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Dictionnaire mythologique universel ou biographie mythique/Zoroastre

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Traduction par Bernard.
(1p. 515-516).
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ZOROASTRE. Réformateur mythique du Mazdéisme. On ne sait rien de certain sur sa


vie. Les savants ont en vain essayé jusqu’à présent de déterminer l’époque à laquelle il a vécu. Son existence même est contestée. Ce qui est hors de doute, c’est que son nom se rattache à une refonte importante de la religion des antiques habitants de l’Ariane, refonte qui parait avoir eu pour but de substituer au culte de Hom celui d’Ormuzd, et opéra une scission complète entre les systèmes religieux hindous et ariens, primitivement identiques. Nous avons rapporté à l’article Ormuzd les principaux traits de la doctrine attribuée à Zoroastre ; il nous reste à donner ici le résumé des légendes qui le concernent, en avertissant que, tirées des poèmes persans du moyen âge, elles méritent peu de confiance et ne sont qu’un écho très-infidèle des anciennes traditions. Suivant ces légendes, Zoroastre (en zend Zérétochtro, astre d’or) était fils de Poroschasp et de Dogdhu. Avant sa naissance, un devin prédit la haute destinée qui l’attendait. Lui-même confirma cette prédiction en venant au monde : il ne coûta aucune douleur à sa mère, et apparut le sourire sur les lèvres, pendant que le palais de Poroschasp brillait d’une lumière éclatante. Les magiciens, ennemis du vrai culte, essayèrent en vain de le faire périr, et l’exposèrent dans la campagne, sur un bûcher ; les flammes s’éteignirent, les loups vinrent le défendre et deux brebis lui présentèrent leurs mamelles. Il fut ainsi jusqu’à quinze ans en proie aux attaques de ses ennemis, sans jamais succomber, et s’acquit une grande réputation de sagesse, de générosité et de bienfaisance. Comme tous les réformateurs orientaux, on le voit tantôt au milieu des populations, prodiguant les consolations aux affligés, et aidant les indigents, tantôt possédé d’un pressant besoin de se recueillir en lui-même, chercher le désert et y vivre seul avec Dieu. Une tradition, qui n’est sans doute qu’une réminiscence de celle de l’Évangile, le montre traversant un fleuve à pied, sans enfoncer dans ses eaux. Après diverses pérégrinations, il partit un jour pour un pays semblable au Paradis, d’où Bahman le transporta jusqu’au pied du trône d’Ormuzd, qui lui révèla sa loi et jusqu’aux moindres détails de son culte. Zoroastre, ayant reçu, avec le Zend-Avesta, l’ordre de se rendre auprès de Goustasp pour le convertir, dissipa une nouvelle coalition des magiciens par la seule lecture d’un chapitre du livre sacré. Il se dirigea ensuite vers le palais du monarque, et s’introduisit par le sommet de la voûte au milieu de sa cour. Après avoir en vain confondu tous les sages de l’empire, il dut opérer divers miracles pour toucher le cœur endurci de Goustasp. Il se fit arroser d’airain fondu, mania du feu sans se brûler, et, enfin, planta auprès du palais un cyprès qui atteignit en quelques Jours des dimensions énormes. Alors Goustasp se convertit. Cédant cependant aux suggestions des ennemis du prophète, Il le fit jeter en prison. Zoroastre se justifia d’une manière miraculeuse, et reconquit toute son influence. Le fameux brahme Tchengrenghatchah essaya en vain de le confondre, en se rendant à Balkh avec quatre-vingt mille brahmes et un cortège de questions épineuses qu’il avait passé deux ans à rassembler. Admis à discuter en séance publique avec Zoroastre, il allait proférer sa première demande, lorsque, par ordre du prophète, un disciple, ouvrant le Zend-Avesta, lut un chapitre qui contenait la solution de toutes les difficultés si longuement échafaudées par le brahme. La gloire du réformateur s’en acquit d’autant, et tout le royaume embrassa la loi d’Ormuzd. Voulant cependant étendre son influence au dehors, Zoroastre persuada à Gonstasp de porter la guerre dans les États du roi de Touran (peuplades scythiques), et chez le roi de Tchin (peuplades chinoises). Grâce à la valeur d’isfendlar, le culte d’Ormuzd s’étend jusque dans l’Inde. Mais pendant qu’il assiège la capitale du Slatan, Balkh, sans défense, tombe au pouvoir des Scythes. Le vieux roi Lohrasp, père de Gouslasp, est tué les armes à la main, les prêtres du feu sont massacrés, et, selon le Schah-Nameh-Nasséri, le prophète lui-même périt dans l’invasion. ─ Tel est le sommaire des traditions relatives A Zoroastre ; elles offrent de nombreuses divergences, que


nous n’avons pas cru devoir mentionner.