust comme _le jeu de pet en gueulle. BEROA.LBE DE VERVILLE, Moyen. de parvenir, Bail (Il, i75). — Waist-dieux, respondoit le Sacerdot, amoncelant les levres ensemble, et. faisa.nt. le pe1 bec, vous n’aurez de long temps la pipe pleine. u FAIL1 Contes d’Entrapel, 5. Serni-diem, M idieux. — Je veux avoir tant seulement Ma Philumena. — Serni-dieux ! Il me semble que feriez mieux D’essayer gentement et bea-u. De cha.sser de vostre cerveau Tout cela, que vous a_muser D’en parler. DES PÉRIER$5, l’An(bure, 11, i. — Je ne suis point, midieux, fardée De violettes ni de tem.plettes. Ane. Poés. franç., II, 247. — Vous trouvez vous pas bien ? — Qui., nou.s ? Ainsi que nous pouvons, mi dieu.x ! Non. comme nous voudrions, bien mieux. DES PÉRIERs, i’Andric, IV, 6. — Je sçay hien que vous fault, m’y Dieulx, Plusieurs grans thresors et richesses. ilio-rai à cinq personnage, dans le Théâtre Mystique, p. 201, — De ce Se’n'aie Dieu.z, est venu Mi-dieurx. H. EsTiE.N 11% ; E „ Conformité, Mots françoà pris du. grec, p. 221. Aigade, v.. Aiguade. Algla..utin (.adj..). D’églantier. Douce et belle bou.chelette Plus fraische et plus vermeiltette Que le bouton aiglantin Au matin. Belleau, la Bergerie, ire..fou.rn. (I, 2’29)… Semblable au bouton d’églantine. — Vous estes, belle infantelette, Une pomme encor verdelette, Un beau bouton rauge-aiglantin. —VAUQUELIN DE 1….à F RESNAYE„’dalles et Pastorales, 1, 4. Quand je voy sur sa joue un bouton aiglan.tin Qui flambe riciLement d’un bel escarlatin. Gir, Ty DE Touas„ Paradisd’Àknour (fi, 8), (Subst.} gglantier. — L’aubespine et i’aigiantin, Et le thym, L’œillet, le lis et les roses.. HEL-LEAu, la Bergerie,’ln Journ., Avril. Aiglas, Aiglani Aigie,.. Cet oiseau porte un si grand amour à ses polis aiglas, qu’il expose sa vie pour leur defensee M. DE LA Po ItT E Epithetes. Aigle. (Très souvent féminin.) — Themistocles… songea qu’il a.voit un serpent entortillé à l’entour du ventre… soudainement il devint aigle, laqu.elle l’embrassa entre ses ailes. Amyot, Thémzszode, 26, — Les devins apperceurent deux aigles vo/ans vers euh-, dont l’une tenoit entre ses. griffes un serpent, qu’elle perçoit d’oultre oultre avec ses ongles. Id. Timeléon„ 26, — Il y eut une. : aigle qui arra.cba d’es mains de l’un de ses gardes [de Denys] la. ja.veline qu’il. tenoit, emporta bien hault en Pair. Id., Dion, 24. — J’en ferois de mesmes, si c’estoit une arondelle qui en parlast [de la guerre] mais si &estait une algie, je l’orrais volontiers. Montaigne, 31 (III, 136). — Cest Astre ailé… Ne ressemble pas moins la simple Colombelle, Que l’Aigle au bec-icrochu, l’Aigle fierement belle.. Du BARTAS, 2e Seinaine, 2e jour, tee Colomnes› Aigiereau. Aiglon. — L’Aigle fonda.nt cruelle et flere Au sortir de la raboubere Avoit troussé des lapereaux : Et sur un haut chesne en son aire Les a.voit portez pour en faire Gorge chaude à. ses aiglia.Lreaux. Baïf, L. III (V, 169). L’aigle eut faim. De son aire advise Le, s renar– deaux, en fa.it la prise, Avec ses aiglereaux s’en paie, Id., ib. (V, 173), Aigleron, Aiglon. — [L’Aigle] regardant. le Soleil d’un œil perçant et a.gu, prend ses petits Aiglerons un à. 1111. VAUQUELIbT DE LA FRESNAYE, Harangue alt Due d’Espernon. Aigiet. Aiglon. — Il recueillit dedu.ns un pan de sa robbe l’aire d’une aigle, dedans laquelle y avoit sept petits aiglets. Amyot, Marius, 36. Comme un Aigle. nouvellement éclos. P. MAT-TnIEU, Vastki, au Duc de Nemours., Aignant. (Exclamation. M. Picot suggère saint Aignan.) — Aignant, voila do beau.x apprests. Sotties, 111, 312, Aignel, v. A gneau. Aigneler. Mettre bas un agneau. — (Subst.) A l’aigneler voit on portieres : A l’ouvrage les m.ains ouvrieres, Les pains cornus l’enfourner. BA-1F, Mimes, L. (V’, 78). Aignelet, Agneiet. Aignellement. Action de mettre bas un agneau. — Sera bon qu’ils demeurent ensemble les deux premiers jours de raignellement. 0, DE SERRES* "Théâtre d’Agric., IV, 13. Aignenillot. Aiguillot, gond du gouvern.ail Pal). — Je oy l’aigneuillat fremir. E.st it cassé ? Rabelais 1V, 18. Aigneux 1, v. Agneau. Aigneux 2, v. Haineux. Aigre. Seo, cassant. — Quand le fer qu’on voulait monnayer estoit tout rouge du feu, on jettoit du vinaigre dessus., qui venoit à esteindre sa force et sa roideur… il devenoit si aigre et si esclatant, que ion ne le pouvait plus batre ne forger. Amyot., Lycurgue, 9. — Tout ainsi que gray dit que les pierres dudit lieu sont aigres, rudes et rnal plaisantes, semblablement le fer qui se fait és forges dudit pays e-st fort aigre, rude et frayaMe. PALISSY, Discours admirables, des Pierres, 296. Aigree, sont choses qui se cassent aisement avec un ma.rteau. Id., ib., Expiie, des nwts plee difficiles, p.. 311. I

Vif, violent. — Si commença entre les deux parties dure et aigre escarmouche, et en mourut beaucoup d’un conté et d’autre. LEMAIRE DE BELGES, Illbtstr., — Et n’est en toy povoft par nulz travaulx Du premier coup regir mes lien ; chevaulx… Certes, depuis que leurs aigres courages Sont eschaufez, tant sont folz et. volages, Qu’à bien grand’peine ilz souffrent, pour leur guide’rifla propre main, et tirent a la bride. Marot, Liv. H de la Me.to.morph.. —En leurs plus aigres exploiets [de César et de Pompée], je descouvre quelque demeurant de respect et de hienvueillance. Montaigne, III, 10 (IV, 1m-n7}. Qui exprime vivement la douleur, la colère. — Les freres et, amis de Paris… recornmencerent leurs plaints, et fut la lifte plus aigre que devant. LEMAÉRE DE BELGES, 11., 21. — Quoy que tuplaignes, la me’flatte te semblera plus propre. : et le vers de dis syllabes plus aigre et poignant. SEBILLET, Art. Pcet., l T, 12. — Le desgast que faisoyent les reistres la frontière, envoyoyent les cris des Champenois et d’un coin de Bourgongne et de Picardie au loing, et leurs Migres complaintes servirent d’entrée aux semences de la Ligue. Aubigné’, Uniy., VI II, 2. Sévère, rigoureux. — [Les Venitiens] sont au surplus si aigres et soubdains contre les séditieux, mutins, et entrepreneurs, que pour soupçons legers ont souvent barn, confiné, exilé, emprisonné, et faict mourir plusieurs de leurs principaux gentilshornmos et citoyens, SEYSSEL, de Louys XII, Viol. sz.er Qua_nd les jugemens de Dieu qu’il exercera sur nous, nous sembleront trop aigres, que nous les portions patiemment. CALVIN, Serin. sur le liv. d-e Job, 119 (XXXV, 8). — D’une chose vous veuf’suplier très humble.ment, Madame, que si on vous voulloyt fa.yre croire que les choses sont pacifiées par deçà et qu’il ne fault plus fayre justice, ou que nous la faisons trop aigre, n’en croire rien. Mi INLuc, Lettres, 52. — Qu’une aigre penitence A.ppaise ma justice, et purge son offense. BE..u.sAir, la Bergerie, 2a Journ., A mou.r, 9 de David (1 h 1.48). — Marcelli nus reprend aigrement… cette sienne ordonnance [de Julien], par laquelle il deffendit l’escole„ et interdit l’enseigner à tous les rhetoriciens et grammairiens Chrestiens… 11 est vraysemblable, s’il oust faict quelque chose de plus aigre contre nous, qu’il ne l’eust. pas oublié. M rrAiGNE, II, 19 (II, 71). Pénible, douloureux, cruel. — Il ne fault pas demander si cela fut fort aigre à supporter à Jaques, tellement qu’il vacillait fort entre amour et jalousie. ARu. DE NAV" Replarn., 44. — Il dit, Qu’ils l’ont pille Qui est en tores le plus aigre en l’homme, et pour le faire plustost defaillir. CALVIN, Sermi sur Ps. CXIX., 8 (XXXII, 577), — Quand Dieu nous afflige, qu’il nous advient des closes qui nous sont. aigrE.Ls, pour cela nous ne devons point souhaiter la mort. In., Germe eue le livf de t’obi, 24 (XXXIII, 296). — Theras trouva fort aigre qu’un autre luy coinrnanda.st, apres avoir tasté de la friandise de ri-..gner. SA, LIAT, trad. d’HE’lliopers., IV, 147. — Medee… escrivit cette Epistre à Jason, le menassant de subite et tres aigre vengeance, s’il ne la veut reprendre. CH. FONTAINE, trad.. des 21 Eeistres d’Ovulz, Ep. 12, Préface. — Pour un peu divertir L’aigre regret dont me fis advertir Sur le trespas de ta chere espousee. FERftv J u LY QT, Elegies, Ill est plus factieux et aigre à tous esprits hautains et courageux de souffrir opprobre qu’une centeine de morts, CALv[ri,’n'aie., III, vin, 8. — Ici morte j’attens allegeance immortelle Aux plus aigres malheurs que le, temps va portant. Belleau, la Bergerie, Ire I otert Epitaphe. — Mais quoy que nous soyons, et quelques male fices Que nous ayons commis, hélas de quels supplices EL plus aigres tourmens peuvent monstrer les Dieux A la terre et au ciel qu’ils nous ont odieux ? R. GARMER, Marc Antoine, 259. — Ayans apperceu que les Portugais,. insolent (t’une autre sorte de mort contre eux, quand ils los prenaient… lis penserent que ces gens iry de l’autre monde… ne prenoient pas sans occasion cette sorte de vengeance., ut devoit estre plus aigre que la leur. MoN-1…’É, JEr I, 30 (1, 263). _ Je te Leray souffrir k plu — ; i•ruel trespas, La plus sensible mort, le plus aigre suplice, Qui jamais s’inven.ta. contre le malefice, 7A4 o IN•Tcu E.sryi 1. : Aman, H {p. 249). Algredoux. Où la douleur.se mêle au plaisir. — [Lazare de Baïf] a donné à nostre langue le nom d’épigrammes et d’elegies, a-vocques ce beau mol. composé, aieredoul.r. Du BELI, AYb Deffence, II, t. — Le regard des personnes qui sont en fleur de beauté… fond les amoureux, et les consomme avec je ne s a quelle volupté inesiee de douleur, qu’ils appellent eu ix aigredouce. ANYoT, Propos de table, Vl A la jouyssance des voluptez mesmes, ils [les Rois] sont de pire condition que les privez d’autant que Paysance et la facilité, leur oste l’aigre-douce pointe que nous y trouvons. MoNTAIGNE, I, 42 (I, 362). Aigrefin. Ancienne monnaie d’or. Ce mot est peut-être l’altération d’une forme correspondant au mot semple, — Ces vieulx doubles ducatz, nobles à la rose, angelotz, aigrefins, royaulx, el. moutons à la grand laine, retourneront en —usance, avecques planté de Serapz, et escuz au soleil. BE.LAis, Pantagr. Prognoe, 5. Aigrement.. Vivement, violemment. — Si trouva Paris son pore… et les autres les leurs… lesquelz conterent à leurs femmes (en gratis pilouremens et. desolation mutuelle et en tirant aigrement leurs barbes et leurs cheveux) tout le comble de leur meschef irreparable, LENIMBE BELGES, 11 23, — Si les rebouta l’espée au poing si aigrement qu’il y en eut un ou deux des plus desobeissans blessez de sa main, qui depuis moururent.. SEYSSEL, (t 1, 41i, eyS sur les Veniliens, p. aao. La cousturne des Lacedemonie-ns est de combattre aigrement et longuement tant quilz ayent mis leurs ennernys en fin té, mais apres quilz, les voyent fuyr, ne les suyvent pas longuement. I o., trad. de’FlincTDIDE, V, 9, 175 ro. — Les Atheniens.i. rencontrerent deux navires. Peloponesiens, qui avaient trop aigrement suyvi les ault.res Athenieris, et les prindrent. ID" ib., VIII, 14, 279 vo. — Mmetrius… fast reoommencer lassault encores plus aigrement. In., trad, de DIODORE, III, 30, 126 vo. — Là eussiez veu Silenus son Asne aigrement talonner. RABELMS V, 39. — Tarchetius fut si aigrement courroucé, qu’il les feit toutes deux prendre pour les faire mourir. AmTOT, Romulus, 2. —Il se courroueea si aigrement qu’il les tua tous deux à coups de poignard. Id., Pa Eil Emile> 23. — Il [Cléomène] en entra en si grande cholere et. s’en irrita si aigrement-, qu’il abandonna aux soudards les biens à piller. In., Cléomène, 25. — De l’autre are encontre Lycarnbe Arobiloc poussa son ïambe Tant aigrement injurieux, Que luy et ses filles honnies D’une hart estouffans leurs vies Perdirent leur honte et les cieux. _Poernes, L. IV (II, 220). — Entrant en la chambre de la rogne mere, ses sanglots redoublèrent d’autant plus aigrement, qu’elles deux ensemble avoyent fort privément devisé de. l’innocence de ceuxde la. religion, REGNIER DE LA pLANGHE, Hist. de l’Es0.al de France, I, 159. — Caïus Memmius a_voit eserit contre [César’de.s oraisons tres-poignantes. Rusquelles’ il avoit bien aigrement respondu. MoNrrAunk.TE, 11, 33 (III, 159). — NIondict sieur le grand prieur ayant sceu après le blasphème dudict capitaine, I’eci tança très-aigrement. BRAN-T Sermens juremen-5 espa_ignois (VII, 201 j.

Douloureusement, tristement. — Ceste piteuse mort porta le seigneur de Chaumont dedans son cucul. aig-rement, car il ne Tipresquit gueres apres. LE Loyio, SE it V ! TE Ti Et..e de Rayure, eh..’IO. — Amies avoir pressé de nies doigts ses paupie.res, Et dit desur son cher les pa_roles dernieres, Ayant le cœur veincu de regret et d’e.n.nuy, Souspirani aigrement je me pasrnay sur luy. N sAkto Elegies, Discoues.1 (IV, 23). —[Une Princesse] Qui de dueit aigrement saisie… Apres la mort de son Seigneur avoit plus cher que son cœur, Ayma trop mieux mourir contente Le suyvant que de vivre absen.te. Belleaue la Bergerie, 2e ioeern., Tombeau de Loyse de Rieithr (II, 79). — Des compagnes sœurs la. troupe non mortolle. Doit aigrement porter ceste playe cruelle, Despitant malheur, le destin et le sorti Io>, ib, , Coinplainge de la mort de Du Beilay (II, 137). — Alors Francus baignant ses yeux de pleurs, Et souspirant ment ses douleurs Luy respondit. RONSARD, Franciade, 1.J. (III, 55), — Vous ra.conteray-je unrnisere publique et larrienta_ble tragedie, que ju vois estre ja. non seulement entendue, mais tros aigrement deplorée ? Du N’ALB., Omis. fe.en. de ia Rayne d’Escosse, p.. 1.

Sévérement, rigoureusement,. — Y eut plusieurs citez d’Asie lesquelles furent reçluictes en servitude, autres ausqudies Ion abbattit les murailles, autres qui furent punies plus aigrement. SEYSSEL ? trad. cl’APPrEN, Guerre Mithridalique, ch. 7. — Moyse… aigrement punissoit les mutins et seditieux on peuple de Israel_ IABELALS L, 50. — Ilz Ineritent d’en estre elastiez et. puniz aigre-ment. Amyot, trad. do DtononE, XIII, 10_ — [Diodes] ne pardonnoit point quand quelcun avoit failly, ains punissoit aigrement tous ceulx transgressoien a key. Id., ib. e — Or n’y a il point de propos, ny de raison de punir une chose aigrement. et severement en un lieu, et en un autre la laisser passer, par maniere de dire, en jouant. lu., Soion, 23. — Il cornrnencea à se porter rudement envers les villes de la_ Sicile, les traittant fort rigoumusement, les forceant en courroux, et chastiant aigrement eeulx qui faisoyent faulte à ses commandemens. Id., Eyrrhus, 23. — Et mesme diroit-on, voyant. que la Fortune A. leurs mauvais desseins se demonstre opportune, Que los Dieux sont pour eux, mais ils le font exprés, A fin de les punir plus aigrement aprés. ft. GA M’if F, Forcie., 607. — Les trallistres durant la guerre PLI-nique, furent punis plus griervement tiu.e les fuyars esclaves, et ies trahistres Romains plus aigrement tirailliez que les Latins car teux cy eurent la teste tranchee› et les Romains furent pendwA. J. BowN, Republique, VI, 6. — Le. Su.ge est bien fort inique, qui punist plus aigrement ceux qui sont plus foibles et plus tendres, que les robustes et puissans. I ib. — Philomon son secretaire, qui rayon voulu empoisonner, il [César] ne le punit pas plus aigrement que d’une mort simple. Montaigne, II, 11 (II, 139). — Saints du Seigneur, aimez le coastarnme.nt. Les bons garde, et punit aigrement Les orgueilleux au courage rebele. Desportes, Ps. de David, 30.

Aigret (adj.). Aigre, vif, douloureux. — Tris-


tesse avecques dur regret M’a fa : kt jecter maint gros souspir aigret. Marot1 Epistres-, 1. — Reçoy TiCkS douleurs, Et rios soupirs aigrets Enten rios regrets, Porde, enten nos pleurs, 11, GAtenzn, Pnreie, 1969.

Affligeant, pénible, désagréable.. — Comme sage et discret, Veulx reciter, en publicq et secret, Quiacco.mpagné suis de femme amia_bIe… Que Re me fist tour mauvais ny esgret. A T1C. Poés. iranç., E, 136 — Veistes —vous jamais librairie Chés les grands dames ? — Si ay, si, Tout en beau françois ; mais ceux cy C Et sont livres latins et grecz. J’entens bien, ilz 1T1DUS SOnt aigretz. MArt.oT, trad. de deux Colloques d’ÉnAsIfLE, — Son. obstina.tion [diEpa.minondas] à la po, u.vreté, je la trouve aucunement scrupuleuse… Et cette seule action, haute pourtant et tresdigne d’admiration, je la sens un peu aigrette, pour par souhait mesme. en la forme qu’elle estoit en luy, m’en desirer talion. Montaigne, II, 34 (III, 195).

Irrité. — Sire, une femme fort. aigrette Dit qu’à vous elle s’en plaindra. MAnG. D AV-1 ICS Mar-guerites, Corned., des In TW CenS (1 I, 160-61).

Mordant. — On dit de moy que je suis trop aigret Qu’outre la loy je touche maint segrets Qui se deust taire. VAUQUELIN DE LAFRESNAYE, Sai. /ranci, L. I, à M. de Chi-verny.

(Subst.) Raisin vert. — II redargue les Juifs à cause de ce blaspheme qui trottoit en leur bouche, dont ils avoyent desja fait un proverbe : Nos peres ont marigé l’aigret, et nos den ts en sont agacees : ce n’est point pour nos fautes que no-as ayons commises, que Dieu nous traitte en tene rigueur car nous avons vescu catmne il appartenoit, m.ais nous ramentoit ici les pech.ez de nos peres. CALVIN SeFen. SU !’le Deuter.,.à2 (XXVI, 262). — ll sera despouillé de S011 aigret, comme une vigne. Id., Bible françoise, Job, 15 (LVI, 5a3), — Ainsi qu’on desire se gardent It-ls aigres parmy la lie du Ver-jus de raisins, dans laquelle on noie. O. SERRESb Théâtre d’Agric., Il 1, , 12. — Durant huit mois continuels, on y treuve des raisins naissans : et depuis le Mois de Juin jusqu’à là. fin de Novembre, des fleurissions et s’engrossissans par-ainsi durant ce temps-là., on y prend des aigreLs à toutes heures Id., ib. — Emploierés ici le.s plus gros Aigrets ou Raisins verts. Id.., ib., V111, 2.

En son aigret [de la vigne]. Avant que le raisin soit mûr. — Il est dit Que le meschant sera consumé devant son temps, et qu’encores ses rameaux ne fleuriront point, il sera comme une vigne despouillee en son aigret. CALVIN, Sem. sur le liv. de Job, 61 XXIII, 762). — Vous voyez une vigne qui sera ilespouillee en SOD aigret : quand elle aura bien bourjonné, il no faudra. qu’une gelee : ou bien quand elle aura desja, aigrets tous rormez, VOila un orage qui tombe, qui raclera tout, il n’y demeure ni aigret fueille. (XXXII’, 763).

Verjus. — En son saye avoit plus de vingt. et six petites bouget Les et fasques tousjours pleines, rune d’un petit d’eau… l’antre de aigrest qu’il gettoit aux yeulx de ceulx qu’il trouvoit. RADELAIS, 11116.

Aigreur, Qualité de ce qui est sec, cassant. — La malice du temps et vents impetueux, gelées et froidures, causent quelque aigreur aux pierres et aux 1 : >0iS. PALISSY ; Dise. admir.> des Pierres, p. 296.

Violence, viva_cité. — Laspresse du dueil, /a douleur des plourans… renforça leans par telle aigreur, que FriR rude plume nia pas faculté de le descrire selon lexigence du cas. {{sc| Lemaire de Beroes, la Couronne Mar gar ilique Je voy’qu’il n’est plus temps d’enfumer de qu.erelles Le ciel noircy, fasché de l’aigreur de mes pleurs. Au-BIL ; N Primiena, Stances, 3 (III, 77). —Ueftect trie. me de la douleur, n’a pas cette aigreur si aspre et. si poigna_nte, qu’un homme ra_ssis en doive entrer en rage et en desespoir. Morii.rAzGNE, II, 87 (Ili, 201). Cruauté. Que je suis miserable 1 Et jamais feinme aucune Fut tant que moy confite aux ai-grellFS de Fortune ? H. OrAnNi F.B. MarcAntoine, 1.885. Sévérité, rigueur, Grand_ fa_veur à un criminel, d’estre si exec.ra.ble, que la justice estime injuste de le toucher et de le veoir : libre et sauvé. par le benetice de l’aigreur de sa. condamnation. Montaigne1 5 (III, 323). [A Dieu] Leve ton bras de fer, haste tes pieds de laine., Venge ta patience en. l’aigreur de la peine. AuBIGNÉ, Tra-giques, I (IV, 70)Qualité de ce qui est douloureux, pénible, de ce qui cause une vive souffrance. Les adversitez auront tousjours leur aigreur, la.quelle nous mordra. CA.Lvirq, /omit., XVII, p. 808. Autant que nostre cceur e.st enserré’en la croix par l’aigreur naturelle d’icelle, d’autant il sera dila.té de joye spirituelle, ID, ib., p. 810. [A Semiramis) Qu*est devenu ce fer el cet escu, Dont tu rendois le plu.s brave veincu ? Tu as laissé les aigrewMarciales Pour recouvrer les douceurs geniale._ L. LABÉ, Eleg. L (Da.ns cet exemple, aigreur peut signifiez’violence aussi bien que souffrance. Ce$ deux idées très voisines peuvent coexister dans une partie des exemples suivants.) Ayant perdu tout l’aise que j’avois, Ce sera peu que de perdre ma voix. S’on sçait l’aigreur de mon triste souey, EL fut celuy qui ni’a faict ceste pla.ye, lien aura, pour si dur cceur qu’il aye, Quelpie pitié, mais non pas de mercy. LA BŒT1E5 Sonne I 28. —De qu.oy sert le nom de paix_ publicque, si chascung en son particulier esprouve Perfect et aigreur de la guerre’? L’HOSPITAL3 MernOireS GI, 208). Quand des fla.mmes d’Amour je seray trop pressé, S’il faut pour n’estouffer qu’en mes vers je soupire ! Plaig.n.ons tant. seulement l’aigreur de mon marbre, Et taisons de tout point celle qui m’a blessé. DESPORTESe Cleonice, 58. C’est ce de. quoy ray le plus de peur que la peur…kussi su.rmonte elle en. aigreur tous a_utres accidents. MoNTAiGNE, I, 17 (I, 77). Quand la science feroit. par effect ce qu’ils disent, dlemousser et rahatre l’aigreur des infortunes qui nous suyvent, que fait elle que ne fait beaucoup plus purement Pignorance et. plus evidemment ? In., II, 12 01, 221). [Sénèque] appaisant tantost Paigreur de la douleur qu’il leur voyoit souffrir, par douces paroles, tantost raidissant sa pour les en tancer. Id., II, 95 (III, 183), —Monstrer par quel/e maniere et quelle constance il faut mespriser l’aigreur de la_ mort.. F. BRET1PIT, trad. de LUCIEN, Morl de Peregrin, 33. Et lisant dans mon cœur que valent vos attraits, Le pouvoir de vos yeux, la force de vos traits, La preuve de ma foy, l’aigreur de mon martyre, Pardonnez à n-ies cris de l’a.voir osé dire. REGmEa, Elegie. Aigrir. Rendre plus violen.t, plus cruel. Elle fit et dit tout ce qui luy estoit possible, pour phis aggraver et aygrir l’accusation. Amyot, Hist. L, VIII, 91 vo. Le premier Amurath, pour aigrir la. punition contre ses subjects, qui avoient donné support à la parricide rebellion de son fils, ordonna que leurs plus proches parents presteroient la.main à cette execution. MoNTAIGNE, III ; 1 255). Affliger. Ainsi sa voix tonnante. Abram adverlissoit Quand la mort de son pere encore Paigrissoit. P. MArrarEu, fiasthi, IV, p. 80. S’aigrir. Exercer la violence, C’est de iuy [Constantin Copronymei que les Brise-images et Pill€.1-reliques ont a.pprins. desenterrer les morts, et à s’aigrir sur les sainctes memoires des Mar-tyrs. TnevET, Cosnrivr., XIX, 5. Aigrisori. Colère.. Veu le faix, les ardeurs De croistre, les soupçons, les soucis ! et les peurs, Et veu les aigrisons et les fureurs encloses, Jo-DELLE, Discours de Jules César (ii, 24a). Aigrissement. Fait de ck..venir aigre, A fin que plus facilement cest aigrissement [d’un li-quide] se fa.ce. v ET, Cesmogr., XI, 14. Aggravation. Airnoïn… prit un singulier plaisir au recit et aigrissement du ceste accusa-tion. E. Pasquier, ReCherCheS, V5 15. Aigrun. Chose aigre, acide. L’ung veuit du bla.nc, et l’aultre veult du brun, L’ung mange es grun, l’autre n’a que repaistre. CRETÉN, Invect, sur ta ourn. des Esperions, p. 174. (Fig.) Ilz courroien t sus en poste, et à grand pas : Mais attendez, pour moy ne le dy pas, Ca.r en coura.nt on s’eschauffe et enflambe. Arriere donc, c’est aigrun pour ma jambe, C-R. Passetemps des Ainis, p. 253, Perseverer en son mal c’est esgrun. Le inonde faict de pecher marchandise. MARAT, Rondeaux, 75. Prescheurs n.ous donne ront pastures Celestes, qui leur est esgrun. Ant. Poés. franç., XII, 154.

Aigu. Perçant., qui voit bien, Or tout le clief avait cestuy Argus Environné de cent yeulx bien agus. Marot, trad. du Liv. I de la Metamerph, Qui nous a reveIé… ayent les yeux si aguz, qu’ilz puissent considerer noz necessitez ? CALVrN, nsiii., IX, p. 535.

Curieux, attentif, qui a la vue perçante, l’esprit en éveil. Si faut-il… que nous soyons comme aveugles volontaires : c’est à. dire, que nous ne soyons pas si aig-us qu.e ces sages mondains, qui veulent tout cognoistre el, tout juger. CA LV1N, Serree, eiir la GeneSei s’Ar le sacrif, d’Abraham (XXIII 767) Nous sommes aigus et attentifs aux choses de ce monde, et là on n’espargne nulle peine. ID :, Sem. sur le Deuter., 27 (XXVI, 203. Il sera tellement aigu pour regarder de loin les vices d’autruy, qu’il n’en laissera point passer un : et ce penda.nt les scandales qui se commettent en sa maison seront si gros qu’ils luy creveront les yeux, et toutesfois il n’y verra goutte… 11).s Serin, sur i’llarmon. Eçoangel, , (XLVI, 684). S’il est question de nostre profit temporel, 110116 ne serons que trop aigus et at-tentifs. Id., Serm. sue la Ze à Timothee, 9 (LIU, 112).

Fin, vif, pénétrant, habile. —Son entendement participe de quelque divinité’: tant je le voy subtil, profund, et serain. Rabelais, I, 14. II n’y a rien de faict, si le personnage auquel on a affaire n’est pas d’un jugement vif et agu, pouvant comprendre quel poys il y a aux raisons qu’on luy ameine, CALszrir, Instit., X, p. 571. Je suis un povre ignorant, diront ils, ou., Je ne suis pas homme tant aigu qu’on cliroit bien, Id., Serin, sur le Ps, CXIX, (XXXII, 677). Quand vous seriez le plus aigu du monde, en quelle eschole a.vez vous apprins que gens privez puissent eslire ung homme a leur poste ? ID„ Leares, 3427. — [Coligny] se fit congnoistre homme excellent, bien nay à gouverner la Cime publique, aigu en conseil, heureux en expedition d’affaires. THEVETe Cosmogr., XV, 21. Spirituel, piquant, contenant une pointe’Sois en l’epigramm9 le plus fluide que tu pourras, estudie à c.e que les deuz —vers derniers soient aguz en conclusion : car en ces deuz consiste la louenge de l’epigra.mme. SEEALLET1 Art poet., 1I, De quelconque coin soit-iI {le blason’sort : F., le plus bref est le meilleur, mesqu.e il soit a.gu en conclusion. In., ib., 11, Et trouve Ion plu.siews de ses sentences et dicts moraux ! rencontres et responses algues, qui en sont translatees de mot à mot [des livres grecs]. Am yoT., Caton le Censeur, 2. Ce dernier est empruntA et tra.nslaté des dicts aigus de Themistodes. ib„ 8. _Nous pourrions encore alleguer plusieurs autres telles rencontres aiguës et plaisantes de luy. diène, 11, Qui emploie un langage préci : i, vif, piquant. Lycurgus vouloit quo la parole en peu de mots, non. fardez ny affettez, compris !. beaucoup de grave et bonne sentence, accoustumant les enfans par un long. silen.ee à estre briefs et. aguz en leurs responses. ID, , Lycurgue, 19. (Subst.) Tout. jugement de celle in Unité, Ou. tout concept se trouve superflus, Et. tout aigu. de perspieuite Ne. pourroyent joindre au sommet de son plus. MAURICE SCEVE, Delie, 166. Ja. traçant de l’aigu de sa lance Un beau sentier pour 8’en aller aux cieux. lioNsAfiD, Amours (le Casealulre, I, 124, Plus tost que le jeune archer Adroit à prendre sa mire Ne fait l’aigu de sa vire Sur l’ennerny decocher. BÉREAU, Ode 3 100), Que ne. suis-je or entre tous mes bayneux Kiltre l’aigu de raille fers soigneux. JEAN Dr, LA TA rLLE, la ilion tie Paris Aiexandre Puis tirant du fourreau l’aigu de. son 1.-tspé, Sc ruant. dans. pres8e Antiphate a frapé, A JA.ritv-…1, Iliade !, N. I I La forme agu est. très frei…quent.e. —1.1z surmont’oient les dangereux rochers aguz et mal rabotez. LE : 11.1AIRE DE BELGES., Illustr., I, 2L Ny son he..au sein dont l’Archerot gette. Le plus agu (le son trait esmoulu. RoNsmol, Amours de Cas4anclre 24). Et le crue/ qui fouille.. De traits agus mori cœur en vain mutin. Baïf, Amours de Maine, L. I (I, 32). Pericles fut lors attaini de la peste, non pa.s si violente ne si aguè que les autres,. Am YOTI, Périclès, 38. Tousjours le Ciel brouillé d’orage et. de tempeste Mille foudres a.gus delasche su.r ta. teste. MoriTcHrt EsT •, la Reine d’Escesse, V (p. (Cf. alinéas précédents.) Alguade. Faire aiguade. Faire provision d’eau_ Cu pendent que. les chorines des nalitz faisaient aiguade. Rabelais, IV, 2, Y est toutesfois… la plus belle fontaine du monde, et au tour une bien. grarid( :, i rorest. Vos chorraes y pourront faire alguade et lignade. Id., DT,. 66. Je ne veux_ m’arrester plus longuement sur le dessein de ceste malheureuse entreprinse, en laquelle il perdit la vie, ayant esté emporté d’une mousquetade l’Isle de Madère, où il Ilt. descendre pour faire Meade. Commentaires, V (Ill,’74. Les Chrestiens nouveaux venus, se faschans que pouv faire aiguade il fallust tousjours envoyer a, n Royaume, feirent creuser des pu : yts. TIIEVET, COSMOgr., Ceste terre… est pleine de montaignes d.e m.erveilieuse grandeur, avec plusieurs ruisseaux d’eau douce, qui sont de. grand plaisir aux passans, pour faire aiguade, 1V, Le. Capitaine Bontemps… fut outrageusement avec soixante huict tant Soldats_que mariniers, y voulant faire esguade. ib., XXII., 13. Le tout mit pied terre prés Zerbi, en une concile nommée Rochelle, où les gaIères ont accoustume. de. faire aigmle. Aurttrir… ; É, Hist. Univ., Il, 29, 11 fit voile dès Bordeaux, et., suivant sa, route par Madère, il y voulut faire aigua.de, ib., 1V, 20. Fig.) C’est icy où nos vhourmes Catholiques font toute leur aiguade Pn. D F. A R. N1 X 5 Differ. de lez Relig., 1, —9. Algue, Aigue… en quelques pays, signifie Eall… et le bon François garde CleFileé qui tst Aiguiere je di done qu’il est disputable si un poete se. peut servir aussi hien de ce mot-la „ligue, qu.e de cestuy-ci A iguiere. EI. ESTIENNE, Preeellence, p.. 181. Aiguenient. D’une manière algue, vivement. Nt.]is moy conduict dessoubs la sauvegarde De ceste tienne. et unique lumiere, Qui m’ollusea ma iyesso 1.-ALT-rniere Par tes cloulx ra.yz aiguement suyviz, MAURICE ScEvE, Delle, 424-. L’air estant battu pa.r ce qui le remue, bat aussi le sentiment Fouye, s’il est vehement, aiguement s’il est mousse., mollemenli MigiecT., Questions platoniques !, 6. A yen mu ! : vue perçante. A la fa.çon d’un AigIE, Qu’on dit outrepas.ser de tous oiseaux Ia Pour voir tresaigurnent ce qui est en tous lieux.. Am. riz, Iliade, XVII, 116 vo. Lesquelles il contemple subtilement et a_guëment. F. BRET1N„ trad. de LoucTEN, rAceusé deux foie, 34. Habilement, spirituellement. Il t’est advis, que par bon argument, Tu m’as escript et reprins aguemen t. FE RII.Y L Y OT, Elegies de la belle fille, I, 10. C’estoit bien la plus doulce et la plus aggreable com.pagnie d’homme qu’il estoit possible, et qui rencontroit aussi plaisamment et aussi aiguement. Amyo-r, Flaminius, 17, neemmaigrit à la talle, il m’a_ssornme, Quanti il me faut endurer (rouir comme la soldate rencontre aigurnent Le franc arclir_àr malheureux gar"liment. Id., Coinment on:9e peuli louer soymeene, 22. Aigueux, De la nature de l’eau. Leaue arda.nt jette et chasse dehor..— ; du sang les humeu.r-s corrompues et aigueuses. ANT. DU N’oui,’N., trad. de ta V MI de la Quirkle Essence, p. 142. Leaue ardant… desracine la meschante et par trop froide et aigueuse humidité pourrie, et la guerit. Id., ib.., p. 145. Afin que destourné Soit tt>1 malheur Ifiin foye, et qu’au ventre L’humeur aiguense trop paresseuse entre. RONSARD, Elegiee, var. (Pi, 391). Les poisson.s….. ont aussi plus de fiel pour corriger leur humeur froid et; li-gneux. CHARRoriir, Discours Chrestien$, II, 10. Où y a. de l’eau. Aries estant {-q-i la partie. Occidentale, es lieux aigueux et aquatiques. ANT. D U MO ULIN, trad. de 11 Asirelogie Naturelle, p.. 214. S’orle de squale G ?). Quefles affections., et quelles amitiés Tiennent Ies Aiguillas si fermement liés En-vers tous le.urs petis ! J. nu CHESNE, le Grand Miroir du illontie, p.148„ Aiguille d’un peletier. Cei te expression s’emploie comme terme de comparaison, 3.0 propre et au figuré. Un petit cousteau affilé comme l’aguille d’un peletier, dont il couppoit les bourses. H.AuELAts, II, 16. — Nos hommes ainsi vivans de fu.mees, discours, baisemains et reverenees, ne sont que derny-hommes, longuets, greles comme sang-suies, dissimulez comme renards, et affettez comme l’eguille (l’un peletier. Diu FAIL, enntee d’Eutrapel, 22. Fourni, garni de fil et d’aiguille. Pourri-1J. de tout ce qui est nécessaire. — Se le clerc de là est a.bille, Il doit entre comme u.ng mercier Bien fourny de fil et. de esguille. Aile. Pois. franç., XI, 50. — Tout estant exactement fouruy ailleurs de. filet el d’éguille, pour maintenir son entre, il est mecreable que nous soyons seuls produits en estat deirectueux et indigent. MoNTAIGNE, I, 35 (I, 285). • Connue chef avisé, il [le duc de Guise] alla garni de fil et d’esguille (comme on dit). LA Noui Dise. pol. et mil., XXVI, I (p. 7.16}. Aiguille. Boussole, chambre contenant la boussole. — Hune, proue, scandalar, qui est une chambrette sur Peiguitle. TiLEV ET, Cosn-e-ogr„ VI I, 12. On trouve souven L les tonnes agueille et « brillel’aultre avoit provision de fil et d’agueilles. Rabelais, Il 16. — Lors que la poincte de leur agueille estoit rompue. Id., I, 8. — Jamais ne ferrent veues dames._ plus doctes à. la main, à ragueille. ID-, I, 57. — Ou quand dune aguille mignonne Dessus la gaze elle façonne… Les douze lettres de son nom. 13E1[4LE…ici !, Petit-es Ineeefitinps, Elect. de sa demeure I, 80), — Les umbres des aguilles es horcFloges au Soleil. Am Y OT Pér iCié$ 6 Cf. alinéasprécédents. Aiguillé. 1Iurii d’aiguilles. — Cadran.. Iloilogeux… heuré, aiguillé. Epitheles. Aiguillette. Cordon servant à attacher les chausses. — Ainsi passa la nuiet Panurge à chopirrer les pairs, et. jouer toutes les aigueillettes de ses chausses à primus et secundus, et à la vergette.. RÀBELA1S, I I, 1.— Pour son pourpoinct furent levées huyt cens treize aulnes de satin blanc, et. pour les a ueilletl.es quinze cens ned peaulx et demye de chiens. le., I, 8. — Les aguilletes de soye. de Inemes couleurs, les fers d’or bien esmaillez. I n., I.56. — Ceste saineteté n’est pas pour payer les esguillettes de nostre S. Pere le Pape. D E DIAIiNIX. iffer. de le Itelig., I, I, 7. Il rea-q…oit point d’esguillettes pour attaeher ses chausses. Trad. de FloLENGIO Merlin Coccaie, L. IV {I, 97). Aiguillette borgne. Aiguillette ferrée à un seul bout. — Ce fut l’an de la bonne vinee on donnoit la quarte de boit vin et friand pour une aiguillette borgne. Rabelais, IV, Anc. prologue. Fer d’une aiguillette. Expre.s..sion employée pour indiquer une chose Pour ce que tousjours a eu Dieu devant les yei.dx, luy a aydé maintenir son honne.ur, et jusques au jour de son trespas, on n’en avoit pas osté le fer dune esguillette, LE LOYAL SERVITEUTI, Hie+ de beciyart, 66. Lasch-er J’aiguillette. La détacher. — Il ne luy fault que landier les longes, je di z monstrer de pres la proyo ; et dire, hale, compaignon. Rabelais, III, 27. Allonger les aiguillettes, — Les amis de Bazin cercherent d’a.ppaiser le cardinal. Sa response fut, que s’il le tenoit, il luy ferait tant allonirr les esguillettes, qu’il luy donnerait nouvelles de ce qu’il demandoiL HEGMER DE LA PLANCHE, _Wei de l’Estat de France, II, 59> Aller à, i’aiguineree. Aller satisfaire un besoin naturel.—..’dvint un soir qu.’un honneste homme, nommé Pierre Marseat, restant contraint et pressé d’aller à l’a_guilielte en ces endroits, et consiclerant que sans opprobre et danger de gaster ses chausses il ne pouvait passer outre, fut contraint delaseher là. V ar.. hist, et Le, 26(. Corerir t’aiguillette. Se prostituer. — Si Nature ne leurs oust amusé le froid d’un peu de honte, vous les vouiez comme forcenees courir raiguillette. H.BELArs, III, 32. — Juda voulantpaillarder avec une putain qui auroit. couru l’aigueil10.10. CALVIN, ellr le Deuter., 12 (X XV I. 20). Nous allons pour Cedron l’esloigné Tygre boire, Pour entre au plus offrant vendues chaque foire Pour courre l’esguillette, et voir, ô CFCVé cœur rfriompber de nos corps 1 impudique vainqueur. Du BARTAS, 2e Seenaine, 4e Jour, la Decadence. — Elle deffioit à ce choc impudique les plus t’ailes putains, qui toute leur vie n’avoient fait que courir l’aiguillette. CuoLtÊnts, 2e Ap. Disnee, p. 83. Dont depuis est. derivé entre nous ce proverbe, par lequel nous discons qu’une femme court l’esguillette, lors que elle prostitue Son corps à l’abandon de chuei.m. E. PAsQuitn, Recherches, V 111, — C’est pourquoy je recherche une jeune fillette Experte des longtemps à courir Peguillette. BEGN1ER, Sin. 16. Traisner — Après avoir traisne l’aiguillette en France… il [Jules Brancasso] fit requerir dein Joan d’Austrie de Ea grâce au uoy d’Espagne. Brantôme, Cap. csir., dom.Pedro de. Toledo (II, r-28). (La Murale hésite sur le sens de cette expression, qui signifie peut-être simplement errer cà et là. Cl. aujourd’hui trainer ses guêtres.). avouer I’aiguillette. Empêcher, par un sortilège, la consommation du mariage. — Il ne faut douter qu’il n’y ait des sorciers qui nouent l’aiguillet•e à l’heure des espousailles, pour empeseher l’ha_bitation des mariés, Al’inaR. PARÉ, XVIII, 43. — Il y en a [des sorciers] qui usent de tels sortileges qui empeschent l’hornme et la femme de consommer le mariage, ce qu’on appelle vulgairement nouer 1’aigu’lieue. , X I X, 32. — Le Juge… in terrogue le rnary de ce qu’il n’avoit eu la co-mpagnie de sa femme., Puis luy demanda si l’esguillette n’estoit point notice. Guai.. BeucnET, 5e Seree (I, 183). — Brunehaud craignant de trouver en cette nouvelle lemme une nouvelle corrivale de sa grandeur, par charries et sorcelleries (nous avons depuis appellé cela nouer l’aiguilltedLe) besongna de sorte que le..Roy ne la peut aucunement cognoistre par attouchement marital. E.. errE.R, RÉehereheS, V, 8. — Tillier descouvroit de poiuct en poine.t toutes les particularitez qui s’estoient passées entre iuy et SQ. femme… qu’on leur avoit noué l’aiguillette l’espace de huit ans entiers, in., ib, , VI, 36. — Par ces devotations les charmeurs pouvoient empescher l’habitation charnelle de l’homme avec la femme, que nous a.ppellons nouer l’esguillette. LE Lot EH ? Hist. des Spectres, II, 8. — Il se trouve bien plusieurs femmes qui rencontrent des maris inhabiles et it-npotelis, et auxquels on a. noué l’aiguillette. Brantômee des Dames, part. I, Jehanne de France (V111, 92). Rendre impuissant, affaiblir. — 11 me ouvint que co jeune Gentil-homme m’avoit imputé que la longueur de mes ans avoit. noué’l’esguillette mon corps… Je veux voir si le meure aage a noué l’esguillette à mon esprit, E. PAsQuirn, Lettres, XXII, fi. Serrer l’aiguillette. Itéléme sens que nouer l’aiguillette. — Le mariage fut celebré au dimanche suyvant : furent bien trompez uni tas de petis rustres, qui estoient venus tout expres pour serrer resguillette. Car ma mere portoit un billet sur soy, qui empesche la vertu des alligations magiques. DEs AUTELS, Mil istoire a rragc.Jupine, ch, Noueuf Soreier qui noue l’aiguillette. — Oit se va mettre sur les noueurs lette, et sur les conjurations et ensoreeliemens des nouveaux mariez et marices principalement. BouniET5 5e S’eree (I, 184-185).

Aiguillette. Tranche de chair très mince. — Tirer, arracher une aiguillette. — (Fig.) Cornme„.„ il se rait en toutes races Ft sortes d’hommes, qui volontiers ne prennent plaisir ti’ouir louanger et bien dire de leurs voisins et compagnons, ains d’un ris de chien et deloial, je parle des envieux formez, tirent ordinairement une. esguillette de l’honneur aux galans h.ommes 1. mais pour tout ce ne l’a.rra_chent pa.s„ Dur F A 1 Lt Conte ? d’EUtraplel, 13, —RiUSiPleS ignorans les (plantez de l’asni. et le. merite qui le del-Tend uontre une. vulgaire me(Usance, pensant avoir arraché : uni !. esguilleity. de l’Itonneu.r (l’un homme qua.nd ils l’ont coiffé de cette qualité’asinesque, DEs L.A.untERs, Fantaisies de Bruscane.bille., Prol, en fal, reur l’asne. (Gui CompL.4.çinesque.) — Cette métaphore peut s’L’xpliquer par le sens ordinaire du mot Aiguillette à. vin. Ce qui excite à boire. — Quand ils seront si pleins qu’ils n’en peuvent plus,. ;.-ifin de s.’aiguiser davantage, ils prendront des aiguillettes à vin (qu’ils appellent) et choses semblables. CALVIN, Serm.. sur te Deuter., 91 (XXVII, 294). Aiguilleux. — Qui a la forme d’une aiguille. — 11 y a aussi quelque os aiguilheux ou a. mode Graigune. JounEwr, Gr. Chir.„ p. 4.8 (G., Compl„). — aiguiileux sont les apophyses ou avance– mens des os pie.rreux qui ressemblent. a. aiguilles ou poinçons. Id., ib., Interpr. des dia.. anatopie.. (€1, , Compl.). Aiguisement, Excitation. — Ce mesrne chatouillement et aiguisement qui se rencontre en certain, s plaisirs, IVIoNT, kic..NF.., II, 12 (II, 225). Aiguiser. Exciter, — Pericles,.„ aguisa et incita le peuple à perseverer opiniastrement. Amyorr-, Périclès, 29. — Cela aussi doit nous aiguiser à combatre incessamment contre le diabl, É, CAuvipir, fristit., 1, xtv, 15. On trouve souvent. aguiser, — [Cupido] Au_ poing tenoit un arc riche tendu, Le pied marché, d le bras estenclu, P’rest de lascher une. flesche aguysée. Ilemple : de Cupide" — 13londeau aguisa trenchet et le fit couper comme uri roSEFir. DES PÉRIERS, NOUP. RéCii, , — Les chiens effroyez par la.. plaine Aguisent leurs abois, 1-10NsAnD, Odes, 11, 14. — Amour en rit, le cruel qui aguise A son dur cœur les traits qu’il m’aparcille, BAD ! Diverses Alnours, 1, _ ! I (I, 332), Aigument, v Aiguement. Aiguosité, Sécrétion aqueuse. — Les roignons par les 1…Tt..nes emulge.nte.s en tirent l’a_iguosité, que vous nommez urine. Rabelais ! III, 4. — 11 ; chies. Vous les appeliez Suiaticques. Hernie.s, ruptures du boyau devailant en la bourse, ou pa.r Riguosité, ou carnosité, ou varices. 11.), , lerietve Declarntion. {111, 202). Ail.— (Proverbe) : Le rno.rtier sent tt.ku-s jours ies — Il sera prevost des marchans Partout y en a de.meschans : Le mortier sent tousiours les aulx, Marot 5 ire. Grup de Cl. Marat., édit. Gui ftrey, II, 473, Une gousse d’ail. Expression employée pour indiquer une —très petite valeur. — [Balde et 1-lippoi.yte] avec. un bon lien d’amitié, s’unissent en-semble, comme vrais freres, reputans leur force ainsi unie estre telle, qu’ils n’estin-teroient pas tout le monde une gousse d’ail. Trad. de FoLENco„ Merlin Coecaie, L. XX (II, 191. Lie pluriel, aue ou ails, est plus souvent employé qu’aujourd’hui. — Il usoit pour mets delettable D’oignons tout cruds, et de porreaux, Et toiLljour..s il sentoit les aulx. DLBELLAY, Jeux litetiques, Epitaphe de l’abbé Bonnet, — S’il ne veut remuer que par les livres, qu’il laisse faire messieurs de Sorbonne qui n’ont point. mangé d’aux comme luy, et que luy mesme leur preste l’oreille. REIGNIER DE LA PLANCHE, Liure des Marchans, 330. — Et rien qu’ails, qu’oignons et que choux Ne remplissent sa pense creuse, LARIVET1 tee TrOlniperies, I, 1. Aile. De haulte helle. De haut vo’. — Le Fouicon se print à respondre en ct>ste manière : 0 gentil Faulconnier… vous devés sçavoir que je suis oiseau de haulte helle. Anc. Pods. franç., X.11, 275. Donner à qqn du bec et de l’aile. Le harceler. — Luy tenant le party de ceux de la_ religion… fut envoyé sommer et preseher par un gentilhomme sien parent, qui lui donna tant du bec et de l’esle, que, miseroblement… il rendit la place par ceste seulle so ! nmation et conseil. Brantôme, Rodom..ontades espaignolles (VIT, 63).. Ni de pied ni d’aile. De nulle façon_ — Nostre zele fait merveilles, quand il va secondant nostre pente vers la. haine, la crua_uté, l’ambition… A conirepoil, vers la bonté, la. benignité, la te.mperance, „ il ne va ny de pied, ny d’aile. MoNTAiurqr…, 11, 12 (II, 155). Ailler. Munir d’ailes. — Jamais le nepveu d’Atlas Ne fut las D’ailer sa. plante legere, Pour annoncer ça et la. Cyotelu’ii a En mandement de son Pere. Du BELLAY1 au SeiglieÉtr de LanseLe I, 277.). — ire deja qu.un dru tout blanc pennage, Plume de eine, ailer vient le dos. I. DoUBLET, Elegie 24. — (Fig.) Par le moins beau qui mon penser aila, Au sein du beau mon penser s’en-vola. RO « .’ÇSARD.„ Amours de Cassandre 1, 1r.-)9. — 0 bouch.e ronde aela.nt beninement Doctes propos.EhicNvori, Erotasmes de Phidie et Gelasine, Sonnet 13. — Car ce vieil faucheur, ce Temps… /Vaut aislé nos années, Les faict voler empanPlustost que les rnesmes ventz. MA(iNT, Odes, 11, 75. — Le soing qui nous picque le plus Est seulement d’aesler les flancs de la Mernmre. °REVIN, la GelOdaeriel p. 92. — Le favorable aczueil aesla si bien ma flItrne, Qu’a l’instant me senty et vivre et trespasser. Id., 110limpe, p. 4_8. » Rendre rapide.. — Toutefois celuy qui presse Court. de pilez. grande alegresse Que l’autre qui fuit dleva, nt, Arnour aislant la vitesse Du jeune Dieu poursuivant. Baïf ! Peemes, I_ (II, 52), — Il a comme un Lion qui suit les cerfs peureux Aellé ses ennemis, et d’un cueur genereux Couru jusques aux bords des oublieuses ondes (Par troupeaux esperclus) antes vagabondes. NuysF..mEN.t., Œu.v. poet., p. 18. — Amour qui avoit aislé s’es pieclz, d qui a.sseuroit son cœur d’e.sperance, luy faisoit trouver le chemin court N. us MoxTPEn._x, ler Lie. des Bergeries de Juliette, Jauni_, 232 vo. — Et d’un arnere-peur, en th de pmc.ipicee Iiz a.ylent. le galop de leur creinte inouvant. poN% Pastorelle, 111, 2, S’aller. Se munir — Lors les vertus, qui s’ailerent, S’envolerent. BELLA). llym.ne de Santé. Ailerette, Petite aile.. — C’est un-serpenteau, Qui au Printemps nouveau _Avecque deux ailerettes Çà et là sus les fleurettes, RONSARD, Odee, (V, 16. — Et qu’on coupe d’un ciseau, Rossignol, tes ailerettes„ Dont tu voles aus bran– chetes ? VAUQUELIN DELA FRESDITAY Foreeteries., 14. — Car je pensois que sa puissance Eut ja ensevely ton los, Et retranché les courcelettes Du crespe de ces aellerettes Que tu bransles dessus le dos. 1 : 3zLt.rAu, Adieu à son Papillon. (II, 460). — Aile. ri% mot sont composez trois diminutifs, Aileron,..1 et Ailerette. Modèle:SC, ' Epithetes. — C’est plaisir que de voir ces Miettes du ciel Aller et revenir pliantes sous le miel Qu’ils ont deçà, delà., cueilly par les Jloret tes Tant qu’en peuvent porter leurs foibles a.eslerettes. GAUCHE1’, le Plaisir des Champs, le Printemps, Discours. — Les monts, les bois, et les prez Diaprez De rousoyan tes fleurettes Semblent eajeunir rioz ans Verdoyans De Paix soue les aislerettes. P. MATTHIEU, Aman, V, p+ 127. Aileron. Petite aile. • Navré je suis en ceste r.i•ie D’un petit serpenteau, qui porte Deux ailerons dessus le dos, Aux champs une Abeille on l’appelle. Belleau, Odes cl’Anacreon (I, 34). Ailette. Petite aile. — Quand le sommeil qui —vole Sur son aislete mole, Se donne doucereux A mes yeux langoureux. Baïf, Amour de Francine, L. III (I, 216). — Verdelet, qui du bocage Viens de tes ailettes Douces et mollettes 1-a..fraischir ce rivage. ln., Eglogue10. Alleux. Batirent sur l’autel de l’immortalité les sacres trophees et triomphes de Palleuse gloire. No-nui-En, Hist, Tolos., II, 149 (G., Compl.). Aillade. Rapin à sauce à — C’estoit uno puante halaine qui. estoit venue de Pestamach de Pan tagruel alors qu’il mangea tant d’aillade. RAI3ELAIS II, 32. — Eselanches à l’aillade. Id., nr, 59. Aillé. Frotté d’ail, Emant aillé n’attire fer. Baïf, Mines, L. I (V, 21). Aillée. Sauce à Ce Zambelle avoit l’esprit phis rond qu’une boule, et aussi aigu que Je pilon dont on pile l’ail pour faire l’aillée. Trad, de FoLENGo, Merlin Coceaie, L. IV (I, 92). Milet. Petit ail. — Mais d’aillet vert et bons oygnons Se prendre en voulez un g petit, Tost vous donra bon appetit. nc. _Nés, franç., II, 115. Ailleurs. Cet adverbe s’emploie souvent là où nous dirions à aida. chose, ou même à une autre personne. — l l nepensuit ailleurs, fors à senfuyri SE y SSE r., trad.d’APPIENt Guerre Parthiqu e, ch. — Eulx se faschant de tel langage, pensent incontinent ailleurs, ou sendorment, ou se…n. vont. Tonie, Champ geury, L. II, 25 — Aucunes fois il convertist et tourne ti cest ouvraige la fureur de ceux qui pensent ailleurs et machinent autre chose. CA LvIN, Instit., XVI, p. 781. Aucunes filles ayans opinion de leur formosité cuydent que l’on ne pense que en elles, qu’on desire à les veoir, et que ron ne tient propos que d’elles, quo que les hommes pensent ailleurs, P. DE CRANGY, In mit. de la Femme ehrestienne, 12, — Quelle asseura.nce estoit-r, Pt que/le fierté de courage, de vouloir que sa mort hi y servist de 1gron, et avoir loisir de penser ailleurs en un si grand affaire ? Montaigne ! III 6 (I I, 55), — Comme celuy qui songeait ailleurs, et qui oublioit ce qu’on luy respondoit, il le luy redemanda encure depuis deux ou trois fois. In., ne 10 (Ils 118)+ — tin homme qui pense ailleurs ne faudra point, à un pousse pros, de refaire tousjours un mesme nombre et mesure de pas, au lien où il se promene. ln., Il, l’Y (III, 45). — Les vers de Petronins„+ ne einciteroient point à boire… mais me feroient bien penser ailleurs qu’à m’enyvrer et gourmander. CrUILL. DOUCI] ET, 1Te Seree (1, 39). — Amour commande et la raison ordonne Que je te laisse en change de ma foy Le tueur jà tien… Ne pense pas que alieurs jamais s’adonne.lAROT, Vers inécl›, Rondeau 81. Amoureu.9. : ailleurs, aimer ailleurs, — Ti u as esté avec celle laquelle tu as long temps trompée par faux bIandissemens, faignant de raymer, lit où tu estois amoureux ailleurs. LE MAçoN, trad. de BOCCACE, Detameron, III, 6 — Car je ne puys, le voyant, supporter Qu’il ayme ailleurs à bon escient sans feinte. MA nc. DE NAV., 1.€8 Marguerites, Comedie (IV, 1.15. Afin, Aimable. Qu’on doit aimer, digne d’Ulm aimé. —-L’utile est de beaucoup moins aimable que l’honneste. MoNTAiGNE, II, 8 (IL 76). — La pauvreté volontaire dont les Religieux font profession est fort aymable, d’autant qu’elle n’empesche pas qu’ils rue reçoivent et prennent les choses qui leur sont necessaires, defendant et lesprivant seulement des superfluités St FitAxiçois DE SALES, Entretiens spirituels, 19 36B). Aimant_ Acier considéré comme symbole de solidité, de dureté). Contre le roc de ta rigueur cruelle Amour m’attache à mille clous d’aimant. RONSARD, Amours de Cassandre, I, 8, — Car, s’ils n’estoyent liez de liaison d’émant, n verroit rebeller tout. mutin element, Et guerroyer l’un l’autre. BAÏP. Poe es, L. V (II, 224), — u milieu des frayeurs je demeure asseuré, Comme.si d’un Aimant j’estois tout remparé, MONTCFIRESTIEN, la Cartaginoise, II, p. 126. Engraver, graver dans l’aimant. — Le Seigneur digit, qu’il lye les iniquitez cnx un sac, qu’il les plye en un faisseau, et les engrave dedens de raymant du pinceau de fer. Convoi, Instit., V, ph 339 ! — Puis que le Dieu des Dieux et des hommes le Pare A qui le Ciel, la terre et la mer obtempere, Se range aux dures loix de la Fatalité, Qu’il grava dans l’aimant de son Éternité. liFlowrcultEsTIEN, Hector., I, p, 4. Almantin. D’acier. — Invention meurdriere D’attacher membre à membre en tourment eter nel, A gros ctoux aimantins, un pauvre criminel. BELLEAu} la Bergerie, 2.ti Journ., Complainte de Prote. cent colonnes aimantines cent portes diamantines Sont ouvertes à tous veLiang. Id.., ib., Tombeau de Lyse de Rieum. — Un Mars haultain Couvert d’un plastron aimantini Luc DE LA PORTE, trad. d’HoraicE, Odes, I, 6. — Ubauld ce temps pendant qui s’estoit advancé, Son aymantin escu a contre luy dressé. P. DE BRA1-15 Hieru-salem, XVI (7 v°)+ Dur, fort, solide, durable, comme l’acier ou le diamant. — Ha trop heureux si le cruel Destin N’eust emmuré d’un rempart ainiantin Si chaste cœur dessous si belle face. RONSARD I. A inettrS aie CaS80114.1fre (I, 5, 4 — Un court despit, une ainianline fa y. In., ib. (I, 13)_ — Et là tenant au poing un grand sceptre aimantin, Tu establis tes loix au severe Destin. In., Hymne de l’terni (IV, 160). — Sois Saint de quelque nom que tu voudras, ô Pore… Aimantin, varié, azuré, tournoyant.. W., Hymne dit Ciel (1V, 251). • Quand esbranlant un bouclier Gorgbontin Tu fis trembler tout le ciel aimantin. In., Poe Les, L. II, Paradoxe (V, 233. — fais allonger son nom, et le rendre aimantin Contre la faulx du Temps, dependoit du destin. ID" Ekg. 1 (IV, 8). — Il me faudrait mie ain-mntine main, La voix de bronze, une plume d’airain, Si je voulois par une digne histoire De ce grand Duc escrire la victoire. lu., l’Hydre desfaict (V, 434-435). —D’Aymant est fait l’adjectif Aymantin et Aymantinel, pour dire aussi fort ou forte qu’Ayn-tant. M. DE LA Po FILTE, Epitheies, 13 ve. — Pourveu que l’œuvre de nature Et l’Empire de Jupiter En sa constante beauté dure, Et puisse les ans dépiter, Lié d’une aimantine chaisne. {{sc| An. Jamny, Œuv. poet., L. I, Ode des Estoiles (51 ro). Donc je porte à jamais des chaisnes aimantines Que m’attachent a_u col deux belles mains m.arbrines. Id., ib., L. IV (163 ro).Ainsi de vous l’a promis le destin Inexorable, au fuseau airnantin, Dur, aceré, d’invincible puissance. RONSARD Bo. cage royal (11I, 232). En mes sens tenaillé, couché sur les espines, Je couvois dans mes os des pointes aymantines. P. MATTHIEU, Aman, IV, p.. 81. Et Clytemnestre en ses yeux m’emprisonne Par ehainons aimantins. Id., Clytemnestre, Il, p. 12. Mais quel arrest aymantin Du destin, Quelle force vehemente, Las ! me contraint d’estimer Et d’aymer Cela qui plus me tourmente ? GuY DE. TIDUR.S Sousfirs amoureitx„ L. Il (I, 57). — Heureux si le destin dessous si belle face D’un rampart aymantin et d’une epaisse glace N’eust emmuré son cœur. Id., Paradis d’Amour (11, 18). — Tant par le cher respect de son propre merite, Que par l’amour sacre qui de nœuds aimantins Sernhloit avoir estraint leurs mutuels destins [d’Achille et de Patrocle]. MONTCHRESTIEN, Hector, I (p. 10). Si du ciel aimantin La norichangeante loy, immuaNe destin., N’eust si tost avancé le soir de rna journée. J. DE MoNTE E CL, Tombeau de Philippe Despoves. D’aimant. N’est-ce merveille encor… Voir ce corps Aymantin animé de fureur… Suivre les l’euz dorez des estoiles Ursines ? Belleau, Amours —des Pierres Précieuses, la Pierre (1.’Aymant. lin de s’accrocher Contre les flancs larrons de PAymantin rocher. In., ib, Qui attire comme l’aimant. Je croyray desormais, Maintenon, la rapine Que Ceres fit jadis du bel Iasion… Puis qu’ay veu la Maistresse à vostre affection, En passant vous ravir, par un petit rayon Ecarté de son œil, plein de force °mantille. Baïf’, DiPerses Amours, L. I {I, 32°321). L’amour tire l’amour d’une force aimanline, Car sa vive vertu languist en la poitrine Du malheureux Amant qui n’est point contr’aimé. Am. JAminq, CEuv. poet., L. II, 82 r°. Luy monstrant comment il falloit user de l’essence de roses blanchies, en laquelle est l’ayrna.ntine vertu, qui attire et repousse ra.me de corps en corps. BEROALDE DE VERVILLEI Voyage des Princes Fortu-nez, p. 409. Pierre aimantine. (Fig.) Attrait, charnie qui attire. La calarnite, et pierre aimantine, qui est tousjours en une bonne compagnie, les tiroit à elle. Trad. de FOLENGO, Merlin Coccaie, L. XX (II, 192).

Aimer. Aimer plus, aimer plus cher. Aimer mieux. Il aymoit plus se taire, que de mettre chose par escrit, qui ne fust veritable. TuevET, Cosmogr., XVI, 7. J’aymeroye plus cher à mourir Que je vous veisse faire °t’Unir. GRINGORE, Sainct Loys, L. II (II, 42). Jayme plus cher mourir, si en mon vivant ne mest loysible de venger la mort de mon cher amy. SEYSSEL, trad. d’APPIEN, Guerres Civiles, III, 2. S’il gaigne en prix un bea.0 fourmage tendre, Tu. gaigneras un. pot de laict caillé ; Ou si le laict il ayme plus cher prendre, A toy sera le faurmage baillé. Marot, COMplainCteS, 4. raimeplus cher mourir pour le salut de la Greco, que de commander à tous ceulx de ma nation. ANITOT, Dite des LaceLéonidas, 10. Ils commencent à trousser bagage et desloger, aymans plus cher mourir pauvres en l’Empire Romain, que s’enrichir des hiens-faicts de Cosroes entre les Perses barbares et impies. LE LOYER, Hist. des Spectres, 111, 15.

S’aimer [en un lieu]. S’y plaire, s’y trouver bien. Les enfants ne tiennent rien de terrien ny des


choses terrestres ; et ne se dit point que leurs esprits, pour s’aymer pres de leurs corps, s’amusent et s’arrestent aux tombeaux et sepulchres. LA BŒTIE, Consol. de Plutarque à.. sa femme (p. 199). — Chez soi (où elle s’aime fort) D’un crespe noir ses rets d’or elle presse. BUTTET, 1’Amalthee, 307. — Le marchant qui fuit la tourmente… Pour un tems s’aime en sa maison. Baïf, Poemes, 14. Vli (II, 362). Tout me desplaist, je ne m’ayme où je suis, Et m’ayme aux lieux où estre je ne puis. JEAN DE LA TAILLE, Eleg. 5 (II, 115). En un lieu je ne demeure Un quart d’heure, Je hay les lieux où je suis, Et m’aime où estre ne puis. Id., la Rustique Amie (Tl, 131). Charles Martel s’aimon en ce lieu là, et y feit faire quelques Eglises. THEVET, Cosmogr., XV, 3. Aupres de ceste ville est la belle maison du Piessis, où s’aimoit tant Loys onzieme. Id., ib., XV, 6. Vous orrez dire souvent, C’est leur paradis : pour signifier, C’est le lieu auquel ils s’aiment mieux. 11. EsTIENNE, Dial. du Lang. franç. ital., II, 128. —.la plus ne s’aime au bergeail Le bestaiI, Ni a son feu le Charnpestre. LUC DE LA. PORTE, trad. d’HORACE, Odes, I, 4. François premier… laissa tout le pays de Touraine et Blesois, pour se loger és environs de Paris… Et aprés luy, Henry cleuxiesme son fils, s’y aima plus que nul de ses devanciers… mÉs entre tous les Roys il n’y en eut jamais un qui s’y airnast tant que le nostre, à present regnant. E. Pasquier, Lettres, X, 11. Le grand seigneur turc, tenant sa cour… a Constantinople, ville où il s’aime et plaist merveilleusement. Var. hist. et hic., III, 205. Les Rois venus depuis Dagobert, s’aimerent à l’entour de Paris. FAUCHET> Origine des Dignitez, I, 9. Toutesfoys comme un Roy a quelques plaisans lieux Où ordinairement il s’ayme beaucoup mieux, L’am(’aussi dans le chef et au cœur se rencontre Plus qu’au reste habiter. A-uBIGNg, Creation, XV (III, 439). ray plus de sujet de —m’aymer en ce monde qu’en nul autre, et regretter à —mourir. BRANTôME, des Dames, part, (IX, 453). (Par analogie, en parlant des plantes.) Se développer {dans un terrain favorable]. Nous voyons les arbres qui s’aiment es montagnes, y estre fort grands et beaux. L. LE BOY, trad. des Politiques d’AritsTom I, 7, Commentaire. Le Rosier ne s’aime point en lieu gras, argilleux, ny aquatique, mais il aime les lieux secs. DE LA PORTEt EpitheleSp 360 vo.

S’aimer [à une action, en un état’. S’y plaire, y prendre plaisir. Ce qui peut plaire à l’un plait à l’autre autrement, Tesmoings les deux bessons divers en farrtasie, L’un s’aimant à l’escrime, et l’autre à l’escuirie. FR. IIABERTt trad. d’IlonAcE, Satires, 11, 1 (Paraphrase). Bien qu’el’suivist Diane, encor s’aimoit el’miens, Qu’en la chasse penible, am repos otieus. Vauquelin de la Fresnaye, Foresteries, I, 8. On feint les plus forts Dieux chasseurs… Car tousjours la grandeur des cceurs, La force et la Noblesse s’aime Aux ehasses. JODELLE, Ode de la Chasse (Tl, 303). Bien que ton cœur n’ait rien De constance dans soy, Si m’aymeroy-je bien Vive et morte avec toy. Baïf, Amour de Francine, L. IV (I, 236). Mais si du mal où je m’aime pour vous Douce est la peine Qui me demeine, Coinbien donc le mourir m’en devroit estre doux ? 1D., ib. (I, 275). Mais le servir gracieux Au gyel tu t’ayme le mieux Sont : y.-eux des belles Dames. MELIN SAI14 ; IT-GELAYS, Sophonisba, Interrnedie. Et l’autre [a.stre, Mars] ardemment sec pour à guerre s’aimer, Rougement enflammé, en sa COlerP arnell. Rend son prochain chaud, sec. Maurice Sceve, Microcosme, L. III, p. 81. 0 malheureux cent fois Qui s’aime à se tenir avec Princes et Boys. EAN oz LA TAILLE, le Courtisan retiré. A unn femme desraisonnable, il ne couste non plus du passer pa.r dessus une raison, que par dessus unt.. autre.. Elles s’ayment le mieux où elles ont plus de tort. Vinjusiice les alleche. Montaigne, 8 (Il, Et tout à l’opp.osite de l’autre, m’aymerois à l’aventure mieux deuxiesme ou troi-siesrne Perigueux, que premier à Paris. Id.7 (IVI 2). Et me semble. excusable, si j’accepte plustost… le jeudy au prix du vendredy : si je m’aime mieux douziesrne ou quaturziesme que treziesine el table. Io., III, 8 (IV, 12). _Aristippus s’aymoit à vivre estranger par tout. Ile.5 III ! ( 100). —NOUS sommes par tout vent. Et Ie vrnt encore, plus sagement que nous, s’ayme à bruire, à s’a, giter et se contente rn ses propres officus. Id., Ill, 13 (IV, 269). La, Muse sur Ie. Luth pour sujiit fist jouer Et les Dieux et Ie. ; Rois, et leurs mignons louer, Les joustes, les combats, la jeunesse s’ayma.nte A picquer the-vaux soubs la. bride écumante. VAL[Qti ELiN DE LA FRESN S, Art poet., I (1, Elle mourut d’une cheutte de cheval, où elle s’aymoit fort. BRA r_lit E.5 Cap. estr., rempereltr Maximilien (1, 58). (Formes,) Les anciennes formes, avec a. au radi-cal atone, sont encore usitées, freine dans la se-oonde. moitié du siècle, niais pourtant Ramus dé-clare que amer est hors d’usage, Et de cela ilz faisoyent du pain bis, Que bien amoyent leaTr.s seduites brebis. MA. RO T, Senn. b012 paSfeur du mauvais. „Pay faict mourir celuy qui tant. m’ama, Que ! j’Emre MOrt soubz terre Pembasrn.a. Jr Bouc il ET 5 Epistres familieres du. TriarverSeur„ 3. Certes j’amerois mieux Revivre en un oiseau, c_d_. voler par les Cieux… Que par deux fois un homme en ce monde renaistre. R.oNSARD, Eleg. —15 (IV, 91). J’a.merois autant mon premier Nedeein. BEHIDALD E E RinL L El. Moyen de parvenir, Respect (II„ Trop rne suit el costoye Fortune dure, et /edoux mal d’amer. Iriinimiu). BEL fi E Concorde des d-eur Langages, rc parti, OH, 103).. Mon arny, mon cher fils Loys Plu-arner je ne te sçauroye Que je rais. ORTNCORE, Sainct Loys, L. I (11, 10). Dieu mercy, ung fa.nt avons.. Il est vrav amer le devons, Car il est bien moriginé. Id., L. IX (if, 291). —Car il Mourut pour trop en amer QUi 111T fin sur la en opportune. J. Bouc"’ET, Epistres fueléi-liere$ Traverseur, 3. On vous doit honnorer, Plus estimer, amer, et reverer Qu’un empereur, qu’un roy, ou autre prince.. Epistres morales Traverseur, I, Nous disons a.ussi Amant, combien que. Amer ne. soit en usaige. RAm us, Grammaire., ch, 13, Tres sa.inete Mere de Dieu… vous estes la plus ayrnable, la plus amante et la plus ayniee_ de. t.outes les creatures. St FRANÇOIS. D E SALES Améour de Dieu, Oraison dédicatoire. Le jour des tres a.mans Apostres saint Piene et saint. Paul. Id., ib., Préface. Cette Mere est la Mere de belle dilection, c’est a dire, la plus ayniable comme la. plus amante, et ! a plias amante comme la plus aymee 11..iilere de cet unicrueFilz, qui est aussi le plus aymable, le plus amant et le plus aymé Filz de cette unique Mere. Id., ib., III, 8. Je ne suis nullement delicat, atria.nt les ceremonies, les complimens. /D., Lettres, 987. _A dvis luy Eut en son dormant que une voix ineon gnue., „ la vint exciter avec sa tres arnee fille. LE-MAIRE D E BELGir:S, le Temple d’Honneur et de Vertu., s 215). N’ayez pas peur d’estre abollye, Loi ! „, payenne_ ma ch.ere amee. GfincoRr., Saine./ _Log’ L. IV (11, 128). Ilz sont joyeux, ca.ndide.s, gratieux el. bien arricz, Rabelais, 1, 10, Ce itov a.mé tousjours„ J. BOUCHET, Epistres fat-enilieres Traverseur, 1 (6 ro). OMS qu’en l’air le grand Dieu du tonnerre Se rue au seing de son amee. Du BELLAY l’Olive, 45. Tenez nostre amé, plein tanquart du 1ln meilleur. RAHELA is, IV, 22. De quoy je me sceu bien garder par le bon exe.mple de mon cousin de Nemours, el de, mes arnez et. feaux aussi cousiu.s le Dite et Chevalier d’Aurrfale. Sat. Min., Harangue de M. te Lieutenant (p.. 78). Par analogie, on trouve au.ssi a et non ai dans des formes où le radical est accentué. C’est surtout une licence de —versification. Or attendu que ces parolles aimes, Et que là gist le trésor de noz aines, Allons nous mettre ati pied de ceste Croix. CRETIN, à la Comtesse de Dampmartin (p. 260). Lors Cupido a.ppelle et a.cointe Lui enjoingnant que de pareille flamme 11 embrasast le CU eur de cfste dame… _.1`tinour respond Pardonne. moy, Pame. BucuEn, Poesies, 30, — Si quelque ennuy ne. ivient rame.ntevoir Le povre liumain d’invoquer Dieu, qui l’aine, En luy disant Homme, penses tu veoir Santé au corps, et paradis à Parae ? MA ROT rhantS tii(JerS, 7. Quand Noble Cueuîe qui d’or portoit une champ d’azur, luy ravyt une lame De son l’ornoys, pour la deseonfiture liplieulx approuver à Io belle qu’il a.me. Id., Vers inédi, Chant 23. De. ceste la, qu.e vostre cœur mieulx a.rne, Nori sans raison, c’est ma susdicte dame. J, BoucirET, Episires tamilieres du Traverseur, 15. Car les mauvais jamais gens de bien n’allient, Par faulx rappors, si peuvent, les diffa.ment. ID, , ib., 41. C’est un amour par lequel mieulx on arne Perdre ses biens, son corps, aussi son ame Que d’offenser Jesus le. bien amé. ib.., 90. Aymer devez ce que le seigneur ame, Et ne devez contredire à la da.me. In., Epistres morales du Tra, perieeur„ 1L —-Et que servyroi ge, ma da.me, Synon —vous ? Vous estes tant belle. Sça.vés vous pas que je vous ame ? Moral à cinq personnages, dans le Théâtre’mystique, p. 199. Regarde, Dame, Combien puissant. est ce Roy ià qui t’aine, Et qui te Feuil consoler corps et. arne. MARG. DE NAV, , lea Marguerites, Comed. du Desert (I I, 201). Unissant le Rien qu’il. ame En, son Tout divinement, L’espouse se perd et pasme En son Tout joyeusement. EAD., ib,. Chansons spirituelles (111, 139), A [’mer (subst.). Certes, un tel aymer, C’est Decialus voletant sur la mer. Marot, Temple de Doubles lévres corarines, Vous par mon ardent armer Peustes mon ame enferrrier. BiliFs Amours’de Meline, L. II I, 58), Lors pa.r un ardant aimer Defermer Je sens ta. bouche su-Grec. P. DE Comai, Œuv. poel., p. 101. Alnçois. Avant.. Le jeudy matin se leva Je due de Savoye, et, après soy estre mis en ordre., voulut..aller trouver le roy; mais ainçoif4 son parlement arrivèrent à son logis lesditz seigneurs d2 Ligny et d’Avennes. SERV1TE un, Hist. de Bayart, cl. 5.. Auparavant. Pa_rquoy, Minos, ga.rdie que tu ne vilenies Devant. le mien son honneur preferer. — Entens ainçoys ce que veulx proferer, Juge Minos. Marot, Jugement de Minos. Ainçois que, ainois que de. Avant de. Seigner il vous fauldra, ainçoys Que de prandre autre médecine. D E NAN’.5 le « Uruk(L. de h.. et fit, 1V, 22). Rien n’est ratifié, en tant qu’il touche la re.publicque, qu’il rie soit premierement disputé par trois jours a la court, ainçois que estre deeerné. J. BLOND, trad, de Tir, Monus, d’Utopie, L. II, 40 ro, —Ainçois que. Avant que. — Ceste gemme est procreée en la teste dun coq., dont aucuns sont dopinion que le coq doit estre vieil et de grand aage ainçois qu’on puist tirer de luy la gemme Radiane. LEMAIRE DE BELG’ES, Couronne Margariiique (IV,.116). —Paris Alexandre feit line saillie : mais ainçois qui ! y eust coups ruez ne dun costé ne dautre, les Troyens… tournerent le dos. Id., altier., II, 19. — Les oisillons dedans leur nid sans plume Par les Pasteurs ont ainsi de COUSturne Estre ravis, ainçois que leurs beaux sons Soient entendus de buissons en buissons. RON— SARD, Epitaphe de Claude d-e r Aubespine (V, 299). Ainçois que. Plutôt que, plutôt que de. — Quant est de moy on me feroit ançoys Mourir martyr qung tel faict entreprendre. M’eau : 1.. D’Ampoisu, le Babiton, 32 vu. — Feray le chois D’estre desgraclé ras, ainçois Qu’estre jamais engarié Jusques là, que sois marié. Rabelais, V, 46, Ainçois, servant à rectifier ce qu.’on vient de dire : mais plutôt, ou plutôt. — Las ! mais mon cœur, ainçois qui n’est plus mien, En autre part ne sçauroit plus entendre. RoNSARD, Amours d.. ? Cassandre (I, 25). — Ce ris plus doux que l’œuvre d’une abeille, Ces dents, ainçois deux rempars argentez. Id., ib. (I, 68). — N’est-ce pas toy, docte Princesse., Ainçois ma mortelle Déesse, Qui me donnas cœur de chanter ? ln., Odes, V, 2. —"Que je me vartgeay bien de tous les grands ennuis Soufferts depuis le jour que je l’avoy laissee, Ainçois depuis le jour qu’à moy plus je ne suis. Baïf,….itnentr de Francine, L, II {I, 183). — Quelle musique, ainçois quelle fanfare Oi-je dela, qui deja se prepare Pour ta. venue à chacun annoncer ? MAnNy, Dern. Poés., p. 11. — Puis que tu sais quelle est mon amitié Et les tourrnens que je souffre, Maistresse, Ainçois plus tost de mon cœur larronn.esse, Que n’as tu, las f de moi quelque pitié ! [D., ib_, p. 42. — Bref, ce n’est qu’inconstance et que pure mensonge De nostre pauvre vie, ainçois de nostre songe. RONSARD, Elegie 15 (IV, 94. —Puis il doit voir un beau jardin, ainçois Un Paradis, des delices le chois. Id., Mascarades, Combats et Cartels (III, 497). — Encor trouveras-tu dés sa. jeunesse ten.dre Que sa fortune, ainçois sa vertu., de prinsauft, Le poussa entre nous au. degré le plus hal.11t. PASQUIER„ LeltreS, V, 4. — Voicy, Meline, la tresse, Ainçois la chaine voicy, Qui m’enehaine en ton soucy. Baïf, DiVerSes Ari1OUPS, L. III (1, asa). — 0 Prince ! ainçois Peffroy De tout Roy porte-sceptre, et qui donnes la Loy A l’esclave univers. Du BARTAS, Judith, I,. 111. — Je le sçay trop, qu’il ne faut que respere, Brûlant pour vous, de me voir alléger ; Et toutesfols je ne veux m’estranger De vos beaux yeux, ainçois de ma imisere. DESPORTES, Diane, 1, 17. — Si Tnon dueil continu vostre oreille importune, Ne m’en accusez oint. Amour, mon puissant roy, Ainçois mon fier.yran, fait la faute et non moy. Id., Elegies, I, 15, r Presque en mesme moment de ce cendreux monceau Naist un ver, puis un œuf, et puis un am Ire oiseau Ainçois le mesme oiseau, qui, né de sa semence Deux cens lustres nouveaux trespassant recommence. Du BARTAS.,’in Semaine, 5e Jour. — Front, marbre ainçois, oit la divinité, La gaillardise et la plus belle grace, Le jeu, le ris, Idalienne race, Ont buriné toute leur déité. GUY DE TOURS, Souspirs ilmoureux, L. I (I, 31). — Ton ame est à ce coup toute desesperée, Toute triste et dolente, ainçois toute douleur. MONTCHRESTIEN, HeCiOr, 1V, p. 43. — Face Dieu par sa saincte grace, qu’on la. voye quelque tems reflorir c.ornme auparavant, à l’honneur de luy, exaltation de son Eglise, ornement de la France, ainçois de toute la Chrestienté. E. PASQU1EB,.Recherches, 1X, 25. Aineis. Mais. — Il ne me semble point vrayainçois rnarreste plustost à ce que dit Strabo en sa Geographie. LEMAIRE DE BELG es, Illeatr., 23. — Ces choses… ne pîaisoient point aux citoyens et populaire de la cité de Troye, ainçois en murmuroient bien fort entre eux. Id.., ib., II, 12. — Rien n’avoit forme, officene puissance, Ainçoys raison. l’un a.ux autres nuysance. l’ilAsoT, Liv. I de la illetamorph. — Et si ce corps avez predestiné A estre un jour par flamme terminé, Que ce ne soit au moins pour cause folle, Ainçoys pour vous et pour vostro parelie. Id., Epistres, — Pas ne diront qu’impossible leur semble D’estre chrestien et plaideur tout. ensemble, Ainçoys seront eux rnesmes à plaider Les plus ardans. Id.., l’Enfer. — Pas les peryens n’auront telles vertus, Ainçois seront semblables aux festus Et à la pouldre au gré du \Tee i chassée. Id., Ps.. de David, L — Pas en elle n’estoit tousjours Comme Christine, ançoys par chaseuns jours Vieillissoit fort. la., le Balladin. — Vous trouverez nostre jugement non faulx, aincoys vray et digne d’estre suyvy. A. SE-trad. de BOCCACE, te PhilOCOpe, L. V, 119 ro. — Ce cueur de Marbre ne s’amolist point, ainçois devient tous les jours de plus en plus dur. Am YOTI • Hist. LEthiop., L. VII !, 90 vo. — Hydaspes… —rte l’attendit pas en son throsne, ainçois luy alla au devant. ln., ib., L. X, 117 vo. — Quelque opiniutre repliquera encores ; Ta langue tarde trop à recevoir ceste perfection. Et je (13.que ce retardement ne prouve point qu’elle ne puisse la recevoir:aincoys dy qu’elle se pourra tenir certaine de la garder longuement, l’ayant acquise avecques si longue peine. du Bellay, Defiefeee, 9. — Tu cloibz penser que les arz et sciences n’ont receu leur perfection tout à un coup et d’une mesme main ; aincoys par succession de longues années. Ie, „ ib., au Lecteur. — Bien qu’il te. plaise en mon cœur d’allumer… Non d’une amour, ainçois d’une Furie Le feu cruel pour mes os consumer. RONSARD, Amours de Cassandre, G. — 0 cœur brutal dessous beauté’divinel 0 cceur felon I cœur, non humaine chair, Ainçois caillou fils d’un aspre rocher 1 Baïf, Amours de Aldine, L. 1 (I, 17). Cambyses n’estoit filz d’une Egyptienne, ainçois de Cassandane fille de Pharnaspes AcheTnenide. SALIAT, trad. d’HÉrtoDoTE, III, 2. — Cela [feston pas la fin ny le but, auquel tendon Lycurgus, que de laisser sa cité commandant à plusieurs ; ainçois… il composa et dressa la forme de son gouvernement, à ceste fin que ses citoyens devinssent fra.ncs de cceur, contens du leur, attrempez en tous leurs faicts. AlinroT, Lycurgue, — Tu te vantes en vain de tes nobles ayeux… Cela ne sert de rien; ainçois fait que nous sommes En l’envieuse haine et des Dieux et des hommes.. ft. GA n rt, Cornelie, 89. —Je suis cause de tout, je le sçay, niais pourquoy Me fait-il torturer par un pire que moy ? Par ce Roy Chaldean qui rien ne le redoute, Qui sa grace n’invoque, amçois qui la reboute. Id., les J’ulves, 2112. — Ce sont ombrages, clequoy nous ROUS plas trons ef en trepayons. Mais nous n’en payons pas, ainçois rechargeons nostre debte envers ce grand juge. Montaigne, 5 OH, 379.— Ils n’ont encor nul avantage, Et de moy ne trionfent point. Ainçois jusqu’ic : i ? ta clernence A soutenu mon innocence, DESPOR-TES, Ps. de David,

Aineesse. Aïnesse, v. Aisneesse.

Ainigmatiser. Dire par énigmes. — Romus, Par le. conseil de isa. doctrine Son oncle Brennus avisoit De peser ce que la courtine De Phehus ainigniatisoit. DEs AuTELs, Faeons lyriques,. Mas. Avant, — il te prie et supplie Responsib avoir ains sepmaine acomplye. CRE-riN, à une Dame de Lyon, p. 243, — Christi y verrez par Dale-id figuré, Et ce a pou.r noz maulx enduiré, Voyre painet, mille ans ains sa venue, Qu’a_prés ! a chose. °scripte et advenue.. MAR.o.r, Ils. de David,.Epiere au Roy.. Avant de. — Avenant le matin, Ains s’attifer de Velours ne Satin… Elle ressemble à. Diane qui chasse. ForicADEL, Œuv. poet., p.18. ins que, ains que de.. Ava.nt — Mes estendards et Piiidons martiens Onc dressay vers m.entens Ou les Medoys, qui se rendent vaincuz \ins qu’anployer leurs lances et escuz. Marot, Jugement de Ains qiie. me. venir, en lisa.nt nies escripts Elle m’ayma, puis voulut veoir ma face. Id., Epigrammes, VU. — "lins que mourir elle dict toutesfoys. : Bien miserabie et poik-re me congnoys Quand pour cuyder la fumee eviter Wou suis venue au feu precipiter, EN.111 _Apologues diESOPE I, 84, — Ains que mourir il lle cygne] est meiodieux. FoachnEL, œrmi. poet., p. 13. — Or cest enfant, comme son pied le’Heine., Dans la forest ombreuse se pourmeine rant partout, airs qu’aviser lebord De Ia fontaine où Patiendoit. la mort. ROPCSAftlf)., Peenie$1 L. I, Ilylas (V, — Je descendra).joyeuse., ayant, ai nslue mourir, Obtenu Ie seul bien que je puis requerni. R.. G A 11.1Ni 1E R Cornelie, 909. — Bref, je vous redoutois ains que vous a.voir veue. DEs-PORTES :, Élegies, 1, 2. — li ne faut toutesfoys L’imaginer sembia.ble à nostre humaine —voix. Laquelle ains que (l’avoir ses effeetz est formee Au cervea.u, puys aprés en Pesprit iinprimee. d ; Ni., la Creation, I (III, 333). Ait ? _3 que. Avant que.. — Xerxes… ains qu’il passilst son armee en Grece, voulut contenter son regard du noble territoire de Troye. LEMAIRE D.É BELnEs. Fluer., I, 21> — Par quoy je suis determiné Ifi•ii voyer, en briefve parolle, Aine qu’il soit ring moys, à Peseolle. GRINGonE„S’ainct Loys, L. IX 201)i. — Mais ains que fusse entré au gouffre noir, Je veoy part un autre vieil manoir. MAnoT, l’Enfer. — Toy, qui du cœur les a.bisrnes congnois, Ains que l’hiver ait ma force ravie, Fay moy brusler d’une celeste envie, Pour mieux goûter ia douceur de tes loix. Du BELLAy, l’Olive, 109. — Toute chose impossible on pourra voir stAins qu.e je face fin de louer et blamer Celle qui me meurdri.st. Baïft AMeitr dd Francine., L. I {I, 134). — Quand restois libre, ains qu’une amour nouvelle Ne se fut prise en ma tendre malle, Je vivois bien-heureux. Ro 14 SARI), AMOUrS de Marie, Chanson (I, 190). — Heureux les peres vieux. des bons siecles passez, Qui sont sans varier L-q1 leur ro3.trespa.ssez, Ains que de tant d’abus l’Eglise fust malade] ID, , Discours à G, Des-Autels Y, 358). — Encor ne sçay-je où tu veux. tendre. — Vous le sçaurez ains que soit guiere. BA : 1 : 12t le Brave, 111, 1— Qui fit jadis clavant les murs de Troye (Ains qu’elle fust des ennemis la proye) Tant de beaux faits ? Id., Amours, au duc d’Anjou (I, — Chacun lors, par le tans rendu plus advise. Voya.nt l’âge qui glisse à la, m’id disposé, Songe faire retraite ains que le jour luy faille. DEsPodurEs, Cteeen.ice, 30. — Or luy, qui prevoyt fist son œuvre au parfaiet, Sans qu’il y manquast rien, ains que l’homme fust faict. AuBlaNÉ, Creation, II (III, 337), Plus tôt que. Nomique recita Un beau propos qu’en pur miel confit a, Qui luy nasquit, au cœur ains qu’im holiChe. Œr.10. p. 44. Plutôt que. — Je me tairay s’ou ne me veut’ouir, Airs qu’on me laisse en ce lieu. solitaire, A moy moleste, et à nul salutaire. LEMAIRE DE BELCES„ i" Epistre de l’Amant Verd (Hl, 6), Ains, servant à rectifier ce qu’on vient de. dire mai, s plutôt, itou plutôt. — Ce qui sera digne diestre charité D’un si grand Prince, ains d’un Dieu dont Ia place Se voit au Ciel ja mons-tirer son espace. JODELLEt Cleopere Captiee, PredŒle (1, — Et ses regars, ains traits d’amours pointus, Que son bel œil au fond du cœur m’imprime. RONSARD% Amours de Cassandre (I, 42). — Mais ma. défaite et digne de grand pris, Puis que le ains le Dieu., qui m’a pris, Combat le Ciel, les Enfers, et. la. Terre. Id., ib. 105). — d’Anjou l’honneur, ains die toute la France, A qui tout Pllelicon s’étale tout ouvert. Baïf, AMOUP de Francine, L. 1 (17 118). —’Toujours devant mes yeu