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Glossaire des jeux wallons de Liège/Section complète - T

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T

Tahaî (J. â). La marelle. On appelle encore ce jeu le carré ou la platine (nord de la France). La marelle (li tahaî) est une figure géométrique tracée sur le sol, dont ci-contre la reproduction (fig. 1). Le No 8 s’appelle Paradis, en français comme en wallon. On marque de croix les reposoirs il est permis de mettre les deux pieds. Le joueur, donc, jette son palet (qu’il nomme tahaî) dans la case 1. Il y saute à cloche pied et par un léger choc du pied, fait sortir ce palet par la base. Disons que ce palet est un morceau de bois ou un débris de poterie. Même opération pour les nos suivants, avec cette condition qu’il peut reposer les deux pieds dans chaque case marquée d’une croix ❌. Pour arriver dans les nos 5, 6, 7 et 8, il saute à cloche pied dans le no 1, pose en même temps le pied gauche dans le no 3, et le droit dans le no 4, saute à cloche pied dans le no 5, repose dans le no 6, et ainsi de suite en jetant toujours au préalable le palet dans le no il veut aller. Il manque (i fai fâte) et donne le droit à un autre de jouer : 1º en marchant sur les lignes du dessin ou en y faisant toucher le palet (li tahaî beu). 2º en envoyant son palet hors de la marelle par les côtés. 3º en se reposant aux nos impairs. Lorsqu’elle a jeté dans toutes les cases, la fillette (car li tahaî est plutôt un jeu de petites filles), la fillette, dis-je, doit ripasser, fer l’ pènitince et li r’compinse. (V. ces mots.)

Julien Delaite - Glossaire des jeux wallons de Liège (BSLLW, t. 14 (s. 2), pp. 127-174), 1889 - Image p. 171.png

Voici deux autres figures de marelle plus simples et généralement employées à présent. Il est inutile de dire que les règles sont identiques, celle de la croix en moins naturellement.

Julien Delaite - Glossaire des jeux wallons de Liège (BSLLW, t. 14 (s. 2), pp. 127-174), 1889 - Image p. 172.png

Tambour (Fer). Sauter à la corde avec la plus grande rapidité possible.

Tape (Lès). Le but dans plusieurs jeux, surtout dans les jeux de billes.

Taper foû (Si). Jeter sa bille hors du cercle au jeu du grand maître (à l’ hite).

Taper jus. Écarter, terme du jeu de piquet surtout.

A l’ tène. La cuvelle. Une cuvelle pleine d’eau est suspendue de façon à chavirer au moindre choc et à déverser son contenu tout aussitôt. Sous cette cuvelle est une planchette entaillée. Le joueur traîné dans une charrette à bras doit introduire un manche à balai dans cette entaille.

Pour peu qu’il frappe à côté, il reçoit une douche des mieux conditionnées.

Tic tac à dreute. Les quilles 1 et 7. (V. fig. au mot bèye.)

Tic tac à gauche.} Les quilles 1 et 6. (V. fig. au mot bèye.)

Tic tic (Un, deux, trois). Après trois sauts ordinaires, le sauteur se fait rapidement passer deux fois la corde sous les pieds au moment d’un saut unique.

Tièsse. Face. (De l’expression pile ou face, pèye ou tièsse du jeu de à l’ dèye). C’est le L majuscule entouré de dessins linéaires des pièces de 2 centimes de Belgique.

Tour di Babylône (J. à l’). La tour de Babylone. C’est un cône soutenant une galerie couverte en colimaçon et remplaçant le cornet du jeu de dés. On dépose un dé au sommet de cette galerie ; il tombe en la suivant et le point qu’il amène désigne le numéro gagnant.

Tournaî (J. â, fer aller dès). Fouetter les sabots. (V. l’observation au mot campinaire.)

Tourniquèt. Le jeu de bagues. (Tourniquet da Beaufils, da Marèye.) (Syn. ch’vâ d’ bois.)

Traî. Levée. Terme de jeu de cartes.

Treus cwârgeu (J. âx). Les trois cartes. C’est un jeu de bonneteurs. Il se compose de trois cartes dont un as de cœur. Le bonneteur retourne ces cartes couleur en bas, après en avoir interverti l’ordre avec une vitesse et une habileté surprenantes. On place une mise en argent sur l’une des cartes que l’on suppose être l’as ; si l’on devine juste, on empoche la valeur, sinon le banquier le fait. Il arrive trop souvent que l’as de cœur disparaît du jeu. (Cp. â treus di.)

Treus di (Lès). Les trois dés. (V. di.)

Treus fosse, treus pôtte (J. âx). Le but de ce jeu est de croquer trois fois une bille adverse, et d’entrer dans trois fossettes distantes l’une de l’autre.

Trim’ler. Brelander.

Trim’lège. Passion du jeu.

Trim’leu. Brelandier.

Triomphe. Triomphe ou atout. (Jeu de cartes.)

Trô bourlouf (J. â). Petit jeu de société, qui consiste à dire trô ci, trô là (en désignant plusieurs personnes) et enfin trô bourlouf en mettant la main au milieu de la table.

Trô bourlouf. Modification du jeu de crosse (Forir).

Trompèt. Même signification que chouque ou bouyotte. (Environs de Visé.)

Troquètte (Fer). Couper deux cordes du même coup au jeu de l’oie.

Troquètte à treus (Fer ’ne). Mettre les trois billes ensemble au bord de la fossette, au jeu des ègagi.

Trou Madame. Espèce de jeu de l’oie.

Tûte. Pour une demi-douzaine de prisonniers, un clan a ce qu’on appelle ine tûte, pour trois ine dimêye tûte. Ce mot vient sans doute du cri que poussent les vainqueurs pour se moquer. (Au jeu de barres, pourèye.)