Dictionnaire infernal/6e éd., 1863/Henri III (roi)

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Henri Plon (p. 331).

Henri III, fils de Catherine de Médicis ; il était infatué de superstitions. Ses contemporains le représentent comme sorcier. Dans un des pamphlets qu’on répandit contre lui, on lui reproche d’avoir tenu au Louvre des écoles de magie et d’avoir reçu en présent des magiciens un esprit familier nommé Terragon (voyez ce mot), du nombre des soixante esprits nourris à l’école de Soliman. Cette accusation de sorcellerie est, dit-on, ce qui mit le poignard dans les mains de Jacques Clément. Les ennemis de ce mauvais prince avaient tenté auparavant de le faire mourir en piquant ses images en cire, ce qui s’appelait envoûter.

Voici l’extrait d’un pamphlet intitulé les Sorcelleries de Henri de Valois et les oblations qu’il faisait au diable dans le bois de Vincennes, Didier Millot, 1589, pamphlet qui parut quelques mois avant l’assassinat de Henri III :« Henri de Valois, d’Épernon et les autres mignons faisaient quasi publiquement profession de sorcellerie, étant commune à la cour entre iceux et plusieurs personnes dévoyées de la religion catholique ; on a trouvé chez d’Épernon un coffre plein de papiers de sorcellerie, auxquels il y avait divers mots hébreux, chaldaïques, latins et plusieurs caractères inconnus, des rondeaux ou cernes, desquels alentour il y avait diverses ligures et écritures ; même des miroirs, onguents ou drogues, avec des verges blanches, lesquels semblaient être de coudrier, que l’on a incontinent brûlés pour l’horreur qu’on en avait. On a encore trouvé dernièrement au bois de Vincennes deux satyres d’argent, de la hauteur de quatre pieds. Ils étaient au-devant d’une croix d’or, au milieu de laquelle on avait enchâssé du bois de la vraie croix de Notre Seigneur Jésus-Christ. Les politiques disent que c’étaient des chandeliers. Ce qui fait croire le contraire, c’est que dans ces vases, il n’y avait point d’aiguille qui passât pour y mettre un cierge ou une petite chandelle. Ces monstres diaboliques ont été vus par messieurs de la ville. Outre ces deux diables, on a trouvé une peau d’enfant, laquelle avait été corroyée, et sur icelle y avait aussi plusieurs mots de sorcellerie et divers caractères… » Le fait est que les Valois s’occupaient de sciences occultes. On fit l’anagramme du nom de Henri III : Henri de Valois, où l’on trouve Vilain Hérode.