E. D. – Le marbre animé/4

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Aux dépens de la compagnie (Bruxelles) (p. 31-35).

CHAPITRE IV



LE BORD DU LIT




Je suis de nouveau auprès de ma plantureuse beauté, l’invitant par les plus voluptueuses caresses à me suivre à Cythère. Tout ce qu’aime Vénus, toutes les mignardises que les doigts et les lèvres, faisant la petite oie, prodiguent aux trésors cachés, comme aux appas qui se montrent, orgueilleux de leur saillie, je les pratiquai longtemps, dépensant le talent de dix libertins. J’obtiens quelques tressaillements, et je crois voir un œil humide se voiler, mais ce n’est qu’un éclair. Enfin, j’installe ma belle Nijni sur le bord du lit, et agenouillé devant le labyrinthe de Cypris, je contemple des beautés qui, cachées d’ordinaire, s’étalent ainsi dans tout leur éclat, sous mes yeux ravis. J’entr’ouvre du bout des doigts les jolies portes closes, fermées sur le divin bouton, qui apparaît frais et vermeil, tout petit, enfoui dans la chair rosée, je l’agace du doigt, et quand je le vois s’agiter, je le reprends entre mes lèvres, je le sens grossir ; il n’est donc pas insensible, le cher petit bouton. Je le caresse ainsi longtemps, et quand le moment propice me semble venu, quand il s’émeut sous mon baiser, je me lève, la verge au vent, et je me glisse entre les cuisses écartées. La belle se prêtant volontiers à mes caprices, met ses jambes sur mes épaules, m’en faisant une ceinture, et me présentant ainsi l’huis entre-bâillé, disposé à recevoir le visiteur. Je conduis ma verge vers l’ouverture, et d’un seul coup de cul, je l’enfonce toute, fouillant le vagin jusqu’à la matrice. Pendant qu’elle étreint mon corps entre ses jambes, je me penche sur sa figure, et j’exécute sur ses lèvres une sarabande de baisers, tandis que j’écrase sa gorge rebondie, sous ma robuste poitrine ; puis prenant la langue rose qu’on me donne, je la suce comme pour l’avaler. Cependant ma verge frotte l’étui, que chaque coup de reins secoue violemment, quand un spasme prolongé vient couronner la lutte. Nijni a-t-elle partagé mon bonheur, ou ai-je encore tout seul le bénéfice de la victoire ? Rien ne me renseigne, mais j’ai cru sentir, quand je jouissais, mon priape serré dans sa gaine.

Bientôt Nijni, réinstallée sur le bord du lit, m’offre derechef la vue si douce de ces chères beautés, que je contemple à genoux, extasié, et que je comble toujours avec un nouveau plaisir des plus tendres caresses. L’épaisse toison, noire et frisée s’étend en forme de triangle, dont la base touche presque au nombril, et dont le sommet est au bas du ventre ; là, il faut écarter le doux duvet, fin comme de la mousse, pour visiter, dans la grotte de Cythère, le joli postillon d’amour, et lui adresser ses vœux d’une langue fervente. Tantôt je chatouille, du bout d’un doigt léger, son petit museau rose ; tantôt, je le tiens embrassé, le gardant dans la bouche, et le chatouillant du bout de la langue ; et quand le priape a retrouvé sa belle humeur, mis en gaieté par toutes ces friandises, j’offre un nouveau combat à ma charmante adversaire, qui se prête toujours volontiers à mes désirs, et semble me seconder dans mon assaut. En effet, ses cuisses me serrent sous les aisselles, ses lèvres me rendent les baisers que je pigeonne sur sa bouche, et ses seins que je roule sous ma main, semblent palpiter, quand je viens l’arroser des preuves brûlantes de ma félicité.

Mais dès que j’ai quitté mon poste de combat et que j’interroge son visage, j’y retrouve la même désespérante placidité. Je suis presque convaincu de l’avoir soumise, mais rien ne me le prouve, et je reste dans l’incertitude anxieuse du premier jour, quand je la quitte le matin, après des travaux dignes d’Hercule.