Dictionnaire infernal/6e éd., 1863/Hopkins

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Henri Plon (p. 340).
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Hopkins, juge anglais qui, du temps de Charles Ier, fit mourir une multitude de malheureuses accusées de sorcellerie. Il continua ses fonctions sous le long parlement, et Grey rapporte qu’il possédait une liste de trois mille personnes suppliciées en ce temps-là, le plus grand nombre par ce juge qui se croyait doué d’un talent sans pareil pour deviner les sorcières. Jamais l’Église catholique n’eût souffert ces abominations. Cet homme faisait avouer, par des tortures de cinq à six jours, tout ce qu’il voulait.

Nous empruntons quelques détails sur lui à de curieuses recherches publiées par le Droit :

« Un certain Matthew Hopkins fut nommé rechercheur de sorcières (witch finder) pour quatre comtés, et dans l’espace d’un an, dans la seule ville d’Essex, il ne fit pas pendre moins de soixante malheureuses femmes. Ce misérable prétendait avoir acquis une expérience infaillible pour les reconnaître à de certaines taches sur la peau, certains signes, certaines veines qu’il regardait comme autant de tétines pour allaiter de petits démons. Son épreuve favorite était celle de l’eau. Si les sorcières prétendues revenaient à la surface de l’eau et nageaient, il les déclarait coupables, les faisait retirer de l’eau et brûler ; si au contraire elles enfonçaient, elles étaient simplement noyées, mais leur innocence était reconnue. Cette épreuve venait peut-être d’une parole fort sage que sa Très-Sacrée Majesté le roi Jacques avait souvent à la bouche, à savoir que, comme quelques personnes avaient renoncé aux avantages de leur baptême par l’eau, de même l’eau refusait à son tour de les recevoir dans son sein.

« À la fin Hopkins, ce qui est assez original, devint lui-même suspect de sorcellerie ; on lui fit subir l’épreuve qu’il avait souvent fait subir aux autres ; il eut la maladresse de nager ; il fut tout naturellement déclaré coupable, pendu et brûlé vif.

« II ne fut pas le seul rechercheur de sorcières ; bien d’autres se mêlèrent de ce métier, qui ne laissait pas que d’être lucratif, puisqu’il leur procurait vingt schellings (25 francs) par chaque exécution. »