Géorgiques : Simple Vœu - La Vigne en larmes

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Géorgiques : Simple Vœu - La Vigne en larmes
Revue des Deux Mondes5e période, tome 44 (p. 408-418).
Poésies - Géorgiques


GÉORGIQUES



SIMPLE VŒU


Puissent un jour tous ces poèmes de la terre
Griser les hommes d’une ivresse salutaire,
Et parfois, les berçant de rêves musicaux,
Au fond de leur mémoire éveiller mille échos !
Puissent le rire frais des sources, les murmures
De l’arbre, la rumeur des blés aux houles mûres,
L’humble plainte des socs, l’appel clair des troupeaux
Se fondre allègrement dans mes vers plus dispos,
Pour qu’un peu d’harmonie, aux esclaves des villes,
Soupire le regret des campagnes tranquilles ;
Pour qu’attendris surtout, les forçats des cités
Sentent, par quelque large et fier souffle emportés,
Que leur âme au passé légendaire s’enchaîne,
Comme au gland primitif se rattache le chêne !
Ah ! combien glorieux je mourrai si j’ai su
Dans un seul cœur, par la vie amère déçu,
Laisser des visions doucement nostalgiques,
Et si n’ont pas été vaines ces Géorgiques !
Ah ! si mon verbe ému fut assez éloquent,
Dans sa naïveté pastorale évoquant
Ce qui fermente et germe en d’immuables rites,
Pour rendre aux vieux logis leurs familles proscrites
Et ramener aux champs natals leurs exilés,
Comme alors mes plus chers désirs seront comblés !

O Nature, semblable à ceux que tu secondes,
J’aurai lancé le grain des paroles fécondes,
Et peut-être, tel un semeur qui, dans le soir,
A l’abri du foyer sacré revient s’asseoir,
Verrai-je aussi plus tard, débordantes de sève,
La plaine qui tressaille et la moisson qui lève.


LA VIGNE EN LARMES


Mars, bien que rude encore, a des rayons subtils
Qui grisent lentement comme un premier sourire,
Et tout ce que l’hiver semble heureux de proscrire
Revient de longs sommeils ou de mornes exils.

Quelque vernal et tiède effluve nous convie
Et, par les clairs vergers, où déjà nous songeons,
Un souffle hâte, avant qu’éclatent les bourgeons,
La résurrection suave de la vie.

Alors le vigneron, taillant les ceps tortus,
Tranche les noirs sarmens qu’a dépouillés l’automne,
Pour qu’un nouveau printemps de pampres neufs festonne
Ce bois noueux dont nul n’égale les vertus ;

Et, plus gai de sentir la Nature meilleure,
Voyant, lui que la glèbe a sans trêve nourri,
Suinter un peu de sève où le cep fut meurtri,
Le rustique ouvrier dit que la vigne pleure.

Mais il sait que ces pleurs d’un jour ne sont pas vains,
Et que bientôt, non loin de la fraîche blessure,
Des grappes écloront pour la vendange sûre,
Dont le pressoir fera jaillir l’ambre des vins.

Pour que, plus tard, l’amour promis, dans la lumière
Croisse comme la grappe et, saintement pareil,
Soit doré par le plus adorable soleil,
Ne maudis pas la main qui te blesse, âme fière.

Si la douleur te rend visite, accueille-la,
Et tes yeux éblouis de chimères divines
Verront mûrir les fruits sacrés que tu devines
A la place où naguère une larme coula.


PRAIRIAL


Faucheur, l’herbe des prés, qui sous ta rude main
S’effondra, l’herbe tendre et fine dont l’arôme
Circule avec la brise errante qu’il embaume,
Tu la rentres ce soir, anxieux de demain.

L’ombre gagne. Tu pars. Le vaste effort humain
S’apaise sur la glèbe immense où nul ne chôme ;
Mais le foin par les chars emporté vers ton chaume
D’un vestige suave imprègne le chemin.

En moi puissent ainsi tant de choses fanées,
Que brusquement trancha la faulx des destinées,
Dans la mort n’exhaler que d’agrestes senteurs ;

Pour qu’aspirant ma vie en ses heures trop brèves,
Plus tard un couple épris de rythmes enchanteurs,
Marche dans le sillage odorant de mes rêves !


RETOUR


Avec les tout petits agneaux qu’elles ont eus,
Qui, de laine frisée et fine encor velus,
Font des bonds innocens et bêlent autour d’elles,
Les mères, les brebis, à leur instinct fidèles,
Dans le soir alangui de baumes frais éclos
Se hâtent vers la ferme et regagnent l’enclos.
Les pis durs et gonflés par l’herbe nourricière,
Elles rentrent dans un nuage de poussière,
Le mufle bas, flairant le repos de la nuit ;
Et seul le vieux bélier brutal qui les conduit,
Malgré l’accablement de la chaude journée,
Redresse fièrement, fièrement encornée
Sa tête, et va songeant qu’en de tragiques jeux
Il provoque au combat un rival ombrageux.

LE SOLITAIRE


Le bouc velu, soudain furieux, s’est cabré.
Le mufle écumant, l’œil hagard, le rein cambré,
Contre le tronc rugueux d’un orme séculaire
Il épuise âprement sa subite colère.
Vingt fois, précipitant les coups et s’acharnant,
Sans fatigue il bondit sur l’arbre frissonnant ;
Vingt fois, sans que l’effort répété le harasse,
Il heurte son front rude à l’épaisse cuirasse.
L’écorce éclate au choc de ses cornes de fer ;
Mais le rival plus jeune auquel il serait fier
De jeter le défi brutalement farouche
Qui hérisse son poil et bave par sa bouche,
Qui, dès l’aurore, en son regard sauvage a lui ;
Mais l’époux préféré des femelles, celui
Qu’elles suivent partout, dociles et passives,
Guide la troupe loin des cornes agressives,
Et, lui-même évitant, caché dans un ravin,
Le mâle exaspéré dont le délire est vain
Et qui longtemps encor prend le tronc dur pour cible,
Subtil, se dissimule à sa haine irascible.


LA NOURRICE


Comment évoquerai-je en cette Géorgique
La scène pastorale et le tableau magique
Dont naguère mes yeux charmés furent témoins ?
Quels vers seront assez harmonieux, à moins
Que tout ce qui gémit, chante, soupire ou bêle,
Prêtant un peu de grâce au rythme trop rebelle,
N’amollisse à sa guise et ne plie à son gré
La fluide douceur de mon verbe inspiré ?…
A l’heure où le soleil rougit l’azur et monte,
Quelques brebis, encor frileuses de la tonte,
Erraient dans un pacage avec leurs agnelets ;
Et l’ample aurore, après l’aube aux tons violets,

Empourprant un poitrail ou dorant une croupe,
De sa jeune lumière enveloppait le groupe.
Seule, à l’écart, faisant vibrer d’appels touchans
Les sonores échos des vergers et des champs,
Une mère voyait bondir dans la rosée
Deux nouveau-nés vêtus de leur toison frisée.
Sa mamelle arrondie et lourde se gonflait,
Car les jumeaux, certains d’en aspirer le lait,
Sans pitié pour le pis enflé de dures veines,
Folâtraient, comme sourds aux apostrophes vaines
Et comme insoucieux des martyres subis
Pour les agneaux légers par les tendres brebis.
Lasse enfin d’implorer de plaintes incessantes,
Pour apaiser son mal, les deux bouches absentes,
La mère, les regards noyés d’un vague amour,
Contemplait les sauteurs ingénus tour à tour,
Et sans bouger, de peur que n’augmentât sa fièvre,
Indulgente au petit, qui pour jouer se sèvre
Au lieu de se suspendre au pis qu’il doit tarir,
Semblait adorer ceux qui la laissaient souffrir.


LA MÈRE


La jument prisonnière, au passage, a flairé
Son poulain bondissant et depuis peu sevré,
Qui foule la prairie et, d’un sabot agile,
Dans ses courses parfois en fait voler l’argile.
Sous les brancards de chêne et les harnais de cuir,
La bête esclave sait qu’elle ne peut s’enfuir
Et rejoindre celui qui saute, fier et libre,
Crins au vent. Mais soudain, l’air s’émeut, l’écho vibre,
Car, mettant tout son cœur dans un hennissement,
Maternelle, elle parle au petit, doucement.
Puis, la narine ouverte et l’oreille dressée,
L’œil attendri par une instinctive pensée,
Elle jette à nouveau son appel éperdu
Jusqu’à ce qu’en son pré l’enfant ait répondu.

HARMONIES NOCTURNES


C’est un limpide soir lumineusement fin,
Fait de vierges bonheurs, d’ivresses rien qu’écloses,
Un de ces soirs où semble errer l’âme des roses,
Où de tendres lueurs se prolongent sans fin.

Presque insensiblement le ciel, de teinte en teinte,
A pâli. Le silence épand sa majesté.
Loin, très loin, comme au fond d’un rêve en nous resté,
Une cloche argentine émeut l’azur et tinte.

L’urne d’ombre épancha goutte à goutte un tel soir.
Dans la fraîcheur qu’exhale enfin le crépuscule,
Le pollen embaumé de mille fleurs circule,
Et le pacage où sont les grands bœufs devient noir.

En ses replis soyeux muant l’étoile en perle,
Par ondulations molles, comme une mer
Paisible et dont le flux ne fut jamais amer,
Le soir magique autour des grands bœufs blancs déferle.

Ceux-ci, naguère épars, sur qui la nuit descend
Frôleuse, enveloppant leur poitrail et leur croupe,
Se rassemblent dans l’ample herbage en un seul groupe,
Et chacun d’eux paraît plus grave et plus puissant.

De verdure repu, rassasié d’eau claire
Et las d’avoir foulé le somptueux tapis,
Alors que la plupart reposent accroupis,
Le reste du troupeau hume le vent qu’il flaire.

Nulle odeur ne troublant tant de naseaux subtils,
Tous les bœufs sont bientôt couchés, masses informes,
Et la voix peut gémir des hêtres et des ormes,
A peine dans un songe obscur l’entendront-ils.

A peine verront-ils, jusqu’à l’aube nacrée,
Les fantômes légers qui planeront sur eux,
Et qu’en son vague effroi des êtres ténébreux
L’imagination d’un simple pâtre crée.

LA CITÉ BLONDE


Le vieux tilleul de mon verger loge un essaim,
Et, sachant leur labeur utile autant que sain,
Les abeilles, que lie une entente sereine,
Heureuses d’obéir à la commune reine
Et d’emplir pour l’hiver les cellules de miel,
Dispersent leur essor aux quatre vents du ciel.
Toutes les tâches sont déjà distribuées
Lorsque la tiède aurore aspire les buées,
Et la rumeur qui croît avec les clairs matins
Trouve la ruche prête aux voyages lointains.
Or, jusqu’à ce que l’Astre à l’horizon décline,
Les insectes, selon l’exacte discipline,
Rapporteront au cœur de l’arbre harmonieux
Les pollens et les sucs recueillis en tous lieux,
Et, sans pitié chassant leurs frères parasites,
Butineront, après d’innombrables visites,
Les plus vierges trésors des plus suaves fleurs
O Nature, à l’écart des hommes querelleurs,
Par ces mois embaumés qu’enveloppe et satine
Et caresse la tendre atmosphère latine ;
Quand vibre le soleil en chatoîmens soyeux,
Que de fois, une molle extase au fond des yeux,
Tandis que bourdonnait l’active colonie,
J’ai contemplé l’azur en sa gloire internie !
A l’ombre du tilleul sonore, que de fois,
Etudiant les mœurs, m’initiant aux lois
De la tribu légère éparse en vols rapides,
J’ai dans un rêve ouï, plus finement limpides,
Plus musicalement ailés, plus doux encor,
Bercé par l’enivrant murmure, aux heures d’or
Où la lumière agile entre les feuilles joue,
Chanter en moi les vers du Cygne de Mantoue !


UNE VEUVE


Au ciel de plomb chargé d’effluves orageux,
Éperdu, quelque oiseau fend l’air à tire-d’ailes,
Tandis que la rafale acharnée autour d’elles
Mêle les feuilles d’or en de lugubres jeux.

L’ouragan se déchaîne et hurle, lamentable.
Au fond d’un morne enclos, d’où nul ne peut s’enfuir,
Parmi les tourbillons qui leur cinglent le cuir,
Des bœufs épouvantés mugissent vers l’étable.

Les arbres, dont la cime émerge aux horizons,
Se plaignent, gémissant sur des douleurs anciennes
Où mon âme retrouve infiniment les siennes
Quand frissonnent soudain les rousses frondaisons.

Paraissant défier les souffles en démence
D’un geste qui féconde à dessein le guéret,
Sur l’argile qu’hier seule elle labourait
Une femme aujourd’hui dans l’orage ensemence.

Une mâle lueur en ses regards sereins,
Elle jette aux sillons leur nourriture austère,
Et la blessure fraîche encore de la terre
Aspire avidement les innombrables grains.

Sans faillir, bien que rude elle accomplit sa tâche.
L’homme est mort ; les enfans sont trop jeunes. Il faut,
Comme un ardent soldat livre assaut sur assaut,
Agir, marcher, combattre et vaincre sans relâche.

Qu’importe ! Elle se plie à mille soins touchans.
La vaillance transforme en vigueur sa faiblesse.
En vain le vent la mord ou le soleil la blesse,
Son héroïque effort reste empreint sur les champs.

Elle s’obstine et lutte, avec un cœur de mère,
Contre la glèbe hostile et le ciel indompté,
Et savoure peut-être une acre volupté
A vivre pour ses fils une existence amère.

Car, lançant la semence éparse au sol jaloux,
Ses fières mains, ses mains énergiques de veuve,
Qu’endurcit une longue et surhumaine épreuve,
Achèvent les labeurs commencés par l’époux.

CE QUI CONSOLE


Hors de l’intrigue vile et du lâche mensonge,
Libre, dans la Nature immuable je songe.
Ah ! partir, s’isoler du tumulte odieux,
Écouter les soupirs des arbres, n’avoir d’yeux
Que pour l’azur où court le nuage et, farouche,
Jusqu’à l’heure éclatante où le soleil se couche,
Errer en attendant l’apaisement du soir
Adorable ! Je viens sous un chêne m’asseoir
Et, croyant l’espérance elle-même abolie,
Je contemple la plaine avec mélancolie.
Que m’avez-vous donc fait, orgueilleuses cités,
Pour que je fuie ainsi loin des lieux habités ?
Quelle souffrance ancienne et quel ancien servage
Ont changé l’enfant triste en ce rôdeur sauvage
Qui, gardant un dédain taciturne, mais fier,
N’éprouve qu’amertume aujourd’hui comme hier ?…
Hélas ! la solitude à la longue m’accable.
Je sens peser sur moi le silence implacable
Et, pour m’accompagner jusqu’au bout du chemin,
Irrésistiblement je cherche un être humain.
O joie ! un laboureur surgit, d’allure lourde,
Agreste pèlerin muni de l’humble gourde,
Qui, dirigeant le soc, conduit sans dévier
Deux taureaux frémissans à la voix du bouvier.
Or, l’attelage, au fond du site qu’il anime,
Peuple tout l’horizon de sa forme anonyme,
Et primitif, le groupe austère est si touchant
Qu’il sillonne à la fois ma pensée et le champ.
Le geste obscur d’un seul paysan m’intéresse.
Soudainement ému d’une grave tendresse,
Je reste là, le cœur ouvert à je ne sais
Quel rêve dont les cœurs sont vaguement bercés
Ce rustique tableau charme, attire, captive
Et très longtemps retient ma prunelle attentive.
Tel que l’oiseau, par un clair miroir ébloui,
Fasciné, je regarde et n’aperçois que lui.

De ma bouche un aveu sort, que je ne puis taire.
Le fraternel frisson, le souffle salutaire,
Cet orage qui fait tressaillir par instans
Les destins les plus las et les plus inconstans
Passe en moi comme un vent d’audace qui m’enivre,
Et retrempé je goûte à la douceur de vivre.


LE VERBE AILÉ


Chante, ô fin laboureur, en guidant ta charrue.
Par un refrain naïf ta vaillance est accrue ;
L’air le plus simple allège et soulage un instant
La tâche qu’enveloppe un murmure flottant,
Lorsque au soleil torride ou dans les brumes denses
Tu veux t’accompagner de rustiques cadences.
En quelque lieu qu’un soc ouvre un sillon, partout
L’universelle ivresse en rythmes se résout.
Les voix de la Nature agrestement unies
Scandent ta mélopée avec leurs harmonies,
Dont s’exhale dans l’aube un souffle avant-coureur.
En traçant les guérets, chante, ô fin laboureur.
Charme tes animaux d’une vieille romance.
Hélas ! le rude effort qui sans fin recommence
Rêve parfois d’un vague et tendre bercement
Qui le repose et qui l’endorme doucement.
Chante ainsi que chanta cette obscure lignée
Dont se prolonge en toi la fierté résignée.
Quand, le soir, tu reviens par les chemins herbeux,
D’une chanson suprême encourageant tes bœufs,
Tes grands bœufs que jamais l’âpre aiguillon ne pique,
Il semble autour de toi qu’une légende épique,
Renaissant du mystère et sortant de l’oubli,
Dans le lointain écho par degrés affaibli,
Tandis qu’à l’horizon l’ombre efface ton buste,
Evoque les vertus de ta race robuste.


ÉPITAPHE


En aucun lieu, des morts la cendre n’est muette,
Qu’en songe écoutent les vivans ;
Et leur pensée avec leur poussière s’émiette,
Eparse à la merci des vents.

O passant, sous ce tertre obscur, que l’herbe couvre,
Ayant peiné loin de l’erreur,
Dans son cercueil de hêtre ou sa bière de rouvre
Repose un ancien laboureur.

Simplement, sans regrets et sans mélancolie,
Gagné par le sommeil divin,
Son œuvre terminée et sa tâche accomplie,
Il a quitté ce monde vain.

Et la croix qui s’incline et que la ronce enlace,
Symbole de son humble sort,
Ici-bas désormais indiquera la place
Où gît le vieux paysan mort.

Les bœufs qu’il gouvernait ainsi qu’un tendre père
Et guidait rien qu’en les nommant,
Le chien plaintif au seuil du domaine prospère
Le cherchent encor vaguement.

Les sillons qu’il conquit sur les friches, les choses
Qui connurent son joug aimé
Pleurent encor sa bouche et ses paupières closes
Et son visage inanimé ;

Car, de son éphémère et pacifique règne
Si le prestige est abattu,
La vie, autour de lui, comme autrefois s’imprègne
D’une odeur de mâle vertu ;

Et, fiers comme jadis du labeur exemplaire
Que leur légua l’aïeul humain,
Ses fils, pour honorer sa mémoire et lui plaire,
Ont suivi le même chemin.

Et c’est pourquoi, devant cette fosse ignorée,
O passant ému de ferveur,
Comme si quelque mythe agreste l’eût sacrée,
Longtemps tu contemples rêveur.


LEONCE DEFONT.