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Géographie (Édrisi)/tome 2/climat 4/section 2

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Géographie (Édrisi)
Traduction par (Pierre-)Amédée Jaubert.
Imprimerie royale (IIp. 68-115).
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4e climat, 2e section

DEUXIÈME SECTION.

Îles de la Méditerranée. — Sardaigne. — Corse. — Elbe. — Pianosa. — Capri. — Strangelo. — Stromboli. — Cossra. — Lampedouse. — Description de la Sicile. — Palerme. — Messine. — Taormina. — Catane. — Syracuse. — Noto. — Agrigente. — Sciacca. — Mazzara. — Marsala. — Trapani. — Castro-Giovanni. — San Filippo. — Corleane.

Cette section comprend la description d’une partie de la mer de Syrie ; celle de diverses îles, soit habitées, soit désertes, soit célèbres, soit peu connues, et d’une partie du pays des chrétiens dont nous parlerons ensuite, s’il plaît à Dieu. » Nous disons donc qu’au nombre des principales îles comprises dans la présente section, il faut ranger les îles de Sardaigne سردانية, de Corse قرسة et de Sicile صقيلية, et parmi les moins importantes celles d’Elbe البـة, de Banosa بانوسة (Pianosa), de Strangelo et la montagne du Volcan استرنجاو وجبل بركان[1] (Stromboli), l’île du Volcan جزيرة برلان, l’île de Libari ليبرى (Lipari), l’île des Herbes sèches جسيرة دمدمة, celle dite Omm el-Khammar وم الخمار, Tarfania طرفانية, (Favignana ?), Ankouza انكوذه, Oustica اشتقة (Ustica), Albalia البالية, l’île du Moine جزيرة الراهن, Cosra قوسرة[2], l’île du Livre جزيرة الكتان, Nemousa نموشة (Linosa), Kemouna كمونه (Cumino) et Malte مالتة.

Quant aux parties des côtes situées sur le continent, on y remarque : Barcelone برشلونه, Girone جرندة, Anbouris انبورش (Ampurias), Narbonne اربونة et Carcassonne قرقشونة (villes), qui dépendent toutes de la Gascogne غشكونية. Dans la partie orientale de cette section, et au nombre des dépendances de la Calabre قلبريـة, sont : Reggio ريـو, Almassa المصة (Mozza), Atraba اتـربـة (Trapea), et Sainte-Euphémie شنت فيمى.

De l’île de Minorque منورقة aux côtes de Barcelone on compte 1 journée de navigation, et de cette même île, en se dirigeant vers l’orient, à celle de Sardaigne, 4 journées.

La Sardaigne سردانية est une île considérable, montagneuse et peu pourvue d’eau[3]. Elle embrasse en longueur un espace de 280 milles, et en largeur un espace de 180 milles ; cette dernière dimension est de l’orient à l’occident. Sa longueur est du midi au nord, en se dirigeant un peu vers l’orient. On y remarque trois villes principales, savoir : 1o Fitana فيطانة (Oristani ?), ville bien peuplée et située dans la partie méridionale de l’île ; 2o Calmera قالمرة (Gallura ?), près le cap situé sur le détroit qui sépare la Sardaigne de la Corse ; et 3o Castala قـشـتـالة (Castel Sardo ?)[4]. Les habitants de la Sardaigne sont d’origine romaine, c’est-à-dire des tribus issues de Romains et devenues barbares et sauvages ; « ils sont braves, entreprenants et ne quittent jamais leurs armes. » L’île renferme des mines d’argent ; ce métal est d’excellente qualité et on l’exporte dans diverses provinces romaines. La largeur du détroit qui sépare la Sardaigne de la Corse est de 20 milles.

Cette dernière île جسيرة قرسة, entourée de rochers abruptes, vers l’orient la mer qu’on nomme en langue barbare Terrana طرانة (Tirrhenum mare), et elle possède, dans sa partie occidentale, une ville jolie, de grandeur médiocre et bien peuplée[5]. La longueur de l’île est de 150 milles, et sa largeur de 27. « La Corse قرسة est une île fertile, bien peuplée, et dont les habi

À 30 milles de Bantobera, en se dirigeant vers le sud-ouest, sont des îles peuplées dont l’une se nomme Monsa مونسة, et l’autre Bonsa بونسة, (Ponza)[6].

De l’île de Capri à celle de Strangelo, استرنجلو, située au sud-est, vers la Sicile (la distance manque).

De Malfi مافى (Amalfi) à cette dernière île on n’en trouve aucune autre que Capri.

Strangelo, استرانعلو est une île située au nord-est de l’île du Volcan جزيرة البركان ; il y a des sources d’eau vive, mais point de port ; c’est une montagne très-haute où l’on voit du feu de temps en temps[7] ; » le continent le plus voisin de cette île est celui de Mantia منتية (Amanthea), en Calabre, à la distance de 40 milles.

De Strangelo à l’île du Volcan on compte 30 milles.

Cette dernière, جزيرة البركان (Stromboli), n’est pas très-grande, mais il y existe une haute montagne où l’on voit à certaines époques un très-grand feu ; il est rare que ce feu cesse de paraître. Au moment des éruptions, la montagne vomit des pierres embrasées, et l’on entend un bruit épouvantable qui, à une grande distance, ressemble à celui du tonnerre. On trouve dans cette île des chèvres sauvages. La plus courte distance de là à la côte de Sicile, c’est-à-dire à Dendara دندارة, est de 15 milles.

De l’île en question à celle de Lipari جايية لبير, qui n’est habitée qu’à certaines époques et où il existe une forteresse, on compte, en se dirigeant vers l’ouest et tirant un peu vers le nord, 4 milles.

On trouve à Lipari du bois, de l’eau et un petit port.

De là à la petite île de Dendema دندمة, dépourvue de port, on compte, en se dirigeant vers le nord, 3 milles :

Et à celle de Faïkoudha فيكوذة, inhabitée et dépourvue de port, vers le midi, 10 milles.

De cette dernière à Arkoudha ارڪوذة[8], i10 milles.

La première de ces îles est située au sud-est de la seconde qui, bien que peu considérable, offre cependant un refuge et un petit port aux navigateurs.

D’Arkoudha ارڪوذة, à Ustica اوشتيقة, île où l’on trouve de l’eau et un bon ancrage, 40 milles.

Cette dernière est située en face et à 40 milles de distance de Balcourin, dépendance de Palerme en Sicile نلفرين من عدينة.

Au midi d’Ustica est l’île du Moine جزيرة الراهـن, qui dans la partie du sud et dans celle de l’est possède divers ports où peuvent mouiller tranquillement les navires. Elle est située au-dessus et à 15 milles de Trabanas طرابنس, (Trapani ou Drepanum). Au nord de l’île du Moine est la petite île d’el-Babsa البابسة (Levanzo ?), dépourvue de port et d’eau douce. Le pays de Sicile le plus voisin de cette île est Trabanas طرابنس (Trapani), qui en est distant de 10 milles. De l’île du Moine, du côté du couchant, à celle de Melitma مليطمة, située vis-à-vis de Tunis-lez-Carthage[9], où il n’y a point d’ancrage et où l’on trouve des chèvres et des daims, on compte 30 milles. À l’orient de Melitina et au sud-est de l’île du Moine, est celle de Cossra قوصـرة, située (d’un côté) en face de Nabel ou Napoli d’Afrique, (et de l’autre) en face de Sciauca et de Mazzara شافة ومزارا, à la distance de 100 milles. De Cossra au continent de l’Afrique, on compte également 100 milles.

Cossra قوصره[10] est une île fortifiée. Il y a des puits, des rivages (cultivés) et des oliviers. On y trouve beaucoup de chèvres sauvages qui fuient à l’aspect des hommes. Il y a du côté du midi un port très-abrité contre plusieurs vents. Précisément vers l’orient et à 100 milles de cette île est celle de Ghodos غودس (Gozzo), où se trouve un bon ancrage. De là on se rend à une petite île nommée Koumena ڪومنة (Comino), à l’orient de laquelle est Malte مالطة, île considérable et remarquable par la bonté de son port situé à l’orient de l’île, « auprès duquel est une ville. L’île abonde en pâturages et en troupeaux de moutons, en fruits et en miel. » De là au point le plus voisin de la Sicile, c’est-à-dire au lieu dit Akeronta اڪرنتة, on compte 80 milles. Après Malte, en se dirigeant vers l’orient et vers le midi, il n’existe point d’autre île que celle de Crète اقريطش. Quant à Lampedouse لنبدوشة, la distance qui sépare cette île du point le plus rapproché de l’Afrique افريقية, c’est-à-dire de Caboudia قبوذية, est de 2 journées de navigation. Lampedouse posséde un port abrité contre tous les vents et capable de conter des flottes nombreuses. Ce port est situé au sud-ouest لناج[11] de l’île, « où l’on ne trouve d’ailleurs aucune espèce de fruits ni d’animaux. » À 5 milles du côté du nord, en tirant un peu vers l’ouest de Lampedouse, est une jolie île qu’on nomme île du Livre الكتان et qui est très-agréable. De là à Nemousa نموشة (Linosa ?), en se dirigeant vers le nord-nord-est, on compte 30 milles. « Il n’existe à Nemousa ni port ni arbres, mais quelques champs ensemencés. Le mouillage y est dangereux. » De l’île de Ghodos غودس à Nomousa نموسة on compte 2 journées de navigation. Grâces à Dieu, après avoir sommairement traité de ces diverses îles en indiquant ce qu’elles offrent de remarquable, il nous reste maintenant à parler de la noble Sicile صقلية العليا, « à indiquer clairement ses diverses régions, ses villes, et ses lieux un à un ; à dire ce dont elle a droit de se glorifier, à expliquer l’importance des avantages dont elle jouit, le tout avec le moins de paroles et le plus de sens qu’il sera possible[12], s’il plaît à Dieu. »

« Nous disons donc que la Sicile est une perle du siècle en fait d’excellence des productions, de fertilité du sol, d’agrément des villes et des habitations. Depuis les époques les plus anciennes, tous les voyageurs qui y sont venus du dehors et qui ont comparé entre elles (littéral. discuté sur) les mérites des diverses villes et capitales, se sont plu à vanter cette île, à exalter l’étendue de son territoire, la beauté de ses sites, la variété de ses produits et en général les avantages dont elle jouit. Ses rois sont les plus fortunés des princes, et ils inspirent la terreur à leurs ennemis, car ils disposent d’un très-grand pouvoir, sont entourés d’une grande considération, doués d’une haute sollicitude et placés dans le rang le plus glorieux.

« Ce fut en l’an 453, d’après le comput des Arabes (1061 de l’ère chrétienne), que l’illustre, sage, excellent et puissant monarque Roger, fils de Tancrède, conquit la meilleure partie de cette contrée, et avec l’aide de ses compagnons parvint à humilier l’orgueil des rebelles qui s’opposaient à sa domination et qui résistaient à ses armes. Ce prince, l’élite des princes francs, خيرة ملوك الافرنجين, ne cessa de disperser les ennemis de la Sicile, de combattre les révoltés, de faire chez eux des incursions, de leur occasionner toute sorte de dommages, de les détruire, de les passer au fil de l’épée, jusqu’à ce qu’il se fût rendu maître par ses victoires de toute la contrée, et qu’il l’eût conquise province par province, et château (fort) par château ; et cela dans l’espace de trente ans. Lorsque le pays fut soumis à ses ordres et qu’il y eut établi sa puissance sur des fondements solides, il répandit les bienfaits de la justice sur les habitants ; il les tranquillisa sur l’exercice de leurs religions et sur l’observation de leurs lois ; il leur assura la conservation de leurs biens, de leurs vices, de leurs femmes et de leurs enfants. Ce fut ainsi qu’il gouverna durant le temps de sa vie, jusqu’à sa mort qui fut naturelle et qui arriva en l’an 494 (1100 ou 1101), tandis qu’il se trouvait dans le château de مليطو (Melito) en Calabre, où il fut enseveli. Il laissa pour hériter son fils, le grand roi qui porte le même nom que lui, et qui, adoptant les mêmes principes de conduite, marche sur ses traces. Roger II, en effet, a constitué la puissance, orné empire, ennobli la souveraineté, donné aux affaires une équitable impulsion ; et cela au moyen d’une surveillance évidente et d’actions louables jointes au maintien de la justice, de la paix et de la sécurité, en sorte que des rois se sont soumis à son obéissance, se sont fait honneur d’être ses auxiliaires et ses adhérents, lui ont confié les clefs de leurs états, et se sont de toutes parts rendus auprès de lui pour se mettre sous la protection de ses lois et à l’ombre de sa clémence. La considération, la gloire, la grandeur dont ce prince jouit à l’époque où nous écrivons le présent ouvrage, sont au delà de toute limite.

« Quant à la Sicile, dont il vient d’être question, c’est une île d’une importance majeure et dont les dépendances et les villes sont nombreuses, les agréments et les avantages infinis. Notre intention est de les énumérer avec soin et de décrire l’état de ce pays ville par ville ; dessein dont l’objet est glorieux et les moyens d’exécution difficiles. Nous ferons cependant tout ce qui dépendra de nous pour servir de guides à nos lecteurs et pour atteindre le but que nous nous sommes proposé.

« Nous disons donc que cette île, à l’époque où nous écrivons, c’est-à-dire sous le règne du grand roi Roger, comprend cent trente villes ou châteaux, sans compter les villages, les lieux de station et les hameaux. Nous traiterons d’abord sommairement de la partie maritime de l’île, en n’indiquant que ce qui caractérise particulièrement les rivages, et en procédant de manière à revenir au point d’où nous serons partis ; puis nous passerons l’intérieur, pays par pays, s’il plaît à Dieu.

« La première de ces villes est Palerme بلرم, cité des plus remarquables par sa grandeur, lieu des plus célèbres par son importance, métropole[13] des plus illustres de l’univers. Elle réunit en effet tous les genres de gloire et tout ce qu’il y a de plus noble en fait de splendeur. Siége du gouvernement dès les temps primitifs et les époques les plus anciennes de l’islamisme, c’est de là que sortaient les flottes et les armées conquérantes, comme elles en sortent encore aujourd’hui.

« Cette ville est située sur le rivage à l’orient de la mer, et entourée de hautes montagnes. Le rivage offre du côté oriental un coup d’œil ravissant. Il est couvert de quais magnifiques, et d’où le voyageur (littéral. le cavalier) peut contempler la beauté des édifices, ainsi que la perfection du travail et l’élégance des arts qui présidèrent à leur construction.

« Palerme se compose de deux parties, c’est-à-dire du château (el-Cassar القصر) et des faubourgs. Le château est un antique édifice renommé dans tout l’univers, qui se divise en trois quartiers (littéral. étages)[14], celui du milieu comprend divers forts, diverses belles et nobles habitations, beaucoup de petites mosquées, de bazars, de bains et de magasins de gros négociants. Quant aux deux autres quartiers, il s’y trouve aussi de beaux hôtels, de hautes maisons et beaucoup de bains et de marchés couverts. C’est là qu’on remarque la grande mosquée qui état destinée à cette partie de la ville dans les temps anciens. Elle subsiste encore, à l’époque actuelle, dans son état primitif, comme elle était auparavant, et surpasse tout ce qu’il est possible de concevoir d’élégant, de rare et d’exquis en fait de peintures, de dorures et d’inscriptions. » Le faubourg entoure la ville de tous côtés. Il est bâti sur l’emplacement de la ville antique qui portait le nom de Khalessa خالصة, où résidait le sultan, et où étaient Le palais particulier du prince du temps des musulmans[15], le port de la marine, l’arsenal[16] pour la construction des vaisseaux.

De tous côtés, aux environs de la ville, on trouve des eaux courantes, des fontaines et des canaux : « les fruits y sont en abondance, les habitations belles, délicieuses à tel point qu’il est impossible à la plume de les décrire et à l’intelligence de les concevoir ; le tout offre un admirable coup d’œil.

« Le château dont il vient d’être fait mention (el-Cassar) peut être rangé au nombre des places les plus fortes ; il est très-haut, très-susceptible de défense et (pour ainsi dire) imprenable. Au sommet est un fort bâti par les ordres du grand Roger. Construit en pierres de tailles très-dures, la disposition de cet ouvrage est très-forte, sa hauteur considérable, ses tours et ses casemates[17] très-solides ainsi que les pavillons et les appartements intérieurs. Cet édifice, d’une hauteur considérable, est couvert d’inscriptions tracées avec un art surprenant et d’ornements admirables. Tous les voyageurs attestent la splendeur de Palerme et font une description séduisante de cette ville. Ils conviennent qu’il n’en est point dont les édifices soient plus curieux, les habitations plus nobles, les palais plus imposants et les maisons plus agréables. Le faubourg qui environne l’ancienne citadelle dont il vient d’être fait mention est très-vaste, car il contient un grand nombre de maisons, de caravansérails, de bains, de boutiques et de marchés. Il est entouré d’un mur et d’un fossé servant de clôture. Dans l’intérieur du faubourg il y a beaucoup de jardins, de promenades charmantes, de ruisseaux d’eau courante provenant des montagnes qui avoisinent la ville. Au midi de Palerme coule la rivière d’A’bbas نهر عباس, qui fait tourner des moulins en assez grand nombre pour suffire aux besoins des habitants de la ville. À l’orient et à une journée de distance on voit le château de Thermé تلعة ثـرمـــة[18] bâti sur une saillie qui domine la mer ; c’est une construction des plus belles et des plus vastes. Il est entouré de murailles et l’on y voit des vestiges d’anciens monuments et d’édifices parmi lesquels on remarque un amphithéâtre magnifique, qu’atteste la puissance de ceux qui l’élevèrent ; des fortifications, deux bains d’eaux thermales très-beaux, voisins l’un de l’autre et surmontés de constructions antiques. » À l’occident est un lieu très-agréable connu sous le nom de Tarbiat تـربيـعـــة (ou Carré), « où coulent des ruisseaux dont les eaux font tourner plusieurs moulins et où sont de vastes habitations dans lesquelles on fabrique une sorte de pâte filamenteuse, اطـريـــة (vermicelle ou macaroni), dont il se fait une exportation considérable, soit en Calabre, soit dans les provinces musulmanes, soit dans les pays chrétiens. Là coule aussi la Sella اسلّة, rivière considérable dont les eaux sont douces, et où l’on pêche au printemps le poisson connu sous le nom de Raï الرى. Dans la baie (de Thermé) on se livre à la pêche du thon. » À 12 milles de distance est le château de Bourcad برقاد, bâti sur une éminence où l’on voit de nombreuses habitations, un marché, une citerne pour les eaux pluviales. Auprès sont des cours d’eau, des moulins, des vergers, des villages populeux, des champs cultivés. Ce château est situé à 2 milles de la mer. » De là à Sakhrat el-Harir صخرة الحرير, (le roc de la Soie), « petit fort bâti sur un cap escarpé qui s’avance dans la mer, » 12 milles.

« Du côté de la terre sont des dunes sablonneuses, des champs fertiles et des lieux parfaitement cultivés. De là à Djefaloudi جفلودى (Cefalú), 1 faible journée.

« Djefaloudi est une ville fortifiée, bâtie sur les bords de la mer, possédant des bazars, des bains, des moulins, et dans l’intérieur de laquelle est une source d’eau douce et fraiche, servant aux besoins des habitants. Il y a un bon port où l’on aborde de toutes parts. Le pays est très-florissant et défendu par un château bâti au sommet d’une montagne presque inaccessible. »

De là à Touz’a تزعة (Tusa)[19], 1 journée faible.

« Ce fort, de construction ancienne, est solidement bâti et environné d’habitations. Le faubourg est situé au sommet d’une montagne escarpée, et l’on n’y parvient que par des chemins difficiles. Le territoire, formé de campagnes d’un sol excellent, est très-fertile, très-peuplé, très-bien cultivé. Touz’a est à environ 2 milles de la mer. De là à Cala’t el-Cawareh قلعة القوارب, fort également très-ancien, avec faubourg, de toutes parts entouré de champs cultivés, fertiles et bien arrosés, 12 milles. »

À la distance d’un mille et demi de ce fort est un mouillage fréquenté par les navires qui viennent y effectuer leurs chargements.

De là à Carounia القارونية (Coronia), fort où commence la province de Demones اقليم دمـنـش,i12 milles.

« Ce fort, composé de constructions très-antiques et d’ouvrages d’une époque plus récente, est entouré de jardins, de ruisseaux, de vignobles et de bois. Auprès du port situé à la distance d’un mille on remarque des filets (madragues), où l’on pêche quantité de thons. » De là à San-Marco شنت مارڪو, château très-important où l’on voit des ruines d’anciens monuments et de beaux édifices, 10 milles.

« San-Marco possède des marchés, des bains. On y trouve en abondance toute sorte de fruits, car la campagne qui l’environne est vaste, fertile et bien arrosée. Il y croît partout quantité de violettes qui embaument l’air des plus délicieux parfums. Le pays produit aussi beaucoup de soie, et sur la côte qui est fort belle, on construit des vaisseaux avec les bois provenant des montagnes environnantes. »

De là à Bassou باصو, « château situé à 2 milles de la mer, sur une éminence environnée de champs fertiles, de jardins, de cours d’eau, de moulins, dans un paysage riant et offrant les points de vue les plus agréables, » 10 milles.

De Bassou à Bactes بقطس, « fort bâti à 1 mille de la mer, dans une contrée également vaste, fertile, bien habitée et arrosée par des eaux courantes, » 12 milles.

De là à Lebiri لبيرى, lieu remarquable par sa beauté, « et château fort assez important, sur les bords de la mer, avec marchés, bains, habitations, champs cultivés, vignobles, eaux courantes et moulins, » 3 milles.

« Dans la baie, qui offre un bon mouillage, on pêche quantité de thons. »

De Lebiri à Milass, ميلاص (Milazzo), 12 milles.

« Milass est une place forte importante, bâtie sur Les flancs d’un cap qui s’avance dans la mer. Les constructions en sont très-solides et très-hautes. C’est un des lieux les plus beaux, comparable aux villes les plus populeuses, renommé par la grandeur des édifices, par la liberté dont on y jouit et par les ressources de toute espèce qu’offrent ses marchés. Cette place est environnée par la mer de tous les côtés, excepté du côté du nord. On peut s’y rendre par mer et par terre. Il s’y fait une grande exportation de très-bon lin ; les campagnes environnantes sont bien arrosées et très-fertiles. Il y a sur la côte des pêcheries de thon. »

De Milass à Messine مسينى on compte 1 faible journée.

La ville de Messine est située vers la pointe la plus orientale de la Sicile et entourée de montagnes (surtout) du côté de l’occident. « Ses rivages offrent un bel aspect ; son territoire se compose de vergers et de jardins produisant des fruits en abondance, et sillonnés par des cours d’eau qui font tourner plusieurs moulins. C’est une ville des plus remarquables, des mieux bâties et des plus fréquentées par les allants et les venants. On y construit des vaisseaux et on vient y jeter l’ancre de toutes les parties maritimes de la chrétienté. C’est là qu’on trouve réunis les plus grands vaisseaux, ainsi que les voyageurs et les marchands des pays chrétiens et musulmans qui y arrivent de toutes parts. Ses bazars sont bien approvisionnés, et on peut y conclure des affaires avantageuses, car il y a grand concours de vendeurs et d’acheteurs. Les montagnes environnantes produisent du fer qu’on transporte dans les pays circonvoisins. » Le port est l’un des plus admirables qui soient au monde ; car les plus gros bâtiments y mouillent si près du rivage, qu’une personne à terre peut facilement recevoir un objet quelconque des mains de celui qui est à bord du vaisseau.

C’est auprès de Messine qu’on voit le détroit qui sépare la Sicile de la Calabre, et dont le passage est difficile alors surtout que le vent souffle dans une direction contraire au courant, ou lorsque les eaux de la marée montante rencontrent celles du courant descendant ; alors le navire qui se trouve placé entre ces deux forces ne peut se sauver que par la permission de Dieu. La plus grande largeur de ce détroit est de 10 milles, et la moindre de 3 milles.

De Messine à Tabarmin طبرمين (Taormina) on compte 1 journée.

« Taormina est une place forte des plus anciennes et des plus respectables. Elle est bâtie sur une montagne qui domine la mer, avec un joli port où les navires viennent de toutes parts opérer des chargements de grains, des caravansérails et des marchés. C’est le rendez-vous des caravanes et des voyageurs qui viennent à Messine. À l’entour sont des villages populeux et des champs fertiles, une mine d’or, une montagne nommée Tôr طور, renommée par les miracles qui s’y opèrent ; des cours d’eau qui font tourner divers moulins, et un petit nombre de jardins. On y remarque aussi un pont magnifique attestant l’habileté et la puissance de celui qui le construisit, un amphithéâtre anciennement destiné aux jeux scéniques des Romains et dont les vestiges prouvent aussi une noble domination et un grand pouvoir[20]. »

À 1 journée de distance est Lebadj لباج (Aci Reale), « bourg situé sur les bords de la mer et dont les constructions sont anciennes. Les champs qui l’entourent sont très-fertiles, et l’époque des moissons y est plus précoce que dans le reste de la Sicile, à cause de la chaleur du climat. On en exporte de la poix résine, du goudron, du bois et divers autres objets. À l’occident de ce lieu est la montagne connue sous le nom de Djebel el-Nar جبل النار, ou la montagne du feu (l’Etna). De là à Catania قطانية on compte 6 milles.

« Cette dernière ville, également connue sous le nom de Beled-el-fil بلد الفيل, est belle, considérable et renommée. Située sur les bords de la mer, on y voit des marchés florissants, des habitations charmantes, de grandes et de petites mosquées, des bains, des caravansérails. Le port en est beau, très-fréquenté, et on y charge toutes sorties de marchandises ; les jardins nombreux et parfaitement arrosés. Il y existe une rivière présentant un phénomène des plus singuliers qui consiste en ce que, durant certaines années, les eaux y grossissent au point de faire tourner des moulins et de remplir une vallée, et que, durant certaines autres, elle est à sec au point de n’y point trouver à boire. Les édifices de Catania sont vastes, son territoire fertile et ses murailles très-fortes. L’éléphant d’où provient la dénomination de Beled el-fil est un talisman qui se compose de la représentation en pierre de cet animal. Ce talisman s’élevait autrefois sur une éminence ; on l’a transporté depuis à l’église d’un couvent dans l’intérieur de la ville. » À l’occident de Catania coule une rivière considérable dite la rivière de Moïse, se jetant dans le golfe de Catania, et abondante en poissons d’une grosseur énorme et d’un goût exquis.

Les villes de Taormina, Lebadj et Catania sont bâties du côté de l’orient et au pied du mont (Etna) dont il vient d’être fait mention. On compte 1 journée de Catania à Lentini لنتينى, château bien fortifié, possédant des marchés fréquentés qui lui donnent l’aspect d’une ville, et situé à six milles de la mer sur les bords d’une rivière du même nom, rivière que les navires peuvent remonter tout chargés, et qu’ils remontent en effet ; les marchandises sont débarquées ensuite vis-à-vis de la ville à l’orient. À l’occident sont de vastes plaines et des campagnes d’une vaste étendue. « On pêche dans la rivière des poissons aussi rares qu’excellents qu’on transporte dans tous les environs. Les marchés de Lentini sont en bon état ainsi que les caravansérails. On y voit toujours beaucoup de monde. » De là à Saragousa سـرقـوســة (Syracuse) on compte 1 forte journée.

« Cette dernière ville est l’une des plus célèbres et des plus remarquables du monde. On y voit nombre de bourgeois et de paysans, et il y vient des marchands de tous les pays. » Bâtie sur les bords de la mer, qui l’entoure de tous côtés, il n’y a pour y entrer et pour en sortir qu’une seule porte située au nord. « Au reste la célébrité de Syracuse nous dispense d’en parler avec beaucoup de détails : tout le monde sait en effet que c’est une métropole des plus illustres et un marché des plus renommés. » Il y a deux ports qui n’ont pas leurs pareils dans tout l’univers ; l’un, le plus vaste, au midi ; l’autre, le plus connu, au nord. On voit à Syracuse la source connue sous le nom de Fawarat el-Caboudhi فوارة القبوذى (la fontaine d’Aréthuse), qui surgit d’une caverne sur le bord de la mer, et qui est vraiment surprenante. « En fait de bazars, de marchés aux provisions, de caravansérails, de maisons, de bains, de beaux édifices, de places publiques, on y voit ce qu’il est possible de trouver de plus remarquable dans les plus grandes capitales. Le territoire qui en dépend est vaste, couvert d’habitations, fertile et parfaitement cultivé. On y charge du blé et d’autres productions pour tous les pays. Les jardins environnants produisent des fruits en quantité prodigieuse. »

De Syracuse à Notos نطوس (Noto), 1 journée.

« Notos, défendu par un fort très-haut et très-solidement construit, est une ville remarquable par sa beauté, par son étendue et par l’excellence de ses productions ; il y a des bazars d’une construction élégante, des édifices d’une grande solidité, des cours d’eau douce qui font tourner beaucoup de moulins, des dépendances considérables, des champs parfaitement ensemencés et très-fertiles. La ville est ancienne et possède divers monuments. » Elle est à huit milles de la mer, et dans l’intervalle qui l’en sépare, on trouve une station « dite Castirnoun قسترنن, dans un site agréable et entouré de champs cultivés. »

De Notos au cap qui forme l’extrémité orientale[21] de la Sicile on compte 1 journée : cet espace est entièrement désert. Le cap se nomme port de Bawales مرفى البوالص, {cap Passaro). De Notos à Chiklé شكله (Scichi), fort situé sur le sommet d’une montagne à 3 milles de la mer, on compte 1 journée.

« Ce fort est dans le meilleur état possible ; ses environs très-bien cultivés se composent de campagnes très-peuplées où se tiennent des foires fréquentées par les habitants de tous les autres cantons. Ces champs sont vastes, fertiles et entremêlés de jardins produisant beaucoup de fruits. On y vient par mer de tous les points de la Calabre قلورية, de l’Afrique افريقية, de Malte مالطة, et d’ailleurs. La situation de Scicli est des meilleures, ses grains des plus estimés et les affaires de commerce qu’on peut y entreprendre, des plus sûres. Ces campagnes sont arrosées par des cours d’eau sur lesquels sont divers moulins. » On y voit une source connue sous le nom de source des temps, et offrant cette particularité, qu’elle coule aux moments prescrits pour la prière, et qu’elle tarit en tout autre temps. De là à Raghous رغوس, (Ragusa), lieu bien fortifié et petite ville « ancienne, entourée de cours d’eau et de rivières qui font tourner beaucoup d’usines et de moulins, et située au milieu de vastes et de fertiles campagnes, » 13 milles.

Cette ville est à sept milles de la mer. La rivière qui porte son nom coule du côté de l’orient[22], et forme à son embouchure dans la mer un port où les vaisseaux peuvent entrer, charger et décharger leurs marchandises. « On y vient de tous les pays. »

De Raghous à Buthira بثيرة (Butera) on compte 2 faibles journées ou 4 milles. « Buthira est un château fort bâti sur une éminence et environné de campagnes bien peuplées. Il a l’aspect d’une grande ville, car les édifices y sont beaux, les maisons d’une remarquable solidité et les bazars bien disposés. Il y a plusieurs mosquées principales, des bains et des caravansérails. La ville est entourée par une très-grande rivière dont les eaux servent à arroser de tous côtés des jardins produisant quantité de fruits admirables. » De Buthira à la mer on compte environ 3 milles, et à Lenfiadha لنفياذة[23], i1 journée où 25 milles. Lenfiadha est une place forte bâtie sur un rocher ceint par la mer et par une rivière, en sorte qu’on ne peut y pénétrer que par une seule porte. Il y a un port fréquenté par les navires qui viennent y opérer leurs chargements, des édifices, un marché et des dépendances considérables produisant d’excellent blé. La rivière qui se jette dans la mer s’appelle Nahr el-Melb نهر يلملح (Fiume Salso). On y pêche beaucoup d’excellent poisson. De là à Ghirghent كركنت, (l’ancienne Agrigente) on compte 1 journée ou 25 milles.

« Agrigente est une ville habitée par les plus nobles familles et fréquentée par les voyageurs. Son château est très-fort et très-haut. La ville est agréable, antique et renommée dans tous les pays, soit à cause de l’importance de ses fortifications, soit à cause des avantages qui la distinguent. C’est un lieu de réunion pour les navires et un centre de communications. Ses édifices sont des plus hauts et ses quartiers des plus dignes d’attirer l’attention des voyageurs. Il y a des bazars où l’on trouve à acheter toute sorte de productions et de marchandises. La ville est entourée de jardins et de vergers admirables qui produisent diverses espèces de fruits. L’importance de ses monuments atteste une antique splendeur. Les plus grands vaisseaux peuvent y trouver de quoi opérer leurs chargements, même dans les temps de disette, à cause de la quantité d’approvisionnements contenus dans ses magasins. Les jardins et les blés d’Agrigente sont en grand renom. Elle est située à 3 milles de la mer. » De là à Chaca الشاقة (Sciacca) on compte 1 journée ou 25 milles. Chaca est une petite ville située sur les bords de la mer occidentale[24]. Il y a des édifices publics, des marchés et beaucoup de maisons. Elle est actuellement le chef-lieu de divers districts et des dépendances qui l’environnent. Son port est constamment en bon état, et des navires y arrivent sans cesse de Tripoli طرابلوس, et (du reste) de l’Afrique افريقية. L’une de ses dépendances est Calat el-Belout[25] قلعة البلوط (ou des Chênes), château fort construit sur le sommet d’une montagne d’un difficile accès, entoure de campagnes fertiles et de villages où l’on trouve en abondance diverses espèces de fruits d’un goût excellent. Le pays est arrosé par des eaux de source et par des rivières qui font tourner les moulins. Il y avait naguère une population nombreuse qui a émigré et s’est transportée à Chaca. Il ne reste plus à Cala’t el-Belout qu’une faible garnison pour la défense du château, situé à 12 milles de distance de la mer, à 9 milles de Chaca et à 1 forte journée d’Agrigente. »

De Chaca à Mazara مازر (Mazzara) on compte 2 faibles journées. « Mazara est une ville charmante, bien bâtie, et qui n’a pas sa pareille en fait de situation et d’agréments. La beauté de ses constructions est au-dessus de tout éloge, et les avantages dont elle jouit dépassent tous ceux qu’on pourrait trouver dans d’autres résidences. Elle est entourée de murailles hautes et solides : les maisons y sont belles, les rues larges, les quartiers et les bazars en bon état et remplis de boutiques de marchands et d’ouvriers. Les bains y sont bien tenus, les caravansérails vastes, les jardins fertiles et parfaitement cultivés, On vient à Mazara de tous les côtés, et on en exporte une quantité considérable de productions. La province, qui est très-étendue, comprend un grand nombre de belles habitations et de villages. » Au pied des murs de la ville coule la rivière dite Wadi’l-Madjnoun وادى المجنون (ou la rivière du Fou) ; elle sert, soit au chargement des navires, soi à l’hivernage des navires.

« De Mazara à Mars A’ly مـرس على (Marsala) on compte 8 milles. Marsala, qui jadis avait été l’une des villes les plus anciennes et les plus nobles de la Sicile, fut ensuite ruinée ; mais elle a été restaurée par le comte Roger Ier القومـس فجار الاول, qui l’a entourée de murs. Elle possède maintenant des habitations, des marchés et des caravansérails. Son territoire est considérable et sa juridiction étendue. Il y vient beaucoup d’Africains اهل افريقيـة. On y boit de l’eau de puits pratiqués dans les maisons et de l’eau des sources existantes dans le voisinage. Il y a des bazars, des bains, des jardins et de bonnes cultures. » De là à Trabanos طرابنوس (Trapani), on compte 1 journée ou 23 milles.

Cette dernière ville, ancienne ou plutôt antique, est située sur les bords de la mer dont les eaux l’environnent de toutes paris, en sorte qu’on n’y peut parvenir qu’au moyen d’un pont et d’une porte situés à l'orient de la ville. Le port est au midi et parfaitement sûr et tranquille. La plupart des navires y passent l’hiver à l’abri de tout danger maritime. « On y pêche quantité de poissons, et notamment l’espèce de poisson connu sous le nom de thon, au moyen de très-grands filets (ou de madragues), et de très-beau corail. Près de la porte de la ville est un marais d’où l’on extrait du sel marin. Le territoire environnant est cultivé et fertile. Trabanos possède en outre de grands marchés où l’on trouve des provisions en abondance. » Dans son voisinage sont l’île du Moine جزيرة الراهـب (Favignana ?), l’ile de Iabesa يابسه (Levansa ?) et l’île de Melitma مليطمة (Maretimo). On trouve dans chacune de ces îles un port, des puits et des buissons. « Quant à Trabanos, on y mouille même en hiver, à cause de la bonté de son port et de la tranquillité de la mer qui l’environne. » De cette ville à Djebel Hamed جبل حامـد, montagne très-haute, trèsescarpée, au sommet de laquelle il existe un plateau fertile, beaucoup d’eau et un château fort abandonné, environ 16 milles.

De là à el-Hâma الحامـة[26] on compte 20 milles.

El-Hâma est un château très-fort, compté au nombre des meilleures citadelles, et ayant la mer au nord à la distance d’environ 3 milles. Le port qui en dépend, défendu par un château connu sous le nom de Madradj مدراج[27], est fréquenté par les navires et on y pêche le thon avec de grands filets. Quant au nom de Hâma الحامة, il fut donné à ce château parce qu’en effet on y voit une source d’eau thermale sortant d’une roche voisine et où l’on vient se baigner. La température de cette eau est modérée et sa saveur douce et agréable. Auprès de là sont des ruisseaux et des cours d’eau faisant tourner des moulins, des champs cultivés, des promenades et des jardins produisant des fruits en abondance. Les dépendances d’el-Hâma sont vastes et fertiles. » La distance qui sépare ce lieu de Frabanos est d’une faible journée. D’el-Hâma à Cala’t Nawa قلعة نوى on compte 10 milles.

« Ce dernier château est très-fort, environné d’un fertile territoire, et distant de la mer d’environ 4 milles. Il en dépend un port où l’on vient charger du blé et d’autres grains en grande quantité, et une carrière[28] d’où l’on extrait des meules pour les moulins à eau et pour les moulins à manége. » De Cala’t Nawa à el-Hâma الحامة, 10 milles.

Et du même lieu à Bartenic برطنيق, (Partenico), 12 milles.

« Bartenic est une jolie petite ville d’un aspect extrêmement agréable, et entourée de fertiles campagnes où l’on cultive beaucoup de coton, le henné[29] et diverses autres sortes de végétaux. et arrosée par un cours d’eau qui fait tourner plusieurs moulins. Le fort est bâti sur une éminence connue sous le nom de Djenan جنان. Quant au port, il porte le nom d’el-Rokn الرڪن (l’Angle), et est situé au nord et à environ 2 milles de la ville.

De là à Chinich شنيش (Cinisi[30]), « station assez importante, située au bas d’une montagne, dans un territoire où la végétation, les pâturages et les fruits sont abondants, » ayant la mer au nord, à 4 milles environ de distance[31]. De là à Acarnich اقرنيـش[32],i8 milles.

« Acarnich est une ville petite, mais jolie et bien fortifiée, dont le territoire produit beaucoup de fruits. Ses marchés sont nombreux et, ainsi que les bains et les maisons, plus vastes que ne le comporte la population. On exporte de ce pays beaucoup d’amandes, de figues sèches et de caroubes qu’on charge sur des embarcations et qu’on envoie dans la majeure partie de la contrée. Il y a de l’eau douce qui se répand dans les environs et pénètre dans les jardins, et un fort construit sur une éminence distante de la mer d’environ 1 mille. » De là à Palerme بلرم on compte 12 milles.

Tels sont les trente-cinq lieux (de la Sicile) situés sur le littoral de la mer. Il existe un grand nombre d’autres châteaux, forts, bourgs et villages dans l’intérieur : nous nous proposons de les décrire un à un en commençant par donner l’itinéraire de la ville (Palerme) à Cassr Iani قصر ياني (Castro-Giovanni), lieu situé vers le centre de l’île.

De la ville (Palerme) au château de l’Émir قصر الاميـر, « retraite agréable, lieu fortifié et arrosé, entouré de champs ensemencés, » en se dirigeant vers l’orient, 6 milles.

De là à el-Khazan الخزان[33], « très-beau fort construit sur le sommet d’une montagne, entouré de champs des plus fertiles, et dans un état des plus prospères, » 6 milles.

C’est là que prend sa source la rivière dite de l’Émir, « qui, descendant par divers canaux, réunit ses eaux à celles de la rivière de Cadjana قجانه, lieu situé au nord, à 9 milles de distance de Hicla حقلة (l’ancienne Hyccara ?). La jonction a lieu au-dessous de Mirnao مـرناو, station qui reste à droite du voyageur, à 1 mille et demi de Cadjana. Ces eaux coulent ensuite vers Menzil el Émir منزل الاميـر, qui reste au nord et à 1 mille et demi de distance de la rivière. De Mirnao à Menzil el-Émir on compte 6 milles ;

« Et du même lieu à la mer, 1 fort mille. »

D’el-Khazan الخزان à Hicla حقلة[34], une demi-journée ou 10 milles.

De Menzil el-Émir à Hicla حقلة, même distance.

« Ce dernier lieu est situé dans un bon pays et possède de vastes dépendances, des villages, des auberges, des eaux qui sont distribuées et répandues dans la campagne, des champs cultivés. » D’el-Khazan à Bicoua[35] بيقوا, « château fort et feu de refuge très-bien fermé, entouré d’eaux courantes et de nombreuses cultures, » situé à 1 mille de distance de la rivière qui coule vers Termèh ترمه, dite el-Saïlah السيلة,i15 milles.

« De Bicou à Betrana بـتـرانـة, (Petralia ?), château fort bien défendu, dont le territoire est fertile en grains et dont les dépendances habitées sont limitrophes au territoire de Bicou, 9 milles. »

D’el-Khazan الخزان à Djatoua جاتوا, environ 15 milles.

« Djatoua est un fort construit sur une éminence et d’un très-difficile accès. La campagne qui l’environne est fertile en grains d’une qualité parfaite. Il y existe une prison destinée à renfermer ceux qui ont encouru la colère du roi. Mais ce fort n’est pas pourvu d’eau courante, et il n’y a dans les environs aucune rivière. »

De Djatoua à Tori (ou Torzi, selon le ms. B) طرّى ou طـرزى, château remarquable par son antiquité et la solidité de sa construction, et la fertilité de son territoire, » 9 milles. Ce territoire confine du côté du nord avec celui de Djatoua, et du côté du midi avec celui de Corlioun قرليون (Corleone), ville située à environ 8 milles de distance. De Corlioun à Cala’t el-Tarik قلعة الطريق, en se dirigeant vers le nord, on compte 9 milles arabes, ce qui équivaut à 3 milles francs, car ce dernier vaut 3 milles arabes.

« Corlioun, قرليون (Corleone) est une place très-forte dont les maisons sont contiguës, et située non loin d’une rivière du même nom, » à la distance de 8 milles, en se dirigeant vers l’occident, de Raïah رايه, de 5 milles francs de Djatoua جاتوا, de 10 milles, en se dirigeant vers l’orient, de Bozroua بزروا (Pozzo Reale ?), « bonne forteresse, environnée d’un faubourg bien peuplé d’eaux courantes, de fontaines et de champs cultivés d’une grande fertilité et d’une vaste étendue, » et à 12 milles de Cassr Novo قصر نوبو (Castro-Novo), « lieu très-agréable, offrant toute sorte de productions, de choses utiles, et arrosé par des eaux courantes. »

De Cassr Novo قصر نوبو à Raïah رايه, (en se dirigeant vers l’occident) on compte environ 12 milles ;

Et de Corlioun à Raïah, 8 milles[36].

Au reste Bozroua بزروا est située au nord, Cassr Novo قصر نوبو à l’orient ; Corlioun قرليون au couchant, et Raïah رايه au midi. Cette dernière station est noble, « éminente et remarquable par la fertilité (en grains) de ses champs, qui sont des terres de bénédiction[37].

« Quant à la rivière d’el-Saila نهر السيلة, qui n’est autre que la rivière de Termèh نهر ثرمه (Termini ?), elle prend sa source dans la montagne dite Raïah الجبل المسمى رايه, vers l’occident ; coule vers le nord jusqu’à ce qu’elle atteigne les eaux de Bozroua qu’elle laisse à droite vers l’est, à 4 milles de distance ; continue son cours vers la station de Marghana مرغنـة, située au nord à 1 mille de distance. (De Marghana à Bosroua on compte 4 milles.) Cette rivière passe ensuite au-dessous de Bicou, بيـقـو, qui reste vers la droite à 1 mille. (De Marghana à Bicou on compte 3 milles.) Là elle mêle ses eaux avec celles du Rigonovo ربغنوبو, (qui prend sa source dans la montagne de Zarara زرارة, vers un lieu nommé el-Ghadran الغدران (les Étangs), où elle recoit les eaux du Menzil Iousouf منزل يـوسف (la Station de Joseph), lieu situé vers la droite. Toutes ces eaux se réunissent au-dessous de Bicou بيقو, se dirigent ensuite vers Betrana بترانه (Petralia ?), qui reste à droite à 3 milles de distance (de Bicou بيقو à Betrana بترانه on compte 9 milles) ; coulent vers Alaberdja الابرجا, qui reste à droite à 3 milles de distance (d’Alaberdja à Betrana, 2 milles) ; passent auprès de Cacabech ققبش, qui reste à droite à 2 milles (d’Alaberdja الابرجا à Cacabech, ققبش,i2 milles) ; enfin cette rivière termine son cours à Termèh تـرمـه, qui reste à droite (de Cacabech ققبش à Termèh, 10 milles), et se jette dans la mer.

« De Hicla حقلة, dont il a été question, à Khassou, خاصو, lieu fertile en grains de toute espèce, on compte 2 milles francs.

« De Khassou خاصو à Bicou بيقو,i2 milles. »

De Corlioun قرليون à Batalari بطلارى, vers le midi, 4 milles.

« Batalari est un fort antique, solidement construit, entouré de montagnes et de sources d’eau vive, à 10 milles de distance de Cala’t el-Belout قلعة البلوط (Caltabellota) dont nous avons déjà parlé, et qui est à 4 milles francs ou à 12 milles arabes de Chaka شاقه (Sciacca). »

De Touri طورى (ou Tourzi طورزى) à la station dite Rahl el-Marat رحل المراة (ou de la Femme), lieu bien habité, produisant du blé, du lait, du beurre en abondance, » 18 milles arabes[38].

De cette station à Bartenic برطنيق, (Partanna ?), 1 faible journée ou 18 milles ;

Et à Alsanam الصنام, en se dirigeant à l’occident sur la route de Mazara مزر (Mazzara)[39], 9 milles arabes.

« Alsanam est un bourg considérable, très-peuplé, défendu par un château fort très-élevé, entouré d’arbres, de jardins et d’eaux courantes. » D’Alsanam à Mazara مزر, ville dont nous avons déjà fait connaître l’importance, 7 milles francs[40].

Revenons à Cassr Novo قصر نوبو (Castro-Novo) dont il a déjà été question. Nous disons donc que c’est là que la rivière de Blatanoua بلاطـنـوا, (Platani, l’ancien Lycus) prend sa source. Cette rivière, qui est considérable, passe à Cammarata قمراطه, puis à Blatanoua بلاطـنـوا, puis se jette dans la mer. De Cassr Novo à Cammarata on compte 10 milles : et de Cammarata à Blatanoua, 30 milles ou 1 journée. « Cammarata est une ville assez importante dont les vergers sont bien cultivés, la citadelle forte et dominante, et dont les alentours produisent beaucoup de fruits. Il en est de même du fort de Blatanoua, situé sur une éminence, et à environ 6 milles de la mer.

« Revenant sur nos pas, nous disons que du fort de Djatoua جاطوا, dont il a déjà été question, au fort d’Aubi اوبى, également indiqué ci-dessus[41], on compte 5 milles francs.

D’Aubi à A’lcamt علـقمـة, « station vaste et commode, champs cultivés, marché permanent, commerce, industrie, » 1 mille et demi arabe.

D’A’lcamt علقمة à Mirdja ميرجا, « petit château fort avec faubourg, terroir fertile, » 1 mille vers le nord.

De là à el-Hâma الحامة dont nous avons déjà parlé, 1 mille franc.

D’el-Hâma à Madradj مدراج, « château fort remarquable par la solidité de ses constructions situées sur une éminence, et par les fossés qui l’environnent et qui, creusés dans le roc, ne laissent d’accès qu’au moyen d’un pont de bois qu’on peut supprimer ou rétablir à volonté, jardins fruitiers, vignobles, petit port, » 2 milles francs.

De Madradj مدراج à Aubi اوبى, ci-dessus mentionné, 3 milles francs.

D’Aubi à Bartenic برطنيق, ci-dessus mentionné, 3 milles.

De Bartenic à Djatoua جاتوا, ci-dessus mentionné, 13 milles.

Revenant de nouveau sur nos pas, nous disons que d’el-Hâma الحامة à Calat Afimi قلعة فيمى, « château fort de construction ancienne et irréprochable, avec faubourg florissant, champs, bosquets, peu d’eau, » environ 18 milles.

De là à Cala’t Alsanam قلعة الصنم, dont nous avons déjà parlé, 12 milles.

De là à Rahl el-Caïd رحل القايـد,i10 milles.

De là à Alasnam الاصنام, sur les bords de la mer, 10 milles.

C’est dans la montagne d’Alsanam الاصنام que la rivière de Thouth طوط (du Mûrier) prend sa source. Elle traverse le territoire d’Alsanam qu’elle laisse à l’occident, et continue de couler vers la mer où elle se jette dans le voisinage de Mazara مـازر, point d’où nous reprenons notre itinéraire, en disant que de là à Cassr Ebn Matkoud قصر ابن متكود, situé au nord-est, on compte 15 milles.

De là à la station de Sindi سندى,i6 milles ;

Puis à Rahl el-Armal رحل الارمـل, au nord-ouest, 9 milles.

De Sindi سندى à Calat Mour قلعة مـور, à Batalari, en se dirigeant vers l’orient, 6 milles.

« Cassr Ebn Matkoud قصر ابن متكود est un château fort dont le territoire est vaste et les dépendances considérables. Il y a des champs, des jardins et un marécage fertile. Beldja بلجة, est également un lieu très-fort, très-haut et très-susceptible de défense, car il est entouré de tous côtés par des montagnes et protégé par des marais. À l’entour sont des bosquets et quelque peu de champs cultivés. » La rivière d’el-Careb نهر القارب qui coule dans son voisinage, prend sa source dans les montagnes qui ceignent, du côté du nord, le territoire de Corlioun قرليـون (Corleone) ; passe à l’orient de cette ville, se détourne ensuite vers l’occident, baigne la partie occidentale du territoire de Sindi سندى, traverse un pays montagneux situé au midi, passe à l’orient de Beldja بلجة, puis à A’ïn el-Huboub عين الحبوب, et finit par se jeter dans la mer auprès d’Alasnam الاصنام. Son cours, à partir de sa source jusqu’à son embouchure, est de 50 milles.

« De cette embouchure à celle du Salmoun سلمـون, cours d’eau de peu d’étendue qui prend sa source dans une montagne, et distant de Chaca شاقة (Sciacca) de 12 milles, on compte 5 milles ;

Et de Chaca شاقة à Blatanou بلاطنو,i17 milles.

« Blatanou بلاطنو (Platanella ?) est un lieu de refuge remarquable, environné de campagnes fertiles, de jardins, de bosquets, fréquenté par les voyageurs et bien peuplé. » La rivière qui porte le même nom coule à l’orient de ce lieu d’où, en se dirigeant vers l’orient, on se rend à Ghardouta غرذوته, « station agréable et peuplée, dont les environs sont parfaitement cultivés ; » puis à Sotir صطير (Sutera), « lieu situé au nord, environné de toutes parts de montagnes, florissant, peuplé, fréquenté par les allants et les venants. La distance que l’on parcourt est de 9 milles. »

De Sotir سطير (Sutera) à Cammarata قمراطه, dont il a déjà été question, 18 milles.

De même, de Djirdjent جرجنت, (Agrigente) à el-Menchar المنشار (la Scie), en se dirigeant vers le nord-est, 18 milles.

« El-Menchar المنشار est un fort bâti sur le sommet d’une montagne escarpée, habité, florissant et environné de terrains cultivés et fertiles. De là à el-Kita’a القطاع (Siculiana), lieu également situé vers le midi, sur une éminence, bien peuplé et dans « le meilleur état de culture, 10 milles. »

D’el-Kita القطاع à Djirdjent جرجنت, (Agrigente), en se dirigeant vers l’ouest, 12 milles ;

Et à Blatanou بلاطنو, en se dirigeant vers le nord, 20 milles.

De Djirdjent جرجنت, (Agrigente) à Naro نارو, en se dirigeant vers l’orient, 12 milles.

« Naro est une résidence agréable où l’on voit des bazars très-fréquentés et une industrie active. Il y a un marché à jour fixe, des champs contigus et des édifices publics. » De Naro à el-Kita’a, en se dirigeant vers le nord, 10 milles ;

Et à Sabouca سابوقه, vers l’orient, 12 milles.

D’el-Kita’a à Sabouca, également 12 milles.

De Menchar à Sabouca, en se dirigeant vers le sud-est, 11 milles.

« Sabouca سابوقه (Sambuca) est une place forte dont la population est considérable, et un lieu d’entrepôt pour les grains, abondant en ressources, où l’on trouve toutes sortes de productions utiles. » De là à Cala’t el-Nisa قلعة النسا (Caltanisetta, le château des Femmes), sur le chemin de Djirdjent فى طريـق جرجنت,i12 milles ;

Et de Naro à Cala’t el-Nisa, en se dirigeant vers le sud-est, 21 milles.

« Cala’t el-Nisa قلعة النسا, château d’une belle construction, se fait remarquer par ses habitations contiguës et par l’abondance des ressources que son territoire offre en grains et en fruits. » La rivière Salée النهـر الملح (Fiume Salso) coule à l’orient et à peu de distance de ce château, situé à 18 milles de Cassr Iani قصر يانى (Castro-Giovanni).

« La ville de Cassr Iani قـصـر يانى[42] est bâtie sur le sommet d’une montagne et défendue par une citadelle très-forte. Ses dépendances sont vastes, ses édifices imposants, ses bazars d’une belle disposition, ses maisons d’une construction solide. On y exerce divers arts et divers métiers, et l’on s’y livre au commerce. La juridiction de cette ville s’étend au loin ; ses champs sont fertiles, les grains de bonne qualité, la température de l’air fraîche et de nature à rendre la santé aux personnes qui y arrivent. En somme c’est une résidence des plus agréables. Bien qu’elle soit située sur une montagne, cependant on y trouve des champs cultivés, et de l’eau courante qui n’a pas besoin d’art pour être répandue sur le sol, qui est d’excellente qualité. C’est, d’ailleurs, une place de difficile accès et (pour ainsi dire) imprenable. »

De Cassr Iani قصر يانى à Madijkian مجكان, en se dirigeant vers le nord, 18 milles.

« De Madjkian à Cassr[43]… en se dirigeant vers le sud-est, 15 milles. »

De Madjkian à Sotir سطير (Sutera), en se dirigeant vers l’occident, 15 milles.

« De Sotir سطير (Sutera) à Djirdjent جرجنت, (Agrigente), 36 milles ou 1 forte journée. La route passe par Gharcoudha غرقوظه, déjà mentionné ; par el-Menchar المنشار, par el-Kita’a القطاع, et aboutit à Djirdjent جرجنت. »

De Sotir سطير à Cassr Novo قصر نوبو, lieu situé vers l’orient, 24 milles.

« (Nous avons décrit ces divers châteaux et lieux de refuge durant le cours du présent ouvrage.) » De Djirdjent جرجنت à Carcoudi قرقودى, vers l’orient, on compte 118 milles[44].

De Carcoudi à Naro نارو,i24 milles.

De Naro à Djirdjent جرجنت,i12 milles.

De Naro à Cala’t el-Nisa قلعة النسا,i21 milles.

De Cala’t el-Nisa قلعة النسا, en se dirigeant vers le midi, à Carcoudi قرقودى, i15 milles.

« Carcoudi قرقودى est un joli pays situé sur une montagne du plus difficile accès. Cependant le terrain y est très-productif et les cultures très-renommées. La rivière Salée نهر الملح (Fiume Salso) coule auprès de là, vers l’orient. Cette rivière prend sa source dans un pays boisé dit Cha’ra Nouar شعرا نوار, qui est situé dans le voisinage (à 1 mille et demi) de Hicla حقلة. Elle dirige ensuite son cours vers le midi, passe vis-à-vis (à 1 mille) de Hicla حقلة, atteint ensuite Hama الحمة, puis la station nommée Haraca حراقة, qu’elle laisse à droite à la distance d’un jet de pierre (on compte 6 milles entre Hicla et Hama). Durant toute cette partie de leur cours, les eaux de cette rivière sont douces ; mais parvenues dans le territoire et à droite de Madjkian مجكان, elles traversent des marais salants et y deviennent saumâtres. Cette rivière passe ensuite à l’occident de Cassr Iani قصر يانى (Castro-Giovanni) et à l’orient de Cala’t el-Nisa قلعة النسا, à 5 milles de distance, puis à 2 milles de Hadjar el-Mathcoub حجر المثقون (la roche Percée), lieu situé vers l’orient à 2 milles de distance, puis à l’orient de Darcouni درقونى, lieu situé, comme nous l’avons déjà dit[45], à 9 milles de distance, et où la rivière change son cours et se dirige exactement vers l’occident. Parvenu à Lenbiada لنيادة (Alicata ?), elle tourne vers le midi et se jette dans la mer, à peu de distance de cette ville.

« De Darcouni درقونى à Buthira بثيرة (Butera), en se dirigeant vers le midi à travers la montagne, on compte 12 milles :

« Et en passant par la plaine, 24 milles. »

De Buthira à Lenbiada لنيادة,i19 milles.

« Nous avons déjà fait mention de Lenbiada dans la description des villes du littoral. »

De Buthira بثيرة à Cheliata شلياطة on compte, en se dirigeant vers le nord-est, 12 milles.

« Cheliata شلياطة est située dans une plaine arrosée par des eaux courantes, connue par sa fertilité et par l’abondance de ses productions. La rivière dite d’el-A’sl الـعـسـل (ou du Miel) coule à l’occident de cette plaine ; de là, en se dirigeant vers le nord et à 10 milles de distance, on trouve Ablatana ابلاطنة, château fort où se tient un marché à jour fixe, environné de champs cultivés produisant beaucoup de grains, et de jardins abondants en fruits. C’est auprès de là que la rivière dont nous venons de parler prend sa source. D’Ablatana à Darcoudi درقودى, vers l’occident, on compte environ 15 milles ;

« Et à Hadjar el-Mathcoub حجر المثقوب, même distance.

« Hadjar el-Mathcoub حجر المثقوب (pietra Perzia) est un fort de bonne défense et un lieu de refuge très-sûr dont les dépendances sont vastes, fertiles et bien arrosées. » De ce lieu à Cassr Iani قصر يانى (Castro-Giovanni) on compte 12 milles ;

À Cheliata شلياطة,i25 milles :

À Calat el-Nisa قلعة النسا (Caltanisetta), au nord-ouest, 7 milles.

De Cheliata à Cala’t el-Djenoun قلعة الجنون (le château de la Folie), qu’on nomme aussi el-Khanzaria قلعة الخنزارية, « fort construit sur le sommet d’une montagne et entouré de champs cultivés où l’on recueille beaucoup de miel, » 10 milles.

D’el-Khanzaria الخنزارية à Ragous رغوص, (Ragusa), 25 milles.

« Cette dernière résidence est agréable. Les maisons y sont solidement bâties et fort hautes, le château de bonne défense. Auprès coule une rivière qui porte le même nom. De Ragusa à la mer on compte 12 milles ; »

Puis, en se dirigeant vers l’orient, à Chikla شكلة (Scicli), 12 milles (Chikla est à 8 milles de Modica مودقه) ;

Et, vers le nord, à Modica à مودقه,i5 milles.

« Modica مودقه, située dans un pays de montagnes, est cependant fertile en grains et en productions de toute espèce. De là à Cala’t Abi Chama قلعة ابي شامة, en se dirigeant vers le nord, 16 milles. »

D’Abi Chama ابى شامة, vers le midi, à Ragous رغوص,i16 milles :

Et à Lentini لنتنى,i24 milles.

« Abi Chama ابي شامة (Buscemi) est un château fort et un lieu de refuge situé dans un pays montueux et boisé, où les rivières nommées el-Arou, الارو et Bentargha بنتارغة prennent leur source. Celle-ci (la Bentargha) a son embouchure auprès de Syracuse سرقوسة, et l’autre (l’Arou) décharge ses eaux dans la mer vers l’angle le plus méridional de la Sicile. »

De Lentini à Bizini بزينى (Vizzini), en se dirigeant vers le nord-ouest, 25 milles.

De Ragous رغـوص, à Bizini, 20 milles.

De Cheliata شلياطة à Bizini بزينى, lieu environné de terres excellentes et bien cultivées, et situé sur le penchant d’une montagne d’où découlent deux rivières qui se réunissent à une certaine distance, traversent la montagne, longent un pays boisé, et, prenant le nom de rivière d’Akarlamou وادى اڪرلمو, se jettent dans la mer, » 25 milles.

De Bizini بزينى à Abi Chama ابى شامة,i25 milles.

D’Abi Chama à Notos نطوس (Noto), 30 milles.

De Notos à la mer, du côté de Malte, من جهة مالطة,i20 milles.

De Notos à la Bentargha بنتارغه[46], « rivière qui coule autour des montagnes de Syracuse, après avoir pris sa source, ainsi que nous l’avons dit, auprès d’Abichama, » 19 milles.

De cette rivière à Syracuse, en se dirigeant vers l’orient[47], 19 milles ;

Et à Lentini, vers l’occident, 12 milles.

De Lentini à Minaou ميناو (Mineo), « joli château fort situé dans les montagnes de Bizini بزينى, (Vizzini), entouré de sources d’eau jaillissante, de champs ensemencés, de vergers et de pâturages ; sol excellent ; » en se dirigeant vers le sud-ouest, 24 milles.

« De Minaou ميناو à Bizini بزينى, vers le midi, 14 milles ; »

À Khanzaria خنزارية, vers l’ouest, 10 milles ;

À Calat el-Far قلعة الفار[48], vers le nord, 3 milles ;

Et à Menzil Meldja Khalil منزل ملجة خليل,i9 milles.

« Cette dernière résidence est très-populeuse et très-fertile. Au midi sont des montagnes où la rivière dite Boukrit وادى بوكريط, prend sa source. » De Menzil Abi Khalil منزل ابى خليل à Khanzaria خنزارية, vers le sud, 9 milles.

De Menzil Khalil منزل خليل à Cassr Iani قصر يانى (Castro-Giovanni), 24 milles.

De Minaou منغاو, en se dirigeant exactement vers l’orient à travers les montagnes, à Boukir بكير,i18 milles.

« Boukir بكير (Buccheri) est situé dans une plaine parfaitement cultivée, remarquablement fertile en grains, en fruits, et contiguë du côté de l’occident à la forêt de sapins connue sous le nom de Benit بنيط. »

De Boukir à Lentini, ville située au nord, 20 milles ;

À Abi Chama, vers le sud, 7 milles.

« Les territoires de ces deux villes se confondent et se touchent en quelques lieux, »

De Cassr Iani قصر يانى (Castro-Giovanni) à ابلاطسة[49], « fort situé au midi entre el-Khanzaria الخنزارية et Hadjar el-Mathcoub حجر المثقوب (pietra Pierza), à 14 milles de ce dernier lieu, » 20 milles.

« D’Ablatsa ابلاطسة à Cheliata شلياطة, vers le midi, 12 milles.

« De Menzil Khalil منزل خليل à Baterno باطـرنـو (Paternò), 20 milles.

« D’Abi Chama à Balensol بلنسـول (Palazzuolo), 2 milles.

« De Balensol à Kiri قيرى (ou Mouri مورى, d’après le ms. A), 22 milles. »

D’Ablatsa à Aïdouli ايدولى (Aidone), vers le nord, 12 milles.

C’est à Aïdouli que prend sa source le Ronbolo رنبلـو, rivière qui, coulant vers l’orient, réunit ses eaux à celles de Boukrit بوكريط[50], dont nous venons de parler, puis à celles du Wadïl-Tin وادل الطين (ou la rivière Bourbeuse), au bout de 8 milles. Toutes ces eaux se dirigent vers la mer et, après s’être réunies au Wadi Mousa وادل موسى, ne forment plus qu’un seul affluent qui se décharge dans la mer, D’Aïdouli à Cassr Iani قصر يانى (Castro-Giovanni) on compte, en se dirigeant au nord-ouest, 15 milles ;

Et à Meldja Khalil ملجة خليل, environ 10 milles.

De Cassr Iani قصر يانى, en se dirigeant vers le nord, à Tabes طابس (Tavi ?), 10 milles.

« Tabes est un château fort et un lieu de refuge construit sur une émimence ; il y a de l’eau et des cultures. Le Wadi’l-Tin وادى الطين, prend sa source auprès de ce fort, coule vers l’orient, puis se jette dans le Wadi Mousa وادى موسى, dans le voisinage de la mer. De Tabes طابس à Djoudica جودقـة, vers l’orient, 12 milles ;

« Et d’Aïdouli à Djoudica[51], vers le nord, également 12 milles.

« Djoudica جودقـة est une résidence considérable, très-peuplée, et environnée d’un vaste et fertile territoire qui produit beaucoup de grains. » De là à Meldja Khalil ملجة خلـيـل, vers le midi, 13 milles.

De Tabes طابس à Sant Filit سنت فليت (San Filippo), vers le nord, 11 milles[52] ;

À Chentorb شنتـورب (Centorbi), 15 milles.

« Chentorb est un très-beau lieu dont les campagnes sont très-productives, très-vastes et très-populeuses. Il est exactement situé à l’orient de Sant Filit سنت فليت (San Filippo d’Argiro), et l’une des résidences les plus agréables et l’un des plus nobles séjours. La majeure partie de son territoire est cultivée en grains et en autres productions utiles.

« De Chentorb شنتـورب à Adernò ادرنو, vers le nord, 13 milles.

« C’est au-dessus d’Adernò qu’a lieu la jonction du Tarkhis ترخيس, du Djerami جرامى et du Caïsi قيسى[53], et de divers autres cours d’eau, Adernò est une petite ville bâtie sur une éminence. Il y a des bains, un bazar, d’agréables promenades, beaucoup d’eau. Cette ville est située sur le penchant méridional du Djebel el-Nar جبل النار (du mont Etna). » De là, en suivant les contours de cette montagne, à Baterno بطرنو, (Paternò), « lieu fortifié et de très-bonne défense, construit sur une double colline ; champs cultivés, vignobles, jardins et vergers, » 6 milles.

De Paternò à Anastasia انسطاسية, vers le sud-est, 7 milles.

D’Anastasia à la mer, 12 milles ;

À Lentini لنتينى, vers le midi, 19 milles ;

Au Wadi Mousa وادى موسى,i2 milles et demi.

Le Wadi Mousa se compose de la réunion de quatre affluents dont l’un est le Djerami جرامى[54], qui prend sa source dans les montagnes de Caïsi (Capizzi)[55], et le second découle des montagnes et des jardins du même nom. Le Djerami poursuit son cours à travers les montagnes durant l’espace de 2 milles et demi, se joint ensuite à son confrère[56], en sorte qu’ils coulent ensemble jusqu’auprès de Djerami جرامى, (Cerami). (La distance entre ce confluent et Djerami est de 6 milles.) Ils passent au-dessous et à 1 mille vers l’occident de ce lieu où sont des moulins (de ce même confluent à Hadjar Sarlo, حجـر سارلـو, 8 milles). Auprès de ces moulins et à 1 fort mille de Djerami ils reçoivent les eaux de la rivière de Nicosïn نيقسين. La rivière ainsi formée coule entre San Filit سنت فليت (San Filippo) et Ghaliana غليانة (Gagliano), de manière à laisser ce dernier lieu vers l’orient à la distance d’un demi-mille, et San Filippo vers l’occident à la même distance. Elle descend ensuite vers Antar Nastiri انتر نستيرى (Misterbianco), entre Adernò et Centorbi, de manière à laisser le premier de ces lieux à 1 mille vers l’orient, et le second à 1 mille et demi vers l’occident. C’est là qu’a lieu la jonction du Wadi Mousa وادى موسى, avec la rivière qui vient de Tarhines طرحينـس (Trama), ainsi qu’avec le Thelia ثلية et l’Anbala انبلة[57], de sorte que la distance de Tarhines à ce confluent est de 8 milles.

De Thelia au même lieu, 4 milles.

D’Anbala au même lieu, 5 milles.

Une fois réunis en une seule rivière, ces divers cours d’eau se dirigent vers Djourta جرطة, laissant à l’orient Paternò, بطرنـو, et Sant Anastasia سنت انستسية, savoir : le premier de ces lieux à un demi-mille, et le second à 2 milles de distance.

Le Wadi Mousa opère sa jonction avec le Wadi’l-Tin وادى الطين, le Ronbolo, رنبولو, le Krit ڪريط, à peu de distance de la mer, où il finit par jeter ses eaux.

Revenant maintenant à notre sujet, nous disons que de Bicou بيقو à Betrana بترانة on compte 9 milles.

De Betrana à Saclabia سقلابية[58] (Selafani), 5 milles.

De Saclabia au fort d’Abi Thour ابى ثـور (Caltavuturo ?), « lieu populeux, cultivé, fertile, situé vers l’orient, » 6 milles.

De là à Boles بولس, (Polizzi), « fort construit sur la cime d’une montagne et entouré de terrains fertiles, » vers le midi, 5 milles.

De Boles à Betralia بطرالية (Petralia), vers l’orient, 6 milles.

« Petralia بطرالية, est un château très-fort et un excellent lieu de refuge. Les cultures de ses environs sont contiguës et très-productives. Il y a un bazar et une citadelle dignes de figurer dans les plus grandes villes. »

De Petralia à Becara بقـاره[59], « fort entouré de beaucoup de maisons, de champs cultivés, » 8 milles.

De là à Sberlengha اسبرلنكه (Sperlinga), « lieu considérable, productif, fécond en ressources de toute espèce, bien peuplé ; vaste territoire : » en se dirigeant vers le sud, 10 milles.

De Sperlinga à Cammarata قمراطه dont nous avons précédemment fait mention, 23 milles.

Et à Nicosin النيقسين, « lieu des mieux fortifiés, avec faubourg bien habité, beaucoup d’édifices contigus, et de campagnes parfaitement cultivées, » en se dirigeant vers l’orient, 12 milles.

De là à Tarhis طرحيس (Traina)[60], « ville fortifiée et populeuse, « lieu de refuge entouré de cultures et d’habitations contiguës, » vers le nord-est, également 12 milles.

De Tarhis طرحيس (Traina), en se dirigeant vers l’occident, à Djerami جـرامى (Cerami), « lieu fertile, peuplé, avec de l’eau douce en abondance, » 8 milles.

De Djerami à Caïsi قـيسى (Capizzi), vers le nord, 9 milles.

« Caïsi قـيسى (Capizzi) est une place très-forte entourée de vignobles, de champs fertiles qui produisent toute sorte de biens de la terre, et située à 15 milles à l’ouest de Djaras qui (Geraci), lieu abondant en fruits et en céréales, avec vaste faubourg et habitations éparses[61], situé au milieu des montagnes et de dépendances contiguës. »

De Djaras à Betralia (Petralia), environ 10 milles.

Aux champs de Basili رقة باسيلى, « renommés par l’abondance et l’excellente qualité de leurs productions, » en se dirigeant vers le nord, 9 milles.

(Ces champs sont situés à 10 milles à l’est d’el-Hamar الحـمـار, caravansérail bâti sur le sommet d’une montagne.)

De Djaras à el-Hamar الحـمـار,i13 milles.

D’el-Hamar à Boles بولس (Polizzi), vers le sud-ouest, 6 milles ;

Et à Calat el-Serat قلعة الصراط, vers l’ouest, 9 milles.

« Cala’t el-Serat est un fort construit sur une colline très-haute où il y a beaucoup d’eau et de pâturages, et dominé par une haute montagne sur le sommet de laquelle était une citadelle extrêmement forte où l’on remisait des bœufs et des moutons. Cette citadelle à été démolie et transférée sur l’emplacement qu’elle occupe actuellement, en exécution des ordres du grand roi Roger. »

De Cala’t el-Serat à Djefaloudi la maritime جفلودى الساحايه (Cefalù), 8 milles.

(On trouve sur la route un fort peu considérable, nommé Foutiroch فوطيرش.)

De Calat el-Serat à Thermè ترمه (Fermini), sur les bords de la mer, en se dirigeant vers l’ouest-nord-ouest, 15 milles.

Des champs de Basili à Targha طرغه (ou Tougha طوغه) dont nous avons déjà parlé[62], 15 milles.

Reprenant notre récit, nous disons que de Tarhines طرحينس (Traina) à Maniadj منياج, qu’on nomme aussi Ghaïran el-Dakik غيران الدقيق, on compte 20 milles.

« Maniadj منياج (Manace) est un bourg florissant, bâti dans une plaine où l’on trouve un bazar bien fourni, du commerce et toute sorte de provisions en abondance. » Ce bourg est situé vers l’angle septentrional du Djebel el-Nar (du mont Etna), à 5 milles de distance, « sur les bords d’un cours d’eau qui prend sa source à 3 milles et qui fait tourner des moulins. » De Maniadj à Adernò ادرنو dont nous avons déjà parlé (le chemin longe les bords du Wadi Mousa (وادى موسى), 20 milles.

De Maniadj à Randadj رنداج (Randazzo), en se dirigeant vers l’orient, 10 milles.

« Randadj رنداج, (Randazzo) est un bourg ou plutôt une petite ville avec marché florissant, commerce, industrie. On en exporte beaucoup de bois. » De là à Castilion قسطلون (Castiglione), 20 milles.

Dans l’intervalle est un petit fort ou une station dite Almodou المدو (Mojo). « Castilion est une place forte bâtie sur une éminence, « bien peuplée et très-commerçante. » De là à Mascala مصقلة (Mascali), bourg situé sur l’angle maritime de la montagne (du mont Etna) « et sur une éminence considérable, bien peuplé et traversé par des cours d’eau » (la distance manque) ;

Et à Tabarmïn طبرمين (Taormina), sur le rivage, 6 milles.

Entre le premier et le second de ces lieux on traverse la rivière dite el-Bared البارد (ou la rivière Froide), qui prend sa source dans les montagnes qui s’élèvent à l’occident de Maniadj منياج et coule sans faire aucun détour à l’orient vers la mer. La longueur de son cours est de 80 milles.

De Randadj رانـداج, (Randazzo) à Sant Alban سنت البان (Mont-albano), « chateau situé au milieu des montagnes, d’un accès des plus difficiles, où l’on élève beaucoup de bestiaux et d’abeilles, » 20 milles.

De Montalban منت البان[63] à Mandjaba منجابة et à A’lat الاط (Galati), « lieu de refuge bien fortifié, situé dans un pays montagneux, peuplé, cultivé, où l’on élève des troupeaux et où l’on cultive beaucoup de lin au moyen d’arrosages, » en se dirigeant vers l’orient, 10 milles.

De là à l’église de San Marco سنت مارقو, vers le nord-ouest, 7 milles.

De San Marco à Filadent فيلادنت,i5 milles.

De Filadent à Carounia القارونية,i14 milles.

« Carounia القارونية (Caronia) est un château fort bâti sur une éminence qui domine la mer. Il en dépend une pêcherie de thon, des vignobles et diverses habitations. »

De là à Cala’t el-Cawareb قلعة القـوارب (ou fort des Bateaux), situé à 2 milles de la mer, 9 milles.

De ce fort à Touz’a طزعة (Tusa), 7 milles ;

Et de ce dernier lieu à Djefaloudi جفلودى (Cefalù), 12 milles.

Revenant sur nos pas nous disons que de Messine مسينى au fort de Rametta رمطة on compte 9 milles.

De ce fort à Monteforte منت دفـرت, vers le sud, 4 milles.

De Monteforte, vers le nord, à Milass ميلاص (Milazzo), 15 milles ;

Et, vers le midi, à Micos ميقس, lieu situé entre Messine et Taormina, dans un pays dont les chemins sont difficiles, 15 milles.

De Loughari لوغارى à Bubalos بوبلـس, vers le nord-ouest, 15 milles ;

Et de Monteforte à Bubalos, vers l’ouest, 26 milles.

« Bubalos بوبلـس est un fort d’une construction spacieuse et belle, et dont les habitants sont riches. » De là à Almod المـد (Mojo ?), vers le midi, 5 milles ;

À Montalban منت البان,i12 milles ;

Et de Montalban à Almod, 10 milles.

C'est ici que se termine la description de la Sicile. « Nous ne connaissons pas, dans l’univers, d’île située au milieu des mers qui contienne un plus grand nombre de villes et de lieux habités. » Mais il nous reste à indiquer ses ports ou ses mouillages, un à un, et à donner leurs distances respectives ; c'est ce que nous allons faire, en invoquant le secours divin. Nous disons donc que, de la ville si connue sous le nom de Palerme بلرم, à Barca برقة (Parco), on compte, en suivant les contours du rivage, 5 milles.

De Barca à Mers el-Tïn مرس الطين (le port Vaseux), 5 milles.

De Mers el-Tïn à Ghala غالة, 2 milles.

De la à Algezira الجزيرة,i4 milles ;

Et à Mersa Carinos مرسى قرينس,i6 milles.

De là au promontoire situé au-dessous de Hanach حنش[64],i3 milles.

De la à l’aiguade du même nom, 3 milles.

De là au promontoire situé entre ce dernier lieu et Bartenic برطنيق (Partenico), 3 milles.

De là à la rivière qui passe auprès de ce dernier lien, 1 mille et demi.

De là à la rivière de Castelnovi قلعة نوبى (Castel a mare ?), 5 milles ;

Puis à celle de Madradj مدراج, 4 milles.

De Madradj à San-Pietro سنت بيطر, 12 milles.

De là à Trabanos طرابنش (Trapani), 25 milles.

De Trabanos à Mars Aly مرس على, (Marsala), 25 milles.

De Mars Aly au cap situé entre ce lieu et Mazara مازرا (Mazzara), 12 milles.

De Mazara au cap el-Balata راس البلاط, (du vieux Palais), 6 milles.

De ce cap aux fontaines d’Abbas عيون عباس, 6 milles.

« De ces fontaines à Alasnam الاصنام, 4 milles.

D’Alasnam à Abi Nour ابى نـور[65], 6 milles. »

De là à Wadi’lcareb وادى القارب, (la rivière du Bateau), 6 milles.

De là au cap (littéral. au bec) de l’Aigle اذف النسر, 6 milles.

De ce cap à Chaca الشاقة (Sciacca), 6 milles.

De Sciacca à Wadil’bou وادى البو, 8 milles.

De cette rivière au cap formé par la rivière d’Ablatanou ابلاطنو, 9 milles.

De ce cap à Tourchet Abad ترشة اباد, 6 milles.

De Tourchet Abad à el-Oukhtein الاختين (les Deux-Sœurs), 9 milles.

De là à Ghirghent ڪرڪنت (Agrigente), 9 milles.

De Ghirghent à Wadi’lzakoudji وادى الذڪوجي[66], 3 milles.

De là à la pierre d’Ebn el-Fetni ابن الفتنى (ou Fenti فنتى), 9 milles.

De cette pierre à Besraria بسرارية[67], 18 milles.

De là à la Saline الملاحتة, 3 milles.

De la à el-Enbiada الانبياده, 3 milles.

D’el-Enbiada a la rivière Salée وادى الملح, (Fiume Salso), 1 mille.

De cette rivière au port d’el-Chelouk مرس الشلوق, 8 milles.

De ce port à celui de Buthira مرس بتيرة (Butera), 8 milles.

De là à Wadi’l-Sawari وادى السوارى,i12 milles.

De cette rivière à la rivière Grecque وادى غريقو,i12 milles.

De là à l’île des Colombes جزيرة الحمام,i12 milles.

De cette île à Kerni ڪرنى,i7 milles.

De Kerni à la rivière de Ragous وادى رغوص (Ragusa), 12 milles.

De cette rivière à Djarf el-Tafl جارف الطفل (écueil de l’Enfant), 4 milles.

De cet écueil au port de Chikla مرس شكلة (Scicli), 4 milles.

De là à l’étang de Charchour غدير الشرشور,i2 milles.

De cet étang au port de Dareïn مرس الدارين[68],i4 milles.

De là au port de l’Arbre مرس الدارين,i1 mille.

De ce port à l’île des Porreaux جزيرة الكرات (isola delli Porri), 3 milles.

De cette île au port d’el-Bawaless مرس البوالص,i3 milles.

De là à l’île de Djerman جزيرة الجرمان,i8 milles.

De cette île à la vigne d’el-Ziouh الزيوح,i3 milles.

Puis au cap Bachinou[69] قرطيل باشنو,i3 milles.

De ce cap à l’anse d’el Kissa’a دجلة القصاع,i6 milles.

De là au port des Colombes مرس الحمام,i6 milles.

De ce port à l’anse d’Ebn Dakni دخاة ابن دڪنى,i6 milles.

De là à Alcata القاطة,i6 milles ;

Puis à Wadi Castellari وادى قستلرى,i12 milles.

Puis au port d’el-Hodhak مرس الحذاق,i6 milles ;

À Ankana الانكنة,i6 milles ;

Au cap du Porc انف الجنزير,i8 milles ;

À Syracuse سرقوسة,i6 milles ;

À la fosse de la Submersion جندق الغريق,i6 milles ;

À l’île du Clou جزيرة المسمار, 4 milles ;

À Aksifoua اڪسيفوا, 4 milles ;

Au cap el-Saliba راس الصليبة, (de roche Dure), 6 milles ;

À Wadi Zeïdoun وادى زيدون, 6 milles ;

À el-Rokn الررڪن (à l’Angle), 6 milles ;

À Wadi Lentini وادى لنتنى, 3 milles ;

À Wadi Mousa وادى موسى (la Giarreta, rivière), 3 milles ;

À Catana بطانه, (Catane), 6 milles ;

À Ankana الانكنة[70], 3 milles ;

Aux îles de Lebadj جزاير لباج, 3 milles ;

À la rivière du même nom, 3 milles ;

À San Chikli سنت شقلى, 6 milles.

À la fontaine du Roseau عين القصن, 3 milles ;

Au cap Mascala قرطيل مسقلة, (Mascali), 3 milles ;

À la rivière froide الوادى البارد, 9 milles ;

À el-Fossouss, الفصوص, 3 milles ;

À el-Anbassi, الانباصى, 5 milles ;

À el-Daradja الدراجة[71] ;

À Saint Éli سنت الى (Sant Alessio), 5 milles ;

À el-Adjassa الاجاصة[72], 6 milles ;

À el-Daradja el-waseti الدراجة الوسطى (ou du milieu), 6 milles,

À la fontaine du Sultan عين السلطان, 2 milles.

À el-Daradja el-sogheira الدراجة الصغيرة (ou petite), 2 milles ;

À la pierre d’Abi Khalifa حجر ابى خليفة, 3 milles ;

À Sant Astabin سنت اصطبين (Saint-Estienne), 3 milles :

Aux Trois-Églises الثلث ڪنايس, 9 milles ;

À Messine مسنى, 6 milles.

De Messine au Phare الفارو, 12 milles ;

À Wadi O’boud وادى عبود, 12 milles ;

À Milass ميلاص (Milazzo), 12 milles ;

Au cap الواس, 6 milles.

Du cap, en suivant les contours du golfe, لبيرى (Librizzi ?), 25 milles ;

Au cap Dendari راس دندارى, 3 milles ;

À Bactis بقطس (Patti), en suivant les contours du golfe, 4 milles ;

Au cap Khali راس خلى, 2 milles ;

Au port Dalia مرسى دالية, 4 milles ;

À Djefaludi el-soghra جفلودى الصفرى (la petite), 3 milles ;

À Sa’afa سعفة et à A’lcanara علقنارة[73], 26 milles ;

À Carounia القارونية (Caronia), 12 milles ;

À Cala’t el-Cawareb قلعة القوارب (le fort des Barques), 6 milles.

À Touz’a طزعة (Tusa), 6 milles ;

Au cap du Chien انف الكلب, 4 milles ;

Et, en suivant les détours du golfe, à Djefaloudi جفلودى, 8 milles ;

À Hadjar O’mar حجر عمار, 2 milles ;

Au Cap extrême الانف الاخر, 4 milles ;

À la Roche المخرة, 6 milles ;

À Wadi’l-Sawari المخرة, 3 milles ;

« À Wadi Abi Rokad وادى رقاد, 3 milles ; »

À Thermi ثرمه (Termini), 6 milles ;

Au Tarbi’at تربيعة[74], 3 milles ;

À Chebka شبكة (aux Filets), 3 milles ;

Au bourg d’el-Saïr قرية الصير, 6 milles ;

À Wadi’l-Émir وادى الامير (la rivière du Prince), par les détours, 2 milles ;

À la ville مدينة (de Palerme), 6 milles.

Nous avons dit dans la présente section tout ce qui nous paraissait utile et convenable. L’île de Sicile est de forme triangulaire. Son côté oriental, c’est-à-dire depuis Messine jusqu’a l’île du Lièvre جزيرة الارنب, s’étend sur un espace de 200 milles.

De cette île à Trabanos طربنوس (Trapani) on compte 250 milles[75], et c’est là le côté méridional. Le troisième côté, qui s’étend depuis Trabanos jusqu’à el-Heras الحراس et jusqu’au Phare الفارو, embrasse également un espace de 250 milles.

  1. Le mot borkan pour volcan paraît évidemment être d’origine latine.
  2. Ou قوصرة, d’après le ms. A.
  3. Il est difficile de se rendre compte du motif sur lequel repose une telle assertion.
  4. Le ms. B porte Casilia.
  5. Probablement Ajaccio.
  6. La version latine porte Tunesa et Ianesa.
  7. Nous croyons devoir suivre ici, de préférence à toutes autres, les leçons qui nous sont données par le ms. B.
  8. La version latine donne à ces îles les noms de Didima, Phenicode et Hericode, D’après l’ouvrage de M. l’abbé Ferrara, intitulé : I campi allegri della Sicilia, p. 203 et 246, Messine (1810), Didima est l’île connue sous le nom de Salina : Arkoudha ou Ericodes est aujourd’hui Alicuri, et Faïkoudha, Filicuri.
  9. La version latine porte : e regione Tunis Carthaginiensium ; mais le mot تـوازى signifie : qui correspond, qui est situé parallèlement ou en face.
  10. Je suppose qu’il s’agit ici de l’île de Pantellaria.
  11. Voici la première fois que nous trouvons employé par notre auteur le mot Libodj (Lebeccio ou Libyque).
  12. Le texte porte : بالرحيز من القول مع استقصا المعاني.
  13. Le texte porte : منبـر, lieu de prédications.
  14. سمـاط.
  15. Le texte porte : التى بها سكنى الساصان و الخاصة فر ايام المسلمين. Il y a donc inexactitude dans la version latine : præsertim tempore Moslemanorum erat sedes regia.
  16. دار الصناعـة dar essana’t, d’où viennent les mots durce, arsenal, ترسانه, etc.
  17. محاريب.
  18. Termini.
  19. La version latine porte Tugha.
  20. Les deux manuscrits répètent ici la mention qui vient d’être faite de l’existence d’une mine d’or.
  21. Ou plutôt méridionale.
  22. Ou plutôt du midi.
  23. Il s’agit probablement ici d’Alicata, anciennement nommée Finziada, d’après Cluverius, cité par M. Ortolani dans son Nuovo Dizionario geografico della Sicilia.
  24. Ou plutôt méridionale.
  25. Calatabellota, lieu connu par une victoire remportée en 1035 par Roger Ier sur les Sarrasins.
  26. Alcamo ?
  27. Ce nom de Mudradj, donné à un lien si voisin d’une pêcherie de thon, porte à penser que le mot madrague, sorte de filet destiné à cette pêche, est d’origine arabe.
  28. Voici le texte de ce passage qui paraît assez curieux : وبه معذن تـقطح منها احجار الارحا الملدُية والفـارسيـة.
  29. Lawsonia inermis, plante bien connue qui sert à teindre en rouge, en orange, etc.
  30. La version latine porte Sis, mais c’est évidemment une erreur.
  31. Je pense qu’il s’agit ici de la distance qui sépare Cinisi de Partenico ; car le premier de ces lieux n’est pas à plus d’un mille de la mer.
  32. Le ms. B porte Carnich قرنيش ; la version latine, Fartis.
  33. La version latine porte Alchoruz.
  34. La version latine porte ud Cifalam.
  35. La version latine porte Nico, ce qui semblerait indiquer qu’il s’agit ici de Nicosia.
  36. Ceci est une répétition que nous croyons devoir conserver pour éclaircir, s’il est possible, l’obscurité qui règne dans ces noms de lieux : nous suivons en général les leçons du ms. B.
  37. Sic.
  38. Je lis عربية d’après le ms. B, et non غربية.
  39. Cette indication est parfaitement juste, et il en résulte que la position d’Alsanam répond à celle de Castelvetrano.
  40. Les deux manuscrits et la version latine, pag. 175, portent ici l’indication d’une dis­tance (de 3 milles francs) qui est en contradiction avec ce qui précède. C’est un point de fait à vérifier sur les lieux.
  41. Nous n’avons pu retrouver ce nom de lieu dans les manuscrits.
  42. Castro-Giovanni étant considéré comme le centre de la Sicile, c’est vers ce point que notre auteur a dirigé ses premiers itinéraires. Voyez ci-dessus, p. 90. La description qu’il en fait est conforme à ce qu’en disent les voyageurs. Voyez Ortolani, p. 36 ; le Voyage en Sicile de M. le comte Auguste de Sayve, t. II, p. 62, etc.
  43. Ce nom de lieu manque dans nos manuscrits.
  44. Il y a évidemment erreur dans cette distance donnée par nos manuscrits et par la version latine.
  45. Nos manuscrits ne font pas mention de cette distance.
  46. C’est à tort, ce me semble, que les auteurs de la version latine ont pris, pag. 177, Bentargha pour une ville.
  47. Pour rectifier ce que cette inclination a d’inexact, il faut supposer que par l’orient notre auteur entend l’orient d’été.
  48. La version latine porte Algar.
  49. La version latine porte Plaza.
  50. Ou Incarit, d’après la même version.
  51. La version latine porte Gudata.
  52. Cette distance manque dans la même version.
  53. Le ms. A porte خنس Khanis, et جـراجى, Djeradji.
  54. Le ms. B porte constamment Harami حرامى.
  55. La version latine porte Capizi.
  56. Sic.
  57. La version latine porte Falna et Antalla.
  58. La version latine porte Sacalonia.
  59. Ou Megara, d’après la même version.
  60. Ou Trahino, d’après la version latine.
  61. عمارات منتشة. Cette expression, en opposition avec عمارات متصلة, est tout à fait remarquable.
  62. Tusa ?
  63. D’après le ms. B.
  64. Le ms. A porte Djanach جنش, la version latine Hanas.
  65. Ou Abi Thour, d’après le ms. A.
  66. Le ms. A porte وادى الرڪـوحى, et la version latine flumen Arracuhi.
  67. Ou Besrana, d’après la même version.
  68. Le ms. B porte Deramen درامن, la version latine Dar.
  69. Par suite d’une inadvertence, les auteurs de la version latine ont écrit ici Vadum Maseno.
  70. Sic.
  71. La distance manque dans nos deux manuscrits, mais l’Abrégé porte 10 milles.
  72. La version latine porte Sant Ascabin et Alabassa.
  73. Ou Alcomara, d’après la version latine.
  74. Pour la description de ce lieu, voyez ci-dessus p. 78.
  75. Le ms. B porte 450.