Dictionnaire philosophique/Garnier (1878)/Bala bâtards

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Éd. Garnier - Tome 17
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BALA, BÂTARDS [1].

Bala, servante de Rachel, et Zelpha, servante de Lia, donnèrent chacune deux enfants au patriarche Jacob ; et vous remarquerez qu’ils héritèrent comme fils légitimes, aussi bien que les huit autres enfants mâles que Jacob eut des deux sœurs Lia et Rachel. Il est vrai qu’ils n’eurent tous pour héritage qu’une bénédiction, au lieu que Guillaume le Bâtard hérita de la Normandie.

Thierry, bâtard de Clovis, hérita de la meilleure partie des Gaules, envahie par son père.

Plusieurs rois d’Espagne et de Naples ont été bâtards.

[2] En Espagne, les bâtards ont toujours hérité. Le roi Henri de Transtamare ne fut point regardé comme roi illégitime, quoiqu’il fut enfant illégitime ; et cette race de bâtards, fondue dans la maison d’Autriche, a régné en Espagne jusqu’à Philippe V.

La race d’Aragon, qui régnait à Naples du temps de Louis XII, était bâtarde. Le comte de Dunois signait le bâtard d’Orléans ; et l’on a conservé longtemps des lettres du duc de Normandie, roi d’Angleterre, signées Guillaume le bâtard.

En Allemagne, il n’en est pas de même : on veut des races pures ; les bâtards n’héritent jamais des fiefs, et n’ont point d’État. En France, depuis longtemps, le bâtard d’un roi ne peut être prêtre sans une dispense de Rome ; mais il est prince sans difficulté, dès que le roi le reconnaît pour le fils de son péché, fût-il bâtard adultérin de père et de mère. Il en est de même en Espagne, Le bâtard d’un roi d’Angleterre ne peut être prince, mais duc. Les bâtards de Jacob ne furent ni ducs, ni princes ; ils n’eurent point de terres, et la raison est que leur père n’en avait point ; mais on les appela depuis patriarches, comme qui dirait archi-pères.

On a demandé si les bâtards des papes pouvaient être papes à leur tour. Il est vrai que le pape Jean XI était bâtard du pape Sergius III et de la fameuse Marozie ; mais un exemple n’est pas une loi. (Voyez à l’article Loi comme toutes les lois et tous les usages se contredisent.)


  1. Questions sur l’Encyclopédie, neuvième partie, 1772. Les alinéas 4 et 5 sont de 1770. (B.)
  2. Dans la troisième partie des Questions sur l’Encyclopédie, publiée en 1770, l’article Bâtard se composait de cet alinéa et du suivant. Ils étaient alors précédés de ces mots : « Nous n’ajouterons que deux mots à l’article Bâtard de l’Encyclopédie ; » et suivis du renvoi qui termine l’article. Ce sont les éditeurs de Kehl qui ont refondu en un seul article le Bâtard de 1770 et le Bala, Bâtards de 1772. (B.)


Baiser

Bala, bâtard

Bannissement