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Grammaire de l ornement/Chap XV

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Day & Son, Limited-Cagnon (p. 89--).

Chapitre XV. — Planches 63, 64, 65.
ORNEMENTS CELTIQUES.
Owen jones - Grammaire de l ornement, 1856 (page 110 crop).jpg
ORNEMENTATION LAPIDAIRE.
1. 
La croix d’Aberlemno, formée d’une seule dalle, haute de Angus 7 pieds. — Chalmers, Stone Monuments of Angus.
2. 
Ornement circulaire pris de la base d’une croix en pierre, au cimetière de du cimetière de St. Vigean, Angusshire. — Chalmers.
3. 
Partie centrale d’une croix en pierre qui se trouve au cimetière de l’île d’Inchbrayoe, Écosse.
4. 
Ornements d’une croix qui se trouve Meigle, Angusshire. — Chalmers.
5. 
Ornement pris de la base d’une croix près de la vieille église d’Eassie, Angusshire. — Chalmers.

Note. — Outre les différents ornements qu’on observe sur les pierres qui figurent ici, on trouve sur nombre de croix écossaises exclusivement, un ornement particulier qu’on appelle le dessin à lunettes. Il se compose de deux cercles joints par deux lignes courbes, lesquelles sont croisées par la traverse oblique d’un Z orné. Les antiquaires sont et ont toujours été embarrassés d’expliquer l’origine et la signification de cet ornement, dont nous n’avons jamais trouvé, hors de l’Ecosse, qu’un seul exemple sur un bijou gnostique, reproduit en gravure dans l’Essay on Christian Coins, par Walsh.

Sur quelques-unes des croix de l’île de Man et de Cumberland — de même que sur celle de Penmon, Anglesea, — se trouve un ornement semblable au dessin classique que nous avons reproduit sur la planche grecque VIII., figures figures 22 et 27. Cet ornement a été emprunté probablement au pavé mosaïque romain, où il se rencontre quelquefois : mais on ne le trouve jamais dans les manuscrits ni dans les ouvrages en métal.


ENTRELACS
1-5, 
10-22, 26, 42-44, sont des bordures d’entrelacs à rubans, copiées de manuscrits anglo-saxons et irlandais qui se trouvent au musée Britannique, à la bibliothèque Bodléïenne, Oxford, et aux bibliothèques de St. Gall et de Trinity College, Dublin.
6, 7. 
Entrelacs à rubans, pris des évangiles d’or de la bibliothèque Harléïenne, musée Britannique. — Humphreys.
8. 
Ornement formant la terminaison d’une lettre initiale, formé de lignes entrelacées et spirales, pris de l’exemplaire des évangiles, No. 693, bibliothèque de Paris. — Silvestre.
9. 
Entrelacs, pris d’un manuscrit irlandais qui se trouve à St. Gall. — Keiler.
23. 
Ornement formant la terminaison d’une lettre initiale, pris du livre du sacre des rois anglo-saxons, production d’artistes franco-saxons. — Humphreys.
24. 
Ornements à entrelacs, pris du psautier tironien, de la bibliothèque de Paris. — Silvestre.
26. 
Ornement entremêlé de feuillage et d’animaux dessinés d’après nature, pris des évangiles d’or. — Humphreys.
27. 
Ornement angulaire à entrelacs, pris de la Bible de St. Denis. 9ème siècle.
28. 
Dessin des lignes angulaires, pris des évangiles de Lindisfarne. Fin du 7ème siècle.
29. 
Panneau à entrelacs, du psautier de St. Augustin, musée Britannique. 6ème ou 7ème siècle.
30. 
Ornement formé de quatre triquètres joints, pris du Sacramentaire franco-saxon de St. Grégoire, bibliothèque de Reims. 9ème ou 10ème siècle. — Silvestre.
31. 
Partie d’une initiale gigantesque de la Bible francosaxonne de St. Denis. 9ème siècle. — Silvestre.
32. 
Ornement en quatre-feuilles à entrelacs, du Sacramentaire de Reims. — Silvestre.
33. 
Ornement angulaire à entrelacs des évangiles d’or, (agrandi).
34 et 
37. Ornements entrelacés, formés de points rouges, pris des évangiles de Lindisfarne.
35. 
Entrelacs de triquètres, pris des évangiles du sacre des rois anglo-saxons.
36. 
Ornement circulaire de quatre triquètres joints, pris du Sacramentaire de Reims, (agrandi).
38 et 
40. Lettres initiales des évangiles de Lindisfarne, formées d’entrelacs d’animaux et de lignes angulaires. Fin du 7ème siècle, (agrandies).
39. 
Ornement entremêlé de têtes de chiens, du Sacramentaire franco-saxon de Reims. — Silvestre.
41 et 
45. Ornements à entrelacs quadrangulaircs, pris du missel de Leofric, bibliothèque Bodléïenne.

ORNEMENTS SPIRAUX ET DIAGONAUX, ORNEMENTS ZOOMORPHIQUES ET ANGLO-SAXONS.
1. 
Lettre initiale, des évangiles de Lindisfarne, fin du 7ème siècle, musée Britannique, (agrandie).
2. 
Ornement en lignes angulaires, des évangiles Grégoriens, musée Britannique, (agrandi).
3. 
Entrelacs d’animaux, du livre de Kells, bibliothèque de Trinity College, Dublin, (agrandis).
4. 
Dessin diagonal. Evangiles de Mac Durnan, bibliothèque du palais de Lambeth. 9ème siècle, (agrandi).
5 et 
12. Ornements en spirale des évangiles de Lindisfarne, (agrandis).
6. 
Ornements en diagonal de manuscrits irlandais, St. Gall, 9ème siècle, (agrandis).
7. 
Entrelacs. Idem.
8. 
Entrelacs d’animaux, évangiles de Mac Durnan, (agrandis).
9, 10, 
13. Dessins en diagonal, évangiles de Mac Durnan, (agrandis).
11. 
Dessins en diagonal des évangiles de Lindisfarne, (agrandis).
14. 
Bordure en entrelacs d’animaux, tirée des évangiles de Lindisfarne, (agrandie).
15 et 
17. Panneaux à entrelacs de bêtes et d’oiseaux, pris des évangiles irlandais de S. Gall. 8ème ou 9ème siècle.
16. 
Q initiale, en forme d’animal allongé et angulaire, du psautier de Ricemarchus, Trinity College, Dublin. Fin du 11ème siècle.
18. 
Un quartier de cadre, ou bordure, pris d’une page enluminée du bénédictionnaire de St. Æthelgar, Rouen, 10ème siècle. — Silvestre.
19. 
Idem, pris du psautier d’Arundel, No. 155, musée Britannique. — Humphreys.
20. 
Idem, pris des évangiles de Canute, musée Britannique. Fin du 10ème siécle.
21. 
Idem, pris du bénédictionnaire de Æthelgar.
22. 
Ornement en spirale entremêlé d’oiseaux, formant partie d’une grande initiale majuscule, des évangiles de Lindisfarne. (Grandeur réelle.) — Humphreys.
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ORNEMENTS CELTIQUES.

Le génie des habitants des Iles Britanniques, s’est signalé, en tout temps, par des productions d’un style qui différait singulièrement du style des autres nations du monde entier. Si les traits caractéristiques qui nous distinguent à présent, sont marqués d’un cachet particulier, ceux qui distinguaient nos ancêtres depuis les temps les plus reculés, ne l’étaient pas moins. Encore de nos jours, on regarde avec admiration nos immenses temples druidiques ; et parmi les productions des beaux-arts des siècles suivants, nous trouvons des croix gigantesques en pierre ayant jusqu’à trente pieds de hauteur, sculptées de la manière la plus élaborée et ornées de devises dont le style ne ressemble point au style des autres peuples, et ces croix nous représentent l’ancien génie pour les structures lapidaires sous une forme modifiée, inspirée par une foi nouvelle.

Les plus anciens monuments et reliques de l’art de l’ornementation que nous possédons, (et ils sont bien plus nombreux que la plupart des personnes ne s’imaginent), sont liés si intimement avec la première introduction du christianisme dans ces îles[1], que nous sommes forcés d’avoir recours à celui-ci pour démêler l’histoire et le cachet particulier de l’art celtique : tâche qui jusqu’à présent a été effleurée à peine, quoiqu’elle offre, au point de vue national, un degré d’intérêt égal à celui que peut inspirer l’histoire de l’art de l’ornementation de n’importe quel autre pays.

1. Évidence Historique. — Il est vrai que les historiens ne sont pas d’accord, quant à la manière précise dont le christianisme a été introduit en Angleterre, mais, sans qu’il soit nécessaire de chercher à réconcilier ces différends, nous avons l’évidence la plus ample, non seulement que le christianisme a été établi dans la Grande Bretagne avant l’arrivée de St. Augustin, 596, mais aussi que les anciens théologiens britanniques différaient sur bien des points importants de doctrine, avec le missionnaire envoyé par St. Grégoire le grand ; ce qui est confirmé jusqu’à l’évidence par les restes artistiques que nous possédons de cette époque. St. Gregoire avait envoyé en Angleterre plusieurs Bibles dont on conserve actuellement deux exemplaires : l’un à la bibliothèque Bodléïenne d’Oxford et l’autre à la bibliothèque du Collège Corpus Christi, Cambridge. Ces deux exemplaires venus d’Italie, sont écrits en lettres onciales et arrondies, si usuelles dans ce pays-là, et on n’y voit aucun ornement ; l’initiale de chaque évangile se distingue à peine de l’écriture du texte, seulement la première ligne, ou quelquefois les deux premières lignes, sont écrites en encre rouge, et chaque évangile a en tête le portrait de l’évangeliste, (dont on n’a conservé du reste que celui de St. Luc), assis sous un arc arrondi qui repose sur deux colonnes de marbre, et qui est décoré de feuillage arrangé d’une manière classique. Les plus anciens manuscrits italiens sont tous dépourvus d’ornements élaborés.

Le cas est totalement différent à l’égard des anciens manuscrits qu’on sait avoir été écrits dans les îles Britanniques. Ce sont ces manuscrits sur lesquels nous basons principalement la théorie de l’origine indépendante de l’ornement celtique ; aussi avons nous cru devoir donner quelques détails paléographiques, pour prouver leur antiquité vénérable, d’autant plus qu’on nous oppose constamment des doutes quant à l’âge supposé de ces documents précieux. Il est vrai qu’ils ne portent pas de date, mais quelques-uns d’entr’eux contiennent le nom du scribe, que nous sommes parvenus à identifier dans les premières annales, ce qui nous a permis de fixer la période à laquelle le volume a été exécuté. C’est ainsi qu’on a pu tracer avec certitude, à une période qui ne descend pas plus bas que le neuvième siècle, l’origine des évangiles autographes de St. Columba ; du Leabhar Dhimma, ou évangiles de St. Dimma Mac Nathi ; des évangiles Bodléïens, écrits par Mac Regol et du livre d’Armagh. Un autre témoignage qui fournit la preuve de la date reculée de ces volumes, se trouve dans la collection sans pareille de chartes anglo-saxonnes de cette époque, qu’on trouve au musée Britannique et dans d’autres bibliothèques, chartes qui datent à partir de la seconde moitié du septième siècle jusqu’à la conquête normande ; et quoique ces chartes, comme Astle le remarque, " soient écrites généralement d’une main plus déliée et plus cursive que les livres de la même époque, on n’en voit pas moins la ressemblance, entre les caractères des chartes et ceux des livres, laquelle sert ainsi à établir mutuellement leur authenticité." Il est impossible de comparer, par exemple, le manuscrit Cottonien Vespasian, A 1, connu généralement sous le nom de psautier de St. Augustin, avec les chartes de Sebbi, roi des Saxons de l’Est, 670 (Casley, Catal. of MSS. p. xxiv.), ou avec celles de Lothaire, roi de Kent, 679 ; ou bien encore la charte d’Aethelbald, datée de 769, avec les évangiles de Mac Regol ou de St. Chad ; sans être parfaitement convaincu que les manuscrits sont de la même époque que les chartes.

Une troisième preuve de la grande antiquité de nos premiers manuscrits est fournie par le fait, qu’on en conserve encore un grand nombre dans différents endroits à l’étranger, où ils avaient été portés par les missionnaires irlandais et anglo-saxons. L’histoire fait mention des nombreux établissements monastiques que nos compatriotes ont établis dans différentes parties de l’Europe ; et nous ne citerons que le moine St. Gall, irlandais, qui a donné son nom, non seulement à l’établissement monastique qu’il avait fondé, mais même au canton de Suisse où le monastère est situé. Parmi les livres monastiques de cet établissement, transférés depuis à la bibliothèque publique, se trouvent quelques-uns des manuscrits les plus anciens de l’Europe, et un grand nombre de fragments de volumes soigneusement ornés et exécutés dans les îles Britanniques, que l’on vénère comme reliques du fondateur. De la même manière on conserve à Fulda, les évangiles de St. Boniface. Les évangiles de St. Kilian, (irlandais), l’apôtre de la Franconie, qu’on a trouvés dans sa tombe, teints de son sang se conservent à Wurtzbourg, où on les expose sur l’autel tous les ans à l’anniversaire de son martyre.

Or, tous les manuscrits, dont on a la preuve qu’ils ont été écrits dans les îles Britanniques à une époque antérieure à la fin du neuvième siècle, trahissent dans leur ornementation un cachet particulier, qui diffère totalement de celui qui appartient à ceux des autres pays, si nous exceptons tels endroits où les missionnaires irlandais ou anglo-saxons ont pu introduire leur style, ou modifier ceux qui y existaient déjà. Ajoutons ici que, quoique nous ayons dérivé nos arguments principalement des plus anciens manuscrits, nous arrivons au même résultat en considérant les ornements en métaux ou en pierre de la même époque ; dont les dessins forment les pendants de ceux des manuscrits, à tel point qu’on ne peut qu’arriver à la conclusion, que les dessinateurs qui ont produit les dessins des uns, ont dû fournir aussi ceux des autres. Sur quelques-unes des grandes croix en pierre, cette ressemblance est si frappante, qu’on est presque tenté, en les examinant de croire qu’on voit une des pages d’un volume enluminé, à travers une loupe.

2. Particularités de l’Ornement Celtique. — Les principales particularités qui caractérisent l’ornement celtique, consistent, premièrement en ce que les ornements phyllornorphiques, soit à feuillages soit à végetaux, y manquent complètement — il n’y a pas la moindre trace de l’acanthe classique ; et deuxièmement, elles se manifestent dans le traitement excessivement compliqué, minutieux et élaboré des différents dessins, dessins géométriques pour la plupart, composés d’entrelacs à rubans, de lignes diagonales ou spirales, d’animaux et d’oiseaux monstrueux pourvus de têtes, de langues et de queues très longues, entrelacées et contournées en nœuds presque infinis.

Dans les manuscrits les plus somptueux, tels que le livre de Kells, les évangiles de Lindisfarne, et de St. Chad, et dans quelques-uns des manuscrits de St. Gall, on voit des pages entières couvertes de dessins des plus élaborés, divisés en compartiments, et qui dans leur ensemble présentent des dessins en forme de croix. Il y a un de ces dessins au commencement de chaque évangile. La production d’une telle masse d’ouvrage[2] doit avoir exigé un travail énorme et un soin infini, puisque l’examen le plus minutieux, à l’aide d’une loupe, ne pourrait y découvrir une erreur dans l’exactitude des lignes ou dans la régularité des entrelacs ; et ce soin minutieux n’empêche pas le coloris de produire l’effet le plus harmonieux.

Contrairement à l’habitude suivie auparavant, de commencer un manuscrit avec une lettre qui ne différait guère du reste du texte, on eut soin, dans ces manuscrits, d’orner d’une manière également élaborée le commencement de chaque évangile, qui fait face à ces grandes pages ornées. Les initiales étaient souvent d’une grandeur gigantesque et remplissaient la plus grande partie de la page, le reste de la page était occupé par quelques-uns des mots qui suivaient, dont chaque lettre avait la hauteur moyenne d’un pouce environ. Dans les pages qui formaient le commencement du texte, comme dans celles qui contenaient les dessins en forme de croix, se trouvaient représentés, avec plus ou moins de détails, tous les différents styles d’ornementation.

Les ornements les plus variés que les artisans en métaux, en pierre, et les écrivains des manuscrits employaient généralement, se composaient d’une ou de plusieurs bandelettes étroites entrelacées et nouées, contournées quelquefois dans les enroulements les plus compliqués, et quelquefois arrangées d’une manière géométrique et symétrique. Sur les planches LXIII. et LXIV. se trouvent nombre d’exemples des différents styles de cet ornement. En coloriant ces rubans de différentes teintes, appliquées sur un fond noir ou sur un fond de couleur, on peut produire des effets variés et charmants. Pour se faire une idée de la complication curieuse de quelques-uns de ces ornements, on n’a qu’à suivre le cours du ruban dans ces dessins ; comme, par exemple, dans celui qui se trouve dans le compartiment supérieur de la figure 5, planche LXIII. Quelquefois deux rubans poursuivent leur cours parallèlement, s’entrelaçant alternativement, comme à la figure 12, planche LXIV. Quand les circonstances le permettent, les rubans sont dilatés et prennent une forme angulaire pour remplir certains espaces du dessin, comme à la figure 11, planche LXIV. La modification la plus simple de ce dessin c’est le double ovale, qu’on peut voir aux angles de la figure 27, planche LXIV. Cette modification se rencontre dans les manuscrits grecs et syriaques, ainsi que dans les pavés mosaïques des Romains, mais on la trouve rarement dans nos premiers manuscrits. Une autre forme simple est celle qui est connue sous le nom de triquètre, et qui est fort commune dans les manuscrits et dans les objets travaillés en métal. La figure 36, planche LXIV., présente un exemple de quatre de ces triquètres introduits dans le motif. Les figures 30 et 35 de la même planche représentent des modifications de ce dessin.

Un autre ornement caractéristique, qu’on employait en profusion dans les plus anciens ouvrages de tout genre, se composait d’animaux monstrueux, tels que oiseaux, lézards et serpents de différentes espèces, allongés généralement outre mesure et garnis de nœuds, de queues et de langues qui s’étendaient en longs rubans entrelacés, s’éntremêlant et se contournant de la manière la plus fantastique ; quelque fois d’une manière symétrique, mais le plus souvent d’une manière irrégulière, dessinés qu’ils étaient de manière à servir de remplissage dans certains endroits. Quelquefois, mais pas souvent, on introduisait aussi la figure humaine ; comme sur un des panneaux de la croix de Monasterboice, au palais de Cristal, où l’on voit quatre figures humaines singulièrement entrelacées ; et sur une des bosses de la crosse de Lismore, appartenant au duc de Devonshire, on voit plusieurs de ces groupes fantastiques. Sur la planche LXIII. il y a des groupes d’animaux entrelacés de la même manière. Les exemples les plus compliqués sont les groupes de huit chiens (planche LXV., fig. 17) et de huit oiseaux (planche LXV., fig. 15) pris d’un des manuscrits de St. Gall ; mais l’exemple le plus élégant, c’est l’ornement marginal (fig. 8, planche LXV.) pris des évangiles de Mac Durnan, palais de Lambeth. Dans les manuscrits irlandais et gallois plus récents, les bords des rubans entrelacés se touchent, et les dessins sont bien moins géométriques et plus confus. Le dessin étrange (fig. 16, planche LXV.) n’est autre chose que la lettre initiale Q du psaume, Quid Gloriaris, et il est pris du psautier de Eicemarchus, évêque de St. David, 1088. Ce dessin doit représenter un animal monstrueux pourvu de nœuds dont l’un s’étend sur le devant au dessus du nez, et l’autre forme un crochet étrange au dessus de la tête, le cou est garni d’une rangée de perles, le corps est allongé et anguleux et se termine en deux jambes tordues pourvues de griffes féroces, et la queue est tellement nouée que l’animal aurait du mal à la débrouiller. Très souvent on n’employait que les têtes d’oiseaux et d’animaux pour former la terminaison d’un dessin, comme on peut le voir dans plusieurs ornements reproduits planche LXIV., et en effet la gueule béante et la langue allongée fournissent un fini qui ne manque pas de grace.

Le plus caractéristique de tous les dessins celtiques c’est celui qui se produit par deux ou trois lignes spirales, partant d’un point fixe, et dont les extrémités opposées s’élancent vers le centre des cueilles formées d’autres lignes spirales. Les figures 1, 5, et 12, présentent des exemples de cet ornement, reproduits tous sur une échelle plus ou moins agrandie ; tandis que la figure 22 représente la grandeur réelle. La figure 3, planche LXIII., montre comment ce dessin peut être converti en un dessin diagonal. Dans les manuscrits, de même que dans tous les meilleurs ouvrages en métal et en pierre, qui datent d’une époque plus ancienne, ces lignes spirales prennent toujours la direction de C, jamais celle de S. Cette circonstance prouve, ce que l’irrégularité du dessin même tend déja à démontrer, savoir, que l’ornement central de la figure 1, planche LXIII., n’a pas été tracé par un artiste versé dans les dessins réellement celtiques, et trahit ou la négligence ou la présence d’une influence étrangère. On a appelé ce dessin, le dessin à trompette, parceque l’espace entre les lignes, forme un dessin allongé et courbe qui ressemble à l’ancienne trompette irlandaise, dont l’embouchure est indiquée par un ovale en points, placé transversalement au bout le plus large. On rencontre des exemples du même motif exécutés sur les objets en bronze, d’un pied de diamètre environ, qu’on a trouvés de temps en temps en Irlande ; et on ne sait à quel usage ils ont pu servir ; on le voit aussi sur les petites plaques circulaires émaillées, ouvrages Anglo-Saxons d’une période reculée, qu’on a trouvées dans différents endroits en Angleterre. Mais il se voit rarement sur pierre ; le seul exemple que nous en connaissons en Angleterre se trouve sur les fonts baptismaux de l’église de Deerhurst. Comme cet ornement ne se rencontre dans aucun manuscrit exécuté en Angleterre après le neuvième siècle, nous pouvons conclure, que les fonts baptismaux en question sont les plus anciens parmi les fonts ornés de ce pays.

Un autre dessin, qui n’est pas moins caractéristique, se compose de lignes diagonales qui ne s’entrelacent jamais, mais qui sont arrangées séparément à des intervalles égaux, et qui forment une suite de dessins ressemblant aux motifs chinois.[3] La lettre Z, droite ou renversée, constitue l’élément primaire de ce dessin qu’on peut appeler, comme conséquence, le dessin de Z. Il est capable d’un grand nombre de modifications, comme on peut le voir, planche LXV., figures 6, 4, 9, 10, 11, et 13. Dans les manuscrits les plus élaborés, ce dessin est purement géométrique et régulier, mais dans les ouvrages peu-soignés, il dégénère en un dessin irrégulier, comme on peut l’observer à la planche LXIII., figures 1 et 3.

On trouve encore de temps en temps, dans les manuscrits anglais, un autre ornement fort simple, qui consiste en une série de lignes angulaires placées séparément à distance égale l’une de l’autre, de manière à former une suite de marches ou degrés. Voyez planche LXIV., figures 28 et 36 ; et planche LXV., fig. 2. Ce dessin du reste, ne saurait être regardé comme caractéristique de l’ornement celtique, puisqu’il se rencontre également dans les autres styles depuis l’époque la plus reculée.

En dernier lieu, nous mentionnerons encore l’ornement le plus simple de tous, celui qui ne consiste qu’en points rouges. On s’en servait beaucoup pour former l’ornement marginal des grandes initiales ou celui des détails ornés avec le plus de soin. Ces points forment un des principaux traits caractéristiques qui distinguent les manuscrits irlandais et anglo-saxons. Quelquefois ils étaient arrangés de manière à former un dessin à eux seuls, comme dans les figures 34 et 37, planche LXIV.

3. De l’Origine des Ornements Celtiques. — Les différents styles d’ornementation que nous avons tracés ci-dessus, se pratiquaient dans la Grande-Bretagne et en Irlande depuis le quatrième ou cinquième siècle jusqu’au onzième ou douzième ; et comme ces ornements paraissent sous la forme la plus pure et la plus élaborée dans tels endroits ou les races celtiques prédominèrent le plus long-temps, nous n’hésitons pas à les classer sous le nom générique d’ornements celtiques.

Nous laisserons entièrement de côté la question de savoir, si les Irlandais avaient reçu leurs lettres et leurs styles d’ornementation des premiers chrétiens britanniques, ou si ces ornements avaient pris leur origine en Irlande et s’étaient répandus ensuite en Angleterre. Pour décider ce point, il faudrait examiner avec le plus grand soin l’origine locale des premiers manuscrits anglo-saxons, ainsi que celle des pierres sculptées et garnies d’inscriptions d’origine romaine, romaine-britannique, ou appartenant à la première époque du christianisme, qui se trouvent à l’ouest de l’Angleterre et du pays de Galles. Mais pour notre argument il nous suffit d’avoir l’autorité du vénérable Bède, qui nous informe que les églises britanniques et irlandaises étaient identiques dans leurs particularités, et la même identité existe dans les monuments. Il est vrai que les Anglo-saxons employaient ces mêmes styles d’ornement, tout aussi bien que les Irlandais, comme on peut le voir dans les fameux évangiles de Lindisfarne ou le livre de St. Cuthbert, qu’on conserve dans la librairie Cottonienne du musée Britannique ; et qu’on sait positivement avoir été exécuté à Lindisfarne à la fin du 7ème siècle par des artistes anglo-saxons. Mais d’un autre côté il est vrai aussi que Lindisfarne était un établissement fondé par les moines d’Iona, disciples des Irlandais de St. Columba, de manière qu’il n’y a rien de surprenant à ce que les élèves anglo-saxons aient adopté les styles d’ornementation employés par leurs prédécesseurs irlandais. Il est certain que les Saxons, qui étaient païens en arrivant en Angleterre, n’avaient point de dessins d’ornementation qui leur appartint particulièrement ; et au Nord de l’Allemagne il n’existe point de restes, qui puissent fournir le moindre appui à l’idée, que l’ornementation des manuscrits anglo-saxons puisse avoir une origine teutonique.

Les conjectures les plus variées ont été avancées quant à la source d’où les premiers chrétiens des îles Britanniques ont pu tirer le cachet particulier de leurs ornements. Il y a même eu des écrivains qui ont nié l’originalité indépendante des églises britanniques et irlandaises, et ont soutenu qu’elles avaient tiré leurs inspirations d’une source romaine ; et ces auteurs n’ont pas craint d’avancer la supposition que les grandes croix de pierre de l’Irlande avaient été exécutées en Italie. Mais nous sommes à même de réfuter cette assertion par le fait, qu’il n’existe pas un seul manuscrit italien antérieur au neuvième siècle, ni une seule pierre sculptée qui ait la moindre ressemblance avec les restes qui se trouvent dans ce pays. Qu’on examine le magnifique ouvrage sur les catacombes de Rome, publié récemment par le gouvernement français, où toutes les inscriptions et les dessins exécutés sur les murs sont reproduits avec le plus grand soin, et on ne manquera pas d’y trouver la preuve, que l’art et l’ornementation des premiers chrétiens de Rome n’ont eu aucune part dans le développement de l’art dans les îles Britanniques. Il est vrai que les grandes pages ornées des manuscrits dont nous avons parlé, ont une certaine ressemblance avec les pavés mosaïques des Romains, de manière que, si ces pages se trouvaient dans les manuscrits anglo-saxons exclusivement, on aurait pu avancer la conjecture, qu’elles étaient copiées de ces pavés qui existaient dans différents endroits de l’Angleterre, et qui, au septième et au huitième siècles devaient être encore à découvert ; mais les plus élaborées et les mieux soignées de ces pages ornées se rencontrent dans les manuscrits irlandais où l’on peut tracer clairement l’influence irlandaise, et tout le monde sait qu’il n’y avait point de pavés mosaïques romains en Irlande, les Romains n’ayant jamais été dans cette île.

On pourrait dire aussi, que les entrelacs à rubans, si communs dans les manuscrits, etc., étaient tirés des pavés mosaïques romains ; mais dans ceux-ci les entrelacs sont tout ce qu’il y a de plus simple et de plus naïf, ne ressemblant en rien aux nœuds entrelacés et compliqués qu’on peut voir, par exemple, à la planche LXIII. Le fait est, que dans les restes romains, les rubans sont simplement placés alter nativement les uns sur les autres, tandis qu’ils sont noués dans les dessins celtiques.

D’autres écrivains persistent à prêter une origine Scandinave à ces sortes d’ornements, qu’on a l’habitude d’appeler les nœuds runiques, comme se rattachant aux superstitions Scandinaves. Il est vrai que dans l’Ile de Man, de même qu’à Lancaster et à Bewcastle, on trouve, sur des croix, des inscriptions runiques qui portent le cachet particulier des ornements dont nous venons de parler. Mais il faut se rappeler que ce sont les missionnaires des îles Britanniques qui ont converti au christianisme les nations Scandinaves, et que les croix britanniques ne ressemblent nullement à celles qui existent encore dans le Danemarc et en Norvège ; celles-ci, d’ailleurs sont de plusieurs siècles plus récentes que les plus anciens et les plus beaux des manuscrits britanniques ; de manière qu’il n’y a rien qui puisse venir à l’appui de l’assertion, que les ornements de ces manuscrits soient d’origine Scandinave. Pour réfuter cette assertion, il suffira de comparer nos planches avec celles contenues dans l’excellente série d’illustrations des anciennes reliques Scandinaves, qui se trouvent au musée de Copenhage, publiée tout récemment.[4] Dans les 460 représentations qui forment le total de cet ouvrage, il n’y a qu’une figure (No. 398) qui représente les motifs de dessin des manuscrits britanniques, et nous n’hésitons pas à affirmer que ce sont des restes d’ouvrages irlandais. Que les artistes Scandinaves ont adopté l’ornementation celtique, telle qu’elle a été pratiquée vers la fin du dixième et du onzième siècle, c’est prouvé d’une manière évidente par la ressemblance qu’il y a entre leurs églises en bois sculpté (illustrées en detail par M. Dabi) et les ouvrages en métaux de l’Irlande datant de la même époque, comme, par exemple, la croix de Cong au musée de l’académie royale d’Irlande, Dublin.

Les artistes Scandinaves, du reste, n’étaient pas les seuls à suivre l’art celtique, mais les artistes plus accomplis de l’école de Charlemagne et de ses successeurs, de même que ceux de la Lombardie, avaient adopté déjà pour leurs manuscrits magnifiquement enluminés, nombre d’ornements particuliers à l’art celtique. Mais ils y mêlaient les ornements classiques de l’acanthe et à feuillage, ce qui donnait à leurs pages une grace qu’on cherche en vain dans les œuvres élaborées mais péniblement compliquées des artistes britanniques. Cette combinaison d’ornements se fait remarquer, à la figure 25, planche LXIV., copiée des évangiles d’or, au musée Britannique, magnifique exemple de l’art des Francs du neuvième siècle. Dans quelques uns des manuscrits des Francs, cependant, les motifs Anglo-Saxons et irlandais étaient copiés de si près (seulement sur une échelle plus grande), qu’on leur a donné le nom de Franco-Saxons. C’est le cas avec la Bible de St. Denis, Bibliothèque Nationale, Paris, dont on conserve quarante pages à la bibliothèque du musée Britannique. La figure 31, planche LXIV., a été copiée de ce manuscrit, grandeur réelle.

Il nous reste encore à examiner, si Byzance et l’Orient n’ont pas fourni les idées que les premiers artistes celtiques ont ensuite développées dans la retraite de leurs monastères, telles que nous les voyons exécutées dans les motifs élaborés des manuscrits dont nous traitons. Le fait que ce style d’ornements était complètement développé avant la fin du septième siècle, et que Byzance avait été le siège des arts à commencer du milieu du quatrième siècle, paraît indiquer la possibilité, que les missionnaires britanniques ou irlandais (qui se rendaient souvent à la Terre Sainte et en Égypte) aient pu puiser dans ces régions les idées ou les principes de quelques-uns de leurs ornements. On aurait de la difficulté, il est vrai, à prouver cette assertion, attendu qu’on ne sait que fort peu sur l’état de l’art réel de Byzance, antérieurement au septième ou au huitième siècle. Mais ce qui est certain, c’est que l’ornementation de Ste. Sophie, illustrée avec tant de soin par H. Salzenberg, ne présente aucune analogie avec nos dessins celtiques ; ceux-ci cependant ont bien plus de ressemblance avec les premiers ornements du mont Athos, dont M. Dideron a donné quelques illustrations dans son Iconographie de Dieu. À la planche X. des ornemens égyptiens, figures 10, 13-16, 18-23, et planche XI., figures 1, 4, 6, et 7, on trouvera des dessins formés de lignes spirales ou de cordes, qui ont peut-être donné la première idée du motif en spirale de nos ornements celtiques ; on verra, cependant, que dans la plupart de ces exemples égyptiens, la ligne spirale est arrangée en forme de S. Il n’y a que la figure 11, planche X., qui soit arrangée en forme de C, s’accordant jusqu’à un certain degré avec nos motifs, dont elle diffère, cependant, grandement, quant aux détails. Les entrelacs élaborés, si communs dans l’ornementation mauresque, s’accordent jusqu’à un certain point avec les ornements slavoniques, éthiopiques, et syriaques, dont nombre d’exemples ont été reproduits par Silvestre, ainsi que dans notre Palographia Sacra Pictoria ; et comme tous ces ornements avaient probablement leur origine à Byzance ou à Mont Athos, on serait tenté d’attribuer la même origine à l’idée des ornements celtiques — idée qui a été développée d’une manière différente par les artistes irlandais et anglo-saxons.

En résumé ce que nous avons cherché à prouver, c’est que même en supposant, que les premiers artistes des îles Britanniques aient tiré le germe de leurs styles particuliers d’ornements d’une source autre que celle de leur propre génie national, ils ont dans tous les cas, entre la période de l’introduction du christianisme et le commencement du huitième siècle, formé différents systèmes distincts d’ornementation, lesquels, dans leur état développé ne ressemblaient en rien à ceux de tout autre pays, quel qu’il soit ; et cela a été accompli à une époque où presque tout le reste de l’Europe, par suite de la dissolution du grand empire romain, était plongé dans les ténèbres à l’égard des productions artistiques.

4. Ornements Anglo-Saxons d’une époque plus récente. — Vers le milieu du dixième siècle, quelques-uns des artistes anglo-saxons se servaient, dans leurs manuscrits, d’un autre style d’ornement également frappant et également distinct de celui de tout autre pays. Cet ornement consistait en un dessin de la forme d’un cadre, composé de barreaux d’or qui entouraient toute la page, au centre de laquelle étaient placés les miniatures et les titres. Ces cadres étaient ornés de feuillages et de bourgeons, mais pour rester fidèles aux idées invétérées des entrelacs, les feuilles et les tiges furent entre lacées entr’elles et avec les barreaux d’or mêmes — les angles étaient, en outre, décorés de cercles, de carrés, de rhombes, ou de quatrefeuilles. Ce style d’ornement était des plus élaborés, au Sud de l’Angleterre surtout ; et les exemples les plus grandioses ont été exécutés à Winchester au monastère de St. Æthelwold, dans la seconde moitié du dixième siècle. Le plus magnifique de ces exemples, c’est le bénédictionnaire appartenant au duc de Devonshire, et illustré complètement dans VArchoeologia : les deux exemples, cependant, qu’on conserve à la bibliothèque publique de Rouen, en approchent de bien près ; et on peut dire la même chose de l’exemplaire des évangiles qui se trouve à la bibliothèque de Trinity College, Cambridge. Les évangiles du Roi Canute, au musée Britannique, un autre de ces exemples, nous a fourni le motif de la figure 20, planche LXV.

Les grands manuscrits de l’école française de Charlemagne, ornés de feuillages, ont été sans doute les originaux qui ont inspiré à nos artistes anglo-saxons d’une époque plus récente, l’idée de combiner les feuillages avec leurs ornements.

J. 0. WESTWOOD.

RENSEIGNEMENTS BIBLIOGRAPHIQUES.
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Et les œuvres générales de Wtllemin, Strutt, Du Sommerard, Langlois, Shaw, Silvestre et Champollion, Astle (on Writing), Humphreys, La Croit, et Lisons(Magna Britannia).
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  1. Les restes celtiques de l’époque païenne qui se trouvent à Gavr’Innis, en Bretagne, à New Grange en Irlande, ainsi qu’un monument druidique qui existe près de Harlech, Pays de Galles, décèlent des tentatives grossières d’ornementation, consistant principalement en lignes spirales circulaires et angulaires taillées dans la pierre.
  2. Dans une de ces pages ornées, que nous avons copiée de l’évangile de St. Chad, il n’y a pas moins de cent vingt représentations d’animaux des plus fantastiques.
  3. Quelques-uns des dessins reproduits dans la partie supérieure de la planche chinoise LIX., se rencontrent, presque sans modification, dans nos ouvrages en pierre et en métaux ainsi que dans nos manuscrits.
  4. Nous trouvons dans cet ouvrage danois, à la division dévouée au siècle de bronze, divers exemples d’ornements spiraux sur métal ; mais ils y sont toujours arrangés en guise de S avec quelques combinaisons fort simples. Dans la seconde division de la période du fer, se trouvent aussi différents exemples d’animaux entrelacés fantastiquement et représentés sur métal. Mais on n’y trouve nulle part les entrelacs à rubans, les dessins diagonaux ressemblant à Z ou les dessins en spirale ressemblant à une trompette.