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Francis Garnier

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FRANCIS GARNIER

M. Francis Garnier est né à Saint-Étienne, le 25 juillet 1839. Il se destina à la marine, passa ses examens à l’école navale et fit ses deux ans à bord du vaisseau le Borda, passa successivement aspirant de première classe et enseigne. En 1860, il faisait partie de l’expédition qui, sous les ordres de l’amiral Charner, fit les campagnes de Chine et de Cochinchine. Il prit une part distinguée dans les travaux de la flotte, et de retour en France il publia, en 1864, une brochure intitulée la Cochinchine française. L’auteur proposait d’ouvrir des communications commerciales directes entre la Cochinchine et la Chine méridionale.

Les raisons qu’il exposait avec beaucoup de force de style étaient convaincantes.

Le gouvernement et la Société de géographie s’émurent. On se décida à organiser une mission dont la direction fut confiée à M. Dondard de Lagrée, capitaine de frégate. Trop jeune encore pour recevoir le commandement, M. Francis fut nommé second de M. Lagrée.

Le 5 juin 1866, MM. de Lagrée, Garnier, Louis de Laporte, M. de Carné, attaché d’ambassade, deux médecins et une quinzaine de soldats quittaient Saïgon et remontaient le Mékong, fleuve alors ignoré des voyageurs.

L’expédition dura plus de deux ans ; mais elle réussit complètement. En effet, elle ne revint à Saïgon qu’après avoir descendu le Yang-Tze-Kiang jusqu’à Shangaï qui se trouve à l’une de ses innombrables embouchures. Le problème géographique était résolu, malheureusement M. de Lagrée avait succombé aux fatigues du voyage.

De retour en France M. Francis Garnier commença la rédaction du récit de sa grande expédition.

M. Francis Garnier était occupé tout entier à cette œuvre éminente lorsque la guerre franco-allemande éclata. Son rôle était tracé ; il reprit l’épée et contribua à la défense de la capitale. Lorsque vint la capitulation, il signa avec quelques-uns de ses camarades de la marine une protestation généreuse, mais hélas ! inopportune et même imprudente.

Lorsque la paix fut signée, M. Francis Garnier se remit à son grand travail. Il n’était pas encore terminé lorsque le ministère de la marine lui confiait une nouvelle mission qui n’était que la continuation de la mission précédente.

Il accepta avec empressement, employant au travail les loisirs de sa traversée. Les dernières lignes de sa préface sont écrites à bord du steamer l’Hoaqly, elles portent la date du 9 octobre 1872.

Un télégramme récent nous apprend que l’infortuné voyageur a été assassiné, le 7 décembre 1873, par les indigènes du Tonkin, province limitrophe de nos possessions d’Indo-Chine, avec un autre officier de marine qui l’accompagnait dans sa mission scientifique.

Lorsque M. Francis Garnier revint de son grand voyage, la Société de géographie fit frapper en son honneur une médaille d’or. Son intervention n’aura pas été inutile, car nous apprenons avec plaisir qu’une expédition d’outre-mer se prépare déjà pour aller châtier les forbans du Tonkin, et une compagnie du 4e régiment d’infanterie de marine vient de recevoir son ordre de départ.

Nous sommes certains qu’elle ne tardera pas à prendre les mesures nécessaires, non-seulement pour venger ce martyr de la science française, mais encore pour consacrer sa mémoire, et que nous apprendrons bientôt qu’une souscription a été ouverte pour élever un monument en son honneur.