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Grand dictionnaire universel du XIXe siècle/Abbeville (supplément)

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Administration du grand dictionnaire universel (16, part. 1p. 12).

* ABBEVILLE, ville de France (Somme), ch.-l. d’arrond. ; pop. aggl., 16,753 hab. — pop. tot., 18,208 hab. Trop étendue pour la population qui l’habite, cette ville a un aspect un peu triste ; elle est traversée dans toute sa longueur par la Somme, qui s’y divise en deux branches ; en outre, un canal la contourne au S. et à l’O. Depuis 1866, elle a cessé d’être classée comme place de guerre ; ses remparts, percés de six portes, doivent être démolis. Au centre de la ville, on trouve quelques rues étroites, bordées de curieuses maisons du xve et du xvie siècle.

Outre l’église Saint-Vulfran, que nous avons mentionnée au Grand Dictionnaire (v. Abbeville), et qui est classée au nombre des monuments historiques, on compte encore dans cette ville l’église Saint-Gilles, rebâtie en 1485 ; l’église du Saint-Sépulcre (xve siècle) ; l’église Saint-Jacques, avec un clocher gros et court, complètement isolé et éloigné de l’édifice principal de plus de 10 mètres ; l’abbaye, récemment reconstruite. Parmi les édifices civils, citons l’hôtel de ville, qui a conservé des constructions primitives, élevées en 1209, la tour du beffroi ; le palais de justice, la halle aux toiles, etc. La plus remarquable des maisons anciennes est celle qui porte le nom de maison François ier. La bibliothèque communale, fondée en 1690, renferme 16,000 volumes. Le port maritime est situé dans le quartier de la Pointe ; il peut recevoir des navires de 300 tonneaux et forme la tête du canal d’Abbeville à la mer.

Au ixe siècle, Abbeville (Abbatis Villa) était une ferme appartenant à l’abbaye de Saint-Riquier ; à la fin du xe, elle est ceinte de remparts ; en 1184, elle obtient une charte de commune, et elle passe, en 1272, sous la domination anglaise, puis sous celle des ducs de Bourgogne (1466). Elle redevient française en 1477, et Louis XII y épouse Marie d’Angleterre en 1514. La Réforme y cause des luttes sanglantes. En 1776, elle passe, avec le Ponthieu, dont elle était devenue la capitale au xiie siècle, dans l’apanage du comte d’Artois.