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Grand dictionnaire universel du XIXe siècle/Amri, prince et poète arabe

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Administration du grand dictionnaire universel (1, part. 1p. 303).

AMRI, prince et poate arabe célèbre, auteur d’une des sept moallacah. Il était le fils de Hadjr ben Harith, de la tribu de Rendah. Comme poète, Amri acquit auprès de ses contemporains une renommée immense. Il se montra hostile-a Mahomet, qu’il poursuivit de ses vers satiriques ; aussi les musulmans le nomment-ils le porte - drapeau de la troupe des poëtes païens qui doit se rendre aux enfers au jour de la résurrection. La vie politique d’Amri fut fort éprouvée ; il se vit abandonné de ses a !lié3, trahi par ses sujets et attaqué par le roi de Hira. Forcé de fuir, il dut mener l’existence aventureuse du proscrit, et fut surnommé Elmelik elDclil, le Roi errant. Enfin il se décida à aller implorer le secours de l’empereur grec, sous la suzeraineté duquel se trouvaient placées les tribus de la Syrie. Mais il mourut a Amira, après avoir revêtu un vêtement empoisonné, qui lui avait été envoyé en présent par l’empereur grec. Cette fin tragique lui valut le surnom de Zoul-Goroukh, l’Ulcéré.

La moallacah d’Amri lui a été inspirée par une jeune fille, nommée Oneisa, qu’il avait surprise au bain avec ses compagnes, et forcée de se retirer de l’eau toute nue, après lui avoir enlevé ses vêtements. La moallacah commence par la douloureuse réminiscence des jours passes dans la compagnie de femmes charmantes. Puis vient la description de la


beauté de l’une d’entre elles. Ensuite le poète raconte ses expéditions hardies, éténumère les qualités de son noble coursier. Le morceau se termine par la peinture d’un orage violent. Outre cette moallacah, on attribue encore à Amri différentes autres poésies.