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Encyclopédie méthodique/Forêts et bois/Préface

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PRÉFACE.

Encyclopédie méthodique - Forêts, p11-2.png

La Science des causes & des effets est vraiment la Science de l’Homme & du Philosophe; Quand on aime à réfléchir, on ne peut voir toujours des événemens remarquables se passer sous les yeux, sans être curieux de connoítre leur histoire & sans chercher les moyens de la lire. Mais si ces évènemens intéressent par eux-mêmes, s'ils sont produits par des êtres existans avec nous, qui nous environnent, qui nous sont constamment utiles, qui nous procurent habituellement du plaisir, la curiosité redouble ; elle devient une passion, on veut absolument pénétrer le secret de ces êtres qui nous sont unis par tant de rapports ; & l’on sfefoit bien-tòt'fatigué par leur vue, si elle ne nous éclaircie siír leur constitution, tout comme on seroit bientôt tracassé par la vue habituelle d'un voisin agréable & officieux, s'il s'obstinoit à cacher sa patrie & ses aventures.

C'est pourtant ainsi que les plantes se présentent à nous : elles charment la vue par la beauté de leurs formes, la richesse de leurs nuances & l’agrément qu'elles répandent sur les lieux que nous habitons : elles procurent le plaisir sans occasionner aucune peine : des yeux fatigués trouvent dans une douce verdure le repos & la distraction ; ou bien l’admîration les arrête sur le spectacle imposant de ces arbres élancés, dont les branches se jouent avec facilité dans les airs, dont les sinuosités, toujours bien destinées, inspirent l’idée de la force, & dont les rameaux noueux font lire avec étonnement l'empreinte des siècles sans offrir celle de la décrépitude.

Mais une perspective plus riante nous attend dans nos jardins : une foule de plantes de tous les climats, de tous les lieux, semblent se rapprocher & se serrer pour nous servir, quand nous le voulons, de mille manières. La Rose étale avec complaisance ses riantes nuances : la Tubéreuse répand les plus douces odeurs : les Arbres fruitiers paroissent nous offrir leurs fruits & les mettre dans notre main : les Légumes bienfaisans attendent qu'on les cueille pour nous fournir un aliment sain & agréable. Souvent on y rencontre ces Plantes salutaires qui calment les maux & chassent les douleurs. Dans les campagnes, je foule aux pieds des prairies émaillées de fleurs propres à nourrir les animaux qui partagent avec moi les travaux de l’Agriculture : plus loin, je vois mon sang se former dans l’épi. Mais je découvre partout, que j'ai mille rapports nouveaux avec les plantes : elles me fournissent le linge que je porte, le papier où j’écris, les teintures qui fixent sur nos étoffes l’éclat des fleurs, le bois qui forme mon habitation & rend, pendant l'hiver, la chaleur, lefeu & la lumíère qu'il a dérobés au soleil.

En est-ce assez ? . . . . Ces êtres si utiles, si importants pour notre bonheur, ont toujours été néanmoins les êtres les moins connus du globe. Une curiosité inquiéte a bien fait rassembler dans tous les pays du monde, les plantes qui y croisent ; on les a arrachées au sommet des montagnes ; on a pénétré dans les abîmes pour y recueillir celles qui s'y plaisent ; on a découvert la plupart des végétaux que les rivières, les marais, les eaux thermales, la mer nourrissent: l'avare a fait moins d'efforts, affronté moins de dangers pour assouvir sa soif ardente de l’or, que le Botaniste pour découvrir des plantes nouvelles. Une logique rigoureuse est parvenue à en classifier trente mille espèces, & les a rendues reconnaissables à ceux qui ont la clef de cette classification. Mais la même curiosité, la même logique n'ont pas inspiré la même passion pourfaire des découvertes sur la nature des plantes ; ni dirigé aussi généralement les recherches anatomiques & philosophiques propres à la pénétrer.

C'est seulement à la fin du siècle passé qu'on étudia sérieusemént les végétaux. Malpighi & Grew furent les premiersqui se consacrèrent à ces recherches : & ils les firent avec tant de sagacité & d'application, que les Livres qu'ils publièrent presque en même-tems pour faire connoître leurs travaux sont toujours les Livres classiques, qu'il faut consulter pour s’instruire sur l'Histoire de la végétation. M. Duhamel a ajouté beaucoup de choses importantes à leurs recherches. Linné, MM. Ludwig, Reichel, Hedwig, Bonnet & Desaussure ont fait plusieurs découvertes particulières qui sont capitales. Le Dictionnaire d'Agriculture de M. l'Abbé Rosier renferme plusieurs observations excellentes sur ce sujet. Mais cette matière avoit été totalement oubliée dans l'Encyclopédie ; & si les Supplémens qu'on lui a faits renferment quelques idées éparses sur la Physiologie végétale, il faut avouer qu'elles sont au moins, fort in complettes.

Je me proposois de donner ici une notice des physiciens qui se sont occupés de la Physiologie végétale : mais comme il a parn un Ouvrage dans lequel on a rassemblé, presque avec scrupule, ce qu'on a écrit sur ce sujet j'ai cru qu'il suffiroit d'indiquer l'Ouvrage, & que je pouvois me dispenser de le copier; Georg. Rudolphi Boehmeri, Bibliotheca scriptorum Historioe Naturalis oeconomioe, aliarumque Artìum ac Scientiarum ad illam perinentium, realis systematica. Pars III. Phytologi. vol. 18.° Leipsick. 1787 depuis la page 384 jusqu’à la page 548. Mais c’étoit moins les titres des Livres qu’il importoit de faire connoître que les Livres eux-mêmes, soit en indiquant les objets qu'on y traite, soit en présentant la manière dont ils sont traités ; car, en Histoire Naturelle, les idées fausses sont non-seulement des voiles qui masquent la vérité, mais des cachots qui la retiennent captive. La Botanique critique que Linné a faite avec succès pour la nomenclature des plantes, devait être faite pour leur Physiologie, & ce seroit un service que le Botaniste philosophe devroit entreprendre pour ceux qui courent la même carrière que lui. Cet Ouvrage auraoit été trop long pour une Préface ; &, quoique je l’aie pas entrepris, j’ai pourtant cité dans ce Dictionnaire les Auteurs qui se sont distingués en traitant les sujets dont je m’occupe.

Quant à moi, je ne comptois pas publier encore le travail que j’ai fait sur cette partie de la Botanique, parce que je le trouvois trop imparfait ; quoiqu'il soit, depuis plusieurs années, l’objet de mes recherches ; mais des circonstances particulières qui me déterminèrent à faire quelques articles de cette partie de l’Encyclopédie par ordre de matières, parce que je les connaissois à fond, me forcèrent ensuite à traiter celles que je n’avois pas encore aussi long-tems étudiées. Il y a trois ans que je me suis voué presqu'uniquement à cette occupation qui m'amusoit depuis long-tems : mais jai mis à profit les trois Etés que j'ai eus pour suivre avec ardeur les expériences nombreuses que j'avois méditées. Enfin j’ai rassemblé sautant qu’il m'a été possible, tout çe qu'on savoit sur l'Anatomie & la Physiologie végétale ; j'y ai joint tout ce que j'ai pu découvrir ; & j'espère avoir été encore utile en essayant d'indiquer quelques-uns des objets que nous ignorons, afin d'inspirer le désir de les dévoiler.

En lisant ceci, on s'appercevra bien-tôt que la Physiologie végétale est une Science curieuse à mille égards ; qu’elle est encore au berceau ; & qu'elle fournit mille sujets intéressans, sur lesquels on peut s'exercer avec utilité. L'espoir certain du succès devroit encourager ceux qui pensent assez bien pour croire qu’on emploie son tems convenablement quand on le consacre à la découverte de la vérité. Mais l’intérêt dé la Société sollicite fortement ce genre d'études ; & l’intérêt de la Société doit être un motif suffisant pour déterminer à le suivre. Ce ne sont pas des connoissances oiseuses : l’Agriculture les réclame : on ne sauroit la perfectionner sans avoir des idées justes, sur l'organisation des plantes. La théorie des Jardins, qui est assez compliquée, repose entièrement sur une théorie de la végétation. En général, & on le comprend facilement, ce n'est qu'après avoir approfondi la structure des végétaux, qu'on peut poser les vrais principes de leur culture, & préparer le terrein qu'ils exigent. Ce n'est qu'après avoir suivi l’histoire d'une plante, qu'on peut savoir le tems de la semer, les soins qu’elle demande, le moment de sa récolte. C'est seulement par des observations bien faites sur les végétaux, qu'on peut prévoir les habitudes des différentes espèces & fixer les moyens de les soigner de la façon la plus propre à les rendre les plus fécondes. C'est enfin de cette manière qu'on parviendra plus ou moins facilement à acclimater presque toutes les plantes dans une grande partie du globe.

Mais la Physiologie végétale dirigera sur-tout la serpe du Jardinier, dont les coups ne sont jamais indifférens, soit pour tailler les arbres, soit pour guérir leurs plaies. Elle lui indiquera encore les moyens de perfectionner les espèces par la greffe, de les conserver par les boutures, & même de les varier par le mélange des poussières.

On ne peut ignorer les avantagés qu'on retireroit d'un bon calendrier & même d'un horloge de Flore, quand ils seroient faits pour les plantes cultivées dans chaque canton. En déterminant les époques les plus favorables pour semer ou planter les végétaux, on en établirait la succession la plus lucrative, & on se procureroit le plaisir de voir fleurir ensemble à différentes heures celles qui doivent étaler ainsi leurs belles couleurs.

La Physiologie végétale n'est donc pas une Science, de pure spéculation ; elle n'est pas formée par une suite d'observations qui ne se réalisent que dans la tête du Métaphysicien où elles naissent : c'est l’histoire des plantes dans leur état de santé & de maladie, pendant tout le tems de leur existence ; c'est la description exacte de leurs parties : ce sont des recherches approfondies sur leur manière d’exister, de se développer : ce sont des expériences solides, entreprises, pour découvrir leurs rapports avec tous les êtres qui en ont avec elles. Et si cette Science est utile, comme je l’ai fait voir, elle n’est pas moins curieuse : elle dévoile une organisation particulière, surprenante. Mais tant qu’on croira la Physiologie animale utile aux hommes, aux Médecins, tant qu’on jugera intéressant le spectacle qu’elle place sous les yeux, on prouvera l’utilité de la Physiologie végétale & la nécessité de l’étudier.

Le patriotisme doit donc attacher à la Physiologie végétale ceux que l’amour de la vertu n’entraîneroit pas vers elle. Mais il est si beau, de donner, des instructions utiles, & il est si facile de les chercher dans les végétaux, qu’on doit espérer que dans ce moment, où le génie ouvre tant de routes nouvelles, pour perfectionner toutes les Sciences, il en ouvrira aussi pour perfectionner l’histoire de la végétation. On peut être, sûr que presque tous les chapitres de cette histoire intéressante offrent une foule de desideranda importans à remplir ; que les chapitres, même les plus capitaux sont encore à faire : & l’on s’en appercevra bien-tôt, si l’on parcourt ce bilan que j’ai voulu donner des idées vraies qui forment à présent la Physiologie végétale.

Il est évident que la forme d’un Dictionnaire, qui est si propre à faciliter les recherches à ceux qui sont instruits, est tout-à-fait incommode quand on veut s’instruire. Rien n’est à sa place naturelle, quand on suit l’ordre alphabétique ; rien ne peut y être. Il faut étudier divers morceaux pour en saisir un comme il faut. Les renvois fréquens y sont inévitables, parce que les doubles emplois doivent en être proscrits. On doit l’avouer encore ; pour l’ordinaire, il y a peu d’ensemble entre toutes ces parties isolées : & si plusieurs Auteurs se sont réunis, pour traiter le même sujet, il y a quelquefois des contradictions.

J’avois cru éviter ces inconvéniens en coupant en morceaux un Traité Systématique que je préparois sur la végétation ; mais j’ai été trompé dans mon attente. Et, pour rendre plus utile la lecture d’un Dictionnaire, j’ai été forcé de traiter, au commencement des matières, que j’aurois beaucoup mieux aimé renvoyer à la fin. Aussi l’ordre systématique que j’avois adopté en a souffert, & les articles de mon Traité qui devoient être les plus nourris, parce qu’ils devoient en occuper le commencement, se ressentiront par leur maigreur de la gêne que m’a imposé cette manière de découper un sujet & d’en déplacer les articles. Ainsi, par exemple, je voulois mettre à la tête de mon Ouvrage ce qui concerne les Racines, & alors j’entrois dans, une foule de détails sur l’écorce, le parenchyme, les parties ligneuses, les fibres, les vaisseaux, &c : que j’ai été obligé de, négliger, parce que je les ai traités ailleurs avec étendue.

Néanmoins comme cet Ouvrage pourroit être recherché par ceux qui n’auroient pas d’autres secours, il pourroit être lu par eux avec plus de fruit, s’il étoit lu dans l’ordre systématique.

Voici comment il conviendrait de rapprocher les parties que l’ordre alphabétique a séparées, & voici les raisons qui m’ont fait adopter ce choix.

J'ai d'abord considéré dans cet ordre systématique trois parties bien distinctes 1.° la partie Anatomique; 2.° la partie Physiologique ; 3.° la partie Nosologique.

On ne sauroit s'occuper avec fruit d'un sujet composé, sans connoicre en 'détail les "parties composantes: avant de rechercher le jeu d'une machine, il. faut étudier scrupuleusement les pièces qui concourent pour la former, & avoir suivi les rapports particuliers-de chacurie d'elles, avec toutes celles sur lesquelles chacune" peut agir. Enfin, pour réparer les dérangemens qui peuvent arriver à une 'machine composée, il faut, nécessairement savoir ce qu'elle est quand elle a toute sa perfection.

L'ordre naturel que j'ai voulu suivre, étoit celui qui me paroissoit 1c plus propre à favoriser finstruction. On aime à développer l'objet qu'on étudie, comme il se développe dans la Nature. Il est vrai qu'on ne.peut pas observer la méthode, rigoureuse "qu'unelogique sévèrevoudrait y introduire; mais; il n'y a, je-crois," 1, aucune méthode qui ne force à supposer toujours des "connoiíîances qu'il seroit impossible de donner dans le même-tems. Au reste, cet inconvénient se présentera toujours quànd on- étudiera des sujets composés ; parce qu'on ne peut présenter tout-à-la-sois dans le même moment, les diverses parties qui les forment, leurs élémens, leurs jeux &;leurs rapports mutuels.

La première partie sera purement descriptive : elle fera connoître, autant qu'il sera possible, les différentes parties des plantes. Mais, comme elle suppose des détails anatomiques, il me" semble important de commencer par quelques réflexions sur ï Anatomie desPlantes. II.me paroît impossible de commencer autrement cette description, qu'en la,commençant avec l'ouvrage de la Nature: c'est-pour cela que j'ai cru devoir mettre à la tête de ces recherches eellés qui concernent les Racines,les Pivots, les Cayeux : ce sont vraiment les partjes élémentaires des végétaux; ce sont au moins celles qui paraissent les première* dansla.graine-^ermante, & qui fervent le plus efficacement à la reproduction & à la conservation des plantes.

Après cela, la Tige & le Tronc s'offrent à l’Observateur. Ce n'est pas que les racines n'existent dans la graine avec la tige ou le tronc, avec les branches, &'ç. Mais la racine est la première qui devient perceptible : k, l'on distingue feulement: quelque tems aprèsrla tige ou le-tronc.

On conçoit bien-rtôt- que ;les racines, les pivots, les cayeux, la tige, le tronc,~ îont des parties fort composées, dont il faut connoître des élémens. Mais on n'auroit pu commencer à les décrire avant de savoir quel est le composé auquel ils appartiennent/ U falloit donc décrire les racines, la tige, avant de penser à leur analyse qu'on va faire dans l'examen des parties suivantes.

1.° L'ÉCORCE qui est elle-même un organe fort composé, présentant plusieurs parties très-capitales, Vépïderme, Í'enveloppe cellulaire, \e: tissu cellulaire; pu le parenchyme,les couches corticales y les couches ligneuses ou le liber, les fibres corticales > les vaisseaux, les utricules.

2. Le BOIS : il est d'abord sous la forme £ Aubier : il est enfin Bois proprement 'dit ou Bois parfait ; on y observe ks trachées > la couronne, ìjxçentrkíté des couches.

3.° La: MOELLE.

Telles sont les parties organiques découvertes d'abord dans les racines, \á tige ou le tronc, en les observant avec soin, & en cherchant à distinguer touteç les parties de leûr organisation.

Il est naturel de suivre ensuite tout ce que la tige fait remarquer.

La TIGE offre :

1.° des Noeuds qui méritent une grande attention.

2.° Des Boutons à feuilles & à fleurs avec leurs écailles.

3.° Des Bourgeons.

4° Des Branches, où l'on remarque toujours ce qu'on observe sur la tígeí Mais .encore on y voit des épines, des mains, des vrilles, des rejetions.

5.° Des Feuilles, qui ont non-seulement une grande analogie avecTécorce, & qui sont composées par conséquent des parties semblables à celles queTéeorce a fait observer, mais qui fixent encore les regards sur des parties qui-leur sont propres : tels sont leurs boutons, leurs pétioles i leurs pédicules, leurs fibres^ leurs glandes, leurs poils, leurs pores.

6.° Les Fleurs croissent aussi sur les branches : elles sont voir leurs boutons'i kurs pédoncules, leurs calices,.leurspétales, leurs etaminés,leurs poussières, leurs pistils, leurs Jlygmates, leurs neclairs.

7.° Les Fleurs donnent naissance aux Fruits,qui ouvrent un nouveau, champ à l'Observateur : on y distingue le péricarpe, ic brou, les carrières, le pépin &\e noyau.

8.° Enfin la Graine fait remarquer son germe, la plàntule, la plumuleì la radicule, les cotylédons ou les lobes, les feuilles séminales.

Tels sont les objets principaux que lès plantes fournissent à l'Observateur qui vèut lés connoître. Mais il n'y a aucun de ces objets qui soit un peu approfondi i on en a à peine parcouru les surfaces.:_aussi l'on entrevoir une foule de découvertes qui s'annoncent avantageusement à cèux qui voudront profiter des pas qu'on á déjà fait dans cette Science, pour aller plus lpirí.

L'obscrvation seule des parties qui forment les plantes n'arrête pas l'Observateur : une foule de-phénomènes aussi curieux viennent solliciter-son attention. Les végétaux-frappent les sens de différentes manièresi: .ilsagissent 'fur le goût; par leur faveur, qui est extrêmement variée, & qui fait découvris leurs sels acides'j alkalis,l neutres, phosphoriques. Les végétaux agissent de même sur la vue^, par leur couleur, sur l'odorat par leur odeur, produite par leur esprit refleuri ^ les sens intéressés par ces jouissances excitent la curiosité pour pénétrer çés nouveaux rapports.

Ce n'est pas tout; quand on anatomisé les plantes, ou quand qn lés coupe poiir divers usages j on y áppèfçoît divers fluides; la lymphe, ks'huiles } le fte'çlhr, le lait, les sucs propres. Entre ces différentes matières perceptibles^ prv distingue encore une n\zûeve inúcìlagineuse ou gommeuse,. plus Ou moins mêlée avec la réfine j enfin une résine proprement dire. Ces sucs sont des, produits de la plante : ils en sont des parties constituantes r elle ne saurait f xifter sjins eux ; il falloit donc connoître ces matières pour connoître les plantes ; & par conséquent il falloit soumettre ces matières au creuset de l'observation & de l'expérience.

A ces phénomènes; naturels que l'observation dévoiloit à l’Observateur, ilffáut enjoindre quelques-unS'fôrt remarquables, que l'expérience a découverts, & que l'expérience présente à la raison pour éclairer l'histoire des plantes. Tels sont ceux des Bourrelets, des Boutures, des Marcottes & des Greffes.

Après avoir rassemblé tous ces faits, on se plaît à y mettre de f ordre, & óh cherche a ;écrirel'histoire/:des: plantes en s appuyant de ces documens; Mais, il faut I'avouer, le nombre de ces documens est encore trop pétit & leur nature n'est ipasasííezísignìfiante pour avoir une histoire bien liée &' bien suivie de la végétation & des végétaux.-Cependant on commence à en distinguer quelques traits : ce.seront ces-traits, que je tâcherai de/raflemblér pour esquiíier ce tableau, que je Voudroisi exécuter.

Je considérerai à présent les plantes vivantes & je leur viendrai au-devant dès qu'elles commencent à exister. Je les étudie dòncfdans le' gerjne', qui fait une/partie de;:la'graine!: je lés;íuis daris ;km germination : ce qui me conduità ohkxs'eïkin.accroissement,-& à ën donner Une théorie.

On est bien-tôt porté à fixerses regards siir les effets qui accompagnent cet açcroiíìement ; tels que s émission des boutons, km place,- la i direction des tiges & des racines, k port des plantes i ì'extrémité despouffes. Les feuilles Viemient/d'abord : o'cçiiper; celui qiïi observe les plantes >jìeur pàfitioii ; leur firme, leur mouvement, leur couleur, sont autant dé sujets de ;méditations : íétïolement répandra quelque jbur sur la coloration des végétaux-. Bien-tôt çn, s attache à suivre k sommeil des plantés;> leur feuillaison,1a chute des feuilles. Ces phénomènes sont encore des problêmes dont la solution complette seroit infiniment curieuse.

L'accroissement supposé une addition de matière faite a celle qui constitue déjà l'être qui Saccroît 3 ce qui mèrié à l'histoire de la"nutrition, à l'innuence deîair:, de la chaleur, dèKla gelée,, de ïeau, de h pluie, de la. rosée, de \& lumière, dé Véleclticiie, àt la terre & des engrais. En,un mot, ceci doit ihdiquer lesirapports dés plaintes avec les distérens êtres qui peuvent agir sur elles.

Cette nutritipn même suppose que le végétal a des moyens pour prendre sa nourriture, l'éiaborér :en rejettaiit les excrémens. C'est ce qui commence à annoncer ShïAoìiç ^ëìâ fève'. Les injections démontrent/f effet de l'imbibition. B autres" "rríPyèrís rendent sensible la transpiration des végétaux. Déjà on désire dé savoir s'il-y; ^ «ufië circulation dans les fluides des plantés, quels sont ses móuvemens-££ son influence.

Quand on a Vu lès végétaux croître, pousser des branches, il se présente un, nouvel ordre de choses à considérer, la floraison, les fleurs. Ce qui conduit à' la 'fécondité des plantes, & à leur sexe.. Ces connaissances' engagent à faire; des; techérchès for la nature; de. ;leurs -espèces, &: en párricùlier;;étorinenr' ^attention par les espèces -hybrides. On est ensuite entraîné à s’occuper des monstres dans le règne végétal, des moyens de reproduction que les plantes peuvent avoir, de leur fécondité.

Les "phases de la plante se; terminent par l'histoire de h.maturité'des 'fruits i te par des réflexions sur les fruits hâtifs.

Il semble, après cela, qu'on peut avoir une idée de la végétation & de la vie des plantes ; mais ce mystère n'est pas prêt à se développer. Si les végétaux étoient irritables, l'irritabilité pourrait être le principe de cette vie, & la cause du MOUVEMENT observé dans quelques plantes : plusieurs auraient dit : de leur SENSIBILITÉ.

Enfin la mort du végétal doit achever son histoire, comme celle de tous les êtres organisés.

Après cela on aime à revenir sur ses pas, & s'arrêter avec les idées qu'on á acquises, sur quelques vues, sur quelques idées générales, que l'histoire des plantes a offertes.- Telles sont celles que présentent des considérations sur les Arbres, les Herbes, les Végétaux, les Plantes, leur habitation. Ce qui engage à réfléchir sur la Physiologie végétale &. sur l'analogie soupçonnésentre' les Plantes r& les Animaux.

Comme les maladies des plantes peuvent éclairer sur leur nature, il'étoíc nécessaire de les étudier, pour leur demander les lumières qu'elles peuvent répandre sur les végétaux 8£ les moyens dé les conserver. Les plus nombreuses de ces .maladies attaquent les feuilles, telles sont le blanc•., la bruine, la .brûlure, la brouiflure:, le cloque, les galles, la jaunisse, k nielle, les panachures, les roulures. Ensuite, cpmme l'écorce est la partie des végétaux qui est. la' plus" organisée & la plus active, après les feuilles,'c'est aussi celle qui íe. trouve la plus exposée à des dérangemens. Enfin le bois n'en est pas exempr ; les maladies observées dans l'écorce & le bois sont les bourrelets des greffes, lá chancijjure, les chancres, les cicatrices, les excroissances, les loupes, les\ plaies, les, fentes. On a observé quelques maladies particulières aux fleurs, telles que la carie des grains & la coulure.

Je fuis bien éloigné d'imaginer que j?ai fait connoître" les. plantes,. quoiqua j'aie rassemblé tput çe qu'on a écrit d'important sur ce fùjet, & quoique j'aie ajouté quelque chose à ce qu'on avoit découvert ayant moi ; mais, comme je. lai dit bien souvent, cela fera lire à peine quelques paragraphes du grand jLivre qu'on composera sur <ee beau sujet, quand il sera plus approfondi.

Le tems yiendra sûrement où cêt appareil de science ne servira peut-être; que d-indice 3 à ceux qui ttaiteront ces belles matières. Alors un nouvel. horizon ©uvert aux yeux avides des Philosophes plus heureux, découvrira des phénomènes, bien plus remarquables, des rapports bien plus généraux, & montrera lá liaison étroite des végétaux avec tous les êtres organisés & inorganisés qui. les. entpurent, en découvrant dans deiir structure le fondement de ces beaux rapports.

J'ai adopté les définitions de M. le Chevalier de Lamarck, telles qu'on les lit dans la Flore françoise, afin de mettre plus d'unité dans la Botanique de cet Ouvrage. On sait au moins que cet illustre Membre de l'Académie Royale des Sciences de Paris fait le Dictionnaire Botanique de cette Collection.