Grammaire de l ornement/Chap III

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Day & Son, Limited-Cagnon (p. 42-50).

Chapitre III. — Planches 12, 13, 14.
ORNEMENTS ASSYRIENS ET PERSES.
Owen jones - Grammaire de l ornement, 1856 (page 22 crop).jpg
1. 
Pavé sculpté, Kouyunjik.
2-4. 
Ornement peints de Nimroud.
5. 
Pavé sculpté, Kouyunjik.
6-11. 
Ornement peints de Nimroud.
12-14. 
Arbres sacrés de Nimroud.

Tous les ornements de cette planche sont pris du grand ouvrage de M. Layard, The Monuments of Ninevek. Nos. 2, 3, 4, 6, 7, 8, 10, 11 sont coloriée comme ils le sont dans l’ouvrage original ; et où les Nos. 1, 5, et les trois arbres sacrés, Nos. 12, 13, 14. sont en relief, représentée seulement par les lignes de contour, nous les avons représentés sur notre planche, comme ornements peints, en les coloriant d’après le principe indiquée par les premiers, dont on connait les couleurs.


1-4. 
Briques émaillées, Khorsabad. — Flandin & Coste.
5. 
Ornement d’un vêtement royal, Khorsabad. — F & C.
6, 7. 
Ornement d’un bouclier en bronze, idem — F & C.
8, 9. 
Ornement d’un vêtement royal, idem — F & C.
10, 11. 
Ornement d’un vaisseau en bronze, Nimroud. — Layard.
12. 
Ornement d’un vêtement royal, Khorsabad. — Flandin & Coste.
13. 
Briques émaillées, Khorsabad. — F & C.
14. 
Ornement d’un bélier, Khorsabad. — F & C.
15. 
Ornement d’un vaisseau en bronze, Nimroud. — Layard.
16-21. 
Briques émaillées, Khorsabad. — Flandin & Coste.
22. 
Briques émaillées, Nimroud. — Layard.
23. 
Idem, Bashikad. — Layard.
24. 
Idem, Khorsabad. — Flandin & Coste.

Les ornements Nos. 6, 8, 9, 12, servent généralement à orner les vêtements royaux, et ils représentent la broderie. Nous les avons coloriée de la manière qui nous a paru la mieux adoptées à développer les différents patrons. Les autres ornements de cette planche sont coloriés tels qu’ils ont été publiés par M. Layard et MM. Flandin & Coste.


1. 
Ornement en imitations de plumes dans la curvité de la corniche, palais No. 8, Persépolis. — Flandin & Coste.
2. 
Base de colonne, ruine No 13, Persépolis. — F & C.
4. 
Ornement sur le côté de l’escalier du palais No 2, Persépolis. — F & C.
5. 
Base de colonne de la colonnade No.2, Persépolis. — F & C.
6. 
Base de colonne, palais No. 2, Persépolis. — F & C.
7. 
Base de colonne, portique No. 1, Persépolis. — F & C.
8. 
Base de colonne à Istakhr — F & C.
9-12. 
Pris de chapiteaux sassanides, Bi Sutoun. — F & C.
13-15. 
Pris de chapiteaux sassanides. — Flandin & Coste.
16. 
Pris d’une moulure sassanide — F & C.
17. 
Ornement, Tak I Bostan. — F & C.
18, 19. 
Ornement sassanides, d’Ispahan. — F & C.
20. 
Archivolte, Tak I Bostan. — F & C.
21. 
Partie supérieure d’un pilastre, Tak I Bostan. — F & C.
22. 
Chapiteaux sassanides, Ispahan. — F & C.
23. 
Pilastre, Tak I Bostan. — F & C.
24. 
Chapiteaux de pilastre, Tak I Bostan. — F & C.
25. 
Chapiteaux sassanides, Ispahan. — F & C.
ORNEMENTS ASSYRIENS ET PERSES.

Quelque riche que soit la moisson que Monsieur Botta et Monsieur Layard ont recueillie des ruines (les palais assyriens, les monuments qu’ils nous ont fait connaître, ne paraissent pas remonter à une période bien reculée de l’art assyrien. De même que les monuments d’Égypte, ceux d’Assyrie qui ont été découverts
Égyptien.

Assyrien.
jusqu’aujourdhui, appartiennent à une période de décadence, mais ils sont encore plus éloignés que ceux d’Égypte du point culminant de le perfection. Il faut que l’art assyrien ait été un style d’emprunt, ou qu’il nous reste encore à découvrir des rentes d’une forme plus parfaite de l’art. Nous sommes fortement portés à croire que l’art assyrien n’est pas un style original, mais qu’il a été emprunté nu style égyptien, et modifié par le différence de la religion et des mœurs du peuple assyrien.

En comparant les bas-reliefs de Ninive avec ceux d’Égypte, il est impossible qu’on ne soit frappé du grand nombre de points de ressemblance qui existent dans les deux styles ; non seulement on y trouve la même manière de représenter les objets, mais ceux-ci sont souvent si semblables, qu’il est difficile de croire que deux peuples soient arrivés, indépendamment l’un de l’autre, à produire le même style.

La manière de représenter une rivière, un arbre, une ville assiégée, un groupe de prisonniers, une bataille, un roi dans son char, est presque identique, chez l’un et l’autre peuple, — la différence qui existe est simplement celle qui résulterait naturellement de la représentation des mœurs de deux peuples différents ; l’art nous parait être le même. La sculpture assyrienne semble être un développement de celle de l’Egypte, mais au lieu de surpasser l’original, elle décroit en perfection, ayant le même rapport à l’art égyptien que celui qui existe entre le style romain et le style grec. La sculpture égyptienne tomba graduellement en décadence, à partir du temps des Pharaon jusqu’à l’époque des Grecs et des Romains ; les formes qui étaient d’abord coulantes et gracieuses, devinrent grossières et abruptes ; l’enflement des membres qui d’abord était plutôt indiqué que rendu, finit par devenir exagéré ; le traitement conventionnel fut abandonné pour une tentative imparfaite du naturel. Dans la sculpture assyrienne, cette tentative fut poussée encore plus loin, — tandis que l’arrangement général du sujet et la pose des figures s’exécutaient encore d’une
Égyptien.

Assyrien.
manière conventionnelle, on essaya de représenter les muscles des membres et la rotondité de la chair : symptôme certain de décadence dans les arts ; — on doit idéaliser la nature et non la copier. Un grand nombre de statues modernes différent de la Vénus de Milo, de la même manière que les bas-reliefs des Ptolémée, différent de ceux des Pharaon.

Les Ornements assyriens, selon nous, présentent aussi la même apparence d’un style d’emprunt à l’état de décadence. Il est vrai que nous n’en avons jusqu’à présent qu’une connaissance bien imparfaite, à cause de la destruction des parties des palais, qui devaient contenir le plus d’ornements, — la partie supérieure des murs d’intérieur et les plafonds, — destruction qui n’a été que la conséquence de la nature de la construction des édifices assyriens. Il ne peut exister aucun doute, cependant, que les monuments assyriens n’aient été décorés d’autant d’ornements que ceux des Égyptiens ; il y a, dans l’un et l’autre de ces styles, une absence totale de surfaces unies sur les murs, qui étaient couverts ou de sujets ou d’écritures ; et dans certaines positions où ni les uns ni les autres ne pouvaient s’employer, on a dû faire usage d’un genre d’ornementation pure, pour soutenir l’effet général. Ce que nous possédons en fait d’ornements assyriens, provient des vêtements des figures des bas-reliefs, et se compose en outre de quelques fragments de briques peintes, de quelques objets en bronze, et des représentations des arbres sacrés sur les bas-reliefs. Nous n’avons découvert jusqu’à présent aucun reste de leurs ornements de construction, car les colonnes et les autres moyens de support qui auraient été décorés de ce genre d’ornements, ont tous détruits ; les ornements de construction que nous reproduisons sur la planche XIV., de Persépolis, sont évidemment d’une époque plus récente et soumis à d’autres influences ; ils ne seraient conséquemment que des guides peu sûrs, dans toute tentative de reproduire les ornements de construction des palais assyriens.

Quoique les ornements assyriens ne soient pas basés sur les mêmes types que ceux des Égyptiens, ils sont représentés de la même manière. Les ornements en relief de ces deux styles, ainsi que ceux en peinture, sont de la nature des diagrammes. Il existe très peu de surfaces modelées, — invention spéciale des Grecs, qui tenaient, dans ses vraies limites, le modelé des surfaces, que les Romains porteront à l’excès, jusqu’à ce qu’enfin toute ampleur d’effet fut détruit. Les Byzantine retournèrent aux reliefs modérés, les Arabes les employèrent avec encore plus de sobriété, et chez les Maures, une surface modelée devint chose excessivement rare. Sous un autre point de vue, le style roman se distingue de la même manière, de l’ancien style gothique, qui lui-même est d’un effet plus large que le gothique le plus rapproché de notre époque, où les surfaces devinrent enfin si élaborées que tout repos fut détruit.

À l’exception de la pomme de pin sur les arbres sacrés, planche KIL, des ornements peints, et d’une espèce de lotus, Nos. 4 et 5, les ornements ne paraissent par avoir été formés d’après aucun type naturel : ce qui donne encore plus de consistance à l’opinion, que l’art assyrien n’est pas un style original. Les lois naturelles de radiation et de courbure tangente, qu’on trouve dans les ornements égyptiens, sont également observées chez les Assyriens, mais avec beaucoup moins de vérité, — plutôt, pour ainsi dire, traditionnellement qu’instinctivement. La nature n’y est pas suivie d’aussi près que chez les Égyptiens, et elle n’est pas non plus d’une exécution conventionnelle aussi exquise que chez les Grecs. Les Nos. 2 et 3 de la planche XIII. sont les types d’où les Grecs, à ce que l’on croit, ont tiré quelques uns de leurs ornements peints ; mais qu’ils sont inférieurs au style grec pour la pureté des formes et la distribution des masses !

Quant aux couleurs, les Assyriens paraissent avoir employé le bleu, le rouge, le blanc, et le noir, dans leurs ornements peints ; le bleu, le rouge, et l’or, dans leurs ornements sculptés : et le vert, l’orange, le bufle, le blanc, et le noir, pour leurs briques émaillées.

Les ornements de Persépolis reproduits sur la planche XIV., paraissent être des modifications des détails romains. Les Nos. 3, 5, 6, 7. 8, proviennent de bases de colonnes flutées, qui trahissent évidemment l’influence romaine. Les ornements qui viennent de Tak I Bostan, — 17. 20, 21, 23, 24, — sont tous construits sur le même principe que les ornements romains, n’offrant qu’une modification de la surface modelée, telle que nous la trouvons dans l’ornement byzantin, auquel ils ressemblent tous deux d’une manière remarquable.

Les ornements 12 et 16, pris de chapiteaux sassanides à Bi Sutoun, appartiennent au style byzantin dans leurs contours en général, et renferment les germes de toute l’ornementation des Arabes et des Maures. C’est le plus ancien exemple que nous ayons d’ornements diaprés en forme de losanges. Les Égyptiens et les Assyriens paraissent avoir employé pour couvrir les grands espaces, des dessins formés par un arrangement géométrique de lignes : mais c’est le premier exemple de lignes courbes, formant un patron général qui renferme une forme secondaire. Le principe contenu dans le No. 16 pourrait engendrer toutes les formes diaprées si exquises qui couvraient les dômes des mosquées du Caire et les murs de l’Alhambra.


Chapiteau sassanides de Bi Sutoun. — Flandin & Coste.
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