Fragments d’Alcman

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Fragments d’Alcman
Traduction Falconnet


vie d’Alcmane.

Alcmane, fils de Damante, vivait dans la quarante-troisième olympiade, du temps de Pittacus. Il naquit à Sardes, capitale de la Lydie, où régnait alors Ardius. Selon Élien, il avait été esclave d’Agésis, qui lui donna sa liberté à cause de la douceur et de la beauté de son génie : cette circonstance est commune à beaucoup de poètes et se renouvelle fréquemment dans l’histoire de l’antique esclavage. Héphestion le fait inventeur d’une mesure de vers appelée de son nom vers alcmaïque. Il écrivit dans le dialecte dorien. Il était voluptueux et adonné aux plaisirs des festins. Ses poésies chantaient les charmes de l’amour, exprimant ainsi l’état habituel de son ame. Il aima tendrement une jeune fille nommée Mégalostrata, vierge charmante aux cheveux blonds, qui lui récitait les vers inspirés par les Muses. Des six livres de poésies presque toutes érotiques qu’il composa, il ne nous reste que ces fragments.

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I.
Dans la salle se voyaient sept lits, et sept tables couvertes de beaux tapis, chargées de lin et de sésame. Sept jeunes filles y étaient assises : dès qu’elles nous aperçurent, abandonnant leur ouvrage imparfait, elles s’élancèrent comme de faibles poules qui cherchent à échapper par la fuite au vautour qui fond sur elles.
II.

Quand l’oiseau du printemps annonce la fin des rigueurs de l’hiver, la multitude s’assemble sur le coteau échauffé par le soleil. Là, dans de solennels concerts, le peuple joyeux fait circuler à la ronde la coupe d’or, profonde comme celle des pasteurs : cependant l’Amour, suivant les ordres de Cypris, distille goutte à goutte l’amour dans mon sein. Mégalostrata, nymphe charmante aux blonds cheveux, vient me réciter des vers que lui ont inspirés les Muses bienfaisantes. Ô Calliope ! fille immortelle de Jupiter, inspirez-moi de même des chants aimables, un hymne qui lui plaise et soit digne d’être chanté par ses jeunes compagnes. Ô la plus belle des Lydiennes ! les Grâces vous reçurent dans leur sein charmant, quand vous êtes tombée du sein de votre mère. Tendre Cythérée, vous abandonnez toutes les délices de Chypre et de Paphos que les flots environnent : votre aimable Adonis n’est plus ! Que faire pour vous consoler ? Pleurez, ô jeunes files de Lydie ! déchirez vos tuniques. Qui rendra à Vénus son Adonis ! qui attendrira pour moi Mégalostrata !