Dictionnaire des antiquités grecques et romaines/Tabella
TABELLA (Σανίδιον, πινάκιον, πλάκιον). — Planchette, tablette de bois, de pierre ou de métal. Ce diminutif présente d’abord toutes les variétés de sens du simple [tabula], avec cette seule différence qu’il s’applique à des objets de dimensions plus restreintes ; ce sera par exemple une petite table à jeu[1], un petit tableau votif ou autre[2], etc. Mais tabella désigne aussi, et plus particulièrement, une tablette à écrire, quelle qu’en soit la matière[3] ; parmi les nombreux objets de ce genre que l’antiquité nous a laissés, il convient de distinguer certaines poteries d’un intérêt particulier.
I. Tabella cerata (δέλτος δελτίον, δελτίδιον γραμματεῖον). — L’usage de tracer des signes convenus ou des lettres sur une tablette de bois, enduite de cire, remonte chez les Grecs à une haute antiquité : il est déjà question dans Homère d’un message transmis par ce moyen[4]. La littérature[5] comme les monuments de la meilleure époque[6], nous montrent à quel point il était familier aux peuples helléniques non seulement dans les écoles, mais dans la famille, dans les tribunaux, dans le commerce et dans toutes les relations de la vie sociale. Très employées par les romains, les tablettes à la cire ont été encore connues du moyen-âge, et l’on affirme même qu’elles rendent parfois service jusque chez les peuples modernes[7]. À cause de leurs dimensions réduites, on n’y pouvait jamais tracer que des textes assez courts, le volume de papyrus restant toujours affecté aux ouvrages littéraires et, d’une façon générale, à tous les documents d’une certaine étendue [liber]. Les tablettes offraient ce grand avantage d’être portatives, facilement maniables et de se prêter indéfiniment aux corrections. Ainsi sont elles entre les mains de tous les écoliers débutants, qui s’exercent à l’écriture et au calcul ; un peu plus tard ils y tracent leurs brouillons, quand ils font leurs devoirs de style, et elles les aident encore chez le rhéteur à la préparation de leurs discours[8]. On les emporte avec soi, comme nos carnets et nos calepins de poche pour y jeter des notes rapides ; elles accompagnent dans leurs promenades et leurs voyages les gens de lettres, les poètes, les orateurs[9], et aussi les gens d’affaires[10]. Elles peuvent être utilisées pour la correspondance, quand on n’a que des billets à écrire[11] ; ainsi il n’est pas rare de les voir jouer un rôle dans les relations galantes[12]. Enfin, comme elles sont beaucoup plus résistantes et durables que le papyrus, on a l’habitude d’y consigner même les actes les plus importants, quittances, cautionnements, obligations, contrats de mariage, testaments[13], etc. On en voit de très grandes dimensions (fig. 6711) dans la représentation d’une scène de comédie populaire, lesquelles paraissent servir à tenir des comptes[14].
La tabella se faisait généralement en bois commun, tel que le sapin, l’érable[15], le buis, d’où son nom de buxum, πυξίον, πυξιδιον[16], le sycomore[17], etc. Celles qu’on taillait dans le bois de citronnier[18] ou dans l’ivoire[19] étaient, ![]()
Fig. 6711. — Tablettes servant de registres de comptes. naturellement, des articles de luxe. Chacune avait la forme d’un rectangle plus petit, destiné à recevoir l’écriture, de telle sorte que les quatre marges, formant un cadre en saillie, protégeaient le texte, quand plusieurs tablettes étaient serrées les unes contre les autres. ![]()
Fig. 6712. — Tablettes manuelles. Dans la partie en creux, on coulait[20] une légère couche de cire [cera, κηρός, μάλθη, μάλθα][21], mélangée d’une couleur noire ou très foncée[22]. On traçait les caractères à la surface avec la pointe dure et acérée du style [stylus]. Quand la main appuyait sur le style un peu fortement, il pouvait arriver que le bois égratigné conservât, après qu’on avait égalisé la cire pour de nouvelles rédactions, la trace des anciennes[23] ; on n’était sûr d’avoir bien effacé que si on avait gratté jusqu’au bois, ad lignum[24]. D’ordinaire on groupait les tablettes, au moins par deux, assemblage qui formait un diptyque, comparable, moins la décoration, aux diptyques consulaires [diptychon]. ![]()
Fig. 6713. Ce δίπτυχον ou codex[25] rappelle aussi les diplômes de bronze délivrés aux soldats [diploma] ; mais, au lieu du codex duplex, on emploie de préférence pour les actes importants le cahier de trois tablettes (codex triplex, τρίπτυχον)[26], et on en fait aussi qui ont cinq tablettes (c. quinquiplex, πεντάπτυχον[27]) et davantage (c. multiplex, πολύπτυχον[28]). Les tablettes sont unies les unes aux autres, par deux anneaux ou deux cordonnets, formant charnières, passés dans des trous le long de la marge gauche. Et de là vient que le cahier est presque toujours désigné par le pluriel tabellae ; chaque page est appelée cera, de sorte qu’il y a dans le même cahier plusieurs cerae[29]. Pour les plus petits modèles, qui sont en grande faveur à cause de leur commodité, on emploie volontiers le terme de [codicillus], ou celui de pugillares (tabellae) πυκτίον parce que le cahier tient aisément dans la main fermée[30] ; les plats en sont quelquefois enrichis d’ivoire et d’or[31]. Pour enregistrer les actes publics on fabrique au contraire des tabulae de grandes dimensions, dont les énormes codices, quand on les change de place, doivent être transportés sur les épaules [forum, fig. 321]. C’est le codex de tablettes en bois qui a conduit au codex en feuilles de parchemin (codex membranaceus)[32], de plus en plus appréciés depuis le commencement de l’ère chrétienne, et par là au livre moderne [liber][33].
Non seulement les monuments de l’art représentent souvent des tabellae ceratae à côté des autres fournitures nécessaires pour écrire (fig. 6712, 6713)[34], mais encore on en a découvert un grand nombre, tant grecques que latines, portant à leur surface des textes de diverses natures. L’Égypte nous en a rendu plusieurs, d’époque ptolémaïque, où on peut voir des signes sténographiques, des exercices scolaires d’écriture et de calcul, des comptes d’entrepreneurs, etc.[35]. Mais les plus intéressantes sont celles qui ont été exhumées à Pompéi depuis 1875, et notamment la série de 153 tablettes retrouvées en place dans le coffre où les avait rangées le banquier L. Caecilius-Jucundus, avant le tremblement de terre qui ensevelit sa maison, en 63 de notre ère[36]. Ce sont des quittances ![]()
Fig. 6714. — Tablette à trois feuillets ouverts. en écriture cursive[37], qui lui avaient été délivrées depuis 45 jusqu’en l’an 62. Les tablettes en sapin, ont en moyenne une hauteur de 0 m. 10 à 0 m. 15 environ, sur une largeur plus faible ; la plus petite mesure 0 m. 09 sur 0 m. 07. Les triptyques y sont beaucoup plus nombreux que les diptyques. L’exemplaire représenté dans la figure 6714 fait comprendre avec toute la clarté désirable comment les documents étaient enregistrés à la surface des tabellae et comment on s’y prenait pour les rendre inviolables. À côté de beaucoup d’avantages ces planchettes enduites de cire présentaient un grave défaut[38] ; c’est qu’il était très facile d’en altérer le texte, sans que la correction laissât même une trace ; de là diverses précautions imaginées pour les mettre à l’abri de toute falsification [falsum]. Nous savions déjà par les auteurs que le codex, en pareil cas, était fermé à l’aide d’une ficelle, qui en faisait trois fois le tour, triplex linum, et qu’on nouait par derrière ; sur le nœud on appliquait un cachet à la cire, marqué d’un sceau [signum] ; s’il s’agissait d’une lettre privée, l’expéditeur se contentait de son sceau personnel [epistolae secretae] ; mais pour les actes auxquels on attachait plus d’importance, il fallait l’assistance de plusieurs témoins, dont chacun apposait son sceau par-dessus la ficelle[39] ; c’est, par exemple, le mode de fermeture usité pour les testaments [testamentum, signum], p. 1329, fig. 6144] et pour les diplômes militaires [diploma, fig. 2452]. Le triptyque de la figure 6714 contient une des quittances délivrées à Jucundus. Tous ses codices étaient, dans le coffre, rangés debout les uns contre les autres ; le titre tracé à l’encre sur la tranche de la seconde tablette, à même le bois, permettait de distinguer d’un coup d’œil la pièce qu’on cherchait. Des six pages du triptyque les pages 1 et 6, exposées à tous les chocs et destinées à servir de couverture, comme il était d’usage, n’ont reçu ni enduit de cire, ni écriture. Sur les pages 2 et 3 est tracé le reçu, de la main du banquier ou de son secrétaire. La page 4 est divisée en deux parties égales par une gorge parallèle aux petits côtés ; là venait se nouer la ficelle de fermeture, maintenue en place, en haut et en bas, par des entailles pratiquées sur les tranches des deux premières tablettes. Par-dessus cette ficelle, enduite de cire, neuf témoins avaient apposé leurs sceaux ; les cachets ont disparu, mais on en voit encore la trace ; dans la partie de droite on a écrit à l’encre, sur le bois, les noms de chaque témoin, en regard de son cachet. Les deux premières tablettes étant ainsi réunies l’une à l’autre, de manière à assurer une protection inviolable à l’exemplaire de la quittance contenu à l’intérieur, la troisième tablette restait indépendante, elle jouait librement et pouvait être ouverte par le premier venu. Sur le recto, formant la page 5, est tracé le duplicata, l’exemplaire extérieur de la quittance[40].
Il semble que tant de garanties, exigées et sanctionnées par les lois, auraient dù décourager les faussaires ; mais il n’en fut rien ; les testaments surtout étaient fort exposés à leurs entreprises. Pour les déjouer, un sénatus-consulte fut rendu sous Néron, en l’an 61, exigeant une garantie nouvelle : les tabellae ne pouvaient désormais avoir une valeur légale que si le cordon de fermeture, au lieu d’en faire le tour, était passé trois fois, avant le scellement, dans des trous pratiqués de part en part au milieu du bois[41]. Deux des triptyques de Pompéi, datant de l’an 62, doivent être rangés parmi ces tabellae pertusae ou perforatae[42].
Mais nous en avons ailleurs un plus grand nombre d’exemples. On a trouvé[43] dans les mines d’or de Verespatak, en Transylvanie (ancienne Dacie), 25 tablettes romaines, dont la cire porte des écritures tracées de l’an 131 à l’an 167 ap. J.-C. On suppose que ces documents ont été enfouis au commencement de la guerre des Marcomans, qui a jeté le trouble dans la région[44]. Ce sont des triptyques de sapin[45], parfois incomplets, mais ![]()
fig. 6715. — Tablettes avec cachets. du reste en meilleur état que les tablettes de Pompei ; on y a déchiffré surtout des actes de vente et des comptes. Les deux premières tablettes de chaque codex sont des tabellae pertusae ; chacune est donc percée de quatre trous deux le long du dos pour les charnières, et deux autres, se faisant face, au milieu de la pièce, pour le cordon de fermeture [cf. diploma]. La figure 6715 reproduit une page où l’on voit les cachets des témoins encore intacts, maintenant ![]()
Fig. 6716. — Tablettes fermées et liées. le cordon à sa place. Quant à la répartition du texte, elle est identique à celle des tablettes pompéiennes.
Il va de soi qu’on ne prenait pas tant de précautions pour fermer les tablettes, surtout les diptyques de petit format, qui servaient uniquement de carnets de notes ; souvent même ils ne devaient pas avoir de fermeture du tout, comme par exemple le petit diptyque en ivoire, ayant appartenu au clarissime Gallienus Concessus, qui a été découvert à Rome sur l’Esquilin [diptychon], fig. 2454][46]. Cependant l’intérieur des tablettes avait toujours besoin, quand il était enduit de cire, qu’on le préservât des contacts violents ; on employait alors comme fermeture deux cordons ou deux rubans, fixés au milieu du bord extérieur, tels qu’on en voit déjà dans les peintures de vases grecs (fig. 5047) ; ils sont croisés ou enroulés plusieurs fois autour des tablettes et peuvent former sur un des côtés un anneau de suspension (fig. 6716)[47]. Il semble aussi que les registres très gros et très lourds, comme ceux qui servaient pour les comptes du fisc, étaient fermés par des sangles, que l’on serrait d’un bord à l’autre [FORUM, fig. 3261]. Ils pouvaient encore être munis d’une anse, qui permettait de les transporter plus commodément (codices ansati)[48].
II. Tablettes magiques. On a souvent trouvé dans les fouilles des tablettes de métal couvertes d’inscriptions. Quelques-unes sont des formules orphiques, destinées à faciliter le voyage de l’âme initiée dans l’autre monde [orphici], fig. 5437 et 5438] ; elles se rattachent à un culte mystérieux, mais honoré. D’autres, mêlées quelquefois d’imprécations, sont des phylactères, auxquels on attribuait la vertu de conjurer les maléfices et particulièrement le mauvais œil [amuletum, fig. 303][49]. Une série non moins intéressante et beaucoup plus riche est celle que forment les petits monuments classés par les archéologues sous le nom de tabulae ou tabellae defixionis, tablettes d’envoûtement. Une des pratiques les plus usitées dans la sorcellerie antique consistait à vouer aux dieux infernaux un ennemi ou un adversaire, en écrivant son nom, accompagné d’imprécations, sur une tablette que l’on enfouissait ensuite dans la terre ; on s’imaginait que par ce message, adressé aux maîtres du sombre royaume, on paralysait ses moyens, on le mettait hors d’état de nuire ; on croyait ainsi le « lier » (ligare, δεῖν), ou, comme on disait encore, le « clouer », (defigere) [magia, devotio], p. 1503, 1505]. Des tablettes ayant servi à cet usage ont été retrouvées en très grand nombre dans toutes les parties du vieux monde ; on en connaît aujourd’hui plus de cinq cents ; elles ont été publiées par MM. Wünsch et Audollent dans deux recueils qui se complètent l’un l’autre et qui contiennent tous les textes gravés à la surface de ces curieux monuments. Les plus anciens datent de la fin du ve siècle av. J.-C. ; mais ils deviennent beaucoup plus communs sous l’Empire romain, au fur et à mesure que les superstitions de l’Orient se mêlent à celles des peuples classiques[50]. Sauf de très rares exceptions, ces tablettes sont en plomb, probablement parce que le métal de Saturne, divinité hostile aux hommes, concourait à l’effet pernicieux du maléfice[51]. Le plomb présentait aussi cet avantage que la feuille, étant souple, pouvait être pliée ou roulée, de manière à occuper très peu de place : et de fait un grand nombre de tabellae ont été retrouvées dans les tombeaux sous la forme d’un petit volumen ; elles y avaient été introduites subrepticement et après coup, probablement pendant la nuit, par une personne étrangère au défunt ; quelquefois elles avaient été glissées Jusqu’à la surface d’une urne cinéraire, à travers l’orifice ménagé, en vue des libations, dans le cippe en pierre qui la protégeait. Il s’agissait, pour l’envoûteur, de trouver le long d’une grande route, dans un tombeau quelconque, connu ou inconnu, une ouverture qui pût faire l’office de boîte aux lettres à destination de l’autre monde ; mais il ne fallait pas être surpris ; car c’était une profanation. Aussi les tabellae n’ont-elles aucun rapport avec les personnes dont elles ont violé le dernier asile[52]. Quelquefois aussi elles étaient clouées à plat contre une des parois de la tombe et le clou a été retrouvé avec la feuille de métal ; il est même probable que ce clou jouait un très grand rôle dans la cérémonie de la defixio ; car il accompagne parfois des tablettes pliées ou roulées, qui n’ont jamais été fixées contre la pierre[53] ; c’est qu’il avait par lui-même une vertu magique : c’était lui qui était censé transpercer l’adversaire et le maintenir sur place, incapable du moindre effort [clavus, fig. 1616, 1617, 1618 ; [magia], fig. 1782]. Toutes les tablettes que nous possédons aujourd’hui renrent dans une des catégories suivantes : 1o l’envoûté est un plaideur, contre lequel l’envoûteur a engagé un procès encore pendant, et il s’agit de lui faire perdre sa cause ; 2o c’est un voleur, de qui on veut obtenir la restitution de la chose volée ; ou bien 3o un rival heureux, à qui on dispute les faveurs d’une femme aimée ; et il y a enfin 4o les cochers des factions adverses, que l’envoûteur, souvent cocher lui-même, cherche à réduire à l’impuissance, fût-ce par un accident mortel, le jour où ils sont engagés contre lui dans les courses du cirque[54].
La plupart des formules tracées sur les tablettes d’envoûtement ont été rédigées en langue grecque, un bon nombre en latin, ou dans un mélange de grec et de latin ; mais quelques-unes aussi en étrusque, en osque, en punique[55]. Elles contiennent toujours, sous une forme très précise, le nom de la personne envoûtée, jamais celui de l’envoûteur, qui ne pourrait, sans danger pour lui, se dévoiler[56]. Viennent ensuite les noms des dieux chargés d’exécuter l’imprécation ; ce sont Pluton, Proserpine et, d’une façon générale, les dieux des enfers et leurs auxiliaires ; à côté d’eux prennent place, surtout à l’époque impériale, certaines divinités de l’Orient et certains « démons », ou esprits inférieurs, dont les attributions et les noms mêmes sont pour nous pleins de mystère[57]. ![]()
fig. 6717. — Tablette d’envoûtement. On invoque aussi les morts, particulièrement ceux qui ont péri de mort violente ou prématurée[58]. Enfin tout cela est accompagné de « lettres éphésiennes » [ephesia], de mots barbares, de signes cabalistiques, ou de voyelles, rangées à la file dans un ordre déterminé[59]. Une fois la tablette couverte d’écriture, elle était déposée à l’endroit voulu, suivant certains rites destinés à en augmenter l’efficacité ; on y joignait divers débris, provenant de la personne envoûtée, cheveux, rognures d’ongles, morceaux de vêtements, etc., et parfois aussi des figurines faites à son image, ou censées telles, après les avoir liées ou transpercées comme on souhaitait qu’elle le fût elle-même [magia, fig. 4786 à 4789][60]. La tablette représentée dans la figure 6717 est en plomb et mesure Om. Il sur m. 09 ; elle a été trouvée en Afrique, dans la tombe d’un enfant ; elle est aujourd’hui au musée du Louvre ; on l’attribue avec vraisemblance au iiie siècle de notre ère[61]. On y voit, au droit, un démon barbu, portant sur la tête, à ce qu’il semble, une crête de coq ; dans la main droite il lient un vase muni d’une anse, et dans la gauche une lampe allumée ; il est debout sur une barque. Les mots gravés dans le champ, à côté de lui, sont des mots magiques d’une signification inconnue : sur sa poitrine on lit son nom Baitmo Arbitto, la barque porte à sa surface trois noms latins, Noctivagus, Tiberis et Oceanus, qui désignent évidemment des chevaux du cirque. L’inscription du revers ne permet sur ce sujet aucun doute : l’envoûteur, probablement un cocher de la faction rouge ou de la faction bleue, implore le secours du « démon » contre quatre cochers des factions verte et blanche, Clarus, Félix, Primuius et Romanus : puissent-ils verser et périr écrasés, eux et leurs chevaux ! Le « démon » invoqué ici n’est pas distinct de l’âme du mort, retiré de ce monde par Iaô, dieu de la mer et du ciel : « Adjuro te, demon, qui|cunque es, et demando ti|bi ex una ora, ex anc di|e, ex oc momento, ut equos | prasini et albi crucies, | ocidas et agitatore{s) Cla|rum et Felice{m) et Primu|lum et Romanum ocidas, | collida(s), neque spiritum | illis lerinquas[62] ; adjuro te | per eum qui te resolvit | temporibus[63], deum pela(g)i|cum aerium Ιαω Iasdaω | οοριω αηια ». Au-dessous de la cinquième ligne on voit encore le trou, par où passait le clou de suspension.
III. Tablettes de vote[64]. — Les Grecs, dans les assemblées politiques comme dans les tribunaux, ont toujours voté, suivant le cas, soit à mains levées (χειροτονεῖν), soit avec des cailloux (ψῆφος), ou des tessons de poterie portant une inscription [dikastai, ekklesia, ostrakon]. Chez les Romains on a pendant très longtemps voté à haute voix et il faut aller jusqu’à l’an 139 av. J.-C. pour les voir mettre en pratique le scrutin secret ; à partir de ce moment il fut de règle dans les assemblées du peuple ; on y votait à l’aide d’une tablette en bois, tabella, sur laquelle étaient écrits des noms ou des formules. Encore fallut-il plus de trente ans pour que ce mode de suffrage fût appliqué d’une manière obligatoire à toutes les affaires portées devant la plèbe ; ce fut l’œuvre des tabellariae leges : la loi Gabinia exige l’emploi de la tabella pour l’élection des magistrats (an 139), la loi Cassia pour les comices judiciaires (an 137), la loi Papiria pour les comices législatifs (an 131) et la loi Caelia l’étend aux procès de perduellio, d’où il avait été jusque-là exclu (an 107) ; entre temps, une loi Maria (an 119) avait déterminé avec exactitude, afin de mieux assurer
![]()
fig. 6718. — Tablette de vote. l’indépendance du scrutin, les conditions dans lesquelles on devait y procéder [comitia][65]. Quand l’assemblée populaire avait à se prononcer sur un projet de loi, la tablette de l’électeur devait porter, suivant son opinion, soit la lettre A, initiale d’Antiquo [66], soit les lettres V R, initiales d’Vti Rogas (fig. 6718)[67] ; il est probable que des tablettes toutes préparées étaient distribuées aux citoyens illettrés. Dans l’élection des magistrats, il va de soi que l’on inscrivait sur les tablettes les noms des candidats choisis[68]. Dans les affaires judiciaires soumises au jugement du peuple, l’opinion de chacun des votants s’exprimait soit par la lettre L (Libero), soit par la lettre D (Damno). La figure 6719 reproduit une monnaie de la gens Caelia, à laquelle avait appartenu l’auteur d’une des leges tabellariae : on y a gravé, en mémoire de son œuvre législative, une tablette où se lisent les deux lettres L D[69]. Lorsque Sylla eut régularisé l’institution des tribunaux permanents nommés quaestiones perpetuae ![]()
fig. 6719. — Tablette timbrée de deux lettres. [judicia publica, p. 652], on y transporta l’usage de la tabella ; chacun des juges, au moment de siéger, en recevait une enduite de cire (cerata)[70], portant les lettres A (Absolvo), et C (Condemno) ; une monnaie de la gens Cassia nous montre ces deux Fig. 67)9. — Tablette lettres à la fois sur une tablette, qui timbrée de deux lettres, commémore probablement un procès célèbre (fig. 6720)[71]. Quand l’opinion du juge était faite, il effaçait la lettre exprimant l’opinion contraire et déposait la tablette dans l’urne. Au Sénat le vote secret per tabellam fut toujours une exception rare ; sous l’Empire on ne pouvait y recourir que par une autorisation spéciale de l’empereur, difficilement accordée[72]. ![]()
fig. 6720. — Tablette timbrée. Il semble au contraire avoir été usité régulièrement dans les conseils municipaux pour certains cas définis par les lois[73]. Les Arvales, quand ils avaient à élire un nouveau confrère, autorisaient les absents à voter sous cette forme[74].
Bibliographie. — I. V. celle de liber mais en particulier, Alex. Wilthemius, Diptychon Leodiense, Appendix de pagillaribus veterum (1659) : Schwartz, De libris plicatitibus veterum (1717) ; Walch, De pugillaribus veterum (1730) : Marquardt et Mau, Vie privée des R. trad. Henry, t. II, p. 469 ; Thompson, Handb. of gr. and lat. palaeography, 3e éd. (1906), p. 19. — H. Wunsch, C. i. attic. Appendix (1897) ; Audollent, Defixionum tabellae (1904), Bull. arch. du Comité, 1910, p. 142.
IV. Éventail. — Il se composait probablement d’un léger panneau en bois ou en vannerie, de forme rectangulaire, fixé par un de ses côtés à l’extrémité d’un manche, comme ceux dont on se sert encore en Orient [flabellum, fig. 3077[75]].
V. — Panneau d’un battant de porte[76] [janua].
VI. — Galette, qu’on doit supposer, d’après son nom, plate et rectangulaire [pistor][77].
- ↑ Ov. Ars. Am. III, 365 ; Trist. II, 481.
- ↑ 2. Cic., Ad fam. VII, 23 ; De nat. deor., III, 37 ; Suet. Tib. 43 ; Ov., Ars. am. I, 71 ; Plin., Hist. Nat. XXXV, 37, 2 ; Hor. Sat. II, 7, 95 ; Ep. II, 180 ; Ov. Fast. III, 268 ; Tibull. I, 3, 27 ; Juven. XII, 27 et 100 ; Hor. XI, 33.
- ↑ 3. Pierre, marbre, bronze, plomb, etc.
- ↑ Hom. Il. VI, 169 ; Plin., Hist. Nat. XIII, 69.
- ↑ Herodot. VII, 23 ; Soph. Tr. 683 ; Eurip. Iphig. Aul. 798 ; Aristoph. Thesm. 778 ; Batrachom. 3 ; Ps. Plat., Axioch. p. 371 A. Cf. Anthol. Pal. VII, 35 ; Dionys. Comp. verb. p. 209, 2 ; Plat. Def. Orac. p. 434 D ; Alex. 17 ; Lucian. Timon, 21-22 ; Amor. 44 ; Poll. VIII, 128 ; X, 57 ; Corp. inscr. Att. I, 323.
- ↑ Vases peints : educatio, fig. 2598, minerva, fig. 5047. Statuette : Furtwängler, Mittheil d. deutsch. arch. Inst. VI, 1881), p. 174.
- ↑ Voyez les exemples réunis par Kenny Hugues, Archaeologia, t. LV, 1-97, p. 257. ; Thompson, Greek and latin paleography, 2e éd., 1894, p. 23 ; Marquardt, l. c., p. 470-471.
- ↑ Plaut. Bacch. 441 ; Hor. Sat. I, 6, 14 ; Plin., Hist. Nat. XXXIV, 19, 10 ; Quintil. I, 1, 27 ; X, 3, 31 ; Juven. XIV, 191 ; Poll., X, 59 ; Isid., Or. VI, 9,1. cf. educatio, fig. 2598, ludus. Modèles d’écriture sur des tablettes de l’époque ptolémaïque : Felton, Proceedings of the Americ. Acad. of arts, III, p. 371-378 ; Welcker. Rhein. Mus. nouv. sér., XVI, I (1860), p. 155 ; Reeuvens, Lettres, III, p. 111. Autres au Britisch Museum : Rumpt, Verhandl. der Philolog Versomml. Zu Würzburg, XXVI (1869), p. 239. À Marseille : Annuaire de la soc. Française de numism. et d’archéol., III, LXXI-LXXVIII ; Wolff, Philologus XXVIII, p. 176. Textes rassemblés par Erich Ziebarth, Aus der antiken Schule (1910).
- ↑ Catull. 50 ; Cic. Ad fam. IX, 26 ; Plin., Ep. VII, 9 ; Quintil. XI, 2, 32 ; Auson. Praef. In Centonem.
- ↑ Corp. insc. Att. I, 324 ; Prop. IV 23, 20 ; Ov. Am. I, 12, 25 ; Plin., Ep. I, 6 ; IX, 34, 6 ; Sen. Ep. 108 ; Egger, Mém. de l’Inst. De France, XXI, 1, p. 382 ; Rev. arch. VIII, p. 461, 471.
- ↑ Plaut. Asinus, IV, 1, 17 ; Hom. Herod. l. c. ; Cic. Ad Quint. II, 9, (11) ; Sen. Ep. 55, 11 ; Plin. Ep. VI, 16, 8.
- ↑ 12. Plaut. Bacch. 715 ; Pseud. 10-15 ; Prop, IV, 23 ; Catull, 42 ; Tibull. II, 6, 45 ; Ov. Ars Am. I, 437 ; II, 393 ; Apul., Met. IX, 515 ; Mart. XIV, 8, 9.
- ↑ Mart. IV, 70, 2, XIV, 2 ; Lampr. Alex. Sev. 49, 2 ; Suet., Claud. 29 ; Calig. 18 ; Cod. Theod. VI, 4, 23 et 22, 7 : Corp. inscr. lat. II, 4125 ; III, 567, 586 ; Ov., Am. I, 12, 23 ; Cod. Just. VIII, 51, 6 ; Dig. XXIV, 1, 66 pr. : XXXVII, 4, 19 et 11, 1 pr. ; Suet., Ner. 17 ; Hor. Sat., II, 5, 53 ; Gaius, II, 104 ; Paul. Sent. IV, 7, 6. Voyez plus bas les tablettes de Pompéi et de Dacie.
- ↑ Annali dell’ Istit., 1853, pl. cx.
- ↑ 15. Tablettes de Pompéi : Ov., Ars Am. III, 469 ; Am. I, 11, 28, 22, 7 ; Mart. XIV, 3.
- ↑ Prop. III, 23 ; Ov., Am. IV, 23, 8 ; Schol. Ad Hor. Sat. I, 6, 74 ; Hesych. S. v. ; Artemid., Onirocr. I, 53
- ↑ Tabl. Provenant d’Égypte à la Bibl. Nat. A Paris, Rev. Arch. VIII, p. 461.
- ↑ Mart. XIV, 3.
- ↑ Mart. XIV, 3 ; cf. les diptyques consulaires [diptychon] et la fig. 2454.
- ↑ Ov. Ars Am. I, 437 : « Cera rasis infusa tabellis.
- ↑ Poll. X, 57 ; Aristoph. Fragm. 206.
- ↑ Peut-être du goudron Thomson, p. 20, not. 5. Tabl. De cire rouge : Ov. Am. I, 12, 11.
- ↑ Catull., op. IV, 23 ; Ov. Ars Am. II, 395. Tabl. De Pompéi.
- ↑ Cato ap. Front, Ep. ad M. Ant. I, 2 p. 99 Naber.
- ↑ Sen. Brev. Vit. 13, 4 ; Isid. Or. VI, 8
- ↑ Mart. XIV, 6.
- ↑ Mart. XIV, 4.
- ↑ Ibid.
- ↑ Ov. Am. I, 12, 23 ; Mart. IV, 70, 2 ; Gaius, II, 104.
- ↑ Catull. XLII, 5 et 11 ; Sen. Ep. 108, 6 ; Plin, Hist. Nat., III, 69 ; Codicilli Vitelliani, tout petits, pour billets doux fabriqués par un Vitellius ; Mart. XIV, 8-9 ; cf. pugillariarius : Corp. Inscr. lat. VI, 9841.
- ↑ Prop. III, 23, 7 ; Orelli 3838 ; Vopisc Tuc. 8.
- ↑ Mart. XIV, 7, Corp. inscr. lat. X, 6.
- ↑ Sur les tabellae en général voyez encore Cic., Catil. I, 5 ; Tusc., V, II ; Ov. Am. III, 14, 31 ; Ars. Am. III, 469 ; Pont. IV, 2, 27 ; Mart. IX, 103 ; Juven. VI, 199 ; VIII, 142 ; Tac. Dial. d. orat. 36 ; Fest. p. 359.
- ↑ Vases peints ; Cf. [educatio], fig. 2598 ; [minerva], fig. 5047. Statuettes : Heuzey, Figurines du Louvre, pl. xxxi, fig. 1 ; Catal. t. i, p. 193 ; Furtwängler, Mitteil. d. deutsch. arch. Inst. VI (1881), p. 174. Peintures de Pompéi : Mus. Borbon. pl. xii ; Helbig. Wandgemälde, 698, 1048, 1049, 1422-1426, 1719, 1720, 1721, 1722, 1723, 1724, 1725, 1726 ; Annali dell’ Istit. 1843, p. 46, lav. agg. CD ; Welcker, Rhein. Mus. nouv. sér. XVI, I (1860), p. 155. Cf. agonotheta, fig. 185 ; atramentum, fig. 623 ; forum, fig. 3261 ; reticulum, fig. 5937.
- ↑ V. plus haut p. I, n. 8 et Rev.. archéol. VIII, 461, 470.
- ↑ C. inscr. lat. IV, Suppl. Tabulae ceratae, éd. Zangemeister (1898) ;. V. Ibid. (nos 154, 155) deux tablettes trouvées sur un autre point de Pompéi.
- ↑ Ibid. p. 303, n. 22.
- ↑ Outre celui d’être moins lisibles pour les yeux faibles que les papyrus écrits avec l’encre et le calame : Quintil. X, 3, 31.
- ↑ Plaut. Bacch. 714, 748 ; Pseud. I, 1, 40 ; Cic. Catil. III, 5, 10 ; Verr. IV, 26, 58 ; Paul. Sent. V, 25, 6 ; Suet. Ner. 17 : Gaius, II, 181 ; Ulp. Dig. XXXVII, 11, 1, 9, 10-14 ; Inst. II, 16, 6, 3.
- ↑ Overbeck-Mau. Pompei, trad. Kelsey (1899), p. 490-491 ; fig. 262-263 (restaurées). Autres reproductions des tablettes de Pompéi : Niccolini. Le case ed i monum. di Pompei. II, pl. lx : Thédenat. Pompéi. I, p. 133, fig. 95.
- ↑ Suet. Ner. 17 : Paul. Sent. V, 25, 6 : Gaius, II, 181 : Ulp. Dig. XXXVII, 11, 1 § 10-11 ; Inst. II, 16, § 3.
- ↑ Figures 6712, 6713 ; Zangemeister, nos 152 et 155.
- ↑ Depuis 1786 jusqu’à 1855. En majeure partie au Musée de Pesth.
- ↑ Corp. inscr. lat. III, t. II (1873).
- ↑ Ibid. p. 938, no VI.
- ↑ Bull. d. commiss. arch. munic. di Roma, 1874, p. 101-115.
- ↑ De même sur le miroir gravé d’où est tirée la figure 6716 ; Gerhard, Etr. Spiegel, 333 ; id. Auserles. Vasenb. p. 56, 28 ; Ant. Bildwerke, CXV.
- ↑ Corp. inscr. lat. X, 7852. Cf. les fig. de la Notit. dignit. Or. 19, Occid. 17.
- ↑ Audollent, Defixionum tabulae, p. XXXIV en donne une liste. V. Tac. Ann. II, 69 et les textes rassemblés par Audollent, p. CXVII-CXXIII. Synon. [illisible], Ibid.
- ↑ Audollent, p. CXVII.
- ↑ Audollent, p. XLVII.
- ↑ Ibid. p. CX sq.
- ↑ Ibid. p. LVI, note 7.
- ↑ Ibid. p. LXXXIX.
- ↑ Ibid. p. CIX.
- ↑ Ibid. p. XLIX.
- ↑ Ibid. p. LIX-LXV.
- ↑ Ibid. p. LXV-LXVII.
- ↑ Ibid. p. LXVIII-LXXV.
- ↑ Ibid. p. LXXV-LXXXII.
- ↑ Ibid. p. 396, no 236, fig. p. 397.
- ↑ Métathèse pour relinquas.
- ↑ Temporibus (vitae) = vita.
- ↑ Syn. tesseruta : Varr. R. r. III, 5, 18.
- ↑ Cic. Leg. III, 16, 35 ; 17, 38 ; Mommsen, Droit public, VI, 1, p. 465.
- ↑ Antiquare, rejeter.
- ↑ Cic. Ad Attic. I, 14, 5 ; cf. Leg. III, 3, 10 ; 4, 11, 15, 33 ; Planc. VI, 16 ; Leg. agr. II, 2, 4 ; Phil. XI, 8, 19. Pour la figure, voy. comitia, p. 1386.
- ↑ Plut. Cat. min. 46 ; Suet. Caes. 80 ; Cic. De domo, 43, 112 ; Varr. R. r. III, 2, 1, passage douteux.
- ↑ Mommsen, Röm. Münzwes, p. 636 ; Cohen, Med. consul. pl. xiii ; Coelia, 4.
- ↑ Cic. Divin. in Caecil. 7, 24 ; cf. Pro Cluent. 58 ; Pro Flacc. 39 ; Ascon. p. 7, 108, 164 ; In Pis. 40 ; Caes. Bell. civ. III, 83 ; Prop. IV, 11, 49 ; Senec. Benef. III, 7 ; Suet. Aug. 33 ; Mart. VII, 36, 2 ; Pers. IV, 13.
- ↑ Mommsen, Röm. Münzwes, p. 645 ; Cohen, Med. consul. pl. xi, Cassia, no 7.
- ↑ Ps. Sall. De rep. ordin. II, 11 ; Tac. Ann. I, 74 ; Plin. Epist. III, 20 ; IV, 25 ; Mommsen, Droit public. VII, p. 184 ; senatus, p. 1191.
- ↑ Lex Julia municip. lignes 107, 110, 127, 129, 132 : sententiam ferre. C. i. lat. II, 1305 ; X, 4648, 4649 ; XII, 6038 ; Mommsen, Droit public, l. c. note 1 ; Marquardt, Organis. de l’Emp. I, p. 286.
- ↑ Corp. inscr. lat. VI, 2023 ; Heuzen, Acta fr. Arval. p. 156.
- ↑ Ov. Am. III, 2, 28 ; Ars. am. I, 161.
- ↑ Catull. 32, 5 ; Ellis ad h. I.
- ↑ Mart. XI, 31, 9.