Dictionnaire des sciences philosophiques/2e éd., 1875/Achille

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Dictionnaire des sciences philosophiques
par une société de professeurs et de savants

ACHILLE. Tel est le nom qu’on a donné, dans l’antiquité, à l’un des arguments par lesquels Zénon d’Élée, et peut-être avant lui Parménide, voulait démontrer l’impossibilité du mouvement. On suppose Achille aux pieds légers luttant à la course avec une tortue et ne pouvant jamais l’at­teindre, pourvu que l’animal ait sur le héros l’a­vantage de quelques pas. Car, pour qu’ils pussent se rencontrer, il faudrait, dit-on, que l’un fût arrivé au point d’où l’autre part. Mais si la matière est divisible à l’infini, cela n’est pas possible, parce qu’il faut toujours admettre entre les deux coureurs une distance quelconque, infiniment pe­tite (Arist., Phys., lib. IV, c. ix ; Diog. Laërt., lib. IX, c. xxiii, xxix). Cet argument n’a de valeur et n’a été dirigé que contre les partisans exclu­sifs de l’empirisme, forcés par leurs principes à nier toute continuité et toute unité, par consé­quent le temps et l’espace. Mais, à le prendre d’une manière absolue, c’est une subtilité qui ne mérite pas d’autre réponse que celle de Diogène. Voy. Ecole Éléatique et Zénon.