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Femina

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Femina
La NuitLibrairie Fischbacher (Collection des poètes français de l’étranger) (p. 31).




FEMINA



Toujours sorcière, ô femme, et rusée à l’appeau
Des seins frais et des yeux attirants comme un phare,
Princesse que nul viol inéprouvé n’effare,
Courtisane fardant d’amour sa grasse peau,

Sous le brocart du luxe ou l’ignoble oripeau
Ta chair terrible change en animaux immondes
Jusqu’aux enfants divins qu’espèrent les vieux mondes
Et les mêle en riant aux porcs de ton troupeau.

Que t’importe qu’ils aient sucé la mandragore,
Si leurs yeux méprisants ne proclament encore
Qu’ils ont lu dans tes yeux ta bestialité ?

Qui ne démasque en Toi la brute redoutable
Qui tend un groin goulu vers sa virilité,
Ira manger, Circé ! la fange en ton étable.