George Sand, sa vie et ses œuvres/4/13

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Plon et Nourrit (4p. 521-631).


CHAPITRE XIII

1867-1876


Vieillesse sereine. — Les amis. — Les petites filles. — La vie à Nohant entre 1867 et 1876. — Les marionnettes. — Les contes d’une grand’mère. — Les articles pédagogiques. — 1870. — La Guerre et la Commune. — Le Journal d’un voyageur pendant la guerre. — Francia. — Nanon. — Nouvelles lettres d’un voyageur. — Impressions et souvenirs. — Synthèse philosophique et religieuse. — Les derniers romans : Césarine Dietrich, Marianne Chevreuse, — La série des histoires d’un enfant : la Filleule, la Confession d’une jeune fille, l’Autre, Ma soeur Jeanne, Flamarande et les Deux frères, la Tour de Percemont, Albine. — La maladie et la mort. — Les obsèques.


Cette dernière période — les dernières neuf années de la vie de George Sand — peut être caractérisée en deux mots : vieillesse sereine. Oui, sereine et lumineuse, elle le fut. Étant, après de cuisants doutes, de longues recherches et souffrances, arrivée à une synthèse complète de l’univers, à un idéal religieux précis, Mme Sand vécut tranquillement ses neuf années, de 1867 à 1876, entourée de la vénération générale, de l’admiration de ses amis, de l’adoration de son fils, sa belle-fille et ses petites-filles et les adorant elle-même. Les amis de sa jeunesse étaient à cette époque tous, ou presque tous, partis pour un monde meilleur, ou la vie les avait éloignés. Hippolyte Chatiron était mort en 1848, de Latouche en 1851, Planet en 1853, Jules Néraud en 1855. Il lui restait Fleury, Papet, Rollinat et Duvernet. Mais Fleury, depuis son exil et sa rentrée en France, se tenait à l’écart, désapprouvant les rapports de George Sand avec les descendants de Napoléon ; Rollinat, depuis son mariage, ne quittait guère Châteauroux et venait rarement à Nohant, quoiqu’il partageât comme par le passé les chagrins et les joies de son « Oreste », il ne la voyait que de loin en loin. La mort de ce « cher Pylade », arrivée en 1867, Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/540 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/541 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/542 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/543 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/544 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/545 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/546 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/547 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/548 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/549 à ce nouveau genre littéraire : la littérature pour enfants, ou même, proprement dit : aux contes d’enfants. Du reste elle avait déjà écrit plusieurs œuvres dans ce genre. En 1837 elle écrivit pour Solange le Roi des neiges, conte resté inédit. En 1850, comme nous l’avons indiqué plus haut[1], elle usa du dicton populaire sur Gribouille qui se jette à Veau de peur d’être mouillé comme d’un thème pour écrire son Histoire du véritable Gribouille[2]. En 1859, George Sand publia, dans le Figaro, encore un petit conte, la Fée qui court. Et enfin en 1865 elle dédia à Manceau un grand conte fantastique et symbolique, la Coupe. D’autre part, voulant créer à l’usage de la petite Aurore la meilleure méthode possible pour apprendre à lire et à écrire, Mme Sand remania pour elle le système tiré par Jules Boucoiran de la célèbre méthode Laffore, pour l’enseignement de Maurice. Mme Sand, avec infiniment d’esprit et un tact pédagogique admirable, sut encore faciliter et simplifier cette méthode. De plus, elle trouvait nécessaire que l’enseignement de la lecture marchât de front avec les premières connaissances enseignées à l’enfant sur toutes choses. Il est très instructif de lire ses réflexions et ses observations sur ce sujet dans les chapitres xi, xii et xiii de ses Impressions et souvenirs, ayant pour sous-titre : « Pensées d’un maître d’école ». « Le maître d’école, c’est moi », dit-elle, car durant toute sa vie elle a toujours eu quelques élèves à qui eUe enseignait l’a & c : ses enfants, sa nièce, ses petits-enfants et des filles de village adultes, des servantes et des serviteurs, bref des élèves de tout âge et de toute condition ; ces pages sont donc le résultat de son expérience et de ses observations. Quand, dans sa jeunesse, elle apprit à lire à ses enfants, George Sand ignorait encore beaucoup de choses en matière d’éducation qui ne lui devinrent claires qu’avec l’expérience et le raisonnement, et Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/551 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/552 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/553 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/554 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/555 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/556 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/557 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/558 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/559 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/560 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/561 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/562 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/563 s’indigne de voir deux peuples civilisés, laborieux, vivant paisiblement côte à côte, se ruer soudain l’un contre l’autre comme deux bêtes féroces, parce que la volonté de leurs gouvernements, la politique personnelle de leurs chefs, les intrigues diplomatiques auxquelles ils restent étrangers l’ont voulu ainsi Puis le cours des événements empoigne l’écrivain, son ton devient d’abord patriotique, puis chauvin et ses articles prennent un caractère belliqueux propre aux écrivains de tous les pays et de tout peuple en temps de guerre, et surtout de guerre malheureuse !

La voix indignée de George Sand fut entendue non seulement de ses compatriotes, mais aussi des ennemis de la France, et, en 1871, en réponse à ses lignes dénonçant certaines actions des Prussiens, il parut à Mayence mie brochure allemande intitulée : Franzôsische Stossseufzer und deutscJie Reflexionen. Eine Antwort an George Sand Aurora Dudevant. (Soupirs français et réflexions allemandes. Une réponse à George Sand, Aurore Dudevant.) L’auteur, M. Ferdinand Haas, y soumettait à une rude critique, quelquefois assez bien fondée, mais le plus souvent tout aussi chauvine, et en tout cas très désobligeante comme ton, — côtoyant l’indécent et le comique, — les idées et les sentiments que George Sand émettait dans son Journal.

Nous ne nous arrêterons point sur ces articles de la grande femme, ils portent trop l’empreinte de leur époque, ce qui rend leur signification temporaire[3]. La seconde partie, écrite après la guerre de Prusse et la guerre civile, présente une bien autre valeur. Toutes les péripéties de la guerre des partis, toutes les teintes des opinions politiques se reflètent dans ces derniers chapitres du Journal d’un voyageur, ainsi que dans les Impressions et souvenirs qui lui font suite.

L’invasion étrangère de 1870 inspira encore une œuvre à George Sand. C’est son roman Francia dont l’action se passe lors de l’invasion des « alliés » en 1815. On y voit apparaître une espèce de général russe caricaturé de la façon la plus singulière, — quelque chose entre le « russe, mangeur de chandelles » si répandu dans les feuilletons d’il y a un siècle, — et le « général Dourakine » de la « Bibliothèque rose ». Comment George Sand, amie de Louis Viardot, qui non seulement voyagea en Russie, mais encore traduisit si bien Gogol et Pouschkine, l’amie de Charles Rollinat, le traducteur de Tolstoï et Tourguéniew, enfin l’amie de Tourguéniew lui-même, qui vint plusieurs fois à Nohant et dont Mme Sand admirait tant les Récits d’un chasseur, la Nichée de gentilshommes, la Fumée, Roudine[4], Pères et enfants etc., etc., comment George Sand put-elle peindre cet incroyable général Ogokskoï (le nom à lui seul fait rire de pitié tout vrai Russe !) véritable enluminure d’Épinal ! — l’oncle du prince Diomyde Diomyditch Moursakine (nous le disions, cela devait rimer à Dourakine !) non moins grotesque, et pour comble appelé au cours du roman Diomyditch tout court ! Nous ne disons pas cela par chauvinisme ou patriotisme mal entendu, mais pour constater que George Sand avait, en cette occasion, fait preuve de cette même incapacité que parfois les auteurs éprouvent à rendre d’une manière vraie des types étrangers. C’est pour cela que les Japonais s’indignent contre Pierre Loti et sa façon de peindre la vie et les femmes japonaises dans Madame Chrysanthème ; les Italiens, contemporains de Mme Sand, s’étaient révoltés de sa manière de peindre les types italiens dans Daniella. Les Russes ne feront que rire en voyant comment George Sand avait portraituré en guignols grotesques nos héros de 1812-1815. Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/566 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/567 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/568 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/569 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/570 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/571 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/572 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/573 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/574 bien et du mal, Aurore Dupin se pénétra de la doctrine de saint Jean et l’opposa à celle de saint Pierre, l’apôtre de l’Église militante, intolérante[5]. À la fin de sa carrière, après toutes les épreuves de son existence privée et sociale, après avoir passé par tant de doctrines, de systèmes philosophiques les plus divers et traversé tant de cataclysmes politiques, George Sand resta fidèle à l’enseignement de saint Jean et ce sont les paroles de cet évangéliste qu’elle adresse à ses concitoyens à l’heure terrible de la folie générale et de l’effondrement social. C’est comme le Hic jacet de Spiridion, c’est ici que se trouve la clef de toutes ses opinions politiques, de toutes ses théories sociales. Elle dit dans la lettre à Flaubert, et nous avons déjà cité ces mots dans le chapitre sur 1848 :

Plus que jamais je sens le besoin d’élever ce qui est bas et de relever

ce qui est tombé. Jusqu’à ce que mon cœur s’épuise, il sera ouvert à la pitié, il prendra le parti du faible et réhabilitera le calomnié. Si c’est aujourd’hui le peuple qui est sous les pieds, je lui tendrai la main ; si c’est lui qui est l’oppresseur et le bourreau, je lui dirai qu’il est lâche et odieux. Que m’importent tels ou tels groupes d’hommes, tels noms propres devenus drapeaux, telles personnalités devenues réclames ?

Je ne connais que des sages et des fous, des innocents et des coupables…

Ceci explique ses agissements en 1848-49, les espérances qu’elle fondait sur Louis-Napoléon Bonaparte — le réformateur social — et son horreur devant le coup d’État et le régime de Napoléon III ; son enthousiasme à l’avènement de la République en 1870 et son horreur devant la Commune de 1871. George Sand resta fidèle à elle-même. Elle se déclarait alors un ennemi juré de la politique. Elle le dit sans ambages dans sa Réponse à une amie, le numéro vu des Impressions et souvenirs qui est une suite et une conclusion de sa Réponse à un ami : « Je méprise profondément la politique. »

La question principale que George Sand examine dans cet article c’est ce même suffrage universel qui excitait Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/576 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/577 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/578 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/579 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/580 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/581 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/582 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/583 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/584 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/585 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/586 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/587 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/588 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/589 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/590 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/591 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/592 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/593 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/594 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/595 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/596 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/597 tout ce qui purifie l’existence, tout ce qui réchauffe l’amour, je ne te prierai pas. Je n’ai rien à te demander dans la vie que la loi de la vie ne m’ait offert, et si je ne l’ai point saisi, c’est ma faute ou celle de l’humanité dont je suis un membre responsable et dépendant. Mon élan vers toi ne saurait être le marmottage du mendiant qui demande de quoi %ivre sans travailler. Ce qui m’est tracé, c’est à moi de le voir, ce qui m’est commandé, c’est à moi de l’accomplir. Le miracle n’interviendra pas pour me dispenser de l’effort. Point de supplication, point de patenôtres à l’esprit qui nous a donné l’étincelle de sa propre flamme pour tout utiliser. Le dialogue avec toi ne s’exprime pas en paroles que l’on puisse prononcer ou écrire ; la parole a été trouvée pour échanger la pensée d’homme à homme. Avec toi il n’y a point de langage, tout se passe dans la région de l’âme où il n’y a plus ni raisonnements, ni déductions, ni pensées formulées. C’est la région où tout est flamme et transport, sagesse et fermeté. C’est sur ces hauteurs sacrées que s’accomplit l’hyménée, impossible sur la terre, du calme délicieux et de l’ineffable ivresse…

Lorsqu’on a lu ce chapitre viii des Impressions et souvenirs, on comprend encore mieux l’état de désespérance et d’effroi reflété par Lélia et Spiridion et auquel était livrée l’âme de la malheureuse ex-élève du Couvent des Anglaises, alors que ses croyances anciennes s’écroulèrent, et la nouvelle foi n’était point encore éclose en son âme. À présent, cette âme bouleversée, cet esprit ayant, jadis, combattu contre Jéhovah et les hommes, a retrouvé son calme !

La thèse et l’antithèse se sont fondues dans leur synthèse. Et ces neuf dernières années peuvent ainsi, à l’exception de l’année terrible (1870-71), être considérées au double sens de la vie familiale et de la sérénité de l’âme comme les années les plus heureuses de la vie de George Sand.

En cette dernière période de sa vie George Sand continuait, comme par le passé, d’écrire au moins un roman par an, quelquefois deux ou trois. Outre les romans déjà mentionnés en différents endroits, plus haut (Malgrétout, 1869, Mademoiselle Merquen, Cadio, 1868, et Nanon, 1872), elle écrivit en ces dernières dix années : Césarine Dietrich, Ma sœur Jeanne, Flamarande, les Deux Frères, Marianne Chevreuse, la Tour de Percemont.

Si le petit volume de Césarine Dietrich n’était pas signé, si Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/599 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/600 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/601 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/602 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/603 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/604 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/605 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/606 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/607 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/608 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/609 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/610 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/611 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/612 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/613 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/614 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/615 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/616 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/617 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/618 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/619 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/620 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/621 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/622 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/623 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/624 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/625 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/626 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/627 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/628 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/629 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/630 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/631 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/632 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/633 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/634 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/635 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/636 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/637 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/638 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/639 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/640 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/641 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/642 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/643 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/644 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/645 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/646 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/647 Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T4.djvu/648

Encore une fois, je ne veux juger personne, mais ceux qui ont conseillé de livrer la dépouille de George Sand au prêtre, me paraissent n’avoir compris ni la grandeur de son esprit, ni les obligations qu’en présence d’une telle mémoire on doit à la religion, à la France, à l’humanité. Un juge disait : « Quoi que tu fasses, n’oublie pas que tu donnes un exemple. » Ce qui a été fait n’est pas seulement la condamnation de l’œuvre de G. Sand, c’est la tristesse jetée dans le cœur de ceux qui croient au respect des principes et au progrès des idées, c’est encore et surtout l’encouragement donné aux représentants du despotisme spirituel. Parlez, écrivez, agissez contre nous, diront-ils, quand vous mourrez, vous n’en serez pas moins notre proie ! Kecevez, cher monsieur, l’expression de mes meilleurs sentiments.

L. Leblois.

La lettre de faire-part, envoyée lors de la mort de George Sand, est curieuse sous plus d’un rapport. Elle est ainsi conçue :


M.

Monsieur Maurice Sand, baron Dudevant, chevalier de la Légion d’honneur, et Madame Maurice Sand ; Monsieur Clésiuger et Madame Solange Clésinger-Sand ; Mesdemoiselles Aurore et Gabrielle Sand-Dudevant ; Madame Cazamajou ; Monsieur et Madame Oscar Cazamajou ; Madame veuve Simonnet ; Monsieur René Simonnet, substitut du procureur de la République à Châteauroux ; Monsieur Edme Simonnet, employé de la Banque de France à Limoges ; Monsieur Albert Simonnet, employé de la Banque de France à Bourges ; Monsieur et Madame de Bertholdi ; Monsieur Georges de Bertholdi ; Mademoiselle Jeanne de Bertholdi ; Monsieur et Madame Camille Villetard et leurs enfants

Ont l’honneur de vous faire part de la perte douloureuse qu’ils viennent d’éprouver en la personne de

Madame GEORGE SAND

Baronne Dudevant

Née Lucile-Aurore-Amantine Dupin

leur mère, belle-mère, grand’mère, sœur, tante, grand’tante et cousine, décédée au château de Nohant le 8 juin 1876, dans sa soixante-douzième année.

Nohant (Indre), le 8 juin 1876.

  1. Voir plus haut, chap. viii.
  2. Histoire du véritable Gribouille, vignettes par Maurice Sand, gravures de Delaville (Petite Bibliothèque blanche. Éducation et récréation. Hetzel et Cie, Paris, 1850.) Cette histoire est dédiée à la fille du vieil ami de l’auteur, Alphonse Fleury. Mlle Valentine Fleury (plus tard Mme Engelhardt).
    Ce conte fut traduit en russe en 1851 par Mme Ogarew. Il parut avec une préface de Herzen, à Londres.
  3. Ces lignes furent écrites avant 1914. En relisant ces articles de George Sand au moment de la grande guerre, elles nous produisirent une toute autre impression.
  4. Par amour de la vérité nous devons toutefois noter ici que dans Francia nous trouvons un jugement de Mme Sand sur Roudine, prouvant que si elle admirait ce roman avec enthousiasme, elle comprenait fort mal le caractère du héros de Tourguéniew. Après avoir écrit : « C’est un trait fort répandu parmi les Russes (!!!) d’opprimer les faibles et de se prosterner devant les puissants » — [trait, hélas, noté par Tacite, Machiavel et La Rochefoucauld, donc un peu partout, ajouterons-nous ! W. K] — George Sand fait cette singulière remarque : « Ivan Tourguéniew, qui connaît bien la France, a créé en maître le personnage du Russe intelligent, qui ne peut rien être en Russie, parce qu’il a la nature du Français. Relisez les dernières pages de l’admirable roman Dimitri Roudine… » Or, on sait que dans Roudine Tourguéniew a voulu peindre un type très répandu en tous pays, celui d’un parleur ne trouvant nulle part de champs à son activité, par excès de réflexion et par manque de volonté.
  5. Voir notre vol. I, chap. iv, et le présent vol., chap. ix.