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Grand dictionnaire universel du XIXe siècle/LA VALETTE (Antoine-Marie CHAMANS, Comte de)

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Administration du grand dictionnaire universel (10, part. 1p. 263).

LA VALETTE (Antoine-Marie ChAmans, Comte de), homme politique, né à Paris en 1769, mort dans la même ville en 1830. Clerc de procureur au début de la Révolution, il fut chargé peu après par d’Ormesson de dresser le catalogue des livres provenant des monastères. Lors de la journée du 10 août 1792, il prit part, comme garde national, à la défense des Tuileries, et fit preuve d’attachement à la royauté. Peu après, il s’engagea en qualité de volontaire dans l’armée des Alpes, fut promu capitaine à Arcole et devint alors aide de camp de Bonaparte, dont il gagna la confiance, qui le chargea de diverses missions politiques et lui fit épouser la nièce de sa femme, la jeune Louise de Beauharnais. La Valette prit part ensuite aux campagnes d’Égypte, d’Allemagne, de Prusse, fut chargé de réorganiser l’administration des postes, dont il devint directeur général, et reçut, avec le titre de comte (1808), une place au conseil d’État. Destitué par les Bourbons, en 1814, il contribua de tout son pouvoir au retour de Napoléon, s’empara de l’hôtel des postes à la nouvelle de l’arrivée de ce dernier, refusa le ministère de l’intérieur pour conserver son ancien poste, et fut nommé pair de France. Après la bataille de Waterloo et la rentrée de Louis XVIII à Paris, La Valette fut arrêté, traduit devant le jury de la Seine sous l’inculpation de haute trahison, et condamné à la peine capitale (21 novembre 1815) ; mais, la veille du jour où il allait être exécuté, sa femme pénétra dans sa prison, changea avec lui de vêtements, et parvint ainsi à le faire échapper (20 décembre). Cette évasion et l’acte de dévouement de Mme de La Valette, dont nous allons parler plus loin, eurent un énorme retentissement. Après être resté caché à Paris jusqu’au 10 janvier 1816, M. de La Valette gagna la Bavière, obtint, en 1822, des lettres de grâce et put alors revenir en France, où il retrouva sa femme, qui avait perdu la raison. Napoléon lui légua 300, 000 francs par son testament. On a de lui : Mémoires et souvenirs du comte de La Valette (Paris, 1831, 2 vol. in-8°), publiés par sa famille.