Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle/Plate-bande

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PLATE-BANDE, s. f. On appelle ainsi un linteau appareillé en claveaux. La plate-bande, ou réunion de pierres horizontalement posées sur deux pieds-droits, étant en principe de construction un appareil vicieux, les architectes du moyen âge ne l’ont guère plus employée que les Grecs. Les Grecs n’admettaient pas l’arc, et s’ils avaient à franchir un espace entre deux piliers, deux pieds-droits ou deux colonnes, ils posaient sur les points d’appui verticaux un monolithe horizontal. Les Romains procédèrent de même dans la plupart des cas, bien qu’ils eussent déjà appareillé des linteaux et qu’ils en aient fait ainsi de véritables plates-bandes. Les architectes du moyen âge, sauf de très-rares exceptions mentionnées dans l’article Construction et Fenêtre, ont toujours repoussé le linteau composé de claveaux. S’ils craignaient une rupture, ils bandaient au-dessus un arc de décharge. Nous sommes moins scrupuleux, et nous posons dans nos édifices publics ou privés autant de plates-bandes qu’il y a de baies ou de travées fermées horizontalement ; seulement nous avons le soin de soutenir cet appareil vicieux au moyen de fortes barres de fer.

Alors pourquoi ne pas employer des monolithes ? N’omettons pas de mentionner ici, encore une fois, les plates-bandes de nos grands monuments, comme la colonnade du Louvre ; le Garde-Meuble, la Madeleine, le Panthéon, dont les claveaux sont enfilés dans des barres de fer suspendues par des tirants à des arcs supérieurs. Les architectes du moyen âge, on le comprend, ne pouvaient s’astreindre à mentir de cette sorte aux principes les plus vrais et les plus naturels de la construction, et c’est pour cela que plusieurs les considérèrent comme des gens naïfs.