Fables d’Ésope/Le Laboureur et le Serpent gelé

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
◄◄◄ Fables d’Ésope
Traduction d’Émile Chambry
►►►
82


LE LABOUREUR ET LE SERPENT GELÉ


Un laboureur trouva dans la saison d’hiver un serpent raidi par le froid. Il en eut pitié, le ramassa et le mit dans son sein. Réchauffé, le serpent reprit son naturel, frappa et tua son bienfaiteur, qui, se sentant mourir, s’écria : « Je l’ai bien mérité, ayant eu pitié d’un méchant. »

Cette fable montre que la perversité ne change pas, quelque bonté qu’on lui témoigne.

82


Γεωργὸς καὶ ὄφις <ὑπὸ κρύους πεπηγώς>.


Γεωργός τις χειμῶνος ὥρᾳ ὄφιν εὑρὼν ὑπὸ κρύους πεπηγότα, τοῦτον ἐλεήσας καὶ λαβὼν ὑπὸ κόλπον ἔθετο. Θερμανθεὶς δὲ ἐκεῖνος καὶ ἀναλαβὼν τὴν ἰδίαν φύσιν ἔπληξε τὸν εὐεργέτην καὶ ἀνεῖλε· θνῄσκων δὲ ἔλεγε· « Δίκαια πάσχω, τὸν πονηρὸν οἰκτείρας. »

Ὁ λόγος δηλοῖ ὅτι ἀμετάθετοί εἰσιν αἱ πονηρίαι, κἂν τὰ μέγιστα φιλανθρωπεύωνται.