Fables d’Ésope (trad. Chambry, 1927)/Le Marchand de statues (bilingue)

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Traduction d’Émile Chambry
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LE MARCHAND DE STATUES


Un homme, ayant fabriqué un Hermès de bois, l’apporta au marché et le mit en vente. Aucun acheteur ne se présentant, il se mit en tête d’en attirer en criant qu’il vendait un dieu pourvoyeur de biens et de profits. Un de ceux qui se trouvaient là lui dit : « Hé, l’ami, s’il est si bienfaisant, pourquoi le vends-tu, au lieu de tirer parti de ses secours ? — C’est que moi, répondit-il, j’ai besoin d’un secours immédiat, et que lui n’est jamais pressé de procurer ses bienfaits. »

Cet apologue convient à un homme bassement intéressé et qui ne se soucie même pas des dieux.

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Ἀγαλματοπώλης

Ξύλινόν τις Ἑρμῆν κατασκευάσας καὶ προσενεγκὼν εἰς ἀγορὰν ἐπώλει· μηδενὸς δὲ ὠνητοῦ προσιόντος, ἐκκαλέσασθαί τινας βουλόμενος, ἐβόα ὡς ἀγαθοποιὸν δαίμονα καὶ κέρδους δωρητικὸν πιπράσκει. Τῶν δὲ παρατυχόντων τινὸς εἰπόντος πρὸς αὐτόν· « Ὦ οὗτος, καὶ τί τοῦτον τοιοῦτον ὄντα πωλεῖς, δέον τῶν παρ’ αὐτοῦ ὠφελειῶν ἀπολαύειν ; » ἀπεκρίνατο ὅτι ἐγὼ μὲν ταχείας ὠφελείας τινὸς δέομαι, αὐτὸς δὲ βραδέως εἴωθε τὰ κέρδη περιποιεῖν.

Πρὸς ἄνδρα αἰσχροκερδῆ μηδὲ θεῶν πεφροντικότα ὁ λόγος εὔκαιρος.