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Festons et astragales/Chatterie

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Festons et astragalesAlphonse Lemerre, éditeur (p. 93).

Chatterie


 

Je la vis seule, aux derniers rangs assise ;
Des feux du lustre éclairée à demi,
Elle courbait, comme un chat endormi,
Son dos frileux, sous sa fourrure grise.

Sa main mignarde, aux gestes ambigus,
Dans un gant paille avait rentré ses griffes ;
Ses longs yeux verts, comme deux escogriffes,
Dévotement fermaient leurs cils aigus.

À peine, au bord de ses lèvres félines,
Passait le bout des petits crocs d’émail,
Et son nez mince, au rose soupirail,
D’un souffle frais baignait ses barbes fines.

Soudain la belle (un homme était entré)
Sembla frémir sous ses noires dentelles,
Et j’entendis comme un bruit d’étincelles
Qui s’échappait de son jupon moiré !…