Ecclésiastique - Crampon

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Ecclésiastique - Siracide
Version Chanoine Crampon - 1923


Note de Wikisource


Ce texte de la Bible dans la traduction d’Augustin Crampon, édition révisée de 1923, comporte quelques déviations et inexactitudes. Il est remplacé par un texte dont la conformité à l’édition papier a été contrôlée, et le lecteur est invité à s’y référer : Bible Crampon 1923.



De nombreuses et excellentes leçons nous ont été transmises par la loi, les prophètes et les autres écrivains qui les ont suivis, ce qui assure à Israël une sagesse. Et, comme non seulement ceux qui les lisent acquièrent la science, mais encore ceux qui les étudient avec zèle se rendent capables d’être utiles à ceux du dehors par leur parole et leurs écrits, mon aïeul Jésus, qui s’était beaucoup appliqué à la lecture de la loi, des prophètes et des autres livres de nos pères, et qui y avait acquis une grande habileté, fut amené à composer, lui aussi, un écrit ayant trait à la formation morale et à la sagesse, afin que ceux qui ont le désir d’apprendre, s’attachant aussi à ce livre, progressent de plus en plus dans une vie conforme à la loi.

Je vous exhorte donc à en faire la lecture avec bienveillance et attention, et à vous montrer indulgents dans les endroits où, malgré le soin que nous avons apporté à le traduire, nous paraîtrions avoir mal interprété quelques mots ; car les termes hébreux n’ont pas la même force en passant dans une autre langue. Ce défaut ne se rencontre pas seulement dans ce livre ; mais la loi elle-même, les prophéties et les autres livres sacrés n’offrent pas qu’un petit nombre de différences, quand on compare la version à l’original.

Etant allé en Égypte en la trente-huitième année du règne d’Evergète, je trouvai pendant mon séjour que l’instruction religieuse était loin d’égaler la nôtre. J’ai donc regardé comme très nécessaire de donner quelque soin et quelque labeur à la traduction de ce livre. A cet effet, j’ai consacré à cette œuvre, durant ce temps, beaucoup de veilles et d’application, afin de la conduire à bonne fin et de la publier pour ceux aussi qui, sur la terre étrangère, sont désireux de s’instruire et disposés à conformer leur vie à la loi du Seigneur.

Chapitre 1[modifier]

  1. Toute sagesse vient du Seigneur, elle est avec lui à jamais.
  2. Qui peut compter le sable de la mer, les gouttes de la pluie et les jours du passé ?
  3. Qui peut atteindre les hauteurs du ciel, la largeur de la terre, la profondeur de l’abîme et la sagesse ?
  4. La sagesse a été créée avant toutes choses, et la lumière de l’intelligence dès l’éternité.
  5. [La source de la sagesse, c’est la parole de Dieu au plus haut des cieux, ses voies sont les commandements éternels.]
  6. A qui a été révélée la racine de la sagesse, et qui a connu ses desseins profonds ?
  7. [A qui la science de la sagesse a-t-elle été révélée et manifestée, et qui comprend la richesse de ses voies ?]
  8. Il n’y a qu’un sage grandement redoutable, assis sur son trône : c’est le Seigneur.
  9. C’est lui qui l’a créée ; il l’a vue et il l’a nombrée.
  10. Il l’a répandue sur toutes ses œuvres, ainsi que sur toute chair, selon la mesure de son don, il l’a donnée libéralement à ceux qui l’aiment.
  11. La crainte du Seigneur est gloire et honneur, et joie, et couronne d’allégresse.
  12. La crainte du Seigneur réjouit le cœur ; elle donne gaieté, joie et longue vie.
  13. Celui qui craint le Seigneur s’en trouvera bien à la fin, et il trouvera grâce au jour de sa mort. [L’amour de Dieu est une glorieuse sagesse ; à ceux à qui il se montre, Dieu communique la sagesse, pour qu’ils le puissent contempler.]
  14. Le commencement de la sagesse est de craindre Dieu ; elle est formée avec les fidèles dans le sein de leur mère.
  15. Elle s’est préparé chez les hommes une éternelle habitation ; elle demeurera fidèlement avec leur race.
  16. La plénitude de la sagesse est de craindre le Seigneur ; elle rassasie de ses fruits ceux qui la possèdent.
  17. Elle remplit toute sa maison de choses désirables, et ses greniers de ses produits.
  18. La couronne de la sagesse, c’est la crainte du Seigneur ; elle fait fleurir la paix et les fruits de salut.
  19. Le Seigneur l’a vue et l’a manifestée ; [et toutes deux sont des dons de Dieu.] Il fait pleuvoir à flots la science et la lumière de l’intelligence, il exalte la gloire de ceux qui la possèdent.
  20. La racine de la sagesse, c’est de craindre le Seigneur, et ses rameaux sont une longue vie.
  21. [La crainte du Seigneur bannit le péché, et celui qui s’y attache détourne la colère.]
  22. L’homme injuste et emporté ne saurait être justifié, car la fougue de sa colère amène sa ruine.
  23. L’homme patient attend jusqu’au temps voulu, et ensuite la joie lui est rendue.
  24. Il cache jusqu’au temps voulu ses paroles, et les lèvres des fidèles raconteront sa prudence.
  25. Les trésors de la sagesse renferment des maximes de prudence, mais la piété envers Dieu est en abomination au pécheur.
  26. Désires-tu la sagesse ? garde les commandements, et le Seigneur te l’accordera.
  27. Car la sagesse et l’instruction, c’est la crainte du Seigneur, et ce qui lui plaît, c’est la fidélité et la mansuétude.
  28. Ne te refuse pas à la crainte du Seigneur, et ne t’approche pas de lui avec un cœur double.
  29. Ne sois pas hypocrite devant les hommes, et prends garde à tes lèvres.
  30. Ne t’élève pas toi-même, de peur que tu ne tombes, et que tu n’attires sur toi la confusion. Car le Seigneur révélera ce que tu caches, et te précipitera au milieu de l’assemblée, parce que tu ne t’es pas adonné à la crainte du Seigneur, et que ton cœur est plein de fraude.

Chapitre 2[modifier]

  1. Mon fils, si tu entreprends de servir le Seigneur, prépare ton âme à l’épreuve.
  2. Rends droit ton cœur et sois constant et ne te précipite pas au temps du malheur.
  3. Attache-toi à Dieu et ne t’en sépare pas, afin que tu grandisses à ta fin.
  4. Tout ce qui vient sur toi, accepte-le, et, dans les vicissitudes de ton humiliation, sois patient.
  5. Car l’or s’éprouve dans le feu, et les hommes agréables à Dieu dans le creuset de l’humiliation.
  6. Aie foi en Dieu, et il te relèvera ; rends tes voies droites, et espère en lui.
  7. Vous qui craignez le Seigneur, attendez sa miséricorde, et ne vous détournez pas, de peur que vous ne tombiez.
  8. Vous qui craignez le Seigneur, ayez foi en lui, et votre récompense ne se perdra pas.
  9. Vous qui craignez le Seigneur, espérez le bonheur, la joie et la miséricorde.
  10. Considérez les générations antiques, et voyez : qui jamais a espéré au Seigneur et a été confondu ? Qui est resté fidèle à sa crainte et a été abandonné ? Qui l’a invoqué et n’a reçu de lui que le mépris ?
  11. Car le Seigneur est compatissant et miséricordieux ; il remet les péchés et délivre au jour de l’affliction.
  12. Malheur aux cœurs timides, aux mains sans vigueur, au pécheur qui marche dans deux voies !
  13. Malheur au cœur sans vigueur, parce qu’il n’a pas foi en Dieu ! Aussi ne sera-t-il pas protégé.
  14. Malheur à vous qui avez perdu la patience ! Que ferez-vous au jour de la visite du Seigneur ?
  15. Ceux qui craignent le Seigneur ne sont pas indociles à ses paroles, et ceux qui l’aiment gardent fidèlement ses voies.
  16. Ceux qui craignent le Seigneur cherchent son bon plaisir, et ceux qui l’aiment se rassasient de sa loi.
  17. Ceux qui craignent le Seigneur préparent leurs cœurs, et tiennent leurs âmes humiliées devant lui,
  18. en disant : Nous tomberons entre les mains du Seigneur, et non entre les mains des hommes ; car autant il a de puissance, autant il a de miséricorde.

Chapitre 3[modifier]

  1. Mes enfants, écoutez-moi, moi qui suis votre père, et faites en sorte que vous obteniez le salut.
  2. Car le Seigneur veut que le père soit honoré par ses enfants, et il a affermi sur les fils l’autorité de la mère.
  3. Celui qui honore son père expie ses péchés,
  4. et c’est amasser un trésor que d’honorer sa mère.
  5. Celui qui honore son père sera réjoui par ses enfants, et il sera exaucé au jour de sa prière.
  6. Celui qui honore son père aura de longs jours ; celui qui obéit au Seigneur donnera consolation à sa mère.
  7. [Celui qui craint le Seigneur honore ses parents] ; et sert comme des maîtres ceux qui lui ont donné le jour.
  8. En action et en parole honore ton père, afin que sa bénédiction vienne sur toi ;
  9. car la bénédiction du père affermit les maisons des enfants ; mais la malédiction de la mère déracine les fondations.
  10. Ne te glorifie pas de l’opprobre de ton père, car sa confusion ne saurait te faire honneur ;
  11. car la gloire d’un homme lui vient de l’honneur de son père, et une mère méprisée est la honte de ses enfants.
  12. Mon fils, soutiens ton père dans sa vieillesse, et ne le contriste pas durant sa vie.
  13. Son esprit viendrait-il à s’affaiblir, sois indulgent, et ne le méprise pas dans la plénitude de tes forces.
  14. Car le bien fait à un père ne sera pas mis en oubli, et, à la place de tes péchés, ta maison deviendra prospère.
  15. Au jour de la tribulation, le Seigneur se souviendra de toi ; comme la glace se fond par un temps serein, ainsi se dissiperont tes péchés.
  16. Il ressemble au blasphémateur celui qui délaisse son père ; il est maudit du Seigneur celui qui irrite sa mère.
  17. Mon fils, accomplis tes œuvres avec mansuétude, et tu seras aimé de l’homme agréable à Dieu.
  18. Humilie-toi d’autant plus que tu es plus grand, et tu trouveras grâce devant le Seigneur ;
  19. car la puissance du Seigneur est grande, et il est glorifié par les humbles.
  20. Ne cherche pas ce qui est trop difficile pour toi, et ne scrute pas ce qui dépasse tes forces.
  21. Ce qui t’est commandé, voilà à quoi tu dois penser, car tu n’as que faire des choses cachées.
  22. Ne t’applique point aux occupations superflues, car on t’en a déjà montré plus que l’esprit humain ne peut saisir.
  23. Leur propre illusion en a égaré un grand nombre, et une présomption coupable a fait dévier leurs pensées.
  24. Celui qui aime le danger y trouvera sa perte : et le cœur dur tombe à la fin dans le malheur.
  25. Le cœur dur sera accablé d’afflictions, et le pécheur entasse péchés sur péchés.
  26. Le malheur de l’orgueilleux est sans remède, car la plante du mal a jeté en lui ses racines.
  27. Le cœur de l’homme intelligent médite la parabole ; trouver une oreille attentive est le désir du sage.
  28. L’eau éteint le feu le plus ardent, et l’aumône expie les péchés.
  29. Celui qui paie de retour les bienfaits songe à l’avenir, et, au jour du malheur, il trouvera un appui.

Chapitre 4[modifier]

  1. Mon fils, ne prive pas le pauvre de sa subsistance, ne fais pas attendre les yeux de l’indigent.
  2. N’afflige pas l’âme de celui qui a faim, et n’aigris pas l’homme indigent dans sa détresse.
  3. N’irrite pas davantage un cœur exaspéré, et ne diffère pas de donner au nécessiteux.
  4. Ne repousse pas le suppliant qui souffre, et ne détourne pas ton visage du pauvre.
  5. Ne détourne pas ton regard du nécessiteux, et ne lui donne pas occasion de te maudire ;
  6. car s’il te maudit dans l’amertume de son âme, celui qui t’a fait écoutera sa prière.
  7. Rends-toi agréable à la société, et devant un grand abaisse ton front.
  8. Prête l’oreille au pauvre, et fais-lui avec douceur une réponse qui le réjouisse
  9. Tire l’opprimé des mains de l’oppresseur, et ne sois pas pusillanime quand tu rends la justice.
  10. Sois comme un père pour les orphelins, comme son mari pour leur mère ; et tu seras comme un fils du Très-Haut, qui t’aimera plus que ta mère.
  11. La sagesse exalte ses enfants, et prend soin de ceux qui la cherchent.
  12. Celui qui l’aime aime la vie, et ceux qui la cherchent avec empressement sont remplis de joie.
  13. Celui qui la saisit aura la gloire en partage, et, partout où il entrera, le Seigneur le bénira.
  14. Ceux qui la servent servent le Saint, et ceux qui l’aiment sont aimés du Seigneur.
  15. Celui qui l’écoute jugera les nations, et celui qui vient à elle habitera en sécurité.
  16. Celui qui met en elle sa confiance l’aura en partage, et sa postérité en gardera la possession.
  17. Car, au début, elle s’engage avec lui dans une voie difficile ; elle amène sur lui la crainte et la frayeur ; elle le tourmente par sa dure discipline, jusqu’à ce qu’elle puisse se fier à lui, et qu’elle l’ait éprouvé par ses prescriptions.
  18. Mais alors, elle revient à lui par le droit chemin ; elle le réjouit et lui révèle ses secrets.
  19. S’il s’égare, elle l’abandonne, et le livre à sa perte.
  20. Observe le temps et garde-toi du mal, et n’aie pas à rougir de toi-même.
  21. Il y a une honte qui amène le péché, et il y a une honte qui attire la gloire et la grâce.
  22. N’aie égard à personne au préjudice de ton âme, et ne rougis pas pour ta perte.
  23. Ne retiens pas une parole au temps du salut, [et ne cache pas ta sagesse par vaine gloire] ;
  24. car c’est au langage qu’on reconnaît la sagesse, aux paroles de la langue que se montre la science.
  25. Ne contredis pas la vérité, mais rougis de manquer d’instruction.
  26. N’aie pas honte de confesser tes péchés, et ne lutte pas contre le cours du fleuve.
  27. Ne te soumets pas à un homme insensé, et n’aie pas égard à la personne d’un puissant.
  28. Jusqu’à la mort combats pour la vérité, et le Seigneur Dieu combattra pour toi.
  29. Ne sois pas dur dans ton langage, paresseux et lâche dans tes actions.
  30. Ne sois pas comme un lion dans ta maison, ni capricieux au milieu de tes serviteurs.
  31. Que ta main ne soit pas étendue pour recevoir, et retirée en arrière pour donner.

Chapitre 5[modifier]

  1. Ne t’appuie pas sur tes richesses, et ne dis pas : « J’ai assez de bien ! »
  2. Ne suis pas ta convoitise et ta force, pour satisfaire les désirs de ton cœur ;
  3. et ne dis pas : « Qui sera mon maître ? » Car certainement le Seigneur te punira.
  4. Ne dis point : « J’ai péché, et que m’est-il arrivé ? » Car le Seigneur est patient.
  5. Ne sois pas sans crainte au sujet de l’expiation, pour ajouter péché à péché.
  6. Ne dis point : « La miséricorde de Dieu est grande, il pardonnera la multitude de mes péchés. » Car en lui se trouvent la pitié et la colère, et son courroux tombe sur les pécheurs.
  7. Ne tarde pas à te convertir au Seigneur, et ne diffère pas de jour en jour ; car la colère du Seigneur éclatera tout à coup, et, au jour de la vengeance, tu périras.
  8. Ne t’appuie pas sur des richesses injustes, car elles ne te serviront de rien au jour du malheur.
  9. Ne vanne pas à tout vent, et ne marche pas dans toute voie ; ainsi fait le pécheur à la langue double.
  10. Sois ferme dans ton sentiment, et que ton langage soit un.
  11. Sois prompt à écouter, et lent à donner une réponse.
  12. Si tu as de l’intelligence, réponds à ton prochain ; sinon, mets ta main sur ta bouche.
  13. La gloire et la honte sont dans la parole, et la langue de l’homme cause sa perte.
  14. Ne t’attire pas le nom de médisant, et ne tends pas des pièges avec ta langue ; car la confusion tombe sur le voleur, et une condamnation sévère atteint la langue double.
  15. Ne sois en faute ni beaucoup ni peu,

Chapitre 6[modifier]

  1. et d’ami ne deviens pas ennemi ; car le méchant aura en partage le mauvais renon, la honte et l’opprobre : tel est le pécheur à la langue double.
  2. Ne t’élève pas toi-même par la volonté de ton âme, de peur que ton âme ne soit pillée, comme par un taureau.
  3. Tu dévoreras ton feuillage, tu feras périr tes fruits, et tu ne laisseras de toi qu’un bois aride.
  4. L’âme perverse perd celui qui la possède ; elle fait de lui la risée de ses ennemis.
  5. Une parole douce fait beaucoup d’amis, et la langue aimable est riche d’amabilités.
  6. Qu’ils soient nombreux ceux qui vivent en bons rapports avec toi, mais prends conseil d’un seul entre mille.
  7. Si tu veux acquérir un ami, acquiers-le en l’éprouvant, et ne te confie pas à lui à la légère.
  8. Car tel est ami à ses heures, qui ne le restera pas au jour de ton affliction ;
  9. tel est ami qui deviendra un ennemi, et qui révélera votre différend à ta confusion ;
  10. tel est ami quand il est assis à ta table, qui ne le restera pas au jour de ton malheur.
  11. Durant ta prospérité, il sera comme un autre toi-même, et il parlera librement avec les gens de ta maison.
  12. Si tu tombes dans l’humiliation, il sera contre toi, et il se cachera devant toi.
  13. Eloigne-toi de tes ennemis, et sois sur tes gardes avec tes amis.
  14. Un ami fidèle est une protection puissante ; celui qui le trouve a trouvé un trésor.
  15. Rien ne vaut un ami fidèle ; aucun poids ne saurait en marquer le prix.
  16. Un ami fidèle est un remède de vie ; ceux qui craignent le Seigneur le trouvent.
  17. Celui qui craint le Seigneur a une véritable amitié, car son ami lui est semblable.
  18. Mon fils, dès ta jeunesse adonne-toi à l’instruction, et jusqu’à tes cheveux blancs tu trouveras la sagesse.
  19. Approche-toi d’elle comme le laboureur et le semeur, et attends ses bons fruits. Pendant un peu de temps tu auras de la peine à la cultiver, et bientôt tu mangeras de ses fruits.
  20. Combien elle est escarpée pour les ignorants ! L’insensé ne lui restera pas attaché.
  21. Comme une lourde pierre d’épreuve, elle pèse sur lui, et il ne tarde pas à la rejeter.
  22. Car la sagesse justifie son nom : elle ne se découvre pas au grand nombre.
  23. Ecoute, mon fils, et reçois ma pensée, et ne rejette pas mon conseil.
  24. Engage ton pied dans ses entraves, et ton cou dans son collier.
  25. Courbe ton épaule pour la porter, et ne t’irrite pas de ses liens.
  26. Viens à elle de toute ton âme, et garde ses voies de toutes tes forces.
  27. Suis ses traces et cherche-la, et elle se fera connaître à toi, et, quand tu l’auras saisie, ne la quitte pas.
  28. Car à la fin tu trouveras son repos, et elle se changera pour toi en sujet de joie.
  29. Ses entraves deviendront pour toi une protection puissante, et son collier un vêtement de gloire.
  30. Car sur sa tête est un ornement d’or, et ses bandeaux sont un tissu d’hyacinthe.
  31. Tu t’en revêtiras comme d’une robe de gloire, et tu la mettras sur ta tête comme une couronne de joie.
  32. Mon fils, si tu le veux, tu acquerras l’instruction, et, si tu appliques ton âme, tu deviendras habile.
  33. Si tu aimes à écouter, tu apprendras ; si tu prêtes l’oreille, tu deviendras sage.
  34. Tiens-toi dans la compagnie des vieillards ; quelqu’un est-il sage ? Attache-toi à lui.
  35. Ecoute volontiers tout discours sur Dieu, et que les maximes de sagesse ne t’échappent pas.
  36. Si tu vois un homme de sens, sois près de lui dès le matin, et que ton pied use le seuil de sa porte.
  37. Médite sur les commandements du Seigneur, et réfléchis constamment à ses préceptes ; lui-même affermira ton cœur, et la sagesse que tu désires te sera donnée.

Chapitre 7[modifier]

  1. Ne fais pas le mal, et le mal ne te saisira pas ;
  2. éloigne-toi de ce qui est injuste, et l’injuste s’éloignera de toi.
  3. Mon fils, ne sème point dans les sillons de l’injustice, si tu ne veux pas récolter sept fois autant.
  4. Ne demande pas au Seigneur le pouvoir, ni au roi un siège d’honneur.
  5. N’essaie pas de paraître juste devant le Seigneur, et ne cherche pas à paraître sage devant le roi.
  6. Ne cherche pas à devenir juge, de peur que tu n’aies pas la force d’extirper l’injustice, de peur que tu ne sois intimidé en présence d’un puissant, et que tu ne mettes en péril ton équité.
  7. N’offense pas toute la population d’une ville, et ne te jette pas au milieu de la foule.
  8. Ne lie pas deux fois le péché, car même pour un seul tu ne seras pas impuni.
  9. Ne dis pas : « Dieu considérera la multitude de mes dons, et, quand je les offrirai au Dieu très haut, il les recevra. »
  10. Ne sois pas pusillanime dans ta prière, et ne néglige pas de faire l’aumône.
  11. Ne te moque pas de l’homme dont le cœur est affligé, car il y en a un qui abaisse et qui élève.
  12. Ne forge point de mensonge contre ton frère ; ne fais point pareille chose contre ton ami.
  13. Garde-toi de dire aucun mensonge, car le mensonge continu ne tourne pas à bien.
  14. Ne bavarde pas dans la compagnie des vieillards, et ne répète pas les paroles de ta prière.
  15. Ne hais pas les labeurs pénibles, ni le travail des champs institué par le Très-Haut.
  16. Ne te mets pas parmi le plus grand nombre des pécheurs ; souviens-toi que la vengeance ne tardera pas.
  17. Humilie profondément ton âme, car le feu et le ver sont le châtiment de l’impie.
  18. N’échange pas un ami pour de l’argent, ni un frère pour l’or d’Ophir.
  19. Ne te détourne pas d’une épouse intelligente et bonne ; car son charme vaut mieux que l’or.
  20. Ne maltraite pas l’esclave qui travaille fidèlement, ni le mercenaire qui se dévoue à ton service.
  21. Aime l’esclave intelligent ; ne le prive pas de la liberté.
  22. As-tu des troupeaux, prends-en soin, et, s’ils te sont utiles, garde-les chez toi.
  23. As-tu des fils, instruis-les, et plie-les au joug dès leur enfance.
  24. As-tu des filles, veille à leur chasteté, et n’aie pas avec elle un visage jovial.
  25. Marie ta file, et tu auras fini une grosse affaire ; et donne-la à un homme intelligent.
  26. As-tu une femme selon ton cœur, ne la répudie pas ; [mais ne te donne pas à une femme qui t’est contraire].
  27. Honore ton père de tout ton cœur, et n’oublie pas les douleurs de ta mère.
  28. Souviens-toi que c’est par eux que tu es venu au monde : et comment leur rendras-tu ce qu’ils t’ont donné ?
  29. Crains le Seigneur de toute ton âme, et tiens ses prêtres en grand honneur.
  30. Aime de toutes tes forces Celui qui t’a fait, et ne délaisse pas ses ministres.
  31. Crains le Seigneur et honore le prêtre ; donne-lui sa part, comme il a été prescrit dès l’origine : la victime pour le délit avec le don des épaules, la sainte oblation et les prémices.
  32. Tends aussi la main au pauvre, afin que ta bénédiction soit complète.
  33. Donne gracieusement à tout vivant et ne refuse pas ton bienfait au mort.
  34. Ne fais pas défaut à ceux qui pleurent, et afflige-toi avec les affligés.
  35. Ne néglige pas de prendre soin des malades ; pour de tels actes de charité tu seras aimé de Dieu.
  36. Dans toutes tes actions souviens-toi de ta fin, et tu ne pécheras jamais.

Chapitre 8[modifier]

  1. N’aie pas de dispute avec un homme puissant, de peur que tu ne tombes entre ses mains.
  2. N’aie pas de querelle avec un homme riche, de peur qu’il ne t’oppose le poids de son or ; car l’or a perdu beaucoup de gens, il a même fait dévier le cœur des rois.
  3. N’aie pas de dispute avec un grand parleur, et n’entasse pas de bois dans son feu.
  4. Ne plaisante pas avec un homme mal élevé, de peur que tes ancêtres ne soient déshonorés.
  5. Ne raille pas l’homme qui se détourne du péché ; souviens-toi que nous sommes tous dignes de châtiment.
  6. Ne méprise pas un homme dans sa vieillesse, car quelques-uns d’entre nous vieillissent aussi.
  7. Ne te réjouis pas quand un homme meurt ; souviens-toi que nous mourrons tous.
  8. Ne néglige pas les discours des sages, et entretiens-toi de leurs maximes ; car tu apprendras d’eux l’instruction, et l’art de servir les grands.
  9. Ne laisse pas échapper les discours des vieillards, car eux-mêmes ont appris de leurs pères. Tu apprendras d’eux la sagesse, et à bien répondre quand il en sera besoin.
  10. N’allume pas les charbons du pécheur, de peur que tu ne sois dévoré par les ardeurs de sa flamme.
  11. Ne tiens pas tête à l’insolent qui t’insulte, de peur qu’il ne se mette en embuscade pour épier tes paroles.
  12. Ne prête pas à plus puissant que toi, et, si tu lui as prêté une chose, tiens-la pour perdue.
  13. Ne te porte pas caution au delà de tes moyens, et, si tu as cautionné, inquiète-toi comme devant payer.
  14. N’aie pas de litige avec un juge, car on décidera pour lui selon sa considération.
  15. Ne fais point route avec un téméraire, de peur qu’il ne te devienne à charge ; car il fait tout à sa fantaisie, et, par sa folie, tu périras avec lui.
  16. N’aie pas de querelle avec un homme irascible, et ne traverse pas le désert avec lui ; car le sang est comme rien à ses yeux, et là où il n’y aura pas de secours, il te terrassera.
  17. Ne tiens pas conseil avec un fou, car il ne pourra rien faire.
  18. Devant un étranger ne fais rien qui doive rester caché, car tu ne sais ce qu’il peut faire.
  19. Ne découvre pas ton cœur à tout homme, si tu ne veux pas en être mal récompensé.

Chapitre 9[modifier]

  1. Ne sois point jaloux de la femme qui repose sur ton sein, et n’éveille pas dans son esprit, à ton détriment, une idée mauvaise.
  2. Ne livre pas ton âme à ta femme, de telle sorte qu’elle s’élève contre ton autorité.
  3. Ne va pas à la rencontre d’une femme courtisane, de peur de tomber dans ses filets.
  4. Ne reste pas longtemps avec une chanteuse, de peur que tu ne sois pris par son art.
  5. N’arrête pas ton regard sur une jeune fille, de peur d’avoir à subir des châtiments à cause d’elle.
  6. Ne te livre pas aux courtisanes, de peur que tu ne perdes ton héritage.
  7. Ne promène pas tes yeux dans les rues de la ville, et ne rôde pas dans ses endroits solitaires.
  8. Détourne les yeux de la femme élégante, et ne regarde pas curieusement une beauté étrangère. Beaucoup sont séduits par la beauté de la femme, et la passion s’y allume comme un feu.
  9. Ne t’assois jamais auprès d’une femme mariée, [ne t’accoude pas à table avec elle], et ne bois pas avec elle le vin dans des banquets, de peur que ton âme ne se tourne vers elle, et que la passion ne t’entraîne à ta perte.
  10. N’abandonne pas un vieil ami, car le nouveau ne le vaudra pas. Vin nouveau, nouvel ami ; qu’il vieillisse, et tu le boiras avec plaisir.
  11. N’envie pas la gloire du pécheur, car tu ne sais pas ce que sera sa ruine.
  12. Ne prends pas plaisir au plaisir des impies ; souviens-toi qu’ils ne resteront pas impunis jusqu’au schéol.
  13. Tiens-toi loin de l’homme qui a le pouvoir de faire mourir, et tu n’auras pas la crainte de la mort. Et si tu l’approches, garde-toi de toute faute, de peur qu’il ne t’ôte la vie. Sache que tu marches au milieu de pièges, et que tu te promènes sur les créneaux de la ville.
  14. Observe autant que possible ton prochain, et prends conseil des sages.
  15. Converse avec les hommes intelligents, et que tous tes entretiens soient sur la loi du Très-Haut.
  16. Que les hommes justes soient tes commensaux, et mets ta gloire dans la crainte de Dieu.
  17. C’est la main de l’artiste qui vaut à une œuvre la louange, c’est sa parole qui fait paraître sage le chef du peuple.
  18. Le grand parleur est redouté dans sa ville, et l’inconsidéré s’attire la haine par ses discours.

Chapitre 10[modifier]

  1. Le prince sage tient son peuple dans la discipline, et le gouvernement de l’homme sensé est bien réglé.
  2. Tel le chef du peuple, tels ses ministres ; et tel le gouvernement de la ville, tels tous ses habitants.
  3. Un roi ignorant perd son peuple, mais une ville prospère par l’intelligence des chefs.
  4. La souveraineté du pays est entre les mains du Seigneur, et il lui suscite en son temps le prince habile.
  5. Le succès d’un homme est dans la main du Seigneur ; c’est lui qui met sur le front du chef son autorité.
  6. Pour aucune injustice ne garde rancune à ton prochain, et ne fais rien au milieu des actes de violence.
  7. L’orgueil est odieux à Dieu et aux hommes ; et pour les deux, l’injustice est une iniquité.
  8. La domination passe d’un peuple à un autre, à cause de l’injustice, des injures et de la convoitise des richesses.
  9. Pourquoi s’enorgueillit ce qui est terre et poussière ? Car pendant sa vie je mets le trouble dans ses membres ;
  10. la maladie est longue ; le médecin se rit ; et le roi d’aujourd’hui mourra demain !
  11. Et quand l’homme est mort, il a en partage les larves, les bêtes et les vers.
  12. L’orgueil commence quand l’homme se sépare du Seigneur, et quand le cœur s’éloigne de Celui qui l’a fait.
  13. Car le commencement de l’orgueil, c’est le péché, et celui qui s’y attache répand l’abomination comme la pluie. C’est pourquoi le Seigneur envoie des châtiments prodigieux, et frappe les méchants d’une ruine complète.
  14. Le Seigneur renverse le trône des princes, et fait asseoir à leur place les hommes doux.
  15. Le Seigneur arrache les racines des nations, et plante les humbles à leur place.
  16. Le Seigneur bouleverse les contrées des nations, et en poursuit la destruction jusqu’aux fondements de la terre.
  17. Il en dessèche plusieurs et en extermine les habitants ; il efface leur mémoire de la terre.
  18. L’orgueil n’est pas fait pour l’homme, ni la colère insolente pour ceux qui naissent de la femme.
  19. Quelle race est honorée ? La race de l’homme. Quelle race est honorée ? Ceux qui craignent le Seigneur. Quelle race est méprisée ? La race de l’homme. Quelle race est méprisée ? Ceux qui transgressent les commandements.
  20. Au milieu de ses frères, leur chef est en honneur ; ceux qui craignent le Seigneur le sont de même à ses yeux.
  21. Riche, noble et pauvre, leur gloire est la crainte du Seigneur.
  22. Il n’est pas juste de mépriser un pauvre intelligent ; il ne convient pas d’honorer un pécheur.
  23. Le grand, le juge et le puissant sont en honneur, mais aucun d’eux n’est plus grand que celui qui craint le Seigneur.
  24. Les hommes libres sont les serviteurs de l’esclave prudent, et l’homme intelligent ne murmure pas.
  25. Ne raisonne pas pour faire ton ouvrage, et ne te vante pas au temps de ta détresse.
  26. Mieux vaut l’homme qui travaille en toutes choses, que celui qui se promène, qui se vante et manque de pain.
  27. Mon fils, honore ton âme dans la douceur, et donne-lui le respect qu’elle mérite.
  28. L’homme qui pèche contre son âme, qui le regardera comme juste ? Qui honorera celui qui déshonore sa vie ?
  29. Le pauvre est honoré pour sa science, et le riche est honoré pour sa richesse.
  30. Mais celui qui est honoré dans la pauvreté, combien le serait-il davantage dans la richesse ? Et celui qui est sans honneur dans la richesse, combien plus le serait-il dans la pauvreté ?

Chapitre 11[modifier]

  1. La sagesse de l’homme humble relèvera sa tête, et le fera asseoir au milieu des grands.
  2. Ne loue pas un homme pour sa beauté, et ne prends pas un homme en dégoût sur sa mine.
  3. L’abeille est petite parmi les volatiles, et son produit est au premier rang parmi les choses douces.
  4. Ne te glorifie pas des habits qui te couvrent, et ne t’élève pas au jour de la gloire. Car les œuvres du Seigneur sont étonnantes, et son action parmi les hommes est cachée.
  5. Beaucoup de princes se sont assis sur le pavé, et celui à qui on ne pensait pas a porté la couronne.
  6. Beaucoup de puissants ont été accablés d’opprobre, et des hommes illustres livrés aux mains des autres.
  7. Avant de t’informer, ne jette pas le blâme ; examine d’abord, et alors tu pourras reprendre.
  8. Ne réponds rien avant d’avoir écouté, et ne jette pas tes paroles au milieu des discours des autres.
  9. Ne conteste pas pour une chose qui n’est pas à toi, et ne t’assois pas avec les pécheurs pour juger.
  10. Mon fils, n’applique pas ton activité à une multitude de choses : si tu embrasses beaucoup, tu ne seras exempt de faute. Si tu poursuis trop de choses, tu ne les atteindras pas, et tu ne t’échapperas pas en fuyant.
  11. Tel travaille, se fatigue et se hâte, et il n’en devient que plus pauvre.
  12. Tel est sans énergie, appelant le secours, pauvre de forces et riche de besoins ; mais les yeux du Seigneur le regardent favorablement, il le tire de son humble condition,
  13. il relève sa tête, et beaucoup sont dans l’admiration à son sujet.
  14. Les biens et les maux, la mort et la vie, la pauvreté et la richesse viennent du Seigneur.
  15. Les dons de Dieu demeurent aux justes, et sa faveur assure la prospérité pour toujours.
  16. Tel est riche à force de soin et de parcimonie, et voici la part qui lui échoit en récompense :
  17. Il peut dire : « J’ai trouvé le repos, et maintenant je vais manger de mon bien. » Mais il ne sait pas quel temps s’écoulera ; il va laisser ses biens à d’autres et mourir.
  18. Sois fidèle à ton alliance avec Dieu, et vis dans cette pensée, et vieillis dans ton œuvre.
  19. Ne t’étonne pas des affaires du pécheur ; confie-toi dans le Seigneur et persévère dans ton travail. Car c’est chose facile aux yeux du Seigneur d’enrichir promptement et d’un seul coup celui qui est pauvre.
  20. La bénédiction du Seigneur est la récompense de l’homme pieux ; dans une heure rapide, il fait fleurir sa bénédiction.
  21. Ne dis pas : « De quoi ai-je besoin, et quel peut être désormais mon bonheur ? »
  22. Ne dis pas non plus : « J’ai ce qu’il me faut, et quel mal pourrais-je avoir à souffrir ? »
  23. Au jour du bonheur, on oublie le malheur, et, au jour du malheur, on ne se souvient plus du bonheur.
  24. Car c’est chose facile devant le Seigneur, au jour de la mort, de rendre à l’homme selon ses voies.
  25. Un moment d’affliction fait oublier le bien-être passé, et, à la fin de l’homme, ses œuvres seront dévoilés.
  26. N’estime personne heureux avant sa mort : c’est dans ses enfants qu’on reconnaît un homme.
  27. N’introduis pas tout le monde dans ta maison, car les embûches de l’homme trompeur sont nombreuses.
  28. Comme la perdrix de chasse dans sa cage, ainsi est le cœur de l’orgueilleux ; et, comme l’espion, il guette la ruine.
  29. Changeant le bien en mal, il dresse des pièges, et il imprime une tache à ce qu’il y a de plus pur.
  30. Une étincelle produit beaucoup de charbon ; ainsi le pécheur cherche insidieusement à répandre le sang.
  31. Prends garde au méchant, — car il ourdit le mal, — de peur qu’il ne t’imprime une flétrissure ineffaçable.
  32. Donne entrée chez toi à l’étranger, et il te renversera en excitant des troubles, et il t’aliénera les gens de ta maison.

Chapitre 12[modifier]

  1. Si tu fais du bien, sache à qui tu le fais, et l’on te saura gré de tes bienfaits.
  2. Fais du bien à l’homme pieux, et tu en trouveras la récompense, sinon de lui, du moins du Seigneur.
  3. Les bienfaits ne sont pas pour celui qui persévère dans le mal, ni pour celui qui ne pratique pas la bienfaisance.
  4. Donne à l’homme pieux, et n’assiste pas le pécheur.
  5. Fais du bien à celui qui est humilié, et ne donne pas à l’impie ; refuse-lui du pain, et ne lui en donne pas, de peur qu’il ne devienne par là plus fort que toi ; car tu recueilleras un double mal de tout le bien que tu lui auras fait.
  6. Le Très-Haut aussi hait les pécheurs, et il tirera vengeance des impies.
  7. Donne à l’homme vertueux, et n’assiste pas le pécheur.
  8. Ce n’est point dans la prospérité qu’un ami s’attire le châtiment, ni dans l’adversité qu’un ennemi se dissimule.
  9. Quand un homme est heureux, ses ennemis sont dans le deuil quand il est malheureux, son ami même se sépare de lui.
  10. Ne te fie jamais à ton ennemi, car sa malice est comme l’airain que couvre la rouille ;
  11. alors même qu’il se montre humble et marche courbé, veille sur toi-même et garde-toi de lui ; et tu seras pour lui comme celui qui polit un miroir, et tu connaîtras qu’il n’a pas de rouille jusqu’à la fin.
  12. Ne le mets pas à côté de toi, de peur qu’il ne te renverse et ne prenne ta place. Ne le fais pas asseoir à ta droite, de peur qu’il ne cherche à occuper ton siège, et qu’à la fin, reconnaissant la vérité de mes discours, tu n’aies du chagrin au souvenir de mes paroles.
  13. Qui aura pitié de l’enchanteur mordu par un serpent, et de tous ceux qui approchent les bêtes féroces ?
  14. Il en est de même de celui qui lie société avec un pécheur, et qui se mêle à ses péchés.
  15. Il reste une heure avec toi ; mais, si tu te détournes, il ne tiendra pas plus longtemps.
  16. L’ennemi a la douceur sur les lèvres, et, dans son cœur, il médite le moyen de te jeter dans la fosse. L’ennemi a des larmes dans les yeux, et, s’il trouve l’occasion, il sera insatiable de ton sang.
  17. Si le malheur t’atteint, tu le trouveras là avant toi, et, sous prétexte de te secourir, il te donnera un croc-en-jambe.
  18. Alors il branlera la tête, il battra des mains, il ne cessera de chuchoter et prendra un autre visage.

Chapitre 13[modifier]

  1. Qui touche à la poix se souille, et qui se lie avec l’orgueilleux lui devient semblable.
  2. Ne mets pas sur tes épaules un lourd fardeau, et ne te lie pas avec un homme plus fort et plus riche que toi. Quelle association peut-il y avoir entre le pot de terre et le chaudron ? Le chaudron heurtera le pot, et celui-ci sera brisé.
  3. Le riche commet une injustice, et il frémit d’indignation ; le pauvre est maltraité, et il demande excuse.
  4. Tant que tu pourras lui être utile, il se servira de toi, et quand tu n’auras plus rien, il te délaissera.
  5. Si tu as du bien, il vivra avec toi, il te dépouillera, et n’aura nul souci.
  6. Lui es-tu nécessaire ? il t’enjôlera, il te sourira et te donnera des espérances, il te dira de belles paroles et te dira : « De quoi as-tu besoin ? »
  7. Il te rendra confus par ses festins, jusqu’à ce qu’il t’ait dépouillé deux ou trois fois, après quoi, il te verra et te délaissera, et secouera la tête devant toi.
  8. Prends garde de te laisser séduire, et, au sein de la prospérité, de tomber dans l’humiliation.
  9. Si un puissant t’appelle, retire-toi en arrière ; il ne fera que t’inviter avec plus d’instances.
  10. Ne tombe pas sur lui à l’improviste, de peur d’être repoussé, et ne te tiens pas trop loin de lui, de peur d’être oublié.
  11. Ne t’imagine pas de causer avec lui d’égal à égal, et ne te fie pas à ses nombreux discours.
  12. Car par son flux de paroles il te tentera, et il t’interrogera comme en souriant. Homme sans pitié, il ne gardera pas pour lui tes paroles, et il ne t’épargnera ni les coups ni les chaînes.
  13. Prends garde et fais bien attention, car tu marches avec ta ruine.
  14. Toute créature vivante aime son semblable, et tout homme son prochain.
  15. Toute chair s’unit selon son espèce, et tout homme s’associe à son semblable.
  16. Quelle union peut-il y avoir entre le loup et l’agneau ? Il en est de même entre le pécheur et l’homme pieux.
  17. Quelle paix peut avoir l’hyène avec le chien ? Quelle paix le riche avec le pauvre ?
  18. Les onagres sont la proie des lions dans le désert ; ainsi les pauvres sont la proie des riches.
  19. L’orgueilleux a en horreur l’humiliation : ainsi le riche a en horreur le pauvre.
  20. Le riche vient-il à chanceler, ses amis le soutiennent ; mais quand l’humble tombe, il est encore repoussé par ses amis.
  21. Quand le riche fait une chute, beaucoup lui viennent en aide ; il tient des discours insensés, et on l’approuve. Quand l’humble fait une chute, il a encore des reproches.
  22. Le riche parle, et tout le monde se tait ; et on élève son discours jusqu’aux nues. Le pauvre parle, et l’on dit : « Quel est celui-là ? » et, s’il heurte, on le culbute.
  23. La richesse est bonne quand elle n’est pas unie au péché, et la pauvreté est mauvaise dans la bouche de l’impie.
  24. Le cœur de l’homme change son visage, soit en bien, soit en mal.
  25. Le signe d’un cœur content est un visage joyeux ; pour trouver des sages maximes, il faut le labeur de la réflexion.

Chapitre 14[modifier]

  1. Heureux l’homme qui n’a pas péché par les paroles de sa bouche, qui n’a pas été meurtri par le remords du péché !
  2. Heureux celui que son âme ne condamne pas, et qui n’a pas perdu son espérance au Seigneur !
  3. A l’homme sordide la richesse est inutile ; et que servent les trésors à l’homme envieux ?
  4. Celui qui amasse en se privant lui-même amasse pour d’autres ; avec ses biens d’autres vivront dans les délices.
  5. Celui qui est mauvais à lui-même, pour qui sera-t-il bon ?
  6. Il ne jouira pas de ses propres trésors. Il n’y a pas pire que celui qui se refuse tout, et c’est là le juste salaire de sa malice.
  7. S’il fait quelque bien, c’est par oubli, et il finit par laisser voir sa malice.
  8. C’est un méchant que celui qui regarde d’un œil d’envie, qui détourne son visage et méprise les âmes.
  9. L’œil de l’avare n’est pas rassasié par une portion, et une funeste convoitise dessèche l’âme.
  10. L’œil mauvais se refuse le pain, et il a faim à sa propre table.
  11. Mon fils, selon ce que tu possèdes, fais-toi du bien, et présente au Seigneur de dignes offrandes.
  12. Rappelle-toi que la mort ne tarde pas, et que le pacte du schéol ne t’a pas été révélé.
  13. Avant de mourir, fais du bien à ton ami ; et, selon tes moyens, étends la main et donne-lui.
  14. Ne te prive pas d’un jour de fête, et ne laisse échapper aucune partie d’un bon désir.
  15. Est-ce que tu ne laisseras pas à d’autres le fruit de ton labeur, et le fruit de tes peines à la décision du sort ?
  16. Donne et prends, et réjouis ton âme, car il n’y a pas à chercher des délices dans le schéol.
  17. Toute chair vieillit comme un vêtement, car c’est une loi portée dès l’origine ; tu mourras certainement.
  18. Comme la feuille verdoyante sur un arbre touffu ; — il laisse tomber les unes, et fait pousser les autres ; — ainsi en est-il des générations de chair et de sang : les unes meurent, d’autres viennent à la vie.
  19. Toute œuvre corruptible finit par périr, et son ouvrier s’en ira avec elle.
  20. Heureux l’homme qui médite sur la sagesse, et qui parle avec son bon sens ;
  21. qui réfléchit dans son cœur sur ses voies, et qui étudie ses secrets ;
  22. qui la poursuit, comme un chasseur, et guette ses entrées.
  23. Il se baisse pour regarder par ses fenêtres, et il écoute à sa porte.
  24. Il s’établit tout près de sa demeure, et fixe ses pieux dans ses parois.
  25. Il dresse sa tente auprès d’elle, et il habite dans la maison où se trouve le bonheur.
  26. Il met ses enfants sous sa protection, et s’abrite sous ses rameaux.
  27. A son ombre, il sera garanti contre la chaleur, et il se reposera dans sa gloire.

Chapitre 15[modifier]

  1. Voilà ce que fait celui qui craint le Seigneur, et celui qui s’attache à la loi obtiendra la sagesse.
  2. Elle viendra au-devant de lui comme une mère, et elle l’accueillera comme une épouse vierge.
  3. Elle le nourrira du pain de l’intelligence, et lui donnera à boire l’eau de la sagesse.
  4. Il s’appuiera sur elle et ne fléchira pas, il s’attachera à elle et ne sera pas confondu.
  5. Elle l’élèvera devant ses compagnons, et lui ouvrira la bouche au milieu de l’assemblée.
  6. La joie, une couronne d’allégresse, et un nom éternel seront son partage.
  7. Les insensés ne la posséderont pas, et les pécheurs ne la verront même pas.
  8. Elle se tient loin des hommes d’orgueil, et les hommes de mensonge ne songent pas à elle.
  9. La louange de Dieu n’est pas agréable dans la bouche du pécheur parce qu’elle n’est pas envoyée par le Seigneur.
  10. Car c’est par la sagesse qu’est dictée la louange, et le Seigneur l’aura pour agréable.
  11. Ne dis pas : « Le Seigneur est cause que je me sois écarté, » car ce qu’il hait, tu ne dois pas le faire.
  12. Ne dis pas : « C’est lui qui m’a égaré ; » car il n’a pas besoin du pécheur.
  13. Le Seigneur hait toute abomination, et elle ne doit pas être aimée de ceux qui le craignent.
  14. Au commencement il a créé l’homme, et il l’a laissé dans la main de son conseil :
  15. « Si tu le veux, tu garderas les commandements ; être fidèle dépend de ton bon plaisir.
  16. Il a mis devant toi le feu et l’eau, du côté que tu voudras tu peux étendre la main. »
  17. Devant les hommes sont la vie et la mort ; ce qu’il aura choisi lui sera donné.
  18. Car la sagesse du Seigneur est grande ; il est fort et puissant, et il voit toutes choses.
  19. Ses yeux sont sur ceux qui le craignent, et il connaît lui-même toutes les œuvres de l’homme.
  20. Il n’a commandé à personne d’être impie, à personne il n’a donné la permission de pécher.

Chapitre 16[modifier]

  1. Ne désire pas un grand nombre d’enfants inutiles, et ne mets pas ta joie dans des fils impies.
  2. S’ils se multiplient, ne t’en réjouis pas, si la crainte du Seigneur n’est pas avec eux.
  3. N’espère pas pour eux une longue vie, et ne fais aucun fond sur leur prospérité. Un seul vaut mieux que mille ; et mieux vaut mourir sans enfants que d’avoir des fils impies.
  4. Car un seul homme intelligent peuplera un pays, mais la race des méchants sera détruite.
  5. J’en ai vu de mes yeux beaucoup d’exemples, et mes oreilles en on entendu de plus graves encore.
  6. Le feu s’allume sur l’assemblée des pécheurs, et la colère de Dieu s’enflamme sur un peuple rebelle.
  7. Le Seigneur n’a point pardonné aux antiques géants, lesquels, confiant dans leur force, s’étaient révoltés.
  8. Il n’a pas épargné ceux qui habitaient avec Lot, il les eut en horreur à cause de leur orgueil insolent.
  9. Il n’a pas eu pitié du peuple voué à la perdition, lequel fut exterminé avec ses péchés.
  10. De même il extermina six cent mille hommes de pied qui s’étaient rassemblés dans l’endurcissement de leurs cœurs.
  11. Un seul raidit-il le cou, ce serait merveille s’il restait impuni. Car du Seigneur viennent la miséricorde et la colère ; puissant en pardon, il déchaîne aussi sa colère.
  12. Autant est grande sa miséricorde, autant le sont ses châtiments ; il jugera l’homme selon ses œuvres.
  13. Le pécheur n’échappera pas avec ses rapines, et il ne retardera pas l’attente de l’homme pieux.
  14. Il donnera carrière à toute sa miséricorde, et chacun recevra selon ses œuvres.
  15. Ne dis pas : « Je me déroberai au regard du Seigneur, et de là-haut qui donc pensera à moi ? Au milieu de la foule je serai oublié, et que suis-je au sein de l’immense création ? »
  16. Vois : le ciel et le ciel des cieux de Dieu, l’abîme et la terre sont ébranlés quand il les visite ;
  17. ensemble les montagnes et les fondements de la terre sont saisis de tremblement quand il les regarde.
  18. Mais le cœur de l’homme ne réfléchit pas à cela, et quel est celui qui étudie ses voies ?
  19. La tempête échappe à l’œil de l’homme, et la plupart des œuvres de Dieu sont cachées.
  20. « Qui nous dira les œuvres de sa justice et qui les attendra ? Elle est si loin l’alliance du châtiment ! »
  21. Ainsi pense l’homme sans intelligence ; l’insensé qui s’égare n’imagine que folies.
  22. Ecoute-moi, mon fils, et apprends la sagesse ; et rends ton cœur attentif à mes paroles.
  23. Je te découvrirai une doctrine pesée dans la balance, et je te ferai connaître une science exacte.
  24. Les œuvres du Seigneur subsistent depuis l’origine comme il les a disposées, et dès leur création il en a séparé les parties.
  25. Il a orné pour toujours ses ouvrages, et les plus beaux pour briller d’âge en âge. Ils n’éprouvent ni la faim ni la fatigue, et ils n’interrompent pas leur tâche.
  26. Aucun d’eux ne heurte son voisin, et à jamais ils obéissent au divin commandement.
  27. Après cela, le Seigneur regarda sur la terre et il l’a remplit de ses biens.
  28. D’animaux de toutes sortes il en a couvert la surface, et c’est dans son sein qu’ils doivent retourner.

Chapitre 17[modifier]

  1. Le Seigneur a formé l’homme de terre, et il le fait retourner dans la terre.
  2. Il lui a assigné un nombre de jours et un temps déterminé, et il lui a donné pouvoir sur tout ce qui est sur la terre.
  3. Selon sa nature, il l’a revêtu de force, et il l’a fait à son image.
  4. Il a inspiré sa crainte à toute chair, et lui a donné l’empire sur les bêtes et sur les oiseaux.
  5. Il lui a donné le discernement, une langue, des yeux, des oreilles, et un cœur pour penser.
  6. Il l’a rempli de science et d’intelligence, et il lui a fait connaître le bien et le mal.
  7. Il a mis son œil dans leurs cœurs, pour leur montrer la grandeur de ses œuvres.
  8. Et ainsi ils loueront son saint nom, en publiant les merveilles de ses œuvres.
  9. Il leur a encore donné la science, et les a mis en possession de la loi de vie.
  10. Il a contracté avec eux une alliance éternelle, et il leur a révélé ses commandements.
  11. Leurs yeux ont contemplé les splendeurs de sa majesté, et leurs oreilles ont entendu les magnifiques accents de sa voix.
  12. Et il leur a dit : « Gardez-vous de toute iniquité ! » et il leur a donné à chacun des prescriptions à l’égard du prochain.
  13. Leurs voies sont constamment devant lui ; rien ne peut les dérober à son regard.
  14. A chaque peuple il assigne un chef, mais Israël est la portion du Seigneur.
  15. Toutes leurs œuvres sont devant lui, comme le soleil, et ses yeux sont toujours tournés sur leurs voies.
  16. Leurs injustices ne lui sont pas cachées, et tous leurs péchés sont devant le Seigneur.
  17. L’œuvre charitable d’un homme est pour lui comme un sceau, et il conserve le bienfait de l’homme comme la prunelle de l’œil.
  18. Ensuite il se lèvera et leur rendra selon leurs actions, et il fera retomber sur leur tête ce qui leur est dû.
  19. Cependant, à ceux qui se repentent, il accorde le retour, et il console ceux qui ont perdu confiance.
  20. Tourne-toi vers le Seigneur et quitte tes péchés ; prie devant sa face et diminue tes offenses.
  21. Reviens au Très-Haut, détourne-toi de l’injustice, et déteste fortement ce qui est abominable.
  22. Qui louera le Très-Haut dans le schéol, à la place des vivants et de ceux qui lui rendent leurs hommages ?
  23. A l’homme mort, comme s’il n’était plus rien, la louange est impossible ; celui qui a la vie et la santé loue le Seigneur.
  24. Qu’elle est grande la miséricorde du Seigneur, et sa compassion envers ceux qui se convertissent à lui !
  25. Car tout ne peut pas se trouver dans les hommes, le fils de l’homme n’étant pas immortel.
  26. Quoi de plus brillant que le soleil ? Et pourtant il s’obscurcit : ainsi le méchant pense à la chair et au sang.
  27. Le soleil visite l’armée des astres dans les hauteurs des cieux, mais tous les hommes sont terre et cendre.

Chapitre 18[modifier]

  1. Celui qui vit éternellement a tout créé sans exception ;
  2. le Seigneur seul est juste.
  3. Il n’a donné à personne de raconter ses œuvres ; et qui pourra découvrir ses grandeurs ?
  4. Qui exprimera la toute-puissance de sa majesté, et qui encore redira ses miséricordes ?
  5. Rien à diminuer, rien à ajouter ; impossible de pénétrer les merveilles du Seigneur.
  6. Quand l’homme a fini de chercher, il n’est qu’au commencement, et, quand il s’arrête, il ne sait que penser.
  7. Qu’est-ce que l’homme et à quoi est-il bon ? Quel est son bonheur et quel est son malheur ?
  8. Le nombre des jours de l’homme est au plus de cent ans.
  9. Comme une goutte d’eau prise dans la mer et comme un grain de sable, ainsi ses quelques années au jour de l’éternité.
  10. C’est pourquoi le Seigneur est patient à l’égard des hommes et il répand sur eux sa miséricorde.
  11. Il voit et il reconnaît que leur fin est déplorable ; c’est pourquoi il est libéral à pardonner.
  12. La miséricorde de l’homme s’exerce envers son prochain, mais la miséricorde de Dieu s’étend à toute chair. Il reprend, il corrige, il instruit, et ramène au bercail, comme le berger son troupeau.
  13. Il a pitié de ceux qui reçoivent la correction, et de ceux qui s’empressent d’accomplir ses préceptes.
  14. Mon fils, à tes bienfaits n’ajoute pas l’injure, ni à tous tes dons les paroles qui excitent la tristesse.
  15. La rosée ne rafraîchit-elle pas les ardeurs du vent ? De même une parole vaut mieux qu’un don.
  16. Ne vois-tu pas que la parole est meilleure que le don ? L’homme gracieux unit les deux ensemble.
  17. L’insensé fait d’aigres reproches, et le don de l’envieux dessèche les yeux.
  18. Avant de parler, instruis-toi ; avant la maladie, soigne-toi.
  19. Avant le jugement, examine-toi, et, à l’heure de l’enquête, tu trouveras grâce.
  20. Avant d’être malade, humilie-toi, et, quand tu es dans le péché, reviens à Dieu.
  21. Que rien ne t’empêche d’accomplir ton vœu dans le temps voulu, et n’attend pas jusqu’à la mort pour t’acquitter.
  22. Avant de faire un vœu, prépare-toi, et ne sois pas comme un homme qui tente le Seigneur.
  23. Songe à la colère du dernier jour, au temps de la vengeance, où Dieu détournera son visage.
  24. Au temps de l’abondance, pense au temps de la faim ; aux jours de la richesse, pense à la pauvreté et à la disette.
  25. Du matin au soir le temps change : ainsi tout changement est rapide devant le Seigneur.
  26. L’homme sage est en toute chose sur ses gardes ; aux jours de péché, il se préserve de la faute.
  27. Tout homme sensé connaît la sagesse, et rend hommage à celui qui l’a trouvée.
  28. Ceux qui saisissent les discours des sages sont eux-mêmes des sages, et ils font pleuvoir les maximes parfaites.
  29. Ne te laisse pas aller à tes convoitises, et garde-toi de tes désirs.
  30. Si tu accordes à ton âme la satisfaction de ses convoitises, elle fera de toi la risée de tes ennemis.
  31. Ne mets pas ta joie dans l’abondance de la bonne chère, et ne lie pas société avec elle.
  32. Ne t’appauvris pas en donnant des banquets avec de l’argent emprunté, et quand tu n’as rien dans ta bourse.

Chapitre 19[modifier]

  1. L’ouvrier adonné au vin ne s’enrichira pas ; celui qui ne soigne pas le peu qu’il a tombera bientôt dans la ruine.
  2. Le vin et les femmes égarent les hommes intelligents, et celui qui s’attache aux courtisanes est un imprudent.
  3. Les larves et les vers en feront leur proie, et l’âme criminelle sera retranchée.
  4. Celui qui croit trop vite est un cœur léger, et celui qui tombe dans cette faute pèche contre son âme.
  5. Celui qui prend plaisir à de sots discours sera condamné,
  6. et celui qui hait le bavardage se préserve du mal.
  7. Ne répète jamais une parole, et tu n’encourras aucun dommage.
  8. Ne la redis ni à un ami ni à un ennemi, et, à moins qu’il n’y ait faute pour toi, ne la révèle pas.
  9. Car, s’il t’entend, il se gardera de toi, et, le moment venu, il se montrera ton ennemi.
  10. As-tu entendu quelque grave propos ? Qu’il meure avec toi ! Sois sans inquiétude, il ne te fera pas éclater.
  11. Pour une parole à garder, l’insensé est dans les douleurs, comme la femme en travail d’enfant.
  12. Comme une flèche enfoncée dans la chair de la cuisse, ainsi est une parole dans le cœur de l’insensé.
  13. Questionne ton ami ; peut-être n’a-t-il pas fait la chose ; et, s’il l’a faite, afin qu’il ne la fasse plus.
  14. Questionne ton ami ; peut-être n’a-t-il pas dit la chose ; et, s’il l’a dite, afin qu’il ne recommence pas.
  15. Questionne ton ami, car souvent il y a calomnie, et ne crois pas tout ce qu’on dit.
  16. Il en est qui manquent, mais sans que le cœur y soit ; et qui est-ce qui n’a pas péché par sa langue ?
  17. Questionne ton ami avant d’en venir aux menaces, et attache-toi à observer la loi du Très-Haut.
  18. Toute sagesse consiste dans la crainte du Seigneur, et dans toute sagesse est l’accomplissement de la loi.
  19. La sagesse n’est pas l’habileté à faire le mal, et la prudence ne se trouve pas dans le conseil des pécheurs.
  20. Il y a une habileté qui est exécrable, et il y a une folie qui n’est qu’un manque de sagesse.
  21. Mieux vaut celui qui a peu d’intelligence et qui craint Dieu, que l’homme qui a beaucoup de sens et qui transgresse la loi.
  22. Il y a une habileté véritable, mais qui viole la justice, et il est tel qui fausse la cause pour faire rendre la sentence qu’il désire.
  23. Il est tel méchant qui marche courbé par le chagrin, et son cœur est rempli de fraude.
  24. Il baisse la tête, il est sourd d’un côté, et, dès qu’il n’est pas remarqué, il prend sur toi les devants.
  25. Et si, par sa faiblesse, il est empêché de pécher, il fera le mal quand il en trouvera l’occasion.
  26. A son air on connaît un homme, et au visage qu’il présente on connaît le sage.
  27. Le vêtement d’un homme, le rire de ses lèvres, et la démarche d’un homme révèlent ce qu’il est.

Chapitre 20[modifier]

  1. Il y a une réprimande qui n’est pas opportune, et tel se tait qui fait preuve de prudence.
  2. Mieux vaut reprendre que de brûler d’une colère contenue ; et celui qui avoue sera préservé de dommage
  3. Comme l’eunuque qui désire déflorer une jeune fille, ainsi est celui qui rend la justice avec violence. [Qu’il est beau, quand on est repris, de témoigner du repentir ! C’est ainsi que tu échapperas au péché volontaire.]
  4. Tel en se taisant se montre sage, et tel se rend odieux par son intempérance de langage.
  5. Tel se tait parce qu’il n’a rien à répondre ; tel autre se tait parce qu’il connaît le temps propice.
  6. Le sage se tait jusqu’au moment favorable, mais le fanfaron et l’inconsidéré passent par-dessus.
  7. Celui qui multiplie les paroles sera détesté, et celui qui se donne pleine licence se rendra odieux.
  8. Tel homme trouve dans le malheur quelque chose d’heureux, et un bonheur inespéré tourne à sa perte.
  9. Il est tel don qui ne te rapporte rien, et il est tel don qui est rendu au double.
  10. D’une situation brillante résulte souvent un dommage, et tel relève la tête après une humiliation.
  11. Tel achète beaucoup de choses à vil prix, qui les paie sept fois leur valeur.
  12. Celui qui est sage dans ses discours se fait aimer, mais les paroles aimables de l’insensé sont en pure perte.
  13. Le don de l’insensé ne te servira de rien ; car ses yeux, au lieu d’un seul, sont nombreux.
  14. Il donne peu, et reproche beaucoup, et il ouvre la bouche comme un crieur public. Il prête aujourd’hui, et il redemandera demain : un tel homme est odieux.
  15. L’insensé dit : « Je n’ai point d’ami, et l’on ne me sait pas gré de mes bienfaits ; ceux qui mangent mon pain ont des langues perverses. »
  16. Combien de fois et de combien de gens ne sera-t-il pas la risée ?
  17. Mieux vaut une chute sur le pavé qu’une chute de langue ; c’est ainsi que la ruine des méchants arrive promptement.
  18. Un homme désagréable est comme un conte hors de saison ; l’homme mal appris l’a constamment à la bouche.
  19. On n’accepte pas une maxime des lèvres d’un sot ; car il ne la dit pas dans le temps qui lui convient.
  20. Il est tel qui peut pécher à cause de son indigence et, dans son repos, il n’a pas de remords.
  21. Tel se perd par une fausse honte, et tombe dans la ruine à cause du regard d’un insensé.
  22. Tel par fausse honte promet beaucoup à son ami, et il s’en fait gratuitement un ennemi.
  23. Le mensonge chez l’homme est une tache honteuse ; il est toujours sur les lèvres des gens mal élevés.
  24. Mieux vaut un voleur que l’homme qui fait métier de mentir : tous deux auront la ruine en partage.
  25. La coutume du menteur est déshonorante, et la honte du menteur est constamment avec lui.
  26. Celui qui est sage dans ses discours s’élève en considération, et l’homme prudent plaît aux grands.
  27. Celui qui cultive sa terre élèvera son tas de blé, et celui qui plaît aux grands se fait pardonner ses injustices.
  28. Les présents et les dons aveuglent les yeux des sages, et, comme une muselière à la bouche d’un animal, ils arrêtent le blâme.
  29. Sagesse cachée, trésor invisible : à quoi servent l’un et l’autre ?
  30. Mieux vaut l’homme qui cache sa sottise que celui qui cache sa sagesse.

Chapitre 21[modifier]

  1. Mon fils, as-tu péché ? ne le fais plus, mais prie pour tes fautes passées.
  2. Fuis devant le péché comme devant un serpent ; car, si tu en approches, il te mordra. Ses dents sont des dents de lion ; elles donnent la mort aux hommes.
  3. Toute transgression est comme une épée à deux tranchants ; la plaie qu’elle fait est incurable.
  4. La menace et l’injure détruisent la richesse ; c’est ainsi que la maison de l’orgueilleux est détruite.
  5. La prière du pauvre monte de ses lèvres à l’oreille du riche ; mais sur l’orgueilleux viendra bientôt son jugement.
  6. Celui qui hait la réprimande marche sur la trace du pécheur, mais celui qui craint Dieu se tourne vers lui d’un cœur sincère.
  7. L’homme puissant par la langue se fait connaître de loin ; mais l’homme de sens sait quand il faillit.
  8. L’homme qui bâtit sa maison avec de l’argent qui n’est pas à lui est comme celui qui ramasse ses pierres pour l’hiver.
  9. La troupe des ennemis est un amas d’étoupes ; elle finira par être la proie du feu.
  10. La voie des pécheurs est pavée de pierres, mais à son extrémité est le gouffre du schéol.
  11. Celui qui observe la loi maîtrise ses pensées, et le résultat final de la crainte du Seigneur est la sagesse.
  12. Celui qui manque d’habileté ne sera pas instruit ; mais il y a une habileté qui produit beaucoup d’amertume.
  13. La science du sage abonde comme une eau qui déborde, et son conseil est une source de vie.
  14. L’intérieur de l’insensé est comme un vase fêlé ; il ne retiendra aucune connaissance.
  15. Que l’homme intelligent entende une sage parole, il en fait l’éloge et y ajoute quelque chose. Que le voluptueux l’entende, elle lui déplaît, et il la jette derrière lui.
  16. Le discours de l’insensé est comme un fardeau en voyage, mais sur les lèvres de l’homme intelligent se trouve la grâce.
  17. On recherche dans l’assemblée la bouche de l’homme prudent, et on médite ses paroles dans son cœur.
  18. La sagesse est pour le sot comme une maison en ruines, et la science de l’insensé n’est que paroles incohérentes.
  19. L’instruction est pour les insensés comme des chaînes aux pieds, et des menottes à la main droite.
  20. Le sot, quand il rit, fait éclater sa voix, mais l’homme habile sourit à peine tout bas.
  21. L’instruction est pour l’homme sensé comme une parure d’or, et comme un bracelet au bras droit.
  22. L’insensé entre d’un pas rapide dans la maison, mais l’homme d’expérience s’arrête timidement à l’entrée.
  23. L’insensé se courbe dès la porte pour voir dans la maison, mais l’homme bien élevé se tient dehors.
  24. C’est une grossièreté pour un homme d’écouter à la porte ; l’homme sensé s’indigne d’une action si honteuse.
  25. Les lèvres des insensés ne profèrent que sottises, mais les paroles des hommes prudents sont pesées à la balance.
  26. Dans la bouche des sots est leur cœur, mais le cœur des sages est leur bouche.
  27. Quand l’impie maudit son adversaire, c’est lui-même qu’il maudit.
  28. Le rapporteur se souille lui-même, et il est détesté de tous ceux qui l’approchent.

Chapitre 22[modifier]

  1. Le paresseux ressemble à une pierre remplie d’ordure, et chacun siffle son infamie.
  2. Le paresseux ressemble à une boule de fiente : celui qui la ramasse secoue sa main.
  3. Un fils mal élevé est la honte du père qui lui a donné le jour ; une fille semblable est venue au monde pour son détriment.
  4. Une fille prudente trouvera son mari, mais celle dont on a honte fait le chagrin de son père.
  5. L’effrontée fait honte à son père et à son mari ; tous deux la mépriseront.
  6. Telle une musique dans le deuil, tel un sermon à contre-temps ; mais le fouet et la correction sont en tout temps de la sagesse.
  7. Instruire un sot, c’est recoller un pot cassé ; [raconter une chose à qui n’écoute pas], c’est réveiller un homme endormi d’un profond sommeil.
  8. C’est parler à un homme qui dort que d’entretenir un sot ; à la fin de ton discours, il dira : « Qu’est-ce ? »
  9. Pleure sur un mort, car il est privé de lumière ; pleure sur un sot, car il est privé de bon sens. Pleure doucement sur le mort, car il a trouvé le repos, mais la vie du sot est pire que la mort.
  10. Le deuil pour un mort dure sept jours ; pour le sot et pour l’impie, il dure tous les jours de leur vie.
  11. Avec l’insensé n’aie pas de longs entretiens, et ne va pas avec l’homme dénué de sens. Garde-toi de lui, si tu ne veux pas avoir d’ennui, et tu ne seras pas souillé de son contact. Détourne-toi de lui et tu trouveras le repos, et tu n’auras pas à t’attrister en voyant sa sottise.
  12. Qu’est-ce qui est plus lourd que le plomb, et quel autre nom lui donner que celui de sot ?
  13. Le sable, le sel, une masse de fer sont plus faciles à porter qu’un homme sans intelligence.
  14. Un assemblage de charpente bien lié pour un édifice ne sera pas disjoint par un tremblement de terre : ainsi le cœur fixé dans un dessein mûrement réfléchi sera sans crainte au moment critique.
  15. Le cœur qui s’appuie sur une pensée de sagesse est comme l’enduit mêlé de sable sur un mur poli.
  16. Une palissade sur une hauteur ne tient pas contre le vent : ainsi un cœur timide avec ses folles résolutions ne résistera pas à la crainte.
  17. Celui qui froisse un œil fait couler des larmes ; celui qui froisse un cœur excite le sentiment de la douleur.
  18. Celui qui jette une pierre contre des oiseaux les met en fuite, et celui qui reproche un bienfait à son ami dissout l’amitié.
  19. As-tu tiré l’épée contre ton ami ? Ne désespère pas ; un retour est possible.
  20. As-tu ouvert la bouche contre ton ami ? Sois sans crainte ; la réconciliation est possible. Mais le reproche d’un bienfait, l’arrogance, la révélation d’un secret, un coup de langue perfide : cela met en fuite tous les amis.
  21. Reste fidèle à ton prochain dans sa pauvreté, afin que tu jouisses avec lui de sa prospérité. Reste avec lui aux jours de son épreuve, afin que tu aies part aux biens qui lui surviendront.
  22. Avant le feu s’élèvent la vapeur de la fournaise et la fumée ; de même avant l’effusion du sang retentissent les injures.
  23. Je ne rougirai pas de défendre mon ami, et je ne me cacherai pas devant lui ;
  24. et, si quelque mal m’arrive par son fait, quiconque l’apprendra se mettra en garde contre lui.
  25. Qui mettra une garde à ma bouche, et sur mes lèvres un sceau prudent, afin que je ne tombe pas à cause d’elles, et que ma langue ne me perde pas !

Chapitre 23[modifier]

  1. Seigneur, Père et souverain Maître de ma vie, ne m’abandonnez pas au conseil de mes lèvres, et ne permettez pas que j’y trouve une occasion de chute.
  2. Qui fera sentir le fouet à mes pensées, et la discipline de la sagesse à mon cœur, pour ne pas m’épargner dans mes folies, et ne pas laisser un libre cours à mes péchés :
  3. de peur que mes folies ne s’accroissent, que mes péchés ne se multiplient, que je ne tombe en présence de mes adversaires, et que mon ennemi ne se réjouisse à mon sujet ?
  4. Seigneur, Père et Dieu de ma vie, ne me donnez point la licence des yeux,
  5. et détournez de moi les désirs mauvais.
  6. Que les désirs de la chair et la volupté ne s’emparent pas de moi, et ne me livrez pas à une âme sans pudeur.
  7. Mes enfants, écoutez la discipline de la bouche ; celui qui l’observera ne sera pas pris.
  8. Par ses lèvres le pécheur sera pris ; le médisant et l’insolent y trouveront une occasion de chute.
  9. N’accoutume pas ta bouche à faire des serments, et ne prends pas l’habitude de prononcer le nom du Saint.
  10. Car, comme un esclave mis souvent à la torture ne saurait être exempt de meurtrissures, ainsi celui qui fait serment et prononce sans cesse le nom du Saint, ne sera pas pur du péché.
  11. L’homme qui fait beaucoup de serments multiplie l’iniquité, et le fouet ne s’éloignera pas de sa maison. S’il s’est rendu coupable, son péché est sur lui ; s’il n’y fait pas attention, son péché est double. S’il a fait un faux serment, il ne sera pas absous, car sa maison sera remplie de châtiments.
  12. Il y a des paroles qui appellent la mort : qu’elles ne se rencontrent pas dans l’héritage de Jacob ! Tout cela est éloigné des hommes pieux ; ils ne s’engagent pas dans ces péchés.
  13. N’accoutume pas ta bouche à une vile grossièreté, car elle inspire des paroles coupables.
  14. Souviens-toi de ton père et de ta mère, quand tu sièges au milieu des grands, de peur que, les oubliant en leur présence, tu ne fasses des sottises par l’effet de l’habitude, et que tu n’en viennes à souhaiter de n’être pas né, et à maudire le jour de ta naissance.
  15. Un homme qui s’habitue à un langage grossier ne parviendra jamais à la sagesse.
  16. Deux sortes d’hommes multiplient les péchés, et la troisième attire la colère. L’homme que brûle la passion, comme un feu ardent, ne s’éteindra pas jusqu’à ce qu’il soit consumé. L’homme impudique en sa propre chair ne cessera pas jusqu’à ce que le feu soit allumé.
  17. Au voluptueux tout pain est doux ; il ne s’arrêtera pas qu’il ne soit mort.
  18. L’homme qui quitte la couche conjugale dit dans son cœur : « Qui me voit ? Les ténèbres m’environnent, les murailles me cachent, et personne ne m’aperçoit : que craindrais-je ? Le Très-Haut ne se souviendra pas de mes péchés. »
  19. Les yeux des hommes sont sa crainte, et il ne sait pas que les yeux du Seigneur sont mille fois plus brillants que le soleil ; qu’ils regardent toutes les voies de l’homme, et pénètrent jusque dans les lieux cachés !
  20. Avant d’être créées, toutes choses sont connues du Seigneur, elles le sont encore après leur achèvement.
  21. L’adultère sera puni dans les rues de la ville, et, là où il ne s’y attendait pas, il sera pris.
  22. Il en est de même de la femme qui a abandonné son mari, et donné un hériter d’une union étrangère.
  23. Car d’abord elle a désobéi à la loi du Très-Haut : en deuxième lieu, elle a péché envers son mari, et en troisième lieu, elle a commis un adultère, et donné des enfants d’un sang étranger.
  24. Elle sera amenée devant l’assemblée, et le châtiment visitera ses enfants.
  25. Ses enfants ne pousseront point de racines, et ses branches ne porteront pas de fruits.
  26. Elle laissera une mémoire vouée à la malédiction, et son infamie ne s’effacera jamais.
  27. Et les survivants sauront qu’il n’y a rien de meilleur que la crainte du Seigneur, rien de plus doux que d’observer ses commandements. [C’est une grande gloire que de suivre le Seigneur ; s’attacher à lui, c’est la longueur des jours].

Chapitre 24[modifier]

  1. La sagesse se loue elle-même, et se glorifie au milieu de son peuple.
  2. Elle ouvre la bouche dans l’assemblée du Très-Haut, et se glorifie en présence de sa Majesté :
  3. Je suis sortie de la bouche du Très-Haut, et, comme une nuée, je couvris la terre.
  4. J’habitai dans les hauteurs, et mon trône était sur une colonne de nuée.
  5. Seule, j’ai parcouru le cercle du ciel, et je me suis promenée dans les profondeurs de l’abîme
  6. Dans les flots de la mer et sur toute la terre, dans tout peuple et toute nation j’ai exercé l’empire.
  7. Parmi eux tous j’ai cherché un lieu de repos, et dans quel domaine je devais habiter.
  8. Alors le Créateur de toutes choses me donna ses ordres, et celui qui m’a créée fit reposer ma tente ; et il me dit : « Habite en Jacob, aie ton héritage en Israël. »
  9. Avant tous les siècles, dès le commencement il m’a créée, et jusqu’à l’éternité je ne cesserai pas d’être.
  10. J’ai exercé le ministère devant lui dans le saint tabernacle, et ainsi j’ai eu une demeure fixe en Sion.
  11. De même, il m’a fait reposer dans la cité bien-aimée, et dans Jérusalem est le siège de mon empire.
  12. J’ai poussé mes racines dans le peuple glorifié, dans la portion du Seigneur, dans son héritage.
  13. Je me suis élevée comme le cèdre sur le Liban, et comme le cyprès sur la montagne d’Hermon.
  14. Je me suis élevée comme le palmier sur les rivages, et comme les rosiers à Jéricho ; comme un bel olivier dans la plaine, et je me suis élevée comme un platane.
  15. J’ai donné du parfum comme la cannelle et comme le baume odorant, et comme une myrrhe choisie j’ai répandu une odeur suave, comme le galbanum, l’onyx et le stacte, et comme la vapeur de l’encens dans le tabernacle.
  16. J’ai étendu mes branches comme le térébinthe, et mes rameaux sont des rameaux de gloire et de grâce.
  17. Comme la vigne, j’ai produit des pousses charmantes, et mes fleurs ont donné des fruits de gloire et de richesse. [Je suis la mère du pur amour, de la crainte de Dieu, de la science et de la sainte espérance].
  18. Venez à moi, vous tous qui me désirez, et rassasiez-vous de mes fruits.
  19. Car mon souvenir est plus doux que le miel, et ma possession plus douce que le rayon de miel.
  20. Ceux qui me mangent auront encore faim, et ceux qui me boivent auront encore soif.
  21. Celui qui m’écoute n’aura jamais de confusion, et ceux qui agissent par moi ne pécheront point.
  22. Tout cela, c’est le livre de l’alliance du Dieu très haut, c’est la loi que Moïse a donnée, pour être l’héritage des assemblées de Jacob.
  23. Cette loi fait déborder la Sagesse, comme le Phison, et comme le Tigre au temps des fruits nouveaux.
  24. Elle répand à flots l’intelligence, comme l’Euphrate, comme le Jourdain au temps de la moisson.
  25. Elle fait jaillir la science, comme le Fleuve, comme le Géhon au temps de la vendange.
  26. Le premier qui l’a étudiée n’a pas achevé de la connaître, et de même, le dernier ne l’a pas pénétrée.
  27. Car son intelligence est plus vaste que la mer, et son conseil plus profond que le grand abîme.
  28. Et moi, j’ai coulé comme un canal dérivé d’un fleuve, comme un aqueduc arrosant un jardin de plaisance.
  29. J’ai dit : « J’arroserai mon jardin, j’abreuverai mon parterre. » Et voilà que mon canal est devenu un fleuve, que mon fleuve est devenu une mer.
  30. Je veux donc faire briller encore l’instruction comme l’aurore, faire connaître au loin ses maximes ;
  31. je veux encore répandre la doctrine comme une prophétie, et la laisser en héritage aux générations lointaines.
  32. Reconnaissez que je n’ai pas travaillé pour moi seul, mais pour tous ceux qui cherchent la Sagesse.

Chapitre 25[modifier]

  1. Trois choses me plaisent, et elles sont belles devant le Seigneur et les hommes : la concorde entre les frères, l’amitié entre les proches, et le bon accord entre le mari et la femme.
  2. Mais il y a trois sortes de gens que je déteste, et dont la vie m’est tout à fait odieuse : le pauvre orgueilleux, le riche qui use de fraude, et le vieillard voluptueux, dénué de sens.
  3. Tu n’as pas amassé dans ta jeunesse : comment posséderais-tu dans ta vieillesse ?
  4. Qu’il est beau pour les cheveux blancs de bien juger, pour la vieillesse de connaître le bon conseil !
  5. Que la sagesse sied bien aux vieillards, la prudence et le conseil à ceux qu’on honore !
  6. La couronne des vieillards, c’est une riche expérience ; leur gloire, c’est la crainte du Seigneur.
  7. Il y a neuf choses qu’en mon cœur j’estime heureuses, et une dixième que ma langue proclame : L’homme qui a de la joie dans ses enfants, celui qui vit assez pour voir la ruine de ses ennemis.
  8. Heureux qui habite avec une femme sensée, et celui qui ne pèche point par la langue ! [Heureux qui a trouvé un ami fidèle], et celui qui ne sert pas des maîtres indignes de lui !
  9. Heureux qui a trouvé la prudence, et celui qui l’enseigne à une oreille attentive !
  10. Qu’il est grand l’homme qui a trouvé la sagesse ! Pourtant il n’est pas au-dessus de celui qui craint le Seigneur.
  11. La crainte du Seigneur surpasse tout ; celui qui la possède, à qui le comparer ? [La crainte du Seigneur est le commencement de son amour, et la foi est le commencement de l’attachement à Dieu].
  12. Toutes les souffrances, mais non les souffrances du cœur ; toutes les méchancetés, mais non la méchanceté de la femme.
  13. Tous les maux, mais non le mal causé par des adversaires, toutes les vengeances, mais non la vengeance des ennemis.
  14. Il n’y a pas de venin plus mauvais que le venin du serpent, et il n’y a pas de colère plus grande que la colère d’une femme.
  15. J’aimerais mieux habiter avec un lion et un dragon, que de demeurer avec une femme méchante.
  16. La méchanceté de la femme change sa figure ; elle rend sons visage aussi noir qu’un sac.
  17. Son mari va s’asseoir au milieu de ses amis, et, en les entendant, il soupire amèrement.
  18. Toute méchanceté est légère, comparée à la méchanceté de la femme : que le sort des pécheurs tombe sur elle !
  19. Comme une montée sablonneuse pour les pieds d’un vieillard, ainsi est une femme bavarde pour un mari paisible.
  20. Ne te laisse pas séduire par la beauté d’une femme, et qu’aucune femme n’excite ta convoitise.
  21. C’est un sujet d’indignation, un opprobre et une grande honte, que la femme fournisse l’entretien de son mari.
  22. Abattement du cœur, tristesse du visage, souffrance de l’âme : voilà ce que produit une méchante femme. Des mains languissantes, et des genoux qui fléchissent : voilà ce que produit une femme qui ne rend pas heureux son mari.
  23. C’est par une femme que le péché a commencé ; c’est à cause d’elle que nous mourons tous.
  24. Ne laisse à l’eau aucune issue, ni à la femme méchante aucune autorité.
  25. Si elle ne marche pas comme ta main la conduit, retranche-la de ta chair.

Chapitre 26[modifier]

  1. Heureux est le mari d’une femme vertueuse, et le nombre de ses jours sera doublé.
  2. La femme forte est la joie de son mari, et il passe ses années dans la paix.
  3. La femme vertueuse est une bonne part ; elle sera donnée en partage à ceux qui craignent le Seigneur.
  4. Riche ou pauvre, son mari a le cœur joyeux, en tout temps son visage est gai.
  5. Il y a trois choses que redoute mon cœur, et au sujet de la quatrième, je prie devant le Seigneur : les méchants propos de toute une ville, la malédiction de la foule et la calomnie : toutes ces choses me sont plus odieuses que la mort ;
  6. mais la douleur du cœur et l’affliction, c’est une femme jalouse d’une autre, et le fouet d’une langue qui raconte à tous ses griefs.
  7. Une méchante épouse, c’est une paire de bœufs en désaccord ; celui qui la tient est pareil à celui qui a saisi un scorpion.
  8. C’est un grand sujet de colère qu’une femme adonnée au vin ; elle ne voilera pas même sa honte.
  9. A l’effronterie de son regard, au clignotement de ses paupières, on reconnaît l’impudicité d’une femme.
  10. Fais bonne garde auprès d’une fille indocile, de peur que, voyant ta négligence, elle ne se livre à la débauche.
  11. Garde-toi de suivre un œil impudent ; autrement ne t’étonne pas qu’il t’entraîne au péché.
  12. Comme le voyageur altéré ouvre sa bouche, et boit de toute eau qu’il rencontre, l’impudique s’assied devant chaque poteau, et devant la flèche ouvre son carquois.
  13. La grâce d’une femme fait la joie de son mari, et son intelligence répand la vigueur en ses os.
  14. C’est un don de Dieu qu’une femme silencieuse, et rien n’est comparable à une femme bien élevée.
  15. C’est une grâce au-dessus de toute grâce qu’une femme pudique, et aucun trésor ne vaut une femme chaste.
  16. Le soleil se lève dans les hauteurs du Seigneur : ainsi la beauté d’une femme brille dans sa maison bien ornée.
  17. Comme le flambeau qui luit sur le chandelier sacré, ainsi est la beauté du visage sur une noble stature.
  18. Comme des colonnes d’or sur des bases d’argent, tels sont des pieds élégants sur des talons solides.
  19. Deux choses attristent mon cœur, et la troisième excite mon indignation : l’homme de guerre qui souffre de la pauvreté, les hommes intelligents qui sont l’objet du mépris ; celui qui passe de la justice au péché, le Seigneur le prépare pour l’épée.
  20. Difficilement l’homme du négoce évitera la faute, et le marchand de vin ne sera pas exempt de péché.

Chapitre 27[modifier]

  1. Beaucoup pèchent pour de l’argent, et celui qui cherche à s’enrichir détourne les yeux.
  2. La cheville s’enfonce entre les jointures des pierres : ainsi le péché pénètre entre la vente et l’achat.
  3. Si tu ne t’attaches pas fortement à la crainte de Dieu, ta maison sera bientôt détruite.
  4. Quand on agite le crible, il reste un tas de rebuts : de même les défauts d’un homme apparaissent dans ses discours.
  5. La fournaise éprouve les vases du potier, et l’épreuve de l’homme est dans sa conversation.
  6. Le fruit d’un arbre fait connaître le champ qui le porte : ainsi la parole manifeste les sentiments du cœur de l’homme.
  7. Ne loue personne avant qu’il n’ait parlé, car la parole est l’épreuve des hommes.
  8. Si tu poursuis la justice, tu l’atteindras, et tu t’en revêtiras comme d’une robe d’honneur.
  9. Les oiseaux se réunissent à leurs semblables : de même la vérité retourne à ceux qui la pratiquent.
  10. Le lion guette sa proie : ainsi le péché guette ceux qui commettent l’injustice.
  11. Le discours de l’homme pieux est toujours sagesse, mais l’insensé est changeant comme la lune.
  12. Pour aller au milieu des insensés, observe le temps ; mais sois continuellement au milieu de ceux qui réfléchissent.
  13. La conversation des insensés est détestable ; leur rire éclate dans la joie du péché.
  14. Le langage de celui qui prodigue les serments fait dresser les cheveux ; quand il dispute, on se bouche les oreilles.
  15. Les disputes des orgueilleux font couler le sang, et leurs invectives font peine à entendre.
  16. Celui qui révèle les secrets perd la confiance, et il ne trouvera plus d’ami à son gré.
  17. Aime ton ami et sois-lui fidèle ; mais, si tu dévoiles ses secrets, ne cours pas après lui.
  18. Car, comme un homme donne la mort à son ennemi, ainsi tu as tué l’affection de ton ami.
  19. Et comme lorsque tu as laissé échapper un oiseau de ta main, ainsi tu as éloigné ton ami, et tu ne le rattraperas plus.
  20. Ne le poursuis pas, car il est loin ; il s’est enfui comme une gazelle échappée du filet.
  21. On bande une blessure, après une injure on se réconcilie ; mais celui qui a révélé des secrets n’a plus d’espérance.
  22. Celui qui cligne de l’œil fabrique l’iniquité, et personne ne peut s’en défaire.
  23. En ta présence, il n’aura que douceur sur les lèvres, il admirera tes paroles ; mais ensuite il changera de langage, et donnera un tour fâcheux à tes discours,
  24. Je hais bien des choses, mais rien tant que lui ; le Seigneur aussi l’a en aversion.
  25. Celui qui jette une pierre en l’air la jette sur sa propre tête : ainsi un coup perfide fait des blessures au perfide.
  26. Qui creuse une fosse y tombera, et qui tend un filet y sera pris.
  27. Celui qui fait le mal le verra rouler sur lui, et il ne saura pas d’où cela lui vient.
  28. Le sarcasme et l’outrage sont dans la bouche des orgueilleux, mais la vengeance les guette comme un lion.
  29. Ils seront pris au piège ceux que réjouit le malheur des hommes pieux, et la douleur les consumera avant leur mort.
  30. Le ressentiment et la colère, eux aussi, sont détestables, et le pécheur les possède.

Chapitre 28[modifier]

  1. Celui qui se venge trouvera la vengeance auprès du Seigneur, qui conservera soigneusement ses péchés.
  2. Pardonne au prochain son injustice, et alors à ta prière tes péchés seront remis.
  3. L’homme conserve de la colère contre un autre homme, et il demande à Dieu sa guérison !…
  4. Il n’a pas pitié d’un homme, son semblable, et il supplie pour ses propres fautes !…
  5. Lui, qui n’est que chair, garde rancune ; qui donc lui obtiendra le pardon de ses péchés ?
  6. Souviens-toi de ta fin, et cesse de haïr ; de la corruption et de la mort, et observe les commandements.
  7. Souviens-toi des commandements, et n’aie pas de rancune contre ton prochain ; de l’alliance du Très-Haut, et passe par-dessus l’offense.
  8. Tiens-toi éloigné de la dispute, et tu pécheras moins ;
  9. car l’homme irascible échauffe la querelle, et le pécheur met le trouble parmi les amis, et jette la calomnie parmi ceux qui vivent en paix.
  10. Le feu s’embrase en proportion de la matière qui l’alimente : ainsi la colère d’un homme s’allume en proportion de sa puissance. Selon sa richesse, il fait monter sa fureur ; elle s’enflamme selon la violence de la dispute.
  11. Une querelle précipitée allume le feu, et une dispute irréfléchie fait couler le sang.
  12. Si tu souffles sur une étincelle, elle s’embrase ; si tu craches dessus, elle s’éteint : les deux choses sortent de ta bouche.
  13. Maudis le rapporteur et l’homme à double langue, car ils en ont perdu beaucoup qui vivaient en paix.
  14. La langue calomniatrice en a précipité un grand nombre, et les a chassés d’un peuple chez un autre ; elle a renversé des villes fortes, et jeté par terre les palais des grands.
  15. La langue calomniatrice a fait chasser des femmes vaillantes, et les a dépouillées du fruit de leurs travaux.
  16. Qui lui prête l’oreille ne trouvera plus le repos, et il n’aura plus de paix dans sa demeure.
  17. Le coup de verge fait des meurtrissures, le coup de langue brise les os.
  18. Beaucoup ont péri par le tranchant de l’épée ; mais pas autant que ceux qui ont péri par la langue.
  19. Heureux celui qui en est à l’abri, qui n’est pas livré à sa fureur, qui n’a pas traîné son joug, et qui n’a pas été lié de ses chaînes !
  20. Car son joug est un joug de fer, et ses chaînes sont des chaînes d’airain.
  21. La mort qu’elle donne est une mort affreuse, et le schéol vaut mieux qu’elle.
  22. Elle n’aura pas d’empire sur les hommes pieux, et ils ne seront pas brûlés par sa flamme.
  23. Ceux qui abandonnent le Seigneur y tomberont ; et elle les consumera sans s’éteindre.
  24. Vois, entoure ton domaine d’une haie d’épines, lie dans ton sac ton or et ton argent ;
  25. et fais une balance et des poids pour tes discours, et fais une porte et un verrou pour ta bouche.
  26. Prends garde à ne pas faillir par la langue, de peur que tu ne tombes devant celui qui te guette.

Chapitre 29[modifier]

  1. Celui qui pratique la miséricorde prête à son prochain, et celui qui le soutient de sa main observe les commandements.
  2. Prête à ton prochain quand il est dans le besoin, et, à ton tour, rends au prochain, le temps venu, ce qu’il t’a prêté.
  3. Tien ta parole, et agis loyalement avec lui, et tu trouveras en tout temps ce qui t’est nécessaire.
  4. Beaucoup regardent comme une trouvaille ce qu’on leur a prêté, et causent de l’ennui à ceux qui leur sont venus en aide.
  5. Jusqu’à ce qu’on ait reçu, on baise la main du prochain, d’une voix humble on vante ses richesses ; mais quand vient le moment de rendre, on prend des délais, on ne rend que des paroles de plainte, et on accuse la dureté des temps.
  6. Si l’on a des moyens, le prêteur recevra la moitié à peine, et croira faire une trouvaille. Si on n’en a pas, on le frustre de son argent, et celui-ci sans le vouloir se fait de son obligé un ennemi, qui le paie en malédictions et en injures, et qui, au lieu de l’honneur, ne lui rend que l’outrage.
  7. Beaucoup se refusent à prêter à cause de la malice des hommes ; ils craignent d’être frustrés inutilement de leur argent.
  8. Pourtant sois indulgent à l’égard du malheureux, et ne lui fais pas attendre ton aumône.
  9. Assiste le pauvre à cause du commandement divin, et, à cause de sa détresse, ne le renvoie pas les mains vides.
  10. Consens à perdre ton argent en faveur de ton frère et de ton ami, et qu’il ne se rouille pas sans profit sous une pierre.
  11. Emploie ton trésor selon les préceptes du Très-Haut, et plus que l’or il te profitera.
  12. Enferme ton aumône dans tes appartements, et elle te délivrera de tout malheur.
  13. Mieux qu’un fort bouclier, mieux qu’une lance puissante, elle combattra pour toi en face de l’ennemi.
  14. L’homme bon se porte caution pour son prochain, et celui-là seul l’abandonne, qui a perdu toute honte.
  15. N’oublie pas les bontés de celui qui a répondu, car il s’est engagé pour toi.
  16. Le pécheur fait perdre ses biens à son répondant, et l’ingrat abandonne son sauveur.
  17. Une caution a entraîné la perte de beaucoup d’heureux, et les a ballottés comme les vagues de la mer ;
  18. elle a fait bannir des hommes puissants, et ils ont dû errer parmi les nations étrangères.
  19. Le pécheur est prompt à se rendre caution, et celui qui poursuit le gain éprouvera la rigueur des jugements.
  20. Assiste ton prochain selon ton pouvoir, et prends garde de tomber toi-même dans le malheur.
  21. La première chose pour vivre, c’est l’eau et le pain, le vêtement et la maison pour couvrir la nudité.
  22. Mieux vaut la vie du pauvre sous un toit de planches, que des mets somptueux dans une maison étrangère.
  23. Que tu aies peu ou beaucoup, sois content, [et tu ne t’entendras pas reprocher d’être un étranger.]
  24. C’est une triste vie que d’aller de maison en maison ; là où l’on est reçu comme étranger, on n’ose pas ouvrir la bouche.
  25. Tu donneras à ton hôte à manger et à boire sans qu’on t’en sache gré, et tu entendras encore par-dessus des paroles amères :
  26. « Arrive, étranger, prépare la table, et, si tu as quelque chose, donne-moi à manger.
  27. Va-t’en, étranger, loin de cette magnificence ; j’ai mon frère à recevoir, j’ai besoin de ma maison. »
  28. Il est dur, pour quelqu’un qui a du sens, de s’entendre reprocher l’hospitalité et d’être injurié par son débiteur.

Chapitre 30[modifier]

  1. Celui qui aime son fils lui fait souvent sentir le fouet, afin d’en avoir ensuite de la joie.
  2. Celui qui élève bien son fils retirera de lui des avantages, et il se glorifiera de lui devant ses connaissances.
  3. Celui qui instruit son fils rendra son ennemi jaloux, et il se réjouira de lui devant ses amis.
  4. Son père vient-il à mourir ? C’est comme s’il n’était pas mort, car il laisse après lui quelqu’un qui lui ressemble.
  5. Pendant sa vie, il le voit et se réjouit, et, à sa mort, il n’est point affligé.
  6. Il laisse quelqu’un qui le vengera de ses ennemis, et témoignera de la reconnaissance à ses amis.
  7. Celui qui gâte son fils bandera ses blessures, et, à chacun de ses cris, ses entrailles seront émues.
  8. Le cheval indompté devient intraitable : ainsi le fils abandonné à lui-même devient inconsidéré.
  9. Caresse ton enfant, et il te fera trembler, joue avec lui, et il te contristera.
  10. Ne ris pas avec lui, de peur que tu n’aies à t’affliger avec lui, et qu’à la fin tu ne grinces des dents.
  11. Ne lui donne pas toute liberté dans sa jeunesse, et ne ferme pas les yeux sur ses folies.
  12. [Fais plier sa tête pendant sa jeunesse,] et meurtris-lui les flancs pendant qu’il est enfant, de peur qu’il ne devienne opiniâtre et ne t’obéisse plus, [et que tu n’aies la douleur au cœur.]
  13. Corrige ton fils, et fais-le travailler, de peur qu’il ne trébuche par ta honteuse faiblesse.
  14. Mieux vaut un pauvre sain et vigoureux, qu’un riche flagellé dans son corps par la maladie.
  15. La santé et la bonne complexion valent mieux que tout l’or, et un corps vigoureux est préférable à une immense fortune.
  16. Il n’y a pas de richesse préférable à la santé du corps, et il n’y a pas de joie meilleure que la joie du cœur.
  17. Mieux vaut la mort qu’une vie d’amertume, et l’éternel repos qu’une souffrance continuelle.
  18. Des biens répandus sur une bouche fermée sont comme les offrandes d’aliments placés sur une tombe.
  19. Que sert l’offrande à une idole ? Elle ne la mangera pas et n’en sentira pas l’odeur :
  20. ainsi en est-il de l’homme que Dieu poursuit par la maladie : il voit de ses yeux, et il soupire, comme soupire un eunuque qui tient une vierge dans ses bras.
  21. N’abandonne pas ton âme à la tristesse, et ne te tourmente pas par tes réflexions.
  22. La joie au cœur est la vie de l’homme, et l’allégresse de l’homme est pour lui longueur de jours.
  23. Aime ton âme et console ton cœur, et chasse loin de toi la tristesse ; le chagrin en a tué beaucoup, et il n’y a pas en lui de profit.
  24. L’emportement et la colère abrègent les jours, et les soucis amènent la vieillesse avant le temps.
  25. Le cœur généreux et bon prend soin des mets qui forment sa nourriture.

Chapitre 31[modifier]

  1. Les veilles du riche consument les chairs, et les soucis lui enlèvent le sommeil.
  2. Un souci perpétuel empêche le sommeil, comme une maladie grave le bannit.
  3. Le riche travaille pour amasser des richesses, et, quand il se repose, il se rassasie de plaisirs
  4. Le pauvre travaille, faute d’avoir de quoi vivre, et, quand il se repose, il manque de tout.
  5. Celui qui aime l’or ne sera pas sans péché, et celui qui poursuit la corruption sera rassasié.
  6. Beaucoup ont été livrés à la ruine à cause de l’or, et leur perte était devant eux.
  7. L’or est un bois de scandale pour ceux qui lui sacrifient ; tout insensé y sera pris.
  8. Heureux le riche qui sera trouvé sans tache, et qui n’est pas allé après l’or !
  9. Qui est-il, pour que nous le proclamions heureux ? Car il a fait une chose merveilleuse parmi son peuple.
  10. Quel est celui qui a été éprouvé à ce sujet et trouvé sans reproche ? Que cette épreuve lui soit un sujet de gloire ! Qui a pu violer la loi et ne l’a pas violée, faire le mal et ne l’a pas fait ?
  11. Sa fortune sera affermie, et l’assemblée publiera ses bienfaits.
  12. As-tu pris place à une table bien servie, n’ouvre pas la bouche devant elle, et ne dis pas : « Il y a sur elle bien des mets. »
  13. Souviens-toi que l’œil envieux est chose mauvaise ; rien a-t-il été créé de plus mauvais que l’œil envieux ? Aussi pleure-t-il de tout visage.
  14. Où il regarde, n’étends pas la main, et ne te heurte pas avec lui dans le plat.
  15. Juge des désirs du prochain d’après toi-même, et agis en toutes choses avec réflexion.
  16. Mange, comme il convient à un homme, de ce qui est devant toi, et ne mâche pas avec bruit, de peur d’inspirer du dégoût.
  17. Cesse le premier par bonne éducation, et ne te montre pas insatiable, de peur de scandaliser.
  18. Si tu es assis en nombreuse compagnie, n’étends pas la main avant les autres.
  19. Qu’il suffit de peu à un homme bien élevé ! Aussi, sur sa couche, il respire librement.
  20. Le sommeil salutaire est pour l’estomac sobre ; on se lève matin et on a l’esprit à soi. Les douleurs de l’insomnie, les vomissements et la colique sont pour l’homme intempérant.
  21. Si tu as été amené à trop manger, lève-toi, promène-toi au large, et tu seras soulagé.
  22. Ecoute-moi, mon fils, et ne me méprise pas, et à la fin tu éprouveras la vérité de mes paroles : Dans toutes tes actions, sois diligent, et aucune maladie ne te surviendra.
  23. Les lèvres bénissent celui qui est libéral en ses repas, et le témoignage rendu à sa générosité est vrai.
  24. La ville murmure contre celui qui est avare en ses repas, et le témoignage rendu à son avarice est exact.
  25. Ne fais pas le brave avec le vin, car le vin en a fait périr beaucoup.
  26. La fournaise éprouve l’acier quand on le trempe ; de même le vin éprouve les cœurs quand les orgueilleux se querellent.
  27. Le vin est comme la vie pour l’homme, si tu le bois dans sa juste mesure. Quelle vie a celui qui manque de vin ? Et certes le vin a été fait pour réjouir les hommes.
  28. Allégresse du cœur et joie de l’âme, tel est le vin pris à temps, dans une juste mesure.
  29. Amertume de l’âme est le vin bu en abondance, alors qu’on est excité et qu’on se dispute.
  30. L’ivresse échauffe la fureur de l’insensé et le fait tomber ; elle diminue les forces et amène des blessures.
  31. Dans un festin, ne fais pas de reproches au prochain, et ne le traite avec mépris pendant qu’il est dans la joie ; ne lui adresse pas de paroles injurieuses, et ne le presse pas, en lui redemandant quelque chose.

Chapitre 32[modifier]

  1. On t’a établi roi du festin ? Ne t’élève pas ; sois au milieu des convives comme l’un d’eux. Prends soin d’eux, et ensuite assieds-toi.
  2. Quand tu auras rempli tous tes devoirs, prends place, afin de te réjouir à cause d’eux, et, pour la belle ordonnance du banquet, recevoir la couronne.
  3. Parle, vieillard, car cela te convient, mais avec justesse et doctrine, et sans empêcher la musique.
  4. Lorsqu’on écoute la musique, ne prodigue pas les paroles, et n’étale pas ta sagesse à contre-temps.
  5. Un sceau d’escarboucle enchâssé dans l’or, tel un concert harmonieux dans un banquet.
  6. Un sceau d’émeraude dans une garniture d’or, telle une douce mélodie avec un vin agréable.
  7. Parle, jeune homme, s’il y a utilité pour toi ; à peine deux fois, si l’on t’interroge.
  8. Abrège ton discours, beaucoup de choses en peu de mots ; sois comme un homme qui a la science et qui sait se taire.
  9. Au milieu des grands, ne te fais pas leur égal, et où il y a des vieillards, sois sobre de paroles.
  10. Avant le tonnerre l’éclair brille : ainsi devant le jeune homme modeste marche la grâce.
  11. L’heure venue, lève-toi de table sans tarder ; cours à ta maison, et ne sois pas insouciant.
  12. Là divertis-toi, fais tes fantaisies, toutefois sans pécher par des discours insolents.
  13. Et pour tout cela, bénis Celui qui t’a créé, et qui t’enivre de tous ses biens.
  14. Celui qui craint le Seigneur reçoit l’instruction, et ceux qui le cherchent avec empressement trouveront sa faveur.
  15. Celui qui cherche la loi y trouvera son rassasiement ; mais pour l’hypocrite, elle sera une occasion de chute.
  16. Ceux qui craignent le Seigneur trouveront le jugement vrai, et ils feront briller, comme un flambeau, de justes sentences.
  17. Le pécheur décline la correction, et il trouve des excuses à son gré.
  18. L’homme intelligent ne méprise aucun avis, mais l’étranger et l’orgueilleux ne sont arrêtés par aucune crainte, et, après avoir agi, ils sont sans réflexion, [et ainsi ils sont convaincus de folie.]
  19. Ne fais rien sans réflexion, et, après l’action, tu n’auras pas à te repentir.
  20. Ne va pas sur un chemin dégradé, et tu ne te heurteras pas aux pierres.
  21. Ne te fie pas à un chemin uni, et sois sur tes gardes vis-à-vis de tes enfants.
  22. Dans tout ce que tu fais, aie confiance en ton âme, car cela aussi est observation des commandements.
  23. Celui qui a confiance en la loi est attentif à ses préceptes, et celui qui se confie au Seigneur ne souffrira aucun dommage.

Chapitre 33[modifier]

  1. A celui qui craint le Seigneur le malheur ne surviendra pas ; mais, s’il est éprouvé, il sera délivré.
  2. L’homme sage ne hait pas la loi, mais qui est hypocrite envers elle est comme un vaisseau dans la tempête.
  3. L’homme intelligent a confiance dans la loi, et pour lui la loi est digne de foi comme l’oracle de l’Urim.
  4. Prépare ton discours, et ainsi tu seras écouté ; rassemble ton savoir, et réponds.
  5. L’intérieur de l’insensé est comme une roue de chariot, et sa pensée comme un essieu qui tourne.
  6. L’étalon est l’image de l’ami moqueur : il hennit sous tout cavalier.
  7. Pourquoi un jour l’emporte-t-il sur un autre jour, puisque la lumière de tous les jours de l’année vient du soleil ?
  8. C’est la sagesse du Seigneur qui a établi entre eux des distinctions, il a institué des temps divers et des fêtes.
  9. Parmi les jours, il y en a qu’il a élevés et sanctifiés, et il y en a qu’il a mis au nombre des jours ordinaires.
  10. Ainsi tous les hommes viennent de la poussière, de la terre dont Adam a été formé.
  11. Mais avec une grande sagesse le Seigneur les a distingués, et les a fait marcher dans des voies différentes.
  12. Il a béni les uns et les a élevés ; il a sanctifié les autres et les a approchés de lui. D’autres, il les a maudits et abaissés, et les a précipités de leurs places
  13. Comme l’argile est dans la main du potier, et qu’il en dispose selon son bon plaisir, ainsi les hommes sont dans la main de Celui qui les a faits, et il leur donne selon son jugement.
  14. En face du mal est le bien, en face de la mort, la vie : ainsi en face du juste est le pécheur.
  15. Considère de même toutes les œuvres du Très-Haut : elles sont deux à deux, l’une opposée à l’autre.
  16. Pour moi, venu le dernier, j’ai consacré mes veilles à la sagesse, semblable à celui qui grappille les raisins après la vendange ; par la bénédiction du Seigneur, j’ai pris les devants, et, comme le vendangeur, j’ai rempli le pressoir.
  17. Reconnaissez que je n’ai pas travaillé pour moi seul, mais pour tous ceux qui recherchent la sagesse.
  18. Ecoutez-moi donc, chefs du peuple ; présidents de l’assemblée, prêtez-moi l’oreille.
  19. Ni à ton fils ni à ton épouse, ni à ton frère ni à ton ami, ne donne pouvoir sur toi durant ta vie, et ne donne pas tes biens à un autre, de peur que, plein de regret, tu ne doives leur adresser des supplications.
  20. Tant que tu vis et qu’il te reste un souffle, ne t’aliène toi-même à aucune chair.
  21. Car il vaut mieux que tes enfants te demandent, que d’avoir toi-même à regarder vers les mains de tes enfants.
  22. Dans tout ce que tu fais reste le maître, et n’imprime aucune tache à ta renommée.
  23. Quand viendra la fin des jours de ta vie, et le moment de mourir, distribue ton héritage.
  24. A l’âne le fourrage, le bâton et la charge ; à l’esclave le pain, la correction et le travail.
  25. Fais travailler ton esclave, et tu seras en repos ; laisse-lui les mains libres, et il cherchera la liberté.
  26. Le joug et la lanière font plier le cou ; à l’esclave méchant la torture et la douleur.
  27. Envoie-le au travail, afin qu’il ne reste pas oisif, car l’oisiveté enseigne beaucoup de mal.
  28. Mets-le à l’ouvrage, c’est ce qui lui convient ; et, s’il n’obéit pas, serre-lui les entraves ; mais ne dépasse la mesure envers personne, et ne fais rien de contraire à la justice.
  29. Si tu as un esclave, qu’il soit comme toi-même, car tu l’as acquis avec du sang.
  30. Si tu as un esclave, traite-le comme toi-même, et ainsi tu l’attacheras à ton âme.
  31. Si tu le maltraites et qu’il prenne la fuite, sur quel chemin iras-tu le chercher ?

Chapitre 34[modifier]

  1. L’insensé se livre à des espérances vaines et trompeuses, et les songes donnent des ailes aux sots.
  2. C’est vouloir saisir une ombre et atteindre le vent, que de s’arrêter à des songes.
  3. Une chose d’après un autre, voilà ce qu’on voit en songe ; c’est comme l’image d’un visage en face d’un visage.
  4. De l’impureté, que peut-il sortir de pur ? Du mensonge, que peut-il sortir de vrai ?
  5. La divination, les augures et les songes sont choses vaines, pareilles aux imaginations du cœur d’une femme enceinte.
  6. A moins qu’ils ne soient envoyés par le Très-Haut, dans une visite, ne leur abandonne pas ton cœur.
  7. Car les songes en ont égaré beaucoup, et ceux qui appuyaient sur eux leurs espérances sont tombés.
  8. Mais la loi s’accomplit sans mensonge, comme se réalise toute sage parole sortie d’une bouche fidèle.
  9. L’homme instruit sait beaucoup de choses, et l’homme de grande expérience parle sagement.
  10. Celui qui n’a pas été éprouvé sait peu de choses, et celui qui a voyagé possède une grande prudence.
  11. J’ai vu beaucoup de choses dans mes voyages, et ma science est plus grande que mes paroles.
  12. Souvent j’ai été en danger de mort, et j’ai été sauvé grâce à cette expérience.
  13. L’esprit de ceux qui craignent le Seigneur vivra, car leur espérance est en celui qui les sauve.
  14. Celui qui craint le Seigneur n’a peur de rien ; il ne tremble pas, car Dieu est son espérance.
  15. Heureuse l’âme de celui qui craint le Seigneur ! Sur qui s’appuie-t-elle, et qui est son soutien ?
  16. Les yeux du Seigneur sont sur ceux qui l’aiment ; il est un protecteur puissant, un appui plein de force, un abri contre le vent d’Orient, un abri contre les feux du midi, une garde contre l’achoppement, un secours contre la chute ;
  17. il élève l’âme, il illumine les yeux, il donne santé, vie et bénédiction.
  18. Immoler un bien mal acquis, c’est faire une offrande dérisoire ; et les dérisions des pécheurs ne sauraient être agréables à Dieu.
  19. Le Très-Haut n’agrée pas les offrandes des impies, et ce n’est pas pour les nombreuses victimes qu’il pardonne les péchés.
  20. Il immole un fils sous les yeux de son père, celui qui offre un sacrifice pris sur le bien des pauvres.
  21. Le pain des malheureux est la vie des pauvres ; celui qui les en prive est un meurtrier.
  22. Il donne la mort à son prochain, celui qui lui ôte sa subsistance ; il verse le sang, celui qui prive le mercenaire de son salaire.
  23. L’un bâtit et l’autre détruit : qu’en retirent-ils, sinon de la peine ?
  24. L’un prie et l’autre maudit : duquel le Maître écoutera-t-il la voix ?
  25. Celui qui se lave après le contact d’un mort et qui le touche encore, que gagne-t-il à s’être lavé ?
  26. Ainsi en est-il de l’homme qui jeûne pour ses péchés, s’il va les commettre encore : qui entendra sa prière, et que lui servira son humiliation.

Chapitre 35[modifier]

  1. Qui observe la loi fait de nombreuses offrandes ;
  2. qui s’attache aux préceptes offre un sacrifice pacifique.
  3. Qui rend grâces fait une offrande de fleur de farine ;
  4. qui pratique la miséricorde offre un sacrifice de louange.
  5. Ce qui plaît au Seigneur, c’est qu’on s’éloigne du mal ; ce qui obtient son pardon, c’est la fuite de l’injustice.
  6. Pourtant ne te présente pas devant le Seigneur les mains vides,
  7. car toutes ces offrandes doivent être faites à cause du précepte.
  8. L’offrande du juste engraisse l’autel, et sa suave odeur s’élève devant le Seigneur.
  9. Le sacrifice de l’homme juste est agréable, et son souvenir ne sera pas oublié
  10. Glorifie le Seigneur d’un cœur libéral, et ne retranche rien aux prémices de tes mains.
  11. Dans toutes tes offrandes, aie le visage joyeux, et consacre ta dîme avec allégresse.
  12. Donne au Très-Haut selon ce qu’il t’a donné, d’un cœur libéral, selon ce que tes mains ont acquis.
  13. Car le Seigneur paie de retour, et il te rendra sept fois autant.
  14. Ne cherche pas à le corrompre par des dons, car il ne les recevrait pas
  15. et ne t’appuie pas sur une offrande injuste. Car le Seigneur est un juge, et il n’a point égard au rang des personnes.
  16. Il ne fait acception de personne au détriment du pauvre, et il écoute la prière de l’opprimé.
  17. Il ne dédaigne pas l’orphelin qui supplie, ni la veuve qui répand sa plainte.
  18. Les larmes de la veuve ne coulent-elles pas sur ses joues,
  19. et son cri n’éclate-t-il pas sur celui qui les fait verser ?
  20. Celui qui honore Dieu de la manière qui lui plaît sera bien accueilli, et sa prière monte jusqu’aux nues.
  21. La prière de l’humble pénétrera les nues ; il ne sera pas consolé qu’elle ne soit arrivée jusqu’à Dieu ; il ne cessera pas que le Très-Haut ne l’ait regardé, et le Seigneur jugera selon l’équité et rendra justice.
  22. Le Seigneur ne fera pas attendre, il n’aura plus de patience à l’égard des oppresseurs ; jusqu’à ce qu’il ait brisé les reins de ces hommes sans pitié,
  23. et qu’il ait tiré vengeance des nations ; jusqu’à ce qu’il ait anéanti la foule des blasphémateurs, et mis en pièces les sceptres des impies ;
  24. jusqu’à ce qu’il ait rendu à l’homme selon ses actes, et rémunéré les œuvres des hommes selon leurs pensées ;
  25. jusqu’à ce qu’il ait pris en main la cause de son peuple, et qu’il l’ait réjoui par sa miséricorde.
  26. La miséricorde est belle au temps de l’oppression d’Israël, comme les nuées chargées de pluie au temps de la sécheresse.

Chapitre 36[modifier]

  1. Ayez pitié de nous, Maître, Dieu de l’univers et regardez ;
  2. et répandez votre terreur sur toutes les nations.
  3. Levez votre main contre les peuples étrangers, et qu’ils sentent votre puissance !
  4. De même que vous avez montré devant eux votre sainteté en nous punissant, ainsi montrez votre grandeur devant nous en les châtiant ;
  5. et qu’ils apprennent, comme nous l’avons appris nous-mêmes, qu’il n’y a pas d’autre Dieu que vous, Seigneur !
  6. Renouvelez les prodiges, et reproduisez les merveilles ;
  7. glorifiez votre main et votre bras droit.
  8. Réveillez votre courroux et répandez votre colère ;
  9. détruisez l’adversaire et anéantissez l’ennemi.
  10. Hâtez le temps et souvenez-vous du serment ; et qu’on célèbre vos hauts faits !
  11. Que par un feu ardent soit dévoré celui qui serait échappé, et que ceux qui maltraitent votre peuple trouvent leur perte.
  12. Brisez les têtes des chefs des ennemis, qui disent : « Il n’y a que nous ! »
  13. Rassemblez toutes les tribus de Jacob, et rendez-leur l’héritage tel qu’au commencement.
  14. Seigneur, ayez pitié de votre peuple, qui est appelé de votre nom, et d’Israël, que vous avez fait semblable à un premier-né.
  15. Prenez compassion de la ville de votre sanctuaire, de Jérusalem, le lieu de votre repos.
  16. Remplissez Sion de vos oracles, et votre peuple de votre gloire.
  17. Rendez témoignage à ceux qui sont vos créatures dès le commencement, et accomplissez les promesses faites en votre nom.
  18. Récompensez ceux qui espèrent en vous, et que vos prophètes soient trouvés véridiques. Exaucez, Seigneur, la prière de ceux qui vous implorent,
  19. selon la bénédiction d’Aaron sur votre peuple ; et que tous les habitants de la terre reconnaissent que vous êtes le Seigneur, le Dieu des siècles !
  20. L’estomac reçoit toute espèce de nourriture, mais tel aliment est meilleur qu’un autre.
  21. Le palais discerne au goût la viande sauvage : ainsi le cœur sensé reconnaît la parole mensongère.
  22. Le cœur pervers cause du chagrin, mais l’homme d’expérience se met en garde contre lui.
  23. La femme reçoit toute espèce de mari, mais telle fille est meilleure qu’une autre.
  24. La beauté de la femme réjouit le visage, et surpasse tout désir de l’homme.
  25. Si la bonté et la douceur sont sur sa langue, son mari n’est pas un simple enfant des hommes.
  26. Celui qui acquiert une femme a le principe de sa fortune, une aide semblable à lui et une colonne d’appui.
  27. Là où il n’y a pas de haie, le domaine est au pillage ; là où il n’y a pas de femme, l’homme errant gémit.
  28. Qui se fie au brigand agile, qui court de ville en ville ? Ainsi en est-il de l’homme qui n’a pas de demeure, et qui prend son gîte où la nuit le surprend.

Chapitre 37[modifier]

  1. Tout ami dit :« Moi aussi je suis ton ami ; » mais tel ami ne l’est que de nom.
  2. N’est-ce pas un chagrin jusqu’à la mort, quand un compagnon et un ami se changent en ennemis ?
  3. Ô pensée perverse, d’où es-tu sortie, pour couvrir la terre de tromperie ?
  4. Le compagnon d’un ami se réjouit de ses joies, et, au jour de l’adversité, il se tourne contre lui !
  5. Un compagnon partage la peine de son ami dans l’intérêt de son ventre, et, en face du combat, il prend son bouclier !
  6. N’oublie pas ton ami dans ton cœur, et, au sein de l’opulence, ne perds pas son souvenir.
  7. Tout conseiller donne des conseils, mais il en est qui conseillent dans leur propre intérêt.
  8. Vis-à-vis d’un conseiller, tiens-toi sur tes gardes, et cherche d’abord à savoir quel est son intérêt, — car c’est pour lui-même qu’il conseillera, — afin qu’il ne jette pas le sort sur toi,
  9. et qu’il ne dise pas : « Ta voie est bonne ; » puis il se tiendra de l’autre côté pour voir ce qui t’arrivera.
  10. Ne consulte pas un homme qui te regarde en-dessous, et cache ta résolution à celui qui te jalouse.
  11. Ne consulte pas une femme sur sa rivale, un lâche sur la guerre, un marchant sur un échange, un acheteur sur une vente, un envieux sur la reconnaissance, un homme sans compassion sur un acte charitable, un paresseux sur un travail quelconque, un mercenaire de la maison sur l’achèvement d’un travail, un esclave paresseux sur une grosse besogne : ne fais fonds sur ces gens pour aucun conseil.
  12. Mais sois assidu près d’un homme pieux, que tu connais comme observateur des commandements, dont le cœur est selon ton cœur, et qui, si tu tombes, souffrira avec toi.
  13. Ensuite tiens-toi à ce que ton cœur te conseille, car personne ne t’est plus fidèle que lui.
  14. Car l’âme de l’homme annonce parfois plus de choses que sept sentinelles postées sur une hauteur pour observer.
  15. Et avec tout cela prie le Très-Haut, afin qu’il dirige sûrement ta voie.
  16. Avant toute œuvre est la parole : avant toute entreprise, la réflexion.
  17. Comme trace du changement du cœur apparaissent quatre choses :
  18. le bien et le mal, la vie et la mort ; et la langue est toujours leur maîtresse.
  19. Tel homme est prudent et le docteur d’un grand nombre, mais il est inutile à lui-même.
  20. Celui qui affecte la sagesse dans ses paroles est odieux ; il finira par manquer de toute nourriture.
  21. Car le Seigneur ne lui a pas donné sa faveur, parce qu’il est dépourvu de toute sagesse.
  22. Tel sage est sage pour lui-même, et les fruits de son savoir sont assurés sur ses lèvres.
  23. L’homme sage instruit son peuple, et les fruits de son savoir sont assurés.
  24. L’homme sage est comblé de bénédictions, et tous ceux qui le voient le proclament heureux.
  25. La vie de l’homme est d’un nombre restreint de jours, mais les jours d’Israël sont sans nombre.
  26. Le sage obtient la confiance au milieu de son peuple, et son nom vivra à jamais.
  27. Mon fils, pour ta manière de vivre, consulte ton âme ; vois ce qui lui est nuisible et ne le lui donne pas.
  28. Car tout n’est pas bon pour tous, et chacun ne trouve pas son bien-être en tout.
  29. Ne sois pas insatiable devant toute friandise, et ne te jette pas avidement sur les mets ;
  30. car l’excès de la nourriture amène des incommodités, et l’intempérance conduit jusqu’à la colique.
  31. A cause de l’intempérance beaucoup sont morts, mais celui qui s’abstient prolonge sa vie.

Chapitre 38[modifier]

  1. Rends au médecin pour tes besoins les honneurs qui lui sont dus ; car, lui aussi, c’est le Seigneur qui l’a créé.
  2. C’est du Très-Haut, en effet, que vient la guérison, et du roi lui-même il reçoit des présents.
  3. La science du médecin élève sa tête, et il est admiré en présence des grands.
  4. Le Seigneur fait produire à la terre ses médicaments, et l’homme sensé ne les dédaigne pas.
  5. Un bois n’a-t-il pas adouci l’eau amère, afin que sa vertu fût connue de tous ?
  6. Il a donné aux hommes la science, pour se glorifier par ses dons merveilleux.
  7. Par eux l’homme procure la guérison, et enlève la douleur.
  8. Le pharmacien en fait des mixtions, et son œuvre est à peine achevée que par lui le bien-être se répand sur la face de la terre.
  9. Mon fils, si tu es malade, ne néglige pas mon conseil, mais prie le Seigneur, et il te guérira.
  10. Eloigne la transgression, redresse tes mains, et purifie ton cœur de tout péché.
  11. Offre l’encens et l’oblation de farine, et immole de grasses victimes, comme si c’en était fait de toi.
  12. Puis donne accès au médecin, car, lui aussi, le Seigneur l’a créé, et qu’il ne s’éloigne pas de toi, car tu as besoin de lui.
  13. Il arrive que leurs mains ont du succès,
  14. car eux aussi prieront le Seigneur, afin qu’il leur accorde de procurer le repos et la guérison, pour prolonger la vie du malade.
  15. Que celui qui pèche devant son Créateur tombe entre les mains du médecin !
  16. Mon fils, répands des pleurs sur un mort, et, comme si tu souffrais cruellement, commence la lamentation. Puis donne à son corps les soins qui lui sont dus, et ne néglige pas sa sépulture.
  17. Verse des larmes amères, exhale des soupirs brûlants, et fais le deuil, selon qu’il en est digne, un jour ou deux, pour éviter les mauvais propos. Ensuite console-toi, pour éloigner la tristesse ;
  18. car de la tristesse peut venir la mort, et le chagrin du cœur abat toute vigueur.
  19. Quand on emmène un mort, le chagrin doit passer avec lui, comme la vie du pauvre est contre son cœur.
  20. N’abandonne pas ton cœur à la tristesse ; chasse-la, te souvenant de ta fin.
  21. Ne l’oublie pas : il n’y a point de retour ; tu ne seras pas utile au mort, et tu feras du mal à toi-même.
  22. Souviens-toi qu’à l’arrêt porté sur lui, le tien sera pareil : « Pour moi hier, pour toi aujourd’hui. »
  23. Quand le mort repose, laisse reposer sa mémoire, et console-toi à son sujet, au départ de son esprit.
  24. La sagesse du scribe s’acquiert à la faveur du loisir, et celui qui n’a pas à s’occuper d’affaires deviendra sage.
  25. Comment deviendrait-il sage celui qui gouverne la charrue, dont l’ambition est de manier, en guise de lance, l’aiguillon ; qui pousse ses bœufs et se mêle à leurs travaux, et ne sait discourir que des petits des taureaux ?
  26. Il met tout son cœur à tracer des sillons, un soin vigilant à procurer le fourrage à ses génisses.
  27. Il en est de même de tout charpentier et constructeur, qui poursuivent leurs occupations la nuit comme le jour ; de celui qui grave les empreintes des cachets : son application est de varier les figures ; il met son cœur à reproduire le dessin, un soin vigilant à parfaire son ouvrage.
  28. Tel est le forgeron assis près de son enclume, et considérant le fer encore brut ; la vapeur du feu fait fondre ses chairs, et il tient bon contre la chaleur de la fournaise ; le bruit du marteau assourdit son oreille, et son œil est fixé sur le modèle de l’ustensile. Il met son cœur à parfaire son œuvre, un soin vigilant à la polir dans la perfection.
  29. Tel encore le potier assis à son ouvrage, et tournant la roue avec ses pieds : constamment il est en souci de son travail, et tous ses efforts tendent à fournir un certain nombre de vases.
  30. Avec son bras il façonne l’argile, et devant ses pieds il la rend flexible ; il met son cœur à parfaire le vernis, un soin vigilant à nettoyer son tour.
  31. Ces sortes de gens attendent tout de leurs mains, et chacun d’eux est intelligent dans son métier.
  32. Sans eux on ne bâtirait aucune ville, on n’irait pas à l’étranger, on ne voyagerait pas.
  33. Mais ils ne seront pas recherchés dans le conseil du peuple, et ils ne se distingueront pas dans l’assemblée ; ils n’auront pas la science de l’alliance du droit ; ils ne prendront point place sur le siège du juge ; ils n’interpréteront pas la justice et le droit, et on ne les trouvera pas pour énoncer des sentences.
  34. Cependant ils soutiennent les choses du temps, et leur prière se rapporte aux travaux de leur métier.

Chapitre 39[modifier]

  1. Il en est autrement de celui qui applique son esprit, et qui médite sur la loi du Très-Haut ! Il cherche la sagesse de tous les anciens, et il consacre ses loisirs aux prophéties.
  2. Il garde dans sa mémoire les récits des hommes célèbres, et il pénètre dans les détours des sentences.
  3. Il cherche le sens caché des proverbes, et il s’occupe des sentences énigmatiques.
  4. Il sert au milieu des grands, et il paraît devant le prince. Il voyage dans le pays des peuples étrangers, car il veut connaître le bien et le mal parmi les hommes.
  5. Il met son cœur à aller dès le matin auprès du Seigneur qui l’a fait : il prie en présence du Très-Haut, il ouvre sa bouche pour la prière et il demande pardon pour ses péchés.
  6. Si c’est la volonté du Seigneur, qui est grand, il sera rempli de l’esprit d’intelligence ; alors il répandra à flots les paroles de la sagesse, et, dans sa prière, il rendra grâces au Seigneur.
  7. Il saura diriger sa prudence et son savoir, et il étudiera les mystères divins.
  8. Il publiera la doctrine de son enseignement, et il se glorifiera de la loi de l’alliance du Seigneur.
  9. Beaucoup loueront son intelligence, et il ne sera jamais oublié ; sa mémoire ne passera pas, et son nom vivra d’âge en âge.
  10. Les peuples raconteront sa sagesse, et l’assemblée célébrera ses louanges.
  11. Tant qu’il est en vie, son nom reste plus illustre que mille autres ; et, quand il se reposera, sa gloire grandira encore.
  12. Je veux encore publier le fruit de mes réflexions, car je suis rempli, comme la lune dans son plein.
  13. Ecoutez-moi, fils pieux, et croissez, comme la rose sur le bord d’une eau courante :
  14. répandez, comme l’encens, votre suave odeur ; faites éclore votre fleur, comme le lis ; exhalez votre parfum et chantez un cantique, célébrez le Seigneur pour toutes ses œuvres.
  15. Rendez gloire à son nom, proclamez sa louange, dans les chants de vos lèvres et sur vos harpes, et, en le célébrant, vous direz :
  16. Toutes les œuvres du Seigneur sont très bonnes, et tout ce qu’il a ordonné s’accomplira en son temps.
  17. On ne doit pas dire : « Qu’est-ce que cela ? A quoi sert-il ? » car toute chose sera recherchée en son temps. A sa parole, l’eau se rassembla comme un monceau, et, sur une parole de sa bouche, il y eut des réservoirs d’eau.
  18. Par son commandement, ce qui lui plaît arrive, et nul ne peut arrêter le salut qu’il envoie.
  19. Les œuvres de toute chair sont devant lui, et l’on ne peut se cacher à ses yeux.
  20. Son regard atteint de l’éternité à l’éternité, et il n’y a rien d’étonnant devant lui.
  21. On ne doit pas dire : « Qu’est-ce que cela ? A quoi sert-il ? » car toute chose a été créée pour son usage.
  22. La bénédiction du Seigneur déborde comme un fleuve, et, comme un déluge, elle arrose la terre.
  23. De même il donne sa colère en partage aux nations, comme il a changé un pays bien arrosé en une contrée de sel.
  24. Ses voies sont droites pour les hommes saints, et de même elles sont pour les impies des occasions de chute.
  25. Les biens ont été créés pour les bons dès l’origine, et, de même, les maux pour les méchants.
  26. Ce qui est de première nécessité pour la vie de l’homme, c’est l’eau, le feu, le fer et le sel, la farine de froment, le miel et le lait, le sang de la grappe, l’huile et le vêtement.
  27. Toutes ces choses sont des biens pour les hommes pieux, mais se changent en maux pour les pécheurs.
  28. Il y a des vents qui ont été créés pour la vengeance, et, dans leur fureur, ils déchaînent leurs fléaux. Au jour de la destruction, ils déploient leur puissance, et apaiseront le courroux de Celui qui les a faits.
  29. Feu et grêle, famine et peste, toutes ces choses ont été créées pour le châtiment ;
  30. ainsi que la dent des bêtes féroces, les scorpions et les vipères, et le glaive exterminateur funeste aux impies.
  31. Ces créatures se réjouissent du commandement du Seigneur, elles se tiennent prêtes sur la terre pour le besoin, et, aux temps marqués, elles ne désobéissent pas à ses ordres.
  32. C’est pourquoi j’ai été dès le début ferme dans mes pensées, et, après avoir médité, je les ai mises par écrit :
  33. Toutes les œuvres du Seigneur sont bonnes, et il pourvoit à tout besoin en son temps.
  34. Il n’y a pas lieu de dire : « Ceci est plus mauvais que cela, » car toute chose en son temps sera reconnue bonne.
  35. Et maintenant chantez de tout cœur et de bouche, et bénissez le nom du Seigneur.

Chapitre 40[modifier]

  1. A tout homme a été imposée une grande misère, et un joug pesant est sur les enfants des hommes, depuis le jour où ils sortent du sein de leur mère, jusqu’au jour de leur sépulture dans le sein de la mère commune.
  2. Ce qui trouble leurs pensées et fait craindre leurs cœurs, c’est la pensée de leur attente, c’est la crainte de la mort.
  3. Depuis l’homme qui siège sur un trône, dans la gloire, jusqu’au malheureux assis par terre et sur la cendre ;
  4. depuis celui qui porte la pourpre et la couronne, jusqu’au misérable, couvert d’une toile grossière,
  5. la colère, l’envie, le trouble, l’agitation, la crainte de la mort, l’aigreur et les querelles sont le partage de tous ; et, dans le temps où chacun repose sur sa couche, le sommeil de la nuit bouleverse ses idées.
  6. Il repose un instant, si peu que rien, et aussitôt des rêves l’agitent ; il lui semble être en sentinelle pendant le jour, il est effrayé par la vision de son esprit, comme un homme qui fuit devant le combat.
  7. Au moment de la délivrance, il s’éveille, et s’étonne de sa vaine frayeur.
  8. Ainsi en est-il de toute chair, depuis l’homme jusqu’à la bête, et pour les pécheurs, sept fois plus encore.
  9. La peste, le meurtre, la discorde, l’épée, [les calamités, la famine, la destruction et les autres fléaux] :
  10. tout cela a été créé contre les pécheurs, comme c’est à cause d’eux que le déluge est arrivé.
  11. Tout ce qui vient de la terre retourne à la terre, comme ce qui vient des eaux descend à la mer.
  12. Tout présent et tout bien injustement acquis périront, mais la bonne foi subsistera à jamais.
  13. Les richesses des injustes tariront comme un torrent, et comme un fort tonnerre retentit pendant l’ondée.
  14. L’homme qui sait ouvrir la main se réjouira, mais les prévaricateurs subiront une ruine totale.
  15. La postérité des impies ne pousse pas de nombreux rameaux, et les racines impures sont sur le rocher escarpé.
  16. Le roseau qui croît près des eaux et sur le bord d’un fleuve est arraché avant toute autre herbe.
  17. La bienveillance est comme un jardin béni, et la bienfaisance demeure à jamais.
  18. Douce est la vie de l’homme qui se suffit et de l’ouvrier ; plus que les deux, la vie de celui qui trouve un trésor :
  19. Des enfants et la fondation d’une ville perpétuent un nom : plus que les deux, on estime une femme irréprochable.
  20. Le vin et la musique réjouissent le cœur : plus que l’un et l’autre, l’amour de la sagesse.
  21. La flûte et la harpe font entendre de doux sons : plus que les deux, une langue bienveillante.
  22. La grâce et la beauté font le plaisir de tes yeux : plus que les deux, la verdure des champs.
  23. L’ami et le compagnon se rencontrent à certaines heures : plus que les deux, la femme avec son mari.
  24. Les frères et les secours sont pour le temps de l’affliction : plus que les deux, la bienfaisance délivre.
  25. L’or et l’argent affermissent les pieds : plus que les deux, est estimée la prudence.
  26. La richesse et la force élèvent le cœur : plus que les deux, la crainte du Seigneur. Avec la crainte du Seigneur, on ne manque de rien ; avec elle, il n’y a pas à implorer du secours.
  27. La crainte du Seigneur est comme un jardin béni, et le Seigneur la revêt d’une gloire sans égale.
  28. Mon fils, puisses-tu ne pas mener une vie de mendicité ; mieux vaut mourir que de mendier.
  29. Quand un homme en est réduit à regarder vers la table d’un autre, sa vie ne saurait compter pour une vie. Car il souille son âme par des mets étrangers, ce dont se gardera l’homme instruit et bien élevé.
  30. Dans la bouche de l’homme sans pudeur la mendicité est douce ; mais, dans ses entrailles, elle brûle comme un feu.

Chapitre 41[modifier]

  1. Ô mort, que ton souvenir est amer à l’homme qui vit en paix au sein de ses richesses, à l’homme exempt de soucis et qui prospère en tout, et qui est encore en état de goûter le plaisir de la table ! Ô mort, ton arrêt est agréable,
  2. à l’indigent, à celui dont les forces sont épuisées, au vieillard accablé d’années et travaillé de mille soins, à celui qui ne se soumet pas à son sort et qui a perdu l’espérance.
  3. Ne redoute point l’arrêt de la mort : souviens-toi de ceux qui t’ont précédé et de ceux qui viendront plus tard.
  4. C’est l’arrêt porté par le Seigneur sur toute chair : et pourquoi te révolter contre le bon plaisir du Très-Haut ? Que tu aies vécu dix ans, cent, mille : dans le schéol on n’est plus en peine de la durée de la vie.
  5. Ce sont des fils abominables que les fils des pécheurs, eux qui fréquentent les demeures des impies.
  6. L’héritage des enfants des pécheurs va à la ruine, et l’opprobre s’attache à leur postérité.
  7. Les enfants d’un père impie lui jettent l’outrage, parce que c’est à cause de lui qu’ils sont dans l’opprobre.
  8. Malheur à vous, hommes impies, qui avez abandonné la loi du Dieu très haut !
  9. Si vous naissez, vous naissez pour la malédiction, et si vous mourez, la malédiction sera votre partage.
  10. Tout ce qui est de la terre retourne à la terre : ainsi les impies vont de la malédiction à la ruine.
  11. Les hommes s’attristent pour leurs corps, mais le nom odieux des pécheurs sera anéanti.
  12. Prends soin de ton nom car il te demeurera, plus longtemps que mille grands trésors d’or.
  13. On compte les jours d’une bonne vie, mais un beau nom demeure à jamais.
  14. Mes enfants, observez en paix mes instructions : Sagesse cachée et trésor invisible, à quoi servent-ils l’un et l’autre ?
  15. Mieux vaut l’homme qui cache sa sottise, que l’homme qui cache sa sagesse.
  16. Donc ayez honte des choses que je vais vous dire. Car toute honte n’est pas bonne à garder, et toutes choses ne sont pas jugées par tous selon la vérité.
  17. Ayez honte de la fornication, devant votre père et votre mère, et du mensonge, devant le prince et le puissant ;
  18. du délit, devant le juge et le magistrat, de la transgression de la loi, devant l’assemblée et le peuple ; de l’injustice, devant le compagnon et l’ami,
  19. du vol, devant les gens du voisinage. Au nom de la vérité de Dieu et de son alliance, aie honte d’appuyer ton coude sur les pains ; de t’attirer le mépris en prenant et en donnant,
  20. et de garder le silence devant ceux qui te saluent ; de regarder une femme débauchée,
  21. et de détourner le visage d’un parent ; de lui prendre sa part et son don, et d’observer une femme mariée ;
  22. d’avoir des familiarités avec ta servante, et ne te tiens pas près de son lit ; aie honte des paroles offensantes devant tes amis, et ne reproche pas après avoir donné.

Chapitre 42[modifier]

  1. Aie honte de répéter ce que tu as entendu, et de révéler des choses secrètes. Ainsi tu auras la vraie honte, et tu trouveras faveur devant tous les hommes. Ne rougis pas de ces choses-ci, et n’aie pas égard aux personnes pour commettre le péché :
  2. de la loi du Très-Haut et de son alliance de la sentence qui justifie l’impie,
  3. de t’entretenir avec des compagnons et des passants, de donner quelque bien à tes amis,
  4. d’user de balances justes et de justes poids, d’acquérir beaucoup ou peu,
  5. de ne pas faire de différence dans la vente et avec les marchands, de corriger sévèrement tes enfants, et de frapper jusqu’au sang le dos d’un méchant esclave.
  6. Avec une méchante femme, le sceau est bon ; et là où il y a beaucoup de mains, mets sous clef.
  7. Ce que tu livres à tes gens, compte-le et pèse-le, et mets par écrit ce que tu donnes et ce que tu reçois.
  8. Ne rougis pas de réprimander l’insensé et le sot, et le vieillard qui dispute avec des jeunes gens. Et ainsi tu seras véritablement instruit, et approuvé de tout le monde.
  9. Une fille est pour son père un secret souci ; l’inquiétude qu’elle lui donne lui ôte le sommeil : jeune fille, elle passera peut-être la fleur de l’âge ; unie à un mari, elle lui deviendra peut-être odieuse ;
  10. vierge, elle pourrait se laisser séduire, et devenir enceinte dans la maison paternelle ; avec un mari, peut-être sera-t-elle infidèle, et, habitant avec lui, peut-être restera-t-elle stérile.
  11. A l’égard d’une fille opiniâtre, exerce une sévère vigilance de peur qu’elle ne fasse de toi la risée de tes ennemis, la fable de la ville et l’objet des propos publics, et ne te déshonore au milieu de tout le peuple.
  12. Ne regarde pas à la beauté de tout homme, et ne t’assieds pas au milieu des femmes ;
  13. car des vêtements sort la teigne, et de la femme la malice féminine.
  14. Un homme méchant vaut mieux qu’une femme caressante, car la femme couvre d’opprobre et de honte.
  15. Je vais rappeler les œuvres du Seigneur, et publier ce que j’ai vu. C’est par la parole du Seigneur que ses œuvres ont été faites.
  16. Le soleil qui les éclaire les contemple toutes ; ouvrage du Seigneur, il est rempli de sa gloire.
  17. Le Seigneur n’a pas rendu ses saints capables d’annoncer toutes ses merveilles, que le Seigneur tout-puissant a solidement établies, pour que tout l’univers soit affermi par sa gloire.
  18. Il sonde les profondeurs de l’océan et le cœur des hommes, et il connaît leurs desseins les plus subtils. Car le Seigneur possède toute science, et il voit les signes du temps.
  19. Il annonce le passé et l’avenir, et il dévoile les traces des choses cachées.
  20. Aucune pensée ne lui échappe, aucune parole n’est cachée pour lui.
  21. Il a orné les grandes œuvres de sa sagesse ; il est avant tous les siècles, et il subsistera à jamais ; rien n’a été ajouté à son être, et il n’en a été rien ôté ; et il n’a eu besoin d’aucun conseiller.
  22. Comme toutes ses œuvres sont belles ! Et ce qu’on en contemple n’est jamais qu’une étincelle.
  23. Tout est vivant et demeure à jamais, pour tous les usages, et tout obéit au Créateur.
  24. Tout est par couple, un individu en face d’un autre, et il n’a rien fait qui aille à la ruine.
  25. L’un assure le bonheur de l’autre : qui pourra se rassasier de voir la gloire du Seigneur ?

Chapitre 43[modifier]

  1. L’orgueil des hauteurs, c’est le firmament dans son pur éclat ; et l’aspect du ciel est une vision de gloire.
  2. Le soleil, quand il se montre, glorifie le Seigneur, à son lever ; c’est une merveilleuse créature, l’œuvre du Très-Haut.
  3. A son midi, il dessèche la terre ; qui peut tenir devant ses ardeurs ?
  4. Pour ses travaux, l’artisan active le feu de la fournaise : trois fois plus le soleil échauffe les montagnes. Il embrase les vapeurs de l’air, et, quand il fait resplendir ses rayons, il éblouit les yeux.
  5. Grand est le Seigneur qui l’a fait, et, sur son ordre, il précipite sa course.
  6. La lune aussi est toujours fidèle, à l’heure qui lui est assignée ; elle indique le temps de l’année, et annonce l’avenir.
  7. De la lune vient le signal des fêtes ; sa lumière diminue quand elle est arrivée à son plein.
  8. C’est d’elle que le mois prend son nom ; elle croît merveilleusement dans ses diverses phases. C’est la tente d’un camp dans les hauteurs des cieux ; elle brille au firmament du ciel.
  9. La beauté du ciel, c’est l’éclat des étoiles, parure éclatante dans les hauteurs du Seigneur.
  10. Selon l’ordre du Saint, elles se tiennent à la place assignée, et ne se fatiguent pas dans leurs veilles.
  11. Vois l’arc-en-ciel et bénis Celui qui l’a fait ; il est bien beau dans sa splendeur !
  12. Il embrasse le ciel dans son cercle radieux ; ce sont les mains du Très-Haut qui le tendent.
  13. Par son ordre, la neige se précipite, et les éclairs se pressent, exécuteurs de ses jugements.
  14. C’est pourquoi ses trésors s’ouvrent, et les nuées volent comme des oiseaux.
  15. Par sa puissance, il donne la force aux nuées, et la grêle tombe comme des éclats de pierre.
  16. La voix de son tonnerre fait trembler la terre, et, quand il se montre, les montagnes chancellent.
  17. A sa volonté, le vent du midi souffle, l’aquilon se déchaîne et le tourbillon fait rage. Il répand la neige comme des oiseaux qui s’abattent ; elle descend comme la sauterelle qui fait halte.
  18. L’œil admire la beauté de sa blancheur, et le cœur est émerveillé de sa chute.
  19. Il verse le givre sur la terre comme du sel, et la gelée le durcit en pointes d’épines.
  20. Le vent froid du nord se met à souffler, et l’eau se durcit en glace ; cette glace s’étend immobile sur tout amas d’eau, et revêt l’eau comme d’une cuirasse.
  21. Le Seigneur dévore les montagnes et embrase le désert, il brûle la verdure comme le feu.
  22. De tous ces maux le remède est un nuage qui arrive rapidement ; une rosée qui survient console de la chaleur brûlante.
  23. Selon son dessein, il a dompté l’abîme, et il y a planté des îles.
  24. Ceux qui naviguent sur la mer en racontent les périls, et, en entendant leurs récits, nous sommes étonnés.
  25. Là sont des créatures étranges et merveilleuses, des animaux de toutes sortes et la race des monstres marins.
  26. Par le Seigneur, toute chose marche heureusement à sa fin, et tout subsiste par sa parole.
  27. Nous pourrions dire beaucoup, et nous ne l’atteindrions pas ; le résumé de notre discours : Il est le tout.
  28. Voulant le louer, où en trouverions-nous la force ? Il est le Tout-Puissant, supérieur à toutes ses œuvres.
  29. Le Seigneur est terrible et souverainement grand, et merveilleuse est sa puissance.
  30. En louant le Seigneur, exaltez-le tant que vous pourrez, car il sera toujours plus haut encore. Pour l’exalter, rassemblez toutes vos forces ; ne vous lassez pas, car vous ne pourrez l’atteindre.
  31. Qui l’a vu et pourrait en discourir ? Qui est capable de le louer tel qu’il est ?
  32. Beaucoup de merveilles cachées sont plus grandes encore, car nous ne voyons qu’un petit nombre de ses œuvres.
  33. Le Seigneur a tout fait, et il donne la sagesse aux hommes pieux.

Chapitre 44[modifier]

  1. Faisons donc l’éloge des hommes illustres, et des pères de notre race.
  2. En eux le Seigneur a opéré de glorieuses merveilles, il a manifesté sa grandeur dès l’origine.
  3. C’étaient des souverains dans leurs royaumes, des hommes renommés par leur puissance, des conseillers remplis de sagesse, annonçant la volonté divine par leurs prophéties,
  4. des guides du peuple par leurs conseils et leur prudence, des docteurs du peuple, qui l’instruisaient par de sages discours ;
  5. des hommes cultivant l’art des saintes mélodies, et qui ont mis par écrit de poétiques récits ;
  6. des riches ayant des biens en abondance, vivant en paix dans leurs demeures : tous ces hommes furent honorés par leurs contemporains,
  7. tous ont été la gloire de leur temps.
  8. Il en est parmi eux qui ont laissé un nom, pour qu’on puisse raconter leurs louanges.
  9. Il en est dont il n’y a plus de souvenir, ils ont péri comme s’ils n’avaient jamais existé ; ils sont devenus comme s’ils n’étaient jamais nés, et, de même, leurs enfants après eux.
  10. Les premiers étaient des hommes pieux, dont les vertus n’ont pas été oubliées.
  11. Le bonheur reste attaché à leur race, et un héritage est assuré à leurs enfants.
  12. Leur race se maintient fidèle aux alliances, et leurs enfants à cause d’eux.
  13. Leur race demeure éternellement, et leur gloire ne sera jamais effacée.
  14. Leur corps a été enseveli en paix, et leur nom vit d’âge en âge.
  15. Les peuples célèbrent leur sagesse, et l’assemblée publie leurs louanges.
  16. Hénoch fut agréable au Seigneur, et il a été transporté, exemple de pénitence pour les générations.
  17. Noé a été trouvé parfait et juste ; au temps de la colère, il fut la rançon de l’humanité. C’est pourquoi un reste fut laissé à la terre, lorsque le déluge arriva.
  18. Une alliance éternelle a été faite avec lui, afin que toute chair ne fût plus détruite par un déluge.
  19. Abraham est l’illustre père d’une multitude de nations, et il ne s’est trouvé personne qui l’égalât en gloire.
  20. Il a gardé la loi du Très-Haut, et il est entré en alliance avec lui. Il a institué cette alliance dans sa chair, et, dans l’épreuve, il s’est montré fidèle.
  21. Aussi Dieu lui assura par serment que les nations seraient bénies dans sa race ; il lui promit de le multiplier comme la poussière de la terre, d’élever sa postérité comme les étoiles, de leur donner en héritage depuis la mer jusqu’à l’autre mer, depuis le fleuve jusqu’aux extrémités de la terre.
  22. De la même manière il confirma en Isaac, à cause de son père Abraham, la bénédiction de tous les peuples et l’alliance.
  23. Et il la fit reposer ensuite sur la tête de Jacob ; il eut égard à lui dans ses bénédictions ; il lui donna le pays en héritage ; il en fit diverses portions, et les partagea entre les douze tribus.

Chapitre 45[modifier]

  1. Il a fait sortir de Jacob un homme pieux, qui trouva grâce auprès de toute chair, un homme aimé de Dieu et des hommes, Moïse : que sa mémoire soit en bénédiction !
  2. Il lui a donné une gloire égale à celle des saints, il l’a rendu grand par les terreurs qu’il inspira aux ennemis.
  3. Par sa parole, il a fait cesser les prodiges ; il l’a glorifié devant les rois ; il lui a donné des commandements pour son peuple, et il lui a fait voir un rayon de sa gloire.
  4. A cause de sa foi et de sa mansuétude, il l’a consacré, il l’a choisi d’entre tous les mortels.
  5. Il lui a fait entendre sa voix, et l’a introduit dans la nuée ; il lui a donné face à face des commandements, la loi de la vie et de la science, pour qu’il enseignât à Jacob son alliance, et ses décrets à Israël.
  6. Il a élevé Aaron, un saint semblable à lui, son frère, de la tribu de Lévi.
  7. Il conclut avec lui une alliance éternelle, et lui donna le sacerdoce de son peuple. Il l’orna d’une splendide parure, et le ceignit de la robe de gloire.
  8. Il le revêtit d’une souveraine magnificence, et lui assigna des vêtements d’honneur : les caleçons, la longue tunique et l’éphod.
  9. Il l’entoura de grenades, avec de nombreuses clochettes d’or à l’entour, qui devaient retentir quand il marchait, et faire entendre leur son dans le temple ; c’était un mémorial pour les fils de son peuple.
  10. Il l’entoura du vêtement sacré, tissé d’or, d’hyacinthe et de pourpre, ouvrage du brodeur ; du rational du jugement, avec l’Urim et le Thummin, fait de fils d’écarlate, œuvre d’un artiste ;
  11. avec des pierres précieuses, gravées comme les cachets, et enchâssées dans l’or, travail d’un lapidaire, pour être un mémorial, des noms étant écrits, selon le nombre des tribus d’Israël.
  12. Il lui mit sur la tiare la couronne d’or, portant ces mots gravés : Saint du Seigneur, insigne d’honneur, ouvrage parfait, délices des yeux, parure magnifique.
  13. Rien de pareil n’a été avant lui et ne sera jamais ; aucun étranger ne s’en est revêtu, mais seulement ses fils, et ses descendants dans toute la suite des âges.
  14. Ses holocaustes seront offerts, deux fois chaque jour, sans interruption.
  15. Moïse lui remplit les mains, et l’oignit de l’huile sainte. Ce fut pour lui une alliance éternelle, et pour sa race, tant que dureront les jours du ciel, de servir le Seigneur et de remplir les fonctions du sacerdoce, et de bénir son peuple en son nom.
  16. Le Seigneur le choisit parmi tous les vivants, pour lui présenter l’offrande, le parfum et la suave odeur en souvenir, et pour faire l’expiation des péchés de son peuple.
  17. Il lui donna, dans ses commandements, autorité sur les saintes ordonnances, pour apprendre à Jacob ses préceptes, et enseigner sa loi à Israël.
  18. Des étrangers conspirèrent contre lui, et furent jaloux de lui dans le désert : les hommes du parti de Dathan et d’Abiron, et la bande de Coré, ardente et furieuse.
  19. Le Seigneur le vit et n’y eut pas plaisir, et ils furent exterminés dans l’ardeur de sa colère ; il fit contre eux des prodiges, et les consuma par la flamme de son feu.
  20. Et il augmenta la gloire d’Aaron, et lui assigna un héritage : il lui donna en partage les prémices des fruits de la terre ; avant tout il prépara le pain pour les rassasier.
  21. Ils se nourrissent des sacrifices du Seigneur, qu’il donna à Aaron et à ses descendants.
  22. Seulement il n’a pas d’héritage dans la terre du peuple, et il n’a pas de part au sein de la nation, car, dit le Seigneur, « je serai ta part et ton héritage. »
  23. Phinéès, fils d’Eléazar, est le troisième en gloire, en ce qu’il montra du zèle dans la crainte du Seigneur, et que, dans la défection du peuple, il demeura ferme, dans le noble courage de son âme, et fit l’expiation pour Israël.
  24. C’est pourquoi fut conclue avec lui une alliance de paix, qui le fit chef des prêtres et de son peuple, afin qu’à lui et à ses descendants appartînt à jamais l’auguste dignité du sacerdoce.
  25. Il y eut aussi une alliance avec David, fils de Jessé, de la tribu de Juda ; l’héritage du roi passe seulement de fils en fils, tandis que l’héritage d’Aaron appartient à tous ses descendants.
  26. Que le Seigneur vous donne, ô grands prêtres, la sagesse dans votre cœur, pour juger son peuple dans la justice, afin que sa prospérité ne disparaisse pas, ni sa gloire dans les âges futurs !

Chapitre 46[modifier]

  1. Il fut vaillant à la guerre, Josué fils de Nun, qui succéda à Moïse dans la dignité de prophète, et qui, vérifiant son nom, se montra grand dans la délivrance des élus du Seigneur, en châtiant les ennemis soulevés, afin de mettre Israël en possession du pays.
  2. De quelle gloire il se couvrit lorsqu’il leva ses mains, et étendit son épée contre les villes !
  3. Qui jamais avant lui soutint tant de combats, quand le Seigneur lui-même amenait les ennemis ?
  4. Le soleil, au geste de sa main, n’a-t-il pas rétrogradé, et un seul jour ne fut-il pas pareil à deux jours ?
  5. Il invoqua le très haut Souverain pendant qu’il pressait les ennemis de tous côtés ; et le Seigneur tout-puissant l’entendit, avec des pierres de grêle d’une grande force.
  6. Le Seigneur fondit sur la nation hostile, et fit périr les adversaires dans le défilé, afin que les nations connussent toutes les armes de Josué, et apprissent que la guerre qu’il soutenait était devant le Seigneur ; car il suivait le Tout-Puissant.
  7. Déjà, aux jours de Moïse, il avait montré sa piété, lui et Caleb, fils de Jéphoné, en tenant ferme contre l’ennemi, en empêchant le peuple de pécher, et en faisant taire le murmure des méchants.
  8. Aussi ces deux hommes furent-ils seuls conservés, de six cent mille hommes de pied, pour être introduits dans l’héritage, dans la terre où coulent le lait et le miel.
  9. Et le Seigneur donna la vigueur à Caleb, — et elle lui resta jusqu’à la vieillesse, — de sorte qu’il put monter sur les sommets de la région, et que sa postérité conserva cet héritage :
  10. afin que tous les enfants d’Israël reconnussent qu’il est bon de suivre le Seigneur.
  11. Et les Juges, chacun selon son nom, tous ceux dont le cœur ne s’est pas adonné à la fornication, tous ceux qui ne se sont pas détournés du Seigneur, que leur mémoire soit en bénédiction !
  12. Que leurs os refleurissent du sein de leur tombeau, que leur nom se renouvelle dans les enfants de ces hommes illustres !
  13. Samuel fut aimé du Seigneur son Dieu ; prophète du Seigneur, il a établi la royauté, et il a oint des princes pour commander à son peuple.
  14. Il a jugé l’assemblée selon la loi du Seigneur, et le Seigneur abaissa ses regards sur Jacob.
  15. Par sa véracité il se montra prophète ; à sa véracité on reconnut un voyant digne de foi.
  16. Il invoqua le Seigneur souverain, lorsque ses ennemis le pressaient de toutes parts, et il offrit un agneau encore à la mamelle.
  17. Et le Seigneur tonna du haut du ciel, et, avec grand éclat, il fit entendre sa voix ;
  18. et il écrasa les chefs des Tyriens, et tous les princes des Philistins.
  19. Avant le temps de l’éternel sommeil, Samuel prit à témoin le Seigneur et son Oint : « De personne je n’ai reçu aucun don, pas même des sandales ; » et aucun homme ne se leva pour l’accuser.
  20. Et lorsqu’il se fut endormi, il prophétisa, et, il annonça au roi sa fin prochaine. Du sein de la terre, il éleva sa voix en prophétisant, afin d’effacer l’iniquité du peuple.

Chapitre 47[modifier]

  1. Ensuite parut Nathan, pour prophétiser dans les jours de David.
  2. Comme la graisse est séparée de la victime d’action de grâces, ainsi David a été mis à part parmi les enfants d’Israël.
  3. Il joua avec les lions comme avec des chevreaux, avec les ours comme avec de jeunes agneaux.
  4. Dans sa jeunesse, n’a-t-il pas tué le géant, et ôté l’opprobre du peuple, lorsqu’il leva la main avec la pierre de sa fronde, et abattit l’insolence de Goliath ?
  5. Car il invoqua le Seigneur, le Très-Haut, et le Seigneur donna la force à sa droite, pour mettre à mort le puissant guerrier, pour élever la corne de son peuple.
  6. Aussi on le célébra à cause des dix mille, on le loua à cause des bénédictions du Seigneur, et on lui offrit la couronne de gloire.
  7. Car il écrasa les ennemis de tous côtés, il foula aux pieds les Philistins, les adversaires ; il brisa leur puissance jusqu’à ce jour.
  8. Dans toutes ses entreprises, il rendit hommage, au Saint, au Très-Haut, dans des paroles de louange, de tout son cœur, il chanta des hymnes, et il aima Celui qui l’avait fait.
  9. Il établit des chantres devant l’autel, et, par leur voix, il fit entendre de douces mélodies.
  10. Il donna de l’éclat aux fêtes, et une splendeur souveraine aux solennités, pendant que les chantres célèbrent le saint nom du Seigneur, et que, dès le matin, ils font résonner le sanctuaire.
  11. Le Seigneur lui pardonna ses fautes, et il éleva pour toujours sa puissance ; il lui assura une descendance de rois, et le trône de gloire en Israël.
  12. Après lui s’éleva un fils plein de sagesse ; à cause de son père, il vécut dans la prospérité.
  13. Salomon régna en des jours de paix, Dieu lui ayant procuré le repos tout autour, afin qu’il bâtit un temple à son nom, et préparât un sanctuaire éternel.
  14. Comme tu étais sage dans ta jeunesse, et débordant d’intelligence, comme un fleuve !
  15. Ton esprit a couvert la terre, et tu l’as remplie de sentences au sens caché.
  16. Ton nom est arrivé jusqu’aux îles lointaines, et tu fus aimé dans ta paix.
  17. Pour tes cantiques, tes proverbes, tes paraboles et tes réponses, le monde t’a admiré.
  18. Au nom du Seigneur Dieu, qui est appelé le Dieu d’Israël, tu as amassé l’or comme l’étain, et amoncelé l’argent comme le plomb.
  19. Tu t’es livré aux femmes et tu as donné puissance sur ton corps ;
  20. tu as imprimé une tache à ta gloire, et tu as profané ta race, et ainsi tu as attiré la colère sur tes enfants. Je sens une cruelle douleur pour ta folie ;
  21. elle a été cause que l’empire fut partagé en deux, et que d’Ephraïm s’éleva le chef d’un royaume rebelle.
  22. Mais le Seigneur n’abandonnera pas sa miséricorde, et aucune de ses œuvres ne périra. Il ne détruira pas la postérité de son élu, et ne fera pas disparaître la race de celui qui l’aimait. Il a laissé à Jacob un reste, et à David un rejeton de sa race.
  23. Salomon reposa avec ses pères, et il laissa après lui, de sa race, un fils, insensé aux yeux du peuple, dépourvu de prudence, Roboam, qui amena le peuple à s’écarter de ses conseils, et Jéroboam, fils de Nabat, qui fit pécher Israël, et ouvrit à Ephraïm la voie de la prévarication.
  24. Et les péchés des Israélites se multiplièrent à l’excès, en sorte qu’on les emmena loin de leur pays.
  25. Ils poursuivirent toutes sortes d’iniquités, jusqu’à ce que la vengeance vint fondre sur eux.

Chapitre 48[modifier]

  1. Ensuite se leva Elie, prophète semblable au feu, et sa parole était enflammée comme un flambeau.
  2. Il fit venir la famine sur Israël, et, par son zèle, il le réduisit à un petit nombre.
  3. Par la parole du Seigneur, il ferma le ciel ; de même, il en fit trois fois tomber le feu.
  4. Combien tu t’es rendu glorieux, ô Elie, par tes prodiges, et qui pourrait se vanter d’être semblable à toi ?
  5. Toi qui as fait lever un cadavre du sein de la mort, et du schéol, par la parole du Très-Haut ;
  6. toi qui as précipité des rois dans la ruine, et d’illustres personnages de leur couche dans la mort ;
  7. toi qui as entendu sur le Sinaï des remontrances, et sur l’Horeb des arrêts de vengeance ;
  8. toi qui as sacré des rois pour exercer la vengeance, et des prophètes pour te succéder ;
  9. toi qui fus enlevé dans un tourbillon de flamme, et dans un char aux chevaux de feu ;
  10. toi qui as été désigné dans de sévères écrits pour des temps à venir, comme devant apaiser la colère avant qu’elle s’enflamme, et rétablir les tribus d’Israël.
  11. Heureux ceux qui te verront, et qui seront parés de l’amour de Dieu ! Car, nous aussi, nous serons certainement en vie.
  12. Lorsque Elie eu été enveloppé dans le tourbillon, Elisée fut rempli de son esprit. Durant ses jours, il ne fut ébranlé par aucun prince, et personne ne le domina.
  13. Rien ne lui fut impossible, et son corps, couché dans le tombeau, fit des miracles.
  14. Pendant sa vie, il fit des prodiges, et, dans sa mort, il opéra des merveilles.
  15. Malgré tout cela, le peuple ne se repentit point, et ne s’éloigna pas du péché, jusqu’à ce qu’il fût emmené loin de son pays, et dispersé par toute la terre. Il ne resta qu’un petit peuple, avec un chef de la maison de David.
  16. Parmi ceux-ci, quelques-uns firent ce qui est agréable à Dieu, et d’autres multiplièrent les transgressions.
  17. Ezéchias fortifia sa ville, et amena dans son enceinte le Gihon ; avec le fer, il creusa le rocher, et construisit des réservoirs pour les eaux.
  18. De son temps Sennachérib monta, et envoya Rabsacès ; celui-ci partit, et leva la main contre Sion, et se vanta dans sa jactance.
  19. Alors leurs cœurs et leurs mains tremblèrent, et ils furent dans la douleur comme les femmes qui enfantent.
  20. Ils invoquèrent le Seigneur miséricordieux, étendant leurs mains vers lui, et le Saint les entendit aussitôt du ciel, et les délivra par le ministère d’Isaïe.
  21. Il frappa l’armée des Assyriens, et son ange les extermina.
  22. Car Ezéchias fit ce qui est agréable au Seigneur, et se tint ferme dans les voies de David, son père, que lui recommanda Isaïe le prophète, grand et véridique dans ses visions.
  23. Pendant ses jours, le soleil rétrograda, et Isaïe prolongea la vie du roi.
  24. Sous une puissante inspiration, il vit les temps à venir, et consola les affligés dans Sion. Il annonça ce qui doit arriver jusqu’à la fin des temps, et les choses cachées avant leur accomplissement.

Chapitre 49[modifier]

  1. La mémoire de Josias est un parfum composé de suaves odeurs, préparé par l’art du parfumeur ; dans toute bouche, son souvenir est doux comme le miel, et comme une musique dans un festin.
  2. Il réussit à amener la nation au repentir, et il fit disparaître les abominations de l’impiété.
  3. Il tourna fidèlement son cœur vers le Seigneur, et, dans les jours des impies, il affermit la piété.
  4. A l’exception de David, d’Ezéchias et de Josias, tous les autres ont commis l’iniquité ; car, ayant abandonné la loi tu Très-Haut, les rois de Juda sont allés à leur perte.
  5. En effet, ils ont laissé à d’autres leur puissance, et leur gloire à une nation étrangère.
  6. Ils ont brûlé la ville choisie du sanctuaire, et ont rendu ses places désertes,
  7. à cause de Jérémie, car ils l’ont maltraité, lui, consacré prophète dès le sein de sa mère, pour renverser, détruire et faire périr, en même temps que pour édifier et planter.
  8. Ezéchiel contempla la vision de gloire, que le Seigneur lui montra sur le char des Chérubins ;
  9. car il songea aux ennemis dans la menace d’une pluie d’orage, et il fit du bien à ceux qui suivaient la voie droite.
  10. Quant aux douze prophètes, que leurs ossements refleurissent du sein de leurs tombeaux ! Car ils ont consolé Jacob, et l’ont sauvé par une espérance certaine.
  11. Comment célébrer Zorobabel ? Car il est comme un anneau de cachet à la main droite.
  12. Il en est de même de Jésus, fils de Josédec ! Tous deux, en leurs jours, ont rebâti la maison de Dieu, et relevé le temple, consacré au Seigneur, destiné à une gloire éternelle.
  13. De Néhémie aussi le souvenir est grand, lui qui a relevé nos murs en ruines, qui a rétabli nos portes avec leurs barres, et reconstruit nos maisons.
  14. Pas un homme n’a existé ici-bas semblable à Hénoch, car, lui aussi, il a été enlevé de cette terre.
  15. Nul homme ne fut non plus comme Joseph, le prince de ses frères, le soutien de sa nation ; et ses ossements ont été gardés avec soin.
  16. Sem et Seth ont été glorifiés parmi les hommes, mais au-dessus de tout être dans la création est Adam.

Chapitre 50[modifier]

  1. Simon, fils d’Onias, est le grand prêtre qui, pendant sa vie, répara la maison du Seigneur, et, durant ses jours, affermit le temple.
  2. Par lui furent posées les fondations pour porter au double le mur élevé qui soutient l’enceinte du temple.
  3. De son temps fut fabriqué le réservoir des eaux ; l’airain dont il était formé avait le périmètre de la mer.
  4. Il prit soin de son peuple pour le préserver de la ruine, et fortifia la ville contre un siège.
  5. Qu’il était majestueux au milieu du peuple rassemblé tout autour, lorsqu’il sortait de la maison du voile !
  6. Il était comme l’étoile du matin qui étincelle à travers le nuage, comme la lune aux jours de son plein,
  7. comme le soleil qui resplendit sur le temple du Très-Haut, et comme l’arc-en-ciel qui brille au milieu des nuées lumineuses ;
  8. comme la fleur des roses aux jours du printemps, comme le lys sur le bord des eaux, comme le rameau de l’arbre odoriférant aux jours de l’été,
  9. comme le parfum sur le feu de l’encensoir, comme un vase d’or massif, orné de toutes sortes de pierres précieuses,
  10. comme l’olivier qui pousse ses fruits, et comme le cyprès qui s’élève dans les nuages.
  11. Quand il avait pris la robe d’honneur, et revêtu tous ses ornements, et qu’il montait à l’autel saint, il faisait resplendir les abords du sanctuaire.
  12. Mais quand il recevait les parties des victimes des mains des prêtres, et se tenait debout près du foyer de l’autel, ses frères formant une couronne autour de lui, alors il paraissait comme un cèdre majestueux sur le Liban, et les prêtres l’entouraient comme des troncs de palmiers.
  13. Tous les fils d’Aaron étaient revêtus de leurs magnifiques ornements, et ils tenaient dans leurs mains l’offrande pour le Seigneur, devant toute l’assemblée d’Israël.
  14. Et lorsqu’il avait achevé le service sur les autels, afin d’embellir l’offrande du Très-Haut tout-puissant, il étendait la main sur la coupe aux libations, et répandait le sang de la grappe.
  15. Il le versait sur la base de l’autel, parfum d’agréable odeur au Très-Haut, au grand Roi.
  16. Alors les fils d’Aaron poussaient des cris, ils sonnaient de leurs trompettes de métal battu, et faisaient entendre d’éclatantes clameurs, en souvenir devant le Très-Haut.
  17. Et tout le peuple à la fois s’empressait, et tombait la face contre terre, pour adorer leur Seigneur, le Dieu tout-puissant, le Très-Haut.
  18. Et les chantes, en déployant leur voix, le louaient ; le vaste temple retentissait de doux accords.
  19. Et le peuple suppliait le Seigneur très haut, se tenant en prière devant le Miséricordieux, jusqu’à ce que la cérémonie du Seigneur fût achevée, et que les prêtres eussent accompli les fonctions sacrées.
  20. Alors le grand prêtre descendait et élevait sa main sur toute l’assemblée des enfants d’Israël, pour donner de ses lèvres la bénédiction du Seigneur, et se glorifier en son nom.
  21. Et le peuple se prosternait de nouveau pour recevoir la bénédiction de la part du Très-Haut.
  22. Et maintenant, bénissez le Seigneur de l’univers, qui fait partout de grandes choses, qui a exalté nos jours depuis l’origine, et nous a traités selon sa miséricorde.
  23. Qu’il nous donne la joie du cœur, et que la paix soit de nos jours en Israël comme aux jours du passé !
  24. Que sa miséricorde demeure perpétuellement avec nous, et qu’il nous délivre quand son jour sera venu !
  25. Il y a deux nations que déteste mon âme, et la troisième n’est pas même une nation :
  26. ceux qui demeurent dans la montagne de Séir, les Philistins, et le peuple insensé qui habite Sichem.
  27. J’ai consigné dans ce livre un enseignement d’intelligence et de science, moi, Jésus, fils de Sirach, de Jérusalem, qui ai fait couler à flots la sagesse de mon cœur.
  28. Heureux celui qui s’adonnera à ces enseignements ! Celui qui les recueille dans son cœur deviendra sage ;
  29. car s’il les met en pratique, il triomphera de tout, parce que la lumière du Seigneur est son sentier.

Chapitre 51[modifier]

  1. Je veux vous célébrer, Seigneur, Roi ; je veux vous louer, ô Dieu Sauveur, je célèbre votre nom.
  2. Car vous avez été pour moi un protecteur et un secours ; vous avez sauvé mon corps de la ruine, du filet de la langue calomnieuse, des lèvres de ceux qui pratiquent le mensonge ; et, en face de mes adversaires,
  3. vous avez été mon soutien et vous m’avez délivré, selon la grandeur de votre miséricorde et de votre nom, de ceux qui grinçaient des dents, prêts à me dévorer ; de la main de ceux qui en voulaient à ma vie, de toutes les tribulations dont j’étais assiégé ;
  4. de la suffocation du feu qui m’entourait, du milieu d’un feu que je n’avais pas allumé ;
  5. de l’abîme profond du schéol, de la langue impure et de la parole mensongère adressée au roi, de la calomnie d’une langue injuste.
  6. Mon âme s’approchait de la mort, et ma vie touchait au schéol en bas.
  7. Ils m’entouraient de toutes parts, et il n’y avait personne pour me secourir ; je regardais après le secours des hommes, et il n’y en avait aucun.
  8. Alors je me suis souvenu de votre miséricorde, Seigneur, et de vos œuvres dans les temps antiques ; je me suis souvenu que vous sauviez ceux qui espéraient en vous, et que vous les délivriez des mains des nations idolâtres.
  9. Et, prosterné contre terre, j’ai fait monter ma prière, et je vous ai conjuré de me sauver de la mort.
  10. J’invoquai le Seigneur, père de mon Seigneur, pour qu’il ne m’abandonnât point aux jours de ma détresse, au temps des orgueilleux, où il n’y avait pas de secours :
  11. « Je louerai sans cesse votre nom, et je le chanterai dans ma reconnaissance. » Et ma prière a été exaucée,
  12. car vous m’avez sauvé de la ruine, et vous m’avez délivré au temps du malheur. C’est pourquoi je vous célébrerai et je vous louerai, et je bénirai le nom du Seigneur.
  13. Quand j’étais encore jeune, avant d’avoir erré, j’ai recherché ouvertement la sagesse dans ma prière.
  14. Je l’ai demandé devant le temple, et je la rechercherai jusqu’à la fin.
  15. En voyant sa fleur, comme à la vue de la grappe qui se colore, mon cœur se réjouissait en elle. Avec elle, mon pied a marché dans le droit chemin ; dès ma jeunesse, j’ai suivi sa trace.
  16. Je lui ai prêté l’oreille un peu de temps et je l’ai recueillie, et j’ai trouvé pour moi une grande instruction.
  17. Grâce à elle, j’ai retiré un grand profit : à celui qui m’a donné la sagesse je veux rendre gloire !
  18. Car je me suis résolu à la mettre en pratique, je me suis appliqué au bien, et je ne serai pas confondu.
  19. Pour elle mon âme a lutté, et j’ai apporté un grand soin à mes actions. J’ai levé mes mains en haut, et j’ai déploré de l’avoir ignorée.
  20. Vers elle j’ai dirigé mon âme, et, dans la pureté de la vie, je l’ai trouvée. Avec elle, dès le commencement, j’ai acquis l’intelligence ; c’est pourquoi je ne serai jamais abandonné.
  21. Mes entrailles se sont émues à sa recherche ; aussi ai-je acquis un bien précieux.
  22. Le Seigneur m’a donné en récompense le don de la parole, et j’en userai pour le louer.
  23. Approchez-vous de moi, ignorants, et établissez votre demeure dans la maison de l’instruction,
  24. puisque vous manquez de sagesse, et que vos âmes ont grandement soif.
  25. J’ouvre ma bouche et je parle : Procurez-vous-la sans argent ;
  26. pliez votre cou sous le joug, et que votre âme reçoive l’instruction ; il n’y a pas à aller loin pour la trouver.
  27. Voyez de vos yeux que j’ai peu travaillé, et que j’ai trouvé un grand repos.
  28. Prenez part à l’instruction à grand prix d’argent, et avec elle vous aurez acquis de l’or en abondance.
  29. Que votre âme se réjouisse de la miséricorde du Seigneur, et ne rougissez pas de sa louange.
  30. Accomplissez votre œuvre avant le temps, et, en son temps, il vous donnera la récompense.