Grand dictionnaire universel du XIXe siècle/Atossa, fille de cyrus

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Administration du grand dictionnaire universel (1, part. 3p. 875).

ATOSSA, fille ainée de Cyrus, roi de Perse, épousa d’abord, selon la coutume des anciens souverains asiatiques, Cambyse, son propre frèrn ; ensuite, le mage Sinerdis ; enfin, lorsque cet usurpateur eut été chassé du trône, elle se maria en troisièmes noces avec Darius, le nouveau possesseur du plus grand empire du monde. C’était en l’année C21 àv.


J.-C. De ce mariage naquirent Artabarzane et Xerxès.

Darius, que les lauriers de Cyrus empêchaient de dormir, rêvait d’agrandir ses États et songeait, après s’être emparé de Babylone, à faire la guerre aux Scythes, lorsque ses armes furent détournées des peuplades qui campaient le long des côtes du Pont-Euxin et dirigées vers la Grèce par les conseils d’Atossa. Voici en quelles circonstances : atteinte d’un cancer au sein, la reine avait mandé au Êrès d’elle un médecin grec célèbre, nommé amocèle, lequel la guérit, et, par cette guériso’n, acquit auprès d’elle une haute influence. Or, Damocèle avait été banni de sa patrie et il voulait la revoir, la revoir à tout prix. Pour arriver a satisfaire son désir, il ne craignit pas de former un projet criminel, l’envahissement de la Grèce par la Perse. Bientôt, et sans peine, il avait fait entrer Atossa dans ce projet.

Un jour donc que Darius était auprès de la reine, celle-ci lui dit : ■ Il est temps de signaler votre avènement au trône par une entreprise qui vous attire l’estime de vos sujets. Il faut aux Perses un conquérant pour souverain. Détournez leur cuurage sur quelque nation, si vous ne voulez pas qu’ils le dirigent contre vous. » Darius ayant-répondu qu’il se proposait de déclarer la guerre aux Scythes : « Us seront à vous, ces Scythes, répliqua la reine, dès que vous le voudrez. Je désire que vous portiez vos armes contre la Grèce, et que vous m’ameniez, pour les attacher à mon service, des femmes de Lacédémone, d’Argos, de Corinthe et d’Athènes. »

Darius fit partir aussitôt pour le pays dont Atossa ordonnait la conquête ; et pour se faire rendre un compte exact des lieux, cinq Perses ayant pour guide Damocèle. Mais celui-ci, çendant le voyage, disparut tout à coup, peut-être saisi par le remords. Et quand les envoyés de Darius furent de retour à Suze, Atossa avait oublié sa fantaisie d’avoir des esclaves grecques.

Mais bientôt Hippias, l’ancien tyran d’Athènes, viendra réveiller cette fantaisie, et cette fois Darius, irrité d’ailleurs de l’appui prêté par la Grèce à ses sujets rebelles, donnera a son gendre Mardonius l’ordre de le précéder en Europe.

Si donc Atossa ne fut point la cause — cette cause est dans le- besoin d’agrandissement, d’envahissement qui fut naturel à toutes les dominations asiatiques — on peut dire du moins qu’elle fut l’occasion des guerres médiques, cette lutte sanglante, cette épopée grandiose que doit raconter Hérodote, I Homère de l’histoire, suivant l’expression de M. Philarète Chasles.

Atossa, suivant Ussérius, est la Vasthi de l’Écriture.