Dictionnaire national et anecdotique par M. De l’Épithète/MAIRE

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MAIRE : dans les premiers siecles de notre monarchie, il y eut des maires du Palais, qu’il ne faut pas confondre avec nos ci-devant maires de Ville. Le maire du palais étoit le ministre & le général-né de l’état ; il étoit le tuteur des rois, en bas-âge ou hors d’âge ; il finit par dépouiller son pupille & à se faire roi lui-même. Le maire de Ville, qu’on appelloit à Paris M. le prévôt des Marchands, étoit avant la révolution celui qui étoit à la tête des échevins ou officiers municipaux dont la fonction se bornoit alors, à peu de chose près, à ordonner les feux d’artifices, les illuminations, les processions, & les renditions de pain béni, &c. &c. &c. Le maire de Ville aujourd’hui est le premier magistrat d’une ville, il en a le gouvernement civil, & sa charge est aussi considérable que celle des ci-devant maires de ville l’étoit peu. La mairie est une dignité élective ici comme à Londres & chez tous les peuples libres, où l’on n’est point telle ou telle chose, parce qu’il est dit, dans l’extrait baptistaire du titulaire, que son pere étoit telle ou telle chose, & que le fils doit être ce que le pere étoit.

À Londres M. le maire est appellé Lord-maire ; je ne sais pourquoi nous n’empruntons point aussi cette dénomination des Anglois, puisque nous sommes en train de leur en emprunter tant d’autres ?