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Grand dictionnaire universel du XIXe siècle/RAMEL (Jean-Pierre), maréchal de camp, frère du précédent

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Administration du grand dictionnaire universel (13, part. 2p. 671).

RAMEL (Jean-Pierre), maréchal de camp, frère du précédent, né à Cahors le 6 octobre 1768, mort à Toulouse le 17 août 1815. Il s'engagea à l'âge de quinze ans et devint chef de bataillon en l'an II. Il partagea l'impopularité de son frère et il était menacé du même sort, lorsque le général Dugommier, appelé au commandement de l'armée des Pyrénées, le fit rendre à la liberté. Nommé adjudant général le 14 frimaire an IV, il fit en cette qualité la campagne du Rhin, sous les ordres de Moreau, défendit la place de Kehl contre l'archiduc Charles, et fut appelé au commandement de la garde des deux conseils, sous le Directoire. Les efforts qu'il fit, au 18 fructidor, pour défendre le Corps législatif lui valurent d'être compris parmi les proscrits de cette journée. Déporté à Sinnamari, il s'en évada avec sept autres le 3 juin 1798, rentra à Paris après le 18 brumaire, prit part à l'expédition de Saint-Domingue, sous Rochambeau, combattit en Italie et en Espagne, reçut de Louis XVIII, en 1814, le grade de maréchal de camp et, en 1815, le commandement du département de la Haute-Garonne. Il reçut l'ordre de désarmer les compagnies d'assassins connues sous le nom de Verdets et dont le pouvoir royal, une seconde fois restauré, n'avait plus besoin. L'exécution de cette mesure exaspéra tous les bandits qu'elle frappait. Le 15 août, à sept heures du soir, ils égorgèrent la sentinelle du général, pénétrèrent chez lui aux cris de « Vive le roi ! à bas Ramel ! » et le blessèrent au bas-ventre, d'un coup de feu tiré à bout portant. Repoussés de l'hôtel, ils se répandent dans les rues de Toulouse pour y recruter des complices, reviennent bientôt plus nombreux, se précipitent, au milieu d'horribles vociférations, sur l'infortuné Ramel, étendu mourant sur son lit, le frappent avec rage de mille coups de poignard et n'abandonnent leur victime que lorsque son corps n'est plus qu'une plaie et que les lambeaux de chair gisent sur le plancher. Ce ne fut qu'au bout de deux jours que la mort mit fin à la cruelle agonie du général. Le gouvernement n'osa d'abord diriger aucune poursuite contre les meurtriers, bien connus dans la ville. En 1817, pourtant, six d'entre eux furent traduits devant la cour prévôtale de Pau ; il y en eut quatre d'acquittés et deux condamnés à la réclusion, les nommés d'Ossonne et Carrière. Il a été publié à Londres, un Journal ou témoignages de l'adjudant général Ramel (in-8°), ouvrage plein de particularités intéressantes sur le 18 fructidor et les déportés à la Guyane ; il fut souvent réimprimé ; on en attribue la rédaction au général Matthieu Dumas.