Fontaine aux Perles/1. Les deux voyageurs

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Fontaine aux Perles
Legrand et Crouzet (Tome III, La Forêt de Rennes, Fontaine aux Perlesp. np-12).


Féval - Le Fils du diable - Tomes 3-4 (page 643 crop).jpg
LAURE DE CARHOAT ET LA COMTESSE DE LANDAL
FONTAINE-AUX-PERLES

ŒUVRES CHOISIES DE PAUL FÉVAL


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FONTAINE
AUX PERLES




NOUVELLE ÉDITION
ILLUSTRÉE DE BELLES GRAVURES SUR ACIER


PARIS
LEGRAND, POMEY ET CROUZET, LIBRAIRES-ÉDITEURS
48, RUE MONSIEUR-LE-PRINCE, 48
Près le Luxembourg
FONTAINE AUX PERLES.




CHAPITRE PREMIER.
LES DEUX VOYAGEURS


Vous ne pourrez jamais rendre égaux à nos yeux
Le sol de l’étranger et le sol des aïeux ;
Vous ne verserez pas aux langues étrangères
Le miel qu’a seul pour nous l’idiome de nos mères :
Vous ne pourrez jamais détruire dans nos cœurs,
Ni le fiel des vaincus, ni l’orgueil des vainqueurs.
N. Martin.


En 1772, la forêt de Rennes rejoignait encore, par une ligne non interrompue de taillis, les grands bois de Broons. La petite rivière de Vanvre, modeste affluent de la Vilaine, coulait obscurément parmi les vastes friches et les interminables bruyères qui côtoyaient la lisière orientale de la foret.

À peu près à égale distance du bourg de la Bouëxière et de Thorigné, la Vanvre s’encaissait en un petit vallon dont les rampes se couvraient de jeunes taillis, entre lesquels de rares baliveaux dressaient ça et là leurs têtes rondes.

La route qui conduisait de Broons à Saint-Aubin-du-Cormier, route dont s’éloigne considérablement le nouveau chemin communal, suivait une sorte de ravin qui venait couper à angle droit la petite vallée et le cours de la Vanvre.

Cette route, creuse, descendait presque à pic la rampe nord du vallon et venait aboutir à un petit pont formé de deux madriers, soutenus dans l’eau par des poutres.

Les voitures ne pouvaient point passer sur cette arche frêle, et il fallait avoir confiance en sa monture pour s’y risquer à cheval.

Des deux côtés du chemin, sur cette même rampe, on voyait moutonner çà et là la tête chauve du roc.

À quatre ou cinq cents pas du pont, la Vanvre tournait brusquement au nord et son cours se trouvait masqué par un grand rocher de forme irrégulière qui, vu de loin, semblait surplomber et pendre sur la petite rivière.

Dans cette partie de la colline, le bois était plus vieux ; les arbres touffus et vigoureux grimpaient le long de la montée et cachaient la base arrondie du roc.

C’étaient de grands châtaigniers au sombre feuillage, entre lesquels blanchissaient les troncs sveltes de quelques bouleaux.

Parmi ces arbres on apercevait le toit grisâtre d’une petite maison couverte en ardoises, qui était comme tapie au pied du rocher.

Elle était un peu plus élevée que les pauvres loges couvertes en chaume où les gens de la forêt font leur demeure.

Son toit d’ardoises lui donnait d’ailleurs une physionomie autre et moins indigente que celle des cabanes du pays ; en outre elle avait une girouette, ni plus ni moins que si ses maîtres eussent été de bons bourgeois de Rennes ou de Vitré.

De tout autre point de l’horizon, il devait être fort difficile de distinguer cette maison autrement que par la fumée de son foyer.

D’en haut, elle était couverte par les arbres ; d’en bas, le grand rocher qui l’entourait à demi la masquait entièrement.

De l’autre côté de la Vanvre, à égale distance du pont, mais dans une direction opposée, on apercevait une magnifique avenue dont les vieux chênes s’alignaient, montant de biais la rampe méridionale.

Du fond de la vallée on ne voyait entre les grands arbres de l’avenue qu’une échappée du ciel gris de Bretagne ; il fallait monter sur la colline du nord pour découvrir, tout au bout de la longue allée, un charmant château assis au revers, un peu au-dessous de la rampe opposée.

C’était un édifice d’architecture gracieuse et d’un riant aspect. La poivrière du moyen âge y avait conservé sa petite place au milieu des constructions plus modernes et piquait le ciel de son toit pointu tout près de larges cheminées en briques rouges.

Au-dessous du château, le taillis se tondait insensiblement avec une haute bruyère, qui touchait elle-même à des champs cultivés, coupés de prairies où la Vanvre déroulait à perle de vue son mince filet d’azur.

On était au commencement de l’automne. Les ajoncs jaunissaient sur la lande, mêlant leur or foncé au rose changeant des bruyères. — Au loin, les moissons coupées laissaient leur chaume terne et pâle qui tranchait sur le vif vert des grandes prairies.

La vallée était déserte et silencieuse. On n’y entendait pour tout bruit que le murmure paisible de la Vanvre, caressant les piles vermoulues du petit pont, et parfois, quand la brise d’ouest soufflait plus vive, cet harmonieux écho de lointaines fanfares qui souvent vous fit rêver dans les bois.

Il y avait chasse sans doute quelque part dans la forêt de Rennes.

Il était un peu plus de quatre heures du soir. Le ciel roulait de gros nuages qui semblaient peser sur l’atmosphère et l’alourdir. Le soleil ne se montrait point ; mais sa chaleur, tamisée par les nuages, se faisait sentir plus pénétrante. De courtes rafales d’un vent tiède secouaient les branches desséchées des arbres. L’eau tranquille de la Vanvre se noircissait annonçant un orage.

Tout en haut de la route encaissée en forme de ravin, et qui figurait avec la vallée une sorte de croix, deux silhouettes de cavaliers apparurent et se dessinèrent en noir sur le fond terne du ciel.

Ils dépassèrent le sommet de la rampe nord et descendirent le chemin pierreux au petit pas.

L’un de ces cavaliers portait le costume d’un gentilhomme, et sa monture, bien que fatiguée, avait fort belle apparence.

C’était un homme de quarante-cinq ans environ, à la figure spirituelle et riante, à la joue bronzée, qu’entourait comme un cadre la riche abondance d’une chevelure poudrée.

Il avait le front large et ouvert ; ses yeux bruns, autour desquels l’âge ou le sourire avait semé d’innombrables rides ténues et presque imperceptibles, brillaient sous des sourcils dessinés hardiment. Une fine moustache noire se relevait au-dessus de sa bouche légèrement railleuse.

Sa tournure était irréprochable. Il montait fort élégamment son cheval et portait son costume, à la dernière mode, de la meilleure façon.

Pour que les passants ne perdissent rien sans doute de ce séduisant ensemble, il avait plié son manteau de voyage sur li croupe de son cheval.

L’autre voyageur pouvait avoir vingt-deux ans. Il était coiffé du tricorne militaire ; mais à la différence de son compagnon, il avait agrafé son manteau, qui cachait tout le reste de son costume, à l’exception d’une culotte blanche collante sur laquelle se boutonnaient de longues guêtres bleues.

C’était une charmante figure, pensive et résolue à la fois. Quelques boucles de cheveux blonds et poudrés s’échappaient de son tricorne et tombaient sur son front. Ses yeux, d’un bleu obscur, avaient une douceur rêveuse qui se voilait en y moment de tristesse. Sa bouche était loin de sourire comme celle de son compagnon.

Ses traits avaient une régularité sévère, et son regard seul tempérait la fermeté ^rave qui était le caractère saillant de sa physionomie.

Il montait un maigre cheval qui s’en allait bronchant et la tête entre les jambes.

À mi-côte, le gentilhomme arrêta sa monture et tira son mouchoir pour secouer la poussière qui couvrait son jabot de dentelle et sa veste de velours.

— Mon compagnon, dit-il, me voici au terme de mon voyage… Assurément, j’aurais voulu jouir plus longtemps d’une société aussi aimable que la vôtre, mais il est l’heure de faire collation, et je ne suis vraiment pas fâché d’arriver… Si les bêtes parlaient, mon compagnon, je voudrais gager que votre monture en dirait tout autant que moi.

Le jeune homme regarda le cou tendu de son cheval, dont les jambes pliaient harassées.

— Je suis, moi aussi, monsieur, répliqua-t-il, au terme de mon voyage.

— Bah ! vraiment ? s’écria le premier interlocuteur, est-ce que le hasard m’aurait fait rencontrer un convive ?…

Il éleva la main et montra les cheminées du château qui disparaissaient à moitié derrière le sommet de la colline opposée.

— Je ne vais point au château de Presmes, répondit le jeune homme dont la joue se colora d’une rougeur fugitive.

— Vous le connaissez, du moins, à ce qu’il paraît !… Eh bien, mon jeune maître, si vous n’y allez pas, tant pis pour moi et tant pis pour vous !… pour moi, parce que vous êtes un charmant compagnon, quoiqu’un peu bien mélancolique… pour vous, parce que le vieux veneur est assurément l’hôte le plus commode qui se puisse rencontrer… et parce que la comtesse Anne et mademoiselle de Presmes sont deux adorables créatures, si mes quarante-cinq ans m’ont laissé le droit de donner mon avis sur les dames.

Le jeune homme rougit davantage et ne répondit point.

L’autre poussa son cheval.

— Ah ! ah ! reprit-il gaillardement, — c’est un bon sang que celui de Rennes !… Je n’ai point vu à Paris d’aussi charmantes enchanteresses que les filles de messieurs des États de Bretagne !… Tudieu, mon jeune maître, quels yeux, quels teints !… Rencontrâtes-vous quelquefois par hasard une divinité, aux longs cheveux blonds et aux grands yeux noirs, que les gentilshommes rennais appellent la Topaze ?

— Non, répliqua brusquement le jeune cavalier.

— Elle a bien un autre nom, poursuivit l’enthousiaste voyageur, — mais il ne m’appartient pas de le prononcer. Si vous la voyiez, mon jeune ami, vous en deviendriez fou… C’est la règle.

Le jeune cavalier mit sa main devant son visage qui était pourpre.

En arrivant à la tête du pont de planches, il s’arrêta.

— C’est ici que nous nous séparons, monsieur, dit-il.

— Déjà ! s’écria le gentilhomme d’un ton de cordiale bienveillance ; — mon jeune maître, j’en suis fâché… Mais, puisque vous vous arrêtez dans les environs, j’espère que nous pourrons nous revoir… Vous plait-il que nous échangions nos noms ?…

Le jeune homme baissa les yeux avec embarras.

— Je ne puis vous dire le mien, murmura-t-il.

— Non ?… Eh bien ! h la bonne heure, mon jeune camarade !… Chacun a ses petits secrets… Moi, Dieu merci, je puis dire mon nom à mes amis comme à mes ennemis… Si, par hasard, vous vouliez renouveler connaissance avec votre vieux, compagnon de roule, le chevalier de Briant sera toujours enchanté de vous offrir sa main.

El il joignit le geste à la parole.

Le jeune homme passa son bras par la fente de son manteau pour toucher la main qu’on lui présentait, et s’inclina avec courtoisie. Il tourna ensuite la tête de son cheval vers cette grande roche inclinée qui marquait le coude de la rivière, et qu’on appelait le rocher de Marlet.

Le chevalier le suivit un instant du regard.

— Joli garçon ! murmura-t-il ; — pas beaucoup d’argent, je crois !… un peu râpé… Pourquoi diable nous cache-t-il son uniforme de garde-française ?… Il y en a tant d’autres qui sont empressés de montrer la livrée du roi !

Le chevalier raccourcit la bride, flatta son cheval et s’engagea sur le pont étroit qu’il franchit sans encombre.

On le vit côtoyer un instant la Vanvre, couper au travers des jeunes taillis, et s’engager enfin sous les grands arbres de l’avenue.

C’était vraiment un cavalier de fort belle mine. — On l’aperçut longtemps cahoté par le pas pénible de son cheval qui gravissait la rampe ardue. Il se tenait droit et bien campe, le feutre sur l’oreille et le poing sur la hanche.

Au bout de la montée, sa silhouette se détacha un instant sur le ciel, pour disparaître ensuite peu à peu, à mesure qu’il redescendait le versant de la colline.

Le jeune homme s’était arrêté, au bout de quelques pas. Il contemplait son camarade de route qui se dirigeait vers le château de Presmes.

Il y avait maintenant parmi sa tristesse une expression de naïve envie.

Quand M. de Briant eut disparu derrière le sommet de la rampe, notre jeune homme poussa un gros soupir, secoua la tête et piqua son cheval.

Il suivit durant quelques minutes le cours de la Vanvre, et tourna au premier petit sentier qui perçait le taillis.

De loin, toute cette partie du bois paraissait unie, et les quartiers de roc eux-mêmes qui se montraient çà et là outre le feuillage paraissaient comme des marques blanches sur la surface plane d’un tapis vert.

Mais de près, l’aspect changeait grandement. — Les arbres qu’on avait pu prendre pour des buissons nains avaient déjà trois ou quatre fois la hauteur d’un homme. Leurs pousses jeunes et riches de sève jaillissaient eu gerbes de la souche commune, interceptaient la route et croisaient de tous côtés leurs branches sveltes ou noueuses. — Les rocs que l’éloignement avait arrondis apparaissaient maintenant crevassés, déchirés, et dressaient au-dessus des arbres leurs têtes blanchâtres.

À chaque pas on était arrêté par quelque fondrière. La coulée tournait autour des souches, évitait les rocs et descendait dans les trous.

Notre jeune homme avait mis pied à terre et tenait son cheval par la bride. Il avait roulé sur la selle son long manteau de voyage, qui s’accrochait aux branches et embarrassait sa marche.

Sous ce manteau, comme nous l’a déjà dit le chevalier de Briant, il y avait un uniforme de garde-française.

Le ciel s’assombrissait de plus en plus, et de brusques rafales frémissaient dans le feuillage.

De larges gouttes de pluie commençaient à tomber, perçant bruyamment la voûte de verdure.

L’air était chaud, lourd, étouffant ; tout annonçait un gros orage. Le garde-française ne se pressait point. Il surmontait lentement et avec fatigue les mille obstacles de sa route.

De temps en temps même, il s’arrêtait pensif, laissant son cheval affamé paître les basses branches du taillis.

En ces moments, son regard parcourait l’horizon borné qui se rétrécissait autour de lui. On eût dit que son œil reconnaissait à contre-cœur les objets qui l’entouraient. Sa mélancolie redoublait, loin de se calmer. Ce n’était certes point là un de ces voyageurs attendus pour qui le retour est si douce chose !…

Si lente que fût sa marche, il arriva cependant bientôt à mi-côte, et son œil, perçant à travers les arbres, put apercevoir de nouveau une partie du paysage qu’il avait découvert, en arrivant, du haut de la colline.

Les cheminées rouges et le donjon pointu du château de Presmes se montraient au delà du sommet opposé, qui cachait tout le reste de l’édifice.

Martel, c’était le nom du garde-française, sembla vouloir détourner son regard de ce spectacle auquel le ramenait une irrésistible fantaisie. — Un sourire jouait autour de sa lèvre, tandis que ses grands yeux bleus demeuraient tristes jusqu’il exprimer une douleur désespérée.

Il se découvrit pour passer si main sur son front, d’où ruisselait la sueur. Un nom prononcé bien bas glissa entre ses lèvres : un nom de femme…

— Si près d’elle ! murmura-t-il, — et plus loin que jamais de l’espoir !…

C’était en ce moment de calme profond qui précède l’orage. Le ciel retenait ses larges gouttes de pluie qu’il allait répandre à torrents. Le vent faisait trêve.

Parmi le silence absolu qui régnait dans la vallée. Martel entendit tomber du haut de la colline une voix fraîche, gaillarde et toute joyeuse qui chantait des touplets de la complainte de Fontaine aux Perles.

La chanteuse ne s’effrayait pas plus de l’orage que Martel lui-même, et sa jolie voix donnait une gaieté singulière aux paroles mélancoliques de sa chanson.

En même temps, du côté de l’est, par delà ce grand rocher qui bornait la vue au coude du vallon, arrivaient les sons brisés de plusieurs fanfares.

Les sonneurs semblaient s’approcher rapidement, et quelques notes distinctes de la Fontainebleau parvinrent, d’échos en échos, jusqu’aux oreilles de Martel.

Il reprit la bride de son cheval et se remit en route. — Le vent qui s’éleva porta ailleurs le son du cor, mais la chanson continuait au haut de la colline.

Elle disait :

Madeline fut madame ;
Elle eut une bague au doigt,
Un bracelet au bras droit,
Un rubis couleur de flamme,
Du satin et du velours,
Et tout plein d’autres atours.

La figure de Martel s’éclaira. Il eut cette fois un gai sourire, comme si la voix de la chanteuse eût éveillé au fond de sa tristesse un doux et bon souvenir.

— Bleuette ! murmura-t-il, je parie que c’est Bleuette !…

Il voulut presser le pas de son cheval, mais c’était là chose impossible : la pauvre bête n’en pouvait plus. Tandis que Martel tirait de son mieux sur la bride, la chanson continuait :

Son collier de perles fines
Valait bien trois’ cents écus,
Pour ne rien dire de plus ;
Quand elle allait à matines
Lire son Confiteor,
C’était dans un livre d’or !

La chanteuse fit sur ce dernier mot une de ces périlleuses roulades qui percent si souvent le silence des soirs par les routes désertes de la Bretagne.

Martel, attachant son cheval à un arbre, grimpa lestement sur une des pierres qui abondaient dans le taillis.

Il jeta son regard tout autour de lui, cherchant à découvrir Bleuette, la gaie chanteuse.

Il ne vit rien, Bleuette avait sans doute tourné le sommet de la colline, car le vent lui apporta indécis et confus le troisième couplet de la complainte.

Comme il allait redescendre, une retraite brillante, à trois trompes, éclata derrière le grand rocher de Marlet, qui marquait le détour de la Vanvre.

Martel n’était pas à plus de deux cents pas de ce rocher.

Il porta ses yeux dans cette direction, s’attendant à voir déboucher de l’autre côté de la rivière un équipage de chasse.

Mais rien ne se montrait encore.

Le premier coup de vent de l’orage tomba sur la vallée en ce moment, courbant la cime des taillis dont les feuilles brillèrent trempées de pluie.

Martel, cependant, ne quittait point son poste, où il recevait en plein l’averse.

Il regardait toujours du côté de la grande roche, à l’endroit où devait se montrer la chasse.

À force de regarder, il crut apercevoir, à travers la brume soulevée par l’averse un objet confus qui se mouvait, collé aux flancs mêmes de la pierre.

Ses yeux se fixèrent assidûment sur cet objet dont un coup de vent qui balaya la pluie lui permit enfin de reconnaître la nature.

C’étaient deux hommes, tapis et comme en embuscade dans un enfoncement du roc. Leurs vêtements gris se confondaient presque avec la couleur de la pierre. — Tous les deux étaient armés de carabines à longs canons.