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Dictionnaire françois-latin de Jean Thierry/Tome 1

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DICTIONAIRE


Francoislatin, Auquel


Les mots François, auec les manieres d’vser d’i-

ceulx, sont tournez en Latin


Corrigé & augmenté par Maistre Iehan Thierry auec l’aide &

diligence de gens scauants.


Plus ya à la fin vn traicté d’aulcuns mots & maniere de parler appartenans à la

Venerie pris du second livre de la Philologie de Monsieur Budé.


Aussi ya Aucuns mots & manieres de parler appartenans à la

Fauconnerie ou Volerie.

Dict-Thierry-1564-front.png

A PARIS,

Chez Iehan Macé, au mont S. Hylaire à l’enseigne de

l’escut de Bretaigne.

1564

Auec priuilege du Roy.

Priuilege·du Roy.

Dict-Thierry-1564-privi.png
HARLES par la Grace de dieu Roy de France à noz amez & feaulx·Conlèilliers tenans noz cours deparlemāt de Paris, Rouen, Tholose, Bordeaulx, Diiô, Ais, Grenoble, Bretaigne, baillifz, puostz & Senecbaus desdicts lîeux, Liô Poictiers, Orleans, Tours, Bourges, Angers, Chapaigne ; & à tous noz aultres iusticiers salut & dilectio. Nostre bien aimé Iehan Macé l’un des vingtquatre Libraires iurez de nostre Vniuersité de Paris, nous à faict remonstrer que puis nagueres il a faict reuoir, recorriger, amplifier & augmenter par plusieurs gens doctes,& à grands fraits labeurs & impences, vn liure intitulé, Dictionnaire Francois-latin, autrement dict Les mots Francoys, auec les manieres d’user d’iceulx tournez en Latin.Lequel liure pour estre tresutile & proffitable à la Republicque & augmētation des bonnes lettres : ledit exposant ferbit voluntiers imprimer, Mays il doubte que pour le frustrer de ses iustes labeurs,fraiz & Impenses aulcūs autres le voulsissent semblablement imprimer s’il n’auoit surce noz lettres de prouision & priuilège conuenable, humblement requerant icelles. nous à ces causes inclinans liberallement, à la supplication dudit Iehan Macé : à icelluy auons donne & octroyé & de nostre grace especialle, par ces presentes donnons & octroyons preuilege, congé,licence & permission de imprimer ou faire imprimer & exposer en vente ledict liure iusques au temps & terme de six ans, à compter du iour qu’il sea parachevé de imprimer. Pendat lequel temps auons expressement inhibé & deffendu : inhibons & deffendōs à tous autres marchans, libraires imprimeurs & aultres personne qu’il appartiendra,de iceulx imprimer ou exposer en vente sans le consentement dudit exposant. Sur pesne aulx contreuenans de cōfiscation desdictz liures, d’amende arbitraire & de tous despens, dommage & interestz enuers ledit Mace. Auquel, en oultre,auons permys & permectons que en mectant ou faisant mettre au commencemēt ou à la fin dudit liure vn sommaire ou extraict du contenu en ces presentes ; Elles soient tenues pour suffifammēt notifiées & veues à la notice & cognoissance de tous, sans que aulcun en puisse pretendre cause d’ignorance. Si vous mandons & à chascun de vous en droict soy &, si comme a luy appertiendra, commectons & expressemēt enioignons que de noz present preuilege, licence & permission, & de tous le contenu cy dessus vous faictes, souffrez & laissez ledict Iehan Mace & ceulx qui de luy aurōt droict,
ioir & vser pleinement & paisiblement, tous trouble & empeschement au contraires cessans. Et à ce faire & s’offrir contreignez ou faictes cõtraindre tous ceulx qui pource seront à contraindre par toutes voyez deues & raisonnables nonobstant oppositions ou appellation quelconques & sans preiudice d’icelles. Pour lesquelles ne voulons estre differé, cartel est nostre plaisir, nonobstant comme dessus & quelzconques lettres à ce contraires. Et pour ce que de ce present octroy & priuilege l’on pourroit auoir affaire en plusieurs lieux : Nous voullons que au vidimus d’iceluy verifié par l’un de noz amez & feaulx notaires & secrettaires ou pardeuant deulx notaires Royaulx foy soit adioustée comme à l’original. Donné à Paris le dixneusiesme Iour d’Aoust,L’an de grace mil cinq cens Soixante & vn : Et de nostre Regne le premier.


Par le Conseil
Descoulay.

A TRESILLUSTRE

& tresmagnanime Prince Mon-

seigneur iean georges palatin

du Rhin, Duc de la haulte & basse Bauiere, Viconte de Vvaldent, &c.

Dict-Thierry-1564-pref.png
Onseigneur, comme tout le monde tient pour vn singulier bienfaict venant de la prouidence de Dieu d’auoir de nostre temps suscité infinis gens de bien & de scauoir pour esclarcir les bonnes lettres & disciplines par l’iniure du temps, comme plongées en toute·obscurité, & qu’il luy ait pleu inspirer plusieurs grands Princes & Seigneurs par toute la Chrestienté pour tenir la main à la restitutîon & esclarcissement des bonnes lettres : on ne doibt pareillemēt moins recongnoistre venir de la mesme prouidence l’instrument & moyen de faire tous les hommes participāts de ce grand bien, qui est l’Imprimerie. Lequel moyen comme il n’a esté trouué à vne fois en telle perfection comme nous le voyons, graces à Dieu, maintenant : außi ceulx qui se sont le plus employez par le paßé & ont le plus apporté d’industrie & trauail pour l’amener à cette perfection de laquelle on recoit l’vtilité esperée, doiuent, estre grandement estimez & reputez veritablement comme succitez de Dieu, duquel, par l’exemple si notoire qui est deuant noz yeuls,& lequel nous touchons à la main(apres les bienfaicts incomparables cy dessus mentionnez) nous n’eußions peu receuoir vn plus grand bien. Lequel bien,comme il a esté espandu par toute la Chrestienté, außi le renom de ceulx qui en chascune partie d’icelle se sont addonez l’aduancer a pris tel accroissement, qu’il ny a homme qui ait auec la congnoissance des lettres quelque vsage de raison, en la memoire duquel il ne soit conserué. Ie ne parleray pour n’estre trop long,des aultres natiōs. Quant à la France elle ne peut qu’elle ne celebre grandement la memoire, comme elle se sent avoir esté ornée par son industrie, de defunct Robert Estienne, lequel peut estre dict auoir esté le premier qui a faict que la France pour le regard ne cede à aulcune aultre nation : De quoy sont soy tant de beaus & excellens livres & Latins, & Grecs, & Hebrieus, plus ençores recherchez aujourd’huy que du viuant de l’Imprimeur. Et n’eust esté la calamité qui luy suruint comme à la moytié de son chemin laquelle luy retrancha vne bonne partie des commoditez desquelles il se seruoit pour cet effect, n6us eußions vn nombre infini de liures de son impreßion plus que nous n’auons, & de ceulx qu’il auoit desia mis en lumiere, venants principalement de sa diligence, comme Dictionnaires, pour soulager la ieunesse nous en verrions vn bon nombre augmenté & corrigé en infinis endroicts. Entre lesquels il deliberoit mettre le Dictiōnaire Francois-Latin des premiers, pour n’auoir rien espargné à le faire reueoir à plusieurs scuāts personnages qui
l’auoient en cet endroict infiniment aydé, & nomméement à M. Iean Thierry homme de grande érudition : & pour scavoir tresbien que tel qu’il auoit peu sortir de son imprimerie pour la premiere fois, il auoit esté soingneusement recueilly & apporté vne vtilité grande à tous desirants entendre la proprieté de la Langue Francoyse, de laquelle on veoit plusieurs estrangers, voire Princes & grands Seigneurs voisins d la France auiourdhuy merueilleusement estudians, l’estude desquels & le desir tās honneste ne se pouuoit mieux entretenir ne augmenter que par vn tel ayde & support, auquel lisant es liures Francois, s’il se prsente à eus quelque diction plus obscure & non entendue, ils puissent auoir recours pour trouuer sans grand ennuy ne peine l’explication & propre intelligence de tous mots, mesmes les plus fascheus de ladite langue Francoyse & esloingnez de l’vsage commun. Car ie puis dire qu’il n’y a ne science ne art ne mestier desquels les propres & plus particuliers mots (vulgairement de peu d’aultres, que de ceus qui ont longuement versé aus dictes sciences, arts & mestier, cogneus & entendus} n’y soient diligemment & proprement expliquez, comme il sera facile à tout homme qui a cognoissance de ladicte langue de le iuger à la premiere veue & lecture dudit liure. Chose laquelle estant de soy tant recommendable & profitable qu’vn chafcun ait m’a principalement incité à r’imprimer ledit liure,duquel, y a quelque tēps que i’ay recouuré l’exemplaire pardeca par ledit Robert Estienne auant que partir de France, lequel ie me suis ingeré,Monseigneur,de vous dedier,tant pour ce que tous liures de telle parure sont en premier lieu escripts pour le soulagement de tout estrāgier desirant de bien & parfaictement entendre nostre langue,que pour ce que ie scay qu’en auez bien bonne cognoissance,encores que n’ayez iamais veu la France,ayant esté à ce tresheureusement mené & conduict, oultre le bon esprit & grandes graces qu’il a pleu à Dieu vous departir, par M. Iean Pilot homme de tresgrande erudition & d’vne humanite singuliere, qui mesmes a communicque au public,il y a ia assez longtemps, la methode de laquelle il a vsé à vous enseigner grandement recueillie de tous estrangers affectionnez d nostre dicte langue, & prisée de tout homme à ce se cognoissant. Il y a plus, Monseigneur,que me souuenant de tamt de bien & d’honneur qu’il vous pleut me faire lors qu’estiez à Heydelberg de me receuoir tresbenignement vous faisant la reuerençe, & lequel ie recoys continuellement de vostre tresnoble & tresillustre maison marchant à seureté, frequētant les foyres de Francfort soubs la protection par ses terres & Segneuries, ie serois reputé, comme à bon droict, tresingrat & tresindigne de telle faueur, si se presentant telle occasion que cette ci ie la laisserois passer sans vous faire quelque démonstration, ne pouuant rien plus du singulier desir & deuotion grande que i’ay, s’il plaisoit à Dieu tant me fauoriser que de m’en donner le moyen de vous faire treshumble service d’außi bon cueur,


Monseigneur, que ie suppli vous donner tout heur & prospérité.


Vostre tres humble serviteur I. D. D.

Dictionaire Francoislatin

Dict-Thierry-1564-A.png
Cause, A cueur, A droict, A l’adventure, A loisir, A propos, A raison, A sçavoir, A temps, A tort, & semblables, cerchez Cause, Coeur, Droict, Aduenture, Loisir, Propos, Raison, Sçauoir, &c.

Ada, Aduas fluuius qui in Rheticis iugis oritur, labensque per Veltlin, ingreditur in lacum Cumanum, qui olim Larius dicebatur.

Aage, AEtas, Aeuum.

Commencement d’aage, Iniens aetas.

Accroissement d’aage, Progressus aetatis.

Bas aage, Ætas minor XXV. annis, qu’on dit aussi minorité d’ans.

Petit aage, Ætatula.

L’aage d’un an, Annicula aetas, Annua aetas.

L’aage de deux ans, Bimula aetas, Bimatus, huius bimatus.

L’aage de trois ans, Trimatus, huius trimatus.

L’aage de quatre ans, Quadrimatus. De cinq ans, Quimat’.

L’aage de quatorze ans és masles, et de douze és femelles, Pubertas, pubertatis, Puber aetas, nubilis vtrisque aetas.

L’aage de dixhuict ans, Plena pubertas.

Außi aagé l’vn que l’autre, Pares aetate.

Tout d’vn aage, AEquales, AEquæui.

Ils estoyent tout d’vn aage. Vna ætas erat.

Il est de cest aage la, Ea ætate est, illa ætate prædicus est.

Rapportée l'aage l'vn à l'autre. Cōparare aliquorā gratem.

Il a dict que ie n'estoye pas si aagé que son filz. Me infra gratem filij sui posuit.

Des son ieune aage, Iam inde de ab adolescētia, A pueritia, Inde ab incūte ætate, Ab adolescētulo.

Des que ie commencoye à venir en aage, Ab ineunte adolescentia, A prima adolescentia.

Aage maniable & aisée à gouuerner, A Etas mollis.

Il n'est pas encore en aage de perfection, Nondum ad maturitatem peruenit.

I a fait qu'il n'rait point encore l'aage de pouuoir, &c. Etsi abest maturitas ætatis, tamen, &c.

Estre en aage de pouoir faire quelque chose, Per ætatem posse aliquid, Legitima ætas ad petendum magistratum.

Qui est en aage de pouoir administrer le royaume, Potēs regni.

Qui sont en aage d'engendrer, Puberes filii.

Aage idoine à porter les armes, A Etas militaris.

Aage robuste, Prædura ætas, Adulta ætas, Firmata, Confirmata, Corroborata.

Fleur d'aage, Integra ætas, Media ætas, Flor ætatis. Venir en aage de virilité, Excedere ex ephebis.

Aage raßise & posée, Composita ætas.

Le plus grand aage qu'on peult viure, Summa ætas.

Aage tournée à oisiueté, AEtas deflexa ad otium.

Aage en laquelle on grille & tombe en facilement en péché, Lubrica adolescentis.

L'aage s'en va & se passe legierement, Volat ætas, Fugit ætas.

I'ay aimé ce pendant que l'aage si addonnoit, ou que l'aage le portoit, Dum ætas tulit, amaui.

Aage conuenable à faire quelque chose, Opportuna ætas.

Tout aage n'est pas conuenable à se iouer, Non omnis ætas ludo conuenit.

Aage mariable. AEtas nubilis.

Aage à laquelle aisément on peult faire desplaisir, AEtas iniuriæ opportuna.

L'aage de la fille n'endure point que ie soye negligent, Non ma-


net ætas virginis meam negligentiam.

Chascun selon son aage dit son opinion, Vt quisque ætate antecellit, ita sententiæ principarum obtinet.

Employer son temps & son aage à l'estude. AEtatem extendre in studiis. AEtatem consumere in studiis, Insenescere studiis, AEtatem impendre studiis, Contenere ætatem in studiis, traducere ætatem, &c.

Passer son aage, Exigere ætatem, Exercere ætatem.

Passer son aage sans se mesler des affaires publiques, AEtatem a rep. procul habere. L'aage que i'ay par cy deuant vescu, Superior ætas.

En cest aage, Hoc ætatis.

Iusques à cest aage ci, Ad hoc æui.

Nous sommes de cest aage la, Id ætatis iam sumus.

Il n'est plus en aage d'estre soubs un maistre, Excessit illi ætas ex magisterio.

L'aage l'a surprins, il est ia vieil, Illi ætas accessit.

Vn aage vient apres l'autre, AEtas succedit ætati.

Femme de bon aage, Bona ætate fœmina.

Fort aagé, ou Qui est de grand aage, Grauis ætate, vel annis, Magno natu, Obsitus æuo, Plenius annis, Grādæuus, Prouecta ætate homo, Grandis natu, Annosus.

Non pas fort aagé, Non admodum grandis natu.

Estre plus aagé qu'un autre, Præcurrere aliquem ætate, AEtate anteire, Antecedere ætate, Addita ætate esse.

Ie suis le plus aagé, Sum natu maximus.

Grand aage, Grandeuitas, Grandis ætat, Summa ætas.

Homme de grand aage, Presbyter, Senior.

Il ha de l'aage, ou il est aagé, processit ætate.

Aage auquel on ne peut plus trauailler, Emeriti anni.

Le dernier aage ou l'homme peult paruenir, Suma ætas, Decrepita ætas, Exita ætas, AEtas effœta, Extrema ætas.

En son dernier aage, Supremis suis annis.

Aage declinant sur la fin, Præcipitans ætas, Flexus ætatis, Denexa ætas, Vergens ætas.

L'aage qui de iour en iour s'appesantit, AEtas ingrauescens.

En son vieil aage il vient en enfance, Senecta ætate factus est puer, Repuerascit.

Aage abbaissee, Declinata iam ætas, Precipitata ætas.

Qui est sur le bas de son aage, Declinis ætate, Prouectus ætate, vel Prouecta ætate homo.

Qui est de long aage, Longæuus.

Aage passé, Acta ætas, Affecta, Exacta, Decursa, Præterita.

Apres l'aage passé, Exacta ætate.

Qui est hors d'aage, Exactæ ætatis vir.

Tu estois hors d'aage de prendre femme, Tua præterierat iam ad ducendum ætas.

Quel aage t'est il aduis que i'aye ? Quid tibi ego ætatis videor ? Plaut.

Homme aagé, Annosus.

A B

Abacuc, La mer d'Abacuc, ou d'Abacuth, Latinis mare Caspium & Hyrcanum. Aucuns l'appellent Mare de Sila.

Abaisser, cerchez Abbaisser.

Abandon, ou Bandon, Indulgentia, Licentia.

Abandonner aucun, Aliquem deserere, aut destituere.

La paillarde abandonne son corps, Corpus suum vulgo publicat meretrix, Corpus suum vulgat, Se prostituit.

S'abandonner à pleurs comme une femme, Proiicere se in muliebres fletus, Dedere se lamentis muliebriter.

S'abandonner à plaisir & voluptez desordonnez, Se libidinibus constringendum tradere. S'abandonner & s'adōner publiquement à paillardise, Collocare se palam in metetricia vita, dedere se libidinibus. Se garder d'vne paillardise, & s'abandonner en vn autre, Continere se in aliqua libidine, in alia se effundere.

S'abandonner à toutes superfluitez, delices, & voluptez, Luxuriare, vel Luxuriari, Dedere se luxoi.

S'abandonner à ieux, Lusibus indulgere. S'abandōner au dāger d'estre oultragé, Osserre se cōrumeliæ.

Abandonner sa liberté, & se rendre serf, pour un autre autruy, Gratificati libertatem suam alicuius potentiæ.

Abandonner ses œufs, Incubationem derelinquere.

Abandonner femme & enfant, Abrumpere vincula vel retinacula necessitudinis & charitatis, Pignora sua pro derelictis habere. B.

Qui m’ont abbandonné quand il estoit question de ma vie & honneur, Desertores salutis meæ.

Celuy qui abandonne la vie d’aucun au premier qui le pourra tuer, Proscriptor.

Celui duquel la vie est abandonnée au premier qui le tuera, Proscriptus.

Abandonné, Defectus. Destitutus, Dissolutus.

Delaissé & abandonné des medecins, A medicis deploratus.

Vne prouince abandonnée au pillage, Prouincia prædandum exposita.

Chose trop abandonnée, Licentior res.

Encores que toutes choses me fussent abandonnées et libres, Si essent omnia mihi solutilsima, tamen, &c.

Abandonnement, Desertio, Defectio, Destitutio,

Abandonnement de raison, Defectio a recta ratione.

Abandonnement, Licenter, Indulgenter, Soluté.

Abastardir & corrompre vne chose, Adulterare.

S'abastardir, Degenerare.

Abbaisser. Semble que Bas vienne de ce mot Grec Basis, & que Abbaißer, vault autant que mettre à bas comme qui diroit, Ad basim, subaudi, deprimere, vel quidpiam simile.

Abbaisser, acut. Deprimere, Recellere, Demittere, Deiicere.

Abaisser & fouler, Premere.

Quād quelque chose s'abaisse, Subsidere dicitur res aliquid.

Abbaisser vne place & vn lieu, Deprimere locum.

Abbaisser une chose en la desprisant, Affligere rem aliquā vituperando.

Abbaisser la majesté ou dignité d'aucun, Deducere majestatem alicuius, Dignitatem alicuius frangere.

Abbaisser quelque chose & la despriser., Eleuare.

Abbaisser, & amoindrir le loz & honneur d'aucun., Gloriam alicuius refringere.

La riviere s'abbaisse, Summimittitur flumen.

Soy abbaisser à penser choses viles, Cogitationem in rem humilem abiicere.

S’abbaisser jusques à la petitesse de laquelle ont accoustumé d'vser ceulx qui sont accusez, Submittere se in humilitatē.

S’abbaisser enuers aucū & le prier, Abiicere se supplicē alicui.

Qui s’abbaisse devant vn autre comme on fait deuant Dieu quād on le prie, Supplex.

Quand vn plus grand s’abbaisse à vouloir entendre les affaires d'vn moindre, Descendere ad curas alterius.

Faire abbaisser le pris des viures, Leuare annonam.

Qui va en abbaissant & en empirant, Deflorescens.

Abaissé, Deiectus, Demissus, Depressus.

[Abbaisseur d'orgueíl, Infractor, vel domitor superbiæ.

Abbaissement de voix, Submissio vocis.

Abbaissemēt de courage, Animi demissio, Infractio animi.

Abbaissement de son estat, Capitis diminutio.

Abbatre, Decutere, Destruere, Deturbare, Diruere, Percellere, Prosternere, Euertere, Excidere‚ Рessundare. Videtur scribi debere dictio per s, АЬЬаstrе : vt sit verbum factum à bas, quod significat infra, quasi tu dicas, Iecter à bas.

Abbattre vn edifice, Disturbare ædificium. B.

Abbattre vne maison, Demoliri domum.

Aisé à abbatre, Facile decussio.

¶ La faim & la soif abbatent le corps, Afficiunt corpora fames & sitis.

Cela abbat l'yurongnerie d'vne personne & la desenyure, Illud discutit ebrietatem hominis.

Vaincre quelqu'vn & abbatre qu'il soit des nostres, Perfringere aliquem.

Abbatre quelqu'vn de parolles & gaigner, Cōficere aliquem.

Abbattement, ou Abbatis, Deiectus, Prostratio, Decussio.


Grand abbatis, Magnas strages.

Faire grand abbatis, Magnas strages edere.

I’ay tout le cœur abbatu, Marcet animus, B.

Ils m’ont abbatu, Me labantem conuellerunt, B. ex Cic.

Abbay. Semble que ce mot et sa suite soyent derivez de ce verbe deponent Baubor, baubaris, qui signifie abbayer. Ou plustost tant ce verbe Baubor, que ce mot Abbay et sa suite, sunt verba factitia a sono canis lattantis.

Abbay, Latratus, huius larratus.

Tenir aucun en abbay, Producere aliquem falsa spe.

Abbayer, Latrare, Oblatrare.

Quand l’eau bat contre quelque rive, tellement qu’elle semble abbayer, Allatrant maria oram aliquam.

Abbayer à quelqu’un, Allatrare aliquem.

Abbayement, Latratus, huius latratus.

Qui abboye ou Abbayeur, Latrator.

Abbayant, ou qui crie contre aucun. Oblatrator.

Abbé, ab Abba, dictione Syra, quæ parrem significat. Cœnobiarcha, Hetæriarcha, Antistes. B Abbatis. Erasm.

[L’AЬЬé mange au cōuēt, Hetæriarcha opulatur cū sodalibus.

Abbesse, Antistes, vel Antistica. B.

Abbaye, Antistitium, Cœnobiarchia, Hetæriarchia, Abbatia. Eras.

[Abbecher, Illicere, Inescare.

[Abbeché, Illectus, Inescatus.

Abbregé, il descend de ce verbe Abbreuiare. Dont aucuns prononcent Abbreuié.

Vn abbregé, Breue, Breuiarium, Epitome, Cōpendium.

Abbregé de quelque chose que ce soit, Summa, Summæ, Epitome, epitomes.

Ce sera le plus abbregé, Id erit compendiosius.

Abbreger, Breuiare, Contrahere. Circuncidere quæ ad rem non pertinent B. ex Varrone. [Aucuns prononcent Abbreuier.

Abbreger quelque chose, & le dire en peu de parolles, Perstringere rem aliquā, Circuncidere, in cōpendium conserre.

Abbreger & acourcir son chemin, Itet reprimere.

Abbreger le temps, Tempus contrahere.

Pour аbbreger‚ Аd summam, In summa, Vt in pauca соnseram. Ne multa B. ex Cic.

Abbregement de proces, Compendia litium.

Abbreuver, ou Abbreuver les chevaux, Aquari, Adaquare.

Abbreuer quelque chose de quelque liqueur pour la premiere fois, Imbuere.

Abbreuver son esprit de quelque art, Ingenium artibus imbuere.

Tout abbreué, Imbutus. B. ex Liuio.

La terre n’est point abbreuvée de pluyes, ou mouillée, Terra pluuiis non abluitur.

Ils sont abbreuvez de ceste opinion, Imbuit mentem eorum ea opinio.

Vn abbreuvoir, Aquarium.

Mener à l’abbreuvoir, Appellere ad aquā, Adaquare equos.

Abece, Abecedarium, Alphabetum, [Tabula abecedaria, Libellus abecedarius. Ce mot est composé des trois premieres lettres Latines a b c, cōme en Grec des deux premieres.

Apprendre son abecé, Discere elementa.

Enfant qui apprend son abecé, Abecedarius puer, Elementarius puer.

[Abbeuille, Abbatis villa.

[Abbeille voyez Aueille.

Abhorrir, ou Abhorrer vne chose, c'est à dire, L'auoir en horreur, Abhorrere, Exhorrere, Abominari, Auersari.

[Ie ne suis trop abhorrant de ceste opinion, Ab hac opinione non multum abhorreo.

[Chose abhorrante, Horrenda res.

Abiect. De quoy on ne tient compte, de quoy on ne fait point d’estime, Abiectus.

Abile, voyez Habile.

Abiller, voyez Habiller.

Abisme, voyez Abysme.

Ablatif, Ablatiuus, Auferendi casus, Casus Romanus.

Able, ou Ablette, Poisson ainsi nommé, Alburnus, Semble que le nom tant François que Latin, vienne de ce mot, Albus, qui signifie Blanc : comme si nous disions par transposition de lettres Able pour Albe. Telle transposition de lettres est fort frequente en toutes langues.

[Ablution, c'est à dire lavemēt, Ablutio, Baptismus, Lotio.

Abolir, Abolere, Abrogare, Antiquare, Conuellere, Exterminare, Inducere, Interuertere, Obliterare, Resignare, Delere.

S’abolir et aller hors d’usage, Obsolescere, In desuetudinem abire.

Abolir ce qui est fait selon les loix, Quod factum est legibus rescindere.

Abolir les loix, Leges euertère, Leges extinguere, Possundare et obterere.

Abolir le bruit du peuple Romain, Nomen populi Romani delere.

Abolir la memoire d’une chose, Rei alicuius amnestiam esse lubere in perpètuum, Memoriā rei alicuius obruere.

Oster et abolir ce que aucun a faict, Sustollere atque irrita facere quæ quis gessit, Antiquare.

Abolir du tout quelque magistrat, Dictaturam solo æquare.

Abolir vne escripture par petis poincts qu’on met au dessoubs de chaque lettre en la maniere des anciens, Expungere.

Abolir une partie d’une loy par une nouuelle, Derogare.

Abolir un magistrat, Imminuere magistratum, B. ex Plin. iuniore.

Aboli & hors d’usage, Abolitus, Obsoletus, Antiquatus.

Opinions abolies, Circumscrptæ sententiæ.

Bailler lettres d’abolition comme fait le Roy, Crimen vel nomina reorum abolere.

Abolition de creances et vieilles scedules, Generale abolition de debtes passées, Tabulæ nouæ.

Abolition de comptes, Alogistia, vel Alogia, B.

Abolissement, Abolitio, Abrogatio, Antiquatio.

Abolissemēt d'vne partie d'vne loy par uvne nouuelle, Derogatio.

Abominer, ou avoir en abomination, Abominari, Detestari, Auersari.

Abominable, Abominandus; Detestabilis.

Abomination, Abominatio, Auersatio, Detestatio.

A bon escient, voyez Escient.

Abonder de toutes parts, Abundare, Affluere, Scatere, Præscatere, Exhuberare, Profluere.

Qui abonde en quelque chose, Dapsilis.

Abōdant, Abūdans, Affluēs, Huber, Hubertus, Profusus.

Abondante nourriture, Alimentum largum.

Homme abondant & riche, Copiosus.

Fort abondant, Percopiosus.

Abondant en quelque chose, Affluens.

Estre abondans, Percipiosus.

D’abondant, Exabondanti.

Abondance, Abundantia, Affluentia, Ferracitas, Fertilitas, Hubertas, Profluentia, Copia.

Abondance de quelque chose que ce soit, Copia.

Grande abondance de toutes choses, Cornucopiæ.

Abondance de droict, Copia causæ.

Abondance de laict, Hubertas mammarum.

Grande abondance de fueilles, Luxuria foliorum.

Trop grande abondance, Nimietas, Superfluitas.

Grande abondance de parolles, ou de language, Torrens verborum, Flumen verborum, Magnificentia verborum.

Avoir abondance et foison de quelque chose que ce soit, Abundare, Affluere.

Qui ha abondance de gloire, Gloria circumfluens.

Qui ha grande abondance de sçavoir, Homo abūdāti doctrina.

Ces herbes font auoir abondance de cire, Hæ herbæ ceras exhuberant.

Bailler ou Ietter fleurs en abondance, Fundere flores.

Porter fruicts en grand abondance, Exhuberare pomis.

Rongner la trop grande abondance de nostre parler par l'exercitation d'escrire, Stylo depascere loxutiam orationis.

C'est arbre romps de trop grande abondance de fruicts, Immo-


dicis fructibus rumpitur arbor.

En abondance, Plena manu.

En grande abondance, Opulēter, Pensase, Maxima largitate.

Selon l'abondance du poisson que ie voiray qu'il y aura i'acheteray, Ex copia piscata consulere licebit quod emam.

Personne n'en dōne en plus grāde abōdāce, Dat nemo largius.

I'a soit qu'il n'ait abondance, Etiam si non abundè potitur.

Abondamment, Abundanter, Abũdè, Affluenter, Benignè, Copiose, Cumulatè, Effusè, Fœcundè, Largè, Liberaliter, Munificè, Opinè, Opiparè, Profluenter, Plena manu, Sine parsimonia.

Plus abondamment exposez, Huberius explicata.

Plus abondamment louez, Laudare pleniore oto.

Abonner, ou Aborner : Abonne, ou Aborne, quasi Adlimitare, sivè certos pecuniæ redemptori soluendæ limiter ac terminos paugere.

S'abonner c'est Composer avec le fermier. Comme si ie vouloye vēdre vin & faire tauerne tout le long de l'an, ie n'aboneroye ou abonneroye préalablement auec le fermier du huictieme, & rèposeroye auec luy à certaine somme de deniers. Laquelle payās, ie seroye quite, & euiteroye les harceleries qui peuuent aduenir en tel cas. C'est donc cōme Mettre certaines côdes ou bornes & limitations de la somme que ie doy payer. Vsez des locutiōs qui sont de semblable signification en Composer.

Aborder, Appellere, Applicare.

Aborder ou mettre les navires à bord, Naues ad terram applicare.

Aborder à terre, & se retirer vers quelqu’un, Se ad aliquem applicare.

Ou aborderay is ? Quo applicem ?

Aborder & paruenir, Aspirare.

Aborder de parolles à aucun, Aggredi aliquem dictis.

Viens m'aborder si tu oses, pourueu que ce ne soit que sur le cas des crimes dont est question, Congredere mecū criminibus ipsis.

Abord ou Abordement, Appulsus, Appulsio, Applicatio.

Abordement & hantement, Congressio, Congressus.

[Lieu Abordable par quelq endroict, Qui aliqua potest adiri.

[Aborner, voiez Abonner.

Aboutir, Quand quelque aposteme aboutit. Caput facere.

Tenant ou aboutissant à vn autre, Confinis.

Estre aboutissant de quelque contrée, Attingere ora aliquam.

Aboutir à une terre, Attingere terrā aliquā, Confinem esse.

Aboutissement de terre, Confinium.

Abri, Vn abri ou le soleil frappe tousiours, Apricus locus, Apricum, aprici.

Qui demāde à estre à l’abri, et se tenir au soleil, Homo apric'.

Estre à l’abri, Apricari.

[Nous disons außi, Se mettre à l’abri pour eviter la pluye, c’est à dire soubs quelque couuerture, se mettre à couuert, Sub tectū subire.

A bride auallée, Voyez Bride.

Abricot, Malum Armenium, Prunum Armeniacum.

Abricotier, Malus Armenia, Prunus Armeniaca.

[Abrier d’arbaleste, voiez Arbaleste.

Abroger, Abrogare, Antiquare.

Abroger un edict, Edictum refigere.

[Abrogation, Abrogatio.

[Abruuer, Abruuoir, voiez Abbreuer.

Absconser, Abscondere, Abdere. Il vient du verbe frequentatif Absconsare. [Les Picards par corruption de language dient Esconser. Le soleil est esconsé, c’est à dire, caché et couché, Occidit sol. Esconcement de soleil. Occasus solis. Aucuns dient Reconser.

Absent, Absens.

Faire quelque chose pour aucun absent, Absentis alicuius negotium gerere.

Il n’y a rien pour les absens, Absentum ratio non habetur.

Il gaigne autant absent que present, Absentis perinde ac præsentis ratio habetur.

Detracter d'un absent, Male loqui absenti.