Encyclopédie méthodique/Beaux-Arts/Buste

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Panckoucke (1p. 86-87).

BUSTE. Buste, est un terme plus généralement adapté à la Sculpture qu’à la Peinture. Cependant il entre aussi dans son langage, par exemple, à l’occasion du portrait. Ce genre de Peinture produit en effet beaucoup plus de bustes que de figures entières.

On appelle baste, la représentation des parties supérieures du corps humain, c’est-à-dire, la tête, les épaules, une partie de la poitrine, & enfin les représentations de la figure humaine qui ne passent pas la ceinture. il résulte de cet usage plus général de peindre le portrait en buste, que la plupart des Peintres de ce gerce se trouvent embarrassés, lorsqu’il s’agit de représenter la figure entière. Il arrive même, parce que l’intérèt pécuniaire du plus grand nombre est de borner le portrait qu’on desire à la partie la plus intéressante, qui est la tête, que les Peintres de portrait, peu habitués à étudier la nature par des Académies, se trouvent même embarrassés à dessiner & à disposer les bras & les mains. Il est donc nécessaire, on ne peut trop le répéter, aux Peintres de portrait, de dessiner le nud & la composition, au moins relativement à une seule figure ; premièrement, parce que cette étude leur donne plus de facilité & plus de sûreté pour dessiner & mettre parfaitement ensemble la tête, les emmenchemens du col, la place & les proportions des épaules ; mais encore que dans les circonstances où ils peuvent & où ils desirent tous de se trouver, de peindre le portrait, comme on dit, en grand & d’une manière qui se rapproche de l’histoire, ils ne se trouvent pas trop détournés, trop occupés & trop contrariés par le défaut d’habitude & la quantité d’études qu’ils se trouvent obligés alors de faire & qu’ils font avec peine. La représentation de la figure réduite au buste, a plusieurs difficultés par elle-même, qui deviennent moindres, lorsque l’Artiste a étendu son talent jusqu’à dessiner & composer correctement & facilement le nud de la figure entière. Premièrement, la tête, paroît presque toujours trop forte dans les portraits bornés aux épaules, parce que les yeux, accoûtumés à comparer la tête d’un homme à tout le reste de son corps, ne le compare alors qu’à une très-petite partie. Il faut donc quelquefois, surtout si l’original se trouve mal proportionné & si la grosseur des épaules & du buste est plus forte qu’elle ne devroit l’être, se permettre quelques libertés qu’on ne prend avec avantage


qu’autant qu’on a l’habitude des proportiors générales & de celles qui sont regardées comme plus parfaites. D’ailleurs, le mouvement qu’on cherche à donner à une tête, pour la rendre plus pittoresque, plus piquante, plus agréable, plus conforme au caractère de celui qu’on peint, ce mouvement, dis-je, ne peut être saisi avec justesse, avec grace, de manière à faire imaginer celui de toute la figure, qu’autant que l’Artiste se représente bien en effet la figure entière, participant à ce mouvement, ou l’occasionnant. Or cette représentation idéale ne se peint avec justesse à l’imagination du Peintre, qu’autant qu’il est en état, s’il veut s’en assurer davantage, de la réaliser par un dessin de la figure entère. Ce n’est pas tout : les draperies, les habillemens, les parures demandent, pour être employées de manière à ne point nuire à l’ensemble du buste même, que l’Artiste dessine correctement le nud qui est dessous. Si l’Artiste a la liberté d’étendre sa composition aux bras & aux mains, la nécessité de dessiner la figure, est bien plus démontrée ; & la plupart des portraits, même en buste, ne prouvent que trop que les Artistes n’ont pas acquis cette science du dessin, qui est la base de tous les genres de la Peinture. Je ne dirai rien de la composition de la figure entière, parce que je sortirois de mon sujet.