Dictionnaire universel d’histoire et de géographie/26e éd., 1878 - Bouillet-Chassang/Index alphabétique - Z

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Index alphabétique - Z


ZIMM - 2035 — ZISK
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ZERBST, Servesta, v. du duché d’Anhalt-Dessau, sur la Ruthe, à 20 kil. N. O. de Dessau. Anc résidence des princes d’Anhalt-Zerbst ; c’est là que naquit Catherine II, née princesse d’Anhalt-Zerbst.

ZERRAH ou ZERREU (lac), Aria palus, lac de l’Afghanistan (Sedjistan), a 160 kil. sur 45 et reçoit l’Helmend. Sur sa rive S. E. est une ville de Zerrah.

ZERVANE-AKÉRÈNE, c-à-d. le Temps sans limites, dieu suprême des Perses, est au-dessus d’Ormuzd et d’Ahriman, qui tous deux émanent de lui.

ZÉTHÈS et CALAÏS, jumeaux fils de Borée et d’Orithyie, firent partie de l’expédition des Argonautes, chassèrent les Harpies, qui tourmentaient Phinée, leur beau-frère, mais furent tués par Hercule, soit pour avoir insulté Hylas, soit à la suite d’une querelle avec Tiphys, pilote du navire Argo. Ils furent changés en ces deux Vents que les Grecs appellent les Prodromes (avant-coureurs), parce qu’ils précèdent de 9 jours le lever de la Canicule.

ZÉTHUS, fils de Jupiter et d’Antiope et frère d’Amphion, aida celui-ci à élever les murs de Thèbes.

ZEUGITANE, contrée de l’Afrique romaine, entre la Méditerranée au N. et à l’E., la Byzacène au S. et la Numidie à l’O., renfermait Carthage et Utique. ZEUGMA, c-à-d. lien, réunion, v. de la Syrie ancienne, dans la Comagène, au S. E., sur la r. dr. de l’Euphrate, était jointe par un pont à la ville d’Apamée, située sur l’autre rive. Les deux villes avaient été fondées par Séleucus I.

ZEUNE (J. Ch.), philologue, né en Saxe en 1736, m. en 1788, fut professeur à Leipsick, puis à Wittemberg. On a de lui de bonnes éditions de divers écrits de Xénophon, Leips., 1778–85, et une édition améliorée des Idiotismes grecs de Viger, 1789.

ZEUXIS, célèbre peintre grec, né vers 470 av. J.-C, m. vers 400, étudia le coloris sur les ouvrages d’Apollodore, dont il perfectionna le procédé, et fut le rival de Parrhasius. La noblesse des sujets, le grand caractère du dessin, la beauté divine des personnages distinguaient ses tableaux ; on admirait surtout son Hélène et son Jupiter, qu’il avait représenté assis sur son trône et entouré de toutes les divinités de l’Olympe. Il devint très-riche, et finit par ne plus vendre ses ouvrages : il les donnait. La plupart de ses chefs-d’œuvre ornèrent dans la suite Rome, puis Constantinople. Le temps les a anéantis.

ZIANI (Sébast), doge de Venise (1172–79), signa en 1177 la trêve dite de Venise entre l’empereur Frédéric Barberousse et la Ligue lombarde, institua la cérémonie des épousailles du doge de Venise et de l’Adriatique pour consacrer en quelque sorte l’empire de sa patrie sur la mer. — Son fils, P. Ziani, m. en 1229, succéda en 1205 à H. Dandolo, resta 24 ans en charge et avança la conquête de la Grèce.

ZIANIDES, dynastie musulmane. V. TLEMCEN.

ZIBAN (les), pluriel de ZAB. V. ce mot.

ZICAVO, bg de Corse, ch.-l. de c., à 31 kil. E. d’Ajaccio ; 1367 hab. Fromages estimés.

ZIERIKZÉE, v. et port de Hollande (Zélande), sur l’Escaut orient., à 26 kil. N. E. de Middelbourg ; 6700 hab. Ane évêché. Clocher superbe, brûlé en 1832 ; vaste citerne. Chantier de construction, salines et raffineries de sel. Port ensablé en partie. Pêche active ; huîtres excellentes. — Bâtie au IXe s., cette ville fut la résidence des comtes de Zélande. Vainement assiégée en 1 300 par les Flamands, qui y furent battus sur mer en 1 304 par les Français ; prise par les Espagnols en 1676, mais bientôt reprise.

ZIGUEUNES. V. BOHEMIENS.

ZILEH, v. de Turquie (Sivas), est l’anc. Zeleia.

ZIMBAOE, anc capit. du Monomotapa et résidence du souverain, sur la r. dr. du Zambèze, vers son confluent avec la Manzora, entre Tète et Sena.

ZIMISCÈS (JEAN), empereur grec. V. JEAN.

ZIMMEUMANN (J. J.), fanatique, né en 1644 à Wayhingen en Wurtemberg, m. en 1693, était diacre de Bittigheim. Il se fit disciple de Bœhme, publia un ouvrage mystique, Révélation presque


complète de l’Antéchrist, qui lui fit perdre son diaconat, erra depuis, prêchant et faisant des prosélytes dans les Provinces-Unies et en Allemagne, occupa 4 ans une chaire de mathématiques à Heidelberg, passa ensuite à Hambourg, puis à Rotterdam et mourut au moment de s’embarquer pour l’Amérique. On a de lui, entre autres ouvrages, Scriptura sacra Copernicans, ouvrage où il soutient qu’aucun passage de la Bible ne contredit le système de Copernic.

ZIMMERMANN (J. George), médecin et philosophe suisse, né en 1728 à Brugg (Argovie), m. en 1795, fut 15 ans médecin dans sa ville natale, la quitta en 1768 pour se rendre à Hanovre comme 1er médecin du roi d’Angleterre et fut appelé à Berlin pour soigner Frédéric II mourant. Il écrivit avec violence contre les Illuminés et les révolutionnaires, et s’attira ainsi de fâcheuses affaires ; il tomba par suite dans une hypocondrie qui empoisonna ses dernières années, et finit par devenir fou. On a de lui un célèbre Essai sur la solitude (en allemand), 1756 et 1773, trad. en fr. par Mercier, 1790, et par Jourdan, 1825 ; De l’orgueil national, 1758 ; De l’expérience en médecine, 1763–74, le plus savant de ses écrits (trad. par Lefebvre de Villebrune, 1774).

ZIMMERMANN, compositeur, élève de Boïeldieu, né à Paris en 1785, m. en 1853, fut de 1816 à 1848 prof. de piano au Conservatoire de Paris, puis devint inspecteur des études musicales et résuma sa méthode dans l’Encyclopédie du pianiste, ouvrage classique. On a de lui, outre de beaux morceaux de musique d’église, un opéra comique, l'Enlèvement.

ZINGARELLI (Nicolo), musicien, né en 1751 à Naples, m. en 1837, fut nommé en 1806 maître de chapelle du Vatican, et en 1820 directeur du Conservatoire à Naples, où il forma entre autres élèves Bellini et Mercadante. On a de lui plusieurs opéras : Montezuma, Alsinda, Pirro, Artaserse, Romeo e Giulietta, Il conte di Saldagna, Inez de Castro ; des oratorios et nombre de messes, de motets, etc.

ZINGARI. V. BOHEMIENS.

ZINZENDORF (Phil. Louis, comte de), ministre d’État autrichien, né en 1671, m. en 1742, fut successivement membre du conseil aulique (1695), ambassadeur en France après la paix de Ryswick, conseiller privé (1705), joua un grand rôle politique sous Joseph I, puis sous Charles VI, et finit par remplacer le prince Eugène dans la haute direction des affaires. Il décida les guerres avec la Turquie, avec la France, ainsi que la Quadruple-Alliance, mesures qui furent peu populaires à cause de leurs résultats ; il se donna aussi beaucoup de mouvement pour la Pragmatique de Charles VI, mais sans prendre les précautions qui eussent pu en assurer l’exécution.

ZINZENDORF (Nic. L., comte de), né à Dresde en 1700, m. en 1760, fils d’un chambellan d’Auguste III, électeur de Saxe et roi de Pologne, était lui-même conseiller en Saxe. Il mena d’abord une vie scandaleuse, mais en 1721, ayant donné asile à quelques frères Moraves persécutés, il changea de vie, adopta leurs opinions, et créa bientôt à Herrnhutt, de concert avec eux, un établissement et une nouvelle secte de Frères Moraves connue sous le nom de Herrnhütter. Il abandonna toute fonction publique pour ne travailler qu’au développement de la nouvelle institution, prêcha, écrivit et envoya des missionnaires pour répandre leurs dogmes, et alla lui-même faire des conversions jusqu’au Groenland (1732).

ZIPANGU, nom que Marco-Polo donne au Japon.

ZIPS, comitat de la Hongrie, dans le cercle en-deçà de la Theiss, borné au N. par la Galicie, à l’E. par le comitat de Saros, au S. par ceux d’Abaûjvar, de Torna et Gœmœr, à l’O. par celui de Liptau ; 100 kil. sur 35 ; 180 000 hab. ; ch.-l., Leutschau, Ce comitat est en partie couvert par les Carpathes : il est arrosé par le Poprad, le Hernad, la Golnitz, le Dunajec. Fer, cuivre, eaux minérales. Culture du lin.

ZISKA (J. TROOZNOT, dit), c-à-d. le Borgne, chef des Hussites, né vers 1360, était un noble de

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Bohême, chambellan de Venceslas l’Ivrogne. Il se mit à la tête des Bohémiens révoltés peu après le supplice de J. Huss (1417), prit Prague (1419), refusa de reconnaître l’emp. Sigismond pour roi de Bohême à la mort de Venceslas, pilla les couvents et ravagea les terres des seigneurs catholiques, forma contre Sigismond une confédération formidable, fit de Tabor sa place d’armes et la fortifia, battit Sigismond au mont Wintkow en 1420, et résista en 1421 à deux armées de cet empereur : bien qu’ayant perdu son dernier œil au siège de Raby et quoique cerné sur le mont Taurkand, il s’ouvrit un chemin à travers l’ennemi, remporta encore plusieurs victoires, et força Sigismond à lui accorder la paix et à lui donner, avec le titre de vice-roi de Bohême, un pouvoir absolu sur ce royaume. Il mourut de la peste en 1424. En mourant, il recommanda aux siens de faire de sa peau un tambour, voulant les conduire encore à la victoire après sa mort.|0|0}}

ZITTANG, fleuve de l’empire Birman, se sépare de l’Iraouaddy entre Ava et Amarapoura, coule au S. E., puis au S. O. et au S., arrose une ville de son nom à 35 kil. E. de Pégou, et se jette dans le golfe de Martaban, par une large embouchure, à l’E. de Rangoun, après un cours de 700 kil.

ZITTAU, v. du roy. de Saxe (Lusace), à 80 kil. E. de Dresde ; 10 000 h. Gymnase, bibliothèque, cabinet des médailles, cabinet d’histoire naturelle. Entrepôt des fils et des toiles de la Lusace. Eaux minérales. Patrie de l’orientaliste Michaelis. Prise et pillée en 1757 par les alliés de l’électeur de Saxe.

ZIZIM ou DJEM, fils de Mahomet II, né en 1459, disputa le trône à Bajazet II, son frère aîné (1481 et 82), fut deux fois vaincu, et se réfugia à Rhodes près du grand maître de l’Ordre, qui lui avait promis des secours ; mais celui-ci, gagné par Bajazet, le retint captif. Il fut transféré de prison en prison en Savoie et en France, puis remis au pape Innocent VIII, qui reçut pour le garder une pension du sultan. Charles VIII, qui comptait se servir du captif dans ses projets de conquête sur les Ottomans, se le fit remettre par Alexandre VI et l’emmena à Naples, mais Zizim mourut aussitôt qu’il eut été remis à ce prince (1495). On prétend qu’il périt de la main d’un barbier qui se servit, pour le raser, d’un rasoir empoisonné.

ZLOCZOW, v. de Galicie, ch.-l. de cercle, à 80 k. E. de Lemberg ; 6200 h. — Le cercle, entre la Russie au N. et à l’E., et les cercles de Zolkiev, Tarnopol, Brzezany et Lemberg, a 90 kil. sur 60, et compte 235 000 h. (dont 26 000 Juifs).

ZNAYM, v. des États autrichiens (Moravie), ch.-l. de cercle, sur la Taja, à 55 kil. S. O. de Brünn ; 6 000 hab. Vieux palais des margraves de Moravie, servant auj. de caserne, maison du conseil, anc abbaye de Luka. C’est à Znaym que mourut l’emp. Sigismond (1437). Il s’y livra en 1809 un combat d’avant-garde entre les Autrichiens et les Français, qui fut suivi d’un armistice entre Napoléon et l’emp. François. — Le cercle, entre ceux de Brûnn à l’E. et au N. E., d’Iglau au N. O. et à l’O., et l’archiduché d’Autriche au S., a 65 kil. sur 80, et env. 190 000 h.

ZOBEIDAH (la Fleur-des-Dames), cousine et seule femme légitime du calife Haroun-al-Raschid, fut mère d’Amin, successeur du calife (809) et mourut en 831. Cette princesse joue un grand rôle dans les Mille et une Nuits. On lui attribue la fondation de Tauris (792).

ZODIAQUE. V. ce mot au Dict. univ. des Sciences.

ZOÉ (Ste), martyre en Pamphylie à une époque incertaine, est honorée le 2 mai. — Autre sainte, martyre à Rome, est hon. le 5 juillet.

ZOÉ, impératrice d’Orient, d’abord maîtresse, puis femme de Léon VI, reçut le titre d’épouse après la naissance de Constantin VII (Porphyrogénète II). Chassée du palais à la mort de son mari (911), elle y fut rappelée en 914 par son fils, le jeune Constantin Porphyrogénète ; liguée avec Romain I (Lécapène), son amant, elle jouit d’un grand pouvoir, jusqu’à ce que ce dernier la confina dans un cloître (919). — Autre impératrice, fille de Constantin IX et femme de Romain III (1028), fit périr Romain (1034) pour placer sur le trône son amant Michel IV, le Paphlagonien, qui l’épousa, mais qui ne tarda pas à la maltraiter. Elle reconnut pour successeur de Michel IV le neveu de ce prince, Michel V (1035), mais elle fut plus malheureuse encore sous ce dernier (1041). Alors elle excita une émeute à Constantinople et se fit proclamer impératrice avec sa sœur Théodora. Bien qu’âgée de 63 ans, elle épousa en 3es noces Constantin X Monomaque (1042), qui lui laissa tout le pouvoir. Elle mourut en 1052.

ZOÉGA (George), archéologue danois, né en 1755 à Dahler près de Ripen (Jutland), m. en 1809, voyagea comme gouverneur avec un jeune gentilhomme, fut chargé par le ministre Guldberg de classer les médailles existant à Copenhague, puis fit aux frais du roi un voyage numismatique, visita dans ce but Vienne et Rome, où il se maria et abjura le Luthéranisme, reçut du pape Pie VI la mission d’interpréter les hiéroglyphes des obélisques qui se trouvaient à Rome et reçut en 1802 le titre de professeur à l’Université de Kiel, tout en restant à Rome comme agent du roi de Danemark. Outre diverses Dissertations, recueillies en 1817 par Welcker, on a de lui : le Catalogus codicum copticorum Musei Borgiani, et un traité De usu et origine obeliscorum (1797-1800), où il prouve que l’écriture hiéroglyphique fut employée jusqu’à la chute du paganisme.

ZOHAK, usurpateur venu d’Arabie en Perse, vainquit Djemchid, le détrôna et le coupa en deux, puis se plaça sur le trône de Perse. Féridoun, fils de Djemchid, mit fin à sa cruelle domination el l’enferma dans une caverne du mont Demavend.

ZOHAR, c-à-d. splendeur, un des livres théologiques des Juifs modernes, contient des explications cabalistiques sur les livres de Moïse, mêlées à toutes sortes de rêveries. On l’a attribué à Simon Ben-Jochaï, disciple d’Akiba, mais on le croit plutôt du XIIe s. Écrit en syriaque, il a été en partie traduit en latin par Rosenroth (dans la Cabala denudata).

ZOÏLE, fameux critique grec, connu par l’amertume de ses censures à l’égard d’Homère (d’où le surnom d’Homeromastix ou fouet d’Homère), né à Ëphèse ou à Amphipolis, vivait à la fin du IVe s. av. J.-C. On a débité mille fables sur son compte : on a dit qu’il avait été condamné à mort par Ptolemée Philadelphe et crucifié ou lapidé par la foule enthousiaste d’Homère. Quoi qu’il en soit, son nom est resté synonyme de critique envieux et partial ; on l’oppose à celui d’Aristarque. On lui attribuait, entre autres ouvrages, 9 livres de Remarques hypercritiques sur Homère, une Hist. d’Amphipolis, une Hist. générale du monde jusqu’à Philippe (roi de Macédoine) : aucun n’est parvenu jusqu’à nous.

ZOLKIEW, v. de Galicie, ch.-l. de cercle, à 30 kil. N. de Lemberg ; 4000 h. Anc. château de la famille Sobiesky. — Le cercle, entre ceux de Zloczow à l’E., de Przemysl et de Lemberg au S. et au S. O., la Russie au N., a 100 k. sur 70 et 240 000 hab.

ZOLLIKOFER (George-Joachim), prédicateur protestant, né en 1730 à St-Gall en Suisse, m. en 1788, fut ministre dans le pays de Vaud, chez les Grisons et à Leipsick. Il n’est pas moins estimé comme écrivain que comme prédicateur. Ses Sermons ont été publiés en 15 vol. in-8, à Leipsick, 1789-1804.

ZOLLVEREIN, c-à-d. association douanière. V. ce mot dans notre Dict. univ. des Sciences.

ZOLTAN, fils d’Arpad, ravagea l’Europe occidentale à la tête des Hongrois de 907 à 955. Battu par Othon I sur le Lech, près d’Augsbourg, il se fixa au N. de l’Adriatique, dans le pays qui s’étend entre la Dalmatie, la Styrie et la Transylvanie et y jeta les fondements du roy. de Hongrie. Il mourut en 960.

ZOMBOR, v. de Hongrie, ch.-l. du comitat de Bacs, à 175 k. S. E. de Pesth, près du canal François ; 22 000 h. École d’instituteurs grecs orthodoxes.

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ZONARAS (Jean), historien grec du XIIe s., fut secrétaire d'État sous Jean et Manuel Comnène, puis se fit moine de St-Basile dans une île solitaire. Outre des Poésies, des Commentaires sur les Canons et des lettres, il a laissé des Annales qui vont de la création du monde à la mort d'Alexis Comnène (1118). Cet ouvrage est précieux pour ce qui regarde Constantin et les princes de sa maison. Il se trouve dans les diverses éditions de la Byzantine et a été trad. en français par le prés. Cousin, Paris, 1678.

ZONZONATE ou ZEZONTLATL (c-à-d. les 400 sources), v. de l'Etat de San-Salvador, à l'embouch. d'une riv. de même nom dans le Grand Océan et à 90 kil. O. de San-Salvador; env. 4000 hab. Son port est un des grands entrepôts de l'Amérique centrale.

ZOPYRE, satrape perse, fils de Mégabyze, est célèbre par son dévouement. Pour faciliter à Darius I la prise de Babylone, il se coupa le nez et les oreilles, se présenta dans cet état aux assiégés, se plaignant de la cruauté du roi qui, disait-il, l'avait traité d'une manière si cruelle et si ignominieuse, obtint ainsi l'entrée de la place et gagna la confiance des assiégés qui lui donnèrent le gouvernement de leur ville ; il s'empressa alors d'en ouvrir les portes à Darius.

ZORNDORF, bg des États prussiens (Brandebourg), à 10 kil. N. de Custrin ; 1 300 hab. Frédéric II, roi de Prusse, y battit les Russes les 25 et 26 août 1758.

ZOROASTRE, en persan Zerdust, auteur ou réformateur du Magisme, religion des anciens Perses, des Parthes et des Guèbres, naquit probablement en Médie, dans l'Aderbaïdjan (l'anc. Atropatène), sous le règne d'un prince du nom de Gouchtasp (qu'on a voulu à tort identifier avec Hystaspe, père de Darius I). La religion des Mèdes était chargée de pratiques superstitieuses : Zoroastre entreprit de la réformer. Selon les traditions des Perses, il passa la 1re partie de sa vie à voyager pour conférer avec les sages les plus illustres, puis il s'enferma dans une grotte pour méditer, fut enlevé au ciel, vit Ormuzd face à face, et reçut de lui mission d'aller prêcher à l'Iran (Perse) une doctrine nouvelle. Il se présenta à la cour de Gouchtasp, qui régnait à Balkh, en Bactriane, parvint à s'en faire accueillir, courut pourtant des dangers par la malice de ses ennemis, déjoua leurs trames et finit par convertir le roi Gouchtasp, puis Isfendiar son fils, et avec eux tout l'Iran occidental, malgré l'opposition des brahmes de l'Inde. Il consigna, dit-on, ses doctrines dans 21 livres dits Nosks ou Naçkas, qu'il avait recueillis de la bouche même d'Ormuzd, et dont les débris formèrent le Zend-Avesta (la parole vivante). Il enseignait l'existence de deux principes opposés, Ormuzd, principe du bien, et Ahriman, principe du mal, qui sont sans cesse en lutte, mais au-dessus desquels s'élève un dieu suprême, Zervane-Akérène ; prescrivait le culte du feu, réglait la vie publique comme la vie privée, et annonçait des peines et des récompenses après la mort ; il institua les Mages pour être les ministres de la nouvelle religion. Excessivement âgé, Zoroastre se retira sur le mont Albordj ; c'est là qu'il mourut, on ne sait à quelle époque. Souvent on le fait périr au sac de Balkh, lors de la grande irruption des hordes du Touran dans les États de Gouchtasp. Les légendes relatives à Zoroastre sont très-nombreuses et souvent contradictoires. Il est probable qu'on aura accumulé sur la tête d'un seul homme une foule de traditions relatives les unes aux divers chefs de la religion des Perses, les autres à l'histoire de la religion même. L'époque de sa naissance flotte du XIIIe au VIe s. av. J.-C. Il semble hors de doute que le Parsisme a successivement revêtu diverses formes, que la plus célèbre est celle dont Zoroastre fut le propagateur, que sa réforme n'était qu'une simplification du culte ancien, que cette réforme partit de l'ouest et du nord-ouest, et fut faite sous l'influence ou avec la coopération du souverain, que la portion orientale de la monarchie ne l'accepta qu'après résistance, enfin qu'il vint du nord (du Touran) une autre opposition et que les


adhérents de la nouvelle religion eurent à subir une réaction terrible qui sembla la frapper de mort, mais qui pourtant ne fut que momentanée. Outre le Zend-Avesta, on a sous le nom de Zoroastre des Oracles magiques (publ. par Leclerc, Amst., 1690), qui ne sont évidemment qu'un livre apocryphe fabriqué au I er ou au II e s. de J.-C. pour favoriser les systèmes des philosophes de cette époque. Anquetil Duperron a mis en tête de sa traduction du Zend-Avesta une Vie de Zoroastre. V. ORMUZD , MITHRAS, MAGES.

ZOROBABEL, juif qui se mit à la tête de ceux de ses compatriotes captifs à Babylone qui voulurent revenir en Judée quand Cyrus le leur permit (536 av. J.-C). Il seconda les efforts du grand prêtre Jésus pour le rétablissement du culte, et releva le temple en dépit des Samaritains.

ZOSIME, historien grec du v e siècle, avait été avocat du fisc au temps d'Honorius et de Théodose le Jeune : il portait le titre de comte et était païen zélé. On a de lui une Histoire romaine en 6 livres, qui va depuis les premiers empereurs jusqu'à l'an 410 : il s'y montre fort partial contre les Chrétiens. La meilleure édition est celle de Reitemeyer, Leips., 1784. Le présid. Cousin l'a trad. en français, 1678.

ZOSIME (S.), pape de 417 à 418, natif de Grèce, se laissa un instant abuser par Célestius et Pelage, mais reconnut bientôt l'hérésie et la condamna. On a de lui 13 Lettres et un fragment de sa Constitution contre les Pélagiens. On le fête le 26 déc.

ZOUAVES, corps d'infanterie légère organisé en Algérie. V. ZOUAVES au Dict. universel des Sciences.

ZOUBOV (Platon), dernier favori de Catherine II, était simple lieutenant dans le régiment des Gardes lorsqu'il attira l'attention de l'impératrice. Il fut rapidement nommé prince et grand maître de l'artillerie et acquit d'immenses richesses, dont une partie passait pour le fruit d'exactions. Exilé de la cour par Paul I, il trempa dans le meurtre de ce monarque ; néanmoins il ne fut pas employé sous le nouveau règne et vécut dans la retraite jusqu'à sa mort (1817). — Son frère, Valérien Zoubov (1760-1804), eut aussi part aux faveurs de Catherine, fut placé à la tête de l'armée de Perse et prit Derbend.

ZOUMBO, établissement portugais de l'Afrique orientale, dans une île du Zambèze, à 400 kil, S. O. de Tète. Commerce d'or et d'ivoire.

ZOUNGARIE. V. DZOUNGARIE.

ZSCHOKKE (J. H. Daniel), écrivain allemand, né en 1771 à Magdebourg, d'une famille de commerçants, m. en 1848, fut successivement acteur, auteur dramatique, professeur, maître de pension, se fixa dès 1797 en Suisse, et fut chargé par le gouvernement helvétique de diverses missions qu'il remplit avec succès. On a de lui un drame, Abellino, chef de brigands, 1793, longtemps resté populaire ; des ouvrages historiques : Histoire des Grisons, 1797 ; — de la Destruction des républiques de Schwitz, Uri et Unterwald, 1802 ; — du Peuple bavarois, 1813-1818 (son ouvrage capital) ; — de la Nation suisse, 1822 ; Hist. contemporaine, 1817-23 ; des romans, des contes et nouvelles, parmi lesquels on remarque l'Esclave galérien, la Béguine d'Aarau, Jonathan Frock. Il rédigea en outre des recueils politiques et littéraires qui eurent une grande vogue. Sans être un écrivain de premier ordre, Zschokke occupe par sa lucidité et sa fécondité un rang distingué dans la littérature allemande : on l'a surnommé le Walter Scott de la Suisse. Ses écrits présentent la morale sous des formes séduisantes et accessibles à tous. Ses Œuvres, dont le recueil parut de 1825 à 1833, forment 40 volumes. La plupart ont été trad. en français : Loève-Veimars a donné les Contes suisses, 1828, les Soirées d'Aarau, 1829, les Matinées suisses, 1830-32 ; Suckau, Jonathan Frock ; Cherbuliez, les Nouvelles Soirées d'Aarau, 1833; Ch. Monnard, l'Hist. de la nation suisse, 1823-1833. Zschokke a écrit lui-même sa biographie.

ZUCCARO (Taddeo) (wiki en), peintre de l'école romaine, né en 1529 à Sant-Angelo, près d'Urbin. m. en

ZORO — 2038 - ZUCC
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1566, eut un faire facile et agréable, mais produisit trop et manqua d'élévation. On estime ses fresques du château de Caprarola (gravées en 1748) et une Vierge dans l'église St.-Sixte de Mantoue. — Son frère, Federico, 1542-1609, peignit à Florence la grande coupole de Sainte-Marie des Fleurs, et acheva à Rome le plafond de la chapelle Pauline, commencé par Michel-Ange. On a de lui : Idea de’ pittori, scultori e architetti, 1607.

ZUG, Tugium, v. de Suisse, capit. du canton de ce nom, sur la rive orient. du lac de Zug, où plusieurs maisons s'abîmèrent en 1455 et en 1594; 3 500 hab. Gymnase, bibliothèque. Papeteries, kirsch, fruits secs. — Le canton de Zug, au centre de la Suisse, est borné par ceux de Zurich au N., Schwitz à l'E. et au S., Argovie à l'O. : 20 kil. sur 17; 18000 hab., de race allemande, mais presque tous catholiques. Climat doux, sol fertile, arrosé par la Reuss et la Limmat : châtaignes, fruits, fromages, beurre, kirschenwasser. Le gouvernement est démocratique. Zug fut reçu dans la confédération des cantons en 1352. — Le lac de Zug, entre les cantons de Zug, de Schwitz et de Lucerne, a 14 kil. de long sur 2 de largeur moyenne : env. 215 m de profondeur. Il communique avec la Reuss par la Lorze, qui en sort au N.

ZULIA, riv. du Venezuela, tombe dans le lac Maracaïbo, au S., donnait son nom à un dép. de la Colombie, auj. prov. de Maracaïbo, Coro, Truxillo,etc.

ZULLA ou ARKIKO, et port d'Abyssinie, dans le pays des Hazortas, sur une baie de la mer Rouge, occupe l'emplacement de l'anc. Adulis. Les Français y ont formé un établissement en 1859.

ZULLICHAU, et château des États prussiens (Brandebourg), à 35 kil. E. de Francfort-sur-l'Oder ; 5300 h. Château. Draps, eau-de-vie, vinaigre.

ZULPICH, l'anc. Tolbiac, v. des Etats prussiens (Prov.-Rhénanel, à 33 kil. S. O. de Cologne ; 1200 h.

ZUMALACARREGUY (Thomas), général espagnol, né en 1789 dans le Guipuscoa. Commandant dans la garde royale à la mort de Ferdinand VII, il se démit de ses fonctions pour suivre don Carlos, souleva le Guiposcoa, fit une terrible guerre de partisan aux Christinos, et mourut devant Bilbao, 1835.

ZUMBO (Gaëtan-Jules), modeleur en cire, né en 1656 à Syracuse, m. en 1701, employa une cire colorée qu'il préparait lui-même et dont il garda le secret. Entre autres ouvrages remarquables, il exécuta, à Florence, un célèbre groupe de 5 figures connu sous le nom de la Putréfaction.

ZUNICA, bg de la Navarre, à 50 k. S. O. de Pampelune, a donné son nom à une des plus anciennes maisons d'Espagne, qu'on fait descendre d'Alphonse, infant de Navarre, et de Sanctie, dame et héritière du domaine de Zuniga, et qui a fourni un grand nombre d'hommes distingués. On connaît surtout Jean de Z., grand maître de l'ordre d'Alcantara, puis archev. de Séville et cardinal (1503) qui contribua à la conquête du roy. de Grenade et encouragea les lettres.

ZURAVNO, bourg de Galicie, sur le Dniester, à 29 kil. E. de Stry. Aux environs, Sobieski et 10 000 Polonais tinrent 23 jours contre 200 000 Turcs et Tartares ; ils n'échappèrent à une perte certaine qu'en signant le traité du Zuravno, qui donnait aux Turcs la Podolie et une partie de l'Ukraine (1676.)

ZURBARAN (Franc.) peintre, surnommé le Caravage espagnol, né en 1598 à Fuente de Cantos dans l'Estramadure, m. en 1662. Il a orné Séville de plusieurs chefs-d'œuvre, parmi lesquels on remarque le tableau du maître-autel de la cathédrale et un S. Thomas d'Aquin. Comme le Caravage, Zurbaran aime les vives oppositions de lumière et d'ombre, les sujets tristes et dramatiques.

ZURICH, Turicum, Tigurum, Duregum. v. de Suisse, capit. du canton de son nom, sur la Limmat, à l’extrémité du lac de Zurich ; 10 000 hab. On y remarque quelques édifices : la cathédrale ou le Munster, l’hôtel de ville, la maison des orphelins, celle des aliénés, le Casino, le monument de


Gessner, le tombeau de Lavater. Université (créée en 1833), amphithéâtre anatomique, salle de physique, collections, plusieurs bibliothèques ; collège, gymnase, école des arts, école d’aveugles. Soieries, mousselines, gazes, tissus de coton, vinaigre, etc. — Zurich existait sous des Romains, elle devint ville impériale an 1218. Dès avant 1250 elle s’affranchit de la prééminence des nobles et se donna un régime démocratique. Elle entra en 1351 dans la confédération Suisse, mais, ayant pris querelle en 1436 avec Glaris et Schwitz pour la possession du Tockenbourg, elle fit alliance avec l’Autriche (1439) et sortit de la confédération, pour n’y rentrer qu’en 1450. Dès 1516, Zwingle prêcha la réforme à Zurich. Cette ville se distingue par ses écoles et par l’instruction de ses habitants : on l’a nommée l’Athènes de la Suisse. Gessner, Bodmer, Lavater, Meister, Fuseli, Hess, Pestalozzi, y sont nés. Les Suisses battirent les Autrichiens en 1443 aux environs de Zurich, Masséna remporta à Zurich sur l’armée austro-russe, le 26 août 1799, une victoire qui empêcha la France d’être envahie de ce côté. Il fut conclu à Zurich le 10 nov. 1859, entre la France et l’Autriche un traité qui confirmait et complétait celui de Villa-franca : la partie de ce traité qui établissait une confédération italienne ne put être exécutée.

ZURICH (Canton de), canton de la Confédération helvétique, est borné par le grand-duché de Bade et le canton de Schaffouse au N., par ceux de St-Gall, Zug, Schwitz au S., par le canton d’Argovie à l’O. et par celui de Thurgovie à l’E : 62 k. sur 43 ; 1850 kil. carrés; 252 000 h., presque tous protestants ; capit., Zurich. Il est arrosé par plusieurs rivières (Rhin, Reuss, Limmat, Sihl, Thur), et contient plusieurs lacs, entre autres celui de Zurich. Les montagnes n’y dépassent pas 1160 m ; point de glaciers. Forêts, pâturages; agriculture très-bien entendue ; industrie et commerce florissants. La constitution, qui date de 1839, est toute démocratique : il y a un grand conseil de 212 membres, un petit conseil de 25 et un tribunal d’appel. — Le canton de Zurich fut admis dès 1351 dans la Confédération (V. ZURICH, V.) : il ne se composait alors que de la ville et d’un district au bord de la Sihl. Il acquit ses limites actuelles surtout du xiv e au xv e s. En 1802, il s’y éleva des dissensions qui amenèrent l’intervention française et l’organisation de la Suisse en 19 cantons.

ZURICH (Lac de), dans les cantons de Zurich, St-Gall et Schwitz, a 35 kil. sur 3 de largeur moyenne ; il atteint 200m de profondeur près de la presqu’île de l’Aue. On le divise en 2 parties (lac supérieur et lac inférieur) ; au point de partage se voit le pont de Rapperschwyl, qui a 1800 pas de long. Ce lac reçoit la Linth au S. E. et s’écoule par la Limmat.

ZURITA (Jérôme), historien espagnol, né en 1512 à Saragosse, m. en 1581 ; fut chargé d’affaires en Allemagne pour le conseil de Castille ; voyagea en Italie et en Sicile pour recueillir des documents ; et finit par se fixer chez des Hiéronymites ; a laissé des Annales de la couronne d’Aragon, Saragosse,, 1562-79, 6 v. fol. ; a découvert le Chronicon Alexandrinum ou Pascale,(coll. Byzantine).

ZURLAUBEN (le baron de LA TOUR-CHATILLON de), d’une ancienne famille allemande, né à Zug en 1720, m. en 1795 ; fit au service de la France les campagnes de 1742 et années suivantes, et prit sa retraite en 1780 avec le titre de lieutenant général. On a de lui une Histoire militaire des Suisses, Paris, 1751-53, 8 vol. in-12 ; des Tableaux topographiques, politiques et littéraires de la Suisse, 1780-86, 4 v. grand in-fol., et une traduction d’Onosander.

ZURLO (Joseph, comte), né en 1759 à Naples, m. en 1828 ; suivit d’abord le barreau de Naples, devint directeur des finances en 1798 ; se tint a l’écart sous la république parthénopéenne, reprit sa place en 1800, rétablit le crédit, mais souleva de nombreux mécontentements par ses réformes et fut renversé ; se rallia en 1809 à Murat, et fut sous lui

ZURB — 2039 — ZURI
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ZWIC - 2040 - ZYPE
ministre de la justice, puis de l’intérieur ; suivit à Trieste la veuve de Murat ; rentra dans sa patrie en 1818 et redevint ministre de l’intérieur lors de la révolution de 1820. Mis en accusation par les carbonari, il donna sa démission, qui fut suivie de la retraite de tout le cabinet.

ZUTPHEN, v. forte du roy. de Hollande (Gueldre), sur l’Yssel, à 14 kil. S. de Deventer ; 10 000 h. Belle église de Ste-Walburge, hôtel de ville à 5 façades, hôtel des États. - V. très-ancienne ; appartint à l’évêque d’Utrech dès 1202 ; plus tard devint ville hanséatique avec titre de comte. Prise par l’armée des États en 1530, par don Frédéric de Tolède, fils du duc d’Albe, en 1572, par le prince Maurice en 1591, par les Français en 1672, et démantelée cette fois.

ZUYDERZÉE, c.-à-d. Mer du Sud, vaste golfe de la mer du Nord, entre la Hollande à l’O., la Frise et l’Over-Yssel à l’E., la province d’Utrecht et la Gueldre au Sud ; son entrée, située au N., est fermée par les iles de Texel, de Vlieland, Ter-Schelling, Ameland, qui n’y laissent pénétrer les vaisseaux que par quelques passes : 220 kil. du N. E. au N. O., 75 kil. de largeur moyenne. le Zuyderzée reçoit l’Yssel et les deux Vechts. La moitié méridionale du Zuyderzée se nommait au temps des Romains lac Flevo ; il était au milieu des terres, ou ne tenait que par un filet d’eau à la mer du Nord ; mais en 1282 une inondation terrible submergea tout l’espace qui forme aujourd’hui la partie septentrionale. Il avait été question dans ces dernières années de dessécher le Zuyderzée, mais la crainte d’anéantir le commerce maritime des villes qui ont un port sur ce golfe a fait renoncer à ce projet. – Sous l’Empire français, de 1810 à 1814, il y eut un dép. du Zuyderzée, formé de la Hollande septr. et d’une partie de la prov. d’Utrecht ; il avait pour ch.-l. Amsterdam.

ZVORNIK, v. de Turquie (Bosnie), ch.-l. de livah, sur la Drina, à 140 kil. N. E. de Travnik ; 15 000 h. Château fort. Aux env., mines de plomb.

ZWICKAU, Cygnea, v. du roy. de Saxe (Erzgebirge). ch.-l. de cercle, à 27 kil. S. O. de Chemnitz ; 11 000 hab. Anc. château. Drap, cotonnade, cire à cacheter, carmin ; forges à fer.

ZWICKER (Dan.), chef de secte, né à Dantzick en 1602, mort en 1678. Après avoir été médecin, il quitta sa profession pour se faire socinien, puis se rapprocha de l’Arminianisme, et tenta enfin de fondre les diverses communions chrétiennes : il devint ainsi le chef des Conciliateurs ou Tolérants ; mais n’eût que quelques prosélytes et son principal ouvrage est l’Irenicon irenicorum seu Reconciliator Christianorum, Amst., 1658.

ZWINGER. (Théod.), médecin, né à Bâle en 1658, m. en 1724, occupa la chaire de médecine à l’Académie de Bâle, devint médecin et conseiller aulique du duc de Wurtemberg et du marquis de Bade-Dourlach, et s’honora en allant secourir Fribourg en proie à une épidémie (1710). On a de lui le Théâtre botanique, (en allem.), 1696. – Son trisaïeul, Théodore Zwinger, dit l’Ancien (1533-88), avait aussi été un célèbre médecin ; il mourut à Bâle d’une épidémie qu’il avait combattue avec le plus grand dévouement. On a de lui Theatrum vitæ humanæ, 1565.

ZWINGLE ou ZWINGLI (Ulrich), fameux réformateur, né en 1484 à Wildhaus dans le canton de St-Gall, m. en 153l, était curé de Glaris à 22 ans. Il assista, comme aumônier des Suisses auxiliaires du pape Jules II, à la bataille de Novare, suivit une autre armée de Suisses à Marignan, fut nommé en 1516 curé de Notre-Dame-d’Einsiedeln (ou des Ermites), attaqua en chaire dès cette année, un an avant Luther, le luxe et les abus de la cour de Rome, fut porté par ses nombreux adhérents à la cure de Zurich (1518), y développa de plus en plus ses idées de réforme, décida le grand conseil de cette ville à ne plus laisser enseigner que l’Évangile, sollicita en 1523 le colloque de Zurich, à la suite duquel furent supprimés le célibat des prêtres et la messe (1524 et 25), et donna l’exemple de se marier. Nommé recteur du gymnase de Zurich, il réorganisa les études dans cette ville. Bien que différant de Luther sur quelques points, entre autres sur la présence réelle dans l’Eucharistie (que Zwingle niait et qu’admettait Luther), il tenta de se rapprocher du chef de la Réforme. Berne venait d’adopter les doctrines de Zwingle (1528), et il avait l’espoir de les étendre par toute la Suisse, quand éclata la guerre dite de Cappel, entre les Catholiques et les Réformés : cette guerre, étouffée par une 1re paix en 1529, reprit presque aussitôt, et Zwingle perdit la vie à la bataille de Cappel, où son parti fut battu (1531). Il avait adressé à la diète d’Augsbourg et à François I sa Confession, que ses partisans regardent comme un chef-d’œuvre. Plus logicien et plus poli que Luther, Zwingle ne possédait pas la même puissance pour remuer les masses. A la différence de Calvin, il accordait à l’homme le libre arbitre, et par conséquent le mérite ou le démérite de ses actions. Peu après sa mort, ses partisans se réunirent aux Calvinistes. Zwingle a beaucoup écrit. Ses Œuvres (en latin) ont été publiées à Zurich, 1543-45, 4 vol. in-fol., et à Leipsick, par Schultness, 1826-45, 11 v. in-8. J. G. Hess, en 1810, et Hottinger, en 1844, ont donné sa Vie.

ZWITTAU, v. murée des États autrichiens (Moravie), à la source de la Zwittawa (affluent de la Schwarza), à 60 k. N. O. d’Olmütz, 4000 h. Évêché.

ZWOLL ou ZWOLLE, v. de Hollande, ch.-l. de la prov. d’Over-Issel, à 80 kil. N. E. d’Amsterdam, 21 000 hab. Grand entrepôt de commerce entre la Hollande et l’Allemagne : reliée à la mer par deux riv., centre du réseau N. des chemins de fer Néerlandais. – Zwoll, simple village avant 1233, devint depuis ville libre et impériale et ville hanséatique. Prise par les Espagnols en 1580, elle fut reprise bientôt après par les Hollandais, auxquels elle fut enlevée en 1672 par les Français, qui la démantelèrent. Sous l’Empire français elle fut le ch.-l. du dép. des Bouches-de-l’Yssel. Elle a beaucoup souffert d’un ouragan qui la submergea en 1825.

ZYPÉTÉS, roi de Bithynie. V. BITHYNIE.


FIN.



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Typographie Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris.

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DICTIONNAIRE

UNIVERSEL

D’HISTOIRE ET DE GÉOGRAPHIE

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SUPPLÉMENT

(Jusqu’en août 1878).


AGAS ANDE


ABD-UL-AZIZ, sultan des Ottomans, né en 1830, était le second fils de Mahmoud, et le frère d’Abd-ul-Medjid, auquel il succéda en 1861. Arrivé au trône, il annonça d’abord, comme son frère, un esprit réformateur, conserva les ministres de son prédécesseur, réduisit sa liste civile, confirma le hatti-chérif de Gulhané et le hatti-humayum de 1856, et promit l’égalité à tous ses sujets, sans distinction de religion ; créa à Galata-Seraï, sur le modèle des lycées français, un établissement d’instruction qui réunit des élèves mahométans et chrétiens, sous la direction de maîtres européens. Mais il n’eut pas dans les idées la même suite qu’Abd-ul-Medjid : il réprima péniblement une insurrection du Monténégro (1862) et de l’île de Candie (1866-67), et, par une mauvaise administration, prépara la dislocation de l’Empire Ottoman : son règne, qui s’était annoncé par des réformes et des mesures d’économie, finit par les prodigalités et le gaspillage. Déconsidéré en Europe et dans son empire, suspect d’aliénation mentale, Abd-ul-Aziz fut renversé par une révolution de palais, après laquelle, dit-on, il se suicida (juin 1876). Il eut pour successeur son neveu Mourad, qui fut bientôt déposé également comme atteint d’aliénation mentale, et remplacé par le sultan actuel, Abd-ul-Hamid II (août 1876).

ACHARD (Amédée), romancier français, né à Marseille en 1814, m. en 1875; fut d’abord employé dans une maison ne commerce, puis chef de cabinet d’un préfet; débuta comme écrivain en 1838 dans des journaux humoristiques (Ver-Vert, le Charivari, etc.); donna en 1845, dans l’Époque, des Lettres parisiennes qui furent remarquées, et publia en 1847 le plus goûté de ses romans, Belle Rose, que suivirent la Chasse Royale (1850), la Robe de Nessus (1854), Maurice de Treuil (1856)1 etc. Il a aussi écrit avec quelque succès pour le théâtre, et joué un rôle des plus honorables dans les journées de juin 1848.

AGASSIZ (Louis), naturaliste suisse, né en 1807 à Orbe (canton de Vaud), m. en 1873; professa l’hist. nature1Je d’abord à Neufchâtel, puis à New-Cambridge (États-Unis). On lui doit des travaux importants : Recherches sur tes poissons fossiles, in-4, 1833-42 ; Monographie des échinodermes vivants et fossiles (1838-42) ; Hist. natur. des poissons d’eau douce, (en collaboration avec M. Vogt, 2 vol., 1839-40); Étude sur tes mollusques fossiles (1840-44); Études sur les glaciers (1840-47) ; Bibliographie zoologique (4 vol. in-4, 1848-50); Zoologie générale (en collaboration de MM. Gould et Perty, 1854 et suiv.). Il était correspondant de l’Institut de France.

ALI-PACHA (Méhémet Emin), homme d’État ottoman, né à Constantinople en 1815, mort en septembre 1871. Élève et successeur de Reschid-Pacha, il le surpassa peut-être en intelligence et en savoir. D'abord simple employé au bureau de traduction de la Porte, il fut successivement élevé aux plus hautes dignités : chargé d’affaires à Londres (1838), puis ambassadeur en titre dans la même résidence (1841), membre du conseil suprême d’État et de justice, chancelier du divan impérial, ministre des affaires étrangères, président du conseil du tanzimat, enfin grand vizir ; il quitta et reprit plusieurs fois ces hautes fonctions, selon que ses idées politiques étaient rejetées ou acceptées par le Sultan. 11 signa comme premier plénipotentiaire le traité de Paris (1856), et présida la commission qui devait régler la situation de la Roumanie (1864). Ali-Pacha, comme son maître Reschid-Pacha et son ami Fuad-Pacha, appartient à une école d’hommes d’État éminents, qui ont réussi à entraîner la Turquie dans le mouvement de la civilisation européenne.

ANCELOT (Marg.-L.-Virginie CHARDON, madame), femme auteur, née à Dijon en 1792, m. en 1875, vint à Paris en 1804 et épousa en 1818 M. Ancelot, qu’elle aida dans la composition de quelques-unes de ses œuvres dramatiques, et qu’elle perdit en 1854 ; écrivit seule quelques comédies qui furent applaudies au Théâtre Français, parmi lesquelles on distingue le Mariage raisonnable, 1835 ; Marie ou Trois époques, 1836 ; puis, de 1838 à 1843, elle donna au Gymnase, au Vaudeville et aux Variétés plusieurs pièces agréables, qui eurent du succès, mais ne sont pas restées à la scène. Elle a publié son Théâtre complet (4 vol. in-8, 1848). Dans ses dernières années, elle écrivit des romans dont les mieux accueillis furent Renée de Varville et la Nièce du banquier (1853).

ANDERSEN (Hans Christian), poëte et romancier danois, né en 1805 à Odensée; m. en 1875; était fils d’ouvrier et destiné à être ouvrier lui-même ; vint chercher fortune à Copenhague, fut quelque temps acteur, se fit remarquer par des pièces de poésie qui lui valurent une bourse royale dans une